La Nation Bénin...
Nouvelles

En l’absence d’un groupement national des sapeurs-pompiers, certaines mairies rivalisent d’initiatives et d’ingéniosité. A Djougou, la localité d’Evreux en France a permis de mettre en place une caserne qui couvre la commune et supervise celles de Bassila et de Tanguiéta.
Ils sont instituteur, menuisier, entrepreneur agricole, mécanicien ou agent d’hygiène et travaillent en tant que sapeurs-pompiers volontaires. La caserne qu’a fait construire pour eux la mairie de Djougou, se dresse à quelques encablures du stade Atchoucouma de la ville et juste à côté du Somouhébou, le marché des ressortissants de l’Atacora.
Créée depuis 2000, la caserne a été dotée au fil du temps en moyens matériels nécessaires pour leur permettre d’accomplir leur mission. «La caserne des sapeurs-pompiers volontaires est née de la coopération entre Evreux et la ville de Djougou. Suite à sa visite dans notre commune, une délégation de cette localité française, s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de maisons en pailles ici sans qu’il n’y ait un groupement de sapeurs- pompiers. C’est alors que le maire d’Evreux, Roland Plaisance, a dépêché une équipe de 3 personnes dirigée par un pompier professionnel qui a créé la caserne de Djougou», se souvient le sergent civil Mamame Thédjoucou, responsable du groupement des sapeurs-pompiers volontaires de Djougou. Comme lui, 12 autres agents travaillent à temps partiel pour la caserne.
Mamame Thédjoucou était menuisier-coffreur avant d’être formé par la délégation française. Depuis la création du groupement en 2000, il cumule ce métier avec ses nouvelles fonctions de sapeur-pompier volontaire. Après une série de stages en France notamment à l’Ecole départementale des sapeurs-pompiers civils d’Evreux, il a été fait sergent et autorisé à former des agents surplace. «Ce matériel que vous voyez, s’appelle un lance-monitor. Il n’existe nulle part ailleurs au Bénin. Il sert à éteindre les grands feux à distance, environ cent mètres. La mise en place d’une Association franco-béninoise des sapeurs-pompiers a facilité au profit de la coummune la dotation en matériel. Cette organisation initiée à Evreux en France qui a pour mission d’œuvrer pour la sauvegarde des intérêts des sapeurs-pompiers, nous aide à collecter du matériel qui nous est convoyé», déclare fièrement Mamame Thédjoucou.
L’intercommunalité des sapeurs-pompiers
«La coopération entre les sapeurs-pompiers de Djougou, ceux de Bassila et de Tanguiéta remonte respectivement à 2008 et 2010. Bassila est en coopération avec une ville allemande qui les a dotés d’un véhicule dont ils n’avaient pas une bonne maîtrise en 2008. Tanguiéta a acquis un véhicule pouvant évoluer aussi bien en milieu urbain que rural, et un autre spécialisé dans l’extinction des feux de forêt. Nous les avons aidés à acquérir, à entretenir le matériel et à former les agents», raconte-t-il. Avec le développement de l’intercommunalité entre Bassila, Djougou et Tanguiéta, un groupement intercommunal a été mis en place. Pour le doter en moyens susceptibles de l’aider à réaliser sa mission, chaque commune est chargée de verser une somme donnée par an. Djougou verse 2 millions de F CFA, Bassila 1,8 million et Tanguiéta 1,5 million. Le sergent Mamame Thédjoucou est alors chargé de la supervision de la trentaine de sapeurs-pompiers volontaires dans les trois communes. «Chaque fois que le véhicule sort, il y a une fiche de sortie des secours qui renseigne sur l’action, les paramètres d’intervention et le kilométrage», explique-t-il. Malgré les moyens propres dont il dispose et son statut de groupement non étatique, le groupement des sapeurs-pompiers volontaires de Djougou dépend du Groupement national des sapeurs pompiers (GNSP) de Natitingou à qui il produit des rapports trimestriels.
Aucune subvention
Le GNSP ne leur octroie cependant aucune subvention. Comme Mamame Thédjoucou, les sapeurs-pompiers volontaires reçoivent une allocation forfaitaire par heure d’intervention. « Moi, je suis à 250 francs l’heure. Les autres, selon leurs postes, perçoivent entre 190 et 210 francs par heure. Mais certaines communes ne versent généralement pas à temps les cotisations. Ce qui retarde le paiement et joue sur l’entretien des véhicules. De plus, le carburant nous fait beaucoup dépenser. Parfois, nous ne pouvons pas intervenir faute de carburant. A cela, il faut ajouter les frais de communication qui sont à nos charges. Parfois je suis obligé d’utiliser mes propres sous au risque de voir des vies humaines être sacrifiées », confie-t-il. Si lui a été recruté à la mairie de Djougou comme agent de transmission, parmi ses autres collègues, il y a des artisans, des instituteurs etc. qui ont des charges familiales et pour lesquelles il n’est pas toujours facile de travailler dans des conditions précaires. Ce qui conduit parfois certains d’entre eux à démissionner, indique le sergent Mamame Thédjoucou, responsable des sapeurs-pompiers de Djougou.
Société 13 août 2015

En l’absence d’un groupement national des sapeurs-pompiers, certaines mairies rivalisent d’initiatives et d’ingéniosité. A Djougou, la localité d’Evreux en France a permis de mettre en place une caserne qui couvre la commune et supervise celles de Bassila et de Tanguiéta.
Ils sont instituteur, menuisier, entrepreneur agricole, mécanicien ou agent d’hygiène et travaillent en tant que sapeurs-pompiers volontaires. La caserne qu’a fait construire pour eux la mairie de Djougou, se dresse à quelques encablures du stade Atchoucouma de la ville et juste à côté du Somouhébou, le marché des ressortissants de l’Atacora.
Créée depuis 2000, la caserne a été dotée au fil du temps en moyens matériels nécessaires pour leur permettre d’accomplir leur mission. «La caserne des sapeurs-pompiers volontaires est née de la coopération entre Evreux et la ville de Djougou. Suite à sa visite dans notre commune, une délégation de cette localité française, s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de maisons en pailles ici sans qu’il n’y ait un groupement de sapeurs- pompiers. C’est alors que le maire d’Evreux, Roland Plaisance, a dépêché une équipe de 3 personnes dirigée par un pompier professionnel qui a créé la caserne de Djougou», se souvient le sergent civil Mamame Thédjoucou, responsable du groupement des sapeurs-pompiers volontaires de Djougou. Comme lui, 12 autres agents travaillent à temps partiel pour la caserne.
Mamame Thédjoucou était menuisier-coffreur avant d’être formé par la délégation française. Depuis la création du groupement en 2000, il cumule ce métier avec ses nouvelles fonctions de sapeur-pompier volontaire. Après une série de stages en France notamment à l’Ecole départementale des sapeurs-pompiers civils d’Evreux, il a été fait sergent et autorisé à former des agents surplace. «Ce matériel que vous voyez, s’appelle un lance-monitor. Il n’existe nulle part ailleurs au Bénin. Il sert à éteindre les grands feux à distance, environ cent mètres. La mise en place d’une Association franco-béninoise des sapeurs-pompiers a facilité au profit de la coummune la dotation en matériel. Cette organisation initiée à Evreux en France qui a pour mission d’œuvrer pour la sauvegarde des intérêts des sapeurs-pompiers, nous aide à collecter du matériel qui nous est convoyé», déclare fièrement Mamame Thédjoucou.
L’intercommunalité des sapeurs-pompiers
«La coopération entre les sapeurs-pompiers de Djougou, ceux de Bassila et de Tanguiéta remonte respectivement à 2008 et 2010. Bassila est en coopération avec une ville allemande qui les a dotés d’un véhicule dont ils n’avaient pas une bonne maîtrise en 2008. Tanguiéta a acquis un véhicule pouvant évoluer aussi bien en milieu urbain que rural, et un autre spécialisé dans l’extinction des feux de forêt. Nous les avons aidés à acquérir, à entretenir le matériel et à former les agents», raconte-t-il. Avec le développement de l’intercommunalité entre Bassila, Djougou et Tanguiéta, un groupement intercommunal a été mis en place. Pour le doter en moyens susceptibles de l’aider à réaliser sa mission, chaque commune est chargée de verser une somme donnée par an. Djougou verse 2 millions de F CFA, Bassila 1,8 million et Tanguiéta 1,5 million. Le sergent Mamame Thédjoucou est alors chargé de la supervision de la trentaine de sapeurs-pompiers volontaires dans les trois communes. «Chaque fois que le véhicule sort, il y a une fiche de sortie des secours qui renseigne sur l’action, les paramètres d’intervention et le kilométrage», explique-t-il. Malgré les moyens propres dont il dispose et son statut de groupement non étatique, le groupement des sapeurs-pompiers volontaires de Djougou dépend du Groupement national des sapeurs pompiers (GNSP) de Natitingou à qui il produit des rapports trimestriels.
Aucune subvention
Le GNSP ne leur octroie cependant aucune subvention. Comme Mamame Thédjoucou, les sapeurs-pompiers volontaires reçoivent une allocation forfaitaire par heure d’intervention. « Moi, je suis à 250 francs l’heure. Les autres, selon leurs postes, perçoivent entre 190 et 210 francs par heure. Mais certaines communes ne versent généralement pas à temps les cotisations. Ce qui retarde le paiement et joue sur l’entretien des véhicules. De plus, le carburant nous fait beaucoup dépenser. Parfois, nous ne pouvons pas intervenir faute de carburant. A cela, il faut ajouter les frais de communication qui sont à nos charges. Parfois je suis obligé d’utiliser mes propres sous au risque de voir des vies humaines être sacrifiées », confie-t-il. Si lui a été recruté à la mairie de Djougou comme agent de transmission, parmi ses autres collègues, il y a des artisans, des instituteurs etc. qui ont des charges familiales et pour lesquelles il n’est pas toujours facile de travailler dans des conditions précaires. Ce qui conduit parfois certains d’entre eux à démissionner, indique le sergent Mamame Thédjoucou, responsable des sapeurs-pompiers de Djougou.
Société 13 août 2015

La journée de ce jeudi 13 août est décisive pour la Commission spéciale chargée d’écouter le député Barthélémy Kassa, ex-ministre en charge de l’Eau, poursuivi par l’Etat béninois pour détournement et/ou complicité de détournement de deniers publics dans la gestion du PPEA II financé par les partenaires hollandais.
La commission présidée par le deuxième secrétaire parlementaire, Alexis Agbéléssessi donne en effet ce jour son avis sur le dossier et va déposer son rapport sur la table du président de l’Assemblée nationale. Elle dira si l’immunité parlementaire de Barthélémy Kassa doit être levée ou pas pour lui permettre de comparaître devant la Haute cour de Justice. Mais en attendant cet avis, la commission a poursuivi toute la journée d’hier ses travaux à Cotonou. Elle a jugé encore opportun hier d’auditionner à nouveau Barthélémy Kassa au regard des nouveaux éléments versés au dossier par le Procureur général près la Cour d’appel de Cotonou via le ministre en charge de la Justice. Comme lundi dernier, l’ex-ministre en charge de l’Eau a été encore criblé de questions par les commissaires déterminés à savoir la vérité sur ce dossier de prévarication qui ternit l’image du Bénin pays à l’international.
Selon des sources concordantes, la commission a clôturé définitivement hier l’audition de Barthélémy Kassa. Elle était sur le point de boucler ses travaux hier, c'est-à-dire émettre son avis et finaliser la rédaction du rapport quand elle a été frappée de plein fouet par une coupure de l’électricité. Laquelle coupure a plongé toute la salle où se déroulent les travaux dans l’obscurité. Les commissaires ont dû suspendre le boulot pour ce matin, espérant que l’énergie électrique va revenir. Pendant ce temps, Barthélémy Kassa devra retenir son souffle pour voir si ses collègues membres de la commission vont le livrer ou pas à la Haute cour de Justice. Mais il faut préciser que l’avis de la commission spéciale ne lie pas la Conférence des présidents encore moins la plénière qui a le dernier mot. La plénière prévue pour le lundi 17 août prochain peut décider d’entériner ou de rejeter la décision de la commission Alexis Agbéléssessi. Th. C.N
Actualités 13 août 2015

Clément Coffi Alladagbin poursuivi pour détournement de deniers publics a vu son cas examiné hier mercredi 12 août, lors de l’étude du 14e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. A la présidence, il y avait Eliane Hortense Bada Padonou. Elle avait comme assesseurs, Martial Boko et Virgile Kpomalegni. Comme représentant du ministère public, il y avait Badirou Olatoundji Lawani. Au greffe, Me Bienvenu Prosper Djossou. Les jurés qui ont siégé s’appellent Noël Dansou Kounou, Honoré Hounyèmè, Mello Louis Zanmènou Hounkanlin, et Maurice Akodé Bénou.
Il a passé plus de 12 ans derrière les barreaux à titre de détention préventive. Mais reconnu coupable aux termes de l’examen de la procédure de détournement de deniers publics engagée contre lui, Clément Coffi Alladagbin a été condamné à 11ans de travaux forcés. Il est donc désormais libre depuis le prononcé de la sentence.
Avant l’ouverture du procès, la défense assurée par Me Julien Togbadja a attiré l’attention de la Cour sur le fait que ce n’était que hier matin, à l’appel du dossier qu’il a vu son client. Il a présenté des observations liminaires qui ont alors valu une brève suspension.
Puis à la reprise, Monique Ouadaï, représentant le directeur général de la SBEE est la partie civile citée qui a suivi les débats en direct. A l’appui de sa procuration, elle a présenté des pièces dont les autres parties ont reçu copie. L’autre personnalité citée comme témoin mais isolée, répond au nom de Pierre Paulin Sossou, ex-directeur comptable et financier de la SBEE au moment des faits.
Les faits ont été résumés ainsi qu’il suit par la présidente, Eliane Hortense Bada Padonou. Clément Coffi Alladagbin, aide-comptable en service à l’ex-Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE), recette de Kindonou en qualité de caissier-guichetier a entrepris de dissiper une partie des fonds provenant des paiements de la facturation pour les clients de cette structure. Pour camoufler son forfait, il a procédé à la manipulation des montants inscrits sur les reçus qu’il présentait à la Direction générale. Un contrôle a permis de découvrir durant la période du 8 juillet au 27 août 2003, un écart de treize millions neuf cent mille (13 900 000) F CFA entre les reçus présentés et les montants figurant sur les relevés bancaires. Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure en tentant d’expliquer qu’il a utilisé les fonds dans une activité commerciale avec son ami Fernando Gnanni de nationalité camerounaise.
L’enquête de moralité lui est favorable. Le casier judiciaire de Clément Coffi Alladagbin ne porte mention d’aucune condamnation. L’expertise médico-psychologique et psychiatrique atteste qu’au moment des faits, aucun trouble mental, sans discernement des actes, objectivable pouvant abolir le contrôle de ses actes n’a été repéré.
L’accusé a plaidé coupable
A la barre, d’entrée, répondant aux questions de la présidente, Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Expliquant que sur les reçus bancaires, on ne marquait pas les montants en lettres, ce qui lui facilitait les manipulations.
Certaines questions de la défense ont permis à l’accusé de confirmer que c’est pour faire face à ses charges qu’il s’est permis d’opérer des manipulations sur les factures.
Pierre Paulin Sossou, directeur comptable et financier au moment des faits, a témoigné que, c’est en faisant des rapprochements bancaires qu’il s’est aperçu de la supercherie. Il a expliqué que c’est en comparant les reçus de versements faits et ceux positionnés qu’il s’est rendu compte que les reçus de versements de Kindonou sont manipulés. Avant juillet, il n’y a pas eu de manipulations. Ainsi, il a relevé un montant de 13 900 000 F CFA d’une part et 6 000 000 F CFA d’autre part, soit au total 19 900 000F CFA.
Pierre Paulin Sossou a assuré que les guichetiers dépendent de façon fonctionnelle de la direction commerciale et déplore qu’à l’époque, les contrôles à ce niveau n’aient pas bien marché et qu’ils aient favorisé les faiblesses du système ayant permis à Clément Coffi Alladagbin d’opérer de la sorte.
A la question de la défense, "Y a-t-il eu un arrêté de compte contradictoirement établi"? le témoin Pierre Paulin Sossou a répondu par la négative. Ce qui a fait dire à la défense que les dossiers sont gérés de manière pas très rigoureuse.
La défense insiste pour savoir si son client a été formé par son employeur.
Monique Ouadaï, confirme qu’elle a reçu mandat pour représenter le directeur général et que son dossier comporte 2 montants, à savoir 13 900 000 F CFA et 6 000 000 F CFA.
La présidente de la Cour lui explique que les sociétés d’Etat dans lesquelles les agents sont poursuivis pour détournement de deniers publics sont normalement défendues sur ce volet par l’AJT. Monique Ouadaï a produit à la Cour les pièces couvrant le montant que la SBEE réclame à Clément Coffi Alladagbin.
Appelé à la barre, le représentant de l’AJT, Omer Gagui explique que l’arrêté de débet qu’il détient porte une date de juillet 2015 et 13 900 000 F CFA : un montant qui n’est pas le même que ce que réclame la représentante de la SBEE.
Dans ses observations, la partie civile représentée par Me Serge Pognon a expliqué que le préjudice est là ; il existe. La légèreté a favorisé le jeu des manipulations entre les sommes facturées, celles perçues et celles effectivement encaissées.
Entre juillet et août 2003, cela fait 13 900 000 F CFA et après 6 000 000 F CFA par la suite comme préjudices subis, indique-t-il dans ses réclamations. Les faits sont constants : les manipulations de reçus. Du faux. Il était commis par son employeur pour recueillir, encaisser les sous. Mais il s’est rendu coupable de faux en écriture de commerce et d’abus de confiance ;
Sauvegarder les intérêts de la SBEE
Lorsqu’on se plaint des déficits exagérés de la SBEE, cela est dû à des agents de la trempe de Clément Coffi Alladagbin, justifie Me Serge Pognon. Quel que soit le montant du préjudice subi, il a déclaré se constituer partie civile pour le compte de la SBEE et plaider pour que ses intérêts soient sauvegardés même si lesdits intérêts doivent être renvoyés à une autre session.
Pour ses réquisitions, le ministère public, Badirou Olatoundji Lawani, les agents de nos sociétés d’Etat sont de plus en plus coupables de mauvaise gouvernance. Rappelant les faits objets de la poursuite, il a expliqué qu’ils relèvent de faux en écriture de commerce et abus de confiance sur la somme de 19 900 000 F CFA. Ainsi, indique-t-il, Clément Coffi Alladagbin a été affecté à Kindonou, en qualité de caissier guichetier. A la suite de contrôle opéré, le représentant du ministère public a fait remarquer que sur la base des relevés bancaires, la direction comptable et financière a effectué des rapprochements bancaires. Des vérifications opérées, l’accusé a manipulé les relevés en ajoutant les chiffres qui lui paraissaient adéquats selon sa stratégie. Ces faits, selon Badirou Olatoundji Lawani tombent sous le coup des articles 147 et 408 al 1 du Code pénal. Ainsi, poursuit-il, la réunion des 3 éléments, légal, matériel et moral permettra de retenir la responsabilité de l’accusé. Les faits qualifiés de faux sont bels et bien établis.
A part l’élément légal retenu, (articles 147 et 408 cités supra), il y a l’élément matériel qui constitue un faux. A côté, il faut relever une vérité altérée, un support également altéré, un préjudice résultant de cette altération de la réalité.
Pour l’élément moral, l’élément intentionnel peut résulter de l’intention frauduleuse de la pleine conscience que l’accusé avait du préjudice qu’il causait à la SBEE.
Citant par la suite l’article 3 de l’ordonnance 79-23, il a expliqué que son champ d’application s’étend également bien aux faits reprochés à Clément Coffi Alladagbin en tant que caissier guichetier. Il devait reverser à la SBEE les fonds qui lui étaient provisoirement confiés à charge pour lui de les représenter. Il fait observer qu’il n’avait pas déposé l’intégralité des fonds déposés ou reçus. Le ministère public s’est appesanti sur certaines déclarations de l’accusé devant le juge d’instruction tendant à lui expliquer que les fonds ont servi à alimenter un ami avec qui il avait projeté de faire des affaires de vente de véhicules.
Il a montré que les ressources de la SBEE sont des ressources publiques ou de l’Etat et que Clément Coffi Alladagbin étant un agent de la SBEE est donc un agent public auquel s’applique l’ordonnance 79-23.
Sur la base de l’article 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23, le représentant du ministère public demande aux jurés de répondre par l’affirmative aux questions qu’il leur a posées et qui leur permettent sur cette base, de disqualifier la qualification préalablement retenue et de la requalifier Ce qui permet, selon lui, de retenir la culpabilité de l’accusé pour requérir sa condamnation à 15 ans de travaux forcés et que ce sera justice faite.
La défense n’est pas de cet avis. Me Julien Togbadja puise son inspiration des écritures saintes. «Nécessité fait surgir le loup du bois» dit la Bible. Du point de vue social, le ministère public n’a pas tenu compte du caractère social du dossier. Au conseil de discipline, il a fait amende honorable, justifie-t-il ; et à la barre, il a reconnu avoir commis des impairs, justifie la défense. «Nous sommes en matière pénale et vous jugez un homme qui est devant vous», insiste-t-il.
Et pour Me Julien Togbadja, l’éducation se fait par le bas. Son client fait partie de ceux qui vivent le quotidien; ceux qui vivent la réalité de tous les jours.
«Si vous voulez donner l’exemple, la fermeté qu’il faut, il faut commencer par le haut. Dans cet environnement où le sommet pourrit tout, à un moment donné vous avez beau être déterminé, vous commencez à fléchir; on ne peut pas refuser les circonstances atténuantes à cet homme qui plaide coupable. Il n’apparait que pour la première fois devant la juridiction criminelle et vous demandez de l’enfoncer», défend-il. Le ministère public, selon Me Julien Togbadja, a oublié le père et veut punir l’enfant. Pour la défense, en tant que délinquant primaire, son client a besoin de bénéficier de circonstances atténuantes ; il faut un assouplissement de la peine. Ce n’est pas la dureté ; vous êtes père et mère de famille, élément du peuple, il faut un peu de souplesse à son égard. Pourquoi ne veut-on pas créer des conditions pour racheter cet homme ? s’interroge-t-il. « Il a cru que ne pouvant manger avec 40.000F qu’il pouvait fructifier les sous. Ne peut-on pas le sauver en cantonnant la peine au temps qu’il a déjà passé en prison ? Il en a passé 12 et le ministère public vous demande d’aller à 15. Je vous prie de bien vouloir tenir compte de tout cela. Considérez qu’il a plaidé coupable et au regard de la loi, il doit bénéficier de circonstances atténuantes.
L’Etat béninois étant dans la cause, la SBEE ne doit plus se constituer partie civile», fait observer, par ailleurs, Me Julien Togbadja.
La Cour après délibérations, a rendu un arrêt de disqualification, de requalification et de condamnation, les faits s’analysant, a-t-elle déduit, plutôt en crime de détournement de deniers publics, car l’accusé alors dépositaire de fonds publics en a fait usage à sa guise. Il est passible de l’application des articles 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23 du 10 mai 1979 et l’a condamné à 11 ans de travaux forcés
Arrêté de débet non conforme au préjudice subi
Statuant sur les intérêts civils, la Cour a prié la partie civile de faire part de ses observations proprement dites. Ainsi, pour Me Pognon, l’acte matériel qui fonde les intérêts civils est l’arrêté de débet. Et comme il existe une certaine ambiguïté entre le montant présenté par le représentant de l’AJT et ce qui est ressorti des débats et présenté par le représentant du directeur général de la SBEE, Me Serge Pognon a souhaité que l’examen desdits intérêts soit renvoyé à une prochaine session de la Cour d'assises afin que les positions soient harmonisées et le nécessaire fait.
Le ministère public s’est associé à ses observations de la partie civile.
Quant à la défense, seule la personne légalement désignée ayant des compétences est l’agent judiciaire du trésor. Pour elle donc, la SBEE ne peut ester. « Si la partie civile n’est pas prête, vous déciderez de la conduite à tenir ».
Il est inadmissible pour lui qu’après plus de 10 ans, on ne puisse pas évaluer le préjudice qu’on a subi depuis 2003, s’est offusqué Me Julien Togbadja. Cela ne fait qu’illustrer, selon lui, l’état de la gouvernance des entreprises.
En réplique, Me Serge Pognon estime que la SBEE est régie par les lois de l’OHADA. La SBEE agit à titre principal et l’AJT à titre accessoire.
Sur les intérêts civils, les représentants de l’AJT et du directeur général de la SBEE sollicitent le renvoi en vue d’une évaluation exacte du montant du préjudice subi.
Après délibérations, la Cour a estimé que l’examen des intérêts civils est généralement basé sur un arrêté de débet que présente généralement l’agent judiciaire du trésor. Ayant donc relevé une discordance entre les montants présentés par Omer Gagui et le représentant du directeur général, Monique Ouadaï, elle a renvoyé l’examen des intérêts civils à la prochaine session.

Clément Coffi Alladagbin poursuivi pour détournement de deniers publics a vu son cas examiné hier mercredi 12 août, lors de l’étude du 14e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. A la présidence, il y avait Eliane Hortense Bada Padonou. Elle avait comme assesseurs, Martial Boko et Virgile Kpomalegni. Comme représentant du ministère public, il y avait Badirou Olatoundji Lawani. Au greffe, Me Bienvenu Prosper Djossou. Les jurés qui ont siégé s’appellent Noël Dansou Kounou, Honoré Hounyèmè, Mello Louis Zanmènou Hounkanlin, et Maurice Akodé Bénou.
Il a passé plus de 12 ans derrière les barreaux à titre de détention préventive. Mais reconnu coupable aux termes de l’examen de la procédure de détournement de deniers publics engagée contre lui, Clément Coffi Alladagbin a été condamné à 11ans de travaux forcés. Il est donc désormais libre depuis le prononcé de la sentence.
Avant l’ouverture du procès, la défense assurée par Me Julien Togbadja a attiré l’attention de la Cour sur le fait que ce n’était que hier matin, à l’appel du dossier qu’il a vu son client. Il a présenté des observations liminaires qui ont alors valu une brève suspension.
Puis à la reprise, Monique Ouadaï, représentant le directeur général de la SBEE est la partie civile citée qui a suivi les débats en direct. A l’appui de sa procuration, elle a présenté des pièces dont les autres parties ont reçu copie. L’autre personnalité citée comme témoin mais isolée, répond au nom de Pierre Paulin Sossou, ex-directeur comptable et financier de la SBEE au moment des faits.
Les faits ont été résumés ainsi qu’il suit par la présidente, Eliane Hortense Bada Padonou. Clément Coffi Alladagbin, aide-comptable en service à l’ex-Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE), recette de Kindonou en qualité de caissier-guichetier a entrepris de dissiper une partie des fonds provenant des paiements de la facturation pour les clients de cette structure. Pour camoufler son forfait, il a procédé à la manipulation des montants inscrits sur les reçus qu’il présentait à la Direction générale. Un contrôle a permis de découvrir durant la période du 8 juillet au 27 août 2003, un écart de treize millions neuf cent mille (13 900 000) F CFA entre les reçus présentés et les montants figurant sur les relevés bancaires. Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure en tentant d’expliquer qu’il a utilisé les fonds dans une activité commerciale avec son ami Fernando Gnanni de nationalité camerounaise.
L’enquête de moralité lui est favorable. Le casier judiciaire de Clément Coffi Alladagbin ne porte mention d’aucune condamnation. L’expertise médico-psychologique et psychiatrique atteste qu’au moment des faits, aucun trouble mental, sans discernement des actes, objectivable pouvant abolir le contrôle de ses actes n’a été repéré.
L’accusé a plaidé coupable
A la barre, d’entrée, répondant aux questions de la présidente, Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Expliquant que sur les reçus bancaires, on ne marquait pas les montants en lettres, ce qui lui facilitait les manipulations.
Certaines questions de la défense ont permis à l’accusé de confirmer que c’est pour faire face à ses charges qu’il s’est permis d’opérer des manipulations sur les factures.
Pierre Paulin Sossou, directeur comptable et financier au moment des faits, a témoigné que, c’est en faisant des rapprochements bancaires qu’il s’est aperçu de la supercherie. Il a expliqué que c’est en comparant les reçus de versements faits et ceux positionnés qu’il s’est rendu compte que les reçus de versements de Kindonou sont manipulés. Avant juillet, il n’y a pas eu de manipulations. Ainsi, il a relevé un montant de 13 900 000 F CFA d’une part et 6 000 000 F CFA d’autre part, soit au total 19 900 000F CFA.
Pierre Paulin Sossou a assuré que les guichetiers dépendent de façon fonctionnelle de la direction commerciale et déplore qu’à l’époque, les contrôles à ce niveau n’aient pas bien marché et qu’ils aient favorisé les faiblesses du système ayant permis à Clément Coffi Alladagbin d’opérer de la sorte.
A la question de la défense, "Y a-t-il eu un arrêté de compte contradictoirement établi"? le témoin Pierre Paulin Sossou a répondu par la négative. Ce qui a fait dire à la défense que les dossiers sont gérés de manière pas très rigoureuse.
La défense insiste pour savoir si son client a été formé par son employeur.
Monique Ouadaï, confirme qu’elle a reçu mandat pour représenter le directeur général et que son dossier comporte 2 montants, à savoir 13 900 000 F CFA et 6 000 000 F CFA.
La présidente de la Cour lui explique que les sociétés d’Etat dans lesquelles les agents sont poursuivis pour détournement de deniers publics sont normalement défendues sur ce volet par l’AJT. Monique Ouadaï a produit à la Cour les pièces couvrant le montant que la SBEE réclame à Clément Coffi Alladagbin.
Appelé à la barre, le représentant de l’AJT, Omer Gagui explique que l’arrêté de débet qu’il détient porte une date de juillet 2015 et 13 900 000 F CFA : un montant qui n’est pas le même que ce que réclame la représentante de la SBEE.
Dans ses observations, la partie civile représentée par Me Serge Pognon a expliqué que le préjudice est là ; il existe. La légèreté a favorisé le jeu des manipulations entre les sommes facturées, celles perçues et celles effectivement encaissées.
Entre juillet et août 2003, cela fait 13 900 000 F CFA et après 6 000 000 F CFA par la suite comme préjudices subis, indique-t-il dans ses réclamations. Les faits sont constants : les manipulations de reçus. Du faux. Il était commis par son employeur pour recueillir, encaisser les sous. Mais il s’est rendu coupable de faux en écriture de commerce et d’abus de confiance ;
Sauvegarder les intérêts de la SBEE
Lorsqu’on se plaint des déficits exagérés de la SBEE, cela est dû à des agents de la trempe de Clément Coffi Alladagbin, justifie Me Serge Pognon. Quel que soit le montant du préjudice subi, il a déclaré se constituer partie civile pour le compte de la SBEE et plaider pour que ses intérêts soient sauvegardés même si lesdits intérêts doivent être renvoyés à une autre session.
Pour ses réquisitions, le ministère public, Badirou Olatoundji Lawani, les agents de nos sociétés d’Etat sont de plus en plus coupables de mauvaise gouvernance. Rappelant les faits objets de la poursuite, il a expliqué qu’ils relèvent de faux en écriture de commerce et abus de confiance sur la somme de 19 900 000 F CFA. Ainsi, indique-t-il, Clément Coffi Alladagbin a été affecté à Kindonou, en qualité de caissier guichetier. A la suite de contrôle opéré, le représentant du ministère public a fait remarquer que sur la base des relevés bancaires, la direction comptable et financière a effectué des rapprochements bancaires. Des vérifications opérées, l’accusé a manipulé les relevés en ajoutant les chiffres qui lui paraissaient adéquats selon sa stratégie. Ces faits, selon Badirou Olatoundji Lawani tombent sous le coup des articles 147 et 408 al 1 du Code pénal. Ainsi, poursuit-il, la réunion des 3 éléments, légal, matériel et moral permettra de retenir la responsabilité de l’accusé. Les faits qualifiés de faux sont bels et bien établis.
A part l’élément légal retenu, (articles 147 et 408 cités supra), il y a l’élément matériel qui constitue un faux. A côté, il faut relever une vérité altérée, un support également altéré, un préjudice résultant de cette altération de la réalité.
Pour l’élément moral, l’élément intentionnel peut résulter de l’intention frauduleuse de la pleine conscience que l’accusé avait du préjudice qu’il causait à la SBEE.
Citant par la suite l’article 3 de l’ordonnance 79-23, il a expliqué que son champ d’application s’étend également bien aux faits reprochés à Clément Coffi Alladagbin en tant que caissier guichetier. Il devait reverser à la SBEE les fonds qui lui étaient provisoirement confiés à charge pour lui de les représenter. Il fait observer qu’il n’avait pas déposé l’intégralité des fonds déposés ou reçus. Le ministère public s’est appesanti sur certaines déclarations de l’accusé devant le juge d’instruction tendant à lui expliquer que les fonds ont servi à alimenter un ami avec qui il avait projeté de faire des affaires de vente de véhicules.
Il a montré que les ressources de la SBEE sont des ressources publiques ou de l’Etat et que Clément Coffi Alladagbin étant un agent de la SBEE est donc un agent public auquel s’applique l’ordonnance 79-23.
Sur la base de l’article 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23, le représentant du ministère public demande aux jurés de répondre par l’affirmative aux questions qu’il leur a posées et qui leur permettent sur cette base, de disqualifier la qualification préalablement retenue et de la requalifier Ce qui permet, selon lui, de retenir la culpabilité de l’accusé pour requérir sa condamnation à 15 ans de travaux forcés et que ce sera justice faite.
La défense n’est pas de cet avis. Me Julien Togbadja puise son inspiration des écritures saintes. «Nécessité fait surgir le loup du bois» dit la Bible. Du point de vue social, le ministère public n’a pas tenu compte du caractère social du dossier. Au conseil de discipline, il a fait amende honorable, justifie-t-il ; et à la barre, il a reconnu avoir commis des impairs, justifie la défense. «Nous sommes en matière pénale et vous jugez un homme qui est devant vous», insiste-t-il.
Et pour Me Julien Togbadja, l’éducation se fait par le bas. Son client fait partie de ceux qui vivent le quotidien; ceux qui vivent la réalité de tous les jours.
«Si vous voulez donner l’exemple, la fermeté qu’il faut, il faut commencer par le haut. Dans cet environnement où le sommet pourrit tout, à un moment donné vous avez beau être déterminé, vous commencez à fléchir; on ne peut pas refuser les circonstances atténuantes à cet homme qui plaide coupable. Il n’apparait que pour la première fois devant la juridiction criminelle et vous demandez de l’enfoncer», défend-il. Le ministère public, selon Me Julien Togbadja, a oublié le père et veut punir l’enfant. Pour la défense, en tant que délinquant primaire, son client a besoin de bénéficier de circonstances atténuantes ; il faut un assouplissement de la peine. Ce n’est pas la dureté ; vous êtes père et mère de famille, élément du peuple, il faut un peu de souplesse à son égard. Pourquoi ne veut-on pas créer des conditions pour racheter cet homme ? s’interroge-t-il. « Il a cru que ne pouvant manger avec 40.000F qu’il pouvait fructifier les sous. Ne peut-on pas le sauver en cantonnant la peine au temps qu’il a déjà passé en prison ? Il en a passé 12 et le ministère public vous demande d’aller à 15. Je vous prie de bien vouloir tenir compte de tout cela. Considérez qu’il a plaidé coupable et au regard de la loi, il doit bénéficier de circonstances atténuantes.
L’Etat béninois étant dans la cause, la SBEE ne doit plus se constituer partie civile», fait observer, par ailleurs, Me Julien Togbadja.
La Cour après délibérations, a rendu un arrêt de disqualification, de requalification et de condamnation, les faits s’analysant, a-t-elle déduit, plutôt en crime de détournement de deniers publics, car l’accusé alors dépositaire de fonds publics en a fait usage à sa guise. Il est passible de l’application des articles 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23 du 10 mai 1979 et l’a condamné à 11 ans de travaux forcés
Arrêté de débet non conforme au préjudice subi
Statuant sur les intérêts civils, la Cour a prié la partie civile de faire part de ses observations proprement dites. Ainsi, pour Me Pognon, l’acte matériel qui fonde les intérêts civils est l’arrêté de débet. Et comme il existe une certaine ambiguïté entre le montant présenté par le représentant de l’AJT et ce qui est ressorti des débats et présenté par le représentant du directeur général de la SBEE, Me Serge Pognon a souhaité que l’examen desdits intérêts soit renvoyé à une prochaine session de la Cour d'assises afin que les positions soient harmonisées et le nécessaire fait.
Le ministère public s’est associé à ses observations de la partie civile.
Quant à la défense, seule la personne légalement désignée ayant des compétences est l’agent judiciaire du trésor. Pour elle donc, la SBEE ne peut ester. « Si la partie civile n’est pas prête, vous déciderez de la conduite à tenir ».
Il est inadmissible pour lui qu’après plus de 10 ans, on ne puisse pas évaluer le préjudice qu’on a subi depuis 2003, s’est offusqué Me Julien Togbadja. Cela ne fait qu’illustrer, selon lui, l’état de la gouvernance des entreprises.
En réplique, Me Serge Pognon estime que la SBEE est régie par les lois de l’OHADA. La SBEE agit à titre principal et l’AJT à titre accessoire.
Sur les intérêts civils, les représentants de l’AJT et du directeur général de la SBEE sollicitent le renvoi en vue d’une évaluation exacte du montant du préjudice subi.
Après délibérations, la Cour a estimé que l’examen des intérêts civils est généralement basé sur un arrêté de débet que présente généralement l’agent judiciaire du trésor. Ayant donc relevé une discordance entre les montants présentés par Omer Gagui et le représentant du directeur général, Monique Ouadaï, elle a renvoyé l’examen des intérêts civils à la prochaine session.

Le président de la République a organisé, hier mercredi 12 août au Palais de la Marina, un déjeuner en l’honneur de l’ambassadeur des Pays-Bas en fin de mission au Bénin. Boni Yayi a saisi l’occasion pour rassurer les partenaires néerlandais de sa détermination à combattre la corruption dans son pays.
« Vous avez constaté nos insuffisances. Ce qui compte pour nous, c’est de les corriger. Le gouvernement jouera sa partition afin que les personnes impliquées dans ce dossier soient sanctionnées. Nous sommes là pour garantir une meilleure utilisation de l’argent de nos partenaires ». Le président de la République a tenu une fois encore à rassurer les partenaires néerlandais sur l’affaire de détournement de fonds du Programme pluriannuel Eau et Assainissement », qui a ébranlé la coopération entre le Bénin et les Pays-Bas ces derniers mois. Lors d’un déjeuner qu’il a offert en l’honneur de Jos Van Aggelen, ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin en fin de mandat, Boni Yayi a exprimé sa détermination à apporter toute la lumière sur le dossier. «La qualité de la gouvernance est un défi pour notre pays. Mais la question de la construction d’un Etat de droit nécessite une justice crédible et proche du justiciable. Avec la corruption, il ne sera pas possible pour nous éloigner des frontières de la pauvreté», affirme-t-il. Pour autant, le chef de l’Etat retient des trois ans de mandat de Jos Van Aggelen au Bénin, une période de partenariat bénéfique ayant permis la mobilisation d’environ 50 milliards de francs CFA en faveur du Bénin. «La coopération néerlandaise est au cœur même des enjeux de la sécurité humaine. Les priorités que vous financez répondent à nos ambitions », soutient-il.
L’ambassadeur des Pays-Bas a tenu à féliciter le président de la République pour les diligences qu’il observe afin que l’affaire PPEA II ait un aboutissement. Tout en rappelant que son pays a suspendu depuis trois mois son programme de coopération avec le Bénin, il espère que la correspondance envoyée récemment par le chef de l’Etat Boni Yayi au Premier ministre néerlandais offre les éléments d’une normalisation de l’axe Amsterdam-Cotonou. « Je sais que le Bénin traverse une crise grave et cherche une issue à ce cas flagrant de corruption. J’ai le ferme espoir que le contenu de cette lettre constituera un point de départ d’un retour graduel de la confiance entre les deux pays», devise-t-il, louant au passage l’hospitalité légendaire du peuple béninois.
Actualités 13 août 2015

Le président de la République a organisé, hier mercredi 12 août au Palais de la Marina, un déjeuner en l’honneur de l’ambassadeur des Pays-Bas en fin de mission au Bénin. Boni Yayi a saisi l’occasion pour rassurer les partenaires néerlandais de sa détermination à combattre la corruption dans son pays.
« Vous avez constaté nos insuffisances. Ce qui compte pour nous, c’est de les corriger. Le gouvernement jouera sa partition afin que les personnes impliquées dans ce dossier soient sanctionnées. Nous sommes là pour garantir une meilleure utilisation de l’argent de nos partenaires ». Le président de la République a tenu une fois encore à rassurer les partenaires néerlandais sur l’affaire de détournement de fonds du Programme pluriannuel Eau et Assainissement », qui a ébranlé la coopération entre le Bénin et les Pays-Bas ces derniers mois. Lors d’un déjeuner qu’il a offert en l’honneur de Jos Van Aggelen, ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin en fin de mandat, Boni Yayi a exprimé sa détermination à apporter toute la lumière sur le dossier. «La qualité de la gouvernance est un défi pour notre pays. Mais la question de la construction d’un Etat de droit nécessite une justice crédible et proche du justiciable. Avec la corruption, il ne sera pas possible pour nous éloigner des frontières de la pauvreté», affirme-t-il. Pour autant, le chef de l’Etat retient des trois ans de mandat de Jos Van Aggelen au Bénin, une période de partenariat bénéfique ayant permis la mobilisation d’environ 50 milliards de francs CFA en faveur du Bénin. «La coopération néerlandaise est au cœur même des enjeux de la sécurité humaine. Les priorités que vous financez répondent à nos ambitions », soutient-il.
L’ambassadeur des Pays-Bas a tenu à féliciter le président de la République pour les diligences qu’il observe afin que l’affaire PPEA II ait un aboutissement. Tout en rappelant que son pays a suspendu depuis trois mois son programme de coopération avec le Bénin, il espère que la correspondance envoyée récemment par le chef de l’Etat Boni Yayi au Premier ministre néerlandais offre les éléments d’une normalisation de l’axe Amsterdam-Cotonou. « Je sais que le Bénin traverse une crise grave et cherche une issue à ce cas flagrant de corruption. J’ai le ferme espoir que le contenu de cette lettre constituera un point de départ d’un retour graduel de la confiance entre les deux pays», devise-t-il, louant au passage l’hospitalité légendaire du peuple béninois.
Actualités 13 août 2015

Le nouveau bureau communal de Houéyogbé présidé par Cyriaque Domingo a officiellement pris fonction hier, mercredi 12 août dans l’enceinte de la mairie. C’était au cours d’une cérémonie de passation de charges présidée par le secrétaire général de la préfecture du Mono-Couffo, Comlan Zinsou.
Pour les cinq années à venir, l’ancien député Cyriaque Domingo élu maire, a été installé hier mercredi 12 août dans ses fonctions par le secrétaire général de la préfecture du Mono-Couffo, Comlan Zinsou. Le clou de la cérémonie organisée à cet effet, a été le port d’écharpe. Comlan Zinsou, le portera d’abord au nouveau maire avant que celui-ci ne répète le même geste à l’endroit de ses deux adjoints. Après s’être ainsi revêtus de leurs attributs et pleinement installés dans leurs fonctions, les nouveaux hommes forts de Houéyogbé ont été invités à recevoir les félicitations de leurs invités. Ils ont reçu tour à tour du député Edmond Agoua, président de l’Alliance Eclaireur dont les élus sont majoritaires dans le Conseil communal, puis des camarades politiques suivis des directeurs départementaux et des responsables des organisations de la Société civile.
Mais avant tout ceci, Cyriaque Domingo a justifié son retour à la tête de la mairie par le défaut d’entente entre les autres leaders politiques de Houéyogbé et lui. Il s’est plaint du tort que cela a pu causer à la commune en matière de positionnement dans l’appareil étatique. Il a promis de rebâtir la commune à travers une politique axée sur la réconciliation et le rassemblement. Concernant ses interventions prioritaires, le nouveau maire envisage, entre autres, l’extension du réseau électrique jusque dans les hameaux, et de s’attaquer aux questions liées à l’éducation tout en suscitant la constitution au plus tôt des équipes de football par arrondissement en vue de parvenir à une sélection communale.
Quant au maire sortant, Olympe Glago, qui demeure membre du Conseil communal, il a fait le point des activités de la mandature éteinte. A l’occasion, il a laissé entendre que le budget communal est porté à plus de 2 milliards F CFA dont 92,47% sont consacrés aux investissements. Ce qui, a-t-il dit, a permis d’atteindre 61% de réalisation du Plan de développement communal. Rappelant les interventions phares de la mandature passée, Olympe Glago a renseigné qu’un total de 320 chantiers ont été ouverts dont 6 confrontés à des difficultés diverses.
Actualités 13 août 2015

Les admirateurs d’Eric Houndété se mettent en ordre de bataille pour son élection au poste de président de la République en 2016. En tournée dans le septentrion, il a été investi candidat, hier mercredi 12 août à Kandi, par un mouvement de jeunes, après l’étape de Parakou où il était mardi dernier au contact des forces vives de la ville.
Potentiel candidat à l’élection présidentielle annoncée pour février prochain, Eric Houndété était au contact, mardi 11 août dernier, des forces vives de Parakou. En tournée dans le septentrion, l’homme politique, actuel premier vice-président de l’Assemblée nationale, a rencontré des autorités politico-administratives, des responsables religieux, des femmes, des étudiants dont il a sollicité le soutien en vue des prochaines échéances électorales. «La nature a voulu nous enseigner que nous sommes un et indivisible, que nous ne sommes pas séparables, que nous sommes un seul pays, que nous sommes une seule ethnie, que nous sommes un seul groupe...Mon souhait en venant à Parakou, c’est de faire alliance avec les forces vives de Parakou», a laissé entendre le futur candidat. «Je suis venu vous témoigner ma fraternité, mon amitié, mon engagement pour servir notre pays. Et je souhaite que nous nous donnions la main, que nous puissions marcher ensemble pour construire, reconstruire notre pays, pour construire et reconstruire notre cité : Parakou», a-t-il poursuivi. Le député qui aspire à la fonction de président de la République souligne que Parakou est la cité d’une partie de son enfance, que son père a servie et qu’il a le devoir de servir en tant que Béninois, en tant que dirigeant. «Je voudrais que vous me donniez la chance de me mettre au service de Parakou, de me mettre au service du Bénin. C’est ça que je suis venu négocier avec vous, pour que nous fassions la marche ensemble, que nous puissions nous donner la main», plaide Eric Houndété à la conquête de l’électorat de la cité de Kobourou.
Après Parakou, Eric Houndété a mis le cap sur la ville de Kandi où il a été investi candidat, hier mercredi, par un mouvement de jeunes dénommé Soutien à la candidature de Houndété Eric (SOUCHE-Alibori) pour la prochaine présidentielle. A en croire Aymar Cakpo Bessé, porte-parole dudit mouvement, l’actuel premier vice-président de l’Assemblée nationale serait «la seule alternative crédible pour le Bénin en 2016 » pour marquer la rupture avec les pratiques peu orthodoxes observées ces dernières années dans la gouvernance du pays.
« Je découvre la chaleur de Kandi. Vous avez choisi de penser à moi pour faire le développement de Kandi. Nous allons faire le chemin ensemble, nous devons faire le chemin ensemble. J’ai compris que la question de l’emploi des jeunes vous tient à cœur. Ensemble nous allons accompagner le monde rural », a déclaré Eric Houndété visiblement ému par la mobilisation massive des jeunes et des femmes qui ont effectué le déplacement du centre de loisirs Leman Fari. Selon le probable candidat, «Il ne s’agit pas de rechercher le pouvoir parce qu’on a envie de grandeur mais plutôt dans le dessein de changer quelque chose, pour transformer la communauté en bien et pour le bien des hommes et des femmes qui y vivent ». L’hôte indique qu’il revient très prochainement dans le septentrion pour échanger davantage sur les problèmes des jeunes, des femmes et de la cité en général afin d’envisager ensemble des solutions idoines et durables applicables à court, moyen et long termes.

Les conjoints sont a priori perçus comme des acteurs incontournables à la promotion du programme de la Prévention de la transmission mère-enfant (PTME) du VIH/Sida. La réalité ne reflète malheureusement pas toujours ce point de vue. Des sensibilisations s’imposent pour gagner le pari.
L’homme et la femme, lorsqu’ils consolident leur union par la survenue d’une grossesse, le cercle de famille applaudit. Mais cette joie se transforme rapidement en une stigmatisation et une discrimination de la femme, après l’annonce d’une nouvelle faisant état de sa contamination par le VIH/Sida. Devant une telle situation, la déception s’installe dans le rang du conjoint. Considéré comme le principal soutien de la femme, ce dernier la rejette d’emblée. Voilà en substance le sort que connaissent certaines femmes séropositives, qui, en dehors des difficultés inhérentes à une grossesse et de l’acceptation difficile de la nouvelle liée au VIH, doivent encore composer avec le ‘’comportement inhumain’’ de leurs maris, renforçant ainsi leur vulnérabilité. Telles des personnes indésirables, elles sont rejetées par leurs conjoints qui en viennent parfois jusqu’à les exclure du cercle familial. Dans un contexte où la stigmatisation est toujours présente dans la société béninoise, la femme enceinte porteuse du virus est donc fragilisée à plus d’un titre, d’abord par son statut de femme, ensuite de personne infectée et enfin, son rejet par le conjoint.
Cet enfer, nombreuses sont les gestantes séropositives qui le vivent de plus en plus. C’est ce que racontent quelques médiatrices (toutes ayant requis l’anonymat), actrices incontournables dans la lutte contre le VIH et sa féminisation. La situation contraint bien de femmes à garder le secret du dépistage, une fois qu’il se révèle positif, au risque d’être radiées par leurs conjoints.
Risque de contamination
Il arrive également que certaines d’entre elles prennent la clé des champs, échappant ainsi à tout suivi de grossesse. Elles accouchent sans aucune intervention du dispositif de Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Conséquences, ce sont 20 à 40 bébés sur 100 nés vivant issus de femmes séropositives qui sont exposés à l’infection en l’absence d’une intervention adaptée, a expliqué Nourou Adjibadé, directeur exécutif de CeRADIS-ONG à l’occasion de la 25ème édition de la Journée de l’enfant africain, le 16 juin dernier.
Le comportement des hommes accroit aussi, sans qu’ils ne s’en rendent compte, leur risque de contamination au virus, même s’ils semblent en être moins exposés, les femmes ne voulant pas leur révéler leur état sérologique. De peur d’être soupçonnées par leurs conjoints, les gestantes séropositives sont contraintes de manquer les rendez-vous médicaux pour leurs prises des antirétroviraux (ARV), aggravant ainsi le risque de contamination chez l’enfant et perpétuant aussi le cercle vicieux de la contamination du VIH/Sida.
Les données du ministère de la Santé précisent que le principal mode de contamination du VIH à l’enfant passe par sa mère. La même source renseigne que huit enfants sur dix contaminés, le sont par leurs mères.
Si l’on s’en tient par ailleurs, aux statistiques nationales, «la transmission du virus de la mère à l’enfant passe de 30% à 4%, si un suivi correct du traitement préventif de la mère et du bébé a pu être observé».
Mais c’est sans compter avec le comportement peu exemplaire de certains conjoints qui donnent du fil à retordre à la lutte anti Sida et sa féminisation.
Des médiatrices racontent qu’elles sont souvent très sensibles lorsque les gestantes dépistées séropositives se confondent en pleurs suite aux résultats du test du VIH. C’est cet état de choses qui fait que, expliquent-elles, elles laissent de plus en plus les victimes décider du choix d’informer ou non leurs partenaires de leur état sérologique.
«Le Sida ne tue plus aujourd’hui. C’est qui veut, qui en meurt. Les hommes doivent comprendre que cette maladie est moins dangereuse que certaines affections», explique Anna, médiatrice, très remontée contre le comportement des époux.
Non implication des conjoints, frein à la PTME
A l’en croire, sur un total de cent femmes dépistées dans le centre où elle travaille, dix sont infectées par le virus du Sida. La pandémie, explique-t-elle, à défaut du rythme souhaité par les acteurs de lutte, régresse, mais à pas de tortue. L’étau doit donc se resserrer pour une implication à tous les niveaux, notamment des partenaires N°1 des femmes que constituent les époux.
Selon elle, si tous les hommes pouvaient soutenir leurs conjointes, la PTME enregistrerait 100% de performances à l’heure du bilan. Elle souligne que la non implication des conjoints constitue un réel handicap au programme.
«Rares sont les conjoints qui accompagnent de bout en bout leurs épouses dépistées séropositives», se plaignent encore Anna et sa collègue Line.
Les objectifs assignés à la PTME ne seront totalement atteints que lorsque tous les acteurs impliqués dans cette lutte joueront effectivement leur partition. La sensibilisation des conjoints pour un changement de comportements reste encore un pan sur lequel les principaux acteurs devraient résolument se pencher.
Par Maryse ASSOGBADJO (Avec la collaboration de CeRADIS-ONG)
Santé 11 août 2015