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Nouvelles

Tissage au Bénin: Un métier qui renaît de ses cendres
Véritable savoir-faire des aînés, le tissage a connu des revers mais renaît aujourd’hui avec le changement des habitudes. Le pagne tissé reprend progressivement sa valeur au sein de la société. Considéré comme l’un des plus vieux métiers pratiqués au Bénin, de façon artisanale, le tissage est matérialisé par l’entrecroisement des fils de coton. Au Bénin, les pagnes tissés étaient réservés aux chefs de villages, aux notables. Mais avec le temps, il est porté par tous ceux qui peuvent en acheter les grands jours, lors de grandes cérémonies. Artistes décorateurs, et autres professionnels de la mode s’en servent pour réaliser des décorations, des œuvres d’art et autres objets. Les tisserands transmettaient leur savoir-faire de père en fils et d’une génération à une autre. C’est le cas de dame Adidjatou Taïrou, responsable de l’atelier de tissage « Espace Tissage » situé à Djougou. Le tissage, pour elle, est un métier de famille, exercé par sa grand-mère maternelle. Cette dernière fabriquait des toiles utilisées pour les cérémonies, mais aussi des supports pour bébés, car cultivatrices pour la plupart, les femmes portaient leurs enfants au dos et les attachaient avec les toiles tissées. Elle faisait son travail à la main avec du coton à la quenouille. La passion pour ce métier lui est venue de sa grand-mère, talent qu’elle a perfectionné par une formation de tisserande chez une patronne. « Déjà au Ce2, je m’entrainais auprès de ma grand-mère. Devenue par la suite enseignante contractuelle, j’ai décidé de faire ce métier juste pour aider les filles de mon village qui, pour la plupart, allaient exerçer comme domestiques dans des ménages à Cotonou », nous apprend-elle pour justifier son choix. Elle révèle que déjà en classe de cinquième, elle a ouvert un atelier, car la situation de ces filles la préoccupait. Donc au retour de l’école, Adidjatou Taïrou s’occupait de ses apprenties. Mieux, elle a décidé d’abandonner la fonction d’enseignante contractuelle pour se consacrer entièrement au tissage, ceci pour prendre en charge ces filles qui, faute de moyens, laissaient l’école pour se rendre dans d’autres régions du pays ou au Nigeria en quête de petits jobs pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs parents. « J’ai dû rassembler les filles des périphéries de Djougou pour les sensibiliser et les persuader d’apprendre un métier pour subvenir à leurs besoins », révèle- t-elle. En 2004, elle prend la décision d’ouvrir un centre d’apprentissage, parce qu’elle a constaté que le métier de tissage est en voie de disparition. Ainsi, elle se dit fière d’avoir contribué à arrêter l’exode rural dans sa localité et surtout à pérenniser un métier qui était en voie de disparition. Pour maintenir ses apprenties dans les ateliers, elle leur donne gratuitement la formation et à la fin de celle-ci, les filles dont les parents n’ont pas les moyens de leur ouvrir un atelier sont recrutées par elle. Elle avoue que ses débuts ont été un peu difficiles, mais elle a suivi les pas de sa grand-mère et fabriquait surtout des supports pour bébé. Au départ, elle utilisait des machines en bois. La clientèle était rare et il n’y avait que quelques touristes qui achètent les uniformes et objets qu’elle fabrique. Mais la tisserande avoue qu’aujourd’hui le métier reprend vie, car les stylistes s’intéressent de plus en plus aux pagnes tissés. Son destin a changé grâce au projet d’appui à l’artisanat qui lui a permis d’avoir un accompagnement de la Coopération suisse pour financer la construction de son centre avec une capacité d’accueil de plus d’une centaine de filles. Cet appui, elle l’a eu grâce à Cyr Davodoun, un cadre du ministère de la Culture et du Tourisme qui, ayant appris qu’il y a des tisserands béninois exposant à Evreux en France, a fait le déplacement sur place pour les encourager. Surpris par leur réussite et par le fait que Adidjatou ait réussi à vendre tous ses produits à l’exposition et reçu des commandes sur place, il a décidé de lui apporter son aide. Ainsi, l’a-t-elle aidée à monter un projet qui a été soumis à la Coopération suisse. Mais, son ascension est surtout due à la première place qu’elle a occupée lors d’un concours national organisé pour les tisserands. Adidjatou a travaillé avec du coton filé à la main. Une œuvre d’art qui a été appréciée de tous. Elle reste confiante et juge que «le métier de tissage, aujourd’hui, nourrit son homme ». Mieux, il ne se passe de semaine, de mois où elle ne reçoit de commandes» assure-t-elle. Ceci du fait que sa clientèle est constituée surtout de touristes, des stylistes de Cotonou et d’ailleurs qu’elle rencontre lors des foires nationales et internationales. Son sérieux au travail, ses créations et son génie lui ont permis de participer grâce à une amie française résidant à Djougou à l’époque, à la foire à Evreux en France. Une aventure qui s’est révélée assez fructueuse vu les recettes et commandes. Pour fabriquer ses produits, elle utilise les métiers vertical et horizontal. « Aujourd’hui, je remercie le Seigneur d’être utile à ma communauté et d’avoir réussi dans un métier que j’aime tant et qui m’a tout donné », dit-elle satisfaite. Son objectif de l’heure est d’œuvrer à l’amélioration de la compétitivité des produits du tissage, faciliter l’écoulement des produits du tissage tant sur le marché national, régional et international, puis de rechercher des débouchés nouveaux pour une exportation à grande échelle des produits du tissage du Bénin. Depuis 2007, elle organise une formation de type dual de niveau 1et 2 pour les filles qui savent lire et écrire le français pour leur permettre de comprendre l’origine et le fonctionnement de ce qui se fait en pratique. Ces apprenantes suivent une formation théorique et pratique pour leur qualification dans le secteur du tissage? D’une tisserande hors pair à une autre Adamou Mounirath est venue dans le métier par la volonté de son père, alors qu’elle était élève en classe de sixième. Son géniteur, père de plusieurs enfants et n’ayant pas trop de moyens pour subvenir à leurs besoins a imposé à Mounirath, sa fille aînée, l’apprentissage pour aider ses frères et sœurs, une fois sa formation terminée. C’est ainsi qu’elle a été confiée à la patronne d’un atelier de tissage à Djougou pour apprendre le métier pendant quatre ans avant d’obtenir sa libération. Grâce à un oncle maternel, elle ouvre un an après sa libération son atelier. Elle fabrique des tenues tissées pour hommes et femmes, des sacs à main, couvertures, foulards, porte-bébé et bien d’autres. Ses produits sont directement écoulés à Cotonou par le biais d’un de ses cousins qui, par ses relations au Bénin et à l’extérieur lui trouve des clients. Son magasin de vente ouvert à Djougou propose des tenues de toutes sortes. « Mon père a vu juste en m’envoyant très tôt en apprentissage. Aujourd’hui, j’arrive à venir en aide à trois de mes sœurs encore élèves, donc l’objectif qu’il avait en tête est atteint, car je ne me plains pas pour autant », nous dit-elle pour marquer sa satisfaction. Elle est venue dans le métier à un moment où l’activité reprend vie après une période de vache maigre. Quand vous êtes créatif, vous ne manquez plus d’opportunités en termes de clientèle, de marché pour écouler vos produits. Le pagne tissé reprend progressivement sa place dans les habitudes vestimentaires. A Djougou, il y a pas mal d’ateliers de tissage, souvent remplis d’apprenties. C’est dire que le métier connait un regain d’intérêt. A Bassila, le métier n’est pas aussi répandu comme dans les autres communes du département de la Donga. Les ateliers n’y fleurissent pas non plus. Le pagne tissé a quelque peu disparu des habitudes vestimentaires. Selon Issa Madjidou, tailleur, le pagne tissé est prisé par les personnes âgées qui en connaissent la valeur. Ils le portent pour les fêtes et cérémonies traditionnelles. « Aujourd’hui, très peu de jeunes s’intéressent au pagne tissé ici chez nous à Bassila. C’est dans les villages environnants que vous rencontrez quelques rares personnes les porter pendant les fêtes », affirme-t-il? A Ouaké, une cérémonie de remise de certificats de qualification aux métiers à cent trente-sept apprentis nouvellement libérés dans diverses spécialités retient l’attention. Parmi eux, il y a vingt tisserandes. Leur patronne, Yacoubou Adama, a choisi ce métier parce que sa grand-mère, elle-même, tisserande le lui a conseillé. Et comme l’école ne marchait pas, elle a dû abandonner les classes pour s’orienter vers l’apprentissage. Mais, elle ne l’a pas fait auprès de sa grand-mère, parce que ses parents ont estimé que cette dernière réalise d’anciens motifs et travaillait avec de vieux métiers à tisser en bois. Elle a donc fait son apprentissage à Ouaké chez une patronne très exigeante. Ayant reçu son diplôme en 1998, elle a bataillé dur pour ouvrir son atelier en 2003. Ses activités ne lui permettent pas de subvenir à tous ses besoins et elle est obligée de mener d’autres activités pour joindre les deux bouts. C’est lorsqu’il y a une cérémonie ou une fête importante dans la localité que les clients viennent à elle. « Pour vendre nos productions, il faut attendre que nos frères résidant dans les pays comme le Niger ou le Ghana arrivent en vacances et se procurent les habits que nous réalisons en pagnes tissés pour les revendre à leur retour », nous renseigne-t-elle. Adama a aujourd’hui vingt-trois apprenties et parmi elles, il y a trois orphelines qu’elle a sous sa charge. A Ouaké, il n’y a que les personnes âgées qui prisent les pagnes tissés. Leur importance est grande à l’intronisation d’un roi. Mais depuis quelques années, la situation a changé quelque peu. Yacoubou Adama confie qu’aujourd’hui, une fille qui se marie dans la commune de Ouaké et qui ne porte pas de pagne tissé est vue comme une incapable et critiquée. Elle note qu’avant, personne n’aimait apprendre ce métier, c’était la couture et la coiffure qui attiraient toutes les jeunes filles, mais aujourd’hui, elles sont nombreuses à s’intéresser au tissage. Pour attirer la clientèle, les tisserandes de Ouaké font preuve d’imagination et créent des modèles. L’année dernière, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, Yacoubou Adama a confectionné des écharpes en pagne tissé qu’elle est allée proposer au maire. Intéressés, le maire et son conseil ont fait une commande. C’est dire que les tisserandes n’attendent plus que les clients viennent à elles. Quant à l’avenir du tissage, elle garde bon espoir. « Nous pensons que le métier a de l’avenir, car avant, ce n’était que les pagnes, mais aujourd’hui nous tissons des robes, des pantalons et bien d’autres choses, l’avenir est prometteur», souligne Yacoubou Adama très confiante. Malgré les difficultés rencontrées dans le métier, elle pense qu’il y a espoir, car les populations, depuis un moment y accordent un nouvel intérêt. Abaroutou Raïmatou, une des nouvelles diplômées, a choisi ce métier parce que ses parents le lui ont conseillé. Elle se réjouit d’avoir appris le tissage et son objectif est de vite ouvrir un atelier pour former d’autres apprenties. Elle conseille aux filles de son âge de ne plus choisir d’aller à Cotonou pour servir de domestiques dans les ménages. Les tisserands de Ouaké se retrouvent dans une association dénommée « Association Essossina », un creuset au sein duquel ils discutent des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leurs tâches quotidiennes et y trouver des solutions. Cela leur permet de se faire entendre aussi par les autorités dont l’appui aussi bien matériel que financier est sollicité. Pas d’usine de filature Des difficultés des acteurs de ce secteur, l’absence d’usine de filature au Bénin n’est pas pour faciliter leur exercice. Le pays ne fait qu’exporter son coton. Alors que les fils reviennent très chers. Selon eux, « Ce sont les fils venus du Ghana qui sont les meilleurs », mais les tracasseries douanières répugnent les tisserandes qui s’en remettent à l’arbitrage du gouvernement. P. G Société 04 juin 2020


Une du 04 Juin 2020
Actualités 04 juin 2020


En souvenir des victimes de la guerre du Biafra et par reconnaissance: Des ressortissants du Biafra au Bénin font don de vivres à la prison civile
Samedi 30 mai dernier, la coordination de l’organisation dite Peuple indigène du Biafra (Ipob) résidant au Bénin a apporté des vivres aux personnes détenues à la prison civile de Cotonou. C’est un geste de générosité en souvenir des victimes de la guerre du Biafra et en signe de reconnaissance au Bénin pour sa grande hospitalité. Sous l’impulsion du leader mondial de l’Ipob, Mazi Nnamdi Kanu, cet hommage a été rendu dans tous les pays où séjournent les Biafrais. Dispersés par la guerre du Biafra (1967-1970), les ressortissants du Biafra sont présents dans plusieurs pays mais restent unis. L’organisation Peuple indigène du Biafra (Ipob), sous l’égide de son leader mondial Mazi Nnamdi Kanu, rend ainsi hommage aux victimes de la ‘’guerre du Biafra’’ et exprime sa reconnaissance aux pays qui ont accueilli des ressortissants du Biafra partout dans le monde. Ici au Bénin, cet hommage a été rendu samedi dernier, à travers une visite de cette communauté au Bénin à la prison civile de Cotonou. « Nous, peuple indigène du Biafra en République du Bénin, rendons cet hommage en souvenir de ceux-là qui ont payé le prix ultime au Biafra pour défendre leur survie. Nous sommes reconnaissants à Dieu Tout-Puissant, pour sa bonté et sa miséricorde à notre égard, dans ce grand pays le Bénin. Nous sommes aussi reconnaissants au gouvernement et au peuple béninois pour la main accueillante, l’acceptation et l’amour fraternel envers nous, dans les maisons, magasins, marchés, églises, communautés, villes et villages…», a déclaré Obinna Onyebuchi, coordonnateur national de l’Ipob-Bénin. Il ajoute: « En visitant la prison civile de Cotonou, nous réalisons encore l’immense liberté dont jouissent les ressortissants du Biafra dans ce paisible pays. En même temps, nous prions pour le repentir et la conversion positive des détenus, afin qu’une fois sortis de prison, ils soient de meilleures personnes pour faire de nos communautés et de notre pays le Bénin, un havre de paix, d’entraide et de prospérité ». A l’occasion, le président de la communauté au Bénin a rappelé un geste économique qui a favorisé leur prospérité au Bénin, notamment le marché Missèbo, un espace favorable au commerce. Il précise par ailleurs, que Mazi Nnamdi Kanu, leader des peuples autochtones du Biafra (Ipob) dans le monde, est l’initiateur de la journée du Souvenir mondial des héros et héroïnes du Biafra; un événement célébré le 30 mai et rapporté chaque année sur le site de l’association www.ipob.org. Société 03 juin 2020


Pour absence du maire sortant d'Aplahoué: La passation de charges reportée à lundi prochain
Annoncée pour ce jour, mercredi 3 juin, la passation de charges entre les maires sortant et entrant, à la mairie d'Aplahoué, n'a pu se tenir. L’événement tant attendu par tout le Couffo et pour laquelle la mise en place a pris fin aux environs de 10h a été suspendu et reporté, à lundi prochain, par le préfet du département. « Les conditions ne sont pas remplies », a justifié le préfet Christophe Mègbedji qui a invité à la patience, la population venue nombreuse, saluer Maxime Allossogbe, le maire entrant, et son équipe de l'Union progressiste. Sur l'esplanade intérieure de la mairie ce matin, cadre choisi pour la cérémonie, le maire entrant, ses adjoints ainsi que des conseillers élus sur la liste de l'Up ont effectivement répondu à l’appel. Plusieurs autres personnalités dont le député Richard Allossohoun étaient également venues pour rehausser l’éclat de la cérémonie. Par contre il n’y avait pas l'ombre du maire sortant, Oussena Adamou et la plupart des conseillers de la liste du parti Bloc républicain.     Actualités 03 juin 2020


Défis du monde du travail en temps de coronavirus: « De bonnes mesures d’urgence peuvent faire la différence entre survie et effondrement », selon Guy Ryder
Le monde du travail est profondément touché par la pandémie du coronavirus. Outre le péril que cela représente pour la santé publique, les bouleversements économiques et sociaux menacent les moyens de subsistance et le bien-être à long terme de millions d’individus. L’Organisation Internationale du Travail (Oit) et ses mandants – gouvernements, employeurs et travailleurs – joueront un rôle primordial dans la lutte contre la pandémie en garantissant la sécurité des personnes ainsi que la viabilité des entreprises et des emplois. A ce propos, le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (Oit) répond aux questions de Catherine Fiankan-Bokonga pour La Nation. La Nation : L’Oit a publié une étude relative aux effets du Covid-19 sur les travailleurs et les entreprises. Quelles en sont les grandes lignes ? Guy Ryder : Nous continuons à perdre des emplois de manière extraordinaire. Il y a un mois on estimait, pour le deuxième trimestre de 2020, une perte d’heures de travail équivalente à 195 millions d’emplois à plein temps. Aujourd’hui, nous tablons plutôt sur une perte d’heures de travail équivalente à 305 millions d’emplois à temps plein. Cette situation est principalement due à la prolongation des mesures de confinement. Il faut se rendre compte que derrière tous ces chiffres se cache une catastrophe humaine car la pandémie du Covid-19 ne correspond pas simplement à des statistiques mais c’est un bouleversement de la vie des gens. Moins d’heures de travail signifient pour beaucoup, une perte de revenu, et pour plusieurs millions de personnes cela se traduit par moins de nourriture et plus de pauvreté. Nous nous trouvons donc face à la pire crise depuis la Seconde guerre mondiale. On se souvient que lors de la crise financière de 2008- 2009, on avait assisté à une augmentation du chômage d’environ 22 millions de personnes mais la situation liée au Covid-19 est pire. Une récession économique qui semblait probable, il y a quelques semaines, est maintenant devenue réalité. Nous devons nous assurer qu’elle soit courte et ne se transforme pas en une longue et douloureuse dépression. Les travailleurs du secteur informel ne sont-ils pas victimes à plusieurs titres ? Effectivement les travailleurs de l’économie informelle sont les plus affectés par cette situation catastrophique. Les études au Bit montrent qu’environ 76 % des travailleurs de ce secteur sont affectés par les mesures de confinement car ils travaillent dans les secteurs les plus touchés. Ce qui est dramatique pour ces personnes, c’est que le travail à distance est impossible, souvent elles ne disposent d’aucune protection sociale et elles ont un accès très limité aux services de santé. La perte de leur revenu moyen est estimée à 60 %. Nous sommes face aux effets les plus dramatiques de cette crise. Il faut absolument que nous portions une attention et une assistance très spéciale envers ces travailleurs qui sont peut-être les plus vulnérables dans le monde du travail. Aujourd’hui nous estimons que la pauvreté dans le secteur du travail informel a augmenté de près de 34 %. Nous sommes déjà dans une situation extrême. Craignez-vous que ce contexte de récession va entraîner des soulèvements sociaux dans le monde ? Une chose est claire, la situation est et reste extrêmement grave. L’histoire démontre que lorsque les gens souffrent, lorsqu’il y a un manque de justice sociale, qu’on ne porte pas attention aux plus vulnérables d’entre nous, cela provoque des réactions. C’est le moment de faire preuve de solidarité internationale. Il ne faut pas tourner le dos à ceux qui sont les plus affectés. Nous ne devons absolument pas être indifférents vis-à-vis des souffrances des autres car dans ce cas, il y aura risque d’instabilité et de réaction sociale. Tout dépendra de notre attitude. Sommes-nous prêts ou pas à apporter des réponses solidaires ? J’ose espérer que nous le sommes. En cette période d’assouplissement des mesures de confinement, quels conseils donnez-vous aux gouvernements et aux entreprises pour protéger les travailleurs ? Dans certaines régions (Asie et Europe), nous assistons à un début de retour au travail. Ce qui ne signifie pas un retour à la normalité car nous savons que pour une période indéterminée, nous sommes condamnés à vivre et à travailler avec ce virus. Une chose est extrêmement claire, il est impératif de protéger les travailleurs dès maintenant. Les entreprises, les autorités publiques doivent s’assurer de la priorité absolue à la santé et au bien-être des travailleurs. Nous sommes tous impatients de reprendre nos activités. Il est vrai qu’il existe des impératifs économiques mais la vie et la santé des travailleurs doivent constituer la priorité absolue. Dans cette situation, l’outil incontournable est le dialogue social. Les bonnes solutions se trouvent lors d’échanges entre gouvernement, employeurs et travailleurs qui ont l’expérience directe de ce qui doit être fait. L’heure est à la coopération entre ces différents acteurs. Et si nous sommes intelligents, alertes, nous pouvons permettre le retour progressif au travail en attendant, dans cette période de transition, un vaccin qui nous protègera tous contre ce terrible virus. En cette période de pandémie, il est souvent dit que nous sommes capables du pire comme du meilleur. J’espère que nous serons tous, individuellement et politiquement, disposés à donner le meilleur de nous en faisant montre de solidarité et de générosité afin de combattre les crises économique et humaine qui découlent de la situation sanitaire. Retour au travail centré sur l’humain L’Organisation internationale du Travail (Oit) indique que les politiques de retour au travail doivent être fondées sur une approche centrée sur l’humain. Les droits des personnes doivent se trouver au cœur des stratégies économiques, sociales et environnementales. Le dialogue social, réunissant gouvernements, organisations d’employeurs et de travailleurs, sera déterminant pour établir des politiques efficaces ainsi que la confiance nécessaire pour un retour aux activités effectué en toute sécurité. Il convient de tenir compte des besoins des travailleurs les plus exposés aux maladies graves, notamment le personnel âgé, les femmes enceintes, ceux souffrant d’affections préexistantes, les réfugiés, les migrants et les personnes travaillant dans le secteur informel. Selon l’Oit les travailleurs doivent se sentir en sécurité sur leur lieu de travail et protégés aussi bien contre les risques directement liés au Covid-19 que contre les risques indirects liés particulièrement au travail à domicile. L’Oit a publié le 27 mai ses dernières prévisions de l’incidence de la pandémie de Covid-19 sur les travailleurs et les entreprises du monde entier. Par Catherine Fiankan-Bokonga : Correspondante permanente accréditée auprès des Nations Unies à Genève (Suisse) Santé 03 juin 2020


Blocage dans l’élection des maires: Les conseils communaux attendent un fil d’Ariane ?
Plus rien ne bouge dans l’élection des maires. Après les 17 rendez-vous manqués de la semaine dernière, plusieurs reports et suspensions ont déjà été notés cette semaine. Tout indique que les conseils communaux ont du mal à se décider à pourvoir aux fonctions de maire et d’adjoints au maire. Dans toutes les communes, le scénario est pratiquement le même. Après l’installation du conseil, l’élection du maire se heurte à l’indécision et la mésentente des élus puis est simplement reportée. Soit il n’y a pas de candidats aux fonctions de maire et adjoints au maire, soit il y a plus de candidats qu’il n’en faut, ou le candidat de la liste majoritaire est désavoué par ses propres pairs en plénière. Et dans ces conditions, le préfet suspend la séance pour défaut d’entente. C’est ce à quoi l’on a eu droit dans les communes programmées du lundi 1er au mardi 2 juin pour l’installation du conseil et l’élection de bureau exécutif. C’est dire qu’il n’y a pas eu d’élection aboutie de maire et adjoints au maire cette semaine. A Cotonou, Calavi, Lokossa, Sèmè-Podji, Bohicon…, l’installation des conseils a débouché sur le report des élections du bureau exécutif. Cela pose un problème de discipline et d’harmonie au sein des partis politiques qui, malgré leur majorité absolue, n’arrivent pas à s’entendre démocratiquement sur le choix de leurs représentants. Les partis politiques dans leur règlement intérieur devraient avoir prévu les modes d’élection à l’interne et devraient s’en tenir à cela. La démocratie commence à la base. Etant donné que les partis majoritaires se sont montrés incapables de dégager en leur sein les candidats aux fonctions de maire et d’adjoints au maire, il a bien fallu revoir les textes. Les candidats proposés par les partis majoritaires n’ont pas l’adhésion de tous leurs pairs et ces derniers ne sont pas disposés à suivre la dynamique du groupe, tant qu'ils ne se reconnaitront pas dans les candidats proposés. L’en témoigne la déclaration de certains élus de Bohicon qui se sont désolidarisés de leurs pairs et ont déjà soumis au leader du parti, Abdoulaye Bio Tchané, leurs propositions pour la constitution du bureau exécutif de Bohicon. Les dispositions du Code électoral, en la matière, n’arrangent visiblement pas les conseillers. La prérogative de la proposition du maire par le parti ayant la majorité absolue réduit la marge de manœuvre et ne répond pas au désir de tous. Certains élus se trouvant dans le parti minoritaire voient leur ambition court-circuitée par cette disposition alors même qu’ils auraient pu obtenir un vote majoritaire s’ils étaient proposés. Dans ces conditions, ne fallait-il pas revenir au mode classique de vote ? Autrement dit, faire fi de la prérogative accordée au parti majoritaire pour laisser place à un scrutin uninominal ouvert, à la majorité absolue avec autant de tours qu’il sera nécessaire. Auquel cas, il faudra modifier le Code électoral. Au regard de la fréquence de modification du Code électoral depuis l’ère démocratique, l’on se rend à l’évidence que le hic, ce sont moins les textes que les acteurs politiques trop attachés à leurs intérêts particuliers. Société 03 juin 2020


Confédération africaine de Handball: Le calendrier des compétitions actualisé
Les membres du Comité exécutif de la Confédération africaine de handball (Cahb) se sont réunis en visio conférence, vendredi 29 mai dernier. Au cours de cette rencontre présidée par le président Mansourou Arèmou, il a été question de la reprogrammation des compétitions statutaires et des activités de la confédération. Le Comité exécutif de la Confédération africaine de Handball (Cahb) dirigé par le Béninois Mansourou Arèmou a procédé, vendredi 29 mai dernier, à la reprogrammation des compétitions et des activités de cette confédération. C’est lors d’une réunion tenue par visio-conférence. Au cours de la rencontre, les membres du comité exécutif se sont penchés non seulement sur les calendriers des tournois comme la Coupe d’Afrique des Clubs Champions, la Can des Cadets et des Juniors, la Can Seniors Dames mais aussi sur la tenue du 22e Congrès ordinaire de l’instance. Pour eux, toute reprise des activités sur le continent devra tenir compte du contexte actuel lié au coronavirus. C’est pourquoi, le président de la Commission médicale (Cm) a été appelé à discuter des dispositions sanitaires pratiques avec les membres du comité exécutif de la Cahb. Au terme de cette rencontre, l’instance confédérale a rendu public le nouveau calendrier des compétitions. Ainsi, prévu au Cameroun du 2 au 12 décembre 2020, le Championnat d’Afrique des nations féminin de handball est reporté du 11 au 21 mars 2021. En ce qui concerne, le Championnat d’Afrique des clubs vainqueurs de Coupe il est annoncé du 14 au 23 avril 2021 à Alger tandis que le Championnat d’Afrique des clubs champions se déroulera au Caire du 13 au 22 novembre prochain. Signalons que deux compétitions sont prévues à Casablanca en décembre prochain. Il s’agit du Championnat d’Afrique des nations juniors masculins et du Championnat d’Afrique des nations cadets masculins respectivement du 12 au 19 décembre et du 20 au 26 décembre 2020. Sports 03 juin 2020


45 ans de la Cedeao: L’intégration économique marque le pas
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a 45 ans. L’organisation célèbre la solidarité au service des peuples tandis que l’intégration économique tant prônée reste encore un voeu pieux du fait des intérêts nationalistes. Créée le 28 mai 1975, la Cedeao fête son quarante-cinquième anniversaire sous le thème « 45 ans de solidarité au service des peuples d’Afrique de l’Ouest ». Deux sous-thèmes sont également retenus pour nourrir les réflexions : « Promouvoir ensemble le développement socioéconomique et humain, par l’intégration régionale » et « Lutter ensemble contre la Covid-19 en Afrique de l’Ouest », précise Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cedeao. Ces thèmes visent à mettre en lumière les progrès accomplis en près d’un demi-siècle mais aussi les défis à relever pour une intégration effective des Etats membres. La Cedeao « peut aujourd’hui s’enorgueillir d’avoir réalisé un espace de libre circulation qui s’étend à plus de quinze pays, un marché économique intégré et des mécanismes de formulation de politiques harmonisées dans tous les domaines », selon Jean-Claude Kassi Brou. Il en veut pour preuves les appuis de l’Organisation pour la démocratisation et l’observation d’élections dans les Etats membres. Des prouesses sont également notées sur le front économique, fait-il observer. Mais au-delà des mots, le chemin est encore long pour l’atteinte des objectifs, tant les défis sont énormes. Défis de circulation et de sécurité Les efforts déployés par les Etats et l’Organisation se voient compromis par le choc sécuritaire qui frappe la région dans la zone centrale du Sahel et le nord-est du Nigeria en proie aux fréquentes attaques terroristes. La sous-région reste également une zone de trafic et d’exploitation de personnes, lesquelles sont utilisées comme domestiques ou travaillent dans des carrières ou encore font l’objet d’exploitation sexuelle. Cela a amené la Commission à initier, entre autres, une carte d’identité biométrique de la Cedeao, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). Lancée depuis le 10 juillet 2014 à Accra au Ghana, à la faveur de la 46e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, elle n’est toujours pas effective. Elle devrait faciliter la libre circulation des personnes dans l’espace et mieux contribuer à la lutte contre la criminalité transfrontalière organisée et le terrorisme. Un Plan d’action régional a été aussi adopté en décembre 2019 par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté mais sa mise en œuvre reste encore un challenge. Ainsi, la libre circulation des biens, des services, des capitaux ainsi que le droit d’établissement pour les professions libérales : avocats, médecins, pharmaciens, architectes, experts-comptables et comptables agréés dans les Etats membres butent encore sur des écueils à surmonter. Quid de la coopération économique ? A l’origine, le Traité de Lagos qui consacre la naissance de la Cedeao cantonnait les prérogatives de l’organisation à l’économie, avant d’élargir le champ d’application à la politique, notamment avec la révision intervenue en 1993. En matière d’intégration économique, c’est le hic ! La fermeture unilatérale de ses frontières depuis le 15 août 2019 par le Nigeria, tête de pont de la Cedeao, en est la preuve. A l’instar du continent où le commerce intra-africain des produits ne représente que 16%, les pays font les affaires beaucoup plus avec l’Europe, l’Asie et l’Amérique qu’entre eux, les industries étant par ailleurs peu développées dans la zone. De plus, huit différentes devises - pas toujours convertibles entre elles – sont présentes dans la zone. La mise en circulation d’une monnaie unique au sein de la Communauté demeure un rêve depuis quatre décennies, voire une chimère au gré des intrigues politiques et des intérêts nationalistes. C’est ainsi que la devise commune dénommée « Eco » qui devrait voir le jour cette année a du mal à se mettre en place. La mise en œuvre du Programme de coopération monétaire de la Cedeao (Pcmc) connaît un retard par rapport à la convergence ou la complémentarité des économies dans cette zone. Les regards sont tournés vers la Zone de libre-échange continental en Afrique (Zleca) entrée en vigueur le 30 mai puis lancée, dimanche 7 juillet 2019. Pour ce faire, l’harmonisation des législations commerciales, la définition des mécanismes d’arbitrage, la levée des obstacles pour la transaction des marchandises, sont autant de défis à relever. « Tout sera mis en œuvre afin d’assurer l’opérationnalisation de la Zleca, initialement prévue pour le 1er juillet 2020 », assure le président de la commission. « Elle devrait nous offrir la possibilité d’établir et de consolider de nouvelles chaînes de valeur régionales et continentales, dans un contexte de difficultés au plan mondial », explique-t-il. Economie 03 juin 2020


Suspension du processus électif à Lokossa: Pas de candidature au poste de maire
L'averse qui arrose depuis ce matin Lokossa et ses environs n'a pas empêché les conseillers élus, le 17 mai dernier pour le compte de la commune, de répondre à la convocation du préfet du département en vue de leur installation officielle. C’est la loi qui impose aux préfets d’installer les nouveaux conseils dans un délai de quinze jours après la proclamation des résultats de leur élection, a rappelé l’autorité préfectorale. Mais si la cérémonie d’installation s’est déroulée sans anicroche, la phase suivante à savoir la séance d’élection du maire ainsi que de ses adjoints et chefs d’arrondissement a pris fin en queue de poisson. La raison est liée à l’absence de déclaration de candidature de l’Union progressiste, le parti ayant la majorité au conseil. Au dire du préfet Komlan Zinsou, « la séance est suspendue et non reportée ». Les conseillers sont invités à rester en alerte pour une nouvelle convocation.   Désiré C.  VIGAN A/R Mono-Couffo   Actualités 02 juin 2020


Précarité et maladies récurrentes dans le milieu culturel: Ce qui est prévu pour l’amélioration de la situation sociale des artistes
Le débat sur l’assistance sociale à apporter aux artistes béninois a refait surface il y a quelques jours, avec le décès, des suites de maladie, du musicien Assa Cica. La solution à ce sempiternel problème pourrait venir du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Gilbert Déou Malè, directeur général du Fonds des arts et de la culture, et Eugène Aballo, directeur du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins, font partie des dernières personnes ayant été en contact avec l’artiste béninois de la musique traditionnelle Assa Cica sur son lit d’hospitalisation. À la sortie de cette visite, les deux directeurs sous tutelle du ministère en charge des Arts et de la Culture ont eu la dent un peu dure contre les proches de l’artiste défunt. Lesquels n’ont vraiment pas respecté leurs engagements et n’ont pas investi dans la santé de l’artiste au prorata des montants débloqués à cette fin. Il est à souhaiter que « les parents fassent un peu preuve d’honnêteté pour que les fonds puissent servir à ce pourquoi ils ont été débloqués», avait clairement fait savoir Gilbert Déou Malè, directeur général du Fonds des arts et de la culture. Eugène Aballo, directeur du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins, va dévoiler quelques-unes des actions de sa structure au profit du même artiste, depuis août 2019 où son mal a empiré. Maintes fois, il a été demandé à ses proches de l’envoyer aux soins, et des enveloppes financières ont été remises à cette fin. Mais l’artiste, semble-t-il, n’a pas souvent eu droit à des soins conséquents et a été souvent filmé dans des états pas trop gais puis balancé sur les réseaux sociaux. Autant de choses que ces deux responsables ont dénoncées au terme de leurs échanges avec l’équipe médicale sans savoir que Assa Cica vivait ses derniers instants. Evoquer cette situation, ce n’est pas faire une fixation sur l’homme que pleure le monde culturel béninois depuis peu. Son cas est même loin d’être isolé. Ces dernières années, on a assisté à la même tendance pour de nombreux artistes du troisième âge qui, la plupart, sont passés de vie à trépas. On comprend ainsi pourquoi depuis plusieurs mois, des réformes sont envisagées pour l’appui social du Bubedra aux artistes. Des réformes du Fonds social et culturel du Bubedra Même si Assa Cica, de regrettée mémoire a bénéficié plusieurs fois de l’action sociale du Bubedra, cela n’impacte en rien ses dividendes en tant que sociétaire. « L’action sociale du Bubedra ne s’inscrit pas dans le cadre des redevances que l’artiste touche. Cette action sociale est une cagnotte à part qui sert en cas d’urgence, en cas de problème de santé, à voler au secours des artistes », explique Eugène Aballo. Mais ce mode de fonctionnement a montré ses limites et ne sert pas toujours la cause des artistes. « La réflexion nous conduit à arrimer ce fonds social et à le mettre en cohérence avec le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) » contenu dans le programme d’action du gouvernement, soutient-il. Ce qui est prévu à ce niveau, selon nos informations, c’est la mise en place d’une police d’assurance maladie intégrée à l’Assurance pour le renforcement du capital humain au profit de tous les sociétaires au lieu de leur donner une somme qui couvre à peine les frais liés à leurs soins médicaux. On laisse aussi une possibilité au sociétaire de cotiser chaque mois pendant une période définie et recevoir à terme, une retraite mensuelle ou trimestrielle. Autre possibilité, c’est de cotiser chaque mois pendant une période définie et recevoir à terme, une retraite globale. Ces réformes envisagées pour en finir avec la précarité dans le milieu culturel ont eu pour point de départ, il y a quelques mois, une nouvelle carte numérique sécurisée et multifonction pour les artistes. En effet, au mois de mai de l’année dernière, des sociétaires du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins sont entrés en possession de nouvelles cartes. Plus qu’un simple sésame, la nouvelle carte induit une série de transformations avec pour finalité, le bien-être des acteurs culturels et plus particulièrement des artistes. Avant d’en arriver là, il a fallu passer au scanner la base de données du Bubedra pour extirper les artistes fictifs, les doublons et autres sociétaires de nom qui n’existent que pour percevoir des dividendes. Au total, le Bubedra a retenu un ensemble d’actions qui traduit la volonté du gouvernement d’améliorer le mieux-être des artistes, apprend-on. Une volonté dont la matérialisation est la série de réformes que connaît cette structure avec une nette amélioration de son rendement et de ses prestations n Que disent les chiffres ? La capacité de mobilisation des ressources s’est nettement accrue et les chiffres actuels témoignent d’un travail d’orfèvre. « Mon équipe et moi ne dormions pratiquement pas… Nous ne sommes pas venus dire ce que nous avons l’intention de faire, nous sommes venus dire ce que nous avons», expliquait Eugène Aballo au lancement de la nouvelle carte. Pour ce qui est des chiffres de la structure, ils sont en nette croissance. D’une mobilisation de fonds évaluée à 113.153.542 F Cfa en 2014, elle est passée en 2016 à 141.495.182 F Cfa avant de remonter en 2017 à 147.857.256 F Cfa. Depuis 2018, le Bubedra tutoie les 197.329.275 F Cfa, soit une collecte en augmentation de 35 % en 2018 par rapport à 2017. Par ailleurs, il est passé de deux à trois répartitions par an avec des dividendes nettement en hausse. « De 35.000F Cfa de droits, je suis passé à plus de 700.000F Cfa », témoigne un jeune artiste. D’avril 2018 à mai 2019, 345 contrats ont été également signés et 32 cas d’assistance sociale avec des montants plus relevés ont été mis à la disposition de certains artistes, informent certaines sources. Actualités 02 juin 2020


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