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Nouvelles

Gouvernance locale: N’Dali tient son Schéma directeur d’aménagement communal
Le document de planification de la commune de N’Dali était, mardi 17 août dernier, à la salle de délibération de la mairie, au centre d’une séance de vulgarisation. Décliné en plusieurs orientations de développement, il a été élaboré avec l’appui technique et financier de la Coopération suisse, à travers l’Association pour le développement des communes du Borgou (Adécob). N’Dali, comme nombre de ses homologues, dispose de son Schéma directeur d’aménagement communal (Sdac). C’est à la salle de délibération de la mairie que la vulgarisation de ce document de planification a eu lieu, mardi 17 août. Selon cet outil, a fait observer le collaborateur du chef service planification et développement local de la mairie de N’Dali, John Badet, la ville nourrit la vision d’être une commune unie, bien aménagée, humanisée et bien gérée, puis à économie compétitive où la sécurité, le bien-être social et la gestion durable de l’environnement sont assurés et les atouts touristiques valorisés d’ici 2034. Cette ambition est déclinée en cinq orientations de développement. « Il ne suffit pas d’avoir une vision, mais il faut des stratégies et des orientations à court et à long termes pour l’atteindre», soutient-il. La première des orientations est relative à l’aménagement durable des milieux et des agglomérations urbaines de la commune. Quant à la deuxième, elle porte sur l’amélioration des systèmes de production dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. La troisième a trait à la poursuite de la construction, la réfection et la répartition équitable des infrastructures sociocommunautaires dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la promotion sociale, de la sécurité, des sports et loisirs, du tourisme et des équipements marchands. En quatrième position, il y a la gestion et la protection durables des ressources naturelles. Vient enfin le renforcement des échanges commerciaux avec l’ouverture de la commune aux territoires voisins. Société 19 août 2021


Contribution de la diaspora au développement du Bénin: Un apport dispersé et imperceptible ?
Les statistiques font défaut mais il est évident que l’argent envoyé par le Béninois de l’extérieur à sa famille et ses investissements dans divers domaines contribuent à l’essor du Bénin. Romain da Costa, Béninois de la diaspora, en est convaincu. Le seul hic, selon lui, c’est que cet apport est dispersé et invisible. Tout comme la diaspora des autres pays africains, les Béninois de l’extérieur contribuent pour une part non moins importante au développement du Bénin, notamment aux plans économique, social et culturel. « Si vous regardez dans le pays, à part quelques gros magnats tels que Samuel Aworet, on ne constate pas vraiment la présence économique de la diaspora. Pourtant, elle existe. Il y a cet apport qu’on envoie au pays et qui constitue de l’aide sociale qui n’entre pas directement dans le système économique», explique Romain da Costa, directeur des Relations internationales de la mairie de Rosny sous-bois en France, et président du Haut conseil des Béninois de l’extérieur (Hcbe) dont le bureau fait face à une organisation bis dirigée par Mathieu Hounyovi, donnant lieu visiblement à ‘‘ deux ailes’’ au sein du Hcbe. A côté des sous envoyés au pays, poursuit-il, il y a quelques réalisations. « Individuellement, il y a beaucoup de Béninois de la diaspora qui ont des réalisations économiques dans le pays dans plusieurs domaines tels que la communication, l’agroalimentaire, etc. Donc, il y a ce retour-là mais qui est invisible », reconnaît-il. Pourquoi alors l’apport des Béninois de l’extérieur au développement de leur pays d’origine est-il invisible contrairement à celui de la diaspora des autres pays africains ? Plusieurs raisons expliquent la situation, selon Romain da Costa. D’abord, le mouvement de retour des Béninois de l’extérieur vers le Bénin a commencé à partir de 1990. Idem pour leur contribution au développement du pays. Ensuite, au-delà des aides familiales et de quelques investissements çà et là, «le reste est invisible parce que ceux qui reviennent ne sont pas très bien connectés avec ceux qui sont au pays. Beaucoup reviennent avec de grandes idées mais ils déchantent vite, ils connaissent beaucoup d’échecs et repartent systématiquement si bien que ceux qui ont réussi, on ne les voit pas ». Sur le plan politique, la diaspora béninoise ne pèse pas non plus. Bien avant la réforme du système partisan, note Romain da Costa, les Béninois de l’extérieur étaient éparpillés et sans une assise solide au sein des partis politiques. Ce qui ne permet pas à la diaspora de peser dans la vie politique du pays. En outre, il fait observer que les Béninois de l’extérieur sont assez divisés et individualistes. Relooker le Hcbe ? Restructurer le Hcbe conformément à l’esprit de la Conférence nationale permettra à la diaspora béninoise de contribuer efficacement et beaucoup plus au développement du Bénin. C’est ce que pense Romain da Costa. « En 1990, la Conférence a suggéré qu’il y ait cet organe qui sera le creuset où les Béninois se rassemblent et s’organisent pour servir leur pays. En 1997, le président Kérékou a fait en sorte que le Hcbe soit créé et sa mission est de rassembler tous les Béninois de l’extérieur, propulser chaque Béninois de l’extérieur qui a une vision pour le Bénin, qu’importe le domaine. Nous devons tous ensemble le propulser pour qu’il réussisse et qu’efficacement nous puissions contribuer au développement du pays. Le Hcbe a trois projets phares: la maison de la diaspora, la banque des Béninois de l’extérieur et avoir des élus à l’Assemblée nationale », rappelle-t-il. Malheureusement, jusqu’à sa prise de fonction en 2016, soit 20 ans après la création du Hcbe, rien de tout cela n’a été fait. En 2007, après la modification des statuts et règlement intérieur de l’organisation, le conseil d’administration du Hcbe composé d’une trentaine de membres dont des Béninois de l’extérieur et des représentants du gouvernement et des institutions de la République, a été supprimé, et c’est un bureau de sept membres qui conduit les destinées de l’organisation. Les représentants du gouvernement et des institutions de la République ont été donc retirés. « Ceux qui, du pays, devraient avoir leur mot à dire au sein du Hcbe ont été retirés au nom de l’autonomie associative, je pense que c’est ça qui a tué le Hcbe », déplore M. da Costa. Pour lui, il est primordial que l’organisation retrouve sa structuration de départ pour permettre aux Béninois de l’extérieur de contribuer au développement de leur pays avec efficacité. « Avec les membres de mon bureau, on s’est dit que si on continue de cette façon, le Hcbe sera toujours une coquille vide », insiste-t-il. Il regrette aussi le fait que les cotisations peinent à tomber et qu’il se retrouve parfois dans l’obligation de mettre la main à la poche pour financer toutes ou partie des activités. Pour corriger le tir, il propose de retoucher la structuration et le fonctionnement de l’organisation. Cette réforme a conduit lui et son bureau à mettre en place un comité scientifique composé d’au moins 140 Béninois du monde entier qui accompagnent le bureau mondial dans la réorganisation du Hcbe. « Le projet qu’on mène aujourd’hui, c’est de transformer les sections Hcbe pays par pays en un Conseil des Béninois qui est plus consensuel parce qu’on demande aux associations dans les pays (qui sont plus efficaces que les sections Hcbe) de se réunir pour désigner leurs représentants de façon consensuelle. La réforme est en cours et va nous conduire à l’Assemblée générale, si on réussit à temps, en décembre 2021. Récemment, on était au Burkina Faso où on a mis en place le Conseil des Béninois du Burkina Faso (Cbbf). Le but final de tout ceci, c’est de montrer que l’organisation a fait peau neuve et tient désormais la route avec des membres prêts à relever les défis, et en même temps, on fait une proposition au gouvernement pour dire que tant que le Hcbe ne devient pas une institution, il y aura toujours de la pagaille », explique Romain da Costa. A l’en croire, il s’agit de dire au gouvernement que s’il souhaite qu’il y ait des réalisations efficaces avec lui (l’Exécutif), qu’il (l’Exécutif) doit transformer le Hcbe en une institution dans laquelle il va y avoir des Béninois de l’extérieur élus par leurs pairs et qui vont occuper la majorité des sièges. Et de l’autre côté, il y aura les membres désignés par le gouvernement, l’Assemblée nationale et d’autres institutions de la République. Ainsi, « on aura une institution en bonne et due forme pour gérer les relations avec les Béninois de l’extérieur. On sera beaucoup plus efficaces et plus respectés que si on continue de fonctionner comme une association de loi 1901. Cela évite aussi que des gens se lèvent pour créer une association bis ou une troisième association parce que de cette façon, ces associations seront tout le temps en concurrence et on ne sera jamais efficaces dans la façon de contribuer au développement du pays », assure-t-il. En attendant l’aboutissement de cette réforme et surtout la réunification des ‘‘ deux ailes Hcbe ’’, l’on note que l’apport de la diaspora béninoise au développement du pays, demeure dispersé et imperceptible quoique cela contribue plus ou moins à la croissance économique. Il est clair que des efforts doivent être faits pour une contribution beaucoup plus structurée et importante permettant de créer de la valeur ajoutée pour booster l’économie nationale. Actualités 19 août 2021


Prise en charge de la fente labio-palatine: L’enfant, un patient à suivre délicatement
Longtemps considérée comme une malédiction, la fente labio-palatine est une affection curable de nos jours. La prise en charge de l’enfant, le petit patient, exige des spécialistes une vigilance accrue. « J’ai toujours pensé que c’est comme ça que Dieu m’a créée. Je ne savais pas qu’il y avait un traitement. Je me cachais parce que j’avais honte de mon état… », raconte après son opération chirurgicale, dame Bio Ramath, qui a vécu avec son affection jusqu’à l’âge de 26 ans. « Autrefois, certains nommaient cette pathologie le bec de lièvre, ce qui est un terme péjoratif, car c’est un peu comme pour dire de l’enfant qu’il est un lièvre ». En lieu et place de ce terme dégradant, le chirurgien pédiatre Serge Mètchihoungbé a préféré parler de la fente vue comme une malformation congénitale. Elle est dite labiale, au niveau des lèvres et palatine, relativement au palais. C’est une pathologie qui se soigne avec le concours de plusieurs spécialistes, chirurgiens, nutritionnistes, anesthésistes, orthophonistes. Et dans ce processus de prise en charge, le rôle dévolu aux infirmiers présente beaucoup d’intérêt. A juste titre, l’Ong Smile Train, qui propose une chirurgie corrective aux enfants souffrant de fentes labiales et palatines, met un accent particulier sur la formation de cette catégorie de personnel soignant. « Le premier risque que court le patient au bloc opératoire est lié aux voies respiratoires, surtout chez l’enfant. Le second, le saignement au niveau des lèvres, surtout au niveau du palais. Tout patient est à risque, mais les enfants méritent une attention particulière… », a déclaré Dr Nina Cakpo Chichi, directrice de programme par intérim de l’Afrique de l’Ouest pour Smile Train. A en croire Dr Serge Méwanou, médecin anesthésiste, réanimateur, en service au Centre national hospitalier universitaire (Cnhu) de Cotonou, les soins infirmiers sont essentiels dans la chaine de prise en charge des fentes labio-palatines et vont de l’évaluation du patient qui sort du bloc à la prévention de complications postopératoires en passant par sa surveillance. Le rôle de l’infirmier consiste donc à évaluer, décider et réagir pour prévenir le pire, surtout lorsqu’il s’agit des enfants, considérés comme de petits patients à suivre de près. « Ces petits patients qui n’ont pas la même physiologie que les adultes constituent l’avenir de demain et il faut connaitre leur spécificité pour bien s’en occuper… », souligne Dr Serge Méwanou. Une diversité de fentes… Il existe plusieurs formes de fentes variant d'une simple bifidité de la luette (prolongement vertical du bord postérieur du voile du palais, formant un petit appendice charnu, à l’entrée du gosier) à une fente labio-palatine bilatérale totale. En effet, la fente peut concerner uniquement les lèvres et est dite dans ce cas labiale. Elle peut concerner la gencive, ce qui donne lieu à la fente labio-alvéolaire. Si elle concerne la gencive et le palais, elle est appelée fente labio-palatine. La fente peut aussi se retrouver au niveau du palais : soit le palais mou, soit le palais dur. La fente touchant ces deux parties du palais est la fente palatine. Par contre, lorsqu’elle est spécifiquement liée au palais mou, il s’agit de la fente vélaire. Quand la fente est au niveau de la luette, il est question de la bifidité de la luette. Et si elle se retrouve des deux côtés de la luette, on parle d’une fente labio-palatine bilatérale totale. Prévenir tant qu’on le peut Les facteurs responsables de cette pathologie sont multiples. On dit généralement qu’elle est héréditaire, mais elle provient également de quelques facteurs exogènes, qui dépendent de l’état de la mère qui veut accoucher, de ce qu’elle a fait ou subi pendant la grossesse. Le médecin anesthésiste Dr Serge Méwanou relève au titre de ces facteurs exogènes, l’alcoolisme, le tabagisme, mais aussi l’usage des médicaments tératogènes (proscrites pour les femmes enceintes) qui nuisent au développement du fœtus. Selon le chirurgien pédiatre Serge Mètchihoungbé, il a été remarqué que les femmes ayant accouché d'enfants à fentes, sont en grand nombre des alcooliques ou consomment du tabac. Dr Serge Mètchihoungbé explique également que certaines femmes ne suivent pas leur grossesse. Or, une grossesse ne doit pas être un accident mais plutôt programmée. A l’en croire, la non prise de l’acide folique au cours de la période conceptionnelle est aussi une cause de malformation (apoptose). Avant de tomber enceinte, la femme doit se préparer, car certaines substances, notamment l’acide folique (la foldine) doivent être en quantité suffisante dans son corps pour empêcher des malformations. La foldine est un élément qu’il est important pour la femme désireuse de tomber enceinte de prendre dès qu’elle se met à en faire le programme avec son époux avant même de passer à l’acte procréateur. « On a remarqué que le manque de la foldine dans le sang cause des malformations non seulement au niveau de la face de l’enfant mais aussi au niveau de beaucoup d’autres tissus », indique le chirurgien. En dehors de l’alcool, du tabac, des médicaments tératogènes et du manque de foldine, il y a d’autres facteurs tels que la pauvreté, la soumission ou l’exposition de la femme enceinte à des insecticides et pesticides, le jeune âge de la femme enceinte (moins de 18 ans) ou son âge avancé (au-delà de 36 ans) et l’exposition aux radiations ionisantes (à travers les examens radiographiques) qui peuvent également occasionner les fentes. La fente labiale/palatine est la deuxième anomalie congénitale la plus fréquente après le pied bot (malformation du pied qui peut être pied tordu, ou sembler être à l'envers). Elle peut varier d’un petit défaut dans le vermillon de la lèvre supérieure à une fente complète du visage s’étendant au-delà du nez et jusqu’aux yeux. « Il faut faire des consultations prénatales régulières et suivre les conseils du gynécologue obstétricien », conseille Dr Serge Méwanou. Santé 19 août 2021


Pêche artisanale maritime: Pressions en mer, en travers de la loi
La productivité de la pêche maritime artisanale a été multipliée par au moins quatre en une décennie au Bénin. Mais les revenus des pêcheurs semblent ne pas connaître la même amélioration. Sont indexées les pratiques prohibées, contre lesquelles l’Etat prépare une bataille. « Mes enfants ne feront pas la pêche ». Mathieu Sindété est catégorique. Lui qui a longtemps porté la voix des pêcheurs marins artisans se désole, dit-il, de la paupérisation de cette activité qui l’a conduit en mer à l’âge de 6 ans. « Ça ne nourrit pas son homme. Vous allez brûler en mer près de 150 000 F Cfa de carburant à rechercher le banc de poissons et ne pas en trouver pour encercler. Nous ne vivons pas, nous vivotons », regrette-t-il. Pour lui, les beaux jours de la pêche sont comptés, si rien n’est fait. Et il n’est pas le seul à récriminer. « La pêche est devenue très aléatoire aujourd’hui. On ne la pratique que pour subsister et nourrir la famille. Ça ne permet plus de faire des investissements comme on le faisait entre temps. J’ai envie d’aller faire autre chose. Malheureusement, je n’ai appris à faire que ça. Même pour renouveler les équipements, je suis obligé de m’endetter avec des conditionnalités compliquées», se désole Augustin Amoussougbo, secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs de la pêche artisanale du Bénin. Pourtant, la façade maritime béninoise qui s’étend sur 125 km n’est pas si pauvre. Selon des études, elle regorge de plus de 257 espèces de poissons, en plus des espèces de crustacés et autres. Mieux, la productivité de la pêche maritime artisanale ne cesse de croître cette dernière décennie. En 2019, elle est de 37 948 tonnes contre 14 742 en 2017 et 8 851 tonnes en 2009. Ce résultat est d’ailleurs très loin de celui de la pêche maritime industrielle qui en 2019 n’a eu que 8 509 tonnes de poissons. Mais ces statistiques couvent des plaintes récurrentes : aventures infructueuses, amaigrissement des revenus, etc. Un mal plus profond que la mer Au port de pêche de Cotonou, il y a de l’affluence cet après-midi du 13 août 2021. Le hall de vente grouille de monde. Mais la chance n’a pas souri à tous les pêcheurs. Ce jour, l’aventure a été infructueuse pour Victorin Hounkpatin, père de deux enfants. « On n’a pas eu la chance. Ce sont ceux qui sont allés du côté de Hillacondji qui ont tiré le gros lot. Quand la chance vous sourit, vous pouvez avoir des captures d’un montant de 1 500 000 F Cfa. En enlevant les charges, vous avez un peu de ressources que vous partagez entre vous. Mais dans le cas contraire, il faut prêter les sous pour faire face aux charges », fait-il remarquer. Face à cette situation, les acteurs indexent l’envahissement de la façade maritime par des engins dévastateurs. « Les plans d’eau ont été vidés avec des pratiques prohibées. Les gens se sont reconvertis ensuite dans la pêche maritime avec des techniques qui ne permettent pas aux poissons de se reproduire. Il s’agit des pêcheurs de crevettes roses et des gens qui utilisent des filets trainants avec des panneaux et des moustiquaires qui ramassent les œufs de poisson. Pourtant, nous avons une loi-cadre. Il y a beaucoup d’espèces qui ont disparu à cause de ces pratiques », se plaint Augustin Amoussougbo. La compétition est rude en mer, avec tous les risques. Très engagée dans la protection des ressources naturelles, l’Ong Eco Bénin a mené en octobre 2020, des enquêtes exploratoires auprès des populations des zones côtières du Bénin sur la criminalité maritime. Il en ressort que les pêcheurs de Ouidah et de Cotonou sont inquiets au vu de la poussée démographique qui engendre l’augmentation du nombre de barques et de pêcheurs. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les prises de pêche. « Le paradoxe est que les captures des pêcheurs continentaux convertis en pêcheurs marins artisans et qui utilisent les chaluts-bœufs échappent aux statistiques. Ce qui entraine un biais dans les prises de décision par rapport à la gestion des pêches », analyse Dr Zacharie Sohou, directeur de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanographiques du Bénin (Irhob). Prohibé, le chalut-bœuf n’en finit pas de menacer la pêche béninoise. L’engin est trainé sur le fond marin à cause des cibles de pêches que constituent les poissons benthiques, comme les bars, les carpes rouges, les mérous, etc. D’autres engins et techniques sont aussi indexés par les acteurs de pêche qui s’accusent entre eux. Pourtant, ils sont proscrits par l’article 42 du décret n° 2018-335 du 25 juillet 2018 fixant les conditions et modalités d'exercice de la pêche. Il y est interdit, entre autres, l'utilisation ou la détention à bord de filets maillants fabriqués à partir d'éléments mono filaments; la pêche aux mysidacés et tout engin traînant attaché à une ou deux embarcations qui capturent les mysidacés et toutes autres espèces rencontrées sur son passage. Les pêcheurs souhaitent un contrôle strict des filets et des prises des pêcheurs à leur passage au niveau du chenal de Cotonou. « On peut revenir à une pêche durable. Tout dépend de l’administration. Si on met fin aux engins prohibés avec toute la rigueur qu’il faut, nous allons en jouir. Aucun pêcheur n’est au-dessus de la loi », déclare Mathieu Sindété. Le bout du tunnel ? Le secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs de la pêche artisanale du Bénin croit à un retour à la normale. « Je sais que le gouvernement qui est là s’attelle à ça pour une solution. Je crois que le ministère de l’Agriculture se penche sérieusement sur ce problème. C’est vrai qu’ils font la promotion de l’aquaculture, mais l’activité de pêche qui est sédentaire ne peut pas être automatiquement remplacée», confie-t-il. Il plaide même pour la multiplication des aires maritimes protégées sur la côte pour sécuriser la reproduction des poissons. « Il faut que l’Etat participe à développer des activités alternatives dans les communautés de pêche. Il faut qu’on amène les pêcheurs à diversifier aussi les engins de pêche, en fonction des saisons», ajoute Augustin Amoussougbo. En attendant, du côté de la direction de la Production halieutique, une bataille se prépare contre les engins prohibés. La Brigade de surveillance des plans d’eau créée par le gouvernement se met progressivement à l’œuvre. Dans l’espace de deux mois, une centaine de filets mono filaments, plus de 200 filets "Mèdokpokonou" et 20 panneaux de chalut-bœuf ont été saisis. La traque sera corsée les prochaines semaines. « Les éléments du corps sont formés. Les équipements pour effectuer le travail sont là, notamment les embarcations. D’ici fin août, tout rentrera dans l’ordre. D’autres équipements sont attendus. La guerre sera déclenchée sous peu contre les pêcheurs indélicats qui utilisent les engins prohibés. Ça se fera incessamment », rassure Herman Gangbazo, chef service Aménagement et Gestion des pêcheries. Le sous-secteur de la pêche maritime industrielle est également à suivre de près. Ainsi, les beaux jours de la pêche ne seront plus comptés? Société 19 août 2021


Administration communale: La qualité des ressources humaines préoccupe
L’administration communale manque de ressources humaines de qualité, selon une récente étude commanditée par l’Association nationale des communes du Bénin qui se dit très embarrassée par cette situation qui impacte négativement le développement. Les communes du Bénin ne disposent pas de ressources humaines de qualité capables de contribuer au développement à la base. Ce constat fait par la récente étude commanditée par l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) donne à réfléchir aux responsables de ladite association pour y trouver une réponse conséquente. Tamou Bio Sarako, maire de Banikoara et premier vice-président de l’Association nationale des communes du Bénin, pense qu’il faut trouver une solution à cette préoccupation majeure qui déteint sur la qualité des services dans l’administration communale. « L’étude a relevé des insuffisances en termes de profil et de genre, moins de 25 % de femmes sont utilisées dans les mairies », a fait remarquer Tamou Bio Sarako aux maires, secrétaires généraux et autres acteurs des mairies des communes des départements de l’Atacora et de la Donga, lors d’une séance de restitution du rapport sur l'état des lieux des ressources humaines dans les collectivités locales à la préfecture de Natitingou. Il a informé qu’en 2020, l’Ancb a commandité une étude dans le cadre du projet Dynamique locale qui a permis de faire véritablement l’état des lieux des ressources humaines dans les collectivités locales. Ce travail a été validé par les différents ministères sectoriels, notamment les ministères de la Décentralisation, de la Fonction publique et des Finances, le Centre de formation de l’administration locale et d’autres acteurs, fait-il savoir aux cadres de l’administration communale. Il y a une urgence à doter les communes de ressources humaines de qualité pour pouvoir véritablement assurer le développement, fait savoir Tamou Bio Sarako. « Nous ne pouvons pas améliorer les conditions de vie de nos populations si nous n’avons pas des cadres rompus à la tâche, si nous n’avons pas des compétences avérées en la matière », a insisté le premier vice-président de l’Ancb. Comme recommandation formulée à l’endroit de l’Ancb, chaque commune devra renforcer les capacités de ses agents l’État central est invité, pour sa part, à prendre en charge le renforcement des capacités des agents des collectivités locales ainsi que leurs salaires. Au regard des réformes structurelles annoncées par le gouvernement dans le secteur de la décentralisation, selon Maguidi Kora Gbéré, chargé de mission du préfet de l’Atacora, la démarche de l’Ancb est opportune et amorcera la prise des décrets d’application de la loi portant statut général de la fonction publique. Actualités 19 août 2021


Usage des appareils radiologiques: Les exploitants de l’Atacora sensibilisés
L’Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr) a rencontré les exploitants du département de l’Atacora, lundi 16 août, à la préfecture de Natitingou. C'est pour une séance de sensibilisation à l’usage des appareils radiologiques. Composés des Personnes compétentes en radioprotection, des maires, des agents de santé et du secteur industriel, les participants ont pu comprendre la réglementation en vigueur en matière de radiologie au Bénin. Conduite par son secrétaire permanent, le professeur Kuassi Marcellin Amoussou-Guénou, la délégation de l’Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr) rattachée à la Présidence de la République a échangé avec les exploitants des communes de l’Atacora, lundi 16 août dernier. C'est à la salle de conférence de la préfecture de Natitingou en présence du secrétaire général, représentant le préfet. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des séances de dissémination des textes réglementaires régissant le secteur de la radiologie au Bénin depuis le vote de la loi n°2017-29 du 15 mars 2018 portant sûreté radiologique et sécurité nucléaire en République du Bénin. Cette loi, selon les responsables de l’Ansr, régit les pratiques et activités impliquant les matières nucléaires et des sources de rayonnements ionisants dans les secteurs économiques et sociaux publics et privés. C’est pour mieux faire connaître cette loi et les dispositions légales réglementaires que le professeur Kuassi Marcellin Amoussou-Guénou et son équipe sont allés échanger avec les exploitants des sources radiologiques du département de l’Atacora. Les participants venus des différentes communes sont des personnes compétentes en radioprotection, des maires, des agents de la Police républicaine, des agents de santé et du secteur industriel. Le but visé par l’Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr) est de contribuer à un meilleur encadrement de l’utilisation des rayonnements ionisants afin de limiter les risques chez les utilisateurs. Pour un suivi rigoureux des appareils Il s’agit d’une exigence de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), selon les explications de Mahougnon Boniface Zinsou, ingénieur en radioprotection, chef service sécurité nucléaire à l’Ansr. Ces sources radiologiques, informe-t-il, existent dans plusieurs domaines notamment la médecine, l’industrie, et la recherche et sont difficilement détectables. Au Bénin, confie-t-il, l’Agence internationale d’énergie atomique a outillé l’Ansr pour accomplir sa mission. La mission de l’autorité, ses attributions, ses organes ont été présentés aux participants qui ont aussi eu droit à diverses communications dont la réglementation des matières nucléaires en République du Bénin, radioprotection des travailleurs et des patients… Au terme de la séance, il est attendu que tous les exploitants déclarent leurs matériels radiologiques afin qu'un suivi rigoureux desdits appareils soit fait, même à l’état usagé. Car ils peuvent contenir des matières nucléaires dangereuses d’après le secrétaire permanent. « Quand les appareils sont usagés, on ne doit plus les jeter comme un lit gâté parce qu’ils contiennent des matières nucléaires », a ajouté le professeur Marcellin Amoussou-Guénou. Il demande aux exploitants d’envoyer leurs personnes compétentes en radioprotection pour se faire former et invite chaque acteur au respect des textes réglementaires d’autre part. L’on peut déjà se réjouir de l’avènement de la loi n°2017-29 du 15 mars 2018 portant sûreté radiologique et sécurité nucléaire en République du Bénin qui est une avancée, car on ne peut plus importer au Bénin des appareils radiologiques sans une autorisation préalable. Rachad Adjibadé, membre du conseil de surveillance à l’Ansr salue la clairvoyance du chef de l’État qui a permis la création de l’autorité. Car, dit-il, dans la sous-région, seul le Bénin ne dispose pas de cet instrument pour la réglementation des rayonnements ionisants. « À travers cette autorité, nous allons combler ce vide et permettre aux utilisateurs de connaitre ce que c’est que les rayonnements ionisants et les moyens de se protéger », confie le conseiller technique du ministre de la Santé. Santé 19 août 2021


Nouvel an Baatonu et Boo: Gbégourou accueille la célébration
Les 17, 18 et 19 août, les membres de la communauté de l’ère identitaire Baatonu et Boo du Bénin et du Nigeria célèbrent leur nouvel an. Dans la commune de N’Dali, c’est l’arrondissement de Gbégourou qui accueille les festivités. Le premier jour du calendrier lunaire de la communauté Baatonu et Boo, est ce mercredi 18 août. Il marque son nouvel an communément appelé « Donkonrou ». Une nouvelle fois, le clou des manifestations restera la cérémonie du jet de feu. A Gbégourou, un arrondissement de la commune de N’Dali, où les festivités sont également prévues, toutes les dispositions ont déjà été prises. Les rituels, a rassuré le chef de l’arrondissement et membre du comité d’organisation, Bio Worou Ouré, commencent par les louanges à adresser au roi. Un concert est prévu jusqu’à l’aube. Mais avant le lancement des festivités, les dignitaires traditionnels vont procéder au jet du feu. Cette cérémonie qui vise à conjurer les mauvais sorts, consiste à jeter des bottes de pailles enflammées vers l'ouest. Dans la foulée, des prières seront dites, sans oublier des offrandes aux divinités protectrices, pour une année prospère. Au cours du deuxième jour, ce jeudi 19 août, les membres de la communauté arrivés de loin et qui éprouvent le besoin d’aller rencontrer leur grand fétiche, Tinré, verront leur vœu exaucé. C’est un lieu sacré où, explique le chef de l’arrondissement, le roi n’a le droit de se rendre que deux fois, lors de son intronisation et à son décès. S’ensuivra, un peu plus tard, la caravane à travers Gbégourou. Puis à leur retour vers 15 heures, place sera faite aux cavaliers, puis aux groupes folkloriques. Par rapport à l’igname pilée, il y en aura un peu seulement pour les invités, informe Bio Worou Ouré. La récolte, confie-t-il, n’a pas été bonne cette année. Avant la célébration, le directeur départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts du Borgou et de l’Alibori, Mamadou Garoun’Douro Bagoudou, a invité les membres de la communauté à l’honneur, à adopter les bonnes pratiques en matière de jet de feu. Il leur a déconseillé l’utilisation des infrastructures routières, pour faire brûler des pneus comme c’est souvent le cas en de pareilles circonstances. «Je souhaite que cette fois-ci, le Donkonrou soit fait de la manière la plus simple afin qu’on évite des comportements qui puissent dégrader nos voies chèrement acquises », a-t-il insisté. Tout en souhaitant une bonne fête de nouvel an à tous les membres de la communauté Baatonu et Boo, il a imploré les mânes des ancêtres d'accepter les prières de leurs chefs traditionnels pour le développement du Bénin. Par ces temps où la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 connait une recrudescence, il les a également exhortés au respect des gestes barrières. Culture 19 août 2021


Appui à l’entreprenariat et à l’emploi: Les nouveaux mécanismes publics présentés aux jeunes
Plusieurs mécanismes publics d’appui à l’entreprenariat et à l’emploi sont disponibles mais par manque d’informations, les jeunes n’arrivent pas à saisir les opportunités qui leur sont offertes. A l’initiative de l’Institut de formation sociale, économique et civique (Infosec), plusieurs jeunes ont suivi, hier mardi 17 août, une conférence-débat sur le sujet. Favoriser l’appropriation par les jeunes des nouveaux dispositifs publics d’appui à l’emploi et à l’entreprenariat des jeunes au Bénin, c’est l’objectif de la conférence-débat organisée par l’Institut de formation sociale, économique et civique (Infosec) sur le thème: «L’action publique au service de l’emploi des jeunes au Bénin». Y ont pris part des jeunes diplômés, des étudiants en fin de formation, des représentants de centres d’accompagnement des jeunes, des bénéficiaires de programmes de volontariat et des spécialistes de l’employabilité des jeunes. A l’occasion, il s’est agi de présenter aux jeunes les opportunités, enjeux et défis au regard de la politique nationale de l’emploi pour l’horizon 2020-2025 ; le programme spécial d’insertion dans l’emploi, les dispositifs d’appui de l’Agence de développement de l’entreprenariat des jeunes, les expériences innovantes d’accompagnement de l’employabilité des jeunes. Cette initiative est soutenue par l’Agence nationale pour l’emploi, le Programme spécial d’insertion dans l’emploi, l’Agence de développement de l’entreprenariat des jeunes, le Centre autonome pour le volontariat, l’entreprenariat, la recherche et les innovations. « J’ai la ferme conviction que la présente conférence-débat sera un excellent rendez-vous de partage de savoirs et de savoir-faire utiles pour que la jeunesse profite des multiples opportunités disponibles aujourd’hui et celles à venir », a souhaité Moussibaou Fassassi, directeur de l’Infosec à l’ouverture des travaux. « L’Institut de formation sociale, économique et civique est un établissement public à caractère social et scientifique ayant pour mission d’assurer la promotion des connaissances, de l’esprit de responsabilité et de la conscience professionnelle des citoyens. A ce titre, cette année, l’Infosec a initié une série de conférences-débats », fait-il observer. A travers ces initiatives, l’Infosec en synergie avec d’autres structures entend mettre en exergue l’action gouvernementale et renforcer les connaissances des jeunes sur l’emploi salarié et l’auto-emploi. Le directeur de l’Infosec précise que l’institut soutient les ambitions du gouvernement à travers la promotion des initiatives locales d’emploi dans les territoires. Economie 18 août 2021


Journée africaine de l’état civil: Les recommandations de l’Ua
La Journée africaine de l’état civil, célébrée le 10 août, repose sur le leadership pour un service essentiel. Il s’agit de « construire des systèmes d’enregistrement des faits et de statistiques d’état civil résilients en Afrique qui fournissent des services innovants, intégrés et décentralisés pour la période post Covid-19 ». La question du « leadership pour un service essentiel» est au cœur de la Journée africaine de l’état civil, édition 2021. La journée vise à sensibiliser à l’importance de l’enregistrement des événements vitaux dans les délais requis, notamment les naissances et les décès. Selon l’Union africaine (Ua), il s’agit, à travers cette initiative, de célébrer « la reconnaissance de l’identité légale de toutes les personnes de la naissance à la mort, l’affirmation d’importants droits humains et civils, dont le droit d’être connu et d’avoir une personnalité légale, l’inclusion et le droit de participer à la société, à l’économie et d’accéder aux services sociaux ». Ces droits et libertés civils sont promus par des systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil universellement inclusifs, permanents, continus, obligatoires et confidentiels par nature. La Journée africaine de l’état civil offre l’occasion aux pays de plaider pour un leadership et des stratégies efficaces afin d’accélérer l’amélioration et la transformation des systèmes d’état civil. A ce titre, tous les pays sont appelés à défendre le rôle et l’importance des systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil en tant que service essentiel pour faciliter la reconnaissance de l’identité légale de toutes les personnes de la naissance à la mort et la disponibilité des données pour informer la planification, la politique, la prise de décision et la bonne gouvernance. Inadéquation des systèmes d’enregistrement La Covid-19 a montré l’inadéquation des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil actuellement en vigueur dans de nombreux pays africains. L’Union africaine relève que la plupart d’entre eux ont été affectés par les mesures de confinement alors qu’ils étaient plus sollicités dans cette période. Elle dénonce également l’inexistence de plans de continuité des activités dans la plupart des centres d’état civil. « Alors que la Covid-19 continue de faire des ravages sur le continent et dans le monde, l’importance de systèmes d’enregistrement et de statistiques de l’état civil performants devient évidente, car les gouvernements doivent surveiller en permanence la mortalité par cause, par sexe et par localité afin de formuler des interventions efficaces et d’informer les politiques de santé publique qui permettent une réponse immédiate dans les zones touchées », peut-on noter dans la note aux médias adressée par l’union. L’accélération des progrès vers l’enregistrement universel des faits d’état civil et les systèmes intégrés de gestion de l’identité sera un catalyseur pour atteindre plus de 70 % des Objectifs de développement durable. C’est pourquoi, l’Union africaine mise sur l’intégration, la décentralisation et la numérisation, notamment par l’utilisation de technologies innovantes, pour améliorer considérablement les systèmes d’enregistrement des faits et de statistiques d’état civil. Selon l’institution, les systèmes d’enregistrement des faits et de statistiques de l’état civil doivent exploiter le potentiel des technologies innovantes largement disponibles. Elle recommande l’utilisation des téléphones mobiles dans la collecte et la gestion des données pour améliorer l’efficacité opérationnelle des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil à travers l’Afrique. Aussi, suggère-t-elle aux pays africains d’augmenter le nombre de points d’enregistrement par la décentralisation afin de déléguer les responsabilités en matière d’enregistrement aux autorités locales et aux systèmes de santé nationaux. A terme, l’Ua préconise aux gouvernements de réfléchir aux changements nécessaires à opérer dans les lois et règlements relatifs à l’enregistrement des faits d’état civil et d’envisager les possibilités d’une transition en douceur vers des liens plus étroits entre l’enregistrement des faits d’état civil et les services de santé ainsi que vers des services numériques. Société 18 août 2021


Violences en milieu sanitaire: Le calvaire des femmes
Dans certaines formations sanitaires, des femmes sont exposées à des violences de la part des accoucheuses. Plusieurs gestantes, parturientes ou accouchées vivent ce calvaire, mais très peu d’entre elles arrivent à briser la loi de l’omerta, par peur d’être stigmatisées ou de subir les remontrances de femmes en blouse rose qui se rendent coupables de ce genre de pratiques. Les violences en milieu sanitaire frisent parfois la méchanceté et trahissent le serment prêté par les sages-femmes. Novembre 2018. Un corps sans vie abandonné à même le sol au petit matin du mercredi dans un Centre hospitalier de Cotonou. Gisèle (nom d’emprunt), alors âgée de 18 ans attendait son premier enfant. Elle et son bébé se sont débattus contre la mort de 6 h du matin à 11 h, dans l’espoir d’un secours au sein de l’hôpital. En vain. Trop tard pour les ramener à la vie. Car, elle a été confrontée au refus d’admission à la maternité par la responsable de garde. La scène est insoutenable aux yeux des usagers. Difficile de consoler le mari de Gisèle. Mais l’irréparable est déjà fait. Deuxième semestre de 2018. Marlène (nom d’emprunt), une gestante, la trentaine, est terrifiée par une scène de violence d’une sage-femme sur une parturiente en salle d’accouchement. Déconcertée par l’incident dont elle a été témoin, elle a dû courir vers la surveillante générale de l’hôpital d’alors, pour s’en plaindre, car craignant aussi pour sa vie. Ces faits ne sont pas isolés. Le niveau d’humanisation des soins et de respect des droits des patients laisse encore à désirer dans certains hôpitaux de la place. Mercredi 30 juin 2021. Flore S., en état de grossesse de quatre mois, s’est rendue au centre de santé d’Akassato aux environs de 9 h dans l’intention d’obtenir rapidement soulagement aux maux de ventre qui l’ont torturée toute la nuit. Une fois à l’hôpital, commence pour elle un autre calvaire: elle doit prendre son mal en patience pour supporter les caprices d’une sage-femme qui n’en faisait qu’à sa tête. « J’ai beaucoup insisté, j’ai dû la supplier pour qu’elle m’examine ce jour-là. J’ai été très choquée d’entendre la sage-femme me répondre que les maux de ventre d’une femme enceinte sont récurrents et qu’elle ne pouvait pas m’examiner immédiatement. Pourtant, si je pouvais résister à la maison, je ne me serais pas rendue à l’hôpital », raconte-t-elle, l’air hébété. Même si cette expérience l’a convaincue de changer d’hôpital pour ses soins, elle en garde encore l’amer souvenir. « La sage-femme a semblé banaliser mes douleurs, arguant que mon malaise ne pourra pas me tuer. Pour me faire l’injection intramusculaire et intraveineuse, elle ne m’a même pas fait coucher. Je suis restée assise sur un banc en lui tendant mon bras. Je n’ai même pas eu droit à un lit sur lequel je pouvais m’allonger lors de la mise en observation», s’offusque Flore S. Les témoignages sur les violences en milieu sanitaire sont légion dans les centres de santé publics. Accouchées, gestantes et parturientes sont souvent soumises au diktat des agents à la maternité dans des hôpitaux pourtant dits de référence. Les plus sensibles parmi les patientes cèdent au rançonnement des brebis galeuses tapies dans les rangs des femmes en blouse rose dans l’optique de bénéficier d’une meilleure prise en charge. Le phénomène est souvent décrié, mais peu de femmes l’exposent publiquement, par peur de subir la ‘’foudre’’ de sages-femmes lors des prochaines consultations. Les plus aisées se réfèrent aux cliniques pour être à l’abri du mal. Une profession pourtant noble Selon l’Oms, « l’Afrique subsaharienne enregistre chaque année deux cent mille décès maternels ainsi qu’un million de décès de bébés au cours des quatre premières semaines de la vie ». Ces données confirment le rôle primordial des sages-femmes dans la vie des gestantes et des nouveau-nés. Les sages-femmes sont en amont et en aval de toute naissance, mais c’est sans compter avec les dérives de certaines d’entre elles qui ternissent l’image de la corporation. « Une couverture de 95 % des soins dispensés par des sages-femmes permettrait d’éviter 67 % des décès maternels, 65 % des fausses couches, 64 % des décès néonatals et sauverait 4,3 millions de vies par an d’ici à 2025», indique l’Oms à l’occasion de la Journée internationale des sages-femmes, édition 2021. C’est dire que la survie des gestantes, des accouchées et des nouveau-nés dépend en grande partie des sages-femmes. La liste des missions de ces professionnelles de la santé n’est pas limitative : diagnostic, déclaration et suivi de la grossesse, préparation à la naissance et à la parentalité, diagnostic et suivi du travail par la mère, accouchement, visite post-natale, échographies obstétricales et gynécologiques, pose et retrait des Diu et implants dans le cadre de la planification familiale, … Certaines personnes n’hésitent pas à les qualifier de ‘’demi-dieu’’, au regard de la noblesse de leur mission. Un privilège dont certaines femmes en blouse rose abusent. Annick Nonohou, sage-femme diplômée d’Etat, présidente du Réseau des soignants amis des patients, a décidé de jouer sa partition en criant haro sur ces pratiques. Depuis quelques années, elle travaille à faire reculer les limites de la violence en milieu sanitaire à travers l’écoute, les sensibilisations, les conseils à ses collègues et consœurs ainsi qu’aux usagers, en vue de la promotion de l’humanisation des soins au Bénin. « Les violences obstétricales sont une réalité au Bénin. Elles ont des conséquences négatives sur la gestante, la parturiente, l’accouchée, le nouveau-né, le couple et la famille », relève-t-elle. L’Etat gagnerait à assurer la veille permanente sur la qualité de la prise en charge des patients en vue d’enrayer ce phénomène. La vulgarisation des droits et devoirs aussi bien des usagers des maternités que des personnels sanitaires, revêt aussi un grand intérêt. Santé 18 août 2021


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