La Nation Bénin...
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Le président de la République a eu, hier mercredi 28 octobre, des audiences avec plusieurs investisseurs indiens. Les échanges ont notamment porté sur des projets d’investissement agricole et d’électrification.
Les questions d’investissement étaient au centre des divers entretiens que le président de la République a eu à sa base à New Dehli. Une délégation du groupe Angelique International a évoqué avec Boni Yayi le processus de signature du contrat d’assistance technique de douze mois pour la mise en exploitation de six usines agricoles. «Nous avons été rassurés par le ministre d’Etat que le dossier est déjà fin prêt et le contrat sera signé bientôt», a indiqué Armel Koty, consultant auprès d’Angelique international. Le groupe indien détient également les 51% de Bénin Tracteurs, l’usine de montage des engins agricoles construit à Ouidah. «Nous avons informé le chef de l’Etat, que nous avons déjà libéré les 510 millions F CFA qui constituent notre part du capital social de Bénin Tracteurs qui est de 1 milliard F CFA», ajoute Armel Koty. Il affirme que la compagnie indienne s’est aussi positionnée sur un projet d’électrification rurale pour lequel l’avance de démarrage lui a été déjà versée.
Manas Agarwal, directeur général de la société Jaguar Overseas Limited a aussi fait avec Boni Yayi le point de la phase I d’un projet d’électrification rurale au Bénin. « Nous avons déjà fini cette phase et nous voulons entamer une nouvelle. Le chef de l’Etat nous a instruit afin qu’on aille très vite », déclare-t-il. La société Mohan Energy Corporation (MEC) tarde quant à elle à lancer la réalisation de l’électrification de 18 localités dont celle de Tchalla Ogoï dans la commune de Ouèssè. Son directeur général, V. P. Sigh a tenu à rassurer les populations bénéficiaires que les dispositions sont en train d’être prises pour l’entame effective des travaux. La même assurance a été donnée par Pradeep Kumar, chef Projet de WAPCOS à qui il a été confié la réalisation de forages dans 69 villageois béninois.
Biswajit Roy, vice-président associé de la société Alpex Solar s’est aussi entretenu avec le chef de l’Etat sur un projet de production d’énergie solaire.
Par Gnona AFANGBEDJI, Envoyé spécial à New Delhi
Actualités 29 oct. 2015

En prospection à Natitingou dans le cadre des préparatifs des obsèques du président Mathieu Kérékou, le Comité national des manifestations officielles (CONAMO) a rencontré, hier mercredi 28 octobre à la préfecture, les autorités politico-administratives à divers niveaux ainsi que les sages et notables de la commune et autres acteurs majeurs. Enjeu de ces échanges, la réussite des derniers hommages à rendre à l’illustre disparu.
Aucune date retenue jusque-là mais seule certitude, le temps n’attend point. Et c’est ce qui justifie le déplacement du CONAMO pour échanger sur les préparatifs des obsèques du général Mathieu Kérékou. Loin d’imposer à la commune hôte un plan desdites manifestations, taillé d’avance, il s’est voulu à l’écoute des autorités politico-administratives, des sages et notables puis d’autres acteurs clés tels que les responsables des structures d’accueil et d’hébergement. Et dès l’entame de la séance, Marcellin Aka, secrétaire permanent du Comité, a levé un coin de voile sur les intentions de sa structure. «Nous ne sommes pas venus ici avec un bâton magique mais notre objectif, c’est d’œuvrer ensemble pour la réussite des obsèques de ce grand homme d’Etat», prévient-il. Il soutient, par ailleurs, que bien qu’étant le bras technique opérationnel de toute manifestation officielle, le CONAMO ne peut faire ses propositions qu’en tenant compte des réalités et autres contingences locales. Gervais N’dah Sékou, préfet des départements, a indiqué à l’assemblée, à l’ouverture de la rencontre, qu’il faut travailler avec l’engagement requis pour que les préparatifs soient à la hauteur de la dimension du défunt.
Les échanges, par la suite, ont porté sur les sites d’hommages à retenir, l’identification des voies d’accès auxdits sites ainsi que sur les questions liées à la sécurité et à la sûreté, à la circulation dans la ville de Natitingou, à son pavoisement et à l’hébergement des hôtes.
S’agissant des sites identifiés, les violons semblent s’accorder autour du domicile familial, du lieu d’inhumation qui se révèle être le quartier Dassagaté où repose la mère du défunt, le stade municipal où se dérouleront sans doute les hommages officiels et le champ de foire où auront lieu les animations populaires. Quant à la réhabilitation des voies d’accès aux différents sites, l’anticipation de la direction départementale des Travaux publics qui a présenté un plan détaillé des ouvrages à réaliser ou à rénover, a permis d’éclairer davantage l’assistance. Ces propositions déjà portées au niveau de la préfecture sont également sur la table du ministre en charge des Travaux publics. Il ne reste qu’à espérer une diligence des autorités concernées pour que l’essentiel soit réalisé dans les délais. Des questions aussi cruciales que celles de l’eau et de l’électricité ont été également abordées. Ceci face à la pénurie d’eau et au délestage que connaît ces temps-ci la commune de Natitingou.
Cette réunion qui n’est que la première d’une série à tenir avant les cérémonies, a connu sa fin avec la descente sur les probables sites d’hommages des officiels.

Les différents acteurs de la production et de la distribution du sel iodé ont participé, hier mercredi 28 octobre à Cotonou, à un atelier « d’information et de sensibilisation sur l’iodation universelle du sel et la consommation du sel iodé ». Les assises ont été organisées par la Commission de l’UEMOA en collaboration avec le ministère de la Santé et l’Agence béninoise de normalisation et de la gestion de la qualité (ABeNOR).
L’Enquête démographique de santé (EDS), révèle que la proportion des ménages disposant de sel iodé au Bénin est passée de 83,9% en 2006 à 92,2% en 2012 avec 86% des ménages consommant du sel iodé adéquat. Par contre, il y a une régression de la performance du Bénin ces dernières années. En effet, 39% des ménages consomment du sel adéquatement iodé selon l’Enquête modulaire à indicateurs multiples (MICS) de 2014. Cette regression exige des actions urgentes. C’est le sens des assises «d’information et de sensibilisation sur l’iodation universelle du sel et la consommation du sel iodé». Leur finalité es d’informer les décideurs, les principaux acteurs et les consommateurs du Bénin, des actions mises en œuvre dans le cadre de la lutte contre les troubles dus aux carences en iode. Les assises favorise ont l’harmonisation des méthodes d’analyse et de contrôle des produits enrichis, a expliqué le directeur de cabinet du ministre en charge de l’Industrie et du Commerce, Adam Ahanchédé, qui a procédé au lancement des travaux.
Pour le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Jacob Nambou, le mémorandum d’entente sur l’enrichissement des aliments en nutriment dans la zone UEMOA a retenu au nombre des aliments de grande consommation, les huiles alimentaires vitamine A, les céréales et le sel alimentaire iodé comme véhicules des micronutriments.
Pour sa part, le représentant de la Commission de l’UEMOA au Bénin, Yaovi Kounhundé, précise que l’importance de la stratégie d’iodation du sel et sa consommation constitue une politique efficace de santé publique. Elle permet, ajoute-t-il, de lutter contre ou de prévenir les carences en iode aux conséquences socio-économiques et sanitaires redoutables. «L’intégration et le bien-être des populations ne peuvent être possibles que si nos pratiques de production et de distribution sont améliorées et harmonisées», a-t-il indiqué.
Les trois personnalités saluent la contribution du Bénin à l’effort régional pour la réduction des carences en micronutriments. Toutefois, le représentant de la Commission de l’UEMOA l’exhorte à mettre en application la réglementation. Autrement dit, lutter contre la porosité des frontières en vue de faciliter le contrôle systématique de la quantité du sel importé. Il s’agira, par ailleurs, d’accroître les ressources humaines chargées d’effectuer le contrôle de la qualité du sel et d’intensifier la sensibilisation du consommateur sur la nécessité de consommer du sel iodé.
Aussi, le pays devra-t-il emboîter le pas au Sénégal, principal producteur de sel et pourvoyeur de sel iodé dans l’espace UEMOA. Ce qui ambitionne d’amener 90% des ménages sénégalais à consommer du sel adéquatement iodé et de porter à 100 000 tonnes la quantité de sel iodé fournie par les petits producteurs.
La rencontre se veut alors un cadre de plaidoyer de haut niveau dans les pays de l’espace UEMOA, afin d’accélérer l’atteinte des objectifs d’iodation universelle du sel et de pousser les consommateurs à consommer du sel iodé.
Problème de santé publique
Problème majeur de santé publique par son ampleur, la malnutrition représente 11% de la charge mondiale de morbidité. Elle est la cause sous-jacente pour plus de 45% du décès d’enfant de moins de cinq ans selon le rapport mondial de nutrition en 2014.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans l’espace UEMOA, plus de 30 millions de personnes, représentant 33% de la population, ont des apports insuffisants en iode et 1,3 million d’enfants naissent sans protection contre les troubles dus aux carences en iode.
«Ces déficiences méritent d’être corrigées en raison de leurs conséquences néfastes sur le potentiel humain et économique», a indiqué le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Jacob Nambon.
Actualités 29 oct. 2015

Le président sortant Alassane Ouattara apparaît comme le grand vainqueur de l’élection présidentielle 2015 en Côte d’Ivoire, selon les résultats provisoires transmis par la Commission électorale indépendante (CEI).
La Côte d’Ivoire est toujours dans l’attente des résultats complets de l’élection présidentielle. Hier mardi matin à Abidjan, la vie a repris son cours tandis que certains partisans du président sortant estiment qu’Alassane Ouattara a déjà gagné au vu des résultats partiels transmis, lundi dernier au soir, par la Commission électorale indépendante (CEI). Sans surprise, alors que le sud de la Côte d’Ivoire apparaît s’être abstenu, dans une moindre mesure que prévue par les observateurs, le Nord du pays a entendu les appels au vote de leur champion qui avait appelé à 100% de participation dans le Nord.
Les partisans d’Alassane Ouattara se sont largement mobilisés
Les quelques résultats du taux de participation de l’élection présidentielle de dimanche dernier diffusés par départements témoignent, sans surprise, de forts contrastes régionaux en Côte d’Ivoire. Ils ont été transmis lundi dernier, dans la soirée, par le premier vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI), chargé des opérations de vote, Koné Sounou.
Les partisans d’Alassane Ouattara se sont largement mobilisés, selon les premiers résultats, notamment dans le Nord. Dans le département de Dabakala, Leur champion a obtenu 98,3% des voix : 86,9% à Bouaflé, et 89,4% à Bocanda.
Par exemple, dans le département de Divo, au Sud de la Côte d’Ivoire, habituellement acquis à l’Opposition du FPI, le taux de participation est de 36,03%, tandis que ADO, comme l’appel ses partisans, obtient 83,1% des voix. Les quelques taux de participation transmis pour les département du sud de la Côte d’Ivoire, comme Lakota qui a obtenu un taux de participation de 32,14%, sont pour d’autres départements de la région de près de 50%. L’abstention semble avoir été largement limitée.
Pascal Affi N’Guessan deuxième
La candidat du FPI, Pascal Affi N’Guessan, semble être le candidat juste derrière Alassane Ouattara. Il arrive premier, selon les premiers résultats, uniquement dans sa ville natale de Bongouanou où il a obtenu 55,5% des voix tandis que Ouattara a remporté 38% des suffrages.
Le candidat dissident du PDCI, le «jeune» Kouadio Konan Bertin, dit KKB, a tenu une conférence de presse, lundi dernier dans la soirée, au cours de laquelle il a d’ores et déjà félicité le candidat du RHDP, l’alliance qui a soutenu le président sortant. Selon les résultats en sa possession, il est le grand vainqueur du scrutin de dimanche dernier, a-t-il déclaré. KKB a réussi à se placer deuxième dans plusieurs département comme à Cocody où il a obtenu 11,3% des voix. La CEI devrait transmettre les résultats définitifs dans les heures qui viennent.
Les premier résultats transmis par la CEI
Bloléquin : Alassane Ouattara 77,8% ; Affi 16,1%
Bocanda : Alassane Ouattara 89,4% ; Kouadio Konan Bertin 5,5%
Bondoukou : Alassane Ouattara 82,4% ; Affi 13,4%
Bongouanou : Affi 59,5% ; Alassane Ouattara 38%
Bouaflé : Alassane Ouattara 86,9% ; Affi 7,3%
Dabakala : Alassane Ouattara 98,3% ; Affi 1%
Dabou : Alassane Ouattara 70,7% ; Affi 16,7%
Daloa : Alassane Ouattara 87,4% ; Affi 6,1%
Danané : Alassane Ouattara 90,8% ; Affi 4,1%
Dimbokro : Alassane Ouattara 86,1% ; Affi 7,4%
Divo : Alassane Ouattara 83,1% ; Affi 8,9%
Djekanou : Alassane Ouattara 89,9% ; Affi 4,8%
Grand-Bassam : Alassane Ouattara 66,9% ; Affi 20,1%
Jacqueville : Alassane Ouattara 67,95 ; Affi 22,1%
Attecoubé : Alassane Ouattara 82,1% ; Koudio Konan Bertin 7,3%
Cocody : Alassane Ouattara 74,5% ; Koudio Konan Bertin 11,3%
Afrik.com
International 28 oct. 2015

«Débarqué » de la tête de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND) dimanche 25 octobre dernier, comme le laisse croire un communiqué rendu public lundi 26 octobre dernier et signé de quelques responsables de l’alliance, le député Valentin Aditi Houdé, qui en est le président, n’entend pas s’y résoudre. Hier mardi 27 octobre à Cotonou, il a tenu un point de presse, entouré d’autres responsables de l’alliance, pour dénoncer le comportement des frondeurs.
Le président de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND) indique qu’«en politique, l’action appelle la réaction». Pour lui, c’est un groupe issu de sept partis politiques membres de l’alliance, qui s’est réuni à Dahè (Houéyogbé) dans le Mono pour poser l’acte relayé par la presse, à savoir, sa «prétendue destitution», avant de laisser parler Nazaire Dossa, vice-président de l’Alliance. Celui-ci expose que le bureau politique de l’AND s’est réuni en session extraordinaire les 26 et 27 octobre derniers, pour se pencher sur la situation née de la rencontre de Dahè à Houéyogbé. Une «rencontre secrète», dénonce-t-il, qui a «pris la grave et illégale décision de confier les rênes de l’AND à l’honorable Octave Houdégbé jusqu’à nouvel ordre» en prétextant de «l’entêtement du président à ne pas convoquer le bureau exécutif pour débattre de questions préoccupantes.» Nazaire Dossa renseigne qu’en attendant «la prise de mesures disciplinaires appropriées», le bureau exécutif national de l’AND tient à préciser qu’aux termes des législatives dernières, qui ont fait de l’AND une des principales forces politiques du pays avec cinq députés, trois des élus ont refusé de suivre la ligne collective retenue par l’Alliance. Ce qui dérouta nombre de militants. Ensuite, après les municipales et communales, poursuit-il, certains membres de l’alliance, après le dépôt des listes à la Commission électorale nationale autonome, s’y seraient rendus pour essayer de modifier la liste en violation du code d’éthique de l’alliance. De même, certains auraient exigé sans conditions, des postes de maires pour leurs partis en guise de lot de consolation suite à leur échec personnel.
La suite de discorde
C’est suite à ces agissements, révèle le porte-parole de l’alliance, que les intéressés sont entrés en rébellion contre le président Houdé. A cela s’ajoute le fait, toujours selon Nazaire Dossa, quelques-uns des frondeurs auraient effectué une mission à Paris pour discuter avec un richissime homme d’affaires, à qui ils auraient fait la promesse de soutien de l’AND pour la présidentielle de 2016, contre une forte somme d’argent. C’est donc après ce voyage que de nombreuses tentatives de destitution du président Valentin Houdé, ainsi que des boycotts de réunions statutaires de l’AND, ont pris corps pour aboutir, finalement, à la situation présente. Laquelle, de toutes façons, est nulle et de nul effet conformément aux textes régissant l’AND, assure le vice-président de l’Alliance.
Le président de l’AND revient à la charge pour dire que la présente fronde trouve aussi ses sources dans une affaire domaniale.
En effet, certains des frondeurs l’auraient sollicité pour intervenir en leur faveur auprès du maire Patrice Hounsou-Guèdè, aux fins d’obtenir satisfaction dans une affaire pourtant peu crédible. C’est son refus, dit-il, de s’engager dans un tel dossier qui aurait même valu au maire Hounsou-Guèdè, la perte de son fauteuil au profit d’adversaires que l’AND a combattus sur le terrain. En outre, Valentin Houdé pointe un doigt accusateur vers l’homme d’affaires Patrice Talon, à qui il dit avoir clairement signifié son refus de le soutenir dans son aventure politique. Raison pour laquelle, subodore-t-il, il orchestrerait la déstabilisation de l’AND. Mais, rassure Valentin Houdé, ces frondeurs ne représentant pas la matrice de l’AND et ne valent nullement ceux qui sont encore autour de lui. En clair, martèle-t-il, «l’AND vit et vivra toujours. Le retrait des frondeurs n’y changera rien. La méchanceté et la cupidité encore moins…»
Politique 28 oct. 2015

Dernier-né des musées du Bénin, le musée régional de Kinkinhoué dans la commune de Djakotomey, loin de bénéficier de l’attention qu’on accorde aux benjamins, végète dans un désintérêt doublé d’actes de vandalisme. Au lieu d’être un joyau, il est promis à une mort lente si rien n’est fait.
Si l’accès au musée régional de Kinkinhoué était aisé, si le visiteur pouvait trouver des repères sans être obliger, tous les dix mètres, de s’arrêter pour demander son chemin, cela constituerait sans doute un mal de moins parmi les multiples maux qui étouffent l’émancipation du tout dernier des musées du Bénin. Mais hélas !
Pourtant, la difficulté d’accès est loin d’être la seule gangrène de ce lieu de culture. Il faut finalement parvenir à se repérer, à s’introduire sur le site, pour se rendre à l’évidence. Le mal est bien plus profond.
Sur les lieux un seul agent, contractuel affecté sur place à la suite des derniers redéploiements de personnel administratif affecté au ministère en charge de la Culture. C’est lui qui, d’un air distrait, reçoit les rarissimes visiteurs. Il les accueille dans un français approximatif avant de les remettre aux mains du conservateur. Lui, heureusement, est une tête bien faite et semble connaître son musée. Seulement, au lieu de vanter le centre dont il a la charge, il accueille ses hôtes avec des jérémiades. Mais visiblement, Moubachirou do Régo n’a pas le choix. Responsable des collections muséales et affecté depuis un an et demi à Kinkinhoué pour assurer les charges de conservateur, l’homme s’échine. Il a du mal à offrir la visibilité qu’il mérite à ce musée régional, censé aider les peuples Adja-Tado et Yorouba du Bénin à contempler leur passé.
Un joyau délaissé
«Ce musée a été ouvert au public le 7 juin 2014 par les ministres en charge de l’Environnement et de la Culture. L’objectif est d’en faire un musée populaire, un musée de civilisation, un musée enraciné dans la société… son histoire est un condensé du passé des cultures Adja- et Yoruba… C’est un lieu de mémoire de la période coloniale du Sud Bénin, une vitrine de la civilisation de l’ère culturelle Adja…» Les mots pour dépeindre son musée ne manquent pas au conservateur. A l’écouter, on se ruerait sur ce lieu. Et c’est là que se trouve tout le contraste. Les trois hectares sont presque vides. Les bâtisses, réhabilitées, ont abrité par le passé les résidences du chef canton Essou, de ses épouses et ses enfants. Actuellement deux salles d’exposition accueillent quelques-uns des objets du chef canton retrouvés après son décès. Ils constituent les seules richesses du lieu.
Son premier responsable assure que d’autres objets du chef sont aux mains de ses descendants. Ils pourraient lui parvenir sous peu, les négociations se poursuivent. Au-delà de ces objets, Moubachirou do Régo entend donner au musée son caractère régional et populaire. Des actions auraient été initiées avec la collaboration de la direction départementale de la Culture et la direction du Patrimoine culturel à Cotonou pour collecter d’autres objets liés à l’histoire et à la vie de cet homme. Cette opération, selon le conservateur, s’étendra aux communes des départements du Mono-Couffo. Sur ce chantier, des avancées notables ont été déjà enregistrées, note-t-il, avec satisfaction. Le gain sera bénéfique pour la commune de Djakotomey, localité hôte du musée. Les autorités locales se sont engagées pour que l’opération de collecte porte ses fruits.
Un musée «torturé» par la population
Le plan de développement communal (PDC) troisième génération de la commune prévoit de faire une place de choix à la valorisation du musée et du patrimoine culturel en général dans la commune, assure le secrétaire général de la mairie de Djakotomey, Ludovic Houèdé. Il reconnaît que les deux PDC précédents n’ont pas suffisamment pris en compte la question du patrimoine. Il rappelle l’engagement du nouveau conseil communal qui, ayant inscrit la valorisation du patrimoine au cœur de son action, a visité le musée, le lendemain de son installation. Cette occasion en or, le conservateur des lieux ne l’a pas raté. Il a exposé sa longue liste de doléances aux autorités.
Pour le secrétaire général de la mairie de Djakotomey, l’administration communale n’ignore pas la part de responsabilité qui lui revient dans la promotion et la valorisation de ce musée. Par le passé, argumente-t-il, il aurait fallu que les rôles de chaque acteur soient clairement définis pour permettre une répartition des tâches. «C’est nous qui abritons le musée et nous avons intérêt à tout faire pour qu’il ait une certaine notoriété et qu’il puisse recevoir des touristes. Pour l’économie locale, promouvoir l’art et la culture passe par la visibilité du musée », insiste-t-il.
Le secrétaire général, comme le conservateur, déplore les actes de vandalisme répétés sur les installations et sur l’édifice du musée. Pour lui, il ne faut pas y voir un relâchement de la mairie. «Le musée fait trois hectares et on ne peut pas demander au conservateur d’assurer lui-même le gardiennage», poursuit Ludovic Houèdé. Pourtant, en l’absence de toute autre solution et pour préserver l’édifice qui ne dispose ni de toilettes, ni d’électricité, encore moins du moindre point d’eau, le conservateur assure qu’il n’hésiterait pas à troquer à la nuit tombante, ses attributs de gardien contre ceux de gardien de nuit. Pour lui, c’est la seule manière de contenir l’incivisme grandissant des habitants. Une double peine pour le conservateur qui, en plus de faire face à un désintérêt de la part de la population, se voit contraint de jouer les épouvantails la nuit, pour chasser les voleurs.
Des statistiques écœurantes
Il est clairement évident que les musées du Bénin, en tout cas ceux qui sont publics sont peu fréquentés. Le musée de Kinkinhoué n’échappe pas à la règle. Et manque de pot, le benjamin souffre davantage de cette situation. Au cours de l’année 2015, son taux de fréquentation est très bas. Un ou deux visiteurs par mois, s’attriste le conservateur en présence de son collaborateur qui l’appuie d’un geste de tête.
Il égraine les chiffres. En janvier 2015, une seule personne lui a rendu visite. En février, il y en avait six dont trois Béninois. Au mois d’avril, deux étrangers y sont passés alors que le mois précédent, les deux maîtres des lieux n’ont vu personne. Au mois de mai, 32 scolaires y sont passés grâce à une action destinée aux établissements d’enseignement secondaire. Les mois suivants, la tendance est resté la même avec une moyenne d’un visiteur par mois. Cette situation, le conservateur, dépité, l’explique surtout par la sociologie du milieu. Il note que le patrimoine n’est pas la tasse de thé locale. Conséquence, le village artisanal érigé à grand frais, près du musée est abandonné, sans le moindre occupant.
Dans cet océan de tristesse, une note de joie pourtant : le site web. Un touriste étranger qui a découvert les lieux l’a offert pour répondre au cri de détresse du conservateur. Reste à savoir si cette fenêtre ouverte sur le monde va attirer des visiteurs à Kinkinhoué.

Les organes de contrôle, la Société civile et l’Autorité nationale de lutte contre la corruption se sont retrouvés, hier mardi 27 octobre à Cotonou, pour réfléchir à la création d’un cadre de concertation qui leur permettrait de mieux collaborer. C’était au cours d’un un atelier placé sous la supervision du président de l’ANLC, Guy Ogoubiyi.
La lutte contre la corruption a toujours été une préoccupation depuis l’indépendance jusqu’à ce jour des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du Bénin. Ainsi, divers corps de contrôles des structures de l’administration ont été mis en place pour marquer la volonté des responsables au plus haut niveau.
Une volonté qui, selon le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Guy Ogoubiyi, s’est accentuée en 2011 par le vote de la loi 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin qui a créée l’Autorité qu’il dirige.
Il a rappelé que, dès son installation, l’ANLC a commandité avec l’appui des partenaires au développement, plusieurs études afin de mieux cerner la mission à elle confiée.
Ainsi, l’institution a organisé en novembre 2014 avec l’appui financier de la Banque mondiale, un atelier de validation du rapport d’étude sur l’état des lieux de la lutte contre la corruption au Bénin de 1960 à ce jour.
La création d’un cadre de concertation entre l’ANLC, les différents organes de contrôle de l’Etat et les Organisations de la Société civile a été l’une des recommandations faites à l’issue dudit atelier.
Guy Ogoubiyi a affirmé que l’objectif visé par cette initiative, est d’instaurer une passerelle entre les différents organes impliqués dans la lutte contre la corruption et autres infractions connexes, en vue d’une complémentarité pour plus d’efficacité.
Aussi, a-t-il sollicité le soutien du chef de l’Etat dont la volonté affichée pour la lutte contre la corruption, n’est plus à démontrer.
Le président de l’ANLC a indiqué que l’ambition que nourrissent les citoyens dans leur ensemble, est de voir l’impunité vaincue un jour au Bénin.
Il a rassuré que le cadre de concertation en cours de création ne sera pas un de plus, mais qu’elle contribuera réellement à infléchir l’évolution de la corruption en facilitant une bonne circulation des informations et la synergie des actions de lutte.

La session spéciale de la cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, qui s’ouvre ce jour mardi 27 octobre est censé s’achever le jeudi 29 octobre prochain. Soit trois jours pour juger le sieur Codjo Kossi Alofa et son compère Donatien Amoussou, poursuivis respectivement pour assassinat et complicité d’assassinat, crimes qu’ils auraient commis sur la personne de Pierre Urbain Dangnivo. Lequel, disparu depuis le 17 août 2010, est donné pour mort.
Va-t-on enfin savoir ce qu’il est réellement advenu de Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère de l'Economie et des Finances ? Est-il vraiment mort comme indiqué par un rapport d’expertise légiste dont se prévaut le gouvernement? Est-il toujours en vie comme le laissent entendre certaines sources non officielles? Qu'est ce que Codjo Kossi Alofa et Donatien Amoussou en savent-ils de cette affaire ? Les débats, attendus au cours de la session spéciale de la cour d’assises de la Cour d'appel de Cotonou qui démarre aujourd’hui donneront-ils lieux à des déballages ? Des dénonciations ? Des révélations ?
Alerte
En effet, c’est le 17 août 2010 que survint la disparition du sieur Pierre Urbain Dangnivo. Parti du service ce jour-là, il n’est jusque-là pas rentré chez lui où l’attendaient et l’attendent peut-être encore les siens. Au bout de quelques jours et en raison de l’atmosphère surchauffée eu égard à la présidentielle de 2011 qui s’annonçait dans un climat de défiance entre pouvoir et opposition, cette disparition devient une affaire d’Etat. Les politiques (pouvoir et opposition) s’accusent à mots à peine voilés d’avoir fomenté la disparition du cadre du ministère des Finances, encarté au Parti social démocrate (PSD) et responsable local de l’Union fait la Nation. Supputations, insinuations vont bon train. L’homme réapparaîtra-t-il enfin? Cette affaire, qui empeste le ciel trouble de la présidentielle finira-t-elle par révéler ses secrets? L’Opposition exige du pouvoir de retrouver le citoyen Pierre Urbain Dangnivo. Dos au mur, le pouvoir sait qu’il est surveillé, soupçonné. Il s’emploie alors à retrouver l’intéressé.
Au cour du week-end du 25 au 26 septembre 2010, la rumeur affole tous les milieux, politiques surtout. Le corps sans vie du sieur Dangnivo aurait été au cœur de tractations diverses. Le lundi 27 septembre au matin, certains journaux annoncent que le corps de Dangnivo a été retrouvé enterré et allait être exhumé dans la journée. Dans l’après-midi, cette information va prendre de la consistance. La chaîne de télévision privée Canal 3 Bénin, diffuse en bande annonce que le corps a été localisé à Womey dans la commune d’Abomey-Calavi et allait être exhumé… Au ministère de la Justice, on annonce une conférence de presse du procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou, juste après l’exhumation… Peu après 17h, c’est le branle-bas de combat. Le secteur identifié à Womey est bouclé. Le pays est en état d’alerte. La rumeur du matin annonçait-elle l’information du soir? En tout cas, un corps a bien été exhumé. Etait-ce celui de Pierre Urbain Dangnivo?
Contestations
Ce soir-là, la zone grouille de monde. Après l’exhumation, un avocat présent sur les lieux, indiquait que rien ne permettait de dire s’il s’agissait du corps de Pierre Urbain Dangnivo. Selon cet avocat, en effet, le corps était déjà en putréfaction, avec les os des jambes apparents. Selon lui toujours, même le frère du disparu, à la vue du corps, ne l’avait pas reconnu et avait plutôt laissé entendre que son frère était plus grand que le corps exhumé, de même qu’il était plus corpulent selon d’autres parents. Sa sœur, Baï Dangnivo Koty, était totalement défaite. «J’ai vu un corps d’homme mais rien ne me permet d’affirmer que c’est celui de mon frère», lâchait un autre proche de la famille. Un fonctionnaire du ministère de la Justice, ayant assisté à la séance, n’était pas plus avancé. En tout cas, rien, à vue d’œil, ne permettait de dire s’il s’agissait bien du corps de Pierre Urbain Dangnivo, attestaient plusieurs autres sources proches du dossier.
Quant au ministre de la Justice, Grégoire Akofodji, présent sur les lieux, il assurait que c’est depuis la veille, dimanche, que ses services ont été mis sur une «excellente piste» qu’ils ont suivie pour aboutir à ce charlatan (Codjo Kossi Alofa) qui fait maintenant office de suspect numéro un, qui serait la dernière personne à avoir parlé avec le disparu, et qui aurait avoué l’avoir tué, l'avoir prélevé certains de ses organes, l’avoir emballé dans un linceul blanc avant de l’enfouir dans le sol. On n’était donc pas plus avancé même si d’après le ministre Grégoire Akofodji, «le charlatan a formellement déclaré qu’il est le meurtrier de Dangnivo». Sans doute informé de cette évolution du dossier, le président de la République, Boni Yayi, en séjour dans le Nord du pays, est rentré à Cotonou. Il reçoit aussitôt l’ambassadeur de France au Bénin, Hervé Besancenot, à qui il formule une demande d’aide technique pour identifier le corps et déterminer les circonstances de la mort de l’intéressé! Un Conseil des ministres, tenu le 29 septembre, nuance les assurances du ministre de la Justice mais dénonce ceux qui exploitent les faits à des fins politiciennes.
Dès le 30 septembre, les avocats de la famille réagissent pour relever les incohérences dans l’attitude du gouvernement. La famille, elle, veut bien croire que son fils est toujours en vie. C’est par un communiqué du 1er octobre qu’elle le fait savoir.
Ce même 1er octobre 2010 toujours, toute la journée durant, la route Cotonou-Lokossa a été coupée en deux au niveau du marché de Sè, localité natale de Pierre Urbain Dangnivo. Les populations de la localité avaient choisi ce mode de revendication pour se faire entendre des autorités et réclamer le retour de leur fils.
Bien plus tard, soit le 5 mars 2011, pendant la campagne électorale pour la présidentielle, à Lokossa, on apprendra de la bouche du chef de l’Etat, candidat à sa succession, qu’un expert allemand commis est reparti chez lui avec un doigt coupé du corps de Womey. Un doigt qui aurait permis de corroborer la thèse officielle selon laquelle le corps de Womey est bien celui de Pierre Urbain Dangnivo. Mais une thèse qui ne satisfait ni la famille, ni les avocats engagés sur le dossier. Tous dénoncent la méthode du gouvernement.
Enfin la vérité ?
Si certains doutent toujours de la thèse officielle, tous espèrent, en tout cas, que la vérité sera finalement établie. Le suspect numéro un, d’après la thèse officielle, devrait bien avoir ses mobiles. Quels seraient-ils ? La recherche du gain, parce qu’on lui aurait promis une forte somme comme annoncé un moment ? Un cruel crime gratuit, commis sur la personne d’un client qui serait allé le consulter, comme cela a été aussi distillé. En clair un simple fait divers qui tourne au drame national ? Rien n’est moins sûr. Autant que le sieur Alofa ne semblait pas disposé à assumer les faits, lui qui s’est évadé de la prison de haute sécurité d’Akpro-Missérété le 03 février 2015 avant d’être retrouvé quelques semaines plus tard au Togo.
Voici donc venu le moment de situer l’opinion. Codjo Kossi Alofa collaborera-t-il à l’œuvre de justice pour la manifestation de la justice ? Cinq ans après les faits, la famille du disparu et l’opinion espèrent sans doute enfin que le voile soit levé sur ce qu’il s’est réellement passé ce 17 août 2010. Trois jours y suffiront-ils ? L’expérience et la dextérité des juges, autant que la bonne collaboration des accusés, devraient y aider. Vivement…

La communauté musulmane de Porto-Novo a organisé samedi 24 octobre dernier, une séance de prière à l’intention des pèlerins décédés lors de la bousculade dans la vallée de Mina à la Mecque, le 24 septembre dernier. L’initiative a été soutenue par des autorités politico-administratives ainsi que d’autres confessions religieuses et des têtes couronnées de la ville.
La grande place Idi de la mosquée centrale d’Agbokou a été dans la matinée du samedi dernier, le point d’attraction des fidèles musulmans de Porto-Novo. Ils étaient très nombreux à prendre part à la séance de prière organisée pour le Bénin et en mémoire des pèlerins décédés lors de la bousculade du 24 septembre dernier à la Mecque. La cérémonie a été initiée par la communauté musulmane de Porto-Novo pour le repos de l’âme des victimes de cette tragédie. L’imam de la mosquée centrale de Porto-Novo, Houzéïfath Amzat, le président du Conseil islamique de Porto-Novo et premier haut dignitaire de l’Union islamique du Bénin, Karim Urbain da Silva ont prié Allah pour qu’ils reçoivent dans son royaume céleste, les victimes de cette bousculade. Ils ont aussi imploré Dieu afin qu'il accorde la paix aux familles éplorées et qu'il les assiste pour que le vide laissé par leurs parents disparus ne se ressente pas. L’imam Houzéïfath Amzat a rendu hommage aux fidèles des autres communautés religieuses sœurs qui ont accepté de se joindre à eux pour cette communion de prière.
«Nos communautés religieuses doivent s’unir, et unir leurs efforts vers le bonheur de nos cités et de notre pays», souligne-t-il, avant d’inviter Allah à accepter leurs dévotions, leurs appels et à veiller sur le Bénin et ses dirigeants. Le représentant de l’Eglise catholique, le père Hypolite Sagbo, celui de l’Eglise protestante, le pasteur Honoré Houngbo, celui de l’Eglise orthodoxe des rites orientaux du Bénin, Jerôme Assogba, celui des religions endogènes, Houédoto Zounkpotodé, des têtes couronnées sa Majesté Onikoyi Abesan Alajasè, et celui de la Jama’t islamique ahmadiyya, Abdel Koudouss ont défilé tour à tour pour prier Dieu pour le repos de l’âme des victimes. Selon eux, la mort est une expérience que tout homme fera.
Et c’est dans ce sens qu’il faut comprendre la mort de ces pèlerins à la quête du salut en Terre Sainte.
Le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, la représentante du président de l’Assemblée nationale, l’honorable Ibath Sanni Glèlè et le préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau, Moukaram Badarou ont loué l’initiative de l’organisation de cette séance de prière. Seul Dieu dispose de l’agenda de chaque personne. C’est lui qui donne la vie et c’est encore lui qui décide de la reprendre quand et où il veut, ont indiqué ceux-ci à travers leurs messages.
Revoir l’organisation du Hadj
Pour le préfet, c’est une grâce de trouver la mort lors du Hadj, le 5è pilier de l’islam. Mais Moukaram Badarou a insisté pour que soit revue l’organisation du Hadj. Il a invité le gouvernement saoudien à prendre ses responsabilités pour que le drame du 24 septembre dernier ne se reproduise plus jamais. Il n’a pas non plus oublié les convoyeurs qu’il invite à revoir le convoyage afin que les choses se fassent autrement désormais et que les pèlerins soient mieux traités et entretenus. Mais cet appel du préfet de l’Ouémé-Plateau n’a pas été du goût des convoyeurs présents. Ils ont réagi énergiquement par la voix de leur porte-parole, Bachirou Gbadamassi. Selon lui, si les choses doivent être réorganisées, cela passe par le retrait du gouvernement béninois du convoyage. Cette année, il aurait encore convoyé 300 pèlerins béninois à la Mecque. Au lieu de concurrencer les convoyeurs professionnels, le gouvernement doit plutôt être le gardien du temple ; celui qui réprimande les convoyeurs en cas de dérapages. Le retrait de l’Etat devrait permettre de situer facilement les responsabilités. Une intervention qui a été fortement applaudie par l’assistance qui semble trouver fondées les observations du convoyeur Bachirou Gbadamassi, par ailleurs, secrétaire général du Comité national d’organisation du Hadj au Bénin.
Loin de cette polémique, Idrissou Djima, représentant le ministre en charge de l’Economie et des Finances, a loué l’initiative de cette prière tout comme ses prédécesseurs. Il a remis une enveloppe d’un million FCFA émanant de son émissaire pour accompagner la communauté musulmane de Porto-Novo.

Le Syndicat national du personnel de l’Assemblée nationale (SYNAPA) a tenu samedi 24 octobre dernier, son 5è congrès ordinaire à Porto-Novo. Le temps fort de cette cérémonie devrait être l’élection du nouveau bureau en remplacement de l’équipe sortante dirigée par le secrétaire général André Odon-Aro. Mais faute de consensus autour du fichier électoral, cette élection a été reportée. Une équipe transitoire a été mise en place pour gérer les affaires courantes.
13 octobre 2012-12 octobre 2015. Le bureau du Syndicat national du personnel de l’Assemblée nationale (SYNAPA), 4è mandature a fini son mandat. Une nouvelle équipe devra être mise en place pour prendre le relais. C’est pour satisfaire à cette exigence que le personnel de l’Assemblée nationale, membre du syndicat, s’est retrouvé samedi 24 octobre dernier à la Piscine municipale à Porto-Novo pour procéder à l’élection du nouveau bureau. Mais ceci n’a pu se faire, faute de consensus autour de la liste électorale. Les congressistes n’ont pas accordé leurs violons sur l’enrôlement de certains électeurs dans le fichier électoral. Ils se sont tiraillés pendant plusieurs heures d’horloge. Le consensus ne venant toujours pas, il a été décidé que le bureau sortant démissionne pour céder place à un bureau transitoire. L’équipe transitoire qui n’est rien d’autre que le présidium devant superviser l’élection, a été chargée de liquider les affaires courantes du syndicat jusqu’à la mise en place du nouveau bureau. C’est sur cette décision que les travaux se sont achevés. Mais avant, les divergences autour de la liste électorale, les congressistes ont d’abord fait le point du chemin parcouru depuis le 4è congrès ordinaire.
Dans son discours d’ouverture officielle des travaux, le secrétaire général sortant a laissé entendre qu’en trois ans, le SYNAPA a enregistré quelques victoires syndicales et même quelques défaites. André Odon-Aro a salué la compréhension, la solidarité et la cohésion de ses membres qui ont permis l’atteinte de ces résultats. Il les a exhortés à faire montre de la même disponibilité et du même dynamisme pour porter plus haut et plus loin le flambeau du syndicat. Le secrétaire général sortant n’a pas manqué de revenir sur la principale revendication du SYNAPA, à savoir la relecture du statut du fonctionnaire parlementaire béninois. Celle-ci se présente aujourd’hui comme une nécessité absolue car cette relecture apporterait plus de quiétude dans le rang des travailleurs, a souligné André Odon-Aro. Il a invité tous les fonctionnaires de l’Assemblée nationale à faire tout ce qu’ils peuvent, pour décrocher la satisfaction de cette revendication dans un climat apaisé en privilégiant la négociation et le dialogue.
André Odon-Aro a exprimé toute sa reconnaissance aux membres du bureau de la 6è législature de l’Assemblée nationale avec à leur tête, Mathurin Nago. Selon lui, une certaine harmonie entre employeur et le syndicat a été maintenue au cours de cette législature. Ce qui a permis la satisfaction de certaines revendications syndicales sous Mathurin Nago.
Le secrétaire général sortant a félicité l’actuel bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Me Adrien Houngbédji depuis le 19 mai dernier. Il souhaite comme promis à l’occasion de son investiture, que le président et son bureau soient effectivement à l’écoute du personnel qui est à leur service.