La Nation Bénin...
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Mécontents de ce que l’administration de leur établissement se soit opposée à la tenue des journées culturelles au-delà de 20h, les élèves du collège de Bohicon ont manifesté dans la matinée d’hier lundi 11 mai. Ils ont mis le feu au portail du collège, lapidé des enseignants avant d’affronter des éléments des Forces de sécurité et de défense venus calmer la situation.
C’est à une scène d’émeute qu’on a assisté dans la matinée d’hier lundi au CEG de Bohicon. Un mouvement de foule d’élèves affrontant des policiers et gendarmes, paralysant du coup la circulation sur la route Bohicon-Covè durant des heures. La grogne a commencé déjà la semaine écoulée avec la programmation des activités des journées culturelles pour jeudi, vendredi et samedi derniers, de 7h à 19h. Mais des élèves ont exigé que ce soit plutôt de 19h à l’aube pour leur permettre de bien "s’amuser". Ainsi, malgré toutes les pressions, les responsables de l’établissement ont réussi à tenir les activités du jeudi au samedi dernier et dans le créneau prévu pour éviter des cas d’insécurité et de viol d’élèves filles comme ce fut le cas dans d’autres collèges.
Des élèves mécontents pour n’avoir pas réussi à obtenir un programme nocturne ont décidé, à l’issue des activités le samedi soir, de mettre le feu au portail de l’établissement et de s’en prendre au surveillant général à qui, ils ont tendu un piège, avant de le bastonner.
N’étant pas satisfaits de ce coup du samedi soir, ils sont revenus à la charge hier, lundi très tôt dans le collège, pour organiser la casse afin d’empêcher la tenue des devoirs surveillés qui étaient prévus pour 8 heures. Ils se sont mobilisés dans l’enceinte de l’établissement pour bloquer toutes les issues, empêchant systématiquement toute activité pédagogique de s’y dérouler. Pour atteindre leur objectif, ils ont opté pour l’"Intifada", la guerre des pierres. C’est donc une pluie de pierres qui s’est mise à tomber sur tous ceux qui étaient dans l’enceinte du collège, tout autour et même sur les usagers de la route Bohicon-Covè à laquelle fait face ledit établissement. Les automobilistes, les motocyclistes et piétons sont pris au piège des élèves qui caillassent tout sur leur passage, n'hésitant même pas à faire un duel frontal avec les Forces de l’ordre. Dans la foulée, quelques meneurs du mouvement ont été pris mais libérés un peu plus tard pour favoriser le retour au calme.
Dépassés par la furie de leurs élèves et appuyés par les deux adjoints au maire de Bohicon, le directeur du collège, Hyacinthe Akiyo et le personnel enseignant se sont repliés à la salle des professeurs pour analyser la situation qu’ils jugent préoccupante. Pour le directeur, il y a de quoi s’interroger sur les réelles intentions de ces apprenants. Toutefois, il a, avec le corps enseignant, lancé un appel au calme pour que les choses rentrent dans l’ordre afin que les activités académiques reprennent.

Des équipes de la Direction générale du Matériel et de la Logistique (DGML) dont émane le Garage central administratif du ministère de l’Economie et des Finances, ont effectué un contrôle inopiné aux principaux carrefours d’accès et de sortie de la ville de Bohicon samedi et dimanche derniers. Sur 50 véhicules administratifs arrêtés, seuls 7 étaient en situation irrégulière.
Très tôt le samedi dernier et tard le lendemain dimanche, des équipes du Garage central administratif appuyées par des éléments de la Police nationale en poste au Commissariat central de Bohicon ont pris position sur des carrefours et axes routiers de Bohicon et environs pour le contrôle des véhicules administratifs en situation irrégulière donc roulant sans ordre de mission. Ainsi, la ville a été quadrillée sur ses quatre entrées et sorties. Il s’agit des carrefours Avogbana, Zakpo, Sodohomé, Dako et Adja-Sogon. L’objectif pour les différentes équipes est de traquer les fonctionnaires qui utilisent abusivement des véhicules du parc automobile de l’Etat en week-end et sans ordre de mission.
Ainsi, au total, 7 véhicules administratifs ont été interpellés sur les 50 contrôlés par les équipes du ministère de l’Economie et des Finances. Parmi ces véhicules, il y a un véhicule Pik-Up de la direction départementale Zou-Collines du ministère des Travaux publics immatriculée AF 5608 RB. Son conducteur était sans ordre de mission (OM). Pris au carrefour Dako, le véhicule a été purement et simplement conduit au Commissariat de Bohicon. Une autre voiture dont le numéro est AV 8314 RB appartenant à la Circonscription scolaire de Dogbo, a été aussi prise au carrefour Adja-Sogon pour défaut d’Ordre de mission. Pareil pour le véhicule N°AV 6306 RB de la Circonscription scolaire de Zagnanado qui était aussi en circulation sans ordre de mission. Le Pik-Up IPZ 9529 RB de l’Agence nationale de protection civile au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes et le bus du ministère de la Jeunesse et des Sports et Loisirs, AD 8025 RB étaient aussi utilisés par des agents sans aucun ordre de mission.
Par rapport au nombre de véhicules arrêtés sur les 50 contrôlés, un constat se dégage. C’est que les usagers des véhicules administratifs prennent de plus en plus les précautions administratives nécessaires avant de prendre la route le week-end.
Pour les membres des équipes de contrôle, il faut qu’on en arrive un jour à zéro véhicule administratif pris pour défaut d’ordre de mission. Toutefois, avec les 7 sur 50 pris ce week-end, ils ont bon espoir que les choses vont s’améliorer un jour. Cette opération de contrôle du ministère en charge de l’Economie a été conduite par le directeur général du Matériel et de la Logistique (DGML), Alfred Sama assisté du directeur du Garage central, Thomas Akomedi.
A l’issue de l’opération le dimanche dernier, ils n’ont pas caché leurs sentiments par rapport au nombre relativement faible soit 7 sur 50 véhicules administratifs épinglés par leurs équipes à Bohicon. «C’est la preuve qu’avec le temps, la sensibilisation et les contrôles porteront leurs fruits sur l’usage abusif des moyens roulants de l’Etat». Toutefois, suggèrent-ils, il faut poursuivre dans ce sens afin que l’Etat parvienne effectivement à préserver son parc automobile.

L’ancien Premier ministre, Pascal Irénée Koupaki était, vendredi 8 mai dernier, au cabinet du président de la République. Au menu des discussions, la situation politique nationale.
Les moments de turbulences qu’a connus la ville de Cotonou, ces derniers jours, étaient au cœur des échanges que le président de la République a eus avec l’ancien Premier ministre, Pascal Irénée Koupaki. «Je suis un ancien collaborateur du chef de l'Etat. Je suis venu lui faire part de mes sentiments sur ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu. Donc ce tour d'horizon nous a permis de relever qu'il y a un progrès à faire en termes de démocratie apaisée, de comportement et de conscience », a confié ce dernier à sa sortie d’audience. Pascal Irénée Koupaki indique que sa visite s’inscrit dans le cadre des démarches qu’il a entreprises pour la décrispation de la situation politique nationale. «Personnellement, je n'ai jamais vu ça dans mon pays. Il faut panser les plaies, les cicatriser. Il faut prendre certainement de nouvelles options, et donc tracer de nouveaux sillons pour qu’on puisse planter des valeurs et semer davantage de tolérance », conclut-il.
Le président de la République s’est également entretenu avec Christian Adovèlandé, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Les deux personnalités ont fait un tour d’horizon de la coopération entre le Bénin et l’institution financière régionale. Christian Adovèlandé indique avoir surtout fait le point des projets en instruction au sein de la Banque, notamment les dossiers d’assainissement et de pavage des villes de Bantè, Glazoué, Covè et Djidja.

Le président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la communication (HAAC), Adam Boni Tessi a présidé vendredi 8 mai dernier, au siège de son institution à Cotonou la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse. C'était en présence des responsables des associations, des patrons de presse et des professionnels des médias.
Chaque année, les journalistes célèbrent la Journée internationale de la liberté de presse un peu partout à travers le monde le 3 mai. Le Bénin n’est pas resté en marge de cette commémoration et même si c’était en différée, l'ensemble des composantes de la presse béninoise s’est réuni dans l’enceinte de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à cet effet. Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), Franck Kpochémè, prenant la parole au nom des associations professionnelles, a fait savoir que telle la sève nourrit de façon généreuse, constante et discrète l’arbre, telle la liberté de la presse consolide les activités des journalistes. Pour lui, c’est grâce à la liberté de la presse que les médias travaillent sans craindre la répression. La presse a été créée pour favoriser le développement des nations. «Qui s’oppose à la liberté refuse le développement de sa patrie» selon Franck Kpochémè qui souhaite également que les responsables de la HAAC s’impliquent davantage dans la protection des journalistes. Les questions d’atteinte à la liberté de presse se posent au Bénin sans que l’institution ne vienne au secours des victimes, a-t-il déploré.
Franck Kpotchémè a enfin invité les journalistes à respecter le Code de déontologie et d’éthique dans les médias. «C’est le lieu d’inviter les acteurs des médias à faire preuve de rigueur professionnelle dans le traitement de l'information. Les titres présentés, il y a quelques jours par des organes de presse écrite notamment pendant la période post scrutin, ne sont pas de nature à nous crédibiliser», a expliqué le président de l’UPMB.
Dans sa réponse, le président de la HAAC, Adam Boni Tessi a indiqué que l’institution qu’il dirige a pleine conscience de la partition qui est la sienne dans la lutte commune pour faire de la liberté de la presse une réalité au Bénin. Pour lui, l’engagement de la HAAC pour une meilleure contribution des médias au développement ne souffre d’aucune ambiguïté. Seulement, explique-t-il, la liberté de presse doit être l’affaire de tous. «Il ne s’agit pas du combat d’une seule institution, au-delà de tous les attributs légaux dont elle peut être parée, mais d’une vision d’ensemble de tous les partenaires impliqués dans ce combat. C’est plutôt un travail d’équipe à mon sens », a insisté Adam Boni Tessi.
A l’occasion de la célébration, trois organes de presse ont été primés par la HAAC. Il s’agit de la Télévision Carrefour, de la radio FM Naané de Péhunco et du quotidien privé L’Autre Quotidien. Selon Adam Boni Tessi, ces trois organes se sont illustrés dans l’observation stricte des décisions de la HAAC relatives à la pré-campagne et à la campagne médiatique de 2015. L’Observatoire pour la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM), la Fondation Friedrich Ebert et l’organisation Open Society Institute for West Africa (OSIWA) ont reçu aussi des prix spéciaux pour leur appui aux médias.

8 mai 2000 - 8 mai 2015, il y a 15 ans qu’est décédé Hubert Coutoucou Maga, père de l’indépendance du Bénin. Les Parakois s’en sont souvenu vendredi dernier pour célébrer sa mémoire. Recueillement, prières, témoignages, dépôt de gerbe, conférence sur la vie et l’œuvre de l’illustre disparu ont marqué cet anniversaire de décès.
Dans le cadre du troisième Salon du livre et de l’alphabétisation de Parakou (SLAP 2015), une cérémonie d’hommage au tout premier président du Dahomey devenu Bénin a réuni des membres de la famille, des anciens collaborateurs de l’illustre disparu, des gens d’un certain âge mais aussi des jeunes au mausolée à son domicile au quartier Kpébié à Parakou. Une séance de réflexion sur le thème «Collecte et préservation du patrimoine légué par Hubert Coutoucou Maga, instituteur, président de la République du Bénin en 1960» a été également organisée sous la houlette de Hamidou Ali Orou, commissaire général du salon. «L’objectif visé est de fédérer les énergies pour en arriver à un événement national autour de l’illustre disparu. Au-delà des hommages, il était question de poser les bases de ce vaste chantier que nous venons d’ouvrir, surtout que l’année prochaine aura lieu le centenaire de naissance du défunt », indique-t-il.
Aussi, le Club Unesco de Parakou a-t-il initié une série d’activités pour marquer l’événement à travers un dépôt de gerbe au mausolée, un don de poubelles à la mairie de Parakou, une conférence pour faire découvrir l’homme à la jeunesse. Le club a saisi l’occasion pour appeler les jeunes à se mettre au service de la communauté. Il entend mettre en place une médiathèque avec plusieurs ateliers dans la ville.
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun s’est prononcé aussi sur la crise socio-politique nationale que traverse le Bénin ces dernières semaines. Il se joint à l’avalanche d’appels au calme pour inviter les différents protagonistes à la sagesse et à la tolérance. C’était à la faveur d’une déclaration qu’il a faite vendredi dernier au siège de son institution à Porto-Novo.
Les appels au calme continuent de fuser, suite à la situation politique tendue ces dernières semaines au Bénin, consécutive à l’affaire de convocation judiciaire manquée du député Candide Azannaï. Le médiateur de la République, accusé à tort ou raison d’être resté inactif depuis le déclenchement de cette crise, est monté au créneau vendredi dernier. Dans une déclaration qu’il a faite à son bureau à Porto-Novo, Joseph Gnonlonfoun a invité les acteurs politiques et les élites politiques, toutes tendances confondues, à la culture de la tolérance et de la paix. Il a déploré tous ces débordements auxquels le Bénin a assistés ces dernières semaines et qui auraient pu être économisés si les protagonistes avaient fait preuve de sagesse. « Des pères et mères sont en train de pleurer et de gémir en ce moment à cause de ces évènements, à cause des propos qui ne devraient pas sortir de la bouche de nos élites politiques, à cause des actes qui ne devraient pas être posés par des acteurs politiques », déplore Joseph Gnonlonfoun. Il pense que des causes justes peuvent être plaidées et défendues dans le respect de l’autre avec beaucoup de responsabilité et dans un dialogue assuré et constructif. « L’ambition que chaque citoyen patriote nourrit pour notre pays doit être dans la concorde et la concertation permanente. Ce qui n’exclut pas des divergences d’approches dans certaines situations, le plus important étant de ne pas remettre en cause les fondamentaux de notre processus démocratique », poursuit-il.
A ceux qui lui reprochent d’être resté passif au temps fort de la crise, Joseph Gnonlonfoun répond que son institution n’est pas un sapeur-pompier. Et elle ne peut l’être. Son rôle consiste simplement à attirer l’attention des acteurs politiques sur leur historique. Le médiateur de la République informe que c’est ce qu’il a fait depuis toujours et surtout le 9 janvier 2015 à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an de son institution au chef de l’Etat. A l’occasion, Joseph Gnonlonfoun exhortait par anticipation devant un parterre d’hommes et femmes politiques, à une rentrée électorale apaisée en 2015. Il appelait les uns et les autres à faire en sorte que les élections législatives puis communales, municipales et locales de cette année, soient des moments de fête. Joseph Gnonlonfoun a regretté que son appel à la paix par anticipation, n’ait pas été entendu comme cela se doit.
Malgré cela, le médiateur de la République dit qu’il n’est pas resté sans réaction contrairement à ce que certains pensent. Il dit avoir opté pour des actions sous-marines pour calmer le jeu. Joseph Gnonlonfoun confie avoir pris des contacts avec tels ou tels chefs religieux et politiques pour éteindre le feu. « L’essentiel pour le médiateur de la République, c’est d’éviter de faire le jeu de quelque partie ou parti que ce soit », souligne-il, avant de souhaiter que l’accalmie observée actuellement se consolide davantage pour la paix au Bénin.

Les cinq jours de fête et de magnificence des musiques béninoise et africaine, à travers la première édition du Festival international de musique du Bénin (FIMuB) ont pris fin depuis le 3 mai dernier sur les sites retenus à cet effet. Les organisateurs s’apprêtent sans doute à faire leur bilan. Sans les devancer, on peut soutenir que ce numéro zéro n’a pas été une réussite.
Osons le dire tout de suite. La première édition du Festival international de musique du Bénin (FIMuB) organisé du 29 avril au 3 mai dans les villes de Cotonou, Bohicon et Parakou n’a pas connu un succès. Si au lieu de voir la réalité en face, de travailler à soigner ce festival naissant pour l’aider à devenir la seconde béquille qui soutient la promotion internationale de la culture béninoise sur le plan international, on se caresse le nombril pour se contenter d’une quelconque satisfaction, on n’aura pas fait œuvre utile.
Beaucoup ont, en effet, pensé que le ralliement à la cause de ce festival et la participation active de certains acteurs culturels et musiciens qui l’avaient rejeté dès sa conception, est signe de succès, ou même un indice de réussite. Soit ! Cela aurait pu l’être si les conditions de ralliement n’avaient pas été négociées au guichet. Mais le drame n’est pas là. Que des Béninois, des acteurs culturels de surcroît vivent d’un festival béninois, vivent de ses restes ou même vivent dans son dos, il n’y a pas péril en la demeure. Le mal est encore un peu plus profond. Il s’est joué sur le terrain de la préparation, de l’organisation, de la tenue et du déroulement du FIMuB lui-même. De sorte qu’au finish, beaucoup pourraient garder à l’esprit les observations de certains qui n’ont pas hésité à parler de « cinq jours de gâchis, de millions engloutis… »
Accouchement forcé pour un bébé prématuré
Les premiers acteurs culturels qui ont lancé des pierres dans le jardin du FIMuB avaient peut-être raison, estimant qu’un évènement de cette envergure devrait être conçu et préparé avec plus de dextérité, dans un cadre assez concerté pour ne laisser aucune place à l’impréparation et à l’amateurisme. Pourtant, cela a fini par arriver. Déjà, à l’occasion de la conférence de presse tenue le mercredi 15 avril dernier au ministère en charge de la Culture pour rassurer que tout se met en place et que le festival annoncé comme le frère siamois du FITHEB qui, lui aussi, après plus de deux décennies de vie, peine à retrouver ses marques et avance à pas hésités, se déploiera dès le 29 avril date de sa concrétisation, beaucoup de réactions ont fusé pour s’étonner du forcing avec lequel on tentait de le faire naître et de l’organiser.
Mais face à ces craintes, les organisateurs eux jouaient la carte de l’apaisement. Ils disaient avoir de bonnes cartes en main et il n’y avait pas de raison à ne pas y croire. Richmir Totah, premier responsable du FIMuB et donc le commandant de bord n’a plus de preuve à faire. C’est un homme d’expériences. Un acteur culturel de haut vol qui a roulé sa bosse dans mille et un évènements culturels au Bénin et au-delà des frontières nationales. Sa carte de visite tout comme son carnet d’adresses était assez fourni pour faire un festival de musique au Bénin. D’autres membres du comité d’organisation peuvent aussi se vanter d’en avoir dans les jambes. Mais cela ne fut malheureusement pas suffisant pour accoucher d’un mignon FIMuB. De sorte qu’au finish, l’accouchement était assez douloureux et le bébé, obligé de sortir prématurément des entrailles est venu, non plus en prince comme annoncé, mais plutôt éclopé et donc, privé des cris du cercle de famille qui devrait être là pour l’applaudir à grands cris.
Repenser le fond, la forme… Retravailler le FIMuB
La première édition du Festival international de musique du Bénin (FIMuB) n’est pas sans acquis. Sa tenue a permis à des artistes béninois de se mettre en vedette, de prester devant des acteurs culturels venus de loin, parfois même de très loin. Il a aussi été utile à certains artistes béninois qui sans doute avaient perdu le sens du Live. Cela ne s’est pas toujours fait dans la facilité pour certains d’entre eux. Il y avait donc assez de grains, pour ne pas dire des déchets par endroits. Le public aurait donc pu s’en offusquer, mais il n’y en avait pas. C’est en effet là, l’un des mérites de ce festival. C’est qu’il offre du spectacle, parfois même du bon spectacle devant des sièges quasiment vides. Déjà à la cérémonie d’ouverture par exemple, le siamois du FITHEB s’est ébranlé dans une salle rouge du palais des Congrès de Cotonou assez clairsemée. L’ambiance sur place n’était pas non plus celle des grands jours.
Que dire des rencontres professionnelles ? Désolation et déception ! Même si on peut concéder les autres ratés du FIMuB, il y a lieu de présenter une note sévère pour les rencontres professionnelles dudit festival, tenues dans un hôtel de Cotonou, bien excentré par rapport aux différents sites de l’évènement. Pourtant, ce qui est communément admis, c’est de circonscrire des manifestations du genre dans un périmètre restreint pour y mettre plus de vivacité et d’ambiance. Mais là n’est pas encore le plus important. Ces rencontres dont les thèmes sont pourtant évocateurs n’ont pas retenu l’attention de grand monde. Les artistes béninois n'ont pas brillé par leur présence. A peine une vingtaine de participants ont suivi les premières communications et il faut encore extirper de cet effectif, la forte mobilisation de délégués étrangers.
Côté financement, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Le budget gracieusement mis à disposition par le gouvernement (principal, si non unique bailleur de fonds) est évalué à plus d’une centaine de millions de francs CFA. 130, précisent certains qui reprochent aux organisateurs, en plus de la précipitation, d’avoir fait porter une charge trop lourde au Fonds d’aide à la Culture. In fine, comme le musicien Sagbohan Danialou, on peut dire tout simplement «c’est une première édition. Attendons…pour analyser les effets positifs et les imperfections».

En dépit des maigres moyens dont il dispose, le noble art béninois parvient à donner, par moment, quelques signes de vie. C’était le cas samedi 9 mai dernier, à l’occasion de la première édition du gala international de boxe organisée par l’Association vie meilleure des boxeurs professionnels du Bénin (AVMBPB) au Centre sportif Sowéto de Dédokpo à Cotonou. Au programme, il y avait trois combats professionnels.
Avec la présence de plus en plus rare des promoteurs et managers, des bonnes volontés ont décidé de s’associer à travers l’AVMBPB afin d’occuper le terrain, pour pouvoir continuer à organiser des galas de boxe et autres combats professionnels titre en jeu au profit des pugilistes béninois. Outre la promotion du noble art au Bénin, ils ont aussi à cœur la gestion de la carrière et de l’avenir des boxeurs professionnels du pays.
C’est dans ce cadre, qu’ils ont organisé, samedi dernier au Centre sportif Sowéto de Dédokpo à Cotonou, en collaboration avec Donabath Boxing Promotion, un gala international de boxe. L’évènement qui était à sa première édition a connu une grande réussite. C’est à l’actif de Sylvanus Amoussou et des membres de son équipe.
En dehors des boxeurs béninois, il y avait aussi des pugilistes nigérians et ghanéens. Il y avait plusieurs combats au programme. Le premier a vu le Nigérian Isaac Ekpo, champion d’Afrique WBO, prendre le meilleur à la 3è reprise sur le Ghanéen Ibrahim Omosha dans la catégorie super moyen. Quant au Béninois, Justin Savi, il est arrivé à bout d’Edouard Bassey, champion du Ghana, après 8 reprises. Au même moment, Fatiou Fassinou n’a pas fait de détail devant le Ghanéen Joshua Banor, dans la catégorie super coq. Ce fut un combat âprement disputé, mais dominé par le Béninois qui a contraint son adversaire à l’abandon à la 3è reprise.

Le Centre de réflexion et d’action pour le développement intégré et la solidarité (CeRADIS-ONG) a organisé, vendredi 8 mai dernier à Parakou, une soirée de mobilisation sociale et politique autour de la problématique des grossesses non désirées en milieu scolaire. Cette séance tenue quelques jours après celle de Cotonou, vise à mobiliser les décideurs politiques et les acteurs du monde éducatif pour l’éradication de ce phénomène récurrent aux conséquences désastreuses sur la jeunesse.
Près de 4600 cas de grossesses enregistrés en milieu scolaire et universitaire au Bénin dont environ 2000 dans les collèges publics au cours de l’année scolaire 2012-2013, selon la direction de la Promotion de la Scolarisation du ministère en charge de l’Enseignement secondaire. C’est pour trouver les voies et moyens en vue d’inverser la tendance de la croissance rapide et élevée du taux des grossesses en milieu éducatif que CeRADIS-ONG, avec l’appui financier de l’ambassade des Pays-Bas près le Bénin, a initié une série de soirées de mobilisation sociale et politique autour de cette question qui interpelle plus d’un. Après Cotonou en début de semaine dernière, le Centre Guy Riobé de Parakou a abrité vendredi dernier cette séance qui vise, à en croire Nourou Adjibadé, directeur exécutif de CeRADIS-ONG, à non seulement tirer la sonnette d’alarme mais aussi et surtout susciter un sursaut national et une prise de position des décideurs politiques et des acteurs du monde scolaire face au fléau. Autorités politico-administratives, responsables d’écoles, parents d’élèves, élèves, représentants d’organisations intervenant sur les questions de population et autres leaders d’opinion ont pris part à cette rencontre qui a permis de faire l’état des lieux, d’échanger sur les causes du phénomène et d’envisager des solutions efficaces et durables pour son éradication.
Si le phénomène des grossesses non désirées en milieu scolaire est particulièrement alarmant dans le département de l’Atacora (1194 filles enceintes en 2011-2012 dont 283 écolières), notamment dans les communes de Natitingou, Boukombé, Copargo et Pehunco, il n’épargne aucun département du Bénin, fait observer Nourou Adjibadé. En moyenne, 549 élèves et écolières tombent enceintes chaque année dans l’Atacora-Donga ; 559 grossesses sont enregistrées en 2012-2013 dans le Zou-Collines, illustre-t-il. «Un tableau totalement sombre», conclut le représentant de l’UNFPA, Dr Ali Marouf, en citant entre autres, les communes de Sinendé, Nikki, Tchaourou, N’dali, Gogounou où le phénomène est beaucoup plus alarmant dans les départements du Borgou-Alibori. Il a salué l’initiative de la séance de réflexion qui vient à point nommé, selon lui, pour fédérer les énergies des autorités morales, politiques, administratives qui pourront mettre un accent sur les différents types de sensibilisation en direction des communautés.
Facteurs d’un mal aux conséquences désastreuses
Entre autres facteurs poussant les adolescentes encore sur les bancs à contracter des grossesses, Dr Marouf Ali pointe du doigt la démission coupable, le relâchement total de l’autorité parentale et l’incapacité des parents à subvenir aux besoins de leurs enfants, surtout les filles, l’imposition du mariage précoce par certains parents à leurs filles. L’éducation différenciée fondée sur le sexe dans les ménages, la pauvreté et la polygamie qui augmentent les charges familiales, sont aussi évoquées par les participants à la soirée. A cela, s’ajoutent l’ignorance des textes en vigueur, le manque d’information, l’impunité des auteurs des grossesses, le harcèlement sexuel par des enseignants indélicats et autres prédateurs financièrement influents, le manque de communication entre les parents et les enfants : le sujet du sexe étant encore un tabou dans la plupart des ménages.
Les élèves, eux aussi, ont leur part de responsabilité dans l’aggravation du phénomène. Les témoignages recueillis indiquent comme déviances les tresses extravagantes, les tenues moulantes, indécentes et provocatrices, l’ignorance des principes de la santé de reproduction, notamment les bonnes méthodes de contraception, le gain facile : les notes sexuellement transmissibles. Le libertinage des filles favorisé par les feuilletons, les mass-médias et les réseaux sociaux, constitue une cause majeure du fléau de grossesse en milieu scolaire qui impacte la vie des victimes.
Ce fléau qui accentue la déperdition en milieu scolaire et compromet l’épanouissement des filles et de leurs progénitures, est une violation des droits des filles et doit être considéré comme un facteur majeur d’enchaînement du cycle de pauvreté, estime Nourou Adjibadé.
Comme mesures idoines pour inverser la tendance, les participants à la soirée du vendredi dernier à Parakou insistent sur la nécessité de vulgariser les textes et surtout de les appliquer en poursuivant les auteurs des grossesses, d’enseigner l’éducation sexuelle à l’école, de promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives, de sensibiliser les communautés et de responsabiliser les parents. Car, «L’école est un lieu de formation et d’apprentissage et non un lieu indiqué pour la procréation », souligne le directeur de CERADIS-ONG. «Quand on est à l’école, on est enfant. Or, un enfant ne fait pas d’enfant. Par conséquent, aucune écolière ou élève ne doit être enceinte», insiste Nourou Adjibadé.

C’est le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr François Abiola en personne qui a présidé la cérémonie de sortie de la première promotion des étudiants de l’Ecole nationale des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ENSTIC). C’était vendredi 8 mai dernier à Savalou.
La cérémonie qui consacre la remise de diplômes à la toute première promotion des étudiants de l’école de Savalou a mobilisé enseignants de haut rang, recteurs d’universités sœurs, parents et amis venus honorer les impétrants de cette entité universitaire qui a ouvert ses portes il y a seulement quelques années. L’ENSTIC étant une entité de l’Université polytechnique d’Abomey (UPA) placée sous la houlette du professeur Norbert Cossi Awanou, elle assure la formation des étudiants dans deux filières académiques que sont la scénarisation-multimédia et le journalisme. Et c’est bien la filière scénarisation-multimédia qui vient de livrer ses premiers produits en licence professionnelle, en attendant celle du journalisme.
Ouverte il y a seulement quelques années et dans des conditions difficiles, l’ENSTIC de Savalou vient de délivrer ses premiers parchemins à l'ENSTIC première promotion d’étudiants. Pour son nouveau directeur, Bernard Fangnon, le chemin a été difficile et long. L’ENSTIC souffre jusqu’à ce jour d’insuffisance en enseignants qualifiés, ne dispose pas non plus de connexion Internet, pas de studios-écoles et de matériel technique pour les travaux pratiques pourtant indispensables, pas de dotation en bibliothèque bien fournie en ouvrages afin de faciliter les recherches documentaires. Des problèmes qui n’ont pas manqué d’être rappelés non plus par la porte-parole des récipiendaires, Pélagie Odjegnidé qui a aussi remercié les professeurs de l’ENSTIC pour toutes les peines données afin de permettre aux 26 étudiants qu'ils étaient, d’être à ce rendez-vous du succès.
C’est donc avec beaucoup de sacrifices consentis, qu’enseignants et étudiants sont parvenus aux résultats actuels. Des souffrances et sacrifices qui ont tout de même été couronnés de succès.
Un travail apprécié et salué par le ministre d’Etat, François Abiola pour qui, cette école, à la différence de la faculté, a un objectif bien précis qui est de promouvoir un enseignement professionnel adéquat et de qualité, contribuant ainsi à la formation de la jeunesse et au développement du pays. Cette formation de qualité qui répond aux exigences du marché actuel de l’emploi, est donc un motif supplémentaire de fierté pour le ministre d’Etat qui a appuyé cette première promotion d’étudiants et qui a promis d'accompagner cette école dans l’atteinte de son objectif.
Le professeur François Abiola a exprimé toute sa gratitude aussi bien à l’actuelle équipe dirigeante qu’à l’ancienne pour leur dynamisme et surtout pour le plan du développement de l’ENSTIC en faveur de la recherche de coopérations fructueuses pour la formation des apprenants et les coller au monde professionnel, appelé à utiliser les produits finis, c'est-à-dire ces étudiants bien formés pour le marché de travail.