La Nation Bénin...
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Dernier-né des musées du Bénin, le musée régional de Kinkinhoué dans la commune de Djakotomey, loin de bénéficier de l’attention qu’on accorde aux benjamins, végète dans un désintérêt doublé d’actes de vandalisme. Au lieu d’être un joyau, il est promis à une mort lente si rien n’est fait.
Si l’accès au musée régional de Kinkinhoué était aisé, si le visiteur pouvait trouver des repères sans être obliger, tous les dix mètres, de s’arrêter pour demander son chemin, cela constituerait sans doute un mal de moins parmi les multiples maux qui étouffent l’émancipation du tout dernier des musées du Bénin. Mais hélas !
Pourtant, la difficulté d’accès est loin d’être la seule gangrène de ce lieu de culture. Il faut finalement parvenir à se repérer, à s’introduire sur le site, pour se rendre à l’évidence. Le mal est bien plus profond.
Sur les lieux un seul agent, contractuel affecté sur place à la suite des derniers redéploiements de personnel administratif affecté au ministère en charge de la Culture. C’est lui qui, d’un air distrait, reçoit les rarissimes visiteurs. Il les accueille dans un français approximatif avant de les remettre aux mains du conservateur. Lui, heureusement, est une tête bien faite et semble connaître son musée. Seulement, au lieu de vanter le centre dont il a la charge, il accueille ses hôtes avec des jérémiades. Mais visiblement, Moubachirou do Régo n’a pas le choix. Responsable des collections muséales et affecté depuis un an et demi à Kinkinhoué pour assurer les charges de conservateur, l’homme s’échine. Il a du mal à offrir la visibilité qu’il mérite à ce musée régional, censé aider les peuples Adja-Tado et Yorouba du Bénin à contempler leur passé.
Un joyau délaissé
«Ce musée a été ouvert au public le 7 juin 2014 par les ministres en charge de l’Environnement et de la Culture. L’objectif est d’en faire un musée populaire, un musée de civilisation, un musée enraciné dans la société… son histoire est un condensé du passé des cultures Adja- et Yoruba… C’est un lieu de mémoire de la période coloniale du Sud Bénin, une vitrine de la civilisation de l’ère culturelle Adja…» Les mots pour dépeindre son musée ne manquent pas au conservateur. A l’écouter, on se ruerait sur ce lieu. Et c’est là que se trouve tout le contraste. Les trois hectares sont presque vides. Les bâtisses, réhabilitées, ont abrité par le passé les résidences du chef canton Essou, de ses épouses et ses enfants. Actuellement deux salles d’exposition accueillent quelques-uns des objets du chef canton retrouvés après son décès. Ils constituent les seules richesses du lieu.
Son premier responsable assure que d’autres objets du chef sont aux mains de ses descendants. Ils pourraient lui parvenir sous peu, les négociations se poursuivent. Au-delà de ces objets, Moubachirou do Régo entend donner au musée son caractère régional et populaire. Des actions auraient été initiées avec la collaboration de la direction départementale de la Culture et la direction du Patrimoine culturel à Cotonou pour collecter d’autres objets liés à l’histoire et à la vie de cet homme. Cette opération, selon le conservateur, s’étendra aux communes des départements du Mono-Couffo. Sur ce chantier, des avancées notables ont été déjà enregistrées, note-t-il, avec satisfaction. Le gain sera bénéfique pour la commune de Djakotomey, localité hôte du musée. Les autorités locales se sont engagées pour que l’opération de collecte porte ses fruits.
Un musée «torturé» par la population
Le plan de développement communal (PDC) troisième génération de la commune prévoit de faire une place de choix à la valorisation du musée et du patrimoine culturel en général dans la commune, assure le secrétaire général de la mairie de Djakotomey, Ludovic Houèdé. Il reconnaît que les deux PDC précédents n’ont pas suffisamment pris en compte la question du patrimoine. Il rappelle l’engagement du nouveau conseil communal qui, ayant inscrit la valorisation du patrimoine au cœur de son action, a visité le musée, le lendemain de son installation. Cette occasion en or, le conservateur des lieux ne l’a pas raté. Il a exposé sa longue liste de doléances aux autorités.
Pour le secrétaire général de la mairie de Djakotomey, l’administration communale n’ignore pas la part de responsabilité qui lui revient dans la promotion et la valorisation de ce musée. Par le passé, argumente-t-il, il aurait fallu que les rôles de chaque acteur soient clairement définis pour permettre une répartition des tâches. «C’est nous qui abritons le musée et nous avons intérêt à tout faire pour qu’il ait une certaine notoriété et qu’il puisse recevoir des touristes. Pour l’économie locale, promouvoir l’art et la culture passe par la visibilité du musée », insiste-t-il.
Le secrétaire général, comme le conservateur, déplore les actes de vandalisme répétés sur les installations et sur l’édifice du musée. Pour lui, il ne faut pas y voir un relâchement de la mairie. «Le musée fait trois hectares et on ne peut pas demander au conservateur d’assurer lui-même le gardiennage», poursuit Ludovic Houèdé. Pourtant, en l’absence de toute autre solution et pour préserver l’édifice qui ne dispose ni de toilettes, ni d’électricité, encore moins du moindre point d’eau, le conservateur assure qu’il n’hésiterait pas à troquer à la nuit tombante, ses attributs de gardien contre ceux de gardien de nuit. Pour lui, c’est la seule manière de contenir l’incivisme grandissant des habitants. Une double peine pour le conservateur qui, en plus de faire face à un désintérêt de la part de la population, se voit contraint de jouer les épouvantails la nuit, pour chasser les voleurs.
Des statistiques écœurantes
Il est clairement évident que les musées du Bénin, en tout cas ceux qui sont publics sont peu fréquentés. Le musée de Kinkinhoué n’échappe pas à la règle. Et manque de pot, le benjamin souffre davantage de cette situation. Au cours de l’année 2015, son taux de fréquentation est très bas. Un ou deux visiteurs par mois, s’attriste le conservateur en présence de son collaborateur qui l’appuie d’un geste de tête.
Il égraine les chiffres. En janvier 2015, une seule personne lui a rendu visite. En février, il y en avait six dont trois Béninois. Au mois d’avril, deux étrangers y sont passés alors que le mois précédent, les deux maîtres des lieux n’ont vu personne. Au mois de mai, 32 scolaires y sont passés grâce à une action destinée aux établissements d’enseignement secondaire. Les mois suivants, la tendance est resté la même avec une moyenne d’un visiteur par mois. Cette situation, le conservateur, dépité, l’explique surtout par la sociologie du milieu. Il note que le patrimoine n’est pas la tasse de thé locale. Conséquence, le village artisanal érigé à grand frais, près du musée est abandonné, sans le moindre occupant.
Dans cet océan de tristesse, une note de joie pourtant : le site web. Un touriste étranger qui a découvert les lieux l’a offert pour répondre au cri de détresse du conservateur. Reste à savoir si cette fenêtre ouverte sur le monde va attirer des visiteurs à Kinkinhoué.

Les organes de contrôle, la Société civile et l’Autorité nationale de lutte contre la corruption se sont retrouvés, hier mardi 27 octobre à Cotonou, pour réfléchir à la création d’un cadre de concertation qui leur permettrait de mieux collaborer. C’était au cours d’un un atelier placé sous la supervision du président de l’ANLC, Guy Ogoubiyi.
La lutte contre la corruption a toujours été une préoccupation depuis l’indépendance jusqu’à ce jour des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du Bénin. Ainsi, divers corps de contrôles des structures de l’administration ont été mis en place pour marquer la volonté des responsables au plus haut niveau.
Une volonté qui, selon le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Guy Ogoubiyi, s’est accentuée en 2011 par le vote de la loi 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin qui a créée l’Autorité qu’il dirige.
Il a rappelé que, dès son installation, l’ANLC a commandité avec l’appui des partenaires au développement, plusieurs études afin de mieux cerner la mission à elle confiée.
Ainsi, l’institution a organisé en novembre 2014 avec l’appui financier de la Banque mondiale, un atelier de validation du rapport d’étude sur l’état des lieux de la lutte contre la corruption au Bénin de 1960 à ce jour.
La création d’un cadre de concertation entre l’ANLC, les différents organes de contrôle de l’Etat et les Organisations de la Société civile a été l’une des recommandations faites à l’issue dudit atelier.
Guy Ogoubiyi a affirmé que l’objectif visé par cette initiative, est d’instaurer une passerelle entre les différents organes impliqués dans la lutte contre la corruption et autres infractions connexes, en vue d’une complémentarité pour plus d’efficacité.
Aussi, a-t-il sollicité le soutien du chef de l’Etat dont la volonté affichée pour la lutte contre la corruption, n’est plus à démontrer.
Le président de l’ANLC a indiqué que l’ambition que nourrissent les citoyens dans leur ensemble, est de voir l’impunité vaincue un jour au Bénin.
Il a rassuré que le cadre de concertation en cours de création ne sera pas un de plus, mais qu’elle contribuera réellement à infléchir l’évolution de la corruption en facilitant une bonne circulation des informations et la synergie des actions de lutte.

La session spéciale de la cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, qui s’ouvre ce jour mardi 27 octobre est censé s’achever le jeudi 29 octobre prochain. Soit trois jours pour juger le sieur Codjo Kossi Alofa et son compère Donatien Amoussou, poursuivis respectivement pour assassinat et complicité d’assassinat, crimes qu’ils auraient commis sur la personne de Pierre Urbain Dangnivo. Lequel, disparu depuis le 17 août 2010, est donné pour mort.
Va-t-on enfin savoir ce qu’il est réellement advenu de Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère de l'Economie et des Finances ? Est-il vraiment mort comme indiqué par un rapport d’expertise légiste dont se prévaut le gouvernement? Est-il toujours en vie comme le laissent entendre certaines sources non officielles? Qu'est ce que Codjo Kossi Alofa et Donatien Amoussou en savent-ils de cette affaire ? Les débats, attendus au cours de la session spéciale de la cour d’assises de la Cour d'appel de Cotonou qui démarre aujourd’hui donneront-ils lieux à des déballages ? Des dénonciations ? Des révélations ?
Alerte
En effet, c’est le 17 août 2010 que survint la disparition du sieur Pierre Urbain Dangnivo. Parti du service ce jour-là, il n’est jusque-là pas rentré chez lui où l’attendaient et l’attendent peut-être encore les siens. Au bout de quelques jours et en raison de l’atmosphère surchauffée eu égard à la présidentielle de 2011 qui s’annonçait dans un climat de défiance entre pouvoir et opposition, cette disparition devient une affaire d’Etat. Les politiques (pouvoir et opposition) s’accusent à mots à peine voilés d’avoir fomenté la disparition du cadre du ministère des Finances, encarté au Parti social démocrate (PSD) et responsable local de l’Union fait la Nation. Supputations, insinuations vont bon train. L’homme réapparaîtra-t-il enfin? Cette affaire, qui empeste le ciel trouble de la présidentielle finira-t-elle par révéler ses secrets? L’Opposition exige du pouvoir de retrouver le citoyen Pierre Urbain Dangnivo. Dos au mur, le pouvoir sait qu’il est surveillé, soupçonné. Il s’emploie alors à retrouver l’intéressé.
Au cour du week-end du 25 au 26 septembre 2010, la rumeur affole tous les milieux, politiques surtout. Le corps sans vie du sieur Dangnivo aurait été au cœur de tractations diverses. Le lundi 27 septembre au matin, certains journaux annoncent que le corps de Dangnivo a été retrouvé enterré et allait être exhumé dans la journée. Dans l’après-midi, cette information va prendre de la consistance. La chaîne de télévision privée Canal 3 Bénin, diffuse en bande annonce que le corps a été localisé à Womey dans la commune d’Abomey-Calavi et allait être exhumé… Au ministère de la Justice, on annonce une conférence de presse du procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou, juste après l’exhumation… Peu après 17h, c’est le branle-bas de combat. Le secteur identifié à Womey est bouclé. Le pays est en état d’alerte. La rumeur du matin annonçait-elle l’information du soir? En tout cas, un corps a bien été exhumé. Etait-ce celui de Pierre Urbain Dangnivo?
Contestations
Ce soir-là, la zone grouille de monde. Après l’exhumation, un avocat présent sur les lieux, indiquait que rien ne permettait de dire s’il s’agissait du corps de Pierre Urbain Dangnivo. Selon cet avocat, en effet, le corps était déjà en putréfaction, avec les os des jambes apparents. Selon lui toujours, même le frère du disparu, à la vue du corps, ne l’avait pas reconnu et avait plutôt laissé entendre que son frère était plus grand que le corps exhumé, de même qu’il était plus corpulent selon d’autres parents. Sa sœur, Baï Dangnivo Koty, était totalement défaite. «J’ai vu un corps d’homme mais rien ne me permet d’affirmer que c’est celui de mon frère», lâchait un autre proche de la famille. Un fonctionnaire du ministère de la Justice, ayant assisté à la séance, n’était pas plus avancé. En tout cas, rien, à vue d’œil, ne permettait de dire s’il s’agissait bien du corps de Pierre Urbain Dangnivo, attestaient plusieurs autres sources proches du dossier.
Quant au ministre de la Justice, Grégoire Akofodji, présent sur les lieux, il assurait que c’est depuis la veille, dimanche, que ses services ont été mis sur une «excellente piste» qu’ils ont suivie pour aboutir à ce charlatan (Codjo Kossi Alofa) qui fait maintenant office de suspect numéro un, qui serait la dernière personne à avoir parlé avec le disparu, et qui aurait avoué l’avoir tué, l'avoir prélevé certains de ses organes, l’avoir emballé dans un linceul blanc avant de l’enfouir dans le sol. On n’était donc pas plus avancé même si d’après le ministre Grégoire Akofodji, «le charlatan a formellement déclaré qu’il est le meurtrier de Dangnivo». Sans doute informé de cette évolution du dossier, le président de la République, Boni Yayi, en séjour dans le Nord du pays, est rentré à Cotonou. Il reçoit aussitôt l’ambassadeur de France au Bénin, Hervé Besancenot, à qui il formule une demande d’aide technique pour identifier le corps et déterminer les circonstances de la mort de l’intéressé! Un Conseil des ministres, tenu le 29 septembre, nuance les assurances du ministre de la Justice mais dénonce ceux qui exploitent les faits à des fins politiciennes.
Dès le 30 septembre, les avocats de la famille réagissent pour relever les incohérences dans l’attitude du gouvernement. La famille, elle, veut bien croire que son fils est toujours en vie. C’est par un communiqué du 1er octobre qu’elle le fait savoir.
Ce même 1er octobre 2010 toujours, toute la journée durant, la route Cotonou-Lokossa a été coupée en deux au niveau du marché de Sè, localité natale de Pierre Urbain Dangnivo. Les populations de la localité avaient choisi ce mode de revendication pour se faire entendre des autorités et réclamer le retour de leur fils.
Bien plus tard, soit le 5 mars 2011, pendant la campagne électorale pour la présidentielle, à Lokossa, on apprendra de la bouche du chef de l’Etat, candidat à sa succession, qu’un expert allemand commis est reparti chez lui avec un doigt coupé du corps de Womey. Un doigt qui aurait permis de corroborer la thèse officielle selon laquelle le corps de Womey est bien celui de Pierre Urbain Dangnivo. Mais une thèse qui ne satisfait ni la famille, ni les avocats engagés sur le dossier. Tous dénoncent la méthode du gouvernement.
Enfin la vérité ?
Si certains doutent toujours de la thèse officielle, tous espèrent, en tout cas, que la vérité sera finalement établie. Le suspect numéro un, d’après la thèse officielle, devrait bien avoir ses mobiles. Quels seraient-ils ? La recherche du gain, parce qu’on lui aurait promis une forte somme comme annoncé un moment ? Un cruel crime gratuit, commis sur la personne d’un client qui serait allé le consulter, comme cela a été aussi distillé. En clair un simple fait divers qui tourne au drame national ? Rien n’est moins sûr. Autant que le sieur Alofa ne semblait pas disposé à assumer les faits, lui qui s’est évadé de la prison de haute sécurité d’Akpro-Missérété le 03 février 2015 avant d’être retrouvé quelques semaines plus tard au Togo.
Voici donc venu le moment de situer l’opinion. Codjo Kossi Alofa collaborera-t-il à l’œuvre de justice pour la manifestation de la justice ? Cinq ans après les faits, la famille du disparu et l’opinion espèrent sans doute enfin que le voile soit levé sur ce qu’il s’est réellement passé ce 17 août 2010. Trois jours y suffiront-ils ? L’expérience et la dextérité des juges, autant que la bonne collaboration des accusés, devraient y aider. Vivement…

La communauté musulmane de Porto-Novo a organisé samedi 24 octobre dernier, une séance de prière à l’intention des pèlerins décédés lors de la bousculade dans la vallée de Mina à la Mecque, le 24 septembre dernier. L’initiative a été soutenue par des autorités politico-administratives ainsi que d’autres confessions religieuses et des têtes couronnées de la ville.
La grande place Idi de la mosquée centrale d’Agbokou a été dans la matinée du samedi dernier, le point d’attraction des fidèles musulmans de Porto-Novo. Ils étaient très nombreux à prendre part à la séance de prière organisée pour le Bénin et en mémoire des pèlerins décédés lors de la bousculade du 24 septembre dernier à la Mecque. La cérémonie a été initiée par la communauté musulmane de Porto-Novo pour le repos de l’âme des victimes de cette tragédie. L’imam de la mosquée centrale de Porto-Novo, Houzéïfath Amzat, le président du Conseil islamique de Porto-Novo et premier haut dignitaire de l’Union islamique du Bénin, Karim Urbain da Silva ont prié Allah pour qu’ils reçoivent dans son royaume céleste, les victimes de cette bousculade. Ils ont aussi imploré Dieu afin qu'il accorde la paix aux familles éplorées et qu'il les assiste pour que le vide laissé par leurs parents disparus ne se ressente pas. L’imam Houzéïfath Amzat a rendu hommage aux fidèles des autres communautés religieuses sœurs qui ont accepté de se joindre à eux pour cette communion de prière.
«Nos communautés religieuses doivent s’unir, et unir leurs efforts vers le bonheur de nos cités et de notre pays», souligne-t-il, avant d’inviter Allah à accepter leurs dévotions, leurs appels et à veiller sur le Bénin et ses dirigeants. Le représentant de l’Eglise catholique, le père Hypolite Sagbo, celui de l’Eglise protestante, le pasteur Honoré Houngbo, celui de l’Eglise orthodoxe des rites orientaux du Bénin, Jerôme Assogba, celui des religions endogènes, Houédoto Zounkpotodé, des têtes couronnées sa Majesté Onikoyi Abesan Alajasè, et celui de la Jama’t islamique ahmadiyya, Abdel Koudouss ont défilé tour à tour pour prier Dieu pour le repos de l’âme des victimes. Selon eux, la mort est une expérience que tout homme fera.
Et c’est dans ce sens qu’il faut comprendre la mort de ces pèlerins à la quête du salut en Terre Sainte.
Le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, la représentante du président de l’Assemblée nationale, l’honorable Ibath Sanni Glèlè et le préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau, Moukaram Badarou ont loué l’initiative de l’organisation de cette séance de prière. Seul Dieu dispose de l’agenda de chaque personne. C’est lui qui donne la vie et c’est encore lui qui décide de la reprendre quand et où il veut, ont indiqué ceux-ci à travers leurs messages.
Revoir l’organisation du Hadj
Pour le préfet, c’est une grâce de trouver la mort lors du Hadj, le 5è pilier de l’islam. Mais Moukaram Badarou a insisté pour que soit revue l’organisation du Hadj. Il a invité le gouvernement saoudien à prendre ses responsabilités pour que le drame du 24 septembre dernier ne se reproduise plus jamais. Il n’a pas non plus oublié les convoyeurs qu’il invite à revoir le convoyage afin que les choses se fassent autrement désormais et que les pèlerins soient mieux traités et entretenus. Mais cet appel du préfet de l’Ouémé-Plateau n’a pas été du goût des convoyeurs présents. Ils ont réagi énergiquement par la voix de leur porte-parole, Bachirou Gbadamassi. Selon lui, si les choses doivent être réorganisées, cela passe par le retrait du gouvernement béninois du convoyage. Cette année, il aurait encore convoyé 300 pèlerins béninois à la Mecque. Au lieu de concurrencer les convoyeurs professionnels, le gouvernement doit plutôt être le gardien du temple ; celui qui réprimande les convoyeurs en cas de dérapages. Le retrait de l’Etat devrait permettre de situer facilement les responsabilités. Une intervention qui a été fortement applaudie par l’assistance qui semble trouver fondées les observations du convoyeur Bachirou Gbadamassi, par ailleurs, secrétaire général du Comité national d’organisation du Hadj au Bénin.
Loin de cette polémique, Idrissou Djima, représentant le ministre en charge de l’Economie et des Finances, a loué l’initiative de cette prière tout comme ses prédécesseurs. Il a remis une enveloppe d’un million FCFA émanant de son émissaire pour accompagner la communauté musulmane de Porto-Novo.

Le Syndicat national du personnel de l’Assemblée nationale (SYNAPA) a tenu samedi 24 octobre dernier, son 5è congrès ordinaire à Porto-Novo. Le temps fort de cette cérémonie devrait être l’élection du nouveau bureau en remplacement de l’équipe sortante dirigée par le secrétaire général André Odon-Aro. Mais faute de consensus autour du fichier électoral, cette élection a été reportée. Une équipe transitoire a été mise en place pour gérer les affaires courantes.
13 octobre 2012-12 octobre 2015. Le bureau du Syndicat national du personnel de l’Assemblée nationale (SYNAPA), 4è mandature a fini son mandat. Une nouvelle équipe devra être mise en place pour prendre le relais. C’est pour satisfaire à cette exigence que le personnel de l’Assemblée nationale, membre du syndicat, s’est retrouvé samedi 24 octobre dernier à la Piscine municipale à Porto-Novo pour procéder à l’élection du nouveau bureau. Mais ceci n’a pu se faire, faute de consensus autour de la liste électorale. Les congressistes n’ont pas accordé leurs violons sur l’enrôlement de certains électeurs dans le fichier électoral. Ils se sont tiraillés pendant plusieurs heures d’horloge. Le consensus ne venant toujours pas, il a été décidé que le bureau sortant démissionne pour céder place à un bureau transitoire. L’équipe transitoire qui n’est rien d’autre que le présidium devant superviser l’élection, a été chargée de liquider les affaires courantes du syndicat jusqu’à la mise en place du nouveau bureau. C’est sur cette décision que les travaux se sont achevés. Mais avant, les divergences autour de la liste électorale, les congressistes ont d’abord fait le point du chemin parcouru depuis le 4è congrès ordinaire.
Dans son discours d’ouverture officielle des travaux, le secrétaire général sortant a laissé entendre qu’en trois ans, le SYNAPA a enregistré quelques victoires syndicales et même quelques défaites. André Odon-Aro a salué la compréhension, la solidarité et la cohésion de ses membres qui ont permis l’atteinte de ces résultats. Il les a exhortés à faire montre de la même disponibilité et du même dynamisme pour porter plus haut et plus loin le flambeau du syndicat. Le secrétaire général sortant n’a pas manqué de revenir sur la principale revendication du SYNAPA, à savoir la relecture du statut du fonctionnaire parlementaire béninois. Celle-ci se présente aujourd’hui comme une nécessité absolue car cette relecture apporterait plus de quiétude dans le rang des travailleurs, a souligné André Odon-Aro. Il a invité tous les fonctionnaires de l’Assemblée nationale à faire tout ce qu’ils peuvent, pour décrocher la satisfaction de cette revendication dans un climat apaisé en privilégiant la négociation et le dialogue.
André Odon-Aro a exprimé toute sa reconnaissance aux membres du bureau de la 6è législature de l’Assemblée nationale avec à leur tête, Mathurin Nago. Selon lui, une certaine harmonie entre employeur et le syndicat a été maintenue au cours de cette législature. Ce qui a permis la satisfaction de certaines revendications syndicales sous Mathurin Nago.
Le secrétaire général sortant a félicité l’actuel bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Me Adrien Houngbédji depuis le 19 mai dernier. Il souhaite comme promis à l’occasion de son investiture, que le président et son bureau soient effectivement à l’écoute du personnel qui est à leur service.

La Chaire UNESCO des droits de la personne et de la démocratie a organisé vendredi 23 octobre dernier à Cotonou, une conférence-débats sur la corruption en République du Bénin. Le thème retenu à cette occasion est : "La corruption en République du Bénin : le regard d’un économiste". Plusieurs experts du monde politique, juridique et économique ont pris part à ces échanges qui ont été animés par Jude Eggoh, maître-assistant à l’Université d’Abomey-Calavi, Denis Acclassato, agrégé de sciences économiques à la FASEG d’Abomey-Calavi et de Noël Gbaguidi, agrégé des facultés de droit, professeur titulaire de ladite Chaire.
La corruption est un mal qui ruine la société. C’est pour éradiquer un tant soit peu ce fléau que la Chaire Unesco des droits de la personne et de la démocratie a réuni les différents acteurs qui interviennent dans le domaine. Cette activité entre bien dans le cadre du projet de recherche intitulé Traitement sociétal de la corruption au Bénin (TRASCOB). L’objectif de la rencontre est de leur exposer le regard que porte l’économiste sur la corruption qui devient de plus en plus la chose la mieux partagée au Bénin. A l’occasion, les participants ont été entretenus sur le thème "la corruption en République du Bénin le regard d’un économiste". C’est Jude Eggoh, maître-assistant à l’Université d’Abomey-Calavi qui a présenté un exposé sur ce thème. Après avoir donné les différentes définitions de la corruption, le conférencier a indiqué qu’elle est un mal qui ne date pas d’aujourd’hui et n’est pas uniquement lié au Bénin et aux autres pays africains mais aussi aux pays occidentaux. Néanmoins, il note qu’en dépit des efforts fournis par les gouvernements qui se sont succédé depuis 1991 à la tête du Bénin pour lutter contre la corruption, le fléau n’arrive pas à être enrayé et continue de gangréner l’administration publique. Pour lui, les lois qui ont été votées pour l’éradiquer n’ont produit aucun effet. En témoignent les nombreux scandales qui ont été enregistrés ces dernières années. Ainsi, il déduit qu’au regard des nombreux actes d’impunité, que la corruption est désormais un mode de gouvernance. Selon lui, la bonne gouvernance réduit considérablement les nids de malversation. Il importe donc que chaque gouvernant travaille à ce qu’elle devienne une réalité dans les comportements et réflexes citoyens, car dit-il, la corruption est l’affaire de tous. Il a ensuite fait des recommandations qui vont selon lui, diminuer le nombre des malversations.
Invité à la conférence, Joseph Tamégnon, conseiller aux Affaires économiques du chef de l’Etat, a salué l’initiative et estimé que la corruption est devenue une routine dans le milieu éducatif en général et spécialement dans celui universitaire.
Pour le titulaire de la Chaire UNESCO, Noël Gbaguidi, il faut que des actes punitifs et correctionnels soient pris pour réduire sensiblement ce mal qui retarde la croissance et le développement du pays. Il importe, selon lui, qu’on supprime certaines institutions qui rendent complexes les sanctions punitives afin de permettre à tout homme, fut-il politique ou responsable, de répondre de ses actes.
Les différents participants ont apporté leur contribution. Il faut noter que l’auditeur général de l’Etat, Michel Dognon et Jean Baptiste Elias, président du Front des Organisations nationales de Lutte contre la Corruption (Fonac), ont également pris part à cette conférence-débats.

En vue de promouvoir l’art et la culture et de participer à la création d’un monde culturel meilleur, l’Association Pat’ace conseil à travers son projet «Rayons d’Afric Saison 3», a organisé le samedi 24 septembre dernier, à Bluezone Zongo de Cotonou, une grande soirée dénommée ‘’soirée des lauréats guide de la jeunesse’’. A cette occasion, plusieurs acteurs culturels ont été distingués.
Dans la vision de faire rayonner la culture africaine et d’assurer la promotion d’œuvres de créations, le projet «Rayons d’Afric» acte 3 del’Association Pat’ace conseil, a réuni le samedi 24 octobre dernier à Bluezone Zongo de Cotonou, des amoureux de la mode à la grande soirée des lauréats guide de la jeunesse. Cette soirée a été essentiellement marquée par un défilé de mode d’éveil de créativité dédié à l’enfance en conflit avec la loi. Il sera survi d'une remise d’attestation aux 25 créateurs de mode qui ont bénéficié de la formation de renforcement de capacités organisée à cet effet par l’Association Pat’ace conseil pour donner plus de gout aux jeunes créateurs de mode, pour la diminution du sous-emploi, la réduction de la pauvreté en vue d’un développement durable.
Selon le président de l ’Association Pat’ace conseil, Yao P. Tomédé, la culture, l’art et l’artisanat devraient laisser d’encrage pour les secteurs d’activités et de développement. C’est dans ce combat crucial que son équipe et lui se sont lancés pour la valorisation du patrimoine culturel béninois en particulier et africain en général. Ainsi, 8 trophées ont été décernés aux meilleurs acteurs de développement qui ont contribué et participé à la réalisation du projet «Rayons d’Afric» acte 3 dont le parrainage est revenu au trio Soumanou
Toléba, Rotimy Djossaya et Gilbert Tonon.
Au terme de «Rayons d’Afric» acte 3, Pat’ace conseil attend voir les œuvres de ses artistes connues du grand public pour ainsi permettre aux acteurs de mieux s’informer sur les techniques de management, de marketing culturel et d’élargir le marché à d’autres produits culturel. Créé depuis 2006,l’association Pat’ace conseil a déjà œuvré dans divers domaines comme la sensibilisation des enfants sur les sites touristiques des villes du Bénin, l’organisation de la nuit de la séduction à travers un défilé de mode, une conférence pour la valorisation et la préservation des instruments de musique.

Des filles et fils de l’arrondissement de Madjrè dans la commune de Dogbo ont du mercredi 21 au dimanche 25 octobre dernier, célébré la 3è édition de leur rencontre annuelle dénommée «Madjrèhoué». Le lancement officiel des activités inscrites dans ce cadre a été présidé, samedi 24 octobre dernier à l’école primaire publique du village Gbokédéhoué par Vincent Acakpo, maire de la localité.
Après les villages Ma-djrè centre et Lemawehoué, c'est celui de Gbokédéhoué qui a accueilli la 3è édition de la fête des retrouvailles entre les ressortissants de Madjrè, l’un des sept arrondissements de la commune de Dogbo. Depuis le dimanche 25 octobre dernier, la fête dénommée encore «madjrèhoué» y a été célébrée sous le parrainage de Parfait Gbokédé, natif de Madjrè et suppléant du député Rosine Dagniho des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).
Les activités inscrites dans ce cadre ont commencé, déjà le mercredi 21 octobre, par une campagne de salubrité qui s’est poursuivie jusqu’au samedi 24 octobre dernier où les festivités ont été rehaussées par la visite du maire de la commune, Vincent Acakpo.
A l’occasion, des sages, des élus locaux et des groupements de balayeuses de la localité ont donné de la voix à l’école primaire publique du village Gbokédéhoué. Les élèves étaient aussi de la partie à travers un groupe de ballet aux côtés des artistes invités. Au programme de la fête, il y a eu aussi une communication sur le thème «La réconciliation après les élections» développé par le chef de l’arrondissement, Marcellin Sognon et ses frères des formations politiques adverses à savoir, Félix Akouègnonhou de l’Alliance Eclaireur puis Daniel Tchéou des FCBE.
A en croire Sylvain Sébio Sossou de l’association des jeunes de Madjrè, cette activité compte parmi les situations envisagées pour extirper les démons de la division au sortir des dernières élections. Le président du creuset Mathias Dodo rappelle, quant à lui, que «Madjrèhoué» a été lancée en 2012 justement pour cette cause. Celle d’entraîner les filles et fils de Madjrè aux valeurs de fraternité et de solidarité en vue d’un développement inclusif de leur localité.
Au regard de ces ambitions, l’autorité communale a encouragé à maintenir le cap en dépit des mépris et des promesses non tenues de certains acteurs politiques.
«Si vous aviez organisé cette fête avant les élections, vous auriez manqué de place pour contenir les invités», indique le maire Vincent Acakpo pour tempérer le mécontentement des organisateurs à l’encontre des personnalités absentes.
Culture 27 oct. 2015

Après son ouvrage sur « Le devenir du Franc CFA » paru en 1999, Claude d’Almeida, reconnu dans le milieu bancaire pour avoir travaillé à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vient de mettre sur le marché un autre livre sur « le Financement de l’économie béninoise de 1960-2010 ». Dans cet ouvrage, il suggère de modifier la règlementation bancaire en vigueur pour y insérer l’obligation pour les banques d’être cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
«Pour permettre un meilleur financement de concours à long terme, il faut conforter la vocation de la Bourse régionale des valeurs mobilières». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le consultant Claude d’Almeida qui vient de mettre sur le marché, un ouvrage sur «le Financement de l’économie béninoise de 1960-2010». Pour lui, ceci peut être acquis en modifiant la règlementation bancaire pour exiger la cotation boursière de toutes les entreprises qui font appel public à l’épargne en commençant par les moyennes et grandes banques et compagnies d’assurances dans le cadre notamment, du processus engagé de réforme du niveau du capital minimum des banques et des compagnies financières. Cela assurera à long terme l’accès à des ressources longues en vue du financement de l’investissement.
Dans son ouvrage, Claude d’Almeida rappelle que le Bénin reçoit d’importants financements publics et privés au titre de l’Aide internationale au développement. Cette aide concerne aussi bien l’aide publique au développement (APD) que les autres formes de ressources telles les subventions, prêts et crédits à des fins militaires, les investissements, directs étrangers (IDE).
En effet, l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1969 déjà selon l’ouvrage a fixé à 0,7% du Produit national brut (PNB), l’objectif que les pays développés devaient atteindre en matière d’APD. Cet objectif explique Claude d’Almeida dans son ouvrage a été réitéré à Monterrey, au Mexique, en 2002, et à Gleneagles en 2005. Mais cette promesse d’atteindre une APD de 0,7% n’a pas été tenue.
Le volume moyen de l’APD nette de l’OCDE reçue par le Bénin (444), rapporté au flux moyen de l’APD reçue par les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) reste modeste. Le Bénin se place en cinquième position après le Sénégal (899), le Burkina Faso (831), le Mali (820) et le Niger (546).
Dans son ouvrage, Claude d’Almeida a montré que l’aide ne parvient pas encore à financer l’ensemble des investissements structurants qui faciliteraient l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement. L’aide publique au développement ne peut suffire à financer la politique d’investissements massifs nécessaire au Bénin. Toutefois, à court terme, le vrai problème du Bénin reste la faible consommation des crédits extérieurs approuvés. Le deuxième problème évoque-t-il, c’est le saupoudrage des ressources disponibles, sur un grand nombre de petits projets, par ailleurs éphémères.
S’agissant des investissements directs étrangers (IDE), Claude d’Almeida précise qu’ils ont connu un bref essor au début des années 1990 (privatisation), suivi d’une baisse drastique et d’une reprise modeste. Le stock des IDE était de 28% du Produit intérieur brut (PIB) en 2000, taux commun à la région, mais inférieur à ceux du Togo et du Nigeria. L’IDE selon les données du CNUCED en 2004 n’occupe pas une place de choix dans la production totale du Bénin, mais occupe une place modeste selon une étude menée en 2005 par la Banque mondiale.
Bien que représentant un volume important, l’aide internationale au développement n’est pas selon l’auteur, l’objet de cet ouvrage consacré au financement de l’économie béninoise. L’accent est mis par Claude d’Almeida sur le financement bancaire de l’économie nationale.
La première partie porte principalement sur l’histoire du financement de l’économie avant les indépendances. Dans cette partie, l’auteur met l’accent sur la mise en place des institutions de financement, en faisant ressortir leur rôle au moment de leur création. La principale période est celle de la colonisation, marquée par l’exploitation des colonies au profit des métropoles.
La seconde partie de l’ouvrage présente le financement de l’économie béninoise au cours des cinquante premières années d’indépendance. Et la troisième expose des pistes de réformes de financement de l’économie béninoise et des autres pays de l’UEMOA, cinquante ans après la création de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA).

Le centre régional Songhaï a initié un nouveau programme dénommé Songhaï leadership academy (SLA) visant à former des hommes et des femmes africains capables d’innover et de promouvoir l’entreprenariat agricole. Ce programme a été officiellement lancé hier, lundi 26 octobre dans les locaux de ce centre à Porto-Novo par la directrice de cabinet du Premier ministre, Mireille Guédou en présence de l’ambassadeur de France près le Bénin, Aline Kuster-Ménager et de l’Agence française de développement (AFD) qui finance le programme.
Le centre régional Songhaï donne un contenu concret à son credo : «L’Afrique relève la tête !». En réponse au défaut de cadres de compétences intégrées dans certains domaines dont l’agriculture, il a conçu le programme Songhaï Leadership academy (ALA). Ce programme officiellement lancé hier est une réponse du centre Songhaï suite à son constat selon lequel la pauvreté qui sévit sur le continent africain est largement liée à l’incapacité des africains à cerner et à valoriser les incroyables possibilités et opportunités du continent pour produire des biens et services répondant à leurs besoins et désirs. Aussi, le nouveau type de développement basé sur la valorisation du capital humain environnemental du continent (développement agro-écologique) demande-t-il des connaissances et compétences intégrées dans les domaines tels que l’ingénierie, la biochimie, l’agronomie, les mathématiques, l’administration et l’environnement. Il est donc urgent de réorienter l’ensemble du programme de formation pour les cadres œuvrant dans le développement. C’est là toute la pertinence du programme Songhaï leadership academy officiellement lancé hier. Le programme ambitionne de former six promotions de 30 candidats, soit un total de 180 personnes, en trois ans. La première vague a démarré depuis le 15 septembre dernier. Les stagiaires de cette première promotion proviennent de neuf pays à savoir le Bénin, le Burkina-Faso, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, Haïti, le Mali, le Sénégal et le Togo. Ce programme vise surtout à doter le continent d’une nouvelle crème d’Africains capables de comprendre les enjeux, de gérer et de produire les biens et services dont les communautés ont besoin. Il vise à incuber, réformer des diplômés africains, en les équipant d’un savoir, un savoir-être et d’un savoir-faire pour constituer une masse critique d’Africains capables de faire face aux grands défis de développement d’aujourd’hui, a précisé le directeur général du centre régional Songhaï, le frère Godfrey Nzamujo. Il a partagé avec l’assistance la genèse du partenariat entre son centre et la France pour ce programme et pour lequel l’actuel Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault a joué un rôle de premier plan. Le directeur général du centre Songhaï a assuré de sa détermination à œuvrer dans la politique du gouvernement béninois pour renverser l’exode rural, en rendant les zones rurales socio-économiquement viables. Les thématiques et les avantages de cette formation seront présentés à l’assistance par la chargée du programme Symphorose Symènouh.
Fructueux partenariat entre Songhaï et AFD
Le représentant des aspirants leaders en formation, Oumar Hamaciné Coulibaly a assuré le centre Songhaï et l’AFD, son partenaire financier, que leurs efforts ne seront pas vains. Ils ont promis de ne pas décevoir pour que les objectifs du programme SLA soient atteints pour l’autonomisation de la jeunesse africaine.
L’ambassadeur de France près le Bénin, Aline Kuster Ménager s’est dite heureuse de constater que ce programme pour lequel le partenariat entre l’AFD et le centre Songhaï venait d’être signé il y a quelques mois, ait déjà démarré effectivement. Selon elle, l’implication de la France dans ce programme vise surtout à faire en sorte que l’Afrique soit actrice des Objectifs du développement durable (ODD) avec l’accent sur la protection de l’environnement.
La directrice de cabinet du Premier ministre, Mireille Guédou Madodé a aussi salué l’ingéniosité du directeur du centre Songhaï pour son initiative qui serait en phase avec la vision du gouvernement béninois. Car, elle apporte une solution juste aux défis de l’heure du Bénin tels que l’emploi des jeunes, l’agriculture, l’autonomisation des femmes, les problèmes de l’environnement et la sécurité alimentaire. Elle a invité les stagiaires à prendre la formation au sérieux pour en tirer le meilleur profit et en avoir une vie active épanouie.
Il faut souligner que le lancement officiel du programme a été précédé d’une visite guidée des infrastructures construites dans le cadre de ce programme.