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Nouvelles

Dévastation des ressources naturelles dans le Nord-Bénin: Les maires du Borgou-Alibori tirent la sonnette d’alarme

Les ressources de la faune et de la flore se dégarnissent de jour en jour, malgré les textes et mesures de préservation. Les départements du Borgou-Alibori sont particulièrement touchés. Les maires alertent à travers un réquisitoire sévère contre l’administration forestière.

«Si rien n’est fait, le Nord-Bénin sera d’ici à cinquante ans le désert et le Sud, le Sahel. La commune de Karimama est la plus exposée, c’est la porte du désert au Bénin ». C’est en ces termes que Moussa Maman Bello, maire de Karimama, attire l’attention sur le danger que court le pays face au phénomène de la déforestation et du braconnage au Bénin. «A l’allure où vont les choses, nous risquons de disparaître», alarme Inoussa Dandakoé, maire de Malanville. C’était à la faveur de la première session du Conseil départemental de concertation et de coordination (Cdcc) du Borgou-Alibori au titre de l’année 2016 tenue en début de semaine à la préfecture de Parakou, consacrée entre autres à la décentralisation et la gestion des ressources naturelles. En fait, malgré la multiplicité des acteurs dans la gestion des forêts, le constat est alarmant avec la destruction massive des ressources naturelles, reconnaît le colonel Boukari Adam Ouarakpé, chef de l’inspection forestière du Borgou-Alibori. Il n’en veut pour preuve que la méthode d’incinération des arbres pour l’installation des cultures, l’abattage anarchique et frauduleux des bois forestiers, l’empiètement ou l’invasion agricole, l’utilisation abusive des produits chimiques, les feux tardifs de broussailles, la pollution de l’eau, autant de pratiques qui ravagent le couvert végétal et la faune. Agents forestiers et autorités communales se rejettent mutuellement le tort.
Conscients du rôle de la commune dans la création, l’entretien des plantations, des espaces verts et de tout aménagement public visant à l’amélioration du cadre de vie, les élus locaux n’entendent pas laisser poursuivre le massacre des ressources naturelles qui drainent chaque année des centaines d’éco-touristes, notamment vers les parcs nationaux de la Pendjari et du W.

Triste réalité

Les maires déplorent que les communes n’aient pas les coudées franches pour veiller à la protection des ressources naturelles, notamment des forêts, des sols, de la faune, des ressources hydrauliques, des nappes phréatiques en vue de leur meilleure utilisation. Ils dénoncent la gestion qui en est faite. «Je suis déçu de la gestion des exploitations forestières qui devraient générer des dividendes à la commune», s’indigne Gaston Gobi Yorou, maire de N’dali. «Nous élus locaux des communes riveraines des ressources naturelles, sommes tenus à l’écart du partage des ressources générées», enfonce Inoussa Dandakoé. Le maire de Pèrèrè partage également cet avis. «Des bois quittent en masse la commune de Pèrèrè pour le Nigeria voisin avec la complicité des agents forestiers. Même la taxe du développement local (Tdl), ils ne paient pas. Les populations n’en profitent pas; la commune non plus», laisse entendre Mariétou Tamba. Le maire de Ségbana, Guéné Orou Sé, s’en désole, lui aussi, en alertant sur les incursions prédatrices dans la forêt classée des Trois-Rivières dans la localité.
L’insouciance des populations riveraines face aux effets néfastes de la désertification et leur participation à la déforestation sont remarquables et appellent à poursuivre les actions de sensibilisation et surtout de répression. Dans un seul village dans la commune Nikki, il a été dénombré vingt-six propriétaires de tronçonneuses ; des gens ont même vendu leur moto pour s’acheter des tronçonneuses, informe le maire Oumarou Lafia Boubakari. Plus de trente villages sont créés dans la zone tampon du parc du W à Karimama, là où les activités humaines sont pourtant interdites et ce, au vu et au su de tout le monde, dénonce le maire Moussa Maman Bello. La faune et la flore des parcs nationaux, des forêts classées et autres restent dangereusement menacées par la pression anthropique et le changement climatique.

Cupidité et complicité

Plus grave, ce sont les agents des eaux et forêts qui sont indexés comme complices de la dévastation des ressources naturelles. «Des exploitants forestiers sont en intelligence avec des forestiers professionnels pour les coupes tous azimuts d’arbres», fustige le maire de Malanville, Inoussa Dandakoé. «Aujourd’hui, il n’y a pas meilleur exploitant forestier qu’un agent forestier», renchérit un chef d’arrondissement de Parakou. Le maire de Karimama abonde dans le même sens et fait savoir qu’il a même surpris un agent assermenté qui est rentré dans le parc du W avec une tronçonneuse qu’il a saisie et qu’il a failli le boxer. «C’est comme un médecin qui tue un malade. C’est quoi ce pays où tout est permis ? Les gens viennent souvent avec des autorisations de Cotonou et disent avoir affaire avec le ministère. Les Nigériens traversent le fleuve et viennent tout détruire... C’est difficile de trouver du baobab, du jujubier aujourd’hui. Les essences vieilles disparaissent. Les animaux que j’ai connus quand j’étais enfant, on en voit plus même les cornes traîner quelque part. Ils ont tout ravagé avec la complicité des agents assermentés. C’est scandaleux», s’indigne Moussa Maman Bello de la commune de Karimama.
«Aujourd’hui, des forestiers sont aussi riches que des douaniers dans ce commerce d’exploitation illégale. Si le commerçant qui se fait arrêter par un douanier peut lui au moins parler, la nature, elle, est muette et on la pille», signale Salamatou Kora Ponou, préfet du Borgou-Alibori. «On est envahi par une cupidité qui amène les forestiers à ne pas jouer leur rôle», dira Guéné Orou Sé. «Même quand vous saisissez les tronçonneuses et que vous les amenez à la brigade, elles se retrouvent trois jours après sur le terrain», indique-t-il.
Le chef de l’inspection forestière du Borgou-Alibori admet que la situation est critique mais il ne conçoit pas que les autorités communales jettent uniquement le tort sur les agents forestiers. «Dans toute corporation, il y a des brebis galeuses mais cela ne suffit pas pour mettre tous les agents dans le même panier», réfute le colonel Boukari Adam Ouarakpé. «Ce qui importe, préconise-t-il, c’est qu’on regarde dans la même direction pour une convergence d’actions afin de sauvegarder ce qui est encore là, qu’on travaille la main dans la main pour arrêter la saignée.» ?

Environnement 05 févr. 2016


Scrutin du 28 février prochain: Des représentants de candidats plaident pour un report de l'élection

L’évocation d’une telle préoccupation à un moment où le processus électoral semble bien suivre son cours paraît à première vue étonnante. Pourtant, la question mérite bien d’être posée eu égard aux échanges qui ont lieu jeudi 4 février entre des responsables du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) et des représentants de candidats à l’élection présidentielle.

Le retard accusé pour la distribution des cartes d’électeur est devenue source d’inquiétude pour certains membres des états-majors de candidats en lice pour l’élection présidentielle du 28 février prochain. Pour en avoir le cœur net, ils étaient au siège du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi), jeudi 4 février. Entretenus par le président Augustin Ahouanvoébla et son staff, ils ont pu s’enquérir du niveau d’avancement du processus d’élaboration des cartes. En sus, il leur a été expliqué qu’à compter de ce jour, la distribution devrait démarrer par l’aire opérationnelle Alibori-Borgou.

Des explications qui, visiblement n’ont pas convaincu tous les hôtes du Cos-Lépi. Conséquence, certains parmi eux ont plaidé le report du scrutin d’une semaine afin de permettre que cette opération on ne peut plus importante soit mieux organisée et finalisée. A cette préoccupation, le président Augustin Ahouanvoébla, face aux hommes des médias dans la soirée de ce même jeudi dit avoir répondu par l’incapacité légale de son institution à prendre ou valider une telle décision qui n’est pas de son ressort. En dehors du report sollicité, les représentants de candidats ayant effectué le déplacement ont exigé, si la distribution était faite suivant le calendrier actuel et n’allait pas à son terme, que le lot de cartes restantes soit retourné au Cos-Lépi et non devenir source de fraude comme ce fut le cas par le passé.

Actualités 05 févr. 2016


En prélude au scrutin du 28 février prochain : Démarrage ce jour de la distribution des cartes d’électeur dans le Borgou-Alibori

Les électeurs disposeront à temps de leurs cartes pour accomplir leur vote. Le démarrage de la distribution desdites cartes au pays démarre ce jour par l’aire opérationnelle Alibori-Borgou. C’est ainsi qu’on pourrait résumer l’échange entre les responsables du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) et les hommes des médias, jeudi 4 février au siège de l’institution.

Depuis le vendredi 29 janvier dernier, la distribution des cartes d’électeur aux citoyens béninois remplissant les conditions exigées mais vivant en dehors du territoire national a démarré et se poursuit sans anicroches. Cette information, c’est le président du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi), le député Augustin Ahouanvoébla qui l’a livrée au cours d’une conférence de presse aminée jeudi 4 février au siège de ladite institution, en présence de certains de ses responsables et cadres techniques. Ce faisant, le président du Cos-Lépi entendait apaiser ceux qui s’inquiètent de la célérité de son institution à offrir à temps aux électeurs, le sésame indispensable pour accomplir leur devoir civique.
Quid de la grande masse des électeurs qui se trouve au pays ? A ce niveau, Augustin Ahouanvoébla a affiché la même sérénité, pour dire qu’à compter de ce jour, vendredi 5 février, la distribution sera effective, mais pas de façon simultanée. Elle démarre par l’aire opérationnelle Alibori-Borgou. Suivra plus tard, l’aire opérationnelle Atlantique-Littoral qu’il considère comme l’une des parties du pays les plus pourvues en électeurs. Pour ce qui concerne les autres aires opérationnelles, la distribution se fera au fur et à mesure que les cartes seront rendues disponibles par l’opérateur retenu à cet effet. Dans tous les cas, celui-ci doit livrer au plus tard le 10 février prochain, toutes les cartes, rassure par ailleurs le président du Cos-Lépi.
L’autre assurance donnée par le président du Cos-Lépi est relative à la protection des données des détenteurs desdites cartes, et donc les électeurs. Augustin Ahouanvoébla s’est voulu ferme pour dire que la confection de la nouvelle carte reste sans menace pour les données personnelles des électeurs. Bien au contraire, il plaide pour que les institutions habilitées puissent lui conférer une valeur de carte d’identité nationale au même titre que d’autres pièces comme le permis de conduire.
Et comme les questions électorales avec cette institution, surtout par les temps qui courent et eu égard à l’actualité politique ne peuvent être abordées sans l’évocation de certaines situations, les interrogations des journalistes présents sont très vite allées en ce sens. Pour comprendre si effectivement, il y a menace sur la transparence du scrutin à partir du Cos-Lépi. « Nous nous surveillons ici», répond le président en guise d’apaisement, puis embraye qu’aucune condition ne se prête à une quelconque magouille, tant la loi et le processus conduit par lui et ses pairs sont on ne peut plus clairs. «On ne peut même pas créer de centre de vote fictif », rabat Augustin Ahouanvoébla qui explique qu’entre les élections législatives de 2015 et l’élection du 28 février prochain, il y a eu 231 755 nouveaux électeurs qui sont les nouveaux majeurs. Entre l’élection de 2011 et celle à venir, il y a eu au total, selon ses explications, 1 080 000 électeurs de plus.

Niveau de sécurité

En invitant les institutions habilitées à offrir bien plus qu’une valeur de sésame électoral à la carte d’électeur, le président du Cos-Lépi, a fondé son argumentaire sur les quatre niveaux de sécurité dont ladite carte serait pourvue. Avec l’aide des techniciens du Centre national de traitement, démonstration en sera faite. Ainsi, au premier niveau il y a un code-barres qui est en fait la matérialisation du numéro personnel d’identification. Le deuxième niveau est fait d’un hologramme incrusté qui laisse voir dans les conditions indiquées, l’armoirie du Bénin. S’agissant du troisième niveau de sécurité logé au verso de la carte, il est fait d’un code QR lisible grâce à une application disponible pour les ordinateurs et sur les Android. Lequel code laisse voir la filiation du titulaire de la carte. Puis, il y a enfin, un quatrième niveau de sécurité qui ne sera pas révélé parce que relevant du secret absolu.¦

Actualités 05 févr. 2016


Classement Fifa/Coca-Cola : Le Bénin passe de la 78e à la 77e place

Le classement mondial Fifa/Coca-Cola de février est désormais connu. Au premier regard, il ne présente pas de changements notables. Le Bénin et son football peuvent se réjouir d’avoir progressé, même si ce n’est que d’une seule et petite place.

Arrivé 78e, tout juste derrière le Gabon, 77e, lors du classement effectué le 7 janvier dernier, le Bénin a pris la 77e place dans celui publié jeudi 4 février à Zurich par l’instance faîtière du football mondial. C’est déjà réjouissant pour le football national qui, malgré la crise qu’il traverse, continue de figurer au sein du top 100. Il doit se battre pour intégrer enfin le Top 50. Si un pays comme le Cap-Vert et ses Requins bleus, 33e dans le classement, l’a réussi, le Bénin aussi peut bien le faire. Il suffira seulement de travailler et de demander aux acteurs de son football d’essayer de surpasser leurs querelles internes.

Parlant de travail et puisque c’est sur la base des matches disputés, que ce classement Fifa/Coca-Cola s’établit, il va falloir que le Comité de normalisation (Conor) du président Rafiou Paraïso, commence déjà par sonner la mobilisation des Ecureuils, dans la perspective de leur double confrontation face au Soudan du Sud en mars. C’est dans le cadre des 3e et 4e journées des matches de groupe comptant pour les éliminatoires de la CAN Gabon 2017. Appelés à prendre ces 6 précieux points qui seront également déterminants pour la suite de la compétition, les Ecureuils, 2e avec 2 points derrière les Aigles du Mali, qui eux, totalisent 4 points, doivent se lever un peu plus tôt.
Classé derrière Israël, 73e, l’Afrique du Sud, 73e ex, la Bulgarie, 75e et la Zambie, 76e, le Bénin devance entre autres, le Maroc, 80e, le Venezuela, 81e, le Gabon, 83e, le Burkina Faso, 85e et le Togo, 103e¦

Sports 05 févr. 2016


Tournoi scolaire de basket-ball: Huit clubs pour animer la 15e édition la «Coupe CSP- Gbéto»

Demain samedi 6 février, démarre à Cotonou la 15e édition du tournoi scolaire de basket-ball dénommée « Coupe CSP-Gbéto ». Cette compétition, l’une des plus prestigieuses dans le milieu scolaire national, réunit des jeunes venus de plusieurs collèges et lycées de la ville.

Ils seront au total 6 collèges et lycées de la ville de Cotonou à discuter, cette année, la 15e édition du tournoi scolaire de basket-ball dénommé Coupe CSP-Gbéto. Il s’agit, au niveau des garçons: du Lycée technique et professionnel de Kpondéhou (LTPk), de l’Etablissement français d’enseignement Montaigne (EFEM), du Collège d’enseignement général Ste Rita, de l’Ecole d’enseignement général technique et professionnel Laura Vicuna (EEGTP/LV) et du Complexe scolaire Protestant (CSP). Chez les filles, seuls 3 clubs sont en lice pour la présente édition. Il s’agit de l’Etablissement français d’enseignement Montaigne (EFEM), du Collège secondaire Notre-Dame des Apôtres (CSNDA) et du Complexe scolaire Protestant (CSP)

Par rapport à l’année dernière, cette édition enregistre des absents de taille considérés comme des habitués de la compétition. Il s’agit notamment du Collège catholique Père Aupiais, du Complexe scolaire et universitaire La Cité.
Selon le calendrier établi par les organisateurs, le tournoi s’étend sur 45 jours et se déroule les samedis de chaque week-end sur les installations du CSP à Cotonou. Il est doté de trophées et autres équipements sportifs.
Le tournoi a lieu depuis 2001. Il émane de la volonté d’Alassane Zimé Yérima, jeune passionné du sport en général et du basket-ball en particulier, de combler le vide laissé par les dirigeants du basket-ball en matière de formation des jeunes à la base, surtout dans les établissements scolaires. D’ailleurs, il n’a jamais eu de cesse de répéter tout le temps que c’est la léthargie qui caractérise la pratique du basket-ball dans les établissements scolaires, qui a été à la base de son initiative qu’est le tournoi scolaire de basket-ball connu sous le nom de tournoi «Coupe CSP-Gbéto». C’est une compétition, précise son organisateur, qui contribue au brassage interscolaire, et offre un cadre de divertissement sain aux jeunes et permet de constituer une pépinière pour les clubs civils voire l’équipe nationale.
Mais depuis une quinzaine d’années qu’a débuté l’aventure, Alassane Zimé Yérima se bat seul, si ce n’est quelques fois avec l’appui d'amis et autres mécènes pour pérenniser l’œuvre de formation et égayer aussi la jeunesse des lycées et collèges. La compétition a permis l’éclosion des sportifs devenus aujourd’hui des champions dans cette discipline.
La compétition prend fin le 19 mars prochain par les finales filles et garçons suivies de la remise des distinctions¦

Sports 05 févr. 2016


Pacte Alafia: Un bréviaire pour changer la gouvernance publique au Bénin

Un pacte Alafia pour transformer la gouvernance politique au Bénin. C’est une initiative de huit Organisations de la Société civile dont Social Watch Bénin, qui ont animé une conférence de presse, mercredi 3 février, afin de tracer les sillons d’un nouveau départ en matière de gouvernance dans le pays. Le pacte Alafia comporte sept engagements que les conférenciers appellent les présidentiables à considérer comme le socle de leurs engagements citoyen et républicain.

Les Organisations de la Société civile, signataires du pacte Alafia, qui a été lancé mercredi 3 février passent désormais à la vitesse supérieure dans le cadre de la mise en place d’une gouvernance de qualité au Bénin. Il s’agit des ONG Governance and policies for sustainable development (GPS-Dev), l’Association béninoise de droit constitutionnel (ABDC), Wildaf-Bénin, Wanep et Social Watch-Bénin. En dehors de celles-là, il faut ajouter la Coalition nationale pour la paix (CNP), l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique (ARGA) et l’Association de lutte contre le racisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme (Alcrer) qui sont aussi au cœur de ce combat pour donner un nouveau visage à la gouvernance au Bénin. Cette fois-ci, elles s’adressent prioritairement aux présidentiables qui, selon elles, doivent user de toute leur force pour le respect de ce contrat social. Elles fondent leur argumentaire sur le constat selon lequel la « Conférence nationale est un consensus dévoyé », entraînant, par ricochet, la stérilité de la démocratie béninoise.

Selon Gilles Badet de l’ABDC, la «gouvernance publique est devenue un frein à l’épanouissement des enfants du Bénin, à la libération et la convergence de leurs énergies; les dividendes escomptés de la démocratie béninoise ne sont pas au rendez-vous et la corruption a atteint son point culminant ». Point de vue qu’épouse Jérôme Carlos, journaliste chroniqueur, qui se réjouit de la veille que mènent lesdites organisations en faveur de la démocratie béninoise. « Si la Société civile n’avait pas existé, nous aurions un système démocratique bâtard», souligne-t-il. A l’heure actuelle, le Bénin doit cesser de chercher ses repères en appelant sur lui la paix plutôt que d’attiser la foudre de guerre. Pour lui, les appellations à connotation négative telle que Bénin Wahala ne sont pas à encourager.
Justifiant la portée du pacte Alafia, l’ancien ministre de l’Environnement, Luc Gnacadja, souligne qu’il est urgent « d’écouter l’exaspération ambiante et qu’élire un président n’est pas lui donner un blancseing ». Selon lui, l’exemplarité du leadership au sommet de l’Etat est indispensable pour opérer une transformation républicaine. D’où le pacte Alafia qui se veut un outil pour interpeller et mobiliser autour des défis, pour proposer les objectifs et les résultats attendus de la transformation, être un mécanisme de veille citoyenne pour sa mise en œuvre….
Les différentes Organisations de la Société civile se veulent avant-gardistes du respect scrupuleux des sept engagements que comporte ledit pacte. Lesquels engagements sont relatifs à la création d’un environnement incitatif pouvant faciliter la libération et la convergence des énergies des enfants du Bénin vers un développement durable.
Les conférenciers suggèrent également que le système partisan soit réformé de sorte à lutter contre le régionalisme, l’ethnocentrisme et la transhumance politique. L’autre attente est que les institutions de l’Etat puissent inscrire dans les normes de gestion des affaires publiques les principes de transparence et de performance de la gouvernance publique, de l’accessibilité de l’information publique par les citoyens. Pour cela, ils insistent sur les principes de la transparence, de reddition de compte,….
Tout en invitant les présidentiables à s’engager par la signature dudit pacte, à adhérer aux engagements, ses initiateurs, chacun en ce qui le concerne, ont promis de veiller au grain pour que le pacte soit une lumière pour éclairer la lanterne des uns et des autres.
En prenant sa part de responsabilité en vue de l’aboutissement heureux du projet, le coordonnateur de Social Watch Bénin, Gustave Assah, dira que la vision de son Ong est d’être un acteur de référence dans le contrôle citoyen de l’action publique, la surveillance des politiques de développement social et le suivi de la mise en œuvre des engagements pris par le Bénin ¦

Actualités 04 févr. 2016


Okuta: Félix Agossa, un «fou» aux pieds des collines de Dassa

C’est un péché que d’aller dans la commune de Dassa- Zoumè sans visiter Okuta. Un site de pierres façonnées grâce au génie artistique qui séduit le visiteur et l’embarque pour un long voyage.

Okuta. Pour les autochtones de la commune de Dassa-Zoumè, ce nom sonne comme ordinaire. Il signifie en effet «Pierre». Pour ces populations qui côtoient au quotidien les géantes collines qui ceinturent leurs localités, Okuta relève de la routine. Mais pour le visiteur ou le touriste, Okuta présente un autre visage en dehors de la curiosité à monter les collines pour apprécier la verdure et se faire une vue panoramique de la localité, il y a aussi un site du même nom qui se laisse découvrir. Une petite merveille rêvée, voulue et concrétisée par un natif de la localité, Félix Agossa.

Artiste, peintre, décorateur, cet homme, avec sa silhouette frêle et son regard à peine souriant fait partie des rares tailleurs de pierre du Bénin, si non qu’il est le seul à justifier d’un niveau professionnel aussi élevé. C’est donc lui, le géniteur de Okuta, devenu ces dernières années, une merveille artistique et touristique dans la commune de Dassa.

Okuta, la pierre

« Le site Okuta, nous l’avons choisi, parce que c’est situé en plein cœur de la ville de Dassa, qui n’est pas loin de la voie inter-Etats qui relie Cotonou à Malanville et en même temps Cotonou au Burkina Faso. C’est un site très calme, parce que situé dans une zone administrative où déjà à partir du vendredi, il y a la sérénité. Il est aussi sécurisé, parce que ceinturé par un poste de la gendarmerie, de la police, des eaux et forêts». Les mots pour valoriser le site ne manquent pas à son promoteur. Toutes les conditions, de son point de vue, sont réunies et font de ce lieu, un endroit de rêve pour héberger un projet du genre. «Le choix a été méticuleux et l’espace aussi est pittoresque», assure-t-il. Le site est constitué de toute la colline appelée en langue locale ‘’Anata’’. Pour l’avoir, il a fallu adresser une demande à l’Etat qui l’a mis gracieusement à la disposition des initiateurs.
Félix Agossa le peint comme l’univers où les artistes plasticiens, ceux de la scène, les cinéastes et tout acteur culturel peuvent se donner rendez-vous, discuter, s’éclater... Mais on peut aussi dire que Okuta est bien indiqué pour accoucher de projets novateurs. Le jeune réalisateur Aymar Essè en a déjà fait l’expérience. Natif de la commune de Dassa-Zoumè, c’est sur le site qu’il a tourné une bonne partie du film qui partage le nom du site : Okuta. 52 minutes de voyage autour et au cœur de la pierre pour dire et conter l’histoire de la pierre, si non celle des 41 collines de la cité des Egbakoku. Entre la nécessité de concasser les pierres pour bâtir et vivre, et l’urgence de préservation de la couche d’ozone contre les changements climatiques, il faut bien trouver le juste et bon milieu pour que Okuta, la pierre reste et demeure. Et c’est à cet exercice que le film s’est livré.
L’engouement autour du site ne laisse pas le promoteur indifférent. Tout porte à croire que, c’est de là qu’il puise l’énergie pour poursuivre son combat, en dépit des difficultés qui l’assaillent.
«Déjà pour un artiste plasticien, ce n’est pas évident de joindre les deux bouts. Mais quand vous avez la foi, l’abnégation, l’énergie qu’il faut, vous pouvez réaliser de grandes choses. Actuellement, Okuta ne compte plus que sur les ressources de quelques individus, particulièrement sur la ténacité de son promoteur qui, jour et nuit, ne ménage aucun effort pour poser une pierre, pour planter un bois ou pour mettre un clou quelque part ». C’est cette somme de forces, qui fait dire à Félix Agossa que c’est «un site d’avenir». Les raisons, c’est entre autres, selon lui, le fait que la ville de Dassa, en elle-même est une ville touristique et le site, de par sa situation géographique, sa beauté et sa qualité. «Nous pensons que tout est réuni pour que ce site devienne un site d’avenir», poursuit-il.

Un fou aux pieds des collines

« Le site Okuta est une grande ambition, parce que si vous le regardez, c’est l’une des plus grandes des 41 collines dont est constitué Dassa. Et l’aménagement doit se poursuivre... Nous voulons faire de cette partie, un grand centre culturel, un grand lieu de rencontres où l’animation, la diffusion, la promotion, et le rayonnement de la culture vont émerger. Ensuite, nous allons évoluer par palier. Nous allons commencer à mettre les infrastructures d’accueil, de détente, de restauration…».
Au-delà de l’attrait touristique de ce site, son promoteur tient à lui conserver les attributs d’un lieu de résidence artistique. Pour ce faire, l’aménagement prend en compte «quelques infrastructures d’accueil où un artiste béninois qui veut créer par exemple, s’isoler un ou deux mois, peut venir». Il y aura, soutient-il, une maison, une chambre, tout ce qu’il lui faut pour, sans bouger, créer, se restaurer et se détendre. Cela aura pour premier impact de réduire les efforts engagés pour la logistique. Ainsi prend corps le rêve d’un village Okuta auquel sera annexé les classiques d’un centre culturel, notamment une médiathèque, une bibliothèque, une salle de conférence, un espace pour accueillir de petits spectacles, disons une salle de verdure…
« Nous allons continuer l’aménagement de ce site, sur le plan de l’espace vert. Nous voulons que quiconque vient à Okuta se sente comme dans un paradis, un nouvel Eden avec beaucoup de fleurs, de décorations, de créativité. Celui qui entre là, doit savoir qu’ici n’est pas n’importe où », projette le géniteur de ce site. « Mon ambition est d’en faire, franchement le premier site africain, pourquoi pas mondial du genre», rêve-t-il par ailleurs. Trop futuriste ou peut-être même utopiste, Félix Agossa projette de faire de Okuta, «un rendez-vous mondial». De sorte que «un Italien pourra trouver ce qu’il mange chez lui, l’Autrichien, l’Allemand, etc ». Puis, objectif, il soutient que « Même si nous n’avons pas la vie assez longue pour le faire, nous allons transmettre cet ardent désir à la postérité pour qu’il soit réalisé quand même. Les plus grandes œuvres ont commencé comme cela, mettant du temps. Tous les grands ouvrages sont passés par des rêves pareils. Donc je me dis pourquoi pas aussi nous ». Selon les explications de ce dernier, cette ambition de donner une autre vie à ces collines aurait pu sombrer dès le départ, s’il avait prêté oreille à certaines interprétations.
« Quand j’ai commencé Okuta, c’était presqu’une forêt. Les gens de la commune disaient qu’il y a un fou aux pieds de la colline là-bas. On ne sait pas ce qu’il fait. Il est tout le temps-là, il s’échine au soleil. Personne n’a compris ce que je voulais faire. Mais aujourd’hui, unanimement toute la population de Dassa soutient cette initiative. Je ne peux plus passer dans une rue sans qu’on me dise courage. Cela veut dire que nous ne nous sommes pas trompés et que c’est possible. C’est ce qui manque aujourd’hui à la jeunesse. On a maintenant besoin de jeunes qui portent de grands rêves. On doit rêver pour que l’Afrique grandisse», enseigne-t-il plein d’enthousiasme. Et tout panafricaniste qu’il est, il fait savoir que « Si on ne se lève pas, on ne va jamais arracher l’Afrique aux Européens».
Ce que je peux dire à mes frères et sœurs, poursuit-il, c’est qu’ils cessent de se lamenter, car tant que nous avons nos mains, nos doigts, la tête, la force, tout nous est permis. «C’est un appel que je lance du fond de mon cœur. Moi je suis en train de réussir, je vais réussir, c’est un rendez-vous que je leur donne. Alors mettez-vous au travail. Rêvez grand. Et franchement, nous allons relever le défi de l’Afrique qui a grandi et de l’Afrique qui domine après la Chine », conclut l’artiste.

Culture 04 févr. 2016


Daouda M. Aliou, ingénieur agronome: «La valeur des zones humides est incommensurable»

Le Bénin a célébré mardi 2 février dernier, la Journée mondiale des zones humides. Comment sont-elles réparties au Bénin pour l’équilibre des écosystèmes et qu’apporte la Convention de Ramsar qui les gère ? Quelle est l’importance des zones humides pour la vie? C’est à ces interrogations que Daouda M. Aliou, ingénieur agronome apporte des réponses.

«Le Bénin est inégalement couvert par les zones humides. Il y a près de 12% du territoire national qui est occupé par les zones humides», a déclaré Daouda M. Aliou. Mais la grande partie, poursuit-il, se trouve dans le Sud, jusqu’à la limite du Zou. Au Nord-Ouest, énumère l’ingénieur agronome, notamment la région du parc et au Nord dans la région de Karimama-Malanville où se trouve la Vallée du Niger. Au nombre de ces zones humides, un peu dispersées, compte-t-il, il y a les plans et cours d’eau.

Les zones humides

Pour Daouda M. Aliou, il faut compter les zones marécageuses, les plaines d’inondation où se fait la riziculture. Il y en a d’autres où se pratique la pêche, notamment les étangs et les trous à poissons. Il y a également la Vallée de l’Ouémé entièrement constituée de zones humides. Y figurent également quelques retenues d’eau qui sont des zones humides, certes mais créées par l’homme pour ses besoins et ceux du bétail, parfois pour faire du maraîchage. Ces zones, selon l’ingénieur, ont différentes importances. Il y en a d’envergure internationale qui ont été classées. Nous en avons quatre. La zone humide du Sud-Est composée de la basse Vallée de l’Ouémé, de la lagune de Porto-Novo et du lac Nokoué. Nous avons la zone humide de l’Ouest constituée de la lagune côtière, du chenal Aho, de la basse vallée du Mono et du lac Ahémé. Voilà des zones inscrites sur la liste de celles d’importance internationale au niveau de la Convention de Ramsar. Il y a encore deux zones humides d’importance internationale qui sont également inscrites sur cette liste qui se trouve dans le parc W et dans le parc de la Pendjari. Il s'agit de la mare Mangou et la mare Bali. «Il y a encore une cinquième. C’est une zone humide transfrontalière constituée du chenal de Gbaga qui dérive du Mono et qui va se jeter dans la mer au niveau d’Anèho. Les travaux sont en cours; nous avons déjà fait l’identification, la caractérisation, il reste qu’on reproduise la cartographie pour accompagner le dossier et l’inscrire comme zone humide transfrontalière», explique Daouda M. Aliou.
Dans ces zones humides, vivent plusieurs espèces. Il y a, énumère l’ingénieur agronome, les espèces de la faune mamalienne, le cétatunga, l’antilope d’eau, les espèces de la faune aviaire, les oiseaux d’eau, la faune ichtiologique constituée des différentes espèces de poissons. Il poursuit qu’il y a également les amphibiens, notamment les grenouilles, les crapauds et autres espèces qui vivent dans ces écosystèmes. On peut y noter également, selon lui, la faune reptilienne: un certain nombre de varans.

152 espèces de poissons

Il y a par ailleurs, relève-t-il, au moins 152 espèces de poissons retrouvées au niveau de ces écosystèmes qui constituent pour le pays une richesse.
En ce qui concerne les formations végétales, Daouda M. Aliou liste des espèces qui ne poussent que dans les zones humides, notamment les palmiers raphia okéri, qui permettent d’avoir les bambous réservés pour la propulsion des pirogues et d’où on extrait également le raphia qui sert à tisser les nattes. Il y a, retient l’ingénieur, le typha qu’on utilise pour confectionner les nattes et les apatams dans l’Ouémé, le jonc, le ronc dont on se sert pour tisser les nattes au niveau du Mono à partir de Ouidah jusqu’à Djondji. Il retient également la végétation de mangrove, caractéristique des zones humides. Ainsi au titre des palétuviers, le réseau fora racimosa, une plante qui pousse avec des racines échasses, l’avicenia germina, un arbuste qui est également reconnu comme une variété de mangrove mais derrière les riso fora avec leurs pieds dans l’eau, tandis que les avicenias sont un peu en retrait. Il cite une autre variété de mangrove qu’on appelle lagun cularia racimosa mais qu’on retrouve beaucoup plus sur les plages.
« L’eau est le facteur qui crée la zone humide; donc pas d’eau pas de zone humide. L’eau est source de vie. C’est cette eau qui reste dans la zone humide qui alimente la nappe phréatique où les sociétés vont pomper l’eau», explique Daouda M. Aliou. En conséquence, déduit-il, les régions montagneuses et des collines où il n’y a pas de zones humides sont sèches. Il y a des difficultés pour accéder à l’eau.
Le barrage au niveau d’Atcha-kpa, justifie l’ingénieur agronome, permet d’alimenter une partie des collines. La présence de l’eau qui favorise toute cette biodiversité le long de nos écosystèmes protège les éléments vitaux de la survie de l’homme. S’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de vie. Lorsqu’il y a l’eau quelque part, des organismes s’y développent ; donc l’eau est source de vie, et c’est la caractéristique essentielle d’un écosystème humide, explique-t-il. C’est en fonction de la variété des espèces dont il regorge, qu’on lui attribue le caractère de zone humide.
Après le listing des zones humides, ils ont été observés et leur caractérisation a été faite avec tous les éléments constitutifs de leurs écosystèmes. Un travail a été fait. Lorsqu’on inscrit un site, il y a des règles à respecter, expose l’ingénieur. «Il faut s’engager à utiliser rationnellement les ressources de ces écosystèmes. Vous devez disposer à cette fin d’un plan de gestion. Ledit plan définit les modes d’utilisation et de préservation des ressources de cet écosystème », explique Daouda M. Aliou. Lesdits plans ont intégré, poursuit-il, comment sont gérées, prélevées, préservées et quelles démarches sont faites pour évaluer la mise en œuvre dudit plan de gestion. Il faut, selon lui, avoir un comité qui accompagne la mise en œuvre du plan de gestion.

45 mille tonnes de poissons

Selon ses explications, il y avait auparavant les comités de pêche. Mais aujourd’hui, poursuit-il, avec l’envergure du travail à abattre, on a dû réfléchir pour impliquer l’ensemble des parties prenantes: les élus locaux, les associations de différentes zones professionnelles, la gendarmerie, la police tous sont impliqués pour que les règles, le plan de gestion soit accompagné d’un code local qui permette de réglementer un peu l’utilisation de ces écosystèmes. Toutes les personnes citées tantôt font partie d’un comité coiffé par le préfet qui est le représentant du président de la République.
«Les plans d’eau du Bénin produisent 45 mille tonnes de poissons y compris l’aquaculture (l’élevage de poisson dans les étangs et autres)», explique l’ingénieur agronome. Cette pêche fait vivre plus de 300 mille personnes: les pêcheurs, les mareyeuses, les vendeurs d’engins de pêche, les mécaniciens, les menuisiers, les transformatrices, les vendeurs de bois, donc tout le monde qui gravite autour de l’activité de la pêche.
«Il y a également le rôle que la mangrove joue chez nous. D’abord, c’est la zone de reproduction par excellence des poissons. Elles se reproduisent dans les racines échasses, les feuilles de mangroves constituent du fourrage pour le bétail ; un hectare de mangrove séquestre 12 tonnes de Co2 par an », renseigne-t-il. Aujourd’hui, selon lui, il y a 65 km2 de mangroves au Bénin. Sans compter le bois de chauffe que les mangroves produisent.
Par ailleurs, retient-il, l’effet rempart de protection des berges que les mangroves jouent contre le vent, est à prendre en considération.
Le bois utilisé pour construire dans les villages lacustres, conçoit-il, n’est pas celui qu’on va chercher sur la terre ferme. Il vient des zones humides et est adapté aux habitations desdites zones. «Lorsque vous en évaluez le coût, vous voyez à peu près ce que ça fait », souligne-t-il.
A titre d’exemple au niveau du Wazalogone au Cameroun, « Ils ont détruit une zone humide, aménagée et fait des montages, construit des digues et gagné des zones marécageuses mais à la fin, ils se sont aperçus qu’il n’y a pas les résultats escomptés. C’est alors qu’ils ont essayé de remettre la zone en question en état », regrette-t-il. Il fallait donc, selon lui, remettre les choses en état, remettre cet écosystème à la nature. Ils ont dépensé plus de 700 milliards F CFA pour régénérer la zone, explique Daouda M. Aliou.

L'expériences des Américains

Les Américains ont également tenté une expérience identique dans la région de New York. Ils ont investi, selon lui, 370 millions de dollars pour permettre à la nature de reprendre ce qu’ils lui ont pris. Mais malheureusement, regrette-t-il, cela n’a pas apporté la solution.
« Il y a des problèmes d’inondation à Cotonou parce que nous sommes allés nous installer dans les lits d’eau, des zones marécageuses et nous continuons à le faire. Lorsqu’on prend toute la région de Fidjrossè, demandez à ceux-là ce qu’ils investissent en termes de remblais, de frais de santé », déplore l’ingénieur agronome. Or, si on avait laissé la nature demeurer le réceptacle naturel de l’eau, les populations n’auraient pas à habiter dans des zones inondables. Et normalement, apprécie-t-il, ces zones vont recueillir l’eau, la lâcher pour alimenter la nappe phréatique qui va la pomper pour des usages normaux.
L’ingénieur regrette que les compagnies d’eau pompent et fassent usage de l’eau mais ne savent d’où elle provient. « Vous ne menez aucune action pour protéger la ressource eau. Aujourd’hui, vous avez des difficultés pour aller pomper l’eau », s’entendent-ils souvent lancer

La convention de Ramsar

Danone est la première société qui finance la convention de Ramsar, car cette convention lui permet de préserver les écosystèmes qui lui fournissent de l’eau qui est vendue et sert à fabriquer ses produits alimentaires. Ainsi, pour l’ingénieur agronome, les industriels savent qu’il faut mettre de l’argent dans la convention pour les aider à préserver les zones humides ; ils savent que sans eau ils ne peuvent rien produire.
«La valeur des zones humides est incommensurable au tourisme, pour les loisirs. Lorsqu’on s’installe dans une pirogue pour une randonnée sur l’eau, voyez comment c’est agréable. Les week-ends tout le monde se met à la plage pour se détendre », apprécie-t-il. On prend de l’air pur. «La zone humide prend en compte la mer côtière. Il y a tout un ensemble si l’on doit évaluer le coût de ce que nous tirons des zones humides, c’est faramineux et nous ne voyons pas ce que nous perdons lorsque nous détruisons ces écosystèmes», regrette l’ingénieur. Car il y a des plantes qui ne peuvent que pousser dans ces zones. Si vous détruisez ces zones, ces plantes ne pourront plus pousser, retient-il.
«Les gens ont gardé les vraies souches de riz dans les zones marécageuses et c’est cela qui leur permet de conserver la source pour la production au fil des années.», renseigne-t-il, car il faut aller dans les zones humides où elles n’ont pas été touchées où ça s’est produit naturellement. Si on n’avait pas ces zones humides que pouvait-on faire?, interroge-t-il.
C’est le premier traité intergouvernemental mondial signé par les Nations pour la gestion d’un écosystème particulier le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar près de la mer caspienne. Le Bénin y a adhéré en juillet 1999 et a été reconnu partie contractante en janvier 2000. Les Etats adhérents doivent y inscrire un site. Le Bénin y a inscrit plusieurs sites. Ramsar a apporté entre autres, l’ouverture sur le monde ( le Bénin est la 119e partie contractante) par la qualité de ses sites. Ramsar nous a fait connaître au plan mondial et nous procure également un accompagnement scientifique. Les pays membres de la Convention aussi assistent le Bénin lorsqu’il y a des problèmes au niveau de ses écosystèmes¦

Environnement 04 févr. 2016


Election présidentielle du 28 février prochain: Le message de paix du médiateur de la République

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, est préoccupé du bon déroulement du processus de l’élection présidentielle du dimanche 28 février prochain, surtout de la campagne électorale.

Il a délivré, à cet effet, un message de paix, le deuxième du genre en moins d’un mois, pour appeler les candidats et ses concitoyens à une élection pacifique. C’était mercredi 3 février au siège de son institution à Porto-Novo. Lire l’intégralité du message.

Deuxième message de paix du médiateur de la République pour une élection pacifique

Le processus électoral suit son cours. Les candidats à l’élection présidentielle du 28 février prochain sont désormais connus.
Le médiateur de la République, fidèle à sa mission d’appeler à la tolérance et à la paix, invite celles et ceux qui sont en lice à faire montre de beaucoup de vigilance au cours de la campagne électorale. Leurs militants doivent être invités au respect de leurs concitoyens comme en dispose l’article 36 de la Constitution du 11 décembre 1990.
Les candidats doivent donc exiger de leurs militants d’éviter des débordements, des provocations et des injures. Il est souhaité à cette étape que des comportements positifs soient observés, car les enjeux actuels recommandent que les citoyens restent et demeurent unis pour construire notre patrie commune et bâtir une démocratie exemplaire dans la cohésion nationale.
C’est pourquoi, j’en appelle, chers compatriotes, à votre sens élevé de responsabilité et à la préservation de la paix et de la concorde nationale dans notre pays.

Joseph H. Gnonlonfoun
Magistrat

Actualités 04 févr. 2016


Election présidentielle du 28 février prochain: Joseph Gnonlonfoun au Cos-Lépi et à la Haac

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, dans son périple de sensibilisation pour une meilleure organisation de la présidentielle du 28 février prochain, était lundi dernier dans ce cadre au Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) et à la Haute autorité de l’audiovisuel pour la communication (Haac) où il a plaidé pour la paix.

Le Cos-Lépi a été la première étape de la tournée du médiateur de la République. Ici, Joseph Gnonlonfoun a mis l’accent sur le rôle très important que doivent jouer les membres du Cos-Lépi dans l’enracinement de la démocratie et de la bonne gestion du processus électoral en cours. Il s’est informé par rapport à l’évolution de l’actualisation du fichier électoral. Ce fut également une occasion pour l’ancien président de la Céna 2011 d’apprécier les dispositions prises par les responsables du Cos-Lépi pour une bonne distribution des cartes d’électeur. Il y a eu une séance de travail au cours de laquelle le médiateur de la République a été informé de long en large par les acteurs du Cos-Lépi sur tout le processus ayant conduit à l’actualisation du fichier électoral. Le chiffre global des potentiels électeurs enregistrés lui a été communiqué. Démonstration à l’appui, il a été établi la fiabilité des cartes d’électeur de par leurs caractères infalsifiables. Le Cos-Lépi a par ailleurs précisé que la distribution de ces cartes démarre demain vendredi 5 février. Toutes ces explications et démonstrations ont rassuré le médiateur de la République qui a demandé aux responsables du Cos-Lépi de communiquer davantage afin de permettre aux populations d’avoir les bonnes informations. Une bonne communication est une garantie pour conduire le processus électoral dans la paix, à en croire le médiateur de la République qui s’est rendu ensuite à la Haac pour le même exercice. «...Par la parole, par l’écrit ou par l’image on peut casser la maison sur votre tête et on dira que la Haac n’a pas joué sa partition. La presse est un pouvoir, elle peut tout et par conséquent, il faut l’encadrer et l’accompagner», fait observer Joseph Gnonlonfoun au président de la Haac Adam Boni Tessi, qui était assisté du vice-président Soulémane Ashanti et de Romaric Kessou, 2e rapporteur et des cadres de l’institution. Le médiateur est reparti de la Haac en ayant une idée du tableau des préparatifs de la présidentielle de février prochain par l’institution chargée de réguler les médias. Certaines actions sont déjà menées et d’autres sont en cours, a précisé le vice-président Soulémane Ashanti. Pour lui, les défis majeurs sont entre autres, la gestion apaisée de l’élection présidentielle et l’accès égalitaire des candidats aux organes du service public. La Haac s’emploie pour que l’espace médiatique ne fasse pas exploser la nation, a-t-il poursuivi. A cet effet, précise le vice-président, il est prévu la signature, par les responsables d’organes de presse, d’un pacte de bonne conduite. Les différentes décisions prises par la Haac pour encadrer les activités des médias pendant cette période électorale ont été décrites au médiateur de la République et à sa suite qui sont repartis visiblement satisfaits.

Actualités 04 févr. 2016


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