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Nouvelles

Scrutin législatif du 26 avril sans incident: Preuve de la maturité du peuple béninois

Tout est bien qui finit bien. Le cataclysme annoncé pour les législatives n’a pas eu lieu. Au contraire le scrutin s’est déroulé dans le calme et la paix. Preuve de la maturité du peuple à qui il faut attribuer la victoire.

Aura-t-il lieu ou n’aura-t-il pas lieu ? La question était sur toutes les lèvres. Et beaucoup craignaient un scénario catastrophique pour le srutin du dimanche dernier, suite aux tiraillements qui ont eu lieu entre le gouvernement et le COS-LEPI par rapport à la non distribution des cartes d’électeur.
Dimanche 26 avril dernier, jour prévu pour le scrutin, les observateurs ont été unanimes que tout s’est bien passé dans la plupart des localités du pays. «Un scrutin sans incidents majeurs», ont-ils déclaré à la presse aussi bien nationale qu’internationale, à la fermeture des bureaux de vote.
Comment expliquer cette situation, alors qu’il y a quelques jours, c’était encore la psychose généralisée ? En tout cas, nombreux sont ceux qui dressent la palme au peuple béninois et lui attribuent la victoire.
Depuis la campagne, il y avait des prémices de cette maturité du peuple. Des signes qui ne trompent pas, car beaucoup d’actes et de faits inédits ont montré à souhait que le temps et les épreuves ont fini par aguerrir les Béninois. Des affiches et autres affichettes qui cohabitent pacifiquement sur les carrefours, des caravanes qui se croisent sans qu’il n’y ait des noms d’oiseaux. Bref, le peuple a joué sa partition et n’a pas toujours suivi les politiques qui, quoiqu’on dise, ne sont pas eux non plus, des ennemis mais de simples adversaires qui tentent de manipuler, à des moments donnés et pour des raisons inavouées, leurs concitoyens. Aujourd’hui, c’est la démonstration de la maturité du peuple, est-on tenté de dire. D’ailleurs, comment cela pourrait-il se passer autrement pour un peuple qui fête actuellement les noces d’argent de sa démocratie !

Plus de doute

25 ans de pratique démocratique avec autant de scrutins, on ne peut plus douter de cette réaction du peuple. Car, depuis le Renouveau démocratique en 1990, cela faisait la quinzième fois que les Béninois se rendaient aux urnes : 5 fois pour la présidentielle (1991, 1996, 2001, 2006, 2011), 7 fois pour les législatives ( 1991, 1995, 1999, 2003, 2007, 2011 et 2015), 2 fois pour les communales (2003 et 2008), sans oublier le référendum constitutionnel en 1990.
Même si pour certains, 15 scrutins en 25 ans, c’est trop peu pour vanter les mérites d’une démocratie, force est de reconnaître qu’ils ne seront pas nombreux, les pays de la sous-région à se bomber le torse et regarder fièrement le monde en face et dire «Nous faisons la démocratie. Nous allons régulièrement au vote dans la paix et la transparence».
C’est dire donc que l’œuvre entamée par le général Mathieu Kérékou, Monseigneur Isidore de Souza et les autres se poursuit bon an mal an.
Les politiques eux peuvent jouer régulièrement à se faire peur, le peuple lui est mûr et joue pleinement sa partition : celle de choisir dans la paix et la tranquillité ses dirigeants.
C’est heureux, c’est à son actif. Il reste à poursuivre l’œuvre pour le bonheur de la postérité et l’image du pays.

Actualités 28 avr. 2015


Veille et alerte de la Société civile pour des réponses rapides aux élections: Relever les défis de la perfection et de la pérennisation

Lors du déroulement des élections législatives du dimanche 26 avril dernier, la Société civile avait mis en place une cellule de veille pour alerter et apporter des réponses rapides aux problèmes et questions qui étaient posés sur le terrain. Gustave Assah, coordonnateur de Social Watch Bénin a fait part de ses appréciations sur la pertinence du système mis en place, des défis à relever et de ses perspectives.

Quelle est la contribution de la société civile au processus électoral ayant conduit au scrutin législatif du dimanche dernier ? En réponse à cette préoccupation, le coordonnateur de Social Watch Bénin, Gustave Assah, vice-président de la Plate-forme de la Société civile dans le cadre de la veille et l’alerte mise en place dimanche dernier, a été clair. Contrairement aux élections antérieures, la Société civile n’a pas été plurielle pour les législatives du 26 avril dernier. Elle s'est unifiée grâce aux ONG comme SOS civisme, Social Watch Bénin, ALCRER, WANEP-Bénin, à travers la Coalition nationale pour la paix et d’autres institutions fortes comme le Haut Commissariat à la gouvernance concertée qui ont apporté leur véritable contribution dans la mise en place de ce dispositif», a souligné Gustave Assah, coordonnateur de Social Watch pour montrer la pertinence de la cellule de veille et d’alerte mise en place par la plate-forme de la Société civile pour apporter des solutions rapides aux problèmes qui se sont posés. La plate-forme de la Société civile a également montré, renseigne-t-il, l’application du système par l’opérationnalisation d’une démarche inclusive de l’implication de la société civile dans les processus électoraux. Ce qui a donné, selon lui, un résultat appréciable. Avant, rappelle-t-il, on pouvait attendre de régler les contentieux sur la base des recours présentés devant la Cour constitutionnelle. Mais l’initiative en cours, souligne Gustave Assah, a permis à la CENA, lorsque l’alerte relative aux électeurs qui voulaient aller photocopier les bulletins avec portables lui a été transmise, de faire passer une bande pour interdire d’entrer dans les isoloirs et les salles ou bureaux de vote avec les portables. Voilà donc, justifie-t-il, une réponse rapide et cela a marché.
« La plate-forme a également eu comme résultats d’une de nos requêtes sur la base des SMS arrivés, qu’il y a quelqu’un qui s’est enfui avec le matériel de vote et des documents dans le septentrion», a-t-il ajouté. Sur cette base, apprécie-t-il, le spécialiste des questions de sécurité a mis en branle son réseau. Le délinquant fugitif a été poursuivi et la récupération du matériel a permis de poursuivre le vote, s’est réjoui le coordonnateur de Social Watch Bénin. «Voilà des leçons dont la plate-forme ne disposait pas, mais capitalisable». La Cour constitutionnelle a la possibilité pour délibérer sur des contentieux, rapporte-t-il, de recourir à notre plateau technique et de se référer à la base de données ainsi constituée.

Aller au-delà de 100 observateurs

Pour les prochaines étapes, Gustave Assah, espère aller au-delà de 100 observateurs, car selon lui, le besoin se fait sentir aujourd’hui si les moyens le permettent, de prendre en compte les 13000 postes de vote pour accomplir le travail. Ainsi, la plate-forme, relève-t-il, compte bien capitaliser l’expérience pour disposer des résultats au soir des élections, avec la possibilité de livrer les tendances déjà au soir, sans oser donner les résultats.
En termes de moyens, estime Gustave Assah, la plate-forme n’en a pas beaucoup. Mais le "small money big impact" aura permis, explique-t-il, d’avoir des résultats appréciables grâce à l’appui technique et logistique du PNUD.
Sur la base des dysfonctionnements et faiblesses dans la mobilisation pour jouer son rôle, la Société civile, selon le coordonnateur de Social Watch Bénin, entend de plus en plus faire jouer le mécanisme de renforcement des capacités en sa faveur, au profit des populations et des partis politiques. Car, il importe que tous ces acteurs maîtrisent la définition des documents de vote, leur utilisation.
«La Société civile a prévu un atelier surtout que nous sommes dans l’attente de deux imminentes élections couplées et la présidentielle qui pointe aussi à l’horizon», souligne-t-il pour justifier la nécessité de la formation des formateurs. Car, ce qui est très important, explique-t-il, c’est la capacité d’anticipation qui s’inscrit dans une vision mobilisatrice pour accompagner ce processus national.
« Il est regrettable que la Société civile n’ait pas pu anticiper et il faut être sur le terrain et couvrir tout le territoire. Il faut vite former les gens et les envoyer sur le terrain pour couvrir la plupart des communes et postes de vote. Ce qui exige des moyens», a fait remarquer Gustave Assah.
Pour lui, il y a à relever les défis de la perfection et de la pérennisation. Perfection, explique-t-il, parce qu’il faut voir les outils nécessaires pour accompagner ce processus et envisager comment faire pour que cet outil ne soit pas la propriété d’autres personnes.
Il est prévu de tenir dans les prochains jours un atelier de capitalisation, a exposé le coordonnateur de Social Watch, pour identifier les forces et faiblesses de cette démarche en vue d’identifier à court, moyen et long termes, les actions et partenariats possibles à mettre en place pour consolider l’expérience avec l’appui de l’Union africaine, de l’Organisation internationale de la Francophonie, de l’Union économique et monétaire ouest africaine et de la CEDEAO pour asseoir les bases d’une collaboration future.

Actualités 28 avr. 2015


Affrontement entre populations de Baréi et de Dangoussar à Djougou: Deux morts, des blessés graves et des maisons incendiées

Suite au blocage des opérations de vote du dimanche 26 avril dernier à Dangoussar dans la commune de Djougou par des populations réclamant l’électrification de leur localité, celles de Baréi, à 5km, sont allées sonner la vendetta. Pour une révolte d’humeur, hier lundi 27 avril, le bilan est bien lourd : deux morts, plusieurs blessés et des maisons détruites et incendiées.

Deux morts et plusieurs blessés graves et des maisons détruites et incendiées dans le village de Dangoussar. Le bilan de l’affrontement entre les populations de l’arrondissement de Barei et celles du village de Dangoussar, hier lundi, dans la commune de Djougou, est bien lourd. Pour une révolte d’humeur c’était l’apocalypse dans le petit village de Dangoussar victime de la vendetta des populations de Baréi, arrondissement qui l’abrite. Ces dernières qui n’ont pas accepté que le vote ait été perturbé dimanche dernier par des manifestants réclamant l’électrification de leur localité. Ce mouvement de protestation avait contraint la gendarmerie, les sages et notables du village de Dangoussar à négocier le déroulement des opérations de vote bloquées tôt le matin dimanche dernier. Bien que le scrutin ait commencé au-delà de douze heures, cette marche aurait empêché certains électeurs de Baréi dont les noms figurent sur les listes du centre de vote de Dangoussar, d’accomplir leur devoir civique. Et c’est le motif qui justifie l’expédition punitive organisée sur le village de Dangoussar. Ainsi tôt le matin, selon les témoignages recueillis sur place, certains habitants de Baréi auraient fait leur incursion dans le village de Dangoussar et passé à tabac ses habitants.
Baboukari Djibril, charpentier, sexagénaire à Dangoussar, a été tué à coups de machette. Un jeune homme de Baréi qui a reçu en pleine poitrine une balle de fusil artisanal, a succombé à l’hôpital de l’Ordre de Malte de Djougou. Par ailleurs un autre blessé du côté de Dangoussar, dans un état critique après avoir reçu un coup de machette, est sous soins intensifs toujours, dans cet hôpital.
Le corps du vieil homme tué a été dans la journée remis à sa famille sur instruction du procureur du Tribunal de Djougou, après un examen clinique effectué par Raïmi Yérima, infirmier chef du poste de Barei.
En dépit de la présence des Forces de l’ordre et de sécurité publique alertées par le délégué du village de Dangoussar, le pire n’a pas été évité.
Si la situation a été quelques heures plus tard sous contrôle, il faut noter que les affrontements ont repris de plus belle avec une chasse à l’homme dans le village de Dangoussar. Les habitants ont dû fuir vers le village d’Anoum, à 7 km de leur village pour éviter cette vague de violences qui a ensanglanté la localité. Le village a été déserté par les populations autochtones mais assiégé par les habitants de Baréi. Des instructions ont été données aux élèves du Collège d’enseignement général de Baréi provenant de Dangoussar, d’arrêter pour le moment les cours.

Société 28 avr. 2015


Facilitation des affaires dans l’espace UEMOA: Accélérer le rythme des réformes pour simplifier les procédures

La Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) accélère le rythme des réformes pour simplifier les procédures et favoriser la croissance. C’est l’objectif de l’atelier de facilitation des affaires dans l’espace UEMOA qui s’est tenu à Ouagadougou au Burkina Faso la semaine dernière, selon un communiqué de la Commission de l’institution en date d’hier lundi 27 avril.

Faire encore plus simple, encore plus rapide, pour supprimer les obstacles à la création d’entreprise, favoriser la formalisation des activités existantes et booster les investissements privés dans la région. C’est l’objectif que poursuivent actuellement les autorités de l’Union. En effet, l’atelier de facilitation des affaires dans l’espace UEMOA, organisé par la Commission de l’UEMOA en partenariat avec BizClim, a clôturé ses travaux vendredi 24 avril dernier à Ouagadougou, sur la définition de nouveaux objectifs plus ambitieux, mais toujours réalistes, à l’horizon 2016.

Selon le communiqué ayant sanctionné les travaux, les Etats membres de l’UEMOA ont résolu de poursuivre leurs efforts de simplification administrative, en offrant en particulier aux entrepreneurs des services d’enregistrement en ligne. Un des objectifs est d’engager des réformes au-delà des indicateurs traditionnels (Doing Business, World Economic Forum, Mo Ibrahim Foundation, etc.) en améliorant notamment leur classement dans le global entreprise registration index. Les services en ligne permettront de stimuler davantage la création d’entreprises, de formaliser les activités des micro-entrepreneurs, d’augmenter les revenus des Etats et d’endiguer la corruption.
Au terme de leurs travaux à Ouagadougou, les participants à l’atelier de facilitation des affaires dans l’espace UEMOA ont pu constater que les objectifs qu’ils s’étaient fixés en novembre 2012 ont été largement atteints, voire très souvent dépassés. Et à l’égard de ces progrès, de nouveaux objectifs ont été proposés par les représentants des huit Etats membres. Par exemple, la réduction au strict minimum légal du nombre d’étapes et de documents nécessaires pour créer une entreprise ; la généralisation du régime de l’entreprenant, déjà opérationnel au Bénin ; la dématérialisation des procédures de création d’entreprises, en offrant la possibilité aux usagers de soumettre leur dossier en ligne, de payer en ligne et de recevoir des certificats électroniques. Il y a également l’élargissement immédiat du travail de simplification à d’autres procédures (obtention du permis de construire, permis d’exploration minière, etc.), en fonction des priorités nationales.
Le communiqué souligne que les Etats membres de l’UEMOA ont aussi élaboré des plans de communication, pour renforcer et pérenniser leurs actions d’amélioration du climat des affaires.
La Commission de l’UEMOA pour sa part, a par ailleurs décidé de mettre en place, à travers la Cellule d’exécution du Programme régional d’amélioration des affaires (PRACA), des dispositifs de suivi de l’impact des réformes, pour décupler les échanges de bonnes pratiques et contribuer à une saine émulation entre les Etats.
Comme l’a résumé le directeur de l’industrie et de la promotion du secteur privé à la Commission de l’UEMOA, selon le communiqué, les 8 Etats membres sont «sur le bon chemin». «Notre réseau de réformateurs du climat des affaires dans l’espace UEMOA est plus que jamais mobilisé ! », rassure-t-il.

A propos de la BizClim

La Facilité Climat des affaires ACP (BizClim) est un programme du Secrétariat du Groupe des Etats ACP, financé par l’Union Européenne sur les ressources du 10e Fonds européen de développement (FED), visant à améliorer le climat des affaires et des investissements dans les régions d’Afrique des Caraïbes et du pacifique. Elle apporte un soutien aux communautés économiques régionales, aux gouvernements et aux Organisations du secteur privé, à travers l’assistance technique et l’organisation de réunions de concertation et d’affaires, ainsi que la diffusion d’informations et l’échange des bonnes pratiques. BizClim veut stimuler la réflexion dans des domaines pertinents tels que les partenariats publics-privés, la privatisation des entreprises publiques, la réduction de la pauvreté….

Economie 28 avr. 2015


Entretien avec King Mensah : «A l’instar des coqs qui réveillaient les gens au village, les artistes doivent réveiller les consciences »

Les organisateurs de la première édition du Festival international de musique du Bénin (FIMuB) ont prévu la présence de plusieurs artistes de renom dont la vedette togolaise King Mensah. Avant cet évènement, le dernier séjour de l’artiste à Cotonou lui a donné l’occasion de lever un coin de voile sur ses projets actuels et futurs, à travers un entretien dont les détails importants sont livrés ci-dessous.

La Nation : King Mensah, tout porte à croire que Cotonou est devenu un second Lomé pour vous. Vous y êtes de plus en plus fréquent. Pourquoi ?

King Mensah : Depuis très longtemps, Cotonou est mon deuxième Lomé. Le Bénin est mon deuxième pays. Ma mère est Béninoise et mon père est Togolais. Je m’amuse souvent à dire aux gens que mon pays est plus grand que le Togo, mon pays est plus grand que le Bénin, et que je viens du To-Bé (Togo-Bénin). Donc, ici, c’est chez moi.

On a eu le dernier concert de King Mensah depuis 2013 à l’Institut français de Cotonou. A quand le prochain?

Il y a un concert que je prépare actuellement. Ce sera, peut-être, le 2 mai prochain au palais des Congrès de Cotonou, pour présenter mon huitième album.

Justement avant de parler de votre huitième album, qu’en est-il de la promotion du septième ?

Avec le septième album, on a fait un bon chemin. C’est un album où je parlais plus de moi-même, parce que quand je dis « Akpé », c’est pour dire « merci ». Pourquoi merci ? J’ai souvent dit que même si je suis en face de Dieu aujourd’hui, je lui dirai merci, parce qu’il a fait tout ce que j’attendais de lui dans ma vie. Quand tu parles comme ça, d’autres pensent que c’est parce que tu es milliardaire. Moi, je ne pense pas qu’on a besoin d’être milliardaire pour remercier Dieu. Je compare tout simplement la vie avec ma vie, là où j’étais avant et là où je suis aujourd’hui. Je mange avec appétit parce que j’ai l’habitude de regarder dans mon assiette. Je ne suis pas quelqu’un qui jette un coup d’œil dans la vie des autres pour voir qu’est-ce qu’ils font. Ma prière est réduite. Quand je me lève les matins, je ne me mets plus à genoux. C’est un peu paresseux, mais je me lève simplement, je dis merci, et les soirs je dis aussi merci. Parce que ce qu’il a fait dans ma vie est énorme. On n’a pas besoin d’être président pour dire merci à Dieu.

On entend dire que le huitième album est composé de cinq titres !

En réalité, j’ai beaucoup plus de chansons que ça. Je pouvais même aller jusqu’à 15 ou 20 chansons. Mais j’ai pensé que j’allais sortir l’album l’année prochaine pour fêter mes 20 ans de carrière. Comme l’album doit sortir en 2016, je ne vais pas quand même laisser le public pendant un an. J’ai juste alors prévu un album de cinq titres pour accompagner mon public. Cet album s’appelle «So Ké», cela veut dire «qu’on se pardonne». Je crois que le «pardon» fait partie de la racine de l’union, de la paix. Et je pense que l’Afrique a besoin de cela aujourd’hui.

L’une des caractéristiques majeures qu’on connaît à la musique de King Mensah, c’est la dominance de l’instrumental. Est-ce que le 8è album est resté fidèle à cela ?

Il y a un peu ça. Comme on dit chez nous, on ne change pas une équipe qui gagne. J’ai poussé un peu le public à aimer ce que je fais. Je pense toujours à mon public et je lui suis demeuré fidèle.

Comment se passera concrètement l’année prochaine avec la célébration de vos 20 ans de carrière musicale, un grand spectacle, un single ou un album spécial?

Plutôt un album spécial. Je ne sais pas encore si cela va faire 10 ou 20 titres. Il faut un grand travail. Ce n’est pas un concert que je veux faire. Je prévois des concerts, pas seulement au Togo et au Bénin, mais dans les grandes villes pour remercier mon public qui m’accompagne jusqu’aujourd’hui…. Je ne dis pas que c’est mon public que j’ai mis dans mon sac. Heureusement qu’ils sont avec, c’est pour cela que je suis debout aussi. Donc, je vais faire une tournée avec moi, un nouvel album sur lequel, il y aura beaucoup de choses, des personnes que j’ai rencontrées sur mon chemin, que j’admire et que je respecte.

En dehors des 20 ans de carrière, les autres projets par rapport à King Mensah?

Je continue toujours mon projet d’orphelinat. Mon petit rêve, c’est de monter l’orphelinat au Sud et au Nord. C’est ce combat que je suis en train de faire aujourd’hui. Quand on naît dans une famille pauvre, je pense qu’à un moment donné, on est obligé de retourner l’ascenseur. Pour moi, c’est important. Je suis un enfant de pauvre, je le dis avec fierté. Mais en même temps, je dis à tout le monde que j’ai fait de ma pauvreté une richesse. Heureusement que j’étais pauvre, ça m’a plus poussé à travailler dur, à penser, à faire d’autres choses, à ne pas regarder que le bout de mon nez, à regarder un peu plus loin que ça.

Pourquoi autant d’engagement?

Prenons ce que j’ai aujourd’hui. Je ne compare pas ce que j’ai à ce que les autres ont. Mais je dis que ce que j’ai aujourd’hui, c’est un grand cadeau de Dieu. Et de l’autre côté, comme Dieu nous demande de nous occuper des orphelins et des pauvres, je me suis dit : je m’engage à cette tâche. Il ne faut pas oublier que j’ai perdu mon père à l’âge de 13 ans. Je sais ce que cela signifie d’aller à l’école et de ne pas avoir l’argent du petit déjeuner. On vous renvoie de l’école parce que vous ne pouvez pas payer les droits d’écolage, ou parce que parfois, vous n’avez pas de stylo. On a traversé tout cela. Mais à un moment donné, j’ai des cartons de stylos et de cahiers chez moi. Il faut que ça soit partagé. C’est un peu ça mon engagement. Je ne fais pas seulement mon lit quand je me couche. Je pense aussi aux autres. Et cela me fait vivre. En même temps que je fais ça pour les autres, je le fais pour moi-même. Même si on me demande d’arrêter aujourd’hui tout ce qui touche mon côté social, c’est comme si on m’invite simplement à me mettre une balle dans la tête.

Comment est-ce que King Mensah entrevoit son avenir ?

Demain ne nous appartient pas. Je dis que le passé est comme ça, le présent est comme ça et que le futur n’existe même pas dans ma vie. Je fais partie de ceux qui ne croient pas au paradis. Là où je voulais être dans ma carrière, je l’ai déjà dépassé. Je ne sais pas ce que je cherche là maintenant. Je fais partie d’une famille où papa et maman dorment dans le lit, et nous les enfants, dormions sur les nattes par terre. Aujourd’hui, je ferme le portail pour sortir de chez moi. Si tu entres chez moi, il y a beaucoup de chambres. Il y en a qui sont même vides. Si Dieu me donne encore la vie, je suis en train de penser à avoir encore des studios, des salles de spectacles au Togo et au Bénin, pousser les jeunes à faire de la bonne musique, parce que chez nous en Afrique, la musique conseille. On dit chez nous que c’est le coq qui réveillait les gens au village. Aujourd’hui, les artistes doivent réveiller les consciences. Il y a des sons ou des clips qui, lorsque tu les écoutes ou les regardes à la télévision, tu as envie de te mettre une balle dans la tête. Or avant, on nous éduquait avec les chansons qui parlaient aux coeurs, mais aujourd’hui il n’y a plus ça. Mon rêve, c’est d’abord une école, des salles de spectacles et puis des studios pour encourager les jeunes à aller plus loin. Je dis avec la main droite sur le cœur que je n’ai pas fini ma vie sur scène. J’ai vu des artistes qui sont montés sur scène, et ont oublié carrément leurs chansons. Si j’oublie mes chansons sur scène, je vais faire pleurer mon public. A un moment donné, il faut stopper. Mais ce ne serait pas aujourd’hui, ni demain. Toutefois, je pense que je ne resterai pas encore longtemps.

Est-ce que vous pensez que la relève n’est pas encore assurée ?

C’est une très bonne question. Il faut qu’on arrête de jeter la pierre aux autres. Je pense que dans la vie, quand tu vois quelqu’un qui court, quand tu es seul, tu penses toujours que t’es le meilleur. Mais quand tu vois quelqu’un qui va un peu plus vite, ça donne envie d’aller un peu plus loin. Du moment où nous, on courrait pour aller un peu plus loin, on ne savait pas que les enfants allaient se retourner. Eux, ils se sont retournés. Moi, quand je vois quelqu’un qui court, j’ai envie de le dépasser. C’est pour pouvoir les former que je pensais avoir une école et des salles de spectacles, on ne l’a pas pensé un peu plutôt. Ce sont de grands noms comme Poly Rythmo, Danialou Sagbohan, qui nous ont poussé à aller à ce niveau-là. Nous, on ne pensait pas que les enfants allaient croiser les bras et nous laisser courir.

A propos, quels rapports entretenez-vous avec ces artistes béninois de la vieille génération, et même avec les jeunes dont la formation vous préoccupe si tant ?

Moi, je n’arrive pas à me détacher de Sagbohan. Pour moi, c’est un père. Dernièrement, j’ai joué avec Poly Rythmo,… C’est eux qui ont tracé cette route sur laquelle nous marchons aujourd’hui. Moi, j’ai vraiment du respect pour les artistes béninois et togolais. Au Togo, mes jeunes frères qui viennent savent, que je suis le seul artiste qui fait jouer les autres artistes. J’ai fait jouer l’année dernière plus d’une soixantaine d’artistes Gospel, Hip Hop, Rap, traditionnels,… J’aime vraiment tout le monde parce que pour moi, ce que j’ai, c’est un cadeau. C’est vraiment un cadeau. Parfois, je me demande si je mérite tout ce que j’ai.

Propos recueillis par Josué F. MEHOUENOU

Culture 28 avr. 2015


Après le vote du dimanche: La CENA à l’heure du convoyage des urnes

Après le vote du dimanche dernier, tous les regards sont désormais tournés vers la Commission électorale nationale autonome (CENA) pour les grandes tendances. Pendant ce temps, les urnes et les cantines continuent d’être convoyées vers l'institution en attendant la publication des grandes tendances.

Portail de la Commission électorale nationale autonome hier soir. Des militaires procèdent au contrôle de chaque véhicule qui se présente à l’entrée. Seuls les véhicules transportant les urnes et ceux des responsables de la CENA sont autorisés à accéder à l’intérieur. Dans la cour, un véhicule trois portières vert vient garer. Tout près de là, plusieurs camions procèdent au déchargement des cantines. « On assiste à un défilé interminable de véhicules de presque toutes les marques. Ils convoient les urnes et les cantines vers la CENA », explique un agent superviseur qui demande à ceux qui sont conviés aux travaux de déchargement de presser les pas. Autour d’une table, d’autres agents s’affairent à enregistrer les matériels déchargés pour le compte de la Cour constitutionnelle. Voilà l’ambiance qui a prévalu dans la soirée d’hier au siège de la Commission électorale nationale autonome.
Déja dans la matinée, les commissaires de la CENA étaient en plénière pour faire un point sur le processus du vote. Entre autres sujets abordés, il y avait le convoyage des urnes et des cantines des arrondissements vers la CENA.
Selon Basile Fassinou, commissaire chargé de la communication, du recrutement des agents électoraux, porte-parole de la CENA, il ressort de cette plénière que les urnes et cantines d’une centaine d’arrondissements sont déjà parvenues au siège de la Commission. Pour lui, le convoyage va continuer jusqu’à ce que le dernier arrondissement ait déposé ses matériels.
Selon l’article 103 de la loi 2013-06 portant Code électoral en République du Bénin, « la centralisation des cantines et des plis scellés doit être terminée au niveau de la Commission électorale nationale autonome (CENA), vingt-quatre heures, au maximum, après le jour du scrutin.»

Actualités 28 avr. 2015


Extension des services de l’Internet : Préparer les cadres béninois à gérer la migration vers l’IP V6

L’Agence béninoise des technologies de l’Information et de la Communication (ABETIC) en collaboration avec l’Institut de formation et de recherche en informatique (IFRI) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), organise depuis hier lundi 27 avril, une formation sur l’IP V6. La formation se déroule à la Maison de l’enseignant à l’UAC et prend fin jeudi prochain.

Les ressources disponibles par l’Internet, notamment les adresses IP s’épuisent. C’est du moins le constat fait à l’international par les fournisseurs d’Internet. Cette situation les a amenés à mettre en place le nouveau protocole IP V6 en remplacement de l’IP V4 devenu archaïque au regard des demandes de plus en plus croissantes des utilisateurs.

C’est pour permettre aux cadres, aux techniciens et aux étudiants béninois de se familiariser avec le protocole de l’IP V6, en vue de jeter les bases de réflexion sur les modalités et la façon dont le Bénin va se préparer à la migration de la version 4 dudit protocole à sa version 6, que des journées de formation leur ont été dédiées. Il s’agira pour les participants de renforcer leurs capacités sur l’IP V6 et la gestion des ressources Internet.
Le nouveau protocole IP V6 revêt plusieurs avantages. « Nous sommes passés de 32 positions à 128 positions en vue de favoriser l’interconnexion entre les équipements de connexion et pour permettre de répondre à la grande demande des utilisateurs d’accéder à Internet», a expliqué le formateur principal, Brice Abba. Mieux, ce nouveau dispositif vise à mettre en place un registre qui va s’assurer de l’unicité de chaque adresse IP, sur chaque équipement dans le monde entier.
Pour le chef service de la promotion des TIC à l’UAC, Victor Oyétola, «les utilisateurs d’internet ont beaucoup appris des erreurs que véhiculait l’IP V4 et ont compris qu’il faille améliorer le protocole». Désormais, se réjouit-il, tout équipement informatique peut avoir sa propre adresse informatique.
Le directeur de l’ABETIC, Damien Magnon a expliqué que c’est pour que le Bénin ne soit pas en reste dans le cadre de cette migration, que cette formation a été initiée à l’intention des ingénieurs qui sont venus des entreprises privées et publiques exerçant dans le domaine de l’internet.

Qu’est-ce que l’IP V 6 ?

L’IP V6 est un protocole d’Internet qui est utilisé en remplacement du protocole antérieurement utilisé qu’est l’IP V4. Avec l’augmentation de l’utilisation d’internet qui tend à demander beaucoup d’adresses, la version 4 de ce protocole ne satisfait plus aux besoins actuels. C’est pour combler ce vide que les chercheurs d’Internet et les registres internationaux ont pensé à la migration vers un nouveau protocole qui permet de donner le plus d’adresses possibles à tous les utilisateurs. D’où l’avènement de la version de l’IP V6, a souligné le directeur des projets à l’ABETIC, Farell Folly.

Société 28 avr. 2015


Contre le phénomène de l’infanticide au Bénin : Le Cinéma numérique ambulant sensibilise les populations de huit localités

Le Cinéma numérique ambulant du Bénin (CNA Bénin) démarre ce jour dans les localités de huit localités du Nord, une tournée de projection de films.

Placée sous le thème « L’infanticide rituel au Bénin », elle se déroule du 27 avril au 4 mai prochain et entre dans le cadre d’un partenariat entre le CNA Bénin et AGAT Films et a bénéficié par ailleurs, de l’accompagnement financier de l’ambassade de France au Bénin.

«En voyage dans le Nord Bénin, Cécile croise le chemin d’une jeune mère africaine qui lui dépose, affolée, un bébé dans les bras…. Cécile va adopter cet enfant africain et Lancelot va grandir en France. L’année de ses 7 ans, elle repart avec lui vers le pays de ses origines et tente de percer le secret qui a entouré son abandon».
Ainsi se présente le synopsis du film. «Le secret de l’enfant fourmi». Une ode qui se veut également un cri de cœur contre le phénomène de l’infanticide rituel qui sévit encore dans les localités de Bonigourou, Doh dans la commune de Wassa Pehunco et de Sékégourou, Kabaré, Fotancé, Macrou, Boré, Gnèkèrèbansou dans la commune de Kouandé. Cette réalisation plonge le spectateur dans la dure réalité de ce phénomène. C’est dans l’optique d’une sensibilisation et d’une prise de conscience au besoin que le Cinéma numérique ambulant du Bénin et ses partenaires ont initié cette tournée de sensibilisation. «A travers cette tournée de projection, le CNA entend sensibiliser les populations sur les rituels révolus qui se pratiquent encore au Bénin, surtout dans le nord du pays en vue de les amener à prendre conscience sur les droits humains».
Toutes les projections seront suivies de débats grand public et des échanges avec les spectateurs en présence des personnes ressources tels que le Père Pierre Bio Sanou, Mathieu Orousema et les frères franciscains qui se sont imposés comme des acteurs de vieilles dates dans cette lutte. Il faut souligner que depuis 2002, le CNA Bénin compte deux équipes de projection (une à Cotonou et l’autre à Natitingou) qui s’exercent dans plusieurs autres contrées du pays avec des thématiques variées. C’est l’équipe de projection de Natitingou qui est chargée de réaliser la présente tournée.

Culture 27 avr. 2015


Soutenance de thèse en Sociologie du développement à l'UAC: Mention très honorable avec les félicitations du jury pour Pierre C. Mèliho

La Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines de l’Université d’Abomey-Calavi a enregistré, jeudi 3 juillet dernier, un nouveau docteur en Sociologie du développement. C’était à l’issue d’une présentation faite par Pierre Codjo Mèliho sur le thème "Construction sociale du risque de maladies liées à l’eau en milieu ayizo de Sèdjè-Hwégudo à Zè (Sud Bénin)". Au terme de la soutenance, le jury présidé par le professeur Michel Makoutodé de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) lui a décerné la mention très honorable avec les félicitations du jury.

Sujet pertinent et digne d’intérêt, démarche méthodologique appropriée. Telle est la substance des observations faites par le jury qui a jugé digne du grade de Docteur en Sociologie du développement de l’Université d’Abomey-Calavi, Pierre Codjo Mèliho, à la suite de sa présentation, jeudi 3 juillet dernier sur le thème "Construction sociale du risque de maladies liées à l’eau en milieu ayizo de Sèdjè-Hwégudo à Zè, (Sud Bénin)". Ladite présentation s’est articulée autour d’un plan comprenant : la problématique, l’approche méthodologique puis les résultats et discussions.
Pour Pierre Codjo Mèliho, il s’agissait d’inventorier les sources d’eau et leurs usages en milieu ayizo, de décrire la notion du risque et les risques liés à l’eau en rapport avec les normes en contexte ayizo et d’analyser l’articulation entre les représentations sociales de l’eau, ses usages et les risques en santé publique. «Le sujet développé par l’impétrant est original, important, transversal et transdisciplinaire», a apprécié le professeur Michel Makoutodé.
Cette appréciation du président du jury a été partagé par le professeur Albert Jovite Nouhouayi. Pour lui, l’assistance était en face d’un thème empirique qui avait besoin d’être bien développé. Il pense que les parties sont bien équilibrées. C’est un travail fouillé qui comporte une foule de données qu’on peut utiliser pour une autre thématique, fait-il observer.
A quelques observations près de différence, Dr Adolphe Kpa-tchavi ne dit pas le contraire.
En ce qui le concerne, Dr Folly Kokou Hetchili a salué la collaboration Sud-Sud entre universités. L’intégration, selon lui, est en marche. L’impétrant a fait une très bonne présentation orale, avec, apprécie-t-il, un style clair et agréable avec la maîtrise de la méthodologie de présentation de thèse. En somme, un travail d’une excellente qualité, qualifie-t-il.
Le professeur Albert Tingbé-Azalou est presque de même avis. A l'en croire, le sujet développé par l’impétrant, est pertinent et d’un intérêt scientifique certain.
La même évaluation a été faite par le professeur Christophe Houssou qui a retenu que l’eau de pluie est une eau sale impropre à la consommation.
Le jury qui a examiné la thèse était composé, outre le professeur Michel Makoutodé de la FSS, du professeur Albert Jovite Nouhouayi de la FLASH, dans le rôle de rapporteur, du professeur Christophe Houssou de la FLASH en tant qu’examinateur et des maîtres de conférence Dr Hetchili Kokou Folly, de la FLESH de l’Université de Lomé, de Dr Tingbé Azalou Albert de la FLASH/UAC et de Dr Adolphe Kpatchavi, tous examinateurs.

Société 27 avr. 2015


Scrutin pour les législatives: Des populations de Dangoussar bloquent le processus électoral

Exaspérées par les promesses non tenues des dirigeants du pays, les populations de Dangoussar dans l’arrondissement de Barei dans la commune de Djougou ont bloqué le démarrage du processus de vote. Elles ont organisé une marche de protestation hier dimanche 26 avril, pour exprimer leur mécontentement à force de voir leur village toujours plongé dans le noir en dépit des promesses de fournitures en énergie électrique qui leur a été faite.

Des populations surexcitées obstruant le passage aux usagers de l’axe Djougou-Ouaké. C’est à cette situation qu’ont fait face hier les forces de sécurité dépêchées dans le village de Dangoussar à 15 km de Djougou. Se refusant à laisser le processus électoral suivre son cours, les populations de la localité ont investi l’axe routier, après avoir tôt le matin contraint les agents de leur centre de vote à arrêter les opérations. Branchages et tambourins en main, elles ont manifesté leur amertume face au sort réservé à leur village. Ainsi que le mépris dont elles font l’objet. Pour les habitants de Dangoussar, il n’y aura plus d’élection dans leur localité tant qu’ils ne bénéficieront pas d’électricité comme les autres localités de la région. Tous les villages de l’axe Djougou-Ouaké ont été alimentés à l’exception de Dangoussar. «Nous sommes également des fils et filles de ce pays. A chaque élection, ils viennent nous promettre l’électricité. Trop c’est trop !», confie Séibou Karim, un des meneurs de la marche. S’ils s’accordent à dire que leur marche ne vise que le développement de leur village et qu’elle est pacifique, la réalité sur le terrain est tout autre. Benoît Dossou Mahuklo, président du centre de vote EPP Dangoussar où sont attendus 489 électeurs, avoue avoir été molesté par les manifestants en furie, arrivés en masse vers lui pour lui intimer l’ordre de surseoir à toute opération relative au processus électoral. Rudoyé, il ne doit la vie sauve qu’au contingent d’agents de sécurité portés aussitôt après l’alerte donnée. L’urne sera emportée par les manifestants. A Saoussar, dans un autre centre de vote, à quelques lieues de là, le même scénario s’est produit mais tôt les éléments de la compagnie de sécurité vont imposer leur loi et permettre au processus de reprendre. Par contre, à Dangoussar la mobilisation a été telle que l’impressionnant dispositif sécuritaire a été mis à rude épreuve. Les gendarmes ont préféré s’en remettre à la médiation des sages et notables du village, pour ne pas user de la force.
A la suite du conciliabule, les manifestants réclameront même avant tout retrait de la route et levée du siège du centre de vote, le repli des forces de l’ordre. Ce qui sera fait quelques minutes plus tard avec l’approbation du capitaine Dosso, commandant de compagnie. «Nous allons observer un repli tactique en diminuant notre effectif», annonce-t-il.
Aux dernières nouvelles, on apprendra que le vote a démarré par la suite à 12 heures.

Actualités 27 avr. 2015


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