La Nation Bénin...



Résultat pour : FC 26 monedas Visité Buyfc26coins.com. ¡Fantástico! Mejor de lo que esperaba..UCNd

Nouvelles

Transformation du Fcfa en Eco, actée par la France: Supplique aux neuf chefs d’Etat de l’Uemoa et de la France
Oui, en ma seule qualité de citoyen d’un des pays concernés, je viens par cet écrit dont je souhaite la large diffusion, supplier leurs Excellences, chefs d’Etat de l’Uemoa et de la France, avec tout le respect qui leur est dû, de bien vouloir reconsidérer leur décision, en prêtant une attention toute particulière à ce que j’expose ci-après, issu d’une réflexion profonde. En effet, lorsque j’ai eu connaissance de leur décision relative à une réforme du Franc Cfa, je n’en croyais pas mes méninges et j’en ai perdu mon latin ! Lisez plutôt ce qui suit pour savoir pourquoi. 1. Le Parlement français vient d’adopter, le 21 mai 2020, un projet de loi qui décide de la transformation du F Cfa (originellement, Franc des Colonies Françaises d’ Afrique, devenu après les indépendances, Franc de la Communauté financière africaine), en Eco pour les 8 pays de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) devant être effective avant la fin de cette année 2020, conformément à un Accord conclu le 21 décembre 2019 à Abidjan entre la France (représentée par son président, Emmanuel Macron) et les huit pays de l’Uemoa, représentés par son président en exercice, Alassane Ouattara. Convenez avec moi que cette décision constitue un très grand événement de l’Histoire de l’Afrique, qui ne saurait être banalisé à tout le moins, décidé qu’il a été par un simple décret du gouvernement français. Cela ne doit-il pas nous interpeler tous, citoyens des neuf pays concernés, pas forcément experts en Sciences économiques et financières, spécialistes des questions monétaires ? 2. En effet, ladite transformation consiste essentiellement en : - la dénomination Eco au lieu de F Cfa, - la fin de la centralisation de 50 % des réserves de change de la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) auprès du Trésor français (à la Banque de France), - le maintien de la garantie de la France pour cette monnaie, - Le retrait de la France (en les personnes de ses représentants) des instances de gouvernance de l’Uemoa, notamment de la Bceao, - le maintien cependant de la parité fixe du Franc Cfa avec l’Euro (1 € = 655,957 FCfa). Or, concernant cette fixité de la parité du F Cfa avec l’Euro, tout expert vous affirmera que c’est la caractéristique principale du F Cfa, mais qui n’a pas été touchée par cette réforme. On peut se demander pourquoi. 3. On peut également se demander pourquoi, curieusement, les autres pays de la zone F Cfa en Afrique francophone (les cinq pays de l’Afrique centrale) n’ont pas été concernés par la réforme. Vont-ils continuer d’utiliser leur F Cfa, avec tous les problèmes qui se poseraient, à coup sûr, dans les échanges commerciaux intra Afrique francophone, par exemple? Jusqu’à quand durera cette situation de deux poids deux mesures ? Rien n’en a été dit ! 4. Plus étonnante encore est la décision de dénommer Eco le F Cfa réaménagé pour les 8 pays de l’Uemoa, cependant que cette même dénomination avait déjà été celle adoptée pour le projet de monnaie commune des 15 pays de la Cedeao, laquelle remplacera, vers fin 2020, les 8 devises qui y sont utilisées, y compris le F Cfa. C’était une décision prise le 29 juin 2019 à Abuja (au Nigeria) au sommet des chefs d’Etat ou de gouvernement de la Cedeao, les huit chefs d’Etat de l’Uemoa compris. Ces derniers ont-ils oublié cette décision, six mois plus tard à Abidjan ? C’est à se le demander! Ou bien, l’ont-ils fait en pleine connaissance de cause? Quelle explication peuvent-ils nous en donner? 5. Ainsi donc, nos chefs d’Etat de l’Uemoa représentés par leur pair de la Côte d’Ivoire, président en exercice de l’institution, en entente avec le président français, se sont attribué, à Abidjan, la liberté de dénommer Eco le nouveau F Cfa, cependant qu’ils étaient dans un cadre institutionnel et juridique inapproprié pour ce faire, dès lors que les sept autres chefs d’Etat de la Cedeao n’y étaient pas parties prenantes. Les premiers ne se sont nullement souciés de leurs avis et accord ! Un tel acte me paraît bien incongru, car, il crée une situation confuse, qui compromet, à coup sûr, le très louable projet de monnaie unique Eco entre les 15 pays de la Cedeao, à fin 2020 ou au delà. 6. De tout ce qui précède, qui ne constitue que des faits réels que je rapporte, qu’il me soit permis, avec l’indulgence de tous, d’avancer que nos huit chefs d’Etat de l’Uemoa et le président français ont visiblement manqué d’inspiration ou de réflexion profonde, de même que leurs collaborateurs, experts en matière financière et monétaire, ont tous manqué de courage, sûrement, pour remplir leur devoir auprès de leurs chefs et, partant, auprès de leur peuple! Aussi, ai-je du mal à comprendre que nos hautes autorités n’aient pas réalisé qu’un tel système monétaire, construit par eux, posera de vrais problèmes sur tous les plans. Quid, d’ailleurs, des autres francs en Afrique qui ne sont pas des Cfa tels que : franc guinéen, franc malgache et franc comorien? En plus de tout ça, je voudrais faire constater, sur le plan des curiosités, que le vocable franc se rapporte à la France, qui elle-même, a abandonné depuis son Franc Français (Ff) au profit de l’Euro ! Somme toute, sans vouloir me prendre pour un conseiller de l’un de ces chefs d’Etat, je me permets, très modestement, de leur faire la proposition suivante: Revoir leur décision en ce qui concerne la dénomination Eco pour adopter celle de « Nouveau F Cfa » (Nfcfa), ou « Nouveau Cfa » plus simplement. La raison simple en est que la parité fixe du F Cfa avec l’Euro est maintenue cependant qu’il constitue l’élément fondamental du F Cfa. C’est pourquoi, je propose « Nouveau FCfa», à l’image de ce qu’il y a eu en France en 1959 où la loi Antoine Pinay a institué le « Nouveau Franc» suite à une dévaluation. Ainsi, la dénomination Eco sera restituée à la Cedeao, ce qui aura l’avantage de faire taire les réactions de désapprobation vives et gênantes, mais compréhensives, qu’on a enregistrées, venant de certains pays de la Cedeao comme le Nigeria et le Ghana, reconnus comme de vrais poids lourds en matière d’économie et finances au sein de la sous-région. J’estime qu’il n’est pas trop tard de revenir sur la décision et adopter cette proposition. Cela sera tout à leur honneur d’avoir ainsi écouté la voix d’un simple citoyen. Bien entendu, quand le projet Cedeao de monnaie commune Eco aura, par la suite, pris corps, le « Nouveau FCfa » des huit pays de l’Uemoa deviendra alors Eco tout comme les sept autres devises circulant actuellement au sein de la Cedeao. Et cela calmera définitivement les récriminations qu’il y a eues au sein de la Communauté. Une autre proposition, d’ailleurs, serait de garder, le temps intermédiaire, la dénomination F Cfa au F Cfa réaménagé, ce qui simplifierait tout. Pourquoi pas? A présent, je termine mon propos en demandant à leurs Excellences, chefs d’Etat à qui s’adresse essentiellement mon écrit, de bien vouloir y accorder une très bienveillante attention, pour les fins utiles que j’ai développées. Telle est ma supplique, seul objet du présent écrit, adressée très respectueusement à leurs Excellences, chefs d’Etat de l’Uemoa et de France, en leur demandant de bien vouloir m’accorder toute leur indulgence pour tous mots, expressions ou opinions qui y seraient relevés et perçus comme inconvenants à leur égard, en les en remerciant vivement. Par Philippe HOUNKPATIN (Coll. extérieur) Dr.-Ing. en Génie électrique à la retraite Actualités 05 juin 2020


Riposte contre le Covid-19: Les élèves du Lycée Béhanzin et du Ceg Dangbo dotés de matériels
Amnesty international Bénin dote les élèves du Lycée Béhanzin de Porto-Novo et du Collège d’enseignement général de Dangbo de matériels élémentaires pour lutter contre le Covid-19. Ce don remis s’inscrit dans le cadre de son projet « Volontaires de santé junior » en milieu scolaire et communautaire. Les élèves du Lycée Béhanzin de Porto-Novo et du Collège d’enseignement général de Dangbo sont désormais au cœur de la riposte contre le Covid-19. Ceci, grâce à Amnesty international Bénin qui leur a fait don, mercredi 27 mai dernier, d’un lot de matériels élémentaires pour lutter contre cette maladie déclarée pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms). Le Lycée Béhanzin a reçu dans ce cadre neuf casquettes, 10 tee-shirts, 10 masques de protection, 42 bouteilles de savon liquide, trois kits de lavage des mains, un mégaphone pour sensibilisation et un smartphone pour la formation en ligne. Le Ceg Dangbo, quant à lui, a été doté de deux dispositifs de lavage des mains avec accessoires, de 10 masques et de 28 bouteilles de savon liquide. Cette initiative d’Amnesty international Bénin s’inscrit dans le cadre de son projet «Volontaires de santé junior » en milieu scolaire et communautaire. Lequel projet vise surtout à contribuer à la riposte contre l’épidémie par l’éducation, la sensibilisation, la prise de conscience et la capacité d’autoprotection des élèves et des communautés vis-à-vis du coronavirus. Pour la réussite de cette initiative, 40 écoles ont été ciblées dans un premier temps par le projet, précise le directeur d’Amnesty international Bénin, Fidèle Kikan. Mais, l’initiative a été élargie aujourd’hui à 53 autres écoles et couvrent pour le moment 10 départements sur 12. Cet effectif pourrait encore évoluer avec le temps, souligne Fidèle Kikan. Les collèges et lycées ciblés, poursuit-il, n’ont pas été choisis au hasard. Ils ont été retenus parce qu’ils disposent des clubs scolaires créés par Amnesty international Bénin. Le projet ambitionne de s’appuyer sur ces derniers pour l’atteinte de ses objectifs, explique le directeur d’Amnesty international Bénin. Pour l’attaché de coopération de l’ambassade de France près le Bénin, Bernard Klein, l’ambassade a décidé de se joindre aux autres partenaires pour accompagner le projet au regard de sa pertinence à savoir : faire des élèves des agents de sensibilisation, de suivi et de rappel à l’ordre de leurs camarades par rapport aux mesures barrières contre le Covid-19. Il se réjouit que le projet va permettre également aux élèves de faire l’expérience de l’apprentissage de la citoyenneté active à travers des actes concrets, notamment la santé des autres pour la lutte contre le coronavirus en milieu scolaire. Des objectifs auxquels est resté très sensible le proviseur du Lycée Béhanzin, José Zinsou Hounvènou, qui rassure Amnesty international Bénin de veiller au bon usage du matériel offert pour l’efficacité de la lutte contre le Covid-19 dans son établissement d’enseignement. Société 05 juin 2020


Ouémé/Plateau: Les derniers conseils communaux installés sans l’élection des maires
Tous les quatorze conseils communaux des départements de l’Ouémé et du Plateau sont désormais installés. Les tout derniers à savoir Bonou, Adjohoun, Dangbo, Porto-Novo et Sèmè-Podji dans l’Ouémé ainsi que Adja-Ouèrè et Pobé dans le Plateau ont été à tour de rôle officiellement investis, conformément au Code électoral. Lequel prévoit que les conseils communaux doivent être installés au plus tard dans les quinze jours suivant la proclamation des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Cena). Les cérémonies d’installation ont été présidées par les préfets de chacun des deux départements. Le seul hic ici est que les nouveaux conseils communaux ont été officiellement installés mais sans l’élection des maires. Le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy et son collègue du Plateau, Valère Sètonnougbo ont renvoyé les opérations électorales à une date ultérieure. Face au conseil communal d’Adjohoun ce mercredi, le préfet Joachim Apithy a été on ne peut clair. Il a invité les nouveaux conseillers communaux à la patience. Car, il y a la loi portant interprétation et complétant le nouveau Code électoral adoptée par les députés, mardi 2 juin dernier, qui est en instance de promulgation par le président de la République, après contrôle de constitutionnalité par la Cour constitutionnelle. Les choses devront être bientôt claires après la mise en vigueur de cette nouvelle loi relativement surtout aux élections des maires. Lesquelles élections ont fait objet de blocage à plusieurs endroits. Puisque sur les 14 communes que comptent les deux départements, seules Avrankou et Aguégués ont réussi jusqu’ici à élire sans problème leurs maires. Les douze autres n’ont pas pu le faire en raison de la guerre de leadership à l’interne de chacun des conseils communaux. En attente de la loi complétive La loi interprétative et complétant le Code électoral est venu un tant soit peu pour débloquer la situation et faire évoluer les choses. Puisqu’elle dispose en son article 189 nouveau que : « Le maire et ses adjoints sont désignés par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers. A défaut de majorité absolue, le maire et ses adjoints sont désignés par l’ensemble des partis ayant constitué une majorité absolue par la signature d’un accord de gouvernance communale. L’accord de gouvernance communale est notifié à l’autorité de tutelle ». Et à l’article 190 nouveau de préciser : « A défaut de majorité absolue ou d’accord de gouvernance communale, le maire et ses adjoints sont élus par le conseil communal ou municipal au scrutin uninominal secret à la majorité absolue. En cas d’absence de majorité absolue lors du premier tour du scrutin, il est procédé, en cas d’égalité de voix, à autant de tours qu’il sera nécessaire pour que le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés soit élu ». Comme on le voit, les deux dispositions donnent désormais les armes au préfet pour conduire sereinement le processus de mise en place des organes dirigeants des communes en attente dans l’Ouémé et le Plateau. Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé/Plateau Actualités 04 juin 2020


Hydrocarbures: La construction d’une raffinerie se précise
Le Conseil des ministres du mercredi 3 juin a donné carte blanche au gouvernement pour la contractualisation pour une mission d’assistance dans le cadre du projet de construction d’une raffinerie au Bénin. Il sera ainsi procédé au recrutement d’un cabinet réputé pour ladite mission. Le Bénin va lancer d’ici à là une raffinerie. Ainsi en ont décidé les membres du gouvernement au cours de leur conclave hebdomadaire, ce mercredi 3 juin. Le gouvernement a reçu carte blanche à l’occasion pour la contractualisation d’une mission d’assistance dans le cadre du projet de construction pour une raffinerie au Bénin. L’acte premier de la concrétisation de ce projet consiste à recruter un cabinet réputé pour ladite mission. Un recrutement d’ailleurs acté par le Conseil des ministres. Ce cabinet sera chargé d’étudier les perspectives du marché à l’horizon 2030, notamment les tendances principales de la demande et de l’offre de produits pétroliers raffinés ainsi que leurs impacts sur l’équilibre du marché ; puis de déterminer la faisabilité économique d’une telle raffinerie du point de vue de son dimensionnement et de ses conséquences sur le reste de la chaîne des valeurs du secteur pétrolier au Bénin. Le projet est prévu pour être exécuté en partenariat public-privé. Il s’inscrit dans la « perspective d’assurer une meilleure satisfaction de la consommation intérieure de notre pays et de contribuer au ravitaillement de ceux de la sous-région ». C’est d’ailleurs pour assurer « la mise en œuvre du projet dans les meilleures conditions afin d’en garantir la réussite que le gouvernement béninois a sollicité l’appui d’un cabinet réputé, objet de la présente contractualisation ». Cette décision du gouvernement ne manque pas d’interrogations de la part de certains qui se demandent bien pourquoi le Bénin qui ne dispose pas encore de réserves connues se lance dans un projet de raffinerie. Si pour l’heure, le Bénin ne dispose pas encore de brut, il n’est pas exclu qu’il en soit ainsi dans les mois ou années à venir, puisque des explorations se font pour découvrir des gisements exploitables, nous a-t-on renseigné. « Sans être producteur de brut pour le moment, le Bénin est entouré de pays qui en produisent mais n’ont pas les raffineries suffisantes ». Le pays pourrait servir de couloir d’exportation de la production de certains de ses voisins. On peut donc en déduire que le gouvernement est dans une logique de prospection, mais aussi et surtout dans une vision futuriste, en attendant les résultats de l’exploration de son sous-sol. Actualités 04 juin 2020


Lutte contre la propagation du Covid-19: Cuso International appuie des communautés du septentrion
A travers un don de dispositifs de lavage de mains, gels hydroalcooliques et savons liquides, Cuso international et ses partenaires soutiennent huit communes du septentrion dans la lutte contre le Covid-19. La remise des matériels aux bénéficiaires s’est déroulée du 11 au 15 mai dernier, à Pèrèrè. Cuso International ne compte pas rester les bras croisés dans la lutte contre la pandémie du Covid-19 qui coïncide avec la mise en œuvre de son projet Fedih- Djirima dans la partie septentrionale du Bénin. Pour accompagner les efforts du gouvernement du Bénin dans la riposte contre cette pandémie, l’organisation a offert aux communautés cibles du projet Fedih-Djirima, un lot de matériels de prévention composé de 155 dispositifs de lavage des mains, 155 bidons de savon liquide, 786 flacons de gel hydroalcoolique. Ceci, dans 131 villages administratifs, huit mairies, huit arrondissements, huit Centres de promotion sociale (Cps). Le tout réparti dans huit communes à savoir Tchaourou, Kalalé, Pèrèrè, Nikki (dans le département du Borgou), Ségbana, Banikoara, Kandi et Malanville (dans le département de l’Alibori). Heureux, les bénéficiaires ont dit toute leur gratitude à l’endroit de Cuso International et ses partenaires tout en promettant de faire bon usage des matériels pour une lutte efficace contre le Covid-19. « Avec l’évolution exponentielle de la contamination au Bénin, ce matériel vient à point nommé pour barrer la voie à la pandémie », a déclaré Aïssétou Moumouni, responsable du Centre de promotion sociale de Pèrèrè. La maire de la commune, Mariétou Tamba, également présente à la cérémonie de remise du don, s’est réjouie de l’élan de générosité de Cuso International et ses partenaires. Occasion pour elle de dévoiler l’ambition de son conseil de doter toutes les écoles primaires et autres lieux publics qui drainent du monde de matériel de protection afin de permettre à ses administrés de se protéger contre la maladie à coronavirus. Une lutte continue Pour Nouhoum Kora Sanni, secrétaire général de la mairie de Nikki, la lutte contre le Covid-19 ne sera pas ponctuelle. « Elle se fera sur la durée jusqu’à l’assurance d’avoir un taux zéro de contamination dans la commune de Nikki », a-t-il lancé. Tout en contribuant à lutter contre les Violences basées sur le genre (Vbg) en général et les mutilations génitales féminines en particulier dans les départements du Borgou et de l’Alibori, Cuso International et ses partenaires participent de façon significative à la lutte contre la propagation de la pandémie du coronavirus aux côtés du gouvernement du Bénin. Rappelons que Fedih-Djirima, le projet mis en œuvre par Cuso International en partenariat avec les Ong Equi-Filles et Apem, est une initiative entièrement financée par Affaires mondiales Canada. Ce projet vise à contribuer aux efforts du Bénin en matière de réduction de la prévalence des Vbg notamment les mutilations génitales féminines dans les communes de Tchaourou, Kalalé, Pèrèrè, Nikki, Ségbana, Banikoara, Kandi et Malanville. Le projet, basé sur une approche multisectorielle, travaille à améliorer l’engagement et la participation active des femmes et des filles des localités cibles et de leurs communautés dans la lutte contre les mutilations génitales féminines. Il est prévu pour durer trois ans. Société 04 juin 2020


Tissage au Bénin: Un métier qui renaît de ses cendres
Véritable savoir-faire des aînés, le tissage a connu des revers mais renaît aujourd’hui avec le changement des habitudes. Le pagne tissé reprend progressivement sa valeur au sein de la société. Considéré comme l’un des plus vieux métiers pratiqués au Bénin, de façon artisanale, le tissage est matérialisé par l’entrecroisement des fils de coton. Au Bénin, les pagnes tissés étaient réservés aux chefs de villages, aux notables. Mais avec le temps, il est porté par tous ceux qui peuvent en acheter les grands jours, lors de grandes cérémonies. Artistes décorateurs, et autres professionnels de la mode s’en servent pour réaliser des décorations, des œuvres d’art et autres objets. Les tisserands transmettaient leur savoir-faire de père en fils et d’une génération à une autre. C’est le cas de dame Adidjatou Taïrou, responsable de l’atelier de tissage « Espace Tissage » situé à Djougou. Le tissage, pour elle, est un métier de famille, exercé par sa grand-mère maternelle. Cette dernière fabriquait des toiles utilisées pour les cérémonies, mais aussi des supports pour bébés, car cultivatrices pour la plupart, les femmes portaient leurs enfants au dos et les attachaient avec les toiles tissées. Elle faisait son travail à la main avec du coton à la quenouille. La passion pour ce métier lui est venue de sa grand-mère, talent qu’elle a perfectionné par une formation de tisserande chez une patronne. « Déjà au Ce2, je m’entrainais auprès de ma grand-mère. Devenue par la suite enseignante contractuelle, j’ai décidé de faire ce métier juste pour aider les filles de mon village qui, pour la plupart, allaient exerçer comme domestiques dans des ménages à Cotonou », nous apprend-elle pour justifier son choix. Elle révèle que déjà en classe de cinquième, elle a ouvert un atelier, car la situation de ces filles la préoccupait. Donc au retour de l’école, Adidjatou Taïrou s’occupait de ses apprenties. Mieux, elle a décidé d’abandonner la fonction d’enseignante contractuelle pour se consacrer entièrement au tissage, ceci pour prendre en charge ces filles qui, faute de moyens, laissaient l’école pour se rendre dans d’autres régions du pays ou au Nigeria en quête de petits jobs pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs parents. « J’ai dû rassembler les filles des périphéries de Djougou pour les sensibiliser et les persuader d’apprendre un métier pour subvenir à leurs besoins », révèle- t-elle. En 2004, elle prend la décision d’ouvrir un centre d’apprentissage, parce qu’elle a constaté que le métier de tissage est en voie de disparition. Ainsi, elle se dit fière d’avoir contribué à arrêter l’exode rural dans sa localité et surtout à pérenniser un métier qui était en voie de disparition. Pour maintenir ses apprenties dans les ateliers, elle leur donne gratuitement la formation et à la fin de celle-ci, les filles dont les parents n’ont pas les moyens de leur ouvrir un atelier sont recrutées par elle. Elle avoue que ses débuts ont été un peu difficiles, mais elle a suivi les pas de sa grand-mère et fabriquait surtout des supports pour bébé. Au départ, elle utilisait des machines en bois. La clientèle était rare et il n’y avait que quelques touristes qui achètent les uniformes et objets qu’elle fabrique. Mais la tisserande avoue qu’aujourd’hui le métier reprend vie, car les stylistes s’intéressent de plus en plus aux pagnes tissés. Son destin a changé grâce au projet d’appui à l’artisanat qui lui a permis d’avoir un accompagnement de la Coopération suisse pour financer la construction de son centre avec une capacité d’accueil de plus d’une centaine de filles. Cet appui, elle l’a eu grâce à Cyr Davodoun, un cadre du ministère de la Culture et du Tourisme qui, ayant appris qu’il y a des tisserands béninois exposant à Evreux en France, a fait le déplacement sur place pour les encourager. Surpris par leur réussite et par le fait que Adidjatou ait réussi à vendre tous ses produits à l’exposition et reçu des commandes sur place, il a décidé de lui apporter son aide. Ainsi, l’a-t-elle aidée à monter un projet qui a été soumis à la Coopération suisse. Mais, son ascension est surtout due à la première place qu’elle a occupée lors d’un concours national organisé pour les tisserands. Adidjatou a travaillé avec du coton filé à la main. Une œuvre d’art qui a été appréciée de tous. Elle reste confiante et juge que «le métier de tissage, aujourd’hui, nourrit son homme ». Mieux, il ne se passe de semaine, de mois où elle ne reçoit de commandes» assure-t-elle. Ceci du fait que sa clientèle est constituée surtout de touristes, des stylistes de Cotonou et d’ailleurs qu’elle rencontre lors des foires nationales et internationales. Son sérieux au travail, ses créations et son génie lui ont permis de participer grâce à une amie française résidant à Djougou à l’époque, à la foire à Evreux en France. Une aventure qui s’est révélée assez fructueuse vu les recettes et commandes. Pour fabriquer ses produits, elle utilise les métiers vertical et horizontal. « Aujourd’hui, je remercie le Seigneur d’être utile à ma communauté et d’avoir réussi dans un métier que j’aime tant et qui m’a tout donné », dit-elle satisfaite. Son objectif de l’heure est d’œuvrer à l’amélioration de la compétitivité des produits du tissage, faciliter l’écoulement des produits du tissage tant sur le marché national, régional et international, puis de rechercher des débouchés nouveaux pour une exportation à grande échelle des produits du tissage du Bénin. Depuis 2007, elle organise une formation de type dual de niveau 1et 2 pour les filles qui savent lire et écrire le français pour leur permettre de comprendre l’origine et le fonctionnement de ce qui se fait en pratique. Ces apprenantes suivent une formation théorique et pratique pour leur qualification dans le secteur du tissage? D’une tisserande hors pair à une autre Adamou Mounirath est venue dans le métier par la volonté de son père, alors qu’elle était élève en classe de sixième. Son géniteur, père de plusieurs enfants et n’ayant pas trop de moyens pour subvenir à leurs besoins a imposé à Mounirath, sa fille aînée, l’apprentissage pour aider ses frères et sœurs, une fois sa formation terminée. C’est ainsi qu’elle a été confiée à la patronne d’un atelier de tissage à Djougou pour apprendre le métier pendant quatre ans avant d’obtenir sa libération. Grâce à un oncle maternel, elle ouvre un an après sa libération son atelier. Elle fabrique des tenues tissées pour hommes et femmes, des sacs à main, couvertures, foulards, porte-bébé et bien d’autres. Ses produits sont directement écoulés à Cotonou par le biais d’un de ses cousins qui, par ses relations au Bénin et à l’extérieur lui trouve des clients. Son magasin de vente ouvert à Djougou propose des tenues de toutes sortes. « Mon père a vu juste en m’envoyant très tôt en apprentissage. Aujourd’hui, j’arrive à venir en aide à trois de mes sœurs encore élèves, donc l’objectif qu’il avait en tête est atteint, car je ne me plains pas pour autant », nous dit-elle pour marquer sa satisfaction. Elle est venue dans le métier à un moment où l’activité reprend vie après une période de vache maigre. Quand vous êtes créatif, vous ne manquez plus d’opportunités en termes de clientèle, de marché pour écouler vos produits. Le pagne tissé reprend progressivement sa place dans les habitudes vestimentaires. A Djougou, il y a pas mal d’ateliers de tissage, souvent remplis d’apprenties. C’est dire que le métier connait un regain d’intérêt. A Bassila, le métier n’est pas aussi répandu comme dans les autres communes du département de la Donga. Les ateliers n’y fleurissent pas non plus. Le pagne tissé a quelque peu disparu des habitudes vestimentaires. Selon Issa Madjidou, tailleur, le pagne tissé est prisé par les personnes âgées qui en connaissent la valeur. Ils le portent pour les fêtes et cérémonies traditionnelles. « Aujourd’hui, très peu de jeunes s’intéressent au pagne tissé ici chez nous à Bassila. C’est dans les villages environnants que vous rencontrez quelques rares personnes les porter pendant les fêtes », affirme-t-il? A Ouaké, une cérémonie de remise de certificats de qualification aux métiers à cent trente-sept apprentis nouvellement libérés dans diverses spécialités retient l’attention. Parmi eux, il y a vingt tisserandes. Leur patronne, Yacoubou Adama, a choisi ce métier parce que sa grand-mère, elle-même, tisserande le lui a conseillé. Et comme l’école ne marchait pas, elle a dû abandonner les classes pour s’orienter vers l’apprentissage. Mais, elle ne l’a pas fait auprès de sa grand-mère, parce que ses parents ont estimé que cette dernière réalise d’anciens motifs et travaillait avec de vieux métiers à tisser en bois. Elle a donc fait son apprentissage à Ouaké chez une patronne très exigeante. Ayant reçu son diplôme en 1998, elle a bataillé dur pour ouvrir son atelier en 2003. Ses activités ne lui permettent pas de subvenir à tous ses besoins et elle est obligée de mener d’autres activités pour joindre les deux bouts. C’est lorsqu’il y a une cérémonie ou une fête importante dans la localité que les clients viennent à elle. « Pour vendre nos productions, il faut attendre que nos frères résidant dans les pays comme le Niger ou le Ghana arrivent en vacances et se procurent les habits que nous réalisons en pagnes tissés pour les revendre à leur retour », nous renseigne-t-elle. Adama a aujourd’hui vingt-trois apprenties et parmi elles, il y a trois orphelines qu’elle a sous sa charge. A Ouaké, il n’y a que les personnes âgées qui prisent les pagnes tissés. Leur importance est grande à l’intronisation d’un roi. Mais depuis quelques années, la situation a changé quelque peu. Yacoubou Adama confie qu’aujourd’hui, une fille qui se marie dans la commune de Ouaké et qui ne porte pas de pagne tissé est vue comme une incapable et critiquée. Elle note qu’avant, personne n’aimait apprendre ce métier, c’était la couture et la coiffure qui attiraient toutes les jeunes filles, mais aujourd’hui, elles sont nombreuses à s’intéresser au tissage. Pour attirer la clientèle, les tisserandes de Ouaké font preuve d’imagination et créent des modèles. L’année dernière, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, Yacoubou Adama a confectionné des écharpes en pagne tissé qu’elle est allée proposer au maire. Intéressés, le maire et son conseil ont fait une commande. C’est dire que les tisserandes n’attendent plus que les clients viennent à elles. Quant à l’avenir du tissage, elle garde bon espoir. « Nous pensons que le métier a de l’avenir, car avant, ce n’était que les pagnes, mais aujourd’hui nous tissons des robes, des pantalons et bien d’autres choses, l’avenir est prometteur», souligne Yacoubou Adama très confiante. Malgré les difficultés rencontrées dans le métier, elle pense qu’il y a espoir, car les populations, depuis un moment y accordent un nouvel intérêt. Abaroutou Raïmatou, une des nouvelles diplômées, a choisi ce métier parce que ses parents le lui ont conseillé. Elle se réjouit d’avoir appris le tissage et son objectif est de vite ouvrir un atelier pour former d’autres apprenties. Elle conseille aux filles de son âge de ne plus choisir d’aller à Cotonou pour servir de domestiques dans les ménages. Les tisserands de Ouaké se retrouvent dans une association dénommée « Association Essossina », un creuset au sein duquel ils discutent des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leurs tâches quotidiennes et y trouver des solutions. Cela leur permet de se faire entendre aussi par les autorités dont l’appui aussi bien matériel que financier est sollicité. Pas d’usine de filature Des difficultés des acteurs de ce secteur, l’absence d’usine de filature au Bénin n’est pas pour faciliter leur exercice. Le pays ne fait qu’exporter son coton. Alors que les fils reviennent très chers. Selon eux, « Ce sont les fils venus du Ghana qui sont les meilleurs », mais les tracasseries douanières répugnent les tisserandes qui s’en remettent à l’arbitrage du gouvernement. P. G Société 04 juin 2020


Une du 04 Juin 2020
Actualités 04 juin 2020


En souvenir des victimes de la guerre du Biafra et par reconnaissance: Des ressortissants du Biafra au Bénin font don de vivres à la prison civile
Samedi 30 mai dernier, la coordination de l’organisation dite Peuple indigène du Biafra (Ipob) résidant au Bénin a apporté des vivres aux personnes détenues à la prison civile de Cotonou. C’est un geste de générosité en souvenir des victimes de la guerre du Biafra et en signe de reconnaissance au Bénin pour sa grande hospitalité. Sous l’impulsion du leader mondial de l’Ipob, Mazi Nnamdi Kanu, cet hommage a été rendu dans tous les pays où séjournent les Biafrais. Dispersés par la guerre du Biafra (1967-1970), les ressortissants du Biafra sont présents dans plusieurs pays mais restent unis. L’organisation Peuple indigène du Biafra (Ipob), sous l’égide de son leader mondial Mazi Nnamdi Kanu, rend ainsi hommage aux victimes de la ‘’guerre du Biafra’’ et exprime sa reconnaissance aux pays qui ont accueilli des ressortissants du Biafra partout dans le monde. Ici au Bénin, cet hommage a été rendu samedi dernier, à travers une visite de cette communauté au Bénin à la prison civile de Cotonou. « Nous, peuple indigène du Biafra en République du Bénin, rendons cet hommage en souvenir de ceux-là qui ont payé le prix ultime au Biafra pour défendre leur survie. Nous sommes reconnaissants à Dieu Tout-Puissant, pour sa bonté et sa miséricorde à notre égard, dans ce grand pays le Bénin. Nous sommes aussi reconnaissants au gouvernement et au peuple béninois pour la main accueillante, l’acceptation et l’amour fraternel envers nous, dans les maisons, magasins, marchés, églises, communautés, villes et villages…», a déclaré Obinna Onyebuchi, coordonnateur national de l’Ipob-Bénin. Il ajoute: « En visitant la prison civile de Cotonou, nous réalisons encore l’immense liberté dont jouissent les ressortissants du Biafra dans ce paisible pays. En même temps, nous prions pour le repentir et la conversion positive des détenus, afin qu’une fois sortis de prison, ils soient de meilleures personnes pour faire de nos communautés et de notre pays le Bénin, un havre de paix, d’entraide et de prospérité ». A l’occasion, le président de la communauté au Bénin a rappelé un geste économique qui a favorisé leur prospérité au Bénin, notamment le marché Missèbo, un espace favorable au commerce. Il précise par ailleurs, que Mazi Nnamdi Kanu, leader des peuples autochtones du Biafra (Ipob) dans le monde, est l’initiateur de la journée du Souvenir mondial des héros et héroïnes du Biafra; un événement célébré le 30 mai et rapporté chaque année sur le site de l’association www.ipob.org. Société 03 juin 2020


Pour absence du maire sortant d'Aplahoué: La passation de charges reportée à lundi prochain
Annoncée pour ce jour, mercredi 3 juin, la passation de charges entre les maires sortant et entrant, à la mairie d'Aplahoué, n'a pu se tenir. L’événement tant attendu par tout le Couffo et pour laquelle la mise en place a pris fin aux environs de 10h a été suspendu et reporté, à lundi prochain, par le préfet du département. « Les conditions ne sont pas remplies », a justifié le préfet Christophe Mègbedji qui a invité à la patience, la population venue nombreuse, saluer Maxime Allossogbe, le maire entrant, et son équipe de l'Union progressiste. Sur l'esplanade intérieure de la mairie ce matin, cadre choisi pour la cérémonie, le maire entrant, ses adjoints ainsi que des conseillers élus sur la liste de l'Up ont effectivement répondu à l’appel. Plusieurs autres personnalités dont le député Richard Allossohoun étaient également venues pour rehausser l’éclat de la cérémonie. Par contre il n’y avait pas l'ombre du maire sortant, Oussena Adamou et la plupart des conseillers de la liste du parti Bloc républicain.     Actualités 03 juin 2020


Défis du monde du travail en temps de coronavirus: « De bonnes mesures d’urgence peuvent faire la différence entre survie et effondrement », selon Guy Ryder
Le monde du travail est profondément touché par la pandémie du coronavirus. Outre le péril que cela représente pour la santé publique, les bouleversements économiques et sociaux menacent les moyens de subsistance et le bien-être à long terme de millions d’individus. L’Organisation Internationale du Travail (Oit) et ses mandants – gouvernements, employeurs et travailleurs – joueront un rôle primordial dans la lutte contre la pandémie en garantissant la sécurité des personnes ainsi que la viabilité des entreprises et des emplois. A ce propos, le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (Oit) répond aux questions de Catherine Fiankan-Bokonga pour La Nation. La Nation : L’Oit a publié une étude relative aux effets du Covid-19 sur les travailleurs et les entreprises. Quelles en sont les grandes lignes ? Guy Ryder : Nous continuons à perdre des emplois de manière extraordinaire. Il y a un mois on estimait, pour le deuxième trimestre de 2020, une perte d’heures de travail équivalente à 195 millions d’emplois à plein temps. Aujourd’hui, nous tablons plutôt sur une perte d’heures de travail équivalente à 305 millions d’emplois à temps plein. Cette situation est principalement due à la prolongation des mesures de confinement. Il faut se rendre compte que derrière tous ces chiffres se cache une catastrophe humaine car la pandémie du Covid-19 ne correspond pas simplement à des statistiques mais c’est un bouleversement de la vie des gens. Moins d’heures de travail signifient pour beaucoup, une perte de revenu, et pour plusieurs millions de personnes cela se traduit par moins de nourriture et plus de pauvreté. Nous nous trouvons donc face à la pire crise depuis la Seconde guerre mondiale. On se souvient que lors de la crise financière de 2008- 2009, on avait assisté à une augmentation du chômage d’environ 22 millions de personnes mais la situation liée au Covid-19 est pire. Une récession économique qui semblait probable, il y a quelques semaines, est maintenant devenue réalité. Nous devons nous assurer qu’elle soit courte et ne se transforme pas en une longue et douloureuse dépression. Les travailleurs du secteur informel ne sont-ils pas victimes à plusieurs titres ? Effectivement les travailleurs de l’économie informelle sont les plus affectés par cette situation catastrophique. Les études au Bit montrent qu’environ 76 % des travailleurs de ce secteur sont affectés par les mesures de confinement car ils travaillent dans les secteurs les plus touchés. Ce qui est dramatique pour ces personnes, c’est que le travail à distance est impossible, souvent elles ne disposent d’aucune protection sociale et elles ont un accès très limité aux services de santé. La perte de leur revenu moyen est estimée à 60 %. Nous sommes face aux effets les plus dramatiques de cette crise. Il faut absolument que nous portions une attention et une assistance très spéciale envers ces travailleurs qui sont peut-être les plus vulnérables dans le monde du travail. Aujourd’hui nous estimons que la pauvreté dans le secteur du travail informel a augmenté de près de 34 %. Nous sommes déjà dans une situation extrême. Craignez-vous que ce contexte de récession va entraîner des soulèvements sociaux dans le monde ? Une chose est claire, la situation est et reste extrêmement grave. L’histoire démontre que lorsque les gens souffrent, lorsqu’il y a un manque de justice sociale, qu’on ne porte pas attention aux plus vulnérables d’entre nous, cela provoque des réactions. C’est le moment de faire preuve de solidarité internationale. Il ne faut pas tourner le dos à ceux qui sont les plus affectés. Nous ne devons absolument pas être indifférents vis-à-vis des souffrances des autres car dans ce cas, il y aura risque d’instabilité et de réaction sociale. Tout dépendra de notre attitude. Sommes-nous prêts ou pas à apporter des réponses solidaires ? J’ose espérer que nous le sommes. En cette période d’assouplissement des mesures de confinement, quels conseils donnez-vous aux gouvernements et aux entreprises pour protéger les travailleurs ? Dans certaines régions (Asie et Europe), nous assistons à un début de retour au travail. Ce qui ne signifie pas un retour à la normalité car nous savons que pour une période indéterminée, nous sommes condamnés à vivre et à travailler avec ce virus. Une chose est extrêmement claire, il est impératif de protéger les travailleurs dès maintenant. Les entreprises, les autorités publiques doivent s’assurer de la priorité absolue à la santé et au bien-être des travailleurs. Nous sommes tous impatients de reprendre nos activités. Il est vrai qu’il existe des impératifs économiques mais la vie et la santé des travailleurs doivent constituer la priorité absolue. Dans cette situation, l’outil incontournable est le dialogue social. Les bonnes solutions se trouvent lors d’échanges entre gouvernement, employeurs et travailleurs qui ont l’expérience directe de ce qui doit être fait. L’heure est à la coopération entre ces différents acteurs. Et si nous sommes intelligents, alertes, nous pouvons permettre le retour progressif au travail en attendant, dans cette période de transition, un vaccin qui nous protègera tous contre ce terrible virus. En cette période de pandémie, il est souvent dit que nous sommes capables du pire comme du meilleur. J’espère que nous serons tous, individuellement et politiquement, disposés à donner le meilleur de nous en faisant montre de solidarité et de générosité afin de combattre les crises économique et humaine qui découlent de la situation sanitaire. Retour au travail centré sur l’humain L’Organisation internationale du Travail (Oit) indique que les politiques de retour au travail doivent être fondées sur une approche centrée sur l’humain. Les droits des personnes doivent se trouver au cœur des stratégies économiques, sociales et environnementales. Le dialogue social, réunissant gouvernements, organisations d’employeurs et de travailleurs, sera déterminant pour établir des politiques efficaces ainsi que la confiance nécessaire pour un retour aux activités effectué en toute sécurité. Il convient de tenir compte des besoins des travailleurs les plus exposés aux maladies graves, notamment le personnel âgé, les femmes enceintes, ceux souffrant d’affections préexistantes, les réfugiés, les migrants et les personnes travaillant dans le secteur informel. Selon l’Oit les travailleurs doivent se sentir en sécurité sur leur lieu de travail et protégés aussi bien contre les risques directement liés au Covid-19 que contre les risques indirects liés particulièrement au travail à domicile. L’Oit a publié le 27 mai ses dernières prévisions de l’incidence de la pandémie de Covid-19 sur les travailleurs et les entreprises du monde entier. Par Catherine Fiankan-Bokonga : Correspondante permanente accréditée auprès des Nations Unies à Genève (Suisse) Santé 03 juin 2020


2034 - 3236