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Nouvelles

Recrudescence des cas de Covid-19: Le Mono et le Couffo parmi les départements les moins vaccinés
A l’instar des autres départements du Bénin, le Mono et le Couffo sont pleinement dans la troisième vague de la pandémie du Covid-19. Des cas positifs y sont enregistrés presque tous les jours et la fréquence s’est accrue dans le mois en cours alors que les deux départements font partie des moins vaccinés. La situation a été présentée, mercredi 18 août dernier à Aplahoué puis à Lokossa, aux membres des deux Conférences administratives départementales. Une centaine de cas positifs de Covid-19 enregistrés dans les deux premières semaines d’août dont cinquante-et-un la semaine dernière. Le département du Mono est particulièrement touché ce mois par la nouvelle vague de coronavirus. Cette troisième vague de la pandémie affole les statistiques qui font état de ce que dans la journée du mardi dernier seulement, 25 cas ont été détectés sur 70 tests réalisés. Dans ces effectifs, se trouvent des cas critiques suivis de décès. « rois urgences sont actuellement en train d’être gérées pour le compte de la journée du mercredi 18 août.», a alerté Jean Yaovi Daho, directeur départemental de la Santé du Mono et du Couffo à la préfecture de Lokossa où se tient la session mensuelle de la Conférence administrative départementale. A l’en croire, la tendance est « un peu plus alarmante » dans le Couffo. «On y enregistre beaucoup de cas critiques », souligne-t-il. Dans les deux départements placés sous le contrôle du médecin Jean Yaovi Daho, le dernier décès lié au Covid-19 a été enregistré, il y a environ 48 heures (mardi dernier), dans un centre de santé périphérique de Lokossa. Parallèlement au cas de Lokossa, note-t-il, un autre décès a été enrégistré à Toviklin dans le département du Couffo. Dans le même département, dimanche dernier, Azovè avait inhumé un malade emporté par le même variant du Covid qui dicte sa loi. Ces cas comme celui de Lokossa, qui concerne une mère de plusieurs enfants, n’ont pas eu le temps d’être référés au centre de traitement d’Allada avant de passer de vie à trépas. Encore que le centre d’Allada est débordé, au dire du directeur départemental de la Santé. La contribution de tous souhaitée En décidant de présenter la situation à la Cad, le médecin dit vouloir en appeler à la contribution de tous pour amener les populations à aller se faire vacciner. Pour lui, l’arme disponible en l’état actuel de la science reste la vaccination et le respect des mesures barrières contre la propagation du coronavirus. Le port de masque facial, le lavage régulier des mains à l’eau et au savon et la distanciation physique d’au moins un mètre sont, entre autres, les mesures barrières. Relativement à la vaccination, le médecin déplore que malgré la propagation inquiétante du virus, le Mono et le Couffo trainent le pas. Aucun des deux départements n’a encore enregistré mille personnes vaccinées alors que des cas critiques comme ceux asymptomatiques sont quotidiens dans chacune des douze communes. Si le Mono n’a enregistré que 600 personnes vaccinées, le Couffo en compte environ 700, selon Jean Yaovi Daho. « Les deux départements font partie des moins vaccinés. Ils ont les taux les plus bas de couverture vaccinale contre le Covid-19 », a conclu le médecin. La Cad en mode virtuel Face à ce tableau peu rassurant, les préfets ont demandé à leurs collaborateurs de réactiver les mesures barrières au niveau de leurs administrations respectives. Ceci, en plus de ce qu’ils sont conviés à s’impliquer dans la sensibilisation des populations à aller prendre leur dose de vaccin contre le coronavirus. Spécifiquement à la préfecture de Lokossa, le préfet entend renforcer les mesures contre les regroupements physiques sur son territoire, à commencer par la rencontre mensuelle de la Cad Mono. « Nous allons réfléchir, promet-il, à la manière d’organiser désormais en mode virtuel nos sessions statutaires de la Conférence administrative départementale », indique-t-il. Pour l’autorité préfectorale, cette approche qui évite la présence physique ne devrait pas poser de problème, vu que la plupart des directeurs départementaux, membres de la Cad, participent parfois par ce même moyen aux échanges avec leur ministère sectoriel. Santé 20 août 2021


Marchés Koutchéta-Tchakitibam et Kilombo: Des lieux de retrouvailles pour des virées sans retenue
Au nombre des marchés peu ordinaires au Bénin, ceux de Koutchéta-Tchakitibam et de Kilombo ne peuvent passer inaperçus à Parakou. Objet de grande curiosité, ils se sont forgé leur réputation en faisant la promotion des saveurs de l’Atacora-Donga comme la bière de mil de fabrication locale « Tchoukoutou ». Venus s’établir à Parakou, ce n’est pas pour autant que les Ottamari, Ditamari, Yoa, Lokpa, Waama, Yom, Bètaribé, Ani et autres ont renié leurs origines, ainsi que les valeurs qui traduisent leur identité culturelle et cultuelle. En témoignent les marchés Koutchéta-Tchakitibam et Kilombo qu’ils ont créés et où ont lieu, chaque fin de semaine, leurs grandes retrouvailles. Lieux d’échanges et de rencontres, ils se démarquent des autres marchés de la ville, de par les types de marchandises proposés. Construit à Arafat, dans le deuxième arrondissement de Parakou, le marché Koutchéta-Tchakitibam ne s’anime que les samedis. Il est pris d’assaut dès les premières heures de l’après-midi, jusque tard dans la nuit, par les ressortissants de l’Atacora et de la Donga soucieux de revivre l’ambiance de chez eux. A eux s’ajoutent des autochtones de Parakou et d’autres personnes arrivées du Togo, et même du Nigeria, par Kabor. C’est pour des séances de beuveries où la boisson locale de mil «Tchoukoutou » est prise à satiété pendant des heures, à la grande joie de la plupart des vendeuses qui font ainsi de très bonnes affaires. En effet, constitué des clients des deux sexes, le cercle formé autour des vendeuses installées dans une cinquantaine des 68 hangars conçus pour la cause, ne cesse de s’agrandira. « Ma boisson coule bien. Je ne me plains pas. Des 70 litres que j’ai amenés à 14 h 15 min, il ne me reste que 3, à 18 h 28 min », se réjouit Nadège N’Dah, une des vendeuses. Il y a plus de 5 ans qu’elle fréquente ce marché et les clients ont eu le temps de se fidéliser à elle. Natifs comme elle de Natitingou et de ses contrées environnantes, beaucoup de clients préfèrent se rendre sous son hangar. Elle a donc appris à tirer un avantage de sa proximité avec eux. C’est dans son cabaret où elle est occupée en semaine, qu’ils vont étancher leur soif en Tchoukoutou. Pascaline N’Koué surnommés « Maman Tchoukoutou vraie vraie» jouit également de la même réputation. Ce qui n’est pas le cas de Sikélé N’Tia, une autre vendeuse. Elle a des raisons de les envier. Surprise dans son hangar au marché Kilombo où elle allaitait son enfant, cette vendeuse n’avait pas l’air satisfaite, bien qu’ayant réussi à faire écouler son bidon de 25l. « C’est parce que la vente a baissé, sinon je serais venue avec au moins 50 litres », confie-t-elle. Sur les 25 litres apportés, à peine en a-t-elle réellement vendu 17. Le reste, déplore-t-elle, a servi à la dégustation des clients qui, à la recherche de la meilleure qualité, font le tour des vendeuses avant de faire leur choix. Il y en a même qui finissent par s’enivrer, avant de se fixer. Ceci, sans avoir eu à débourser le moindre radis. Bourrés telle une outre, à peine arrivent-ils à reconnaître le chemin de leur domicile. Ils se donnent alors en spectacle sous le regard indifférent de l’assistance. C’est pour finalement passer la nuit sur les lieux, puis retourner chez eux à l’aube. D’autres spécificités Pendant que le marché de Koutchéta-Tchakitibam s’anime les samedis, celui de Kilombo situé à Albarika ne se tient que les dimanches. Ainsi, ceux qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas eu le temps la veille peuvent toujours se rattraper le lendemain. En dehors de la dégustation à laquelle ils ont droit, les clients peuvent déjà se faire servir à partir de 100 F Cfa. La possibilité leur est également offerte, en fonction de leur nombre, de se partager la calebasse de 500 et 1 000 F Cfa. Pour ce qui est des droits d’occupation dans chacun des deux marchés, la vendeuse Marie Tchankpéga confie ne rien débourser d’autre, si ce ne sont pas les 100 F Cfa qu’elle paye chaque samedi aux agents percepteurs de la mairie. Dans les hangars ou appatames, que ce soit à Koutchéta-Tchakitibam ou au Kilombo, il y a un sens élevé de la solidarité qui se développe autour des calebasses. Elle donne lieu à des moments de partage auxquels les habitués n’entendent pour rien au monde être absents. Tout autour desdits marchés, c’est de la viande de chien ou de porc qui est proposée aux férus de Tchoukoutou sous forme de grillades ou de brochettes. « La viande de chien donne de l’énergie », renseigne Mathias Kombéto, dévorant à belles dents un morceau accompagné de piment devant un étalage où des clients se bousculaient au marché Kilombo. Ce riverain du quartier Albarika ne se prive pas, chaque fois qu’il en à l’occasion, de s’en empiffrer, le morceau ne coûtant que 100 F Cfa. A ces spécificités, s’ajoute une autre: la femme. Certains, dans ces marchés, ont l’occasion de trouver enfin leur âme sœur. Ce que confirme Tapounta Yam Poukri, un peintre auto à Parakou rencontré au marché de Kilombo. « A partir de 16 heures, vous êtes sûr de consommer de la bonne boisson, qu’ellle soit du fermentée ou du sucrée. Si vous n’êtes pas venu dans l’intention de rentrer avec une femme chez vous, ne vous attendez pas que l’on vous propose quelque chose de sérieux autre que de l’eau, déjà à partir de 18 heures 30 », avertit-il, en vrai habitué des lieux. Puant le Tchoukoutou et rotant sans cesse, il titubait pratiquement. Et pour cause, il venait à lui seul d’en prendre près de 3 litres. Par ailleurs, pour permettre aux populations riveraines d’avoir les produits de première nécessité à leur portée, ces marchés qui, à l’origine, étaient exclusivement réservés à la vente de la boisson locale accompagnée de la viande de porc ou de chien, ont commencé par enregistrer la présence des vendeuses de condiments, de légumes, de céréales et de tubercules. Le commerce des pagnes, de cosmétiques et des fripes s’y est également développé. Selon l’instituteur à la retraite Tiéga Kouagou, les Ottamari avaient l’habitude de se retrouver tous les samedis, le long de la voie. C’était pour consommer sans limite le Tchoukoutou. Séduits par leur initiative du vivre-ensemble, ils seront ensuite rejoints par les membres des autres communautés de l’Atacora et de la Donga qui résident à Parakou. Des origines à un marché Mais, dans l’ambiance de fête à laquelle ces rencontres donnaient souvent lieu, se souvient le vieil instituteur, certains n’hésitaient pas à monter sur la chaussée, après avoir pris une calebasse de trop. Et ils se font, malheureusement, ramasser par les automobilistes et autres motocyclistes. Avec ces accidents qui devenaient fréquents, l’autorité s’est vue dans l’obligation de les autoriser à aller s’installer provisoirement sur le site de l’Ecole normale des instituteurs du Borgou d’alors qui abrite aujourd’hui l’Université de Parakou. Lorsque cette dernière décida d’ériger sa clôture, elle a demandé qu’ils libèrent l’espace. Entre-temps transféré en face du campus, le marché sera ensuite déplacé sur l’actuel site, une ancienne carrière de latérite. La présence d’un trou de 5 m de profondeur ne facilitant pas son installation, grâce au ministre Barthélemy Kassa, le gouvernement d’alors a oeuvré afin que le marché devienne réalité à la veille des élections législatives de 2011. Quant au marché Koutchéta, il s’animait tous les dimanches sous un grand arbre à fin pavé Madjatom, à Parakou. Créé au profit de ceux qui ne pouvaient se rendre au marché Kilombo ou celui de Tchakitibam, ses installations ne se résumaient qu’à de simples huttes en tiges de mil et des sièges de fortune fabriqués à partir de l’enchevêtrement de bois en forme de fourches. Son emplacement ayant été récupéré par l’Etat qui y a fait construire le Centre de santé de Rose Croix, ce marché va alors rejoindre celui de Tchakitibam. Ce qui a donné naissance au marché Koutchéta-Tchakitibam à partir de deux langues, le Lokpa et le Ditamari. Koutchéta signifiant « changement » en Ditamari et Tchakitibam, « tu vas boire et tu restes en paix » en Lokpa, ce marché scelle donc l’union entre les peuples de l’Atacora et de la Donga. Société 20 août 2021


Lutte contre l’extrémisme violent: Le Bénin appelé à répondre à l’urgence
Des actes de violences se succèdent et font craindre le pire. Les plus récents sont perpétrés courant fin juillet et début août à la lisière de la frontière nigériane, dans la commune de Savè, arrondissement de Bèssè. Tout en suscitant indignation, ils ont remis au goût du jour, le débat sur l’extrémisme violent qui étend ses tentacules sur le sol béninois. Pourtant, le Plan d’action national peine à être une réalité, en dépit des alertes données par plusieurs chercheurs. Le rapport de l’Institut néerlandais des Relations internationales Clingendael, qui date de juin 2021, relève que les régions septentrionales du Bénin sont confrontées à de sérieux risques d’exploitation idéologique et communautaire orchestrée par différentes organisations extrémistes actives de l’autre côté des frontières. « Djougou mérite une grande attention sur la question de l’extrémisme religieux. Il n’y a pas que le chômage qui menace les jeunes. Le radicalisme violent pourrait venir recruter dans leurs rangs », a prévenu en fin de semaine dernière, Malick Gomina, maire de la commune. « Ceux qui ne nous veulent pas du bien partagent la même religion avec la très grande majorité de la population. Le niveau de misère est si élevé que je crains que ce ne soit un terreau fertile pour entraîner les esprits fragiles dans le radicalisme », s’inquiète-t-il. Djougou est située dans le département de la Donga, l’un des plus menacés dans la partie septentrionale par le risque de débordement de la violence du Sahel vers les États dits côtiers. Dans le département des Collines, trois personnes ont été égorgées les 06 et 07 août derniers, par des individus non identifiés. Quelques jours auparavant, soit le 28 juillet, une autre a été tuée dans un braquage. Ces actes criminels commis à Bessè, un arrondissement de la commune de Savè, renvoient aux conflits entre agriculteurs et éleveurs peuls. Depuis quelques années, ces incidents meurtriers sont récurrents. « Ça fait près d’une dizaine d’années qu’il y a toujours des affrontements suivis de mort d’hommes dans cet arrondissement… », confie le maire de la commune de Savè, Denis Oba Chabi, qui préconise l’installation d’une base militaire dans cette localité. L’enlèvement de deux touristes suivi de l’assassinat de leur guide béninois dans le parc national de la Pendjari en 2019, ainsi que l’attaque du poste de police de Kérémou sont autant d’éléments qui appellent à des actions urgentes. Le directeur général des Services de renseignements extérieurs français (Dgse), Bernard Émié, a d’ailleurs désigné le Bénin et la Côte d’Ivoire comme étant en danger imminent. Des causes gérables Le rapport Clingendael évoque trois raisons qui expliqueraient le niveau élevé de violence communautaire. D’une part, les conflits entre agriculteurs et éleveurs (50 % des incidents signalés). D’autre part, la gestion de la propriété foncière (environ 10 % des incidents signalés) avec les fréquents changements de régimes fonciers qui ont créé un flou juridique quant à la propriété des terres. Selon Epiphane Dossou, juriste-sociologue, au-delà du foncier et de la transhumance, il y a aussi en cause certaines pratiques religieuses. Il explique que pour parler d’extrémisme violent, il faudra une idéologie extrémiste, accompagnée d’une logique d’action violente. Excluant donc les mouvements religieux extrémistes qui ne commettent pas des actes de violence. Pour le juriste-sociologue, les cumuls de frustrations peuvent également conduire certaines personnes à s’organiser pour exécuter des actes violents. « Nous parlons beaucoup du Sahel alors que les extrémistes sont en train de recruter des communautés et ils recherchent les communautés qui ont des griefs contre le gouvernement, qui sont des proies faciles », souligne Théonas Moussou, coordonnateur pays de l’Institut républicain international (Iri) pour le projet de la prévention de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest. En effet, les zones de prédilection de ces extrémistes sont celles frontalières où les institutions et services de l’Etat sont quasi inexistants, notamment l’école, l’hôpital, la télévision, les centres de loisirs ou de promotion sociale. A ces endroits, les populations sont facilement phagocytées. « Nos dirigeants, depuis des années, ne se sont véritablement pas occupés de la question de nos frontières, de sorte que n’importe qui peut entrer dans notre pays par n’importe quelle frontière », fait observer le président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba. Il relève que des Béninois s’identifient aux citoyens des autres pays, et ont la monnaie du Nigeria comme leur monnaie principale, en raison de l’absence de l’Etat, et en déduit que c’est chose normale qu’ils soient cooptés par ces extrémistes. Enclencher la stratégie nationale de prévention Le gouvernement a répondu aux récents actes de violence posés à Savè par un déploiement des forces de défense dans cette zone devenue rouge. Une action d’éclat qui ne résout que de façon ponctuelle un mal qui prend de l’ampleur. Pourtant, le Bénin a mis en place une Commission nationale de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent qui a reçu l’onction des partenaires techniques et financiers. « Le Pnud a commandité une étude sur l’extrémisme violent au Bénin. Le problème est qu’on veut anticiper mais on prend trop de temps. Il y a des partenaires qui sont prêts à accompagner le pays dans ce sens mais jusqu’à présent, le plan d’action national que le Pnud a aidé à mettre en place n’est pas encore entériné. L’institutionnalisation des solutions reste un problème à notre niveau… », souligne Théonas Moussou, coordonnateur pays de l’Institut républicain international (Iri). Les actions posées par l’Organisation internationale pour la migration (Oim) et l’Agence béninoise de gestion intégrée des frontières (Abegief) ne suffisent pas pour endiguer le mal. Il faut noter qu’une séance de travail technique initiée par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) a réuni les chefs de coopération et des conseillers en sécurité des ambassades accréditées au Bénin, qui se sont penchés, à Cotonou le 11 juin dernier, sur le contenu de la Stratégie nationale de prévention de l’extrémisme violent, son plan d’action global 2021-2030 et son plan d’action prioritaire 2021-2025. La rencontre visait à mobiliser les partenaires autour de cette stratégie dans la perspective de sa mise en œuvre. C’est dire combien l’Etat béninois est attendu dans la prise de décision aux fins de déclencher la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention. A l’occasion de ces assises, plusieurs causes sous-jacentes du phénomène de radicalisation ont été relevées. Il s’agit, entre autres, de la pauvreté (25 % des enquêtés), du chômage (25 % des enquêtés), de la marginalisation socio-économique, de l’analphabétisme et de la mauvaise connaissance des textes religieux, de la mauvaise gouvernance, etc. Et cinq défis majeurs ont été identifiés pour la prévention de l’extrémisme violent. Il s’agit notamment de l’amélioration des perspectives socioéconomiques pour réduire les vulnérabilités des espaces précaires ; la lutte contre la marginalisation et la discrimination; la lutte contre la mauvaise gouvernance et les violations des droits de l’homme; l’éducation et la sensibilisation pour le renforcement des capacités de résilience et la promotion de la paix pour une coexistence pacifique. Au dire du président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba, il faut poursuivre la sensibilisation, implanter le drapeau national sur l’ensemble du territoire, et voler au secours des populations laissées pour compte pour satisfaire leurs besoins sociaux de base. « Il faut faire connaitre aux gens que leur nation, c’est le Benin, et qu’il ne faudrait pas qu’ils servent de couloirs pour ceux qui veulent nuire à cette nation», insiste-t-il. Pour le maire de Djougou, Malick Gomina, il ne faut pas attendre le pire avant d’agir. « Le Burkina Faso se croyait épargné avant de se retrouver dans la situation chaotique qu’on connait aujourd’hui. La meilleure façon de prévenir la violence est de combattre la pauvreté sous toutes ses formes, au risque de pousser notre jeunesse à commettre l’irréparable », fait-il savoir. Les défis sont nombreux mais pas insurmontables. Actualités 20 août 2021


Déchéance des taxis-ville à Cotonou et environs: Les conducteurs à l’épreuve du temps
Naguère fortement sollicités à Cotonou et environs, les taxis-ville sont depuis quelque temps menacés de disparition. La rude concurrence à laquelle ils font face a de grandes répercussions sur leur survie. Pendant que certains conducteurs ont très vite mis la clef sous le paillasson, d’autres redoublent d’ingéniosité pour résister, nourrissant l’espoir de lendemains meilleurs. L’ardeur du soleil sur le parking de St Michel, ce mercredi 28 juillet 2021, n’a pas émoussé le zèle des jeunes apprentis chauffeurs bataillant pour remplir leurs bus de clients. Pas de quoi se plaindre, c’est leur lot quotidien! Non loin de là, dans la rue de la poissonnerie Cdpa se trouvent stationnés une dizaine de taxis-ville facilement reconnaissables à leur couleur vert jaune. Assis sous un hangar et visiblement fatigués, les conducteurs s’accommodaient de leur infortune, occupant le temps de discussions longues et parfois houleuses. Toutefois, ils n’ont vraiment pas l’air content car confrontés aux mésaventures qu’ils vivent dans leur secteur. Durant des années, ils ont fait la pluie et le beau temps mais sont tombés depuis peu dans la déchéance totale. La soixantaine environ, cheveux grisonnants, Jean Megan vient de garer son véhicule dégarni par l’usure. Après les salutations d’usage, il prend siège autour de l’imaginaire plateau de débats. Jean Megan est en effet conducteur de taxi-ville depuis une quarantaine d'années. C’est grâce à cette activité qu’il a pu se construire une maison et réaliser tant de choses. Hélas, le bonheur d’hier a laissé place aujourd’hui à une galère pérenne. Sur le visage de Jean Megan, consternation, voire dépression. A peine trouve-t-il son pain quotidien. La concurrence déloyale à laquelle il est confronté de la part des conducteurs de minibus et autres, rend la tâche bien plus difficile. Certains de ses collègues n’ont pas pu résister à cette vague et ont très vite rebroussé chemin. « Au début, on n’effectuait pas un long trajet avant de trouver des clients. Mais aujourd’hui, nous n’arrivons plus à trouver de la clientèle à cause de la concurrence à laquelle nous sommes confrontés. La cause de notre déclin est la multiplicité des minibus et des Zémidjan dans la circulation. Ces derniers nous livrent une guerre sans merci », confie-t-il, avec désolation. Jean Megan quitte tous les matins Cococodji pour venir chercher de quoi se nourrir à St Michel dans le centre-ville de Cotonou. Il lui faut parfois se battre avec les Zem et les conducteurs de minibus pour arriver à tirer son épingle du jeu. « Il y a des jours où on ne trouve pas du tout de clients et on rentre bredouille à la maison. C’est à cause de ce manque de clients que certains de nos collègues abandonnent le métier et vont se chercher ailleurs », précise-t-il. Jacques Dossou, quant à lui, est plus jeune dans le secteur. Tous les jours, il doit rivaliser avec les minibus pour pouvoir arracher quelques clients. Parfois, cela tourne à des disputes et accrochages entre conducteurs. « Je suis entré dans le secteur en 1994 et jusqu’à ce jour, je continue d’exercer ce métier. C’est à cause du manque de moyens que j’ai très vite abandonné les classes pour m’y insérer mais aujourd’hui, c’est la déchéance totale. Nous avons compris que c’est par manque de travail que certains citoyens nous livrent la concurrence», admet-il. Abraham Agboakounou, secrétaire général de l’Organisation des taxi-ville des communes du Bénin (Octavic Bénin), est tout autant amer. « C’est parce que l’activité ne donne plus trop que beaucoup de personnes se sont reconverties. Lorsque vous sortez votre véhicule et que vous ne trouvez pas de clients alors que vous avez des obligations, c’est comme si vous menez un commerce et vous tournez à perte », explique-t-il. Le déclin que connaît cette activité, selon lui, est à mettre sur le compte d’un faible accompagnement des pouvoirs publics. Prenant le cas de Bénin taxi, il relève qu’il y a eu un encadrement et des points de regroupement ont été créés pour les conducteurs afin qu’ils soient vite sollicités par les clients. « Mais nous, c’est difficilement que nous avons pu avoir une autorisation de la préfecture pour permettre à nos collègues de marquer des arrêts dans la vons de la Cdpa», souligne-t-il. Du miel au fiel ! Apparu en 1952 au Bénin, le taxi-ville avait connu de beaux jours. A l’époque, il n’y avait pratiquement aucun moyen de déplacement à Cotonou et environs si ce n’est le taxi-ville. Cette activité a permis à plusieurs conducteurs de se faire une place au soleil. Et pour se déplacer d’un point à un autre, il suffisait juste pour le client de débourser une modique somme. Mais avec le temps, les choses ont changé. Plusieurs moyens roulants ont fait leur apparition, reléguant le taxi-ville au second rang. Aujourd’hui, pour s’offrir les services d’un taxi-ville, il faut au minimum débourser entre 200 et 600 francs Cfa. Quant aux formalités administratives, le conducteur de taxi-ville se doit de remplir certaines conditions. Il doit payer les taxes et impôts et toutes ses pièces devront être à jour. Lesquelles formalités demandent beaucoup de moyens. De meilleures perspectives ! En dépit de leur situation accablante, les conducteurs de taxi-ville espèrent des lendemains meilleurs si l’Etat les accompagne. Pour Jacques Dossou, les choses pourraient rentrer très vite dans l’ordre. Car, dit-il, son association met les bouchées doubles pour leur faciliter la tâche. Dans ce sens, Abraham Agboakounou, secrétaire général de l’Organisation des taxis-ville des communes du Bénin, affirme que son association mène les démarches conséquentes pour faire renaître le secteur de ses cendres. Pour l’heure, il indique qu’un contrat est en cours avec une structure d’assurance de la place pour le renouvellement des parcs automobiles où les conducteurs vont disposer de véhicules et payer par échéance sur quelques années. « Nous courons aussi pour que le parc triangulaire qui a été rasé par le gouvernement nous soit octroyé. Il faut que le gouvernement nous aide à ce que nous soyons visibles et par rapport à cela, le collectif a envoyé des correspondances et des plaidoyers au ministère des Transports et à la mairie de Cotonou. Nous n’avons pas baissé la garde », explique-t-il. En outre, Abraham Agboakounou fait savoir qu’un partenariat a été signé avec les Indiens qui ont mis à leur disposition, des petits véhicules toujours de couleur jaune à faible consommation et de cinq places. Ces véhicules seront mis à la disposition de la population au même prix que les minibus. En attendant leur mise en circulation, des conducteurs habiles et tenaces continuent de se battre pour leur survie quotidienne. Leurs clients favoris sont les bonnes dames qui viennent et repartent des marchés avec des quantités importantes de marchandises mais aussi des passagers qui n’aiment pas se faire bousculer dans les minibus. En plus des efforts fournis par leur association pour sauver le secteur, les conducteurs de taxi-ville sollicitent un accompagnement conséquent de l’Etat pour qu’enfin leur secteur reprenne vie. Société 20 août 2021


Le groupement yoruba au sud-est et centre du Bénin: Cas d’Igbo Idasha dit Dassa-Zoumé
L’Afrique, dite berceau de l’humanité, est un continent vaste composé de variété des milieux, des cultures, des destins historiques et des religions. Les limites entre les empires, les royaumes, les cités d’Etats ou des chefferies sont connues des populations, même si elles ne sont pas toujours matérialisées par des bornes ou des pierres, voire des arbres. Toutefois, l’arrivée des Européens et autres va tout bouleverser. Ainsi, en 1884, lors de la conférence de Berlin, les puissances européennes décident entre elles des règles du partage : tout territoire revendiqué par un Etat doit être effectivement occupé. Cette décision accélère la conquête au bout d’une vingtaine d’années, l’essentiel des frontières africaines sont alors fixées. L’occupation est officialisée par des traités entre Européens. Ces traités fixent grossièrement le tracé des frontières, que des commissions délimitent ensuite précisément sur le terrain, en fonction de critères variés. Des frontières sont parfois définies en fonction d’éléments naturels (une ligne de crête ou un cours d’eau) : Le plus souvent, les tracés ne prennent absolument pas en compte l’organisation antérieure. C’est ainsi que d’anciens Etats sont divisés, que des villages sont coupés en deux ou séparés de leurs champs. Des peuples apparentés se retrouvent de part et d’autre d’une frontière. C’est dans ce cadre qu’en 1863 le premier protectorat français est établi avec le roi Toffa de Porto-Novo. Le territoire limité : Au Nord par le fleuve Niger. Au Nord-Ouest par la Haute Volta (aujourd’hui Burkina Faso) A l’Ouest par le Togo A l’Est par le Nigeria Au Sud par l’Océan Atlantique étant d’une superficie de 112 622 km2 environ est devenu après le protectorat de 1884 colonie française du Dahomey. Installation des Yoruba au sud-est et au centre du Dahomey Selon Kolawolé Sikirou Adam et Michel Boko « le Sud-Est et le centre sont occupés par les yoruba venus en vagues successives d’Ifê et d’Oy? (Nigeria actuel) à partir du 12è siècle. Les premiers, considérés comme les pré-Oduduwa, se sont installés dans la partie centrale en fondant les royaumes d’Ifita et Ijêgede. La décadence de ces royaumes entre le 18e et le 19e siècle a donné naissance aux sous-groupes Isha et Manigri ». Ce qui démontre que les yoruba existaient avant la conquête d’Ilé Ifê par Oduduwa que certains affirment venu de la Mecque ou d’Egypte. Le royaume Ifita selon Bergé s’étendit, au Nord de celui d’Abomey, au-delà du Zou, entre le marigot Clou et le marigot Lot?, les monts du Ségui et la rivière Agbado, tributaire du Zou. Le fondateur de ce royaume serait Oba Chérékou. En 1894, le Général Dodds, étant arrivé chez les Idassa, avait emmené avec lui leur roi jagun Otêtan Adjikin Zomahoun en tournée à Togon. Tenant à visiter aussi Ifita, il pria jagun Otêtan Adjikin Zomahoun de venir l’y retrouver dans trois jours à compter de la date de visite de Togon, ce dernier s’y rendit à la date fixée. Arrivé à Ifita, il constata que les troupes du Général Dodds s’étaient rassemblées et le roi d’Ifita Djikplé était ligoté au poteau d’exécution pour n’avoir voulu fournir des renseignements pouvant permettre au Général Dodds de retrouver le Roi Béhanzin d’Abomey prétendu caché dans la région (Ifita). Jagun Otêtan Adjikin Zomahoun demanda la grâce du Général Dodds en faveur du roi d’Ifita; ce qui lui fut accordé. Le 21 janvier 1894, un traité fut signé par : le Général Dodds, jagun Otêtan Zomahoun et le roi d’Ifita gracié. Le roi d’Ifita devient vassal de jagun Otêtan Adjikin Zomahoun. Ainsi, le plus puissant royaume de Moyen-Dahomey, le royaume d’Ifita fut rattaché à Igbo Idasha ; son roi devient un chef de village. Les secondes vagues, de descendance Oduduwa, ont créé les royaumes de Kétou et de Shabê. Les peuples de Sakété, Pobê, H?li, Idasha et Bantê sont partis d’Oyo. Les Oyo d’Idasha sont les Ijéhoun (aujourd’hui Eyo-Ijéhoun) ayant pour ascendant Arigbogbo-oké (Arigbo) installés sur la montagne qui prit son nom (montagne Arigbo) parfois appelée « Oké Egnité ». La troisième étape du peuplement yoruba correspond à la pénétration Oy?, ?gba et Awori. Les Oy? sont responsables de la fondation d’Ihori, d’Issalê-Ipobê et d’Ifangni ; alors que les ?gba occupent l’ancien domaine d’Ifita et fondèrent le village Ekpo dirigé par Oba Ol?fin Kofin – Ichêrê. D’autres yoruba habitant la colline d’Olou-Popo ; colline se trouvant aujourd’hui dans la commune de Savè, fondent Itchopa : ils sont dirigés par Iba-Icho : ce sont les ?m?-Icha. La colline Gnanté ou Amou-Agbé-kpa est occupée par A-A-O-man-an devenu Mamahoun ?m? atilêchê. Cause de migration ?gba Olofin Kofin Ichere de la troisième étape Selon le journal « Marchés coloniaux du monde » du samedi 21 Août 1948 N°145 page 1578 dirigé par deux directeurs qui sont : René Moreux et Christian Moreux : Deux frères puissants et riches vivaient à ?gba (Abêokouta Nigeria). A la mort de leur père qui était Roi, chacun voulait faire valoir ses droits à la succession. D’où contestation, inimitié, guerre sourde et cruelle, empoisonnement. Il fallait en finir. L’aîné réunit les membres de sa famille, ses partisans, ses amis et connaissances qui décidèrent de partir sans bruit, sans avertissement du pays, (?gba-Agoura). Ils quittèrent donc Abêokouta devenue insoutenable. L’instinct les guidait : il ne fallait pas aller vers le Sud car le Sud était la côte où se trouvait la mer dans laquelle les bateaux négriers émergeaient. Il fallait donc à tout prix se frayer un passage vers le Nord et arriver dans un lieu inoccupé pour s’installer. Il est à préciser que dans le groupe, nombreux étaient des chasseurs munis de leur fusil. Ce geste de révolte a dû contrarier les notables royaux d’?gba Agoura qui lancèrent contre les fuyards une expédition punitive. Ceux-ci n’eurent la vie sauve que grâce à la puissance magique d’Ol?fin qui fit surgir une multitude de moineaux qui effacèrent leurs traces. Les poursuivants n’ayant plus trace d’eux se retournèrent. C’est pourquoi Ol?fin décréta le moineau oiseau totémique du groupe. Cette scène se passait en pleine saison sèche. Ils franchirent le fleuve Ouémé du côté de Kétou et poussant un peu plus en avant ; ils arrivèrent au fleuve Zou. Guidés par des vols d’oiseaux (Héron garde-bœufs ou Bubulcus-ibis) qui leur indiquaient les points d’eau. La plaine leur offrait de vastes champs de cultures et des forêts variées de chasse ; la montagne qui rappelle leur pays, est un refuge. Ol?fin Kofin-Ichèrê qui les avait ainsi conduits, fut leur premier roi (Oba Ol?fin du village Ekpo) Il est à noter, que dans le groupe d’Ol?fin se trouvaient sa femme enceinte et sa fille aînée. Au village Ekpo, la femme d’Ol?fin met au monde une fille atteinte d’albinisme. Selon la tradition yoruba, tout enfant né et sujet d’une malformation est prénommé Osha, c’est-à-dire fétiche ou divin. Ainsi la fille d’Ol?fin née albinos est automatiquement appelée Osha ; et son titre de fille du roi Ol?fin Ida, ce qui veut dire princesse. Son prénom et son titre de princesse collés deviennent Ida-Osha. Dans la langue yoruba, la suppression dans l’écriture ou la prononciation de la voyelle finale d’un mot devant un mot commençant par une voyelle ou un "h" muet est de règle ; c’est l’élision. Cette élision fait écrire ou prononcer Ida osha en Idasha. Ce prénom de la première princesse du village Ekpo désigna par la suite le nom de la tribu entière. Selon l’œuvre du Docteur S. O. Biobakou ; le nom d’Egba vient d’?gba-lougbo que l’on pourrait traduire par des gens en pérégrination vers la forêt. En un mot, les Egba sont des gens de la forêt, c’est pourquoi ils ont fait précéder ou suivre le nom Idasha "d’Igbo" qui veut dire forêt (Igbo Idasha ou Idasha Igbo). De nos jours, l’appellation Dassa-Zoumé est purement fon, une déformation faite par le colonisateur. Le peuple Idasha met presque toujours devant le nom des villages la lettre "i". Exemple : Ikpingin, Itéré ; Imoumou, Itchokpa, Itangbé, Itankossi, Igbominan, Idasha, Iwinsin, Iloulê, Igbo-Idasha, Itogon, Ilêman, Ifita , Igangan, Igbo-oba, Ishopa, Itagui, etc. Il est donc clair que la prononciation "Dassa-Zoumé" est purement fon. Après la fondation du village Ekpo par le groupe Ol?fin et son installation définitive, un ?gba descendit un jour à Kétou avec une importante suite en route pour le village Ekpo d’?l?fin ; Egba était passé solliciter auprès du roi régnant à Kétou le concours d’un guide et des hommes de suite. Lesdits événements se passaient sous un roi Alaketou appelé Ojé, 38e roi de Kétou. Le jour du départ venu, les Egba étaient prêts de bonne heure et attendaient devant le palais royal. A son réveil, rapporte la tradition, le roi Alaketou entra dans la salle de bain où il y avaient neuf (9) jarres remplies d’infusion de plantes médicinales dont il devait se laver neuf (9) fois dans chacune avant de sortir. La séance a naturellement duré. L’attente fut si épuisante que les migrants ?gba à bout de patience se mirent à chanter, au dehors, la chanson que voici (en langue yoruba) : -Ojê Kétou owa founi ché - Ojê Kétou omo ?la wa founi ché - Ola Achèro man chê owa founiché Cette chanson est à la fois une litanie de louange et une complainte à l’endroit du roi Alaketou : Ojê, 38e roi de Kétou. Le roi Alaketou finit de se laver. Il sortit de la salle de bain. Il donna aux cousins ?gba des hommes dont des chasseurs puis plaça tout le groupe sous la responsabilité de son fils aîné Oladegbo, prince héritier de Kétou. Ils partirent pour le village Ekpo. Chemin faisant, il se produisit un fait apparemment banal mais, qui eut une très grande portée politique au village de destination. Après une certaine distance parcourue, le chef du groupe ?gba prétendit avoir mal aux pieds et exprima le souhait de porter des chaussures. De tels avantages à l’époque n’étaient accordés qu’aux rois, à quelques dignitaires et aux princes héritiers. Aladegbo pensant rendre service à un grand frère en souffrance et dans l’espoir d’une rétrocession, donna ses chaussures à l’homme aux pieds endoloris. Cette naïveté a été payée chère par la suite. Quand le groupe arriva au village ?kpo et qu’on eut su qu’il était venu de la part du roi Alaketou, il fut reçu avec tous les honneurs. Lorsque Oba Ol?fin voulut savoir le prince responsable du groupe, Oladegbo se présenta, mais pieds nus. Et le roi Oba Ol?fin de conclure que celui qui remplissait de telles conditions était l’homme qui portait des chaussures. Par une gentillesse incontrôlée le prince héritier Oladegbo de Kétou perdit ainsi son droit et avec lui tous les Kétou se trouvant dans le groupe. Les ?gba du groupe intégrèrent le lignage d’Oba Ol?fin. Les Om? Ola Kétou du groupe constituèrent un lignage à part. Ainsi, Oladegbo devient l’ascendant des Om? Ola d’Igbo d’Idascha, les ?gba pris par Kétou sont appelés Egba-Ketou ayant à leur tête Tchagbonan, le groupe d’Ol?fin s’appelait ?gba Ol?fin ou ?gba Irêmon. Ces deux groupes d’?gba ont été fusionnés par Oba/Jagun Ogoudou Manjal?k? qui lui donna le nom Omo-Jagun nom qui était une devise qui caractérise les ?gba en général. Lors de la colonisation française la tribu Igbo-Idasha est élargie et comptait quarante et un villages que les Idasha appellent (Oké Okan guigua l’ogou-méji) ce qui veut dire 41 collines. Un Oké était un village et non une colline comme le pensent certains. Ainsi, la tribu élargie porte trois noms qui sont : Igbo-Idasha ; Igbo Oba ; Oké Okan guigua l’ogou méji et Idasha Igbo. Au moment où l’on construisait la voie ferrée, la plupart des ouvriers étaient de race fon ce qui a beaucoup contribué à la déformation du nom Igbo Idasha en Dassa-Zoumé, ce nom (Dassa-Zoumé) est purement fon; et fait perdre à la tribu élargie sa symbolique. Igbo Idasha n’est donc pas fondé par les ?gba, toutefois nous devons préciser que les ?gba ont fondé le village Ekpo qui a pris le nom de la princesse, nom qui a été donné à toute la région ou à la tribu élargie par le colonisateur. Le nom Ekpo est bel et bien justifié par les vieux d’Atakpamé (Togo) qui confirment être d’Ekpo. La plupart d’eux sont partis de Kèrè, l’un des villages d’Ekpo élargie (aujourd’hui Igbo-Idasha de son vrai nom ou Dassa-Zoumé de son nom fon). S’il est historiquement vrai ou religieusement accepté: de donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ; il est souhaitable que l’on revienne sur le nom originel : Igbo-Idasha pour que la symbolique soit perpétuelle. Notre désir le plus intime est de faire découvrir la région qui se trouve derrière le masque (Dassa-Zoumé) et de faire cesser le trouble dans les âmes en quête de vérité, car nul ne peut vivre en somnambule de sa propre histoire. Roger Sèdo ADJIBA Prince d’Igbo Idasha. Société 19 août 2021


Atteintes à la pudeur publique: Plusieurs cas déférés par la Brigade des mœurs
S’habiller de façon indécente est un outrage à la pudeur publique, un fait réprimé. Pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler, la Brigade des mœurs est bien opérationnelle. Elle est une unité spécialisée chargée de la répression des actes attentatoires à la pudeur publique. Avec la mise à disposition d’équipements modernes et technologiques au service de la Police, même les diffuseurs de scènes obscènes et impudiques sur la toile sont démasqués. « La Brigade des mœurs s’intéresse aux faits d’outrage à la pudeur publique. Les gens qui s’habillent sans décence, les jeunes garçons que l’on voit en circulation avec le pantalon en dessous des fesses ; les filles qui s’habillent les perles exposées, le nombril dehors, les seins à peine voilés… La Brigade des mœurs est chargée de réprimer ces comportements qui sont constitutifs d’infraction à la loi pénale. Une personne normale, qui a tous ses sens mais qui s’habille de façon à provoquer les autres et porter atteinte à la pudeur publique est en infraction », prévient le commissaire de police de première classe Emmanuel Agbodjan, chef adjoint de la Brigade des mœurs. Les tendances vestimentaires de nos jours donnent en effet à réfléchir. Pour certains, en proie à une modernité outrée, plus l’on est peu recouvert, mieux l’on est bien habillé. « Ceux qui s’habillent de façon indécente savent pour la plupart du temps ce qu’ils font mais ils se disent que c’est la mode. La Brigade des mœurs est là pour leur dire que la mode n’est pas une immunité et ne protège pas contre la rigueur de la loi», fait observer le commissaire Emmanuel Agbodjan. En outre, il dépeint une situation de plus en plus récurrente, notamment les atteintes aux bonnes mœurs ou à la vie privée sur la toile. « Il y a des cas qui deviennent préoccupants. Ce sont les cas d’atteinte à la vie privée sur l’espace virtuel ou encore ces jeunes filles qui diffusent et partagent des images à caractère sexuel ou obscène sur les réseaux sociaux », dénonce le chef adjoint de la Brigade des mœurs. A l’en croire, plusieurs cas d’outrages à la pudeur et d’atteintes à la vie privée ont été déférés. « De 2020 à 2021, la Brigade des mœurs a reçu plus d’une centaine de cas. Beaucoup de procédures ont été faites en la matière et plusieurs cas ont été déférés tant à Calavi qu’à Cotonou. Nous faisons beaucoup de recherches sur ces personnes. Il y a des procédures qui sont actuellement en cours», précise-t-il. De plus en plus, la Brigade des mœurs s’inscrit dans la révolution numérique qui embrase tous les secteurs du pays et se perfectionne à l’utilisation de l’outil informatique. Même si elle n’est pas totalement équipée, la Brigade des mœurs travaille avec l’Office central de répression de la cybercriminalité qui l’aide dans les recherches sur l’espace virtuel et lui reverse les informations. Toujours l’éducation Plus que par le passé, la dépravation et les pratiques impudiques ont aujourd’hui droit de cité dans les villes, au nom d’une certaine mondanité. L’évolution technologique et l’essor du numérique en rajoutent à cette extraversion. Mais une bonne éducation éloigne les enfants des comportements déviants qu’ils pourraient avoir. « Le dialogue parent-enfant est pour moi la clé du respect des bonnes mœurs dans la société. Des parents qui ont la facilité d’échanger avec leur enfant sur comment se comporter dans la ville, sur sa vie sexuelle, sur son corps…, participent déjà à faire de lui un bon citoyen. Il est de grande importance que chaque parent arrive à sensibiliser les enfants aux comportements déviants. Ce que l’enfant va apprendre en ville est souvent préjudiciable et les conséquences sont drastiques après », soutient le commissaire Emmanuel Agbodjan. Il invite les parents à ne pas considérer comme tabou certaines vérités qui doivent être dites aux enfants car ils sont de plus en plus curieux et en l’absence d’orientations de leurs parents, ce sont les écrans de télévision et de portables qui finissent par les éduquer. «Il faut pouvoir dire aux enfants les choses qui correspondent à leur âge », va-t-il exhorter avant de prévenir : «Les jeunes gens qui se permettent de reproduire ce qu’ils voient sur internet ou ailleurs, je tiens à leur dire que leur comportement déviant est d’abord une offense à leur famille. Dans tous les cas, la Brigade des mœurs ne sera pas fatiguée de réprimer ces comportements. Nul n’est censé ignorer la loi ». A propos de la Brigade des mœurs La Brigade des mœurs est une unité de la Police républicaine placée sous l’autorité de la Direction de la Police judiciaire. Elle est chargée de prévenir et d’assurer la répression de tout acte qui porte atteinte à la pudeur publique. Elle a une compétence nationale et est basée au treizième arrondissement de Cotonou, quartier Agla notamment dans les locaux de l’ex-brigade de la gendarmerie. La Brigade des mœurs reçoit les dénonciations d’atteintes à la pudeur publique ou de violations de la vie privée. Créée dans les années 90, la Brigade des mœurs était une composante de l’ex-Brigade des mœurs et stupéfiants (Bms). En 2008, le volet stupéfiants a été dissocié pour se rattacher à l’Ocertid qui est aussi une unité à part entière de la Police judiciaire. La Brigade des mœurs n’a pas seulement une fonction répressive. Elle joue également un rôle préventif. « Nous faisons des descentes de sensibilisation aux bonnes mœurs un peu partout. En juin dernier, nous étions dans le Septentrion pour des séances de sensibilisation. Nous le faisons avec la contribution de partenaires sociaux et des autorités locales », fait savoir le commissaire de police Emmanuel Agbodjan. Société 19 août 2021


Dénis Oba Chabi à propos des violences à Savè: « Il faut nécessairement installer une base militaire… »
La commune de Savè plus précisément l’arrondissement de Besse a été, courant fin juillet et début août, le théâtre de violents affrontements entre éleveurs et agriculteurs. Le maire de la commune, Dénis Oba Chabi fait un bilan sommaire et appelle à la prise de mesures pérennes contre un phénomène qui dure depuis plus d’une dizaine d’années. Mort d’homme dans le braquage d’une camionnette le 28 juillet, trois personnes égorgées à la lamelle de fer aiguisée, du 6 au 7 août, par des individus non identifiés, des cultures dévastées par des bœufs et des maisons cambriolées dans la nuit du 10 au 11 août. Une avalanche de violences qui a induit une réponse énergique du gouvernement, avec le détachement d’un fort contingent militaire pour suppléer la police des frontières. « C’est l’une des multiples frontières entre la commune de Savè et le Nigeria qui a été victime des atrocités. C’est l’arrondissement de Besse qui fait frontière avec la commune de Kétou et en même temps avec le Nigeria, et ce sont les hameaux de Kadjogbe et Gambiala qui ont été agressés, visités par les éleveurs », explique le maire de la commune, Dénis Oba Chabi. A l’en croire, il y a de vieux conflits entre agriculteurs et éleveurs. Cette fois-ci, les éleveurs ont déclaré vouloir venger la mort de deux des leurs, en tuant trois paysans, parce que tenant les agriculteurs pour responsables de la perte de leurs proches. La suite, il a fallu l’intervention des forces de défense pour restaurer l’autorité de l’Etat. « La situation a été maitrisée. De telle sorte que sur le terrain aujourd’hui, la paix, la quiétude sont revenues, et les paysans vaquent à leurs occupations. Une délégation préfectorale était chez nous la semaine dernière et tout va bien», rassure le maire. Toutefois, il formule le vœu de voir la question réglée de façon durable. Il déplore l’absence de réseau de téléphonie mobile dans l’arrondissement de Besse; ce qui rend difficiles les communications et handicape la promptitude d’action. « Aucun réseau ne couvre cette zone de sorte que la communication est très compliquée alors que c’est l’arrondissement qui jouxte le Nigeria et fait frontière avec la commune de Kétou », indique le maire de la commune de Savè. Il ajoute que la voie Kétou-Savè qui traverse cet arrondissement doit être également sécurisée, car en un laps de temps, des individus pourraient quitter le Nigeria, opérer et disparaitre dans la nature. « L’Etat central doit aller un peu plus en profondeur des actes à poser, car cela a trop duré. Ça fait près d’une dizaine d’années que dans cet arrondissement et particulièrement à Odji et Gambila, il y a toujours des problèmes suivis de mort d’hommes. Il faut installer nécessairement une base militaire. Notre doléance est presque prise en compte. Il y a une base présentement mais il faut qu’elle soit permanente pour que nous puissions avoir la paix», a-t-il conclu. Société 19 août 2021


Gouvernance locale: N’Dali tient son Schéma directeur d’aménagement communal
Le document de planification de la commune de N’Dali était, mardi 17 août dernier, à la salle de délibération de la mairie, au centre d’une séance de vulgarisation. Décliné en plusieurs orientations de développement, il a été élaboré avec l’appui technique et financier de la Coopération suisse, à travers l’Association pour le développement des communes du Borgou (Adécob). N’Dali, comme nombre de ses homologues, dispose de son Schéma directeur d’aménagement communal (Sdac). C’est à la salle de délibération de la mairie que la vulgarisation de ce document de planification a eu lieu, mardi 17 août. Selon cet outil, a fait observer le collaborateur du chef service planification et développement local de la mairie de N’Dali, John Badet, la ville nourrit la vision d’être une commune unie, bien aménagée, humanisée et bien gérée, puis à économie compétitive où la sécurité, le bien-être social et la gestion durable de l’environnement sont assurés et les atouts touristiques valorisés d’ici 2034. Cette ambition est déclinée en cinq orientations de développement. « Il ne suffit pas d’avoir une vision, mais il faut des stratégies et des orientations à court et à long termes pour l’atteindre», soutient-il. La première des orientations est relative à l’aménagement durable des milieux et des agglomérations urbaines de la commune. Quant à la deuxième, elle porte sur l’amélioration des systèmes de production dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. La troisième a trait à la poursuite de la construction, la réfection et la répartition équitable des infrastructures sociocommunautaires dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la promotion sociale, de la sécurité, des sports et loisirs, du tourisme et des équipements marchands. En quatrième position, il y a la gestion et la protection durables des ressources naturelles. Vient enfin le renforcement des échanges commerciaux avec l’ouverture de la commune aux territoires voisins. Société 19 août 2021


Contribution de la diaspora au développement du Bénin: Un apport dispersé et imperceptible ?
Les statistiques font défaut mais il est évident que l’argent envoyé par le Béninois de l’extérieur à sa famille et ses investissements dans divers domaines contribuent à l’essor du Bénin. Romain da Costa, Béninois de la diaspora, en est convaincu. Le seul hic, selon lui, c’est que cet apport est dispersé et invisible. Tout comme la diaspora des autres pays africains, les Béninois de l’extérieur contribuent pour une part non moins importante au développement du Bénin, notamment aux plans économique, social et culturel. « Si vous regardez dans le pays, à part quelques gros magnats tels que Samuel Aworet, on ne constate pas vraiment la présence économique de la diaspora. Pourtant, elle existe. Il y a cet apport qu’on envoie au pays et qui constitue de l’aide sociale qui n’entre pas directement dans le système économique», explique Romain da Costa, directeur des Relations internationales de la mairie de Rosny sous-bois en France, et président du Haut conseil des Béninois de l’extérieur (Hcbe) dont le bureau fait face à une organisation bis dirigée par Mathieu Hounyovi, donnant lieu visiblement à ‘‘ deux ailes’’ au sein du Hcbe. A côté des sous envoyés au pays, poursuit-il, il y a quelques réalisations. « Individuellement, il y a beaucoup de Béninois de la diaspora qui ont des réalisations économiques dans le pays dans plusieurs domaines tels que la communication, l’agroalimentaire, etc. Donc, il y a ce retour-là mais qui est invisible », reconnaît-il. Pourquoi alors l’apport des Béninois de l’extérieur au développement de leur pays d’origine est-il invisible contrairement à celui de la diaspora des autres pays africains ? Plusieurs raisons expliquent la situation, selon Romain da Costa. D’abord, le mouvement de retour des Béninois de l’extérieur vers le Bénin a commencé à partir de 1990. Idem pour leur contribution au développement du pays. Ensuite, au-delà des aides familiales et de quelques investissements çà et là, «le reste est invisible parce que ceux qui reviennent ne sont pas très bien connectés avec ceux qui sont au pays. Beaucoup reviennent avec de grandes idées mais ils déchantent vite, ils connaissent beaucoup d’échecs et repartent systématiquement si bien que ceux qui ont réussi, on ne les voit pas ». Sur le plan politique, la diaspora béninoise ne pèse pas non plus. Bien avant la réforme du système partisan, note Romain da Costa, les Béninois de l’extérieur étaient éparpillés et sans une assise solide au sein des partis politiques. Ce qui ne permet pas à la diaspora de peser dans la vie politique du pays. En outre, il fait observer que les Béninois de l’extérieur sont assez divisés et individualistes. Relooker le Hcbe ? Restructurer le Hcbe conformément à l’esprit de la Conférence nationale permettra à la diaspora béninoise de contribuer efficacement et beaucoup plus au développement du Bénin. C’est ce que pense Romain da Costa. « En 1990, la Conférence a suggéré qu’il y ait cet organe qui sera le creuset où les Béninois se rassemblent et s’organisent pour servir leur pays. En 1997, le président Kérékou a fait en sorte que le Hcbe soit créé et sa mission est de rassembler tous les Béninois de l’extérieur, propulser chaque Béninois de l’extérieur qui a une vision pour le Bénin, qu’importe le domaine. Nous devons tous ensemble le propulser pour qu’il réussisse et qu’efficacement nous puissions contribuer au développement du pays. Le Hcbe a trois projets phares: la maison de la diaspora, la banque des Béninois de l’extérieur et avoir des élus à l’Assemblée nationale », rappelle-t-il. Malheureusement, jusqu’à sa prise de fonction en 2016, soit 20 ans après la création du Hcbe, rien de tout cela n’a été fait. En 2007, après la modification des statuts et règlement intérieur de l’organisation, le conseil d’administration du Hcbe composé d’une trentaine de membres dont des Béninois de l’extérieur et des représentants du gouvernement et des institutions de la République, a été supprimé, et c’est un bureau de sept membres qui conduit les destinées de l’organisation. Les représentants du gouvernement et des institutions de la République ont été donc retirés. « Ceux qui, du pays, devraient avoir leur mot à dire au sein du Hcbe ont été retirés au nom de l’autonomie associative, je pense que c’est ça qui a tué le Hcbe », déplore M. da Costa. Pour lui, il est primordial que l’organisation retrouve sa structuration de départ pour permettre aux Béninois de l’extérieur de contribuer au développement de leur pays avec efficacité. « Avec les membres de mon bureau, on s’est dit que si on continue de cette façon, le Hcbe sera toujours une coquille vide », insiste-t-il. Il regrette aussi le fait que les cotisations peinent à tomber et qu’il se retrouve parfois dans l’obligation de mettre la main à la poche pour financer toutes ou partie des activités. Pour corriger le tir, il propose de retoucher la structuration et le fonctionnement de l’organisation. Cette réforme a conduit lui et son bureau à mettre en place un comité scientifique composé d’au moins 140 Béninois du monde entier qui accompagnent le bureau mondial dans la réorganisation du Hcbe. « Le projet qu’on mène aujourd’hui, c’est de transformer les sections Hcbe pays par pays en un Conseil des Béninois qui est plus consensuel parce qu’on demande aux associations dans les pays (qui sont plus efficaces que les sections Hcbe) de se réunir pour désigner leurs représentants de façon consensuelle. La réforme est en cours et va nous conduire à l’Assemblée générale, si on réussit à temps, en décembre 2021. Récemment, on était au Burkina Faso où on a mis en place le Conseil des Béninois du Burkina Faso (Cbbf). Le but final de tout ceci, c’est de montrer que l’organisation a fait peau neuve et tient désormais la route avec des membres prêts à relever les défis, et en même temps, on fait une proposition au gouvernement pour dire que tant que le Hcbe ne devient pas une institution, il y aura toujours de la pagaille », explique Romain da Costa. A l’en croire, il s’agit de dire au gouvernement que s’il souhaite qu’il y ait des réalisations efficaces avec lui (l’Exécutif), qu’il (l’Exécutif) doit transformer le Hcbe en une institution dans laquelle il va y avoir des Béninois de l’extérieur élus par leurs pairs et qui vont occuper la majorité des sièges. Et de l’autre côté, il y aura les membres désignés par le gouvernement, l’Assemblée nationale et d’autres institutions de la République. Ainsi, « on aura une institution en bonne et due forme pour gérer les relations avec les Béninois de l’extérieur. On sera beaucoup plus efficaces et plus respectés que si on continue de fonctionner comme une association de loi 1901. Cela évite aussi que des gens se lèvent pour créer une association bis ou une troisième association parce que de cette façon, ces associations seront tout le temps en concurrence et on ne sera jamais efficaces dans la façon de contribuer au développement du pays », assure-t-il. En attendant l’aboutissement de cette réforme et surtout la réunification des ‘‘ deux ailes Hcbe ’’, l’on note que l’apport de la diaspora béninoise au développement du pays, demeure dispersé et imperceptible quoique cela contribue plus ou moins à la croissance économique. Il est clair que des efforts doivent être faits pour une contribution beaucoup plus structurée et importante permettant de créer de la valeur ajoutée pour booster l’économie nationale. Actualités 19 août 2021


Prise en charge de la fente labio-palatine: L’enfant, un patient à suivre délicatement
Longtemps considérée comme une malédiction, la fente labio-palatine est une affection curable de nos jours. La prise en charge de l’enfant, le petit patient, exige des spécialistes une vigilance accrue. « J’ai toujours pensé que c’est comme ça que Dieu m’a créée. Je ne savais pas qu’il y avait un traitement. Je me cachais parce que j’avais honte de mon état… », raconte après son opération chirurgicale, dame Bio Ramath, qui a vécu avec son affection jusqu’à l’âge de 26 ans. « Autrefois, certains nommaient cette pathologie le bec de lièvre, ce qui est un terme péjoratif, car c’est un peu comme pour dire de l’enfant qu’il est un lièvre ». En lieu et place de ce terme dégradant, le chirurgien pédiatre Serge Mètchihoungbé a préféré parler de la fente vue comme une malformation congénitale. Elle est dite labiale, au niveau des lèvres et palatine, relativement au palais. C’est une pathologie qui se soigne avec le concours de plusieurs spécialistes, chirurgiens, nutritionnistes, anesthésistes, orthophonistes. Et dans ce processus de prise en charge, le rôle dévolu aux infirmiers présente beaucoup d’intérêt. A juste titre, l’Ong Smile Train, qui propose une chirurgie corrective aux enfants souffrant de fentes labiales et palatines, met un accent particulier sur la formation de cette catégorie de personnel soignant. « Le premier risque que court le patient au bloc opératoire est lié aux voies respiratoires, surtout chez l’enfant. Le second, le saignement au niveau des lèvres, surtout au niveau du palais. Tout patient est à risque, mais les enfants méritent une attention particulière… », a déclaré Dr Nina Cakpo Chichi, directrice de programme par intérim de l’Afrique de l’Ouest pour Smile Train. A en croire Dr Serge Méwanou, médecin anesthésiste, réanimateur, en service au Centre national hospitalier universitaire (Cnhu) de Cotonou, les soins infirmiers sont essentiels dans la chaine de prise en charge des fentes labio-palatines et vont de l’évaluation du patient qui sort du bloc à la prévention de complications postopératoires en passant par sa surveillance. Le rôle de l’infirmier consiste donc à évaluer, décider et réagir pour prévenir le pire, surtout lorsqu’il s’agit des enfants, considérés comme de petits patients à suivre de près. « Ces petits patients qui n’ont pas la même physiologie que les adultes constituent l’avenir de demain et il faut connaitre leur spécificité pour bien s’en occuper… », souligne Dr Serge Méwanou. Une diversité de fentes… Il existe plusieurs formes de fentes variant d'une simple bifidité de la luette (prolongement vertical du bord postérieur du voile du palais, formant un petit appendice charnu, à l’entrée du gosier) à une fente labio-palatine bilatérale totale. En effet, la fente peut concerner uniquement les lèvres et est dite dans ce cas labiale. Elle peut concerner la gencive, ce qui donne lieu à la fente labio-alvéolaire. Si elle concerne la gencive et le palais, elle est appelée fente labio-palatine. La fente peut aussi se retrouver au niveau du palais : soit le palais mou, soit le palais dur. La fente touchant ces deux parties du palais est la fente palatine. Par contre, lorsqu’elle est spécifiquement liée au palais mou, il s’agit de la fente vélaire. Quand la fente est au niveau de la luette, il est question de la bifidité de la luette. Et si elle se retrouve des deux côtés de la luette, on parle d’une fente labio-palatine bilatérale totale. Prévenir tant qu’on le peut Les facteurs responsables de cette pathologie sont multiples. On dit généralement qu’elle est héréditaire, mais elle provient également de quelques facteurs exogènes, qui dépendent de l’état de la mère qui veut accoucher, de ce qu’elle a fait ou subi pendant la grossesse. Le médecin anesthésiste Dr Serge Méwanou relève au titre de ces facteurs exogènes, l’alcoolisme, le tabagisme, mais aussi l’usage des médicaments tératogènes (proscrites pour les femmes enceintes) qui nuisent au développement du fœtus. Selon le chirurgien pédiatre Serge Mètchihoungbé, il a été remarqué que les femmes ayant accouché d'enfants à fentes, sont en grand nombre des alcooliques ou consomment du tabac. Dr Serge Mètchihoungbé explique également que certaines femmes ne suivent pas leur grossesse. Or, une grossesse ne doit pas être un accident mais plutôt programmée. A l’en croire, la non prise de l’acide folique au cours de la période conceptionnelle est aussi une cause de malformation (apoptose). Avant de tomber enceinte, la femme doit se préparer, car certaines substances, notamment l’acide folique (la foldine) doivent être en quantité suffisante dans son corps pour empêcher des malformations. La foldine est un élément qu’il est important pour la femme désireuse de tomber enceinte de prendre dès qu’elle se met à en faire le programme avec son époux avant même de passer à l’acte procréateur. « On a remarqué que le manque de la foldine dans le sang cause des malformations non seulement au niveau de la face de l’enfant mais aussi au niveau de beaucoup d’autres tissus », indique le chirurgien. En dehors de l’alcool, du tabac, des médicaments tératogènes et du manque de foldine, il y a d’autres facteurs tels que la pauvreté, la soumission ou l’exposition de la femme enceinte à des insecticides et pesticides, le jeune âge de la femme enceinte (moins de 18 ans) ou son âge avancé (au-delà de 36 ans) et l’exposition aux radiations ionisantes (à travers les examens radiographiques) qui peuvent également occasionner les fentes. La fente labiale/palatine est la deuxième anomalie congénitale la plus fréquente après le pied bot (malformation du pied qui peut être pied tordu, ou sembler être à l'envers). Elle peut varier d’un petit défaut dans le vermillon de la lèvre supérieure à une fente complète du visage s’étendant au-delà du nez et jusqu’aux yeux. « Il faut faire des consultations prénatales régulières et suivre les conseils du gynécologue obstétricien », conseille Dr Serge Méwanou. Santé 19 août 2021


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