La Nation Bénin...
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Comme dans les autres départements, le cortège de la dépouille mortelle du général Mathieu Kérékou a eu les honneurs des populations des grandes villes des départements du Zou et des Collines dans la matinée du vendredi dernier. La mobilisation était bien forte de Bohicon, à Dassa en signe de reconnaissance des mérites de l’illustre disparu.
Il était environ 7h30 mn ce vendredi matin quand, tout au long de la route Ouinhi, Zangnanado - Covè, les populations se sont amassées pour ne pas perdre de vue le passage du cortège funèbre de général Mathieu Kérékou en provenance de Cotonou via Porto-Novo. De Ouinhi à Covè, les populations ont rendu au général Mathieu Kérékou les derniers honneurs dus à son rang.
A 8h55mn les premiers motards conduisant le cortège firent leur apparition à Bohicon. Ville carrefour où le cortège a dû marquer une pause de quelques secondes pour s’effrayer le passage. Mais ceci n’empêchera tout de même pas les hommes, femmes et élèves qui ont massivement fait le déplacement de manifester leur affection et attachement pour l’ancien président de la République.
Les dignitaires dans leurs tenues d’apparat ont entrepris de faire le rituel consacré en de pareilles occasions. De l’eau versée à terre pour des libations. Et louange pour le général Kérékou.
A Bohicon autorités politico-administratives, maires, conseillers communaux, directeurs départementaux, élèves, conducteurs de taxis-motos ont eu aussi le temps de voir passer devant eux le cortège. Il faut signaler que dans un premier temps, mobilisés au niveau de l’Hôtel de ville, ces hommes, femmes et élèves ont été orientés sur l’axe Sodohomè par où le cortège devait faire son entrée à Bohicon. Ce qui aura permis d’éviter la déception à beaucoup. Etre présent et voir le cortège funèbre passer a été un privilège pour nombre d’entre eux qui ne se sont d’ailleurs pas gardés de s’extasier.
En un mot, à Bohicon, c’est aussi la clameur de la population bien mobilisée qui a accueilli au passage le cortège funèbre. Même si les plus curieux avaient du mal à repérer le cercueil du général dans l’un des véhicules du cortège, ceci ne devait pas les empêcher de s’incliner pour la mémoire du disparu en signe d’hommage à l'illustre disparu.
Puis, le cap est mis sur la ville de Dassa-Zoumé en passant par Setto et Pahouignan. La mobilisation était monstre. Les populations avec à leur tête le maire de la ville, Nicaise Fagnon ont tenu à donner leur marque de distinction au général Kérékou. Au cours d’une brève pause du cortège, sa Majesté Affoman Egbakotan II, roi de Dassa a dit ses bénédictions et sa prière pour le repos de l’âme du général avant de laisser le cortège funèbre continuer sa route en mettant le cap sur la ville de Savè pour la même ferveur.

Très peu de personnes ont reconnu le cortège funèbre de feu général Mathieu Kérékou lors de son passage dans la ville de Porto-Novo pour Natitingou où il a été inhumé samedi dernier dans l’intimité familiale. La délégation qui accompagnait la dépouille de l’illustre disparu est passée incognito et sans ralentir comme annoncé.
Il sonnait environ 6h15 quand le cortège funèbre de l’ancien président de la République qui s’est ébranlé du stade de l’Amitié de Kouhounou à Cotonou baptisé désormais de son nom, a traversé comme un éclair la ville capitale du Bénin. Il est passé très vite alors qu’il était prévu un ralentissement à l’entrée de Porto-Novo plus précisément au niveau du pont de la ville. La grande foule qui attendait avec impatience la dépouille mortelle de l’homme qui a dirigé ce pays pendant plus de 27 ans, n’a plus rien compris. Elle était éberluée car il est prévu qu’à l’entrée de la ville, la délégation funèbre allait ralentir pour permettre aux populations du département de l’Ouémé-Plateau de rendre un dernier hommage au promoteur de la Conférence nationale au Bénin et en Afrique dans les années 90. Mais à l’arrivée, les populations n’ont vu que du vent. Pas de ralentissement du cortège et par conséquent, pas d’hommage. Parmi cette foule mobilisée, vendredi dernier au pied du pont de Porto-Novo, il y avait le préfet de l’Ouémé-Plateau, Moukaram Badarou, des membres de la Conférence administrative départementale, plusieurs maires des communes des deux départements, des autorités morales et religieuses de la ville, des têtes couronnées, des élèves sans oublier des organisations de jeunes et de femmes. Certains avaient porté le pagne des obsèques de feu général Mathieu Kérékou.Ils ont tous bravé l’harmattan de cette matinée du vendredi 11 décembre dernier, déterminés à dire leurs adieux à l’illustre disparu regretté. Mais ils n’ont plus rien vu sinon un cortège de véhicules qui a traversé la ville en trombe. Il n’y avait aucun signe qui annonçait que c’était le cortège funèbre de l’ancien chef de l’Etat. Seuls quelques personnes plus renseignées le savaient. Pour beaucoup, le cortège qui venait de les dépasser était tout sauf celui de feu général Mathieu Kérékou.
Le cortège déjà passé
Le cortège funèbre serait toujours derrière, selon eux. Mais jusqu'à 7h voire 8h30, les plus sceptiques avaient leurs yeux fixés vers l’axe Porto-Novo-Cotonou espérant toujours la dépouille de l’homme du 26 octobre 1972. Mais ils ne verront plus rien avant de se rendre à l’évidence que le cortège était effectivement passé. Plusieurs personnes se sont finalement demandé ce pourquoi ils ont été mobilisés tôt cette matinée du vendredi 11 décembre à l’entrée de la ville. Les commentaires allaient dans tous les sens surtout en défaveur du Comité d’organisation qui aurait fait preuve de mépris à l'endroit de la ville capitale du Bénin. Approché, le préfet Moukaram Badarou qui a mobilisé les populations pour présenter les adieux du département au feu général, était aussi désemparé. Il ne comprenait plus rien de la situation. « Le dossier a été mal piloté. A défaut d’un arrêt, on a promis à Porto-Novo un ralentissement. Et ce ralentissement, la ville ne l’a même pas obtenu », apprécie le préfet des départements de l’Ouémé-Plateau. Il impute la faute aux organisateurs. Car, selon le préfet, le général Mathieu Kérékou a été un grand homme d’Etat. C’est donc dans cette ambiance confuse que le cortège funèbre de l’ancien président de la République a traversé Porto-Novo vers l’intérieur du Bénin avant d’échouer à Natitingou où Mathieu Kérékou repose depuis samedi dernier dans sa dernière demeure.
Actualités 14 déc. 2015

Haut les mains !
La scène peut paraître invraisemblable. Mais elle est réelle et a étonné plus d’un. Alors que les autorités et autres officiels avançaient vers la tribune officielle, le groupe des anciens chefs d’état-major et certains généraux, a été surpris par un «haut les mains».
Un jeune homme en costume noir et portant des verres fumés, exige que le groupe de François Kouyami, Mathieu Boni et autres généraux, se laissent fouiller. Les principaux concernés ont pris sportivement cette «injonction» et se sont exécutés, sourire aux lèvres. Pour beaucoup de curieux et autres témoins de la scène, c’est un crime de lèse-majesté.
Le soldat évanoui
En pleine cérémonie, un des soldats de la garde d’honneur a perdu connaissance et s’est retrouvé à terre. Le chef d’état-major général des Forces armées béninoises faisait son témoignage lorsque ce soldat posté juste à côté de la dépouille, s’est effondré. C’est d’abord le bruit de sa chute qui a alerté l’assistance. Mais puisque le chef d’état-major général faisait son discours, personne n’a eu le réflexe de courir au secours du malheureux. Il a passé quelques minutes face contre terre, immobilisé, avant qu’on ne lui porte secours¦. SL
Actualités 11 déc. 2015

La présidentielle du 28 février prochain déchaîne déjà des passions. Les manœuvres sont orchestrées par différents camps politiques pour se mettre en pôle position. Dans cette perspective, on n’hésite pas à violer le code électoral. Tant du côté de candidats n’appartenant pas à la mouvance au pouvoir, que du côté de ce pouvoir lui-même. Les partisans du pouvoir, de manière ostentatoire, après l’annonce de leur candidat (FCBE), ont entrepris d’apposer des affiches et d’organiser des meetings pour, disent-ils, informer l’opinion. Autant de démarches qui violent le code électoral. Ce que dénonce l’opinion, notamment la Plateforme électorale des Organisations de la Société civile du Bénin.
La Plate-forme des Organisations de la Société civile, sous la conduite de Fatoumatou Batoko Zossou, constate dans une déclaration rendue publique mardi dernier, qu’«Alors que, en violation de l’article 62 de code électoral, les distributions et ports de tee-shirt et autres gadgets à l’effigie des potentiels candidats continuent d’être dénoncés par les organisations de la Société civile, ce sont des affiches géantes qui sont désormais posées dans les villes et campagnes de plusieurs de nos départements laissant croire que la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2016 a déjà démarré.» Aussi, la Plate-forme fait-elle observer qu’«Il s’agit d’une violation du code électoral en ses articles 53 et 54 du code électoral.
Campagne électorale précoce
Ceux-ci disposent en effet respectivement que : «La campagne électorale est déclarée ouverte par décision de la CENA. Sous réserve des dérogations prévues par la loi, elle dure 15 jours…», et que «Nul ne peut, par quelque moyen ou sous quelque forme que ce soit, faire campagne électorale en dehors de la période prévue à l'article précédent».
En clair, la Plate-forme dénonce la précocité de la campagne électorale. «Plus inquiétant, poursuit-elle, bon nombre de ces affiches qui apparaissent clairement comme une campagne électorale précoce sont déguisées sous la forme d’une communication gouvernementale, toutes choses contraires à l’article 63 du code électoral qui dispose que : ‘’L'utilisation des attributs, biens ou moyens de l’Etat, d’une personne morale publique, des institutions ou organismes publics aux mêmes fins [des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote] est et reste interdite six (06) mois avant tout scrutin et jusqu'à son terme notamment ceux des sociétés, offices, projets d'Etat et d’institutions internationales, sous peine des sanctions prévues à l’article 144 alinéa 1erdu présent code.»
Pis, la Plateforme électorale des OSC du Bénin relève que «ces violations flagrantes des dispositions légales régissant le processus électoral viennent de concitoyens aspirant à gouverner au plus haut niveau du pays, alors qu’ils ne sont même pas déjà capables, à l’étape actuelle, de respecter les lois et de préserver l’autorité que doit incarner l’Etat en remettant ainsi en cause l’Etat de droit pour lequel nous nous battons au quotidien à divers niveaux. » C’est pourquoi, « Face à cette nouvelle menace sur l’Etat de droit au Bénin et pour prévenir toute récidive ou réplique quelconque, la Plateforme Electorale des Organisations de la Société Civile du Bénin dénonce et condamne, avec la dernière rigueur, l’érection de ces affiches qui bafouent et ridiculisent les dispositions de notre code électoral en faisant fi du respect de la période légale dédiée à la campagne électorale.» En conséquence, «elle invite les autorités gouvernementales et celles chargées de l’application des textes à prendre les dispositions nécessaires pour faire débarrasser, le plus tôt possible, les artères de nos villes, de nos campagnes et tous les lieux publics de ces affiches qui nous déshonorent, qui déshonorent notre démocratie et qui sont susceptibles de vicier le processus électoral de février 2016.» De même, «La Plate-forme électorale des OSC du Bénin appelle les citoyens à défendre l’Etat de droit chèrement acquis en dénonçant pareils faits de même que leurs auteurs et invite les institutions habilitées à rappeler à l’ordre, l’ensemble des acteurs sur la nécessité de respecter les textes dont s’est doté le Bénin.»
Dénonciation nécessaire
Il faut le rappeler, la période électorale peut se révéler propice à toutes sortes de fraudes et de manipulations. C’est la raison pour laquelle le législateur a institué divers mécanismes dans le code électoral, afin de sanctionner les dérives. Dans ce cadre, l’article 140 du code donne la possibilité aux électeurs de déférer devant la justice, les actes de violation du code électoral dont ils ont connaissance. Ledit article prévoit que «Tout citoyen électeur peut, à tout moment, saisir d’une plainte le procureur de la République. Ce dernier est tenu d’engager à l’encontre des auteurs des faits, les poursuites judiciaires suivant la procédure de flagrant délit.» Ceci suppose qu’il faut être inscrit sur la liste électorale et que le procureur n’a même pas l’opportunité de la poursuite. Il doit, dès qu’il est saisi, déclencher les poursuites et ce, en procédure de flagrance.
Dispositions légales pertinentes
Bien que nous ayons déjà consacré notre rubrique aux infractions inscrites au code électoral, à la veille des municipales, communales et locales, il convient de rappeler à l’opinion et aux acteurs, puisque nous sommes à nouveau à la veille d’un scrutin et que les dérives s’observent, les dispositions pertinentes du code electoral. Ainsi, aux termes de son article 62 : “Les pratiques publicitaires à caractère commercial, l’offre de tissus, de tee-shirts, de stylos, de porte-clefs, de calendriers et autres objets utilitaires à l’effigie des candidats ou symbole des partis ainsi que leur port et leur utilisation, les dons et libéralités ou les faveurs administratives faites à un individu, à une commune ou à une collectivité quelconque de citoyens à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote sont et restent interdits six (06) mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme.” On en déduit qu’autant le distributeur de ces attributs de campagne, que le bénéficiaire qui les arbore, sont passibles de sanctions. De même, ne faut-il pas comprendre par ces dispositions qu’un ministre de la République, par exemple, qui se déclare candidat, sillonne le pays au motif de promouvoir un projet qui impacterait directement la vie des populations, viole le code électoral? D’ailleurs, l’article 63 du code precise: “L’utilisation des attributs, biens ou moyens de l’Etat, d’une personne morale publique, des institutions ou organismes publics aux mêmes fins est et reste interdite six (06) mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme notamment ceux des sociétés, offices, projets d’Etat et d’institutions internationales, sous peine des sanctions prévues à l’article 144 alinéa 1er du présent code.
Ledit article 144 prévoit en son alinéa 1er que “Toute infraction aux dispositions des articles 59 alinéa 1er, 60, 61, 62, 63, 64 et 67 du présent code est punie d’une peine d’emprisonnement d’un (01) an à deux (02) ans et d’une amende de cinq cent mille (500.000) à un million (1 000 000) de francs.”
W.L.H.

La coalition Action/2015 Bénin attend des décisions fortes de la 21e Conférence des Parties (COP 21) sur la lutte contre les changements climatiques dans le monde et sur laquelle les projecteurs se seront éteints ce vendredi 11 décembre à Paris en France. Deux des responsables de ce réseau de la Société civile étaient face à la presse à Porto-Novo pour lancer à cet effet un appel aux participants à ces assises et particulièrement aux dirigeants africains.
Action/2015 est un mouvement grandissant de plus de 2000 organisateurs, réseaux et coalitions unis par la conviction que 2015 est une année décisive pour les progrès dans la lutte contre les changements climatiques, la pauvreté et les inégalités. Cette coalition est coordonnée au Bénin par trois Organisations de la société civile en l’occurrence Craddes Ong, Gold Ong et Social Watch. Dans la droite ligne de ses engagements, Action/2015 Bénin suit de très près les travaux de la 21e conférence des Parties (COP 21) sur la lutte contre les changements climatiques qui ont démarré depuis le 30 novembre dernier à Paris en France et qui prennent fin ce jour. C’est du moins ce qu’on peut retenir de la conférence de presse animée jeudi 10 décembre à Porto-Novo par Joël Hounguè, coordonnateur national de cette coalition et directeur exécutif de Gold Ong, et Yacinthe Agbadjagan, coordonnateur national adjoint et directeur exécutif de Craddes Ong. Cette sortie médiatique a été l’occasion pour les deux acteurs de la Société civile béninoise de partager avec les hommes des médias les différentes activités de leur coalition dans le cadre de la campagne Action/2015, le contexte, les défis et enjeux de la COP 21. A moins de 24 heures de la clôture de ces assises mondiales, les deux conférenciers lancent un appel solennel aux dirigeants du monde, d’Afrique, et du Bénin pour la prise de décisions ambitieuses en faveur des changements climatiques. Il faut que les gouvernements réunis à Paris donnent un signal fort en signant un accord universel pour mettre fin aux combustibles fossiles, la principale cause du phénomène.
Les deux conférenciers saluent d’ores et déjà l’initiative intervenue le mercredi 9 décembre dernier, d’une coalition de plus de 100 pays mobilisés comme un seul homme pour défendre un accord international ambitieux et parvenir à un engagement sur 100% d’énergies renouvelables pour réduire tant soit peu les changements climatiques. Ils souhaitent que la Chine, le Brésil, l’Inde, et l’Afrique du Sud se joignent à ces pays pour favoriser la concrétisation de cet accord fortement attendu par tous.
« …Nous devons passer à 100% d’énergies renouvelables d’ici à 2050, à l’échelle de la planète. Nous avons également besoin de financements pour accompagner la transition et l’adaptation des pays pauvres et de règles encadrant et amplifiant les efforts réalisés… », défend le coordonnateur national adjoint de Action/ 2015 Bénin.
Yacinthe Agbadjagan appelle la Chine, le Brésil et l’Inde à sauver le monde à travers leur adhésion à l’accord que marque la transition des combustibles fossiles à l’énergie renouvelable à 100%. L’avenir de cet accord est « entre vos mains. Le monde compte sur vous », ajoute-t-il. Ce n’est que faire justice aux pays pauvres victimes des conséquences des changements climatiques alors qu’ils ne produisent que 2% des gaz à effets de serre, embraye Jöel Hounguè?

Le cortège funèbre du général Mathieu Kérékou en route pour Natitingou est attendu en début de cet après-midi à Parakou. Quoiqu’il n’y aura pas d’escale du corbillard à proprement parler, l’étape de ralentissement dans la cité de Kobourou sera marquée par de vibrants hommages à l’illustre disparu.
C’est du moins l’espoir nourri par les autorités préfectorales, municipales et les responsables de la sécurité qui se sont concertés dans la matinée d’hier jeudi à la préfecture de Parakou. La mobilisation des populations et les dispositions d’ordre sécuritaire étaient au menu des échanges. En ce qui concerne le rassemblement, la municipalité a mis les petits plats dans les grands pour accueillir celui que pleure le Bénin tout entier depuis le 14 octobre dernier, rassure Ibrahim Chabi Mama, premier adjoint au maire. Les nids de poule sur la chaussée sont bouchés et des groupes d’animation sont mis à contribution. Les conseillers municipaux vont accueillir la dépouille à l’entrée de la ville, à hauteur de l’hôpital d’instruction des Armées. Sous la supervision des Forces de l’ordre, les élus locaux, les populations : hommes, femmes, élèves, écoliers et autres, vont s’amasser le long des artères pour dire adieu à l’ancien président de la République en chemin pour sa dernière demeure. A en croire Ibrahim Chabi Mama, une cavalerie sera déployée pour accompagner le cortège tout au long de l’itinéraire : Sortie Sud - Carrefour-Hubert-Maga – marché Arzèkè- mairie de Parakou – Carrefour-de-la-Municipalité (Carrefour-Trois-Banques) – Carrefour-Alwouda – sortie Nord (vers Deeman radio).
Le lieutenant-colonel Zakari Taki Yaka, commandant du Groupement régional Nord de la Gendarmerie nationale, a exhorté les populations à non seulement sortir massivement mais aussi et surtout à observer l’ordre et la discipline pour des hommages dignes à l’homme du 26 octobre 1972 qui a marqué les populations béninoises à travers vingt-sept ans de pouvoir?
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Plusieurs délégations de pays africains ont effectué, jeudi 10 décembre, le déplacement à Cotonou pour les hommages officiels au général Mathieu Kérékou. Parmi elles, trois chefs d’Etat venus des pays limitrophes du Bénin.
Le lieu était tout un symbole, le stade de l’Amitié étant l’un des joyaux qui portent la signature du général Mathieu Kérékou. La cérémonie d’hommages à l’ancien président de la République s’est aussi voulue sobre, la sobriété étant l’une des valeurs unanimement reconnues à celui qui a géré le Dahomey-Bénin pendant plus de 27 ans. Mais la présence des trois chefs d’Etat étrangers, à savoir le Nigérian Muhamadu Buhari, le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Togolais Faure Gnassingbé, a rehaussé les hommages et est venue témoigner de la dimension de l’homme dont le charisme a rayonné au-delà des frontières du Bénin. «Le général suscitait de l’admiration au Togo. C’est un homme qui a toujours été au rendez-vous de l’histoire. Et on ne peut pas évoquer Mathieu Kérékou sans penser à feu Gnassingbé Eyadéma. Ces deux présidents ont incarné l’amitié et la fraternité entre les peuples», témoigne Faure Gnassingbé qui souligne que la disparition de Mathieu Kérékou est à n’en point douter une grosse perte pour le Bénin, la sous-région et le continent africain. Le président nigérien Mahamadou Issoufou y est aussi allé de son hommage à l’illustre disparu. Il retient de l’homme un artisan de rapprochement des peuples du Bénin et du Niger, au travers de plusieurs actions d’intégration économique. «Le Bénin n’est pas le seul pays à pleurer la disparition de Mathieu Kérékou. Il a marqué l’histoire de son pays, de la sous-région et de l’Afrique. J’ai tenu à être là pour exprimer la compassion du peuple nigérien», renchérit-il. Son collègue nigérian Muhamadu Buhari qui a connu personnellement le défunt pendant son mandat de président dans les années 1980, se souvient encore des boutades légendaires de Mathieu Kérékou dont l’humour agrémentait parfois les rencontres officielles. «Je me rappelle que nous avions fermé les frontières avec le Bénin parce que nous changions de devises. Il était venu au Nigeria me voir avec d’autres collègues chefs d’Etat. Et la question qu’il me pose est de me demander si je suis devenu fou pour lui fermer les frontières», témoigne-t-il avec sourire. En tant que doyen d’âge des chefs d’Etat de la CEDEAO, il a exprimé au nom de ses pairs de la CEDEAO les condoléances au peuple béninois.
Après avoir pris part de bout en bout à la cérémonie officielle d’hommages au stade de l’Amitié, baptisé désormais stade de l’Amitié Mathieu Kérékou, les chefs d’Etat étrangers se sont rendus au palais de la Présidence où ils ont procédé à la signature du livre de condoléances.
Le président de la République a également reçu des lettres de condoléances envoyées par plusieurs chefs d’Etat africains qui n’ont pas pu effectuer le déplacement de Cotonou. Il n’a pas manqué d’adresser ses remerciements à ses collègues présents dont l’arrivée dans son pays témoigne de l’attachement qu’ils ont pour le peuple et les dirigeants béninois.
Cap est désormais mis sur Natitingou où le général Mathieu Kérékou sera conduit à sa dernière demeure?

Aux grands hommes disparus, des hommages mérités. Le président Mathieu Kérékou a reçu les siens, jeudi 10 décembre au stade de l’Amitié de Kouhounou à Cotonou. Toutes les composantes de la nation de l’illustre disparu ont salué aussi bien l'œuvre que la mémoire. C’était sous l’égide du président de la République Boni Yayi et ses invités de marque : les présidents Muhamadu Buhari du Nigeria, Faure Gnassingbé du Togo, Mahamadou Issoufou du Niger, ainsi qu’une forte délégation venue des pays frères et amis de la sous-région et du continent.
Une présence massive pour des hommages mérités à un disparu !
Le grand retard accusé par la cérémonie d’hommages au général Mathieu Kérékou n’a rien enlevé à sa solennité. Toutes les forces vives de la nation se sont mobilisées comme un seul homme pour rendre à l’homme d’Etat les hommages dus à son rang. Décors majestueux, organisation qui se veut digne des grands moments. Il ne manquait que la mobilisation de la foule pour que la fête soit totale. Toutefois le général président peut se réjouir d’avoir, une fois encore, rassemblé le gratin de personnalités sociopolitiques du pays : les anciens collaborateurs sous l’ère de la Révolution et du Renouveau démocratique, soldats, hommes de rang, les cadres de l’administration à divers niveaux, tous étaient présents.
Au cours de la prière liturgique le Nonce apostolique, Brian Udaigwe est revenu sur les qualités d’homme d’Etat du fils de Kouarfa qui a su gravir les échelons pour devenir, par la force des choses le premier magistrat du pays. Puis, il a loué ses qualités intrinsèques : le don de soi, l’humilité et son amour pour sa patrie. A sa famille, le prélat a demandé de prier. «Dieu a donné et Dieu a repris», pour le reste, il n’y a que la prière, a confié le Nonce. A son tour le président Yayi Boni a beaucoup insisté sur la douleur qui étreint chaque Béninois depuis l’annonce de la disparition de l’ancien président. «Mon général, ce n’est qu’une séparation physique. Vos œuvres parleront encore longtemps pour vous. Vous demeurez présent spirituellement parmi nous, et la flamme de la démocratie allumée à la faveur de la Conférence nationale demeure une boussole pour le peuple», a indiqué le président de la République.
Condoléances des pays étrangers
A sa suite le président nigérian Muhamadu Buhari a, au nom de ses pairs de la sous-région, salué lui aussi la mémoire du grand homme d’Etat qu’a été le général Kérékou. Il a présenté les condoléances de son pays et du peuple frère du Nigeria ainsi que celles des autres pays de la sous-région à la famille éplorée.
Au nom de celle-ci, l’ambassadeur Moïse Kérékou a dit toute la gratitude des fils, filles et des autres membres de la famille à la nation toute entière pour le soutien, la marque de sympathie depuis l’annonce de la disparition de leur géniteur et père de la nation. «Ce n’est pas seulement notre deuil, c’est également celui de la nation» a-t-il indiqué avant d’exhorter tout le monde à faire de cet instant un moment de méditation. Il a également rappelé les qualités intrinsèques du disparu. «Celui-là qui a su sacrifier sa vie pour le peuple. Il a fait le renoncement de soi pour le peuple. Bel exemple que de renoncer à soi pour l’autre», a-t-il insisté. Puis rappelle-t-il, que ce sacrifice doit être le ciment de tout le peuple du Nord au Sud. Que chacun s’appuie sur ce socle pour faire décoller le pays. Utilisons la douleur qui étreint nos cœurs pour montrer au monde entier que nous sommes un peuple solidaire», a ajouté Moïse Kérékou, au nom de sa famille. Il a également salué, au nom des siens, la présence des chefs d’Etat étrangers à cette cérémonie.
Cette phase protocolaire de la cérémonie a été suivie de recueillement des différentes personnalités et autres devant la dépouille. Au terme de la cérémonie, la dépouille du général Mathieu Kérékou a été exposée dans la grande salle du palais des Sports pour y recueillir les hommages des autres corps constitués de la nation.
Kouhounou, stade Mathieu Kérékou
La grande surprise de cette cérémonie d’hommages au président Mathieu Kérékou aura été le nouveau nom de baptême du stade de l’Amitié. «Pour immortaliser votre nom, mon général, j’ai décidé, avec mon gouvernement, que le stade de l’amitié soit rebaptisé stade de l’Amitié Mathieu Kérékou ». Une annonce accueillie par un tonnerre d’applaudissement. 42 ans après sa construction, le stade de l’Amitié sino-béninoise prend le nom du président sous qui il avait été érigé. Belle manière de rendre immortel celui sous qui le plus grand stade du pays a été construit.
Actualités 11 déc. 2015

Le président de l’Ong ALCRER, Martin Assogba a donné une conférence de presse, mercredi 9 décembre dernier au Centre de promotion de l’artisanat. Assisté de l’un de ses avocats conseils, Alain Orounla, il a appelé à la manifestation de la vérité sur son assassinat manqué le lundi 9 décembre 2013.
« Le sang que j’ai versé le 9 décembre 2013 crie justice», déclare Martin Asso-gba avec beaucoup d’émotion et de mélancolie lors de la conférence de presse qu’il a donnée mercredi 9 décembre dernier à Cotonou. Pour lui, son sang versé par terre ne se taira pas tant que ses agresseurs et leurs commanditaires ne sont pas débusqués.
Revenant sur les faits, le président de l’Ong ALCRER a rappelé que le 9 décembre 2013 aux environs de 21h, des individus non encore identifiés ont tiré à bout portant sur son véhicule et sa personne. Selon lui, malgré les soins intensifs qu’il a reçus en France, il traine toujours des séquelles. «Il reste des balles entières dans mon corps qui me causent parfois d’atroces souffrances. Je suis contraint de rester alité, incapable de me concentrer et de travailler», explique-t-il, en ajoutant qu’il sent des malaises quand il fait chaud. Il a ensuite admis l’urgence de se faire consulter. D’où, réclame -t-il son droit de réparation.
Mais pour lui, malgré la gravité de l’acte dont il a été victime, le gouvernement béninois observe depuis deux ans un lourd silence. Ce silence attise les ardeurs du président de l’Ong ALCRER et l’amène, dit-il, à se poser la question de savoir qui sont ceux qui ont tenté de l’exécuter. Le défenseur ardent des droits de l’Homme ne pense pas s’arrêter en si bon chemin. Il promet de donner le maximum de lui-même afin que la vérité jaillisse un jour et que les auteurs et les commanditaires de cet acte soient punis. Il a ensuite invité les organes de presse à l’accompagner dans ce combat.
Son avocat conseil, Alain Orounla, a indiqué que l’enquête sur cette affaire a été mal menée. Pour lui, l’ancien directeur général de la Police nationale, Philippe Houndégnon, est le premier témoin de cet assassinat manqué. Car, dit-il, ce dernier s’est rendu sur les lieux de l’assassinat alors que l’évènement a eu lieu sur un territoire contrôlé par la gendarmerie. De plus, il a fait savoir que le procureur très engagé sur l’affaire, a été muté de sa juridiction. Et que depuis que le nouveau s’est installé, il n’a daigné ouvrir le dossier. Mais, poursuit-il, le dossier est toujours en instruction?

L’atelier régional de restitution de l’étude sur le financement de la filière maïs en Afrique de l’Ouest s’est ouvert, mercredi 9 décembre à Cotonou. Il est organisé par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF/WECARD), partenaire de l’Union économique et montétaire ouest africaine (Uemoa) dans la mise en œuvre des priorités de recherche et de développement agricoles de la sous-région depuis le 17 septembre 2014 pour une période de 3 ans, 2014-2016.
Au cours de ces dix dernières années, l’attention a été focalisée sur les petits agriculteurs. Des experts ont élaboré des méthodes innovantes pour améliorer leurs productivités et les entreprises se sont efforcées à mieux les intégrer dans les chaines de valeurs agricoles afin que leurs revenus soient améliorés. La production, la transformation, le stockage et la commercialisation exigent une mise à niveau pour pouvoir ensemble soutenir une économie croissante. Encore qu’il ne faudrait pas occulter la question de l’accès aux financements qui joue un rôle important dans une approche beaucoup plus globale des chaines de valeurs qui relient les agriculteurs aux marchés.
C’est dans ce contexte, a indiqué le directeur général de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab), David Arodokoun, que s’inscrit la convention entre le CORAF/WECARD et l’Uemoa pour la mise en œuvre d’une politique agricole à travers les priorités de recherches et de développement au sein de l’espace ouest africain. Parmi les priorités de recherches identifiées, David Arodokoun qui représentait le directeur exécutif du CORAF/WECARD, a fait remarquer qu’il y a celle portant sur le développement des systèmes adaptés et durables de financement de la production, de la transformation et de la commercialisation du maïs. Elle a d’ailleurs fait l’objet, a-t-il déclaré, d’une étude approfondie par le CORAF/WECARD au terme de laquelle des modèles de financement durable de la chaine de valeur maïs avaient été identifiés.
Des objectifs précis
Ainsi, au cours du présent atelier, se propose-t-il de restituer les résultats de l’étude commanditée, de prendre connaissance des observations des participants et de convenir de façon consensuelle des mécanismes de financement à promouvoir pour chaque maillon de la chaine de valeur maïs au niveau de l’Afrique de l’Ouest, en tenant compte des contraintes sur le terrain. Selon le directeur général, David Arodokoun, cette rencontre participe du souci de voir l’agriculture se transformer, de manière à réduire la pauvreté, éradiquer la famine et assurer une croissance durable et inclusive en Afrique de l’Ouest. Il a également, en sa qualité de coordonnateur du système national de recherches agricoles, remercié le CORAF/WECARD et l’Uemoa pour l’esprit de suite qui leur ont permis d’accorder l’opportunité au Bénin d’abriter cet atelier. «Il permettra de renforcer les activités du Centre national de spécialisation sur le maïs basé au Bénin dans le cadre de la mise en œuvre du programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest», a-t-il poursuivi.
Pour le gestionnaire du Programme politique, institution, marché et commerce du CORAF/WECARD basé à Dakar au Sénégal, Youssouf Camara, l’objectif de l’atelier est d’identifier les maillons porteurs de la chaine de valeur maïs et de voir le type de financement qui pourrait aider à booster leur développement dans la zone Uemoa. Les maillons dont il s’agit concernent la production, la transformation et la commercialisation du maïs. En fonction de chacun des principaux nœuds de cette chaine de valeur maïs, des modèles de financements importants et surtout pertinents seront identifiés et proposés aux décideurs des Etats membres de l’espace sous-régional, a expliqué Youssouf Camara.
L’atelier qui s’achève demain vendredi 11 décembre, tient son importance du fait que le maïs constitue aujourd’hui la principale spéculation cultivée dans la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest dont le Bénin. Il enregistre la participation d’une trentaine de personnes représentants les pays impliqués dans l’étude, des spécialistes de la chaine de valeurs maïs et des partenaires techniques et financiers?