La Nation Bénin...
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La FIFA a publié hier jeudi 12 mars, son dernier classement mondial. Aussi paradoxal que cela pourrait paraître, le Bénin sans entraîneur et dont la sélection n’a plus livré le moindre match depuis quelques mois, se retrouve à la 92è place.
Pour le présent classement qu’elle vient d’effectuer, l’instance faîtière du football mondial a seulement pris en compte les sept matches amicaux qui ont été disputés après sa publication de février. Les principales évolutions étant donc imputables à la dépréciation d’anciens matches, la tête du classement reste inchangée avec l’Allemagne qui continue de devancer l’Argentine et la Colombie.
Par ailleurs, l’Italie qui a progressé de deux places, réintègre le Top 10 aux dépens de l’Espagne qui n’y figure plus.
L’UEFA a 29 équipes au sein du Top 50. Quant à la CAF, elle y est représentée avec 11 équipes, suivie de la CONMEBOL, six, trois pour la CONCACAF, une pour l’AFC et aucune pour l’OFC.
De la 95è place qu’il occupait dans le précédent classement publié le 12 février dernier, après avoir régressé de six points, le Bénin est devenu 92è. En termes de points et de places, il a enregistré des progressions respectives de (+14) et (+3).
Les responsables de la Fédération béninoise de football ne devraient pas se complaire de ces avancées apparentes. Ils devraient plutôt se remettre en cause, surtout que d’ici la mi-avril, il sera procédé au tirage au sort pour les éliminatoires de la 31è édition de la CAN Orange. Et à ce jour, le Bénin est sans entraîneur et sans sélection.

400 ouvrages de jeunesse, 30 ballons de football extra-solides ‘’One World Futbol’’, 500 crayons, des taille-crayons, des stylos, c’est le lot de matériel offert hier jeudi 12 mars à l’école primaire publique de Kotchi à Malanville par l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin, Michael Raynor.
Cet appui vise à accroître l’accès des écoliers à l’information et aux ressources éducatives et à les encourager ainsi à développer le leadership, a souligné le diplomate américain. «Nous savons que l’investissement dans l’éducation, en particulier dans l’éducation des filles, est la clé du développement économique de tout pays», a laissé entendre Michael Raynor. La cérémonie a été marquée par des animations folkloriques diverses pleines d’enthousiasme, des séances de démonstrations de lutte traditionnelle, la lecture du livre « Lettres à mes filles » du président américain Barack Obama, par Tatiana Houndji, qui a participé l’année dernière au programme de leadership des jeunes « YALI Fellow » initié par le président américain.
Le directeur de l’EPP Kotchi, Hector Sabi Mékiré, a témoigné au nom des enseignants et des populations sa gratitude à la mission américaine, en prenant l’engagement d’assurer l’entretien et la gestion efficace du matériel reçu qui, à l’en croire, contribuera à réduire les peines des apprenants et des enseignants et à améliorer leurs performances. Il a saisi l’occasion pour faire des doléances relatives de l’école à la réfection des bâtiments vétustes de l’établissement, l’équipement des salles de classes en mobiliers, la construction de logements pour les enseignants, la construction d’un pont sur le fleuve Sota pour éviter les noyades.
Il faut souligner qu’avant la remise du don d’ouvrages et de matériel sportif aux écoliers de Kotchi, le chef de la mission américaine au Bénin a procédé à la mise en service d’une décortiqueuse de riz accompagnée de ses accessoires dans l’enceinte de l’ONG SOS SABU IZE à Malanville, en présence du maire de la commune, El Hadj Issaka Bako.
Cette machine accompagnée de ses accessoires devrait permettre aux femmes bénéficiaires, productrices de riz, de se nourrir et de nourrir leurs familles à travers les revenus qui seront générés. « Nous savons que l’autonomie alimentaire permet aux peuples de mener une vie productive et d’améliorer les moyens de subsistance des communautés entières », a souligné l’ambassadeur Michael Raynor à cette occasion.
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a parrainé, hier jeudi 12 mars à l’Université d’Abomey-Calavi, la restitution d’une étude sur la production d’aliments sans farine de poisson. Cette recherche, faite par quatre doctorants sous la coordination du professeur Emile Didier Fiogbé, s’inscrit dans le cadre de la coopération universitaire entre l’Université d’Abomey-Calavi et l’Université de Kagoshima au Japon. La séance a connu la présence du doyen de la Faculté des Sciences techniques (FAST) Félix Hontinfindé et du représentant résident de la JICA Togawa Toru.
La problématique de l’alimentation des poissons est à la base d’une recherche sur le thème : «La production d’aliments sans farine de poisson pour la production intensive du Tilapia (Aréochromis niloticus) et du Silure africain (Clarias gariépinus)». Fruit de la coopération universitaire entre l’Université d’Abomey-Calavi et l’Université de Kagoshima au Japon, cette étude a été facilitée par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Les résultats des recherches montrent qu’il est bien possible de substituer dans l’alimentation des poissons la farine de poisson par la farine de vers de terre et d’asticots.
A la cérémonie de restitution de l’étude hier, le doyen de la Faculté des Sciences techniques (FAST) Félix Hontinfindé a souligné que le développement du secteur agricole passe par la sécurité alimentaire. Il fait constater qu’alors que l’aquaculture est une activité récente qui prend de l’essor, le domaine de la pisciculture est confronté à de réels problèmes d’alimentation. D’où la nécessité de trouver des aliments moins chers pour résoudre ce problème.
«C’est en cela que les résultats de cette étude viennent apporter un démenti formel à la thèse selon laquelle on ne peut produire du poisson sans y mettre de la farine de poisson», a-t-il laissé entendre.
Le représentant résident de la JICA au Bénin, Togawa Toru se dit très heureux d’assister à cette séance finale de restitution des résultats du projet de développement de la pisciculture en eau douce. Selon lui, cette étude constitue une preuve que la vulgarisation de l’aquaculture est un domaine prioritaire de la coopération entre le Bénin et son pays le Japon.
Les résultats, présentés par le coordonnateur du projet, le professeur Emile Didier Fiogbé, montrent que dans un contexte où la demande en aliment en protéines animales est élevée soit 15 kg par habitant, alors que la pêche est limitée et qu’un important lot de poissons congelés soit 75 000 tonnes sont déversés par jour sur le marché, la nécessité de mettre au point des aliments sans farine de poisson à partir des sources de protéines s’impose.
De façon plus spécifique, l’étude s’est consacrée à la formulation et la fabrication d’aliments à partir de la composition en acides aminés des matières premières et la substitution totale de la farine de poisson par d’autres sources de protéines animale et végétale tels que les vers de terre et les asticots.
L’expérience a duré huit semaines et a porté sur 750 Tilapias. Ils ont été mis dans un volume d’eau de 300 litres pour 50 poissons, nourris deux fois par jour avec un renouvellement à 100% par jour de l’eau.
Au niveau du Silure africain (Clarias gariepinus) ou encore appelé « Aboli » en langue fon, la même expérience a été faite et a duré six semaines. Le résultat montre que la substitution totale de la farine de poisson est possible sans que les poissons ne perdent de poids avec un équilibre certain des acides aminés, l’amélioration de l’appétence et de la digestibilité des aliments. Il en ressort que dans un contexte où la farine de poisson qui est importé au Bénin est très coûteuse et de qualité tantôt mauvaise, tantôt intermédiaire, on peut bien s’en passer dans l’alimentation des poissons.

A l’instar des autres pays de la sous-région ouest africaine, le Bénin organise désormais le tournoi dénommé la Coupe de l’ambassadeur du Japon. A la veille de la compétition, le secrétaire général de la Fédération béninoise de judo, Eric Olafa apporte ici des précisions sur le déroulé, les trophées mis en jeu ainsi que les participants.
La Nation: Votre Fédération organise un évènement important ce week-end. De quoi s’agit –il ?
Eric Olafa : Nous organisons le dimanche 15 mars au Hall des Arts, Loisirs et Sports de Cotonou la première édition de la Coupe de l’ambassadeur du Japon.
Pourquoi la compétition est-elle dénommée «Coupe de l’ambassadeur du Japon»?
D’abord parce que le judo est un art martial d’origine japonaise. Et tout part du constat que dans les autres pays de la sous-région ouest africaine, toutes les ambassades du Japon qui y sont accréditées organisent régulièrement cette compétition dénommée la Coupe de l’ambassadeur du Japon. C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés de l’ambassadeur du Japon près le Bénin, son excellence Daini Tsukahara et avons négocié avec lui. Le diplomate a fait un très bon travail avec nous et a accepté, courant janvier dernier, l’organisation de cette manifestation.
Qui sont ceux qui prennent part à la compétition ?
Il s’agit des judokas des catégories minimes, cadettes, juniors et seniors. Aussi avons-nous invité des athlètes de la catégorie senior du Togo et du Ghana.
Quels sont les prix mis en jeu ?
L’ambassade a mis à notre disposition de nombreux trophées. Les quatre premiers recevront une coupe et une médaille. Je précise qu’il y a une coupe et une médaille pour chaque premier. Nous aurons au total 19 catégories au cours de cette manifestation.
Quelle est la valeur de ces trophées ?
Je ne saurai réellement estimer la valeur de ces médailles et trophées puisqu’ils viennent directement de l’Empire du soleil levant.
Comment se porte la maison judo aujourd’hui ?
A vrai dire, la Fédération béninoise de judo se porte à merveille. Elle se porte très bien sauf que les moyens ne suivent pas toujours pour réaliser nos rêves.
Un appel au public
J’exhorte le public qui est toujours derrière le football à croire en nous aussi fédérations d’arts martiaux, en l’occurrence le judo. Qu’il fasse massivement le déplacement du Hall des Arts, Loisirs et Sports de Cotonou ce dimanche pour nous assister.
Sports 13 mars 2015

La Ligue 1 de football, saison 2014-2015, sera à sa 8è journée ce week-end. Comme le duel de l’Ouémé qui mettra aux prises au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, les Dragons avec l’USS Kraké, la confrontation qui opposera l’AS Police à Avrankou Omnisports, ne devrait également pas passer inaperçue.
Vaille que vaille, le championnat national de football de première division dénommé Ligue 1 poursuit son petit bonhomme de chemin, suscitant peu d’engouement au niveau du public. En témoigne les gradins désespérément déserts devant lesquels, les matches se jouent. Que dire alors du niveau de la compétition ? Pas grands choses à retenir, si ce n’est pas que le football béninois est mal en point.
En proie au doute, il a sérieusement regressé depuis quelques mois et a perdu le peu de crédibilité qui lui restait. Les Buffles de Parakou et l’AS Police, les deux représentants béninois dans les compétitions interclubs africaines, ont été victimes de la situation critique qu’ils traversent. Limités qu’ils étaient sur les plans technique, physique et tactique, aucun d’eux n’a pu franchir le cap du tour préliminaire.
Parlant des policiers, 2è au classement, ils accueilleront dès demain samedi 14 mars au stade de l’Amitié à Kouhounou, leurs poursuivants immédiats, l’équipe de Avrankou Omnisports, à la faveur de la 8è journée de la Ligue 1. Ce sera un duel pour ne pas s’éloigner du podium. Le moindre faux pas de l’une ou l’autre de ces deux formations pourrait faire la bonne affaire des deux surprenants nouveaux promus, JS Agonlin et Béké FC. Placés en embuscade, ils chercheront à profiter de la visite des Buffles de Parakou et d’Ayéma, leurs hôtes respectifs, pour se rapprocher davantage de la tête du classement. Il en sera de même pour les Dragons qui, dans le cadre du duel de l’Ouémé, attendront de pieds fermes l’USS Kraké.
Le programme des matches de la 8è journée :
Samedi 14 mars 2015
AS Police # AO à 16h à Kouhounou
ASOS # ASPAC à 16h à Porto-Novo
Dimanche 15 mars 2015
Energie # Panthères FC à 16h à Cotonou 2
JS Agonlin # Buffles à 16h à Agonlin
Dragons # USS Kraké à 16h à Porto-Novo
Tonnerre # Mogaz 90 à 16h à Bohicon
Béké # Ayéma à 16h à Bembèrèkè

Le Bénin regorge de talents aux quatre coins du monde qui se laissent découvrir à petits coups. Très peu connu sur sa terre natale, mais faisant la pluie et le beau temps en Europe et en Amérique surtout, épatant de par son art, Emo de Medeiros est actuellement en séjour à Cotonou. Une aubaine qui permet d’en savoir un peu plus sur ses réalisations.
Le travail artistique d'Emo de Medeiros part des œuvres les plus simplistes, parcourt des réalisations gigantesques qui impliquent au besoin d’autres formes d’expression artistique tout en surfant fortement sur la spiritualité. Celle-ci occupe d’ailleurs une place de choix dans son travail et la perception de l’artiste lui-même sur ce sujet est sans équivoque. Pour lui, «l’art et la spiritualité constituent la même chose » et il ne servirait à rien de dissocier l’un de l’autre. Encore que, soutient-il, chaque œuvre artistique est l’expression, non pas d’une quelconque religion, mais de la spiritualité prise au vrai sens.Autant le discours de Emo de Medeiros sur la spiritualité séduit, autant son travail épate par l’originalité qui l’entoure.
Même si l’artiste lui-même ne l’évoque pas, on peut en premier lieu ranger sa pluridisciplinarité sur son origine (métis né d’un père béninois et d’une mère française), et ensuite à la variété de sa formation. Emo de Medeiros vit actuellement et travaille à Paris et à Cotonou. Mais il a grandi à Cotonou, avant de s'envoler à Paris, Boston et New-York et est passé par différents instituts et centres. Son œuvre «Saint WaHo, priez pour nous», réalisée en 2012, à qui il est «hautement recommandé de faire une petite offrande, même silencieuse, pour accroître sa chance de manière générale, même si l’on n’a pas en tête de souhait précis», n’en est pas moins une illustration. Cette œuvre assemble à elle toute seule du bois, des boîtes métalliques, des ailes de geai, un smartphone, une image numérique, deux fichiers audio, deux assiettes en métal, deux poids d’haltère et est dressée sur 185 × 40 × 40 cm. «Saint WaHo» peut être aussi détaché de sa colonne inférieure pour les processions et lorsqu'on flashe le QR code avec son électro-extension, ou appelle directement le numéro de Saint WaHo, la voix d’Andy Warhol (souvent distrait) transite par l’œuvre et le vœu peut être fait.
Le «pape» de la contexture
Tout en concédant à la «contexture», son explication à la base, c'est-à-dire «un ensemble considéré sous l’angle des interrelations ou des interconnections entre ses éléments constitutifs», Emo comme on l’appelle, a trouvé à ce mot, un autre sens qui n’est pas pour autant similaire, partant du principe de la contexture d’un roman, d’une symphonie, d’une fresque...
«Dans mon travail, contexturer représente ce processus dynamique, conceptuel autant que plastique, qui consiste à mobiliser des textures, matérielles ou abstraites, qui vont par exemple de l’urbanité contemporaine (comme tissu de symboles, de signes, de pratiques, de traces) à l’acier usiné et peint comme texture physique, en passant par la musique électronique, la notion de transcendance ou bien encore la figure de l’artiste comme antipersona», soutient l’artiste.
Pour lui en effet, «une contexture implique et autorise d'infinies recontexturations. Elles consistent à transgresser les limites culturelles, esthétiques, technologiques, historiques, géographiques et sociales qui séparent d'ordinaire la production et la diffusion des images, des sons, des objets ou autres artefacts, de provenances, d'époques et d'usages divers». Ceux-ci, poursuit-il, «font l'objet de remixages, de métissages, de bricolages et/ou de randomisations audiovisuelles et plastiques, donnant lieu à des œuvres qui se déclinent spatialement sous forme de séries cooptatives».
S’agissant des éléments constitutifs de cette innovation tout à son actif, Emo explique qu’elle est régie par trois processus moteurs. Primo, celui d’une rythmique, ou périodicité efficiente, qui induit des effets de réactivation, de recyclage, de réitération, de récurrence et/ou de ritournelle dans l’agencement des textures au sein des œuvres ou entre elles, dans leur contexte de création puis de démonstration. Secundo, il y a l'improvisation, déterminant la part d’indéterminé nécessaire à tout artefact, ou œuvre d’art et enfin la participation collective, que ce soit celle induite par la collaboration avec des artisans dans la fabrication des œuvres, ou celle dérivée du dispositif de l'exposition ou de l'installation qui permet de faire l’expérience des artefacts. Pour faire plus simple, l’artiste fait observer qu’il compose ses œuvres «concrètement et au sens large, à partir de textures» et qu’en tant qu’élément, celle-ci va du tissu ou du pixel au texte. Puis, en tant que notion, «elle traverse le matériel et le mental, et inscrit dans le même continuum le matériau et le concept».
Forte dose de spiritualité
Chaque réalisation d'Emo est abritée par une certaine spiritualité, pourrait-on dire. Avec «Saint Y’Kono» par exemple, il enseigne que «les pensées sont à la conscience ce que les oiseaux sont au ciel» et que les sentiments sont à l’âme ce que les nuages sont à l’orage. Cette double réalisation (Saint Y’Kono et Sainte Y’Kona) sont, selon ses propres mots, des «inducteurs d’illumination instantanée». Ce que Emo appelle par exemple la victoire d’aujourd’hui contre le vous-même d’hier est matérialisé par «Mempo». Cette série d’œuvres emprunte son nom aux masques traditionnels japonais portés par les samouraïs au combat. Ils sont tous composés d’un masque reproduisant le casque d’Iron Man, le héros de bande dessinée Marvel, recouvert de plumes, derrière lequel passent des films réalisés à partir de fragments de journaux vidéo, de moments critiques, et de citations issues du Traité des cinq roues de Miyamoto Musashi. «Chacun des Mempo est en outre lié à un ange protecteur.
Pour réussir cette innovation qu’il s’impose et pour mieux impacter le public, Emo travaille sur de nombreux média, dont la vidéo, la performance, la musique électronique, les fétiches, les sèmes irréguliers, les appels téléphoniques, les QR codes, la photographie, les installations performatives, les écrans embarqués, ou encore les cornes de taureau.
Ce qui lui permet de se distinguer des autres artistes de sa trempe et lui a valu au 58è salon de Montrouge en 2013 et au Palais de Tokyo l’année dernière, l’admiration de nombreux collectionneurs et amateurs d’art. Malgré tout, Emo garde la tête froide sur ses épaules. Sa modestie franchit bien souvent les frontières de la timidité, lorsque face au public, il préfère se cacher derrière de grosses lunettes pour échapper au regard du public. Ce qui importe, ce n’est point l’artiste tout court, mais son art, rit-il.
Un touche à tout !
L’observation de certaines réalisations d'Emo de Medeiros laisse entrevoir un travail de récupération. C’est le cas par exemple avec «Radio Vodun», une sculpture qui incorpore un smartphone et diffusant aléatoirement des citations tirées du Yi-King (ou Livre des Mutations, le manuel de divination chinois) et des extraits brefs de morceaux percussifs électroniques, ou encore «Série Helmets», composée d’œuvres diverses, de fragments d’armures comportant, «Série toiles de métal», constituée de contenants industriels dont les dimensions et l’iconographie sont dédiés aux «ferventiers» du Bénin. Pendant que le néophyte y voit de la récupération, le professionnel des arts lui verra des œuvres d’une autre nature, pendant que Emo lui-même comme à ses habitudes, fait parler une série d’éléments tout aussi disparates.
La diversité artistique d'Emo lui fait réaliser également des toiles de métal avec pour particularité d’y faire véhiculer deux messages distincts. Le premier, c’est celui exposé à la vue de tous, tandis que l’envers comporte un autre, souvent plus important, propriété exclusive du collectionneur ou du détenteur de l’œuvre. Ses photographies, collections de la vie aux quatre coins du monde et ses dessins numériques, réalisés dernièrement sur les taxi-moto «Zémidjan» constituent aussi des attractions, sinon un autre pan des réalisations de ce jeune artiste au talent avéré, dont le travail, encore peu connu du public local, est néanmoins d’un grand intérêt.

Cotonou enchaîne les cadres d’échanges sur l’avenir de l’or blanc et ses enjeux sur le continent. A la suite d’une précédente rencontre, se sont ouvertes hier, mardi 12 mars au palais des Congrès, les 13e assises annuelles de l’Association africaine du coton (ACA). Cadre de concertation par excellence pour traiter des questions d’intérêt commun autour de cette culture, les membres et acteurs de l’ACA, pour les présentes assises se pencheront surtout sur la problématique de leur filière face à la sécurité alimentaire.
Depuis hier, jeudi 12 mars et ce jusqu’à demain samedi 14 mars, Cotonou s’offre comme le cadre d’échanges des acteurs de la filière coton. Les membres et dirigeants de l’Association africaine du coton (ACA) s'y sont en effet donné rendez-vous pour échanger sur les enjeux actuels qui touchent à leur secteur.
Le thème retenu, à cet effet «La filière cotonnière, un levier pour la sécurité alimentaire», est assez évocateur, a fait savoir à l’ouverture des travaux, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et la Pêche (MAEP), Issa Azizou aux participants, venus du continent africain et d’autres contrées.
Ce thème, souligne-t-il, apparaît comme un gage de paix et de concorde sociale, et vient contredire la thèse de ceux qui pensent que «la culture du coton est concurrente de la culture vivrière et que le coton empêcherait les paysans de produire en quantité et en qualité ce qu’ils doivent consommer». Le ministre en charge de l’Agriculture dit attendre les conclusions de ces 13e journées de l’ACA « pour convaincre les producteurs de la capacité du coton à résoudre la double problématique d’insuffisance de devises et d’insécurité alimentaire pour nos pays ».
Au-delà du seul thème, c’est l’ensemble des travaux qui apparaît aux yeux du directeur général de la Société nationale pour la promotion agricole (SONAPRA), Idrissou Bako, comme une aubaine pour redéfinir les enjeux autour du coton africain. Il inscrit alors ces enjeux dans le sens d’une meilleure participation des acteurs à la défense de leur secteur, à sa promotion et à sa valorisation dans le respect des règles du commerce international.
«Il sera question d’échanger sur les enjeux actuels de la filière coton à savoir, l’amélioration de la productivité et de la qualité, l’impact de la filière sur la sécurité alimentaire, et l’amélioration de la compétitivité de l’environnement», note par ailleurs Idrissou Bako qui fonde son argumentaire sur le fait que «le développement socioéconomique du Bénin et de la plupart des pays africains repose sur la culture de l’or blanc». Dès lors, il faut repenser et réorienter au mieux le secteur, et c’est bien l’une des missions essentielles que les dizaines de participants venus à Cotonou se sont assignées.
Asseoir un cadre de gestion approprié
Au regard des enjeux économiques actuels et de l’importance croissante de la filière coton dans le développement des pays producteurs, il urge de lui définir une vision futuriste qui prenne en compte les approches du moment et les attentes des dirigeants tout comme celles des producteurs, s’est évertué à expliquer pour sa part, le président de l’Association africaine du coton (ACA), Mahieldin Ali Mohamed Abdalla. Même si l’association dont il assure la présidence fait déjà beaucoup à cet effet, le défi «d’asseoir un cadre de gestion approprié pour favoriser l’accroissement significatif des productions et des revenus des acteurs dans une optique d’amélioration durable de la filière coton et de la lutte contre l’insécurité alimentaire» n’est pas non plus perdu de vue.
L’ACA qui a vu le jour en septembre 2002 y a beaucoup contribué, positivement, ont soutenu les intervenants. Mais, la question de la sécurité alimentaire se montre depuis en plus pesante et il faut y travailler. L’importance de la redéfinition du nouveau cadre d’échanges sur les enjeux du coton s’illustre également, selon le ministre Issa Azizou, par le fait que dans les pays africians, le destin de millions de personnes est lié à l’agriculture en général et surtout à la culture du coton. C’est pourquoi l’importance de la culture du coton dans la garantie de la sécurité alimentaire doit être débattue afin de tirer des leçons pour une amélioration du système de production, martèle-t-il, après avoir présenté la situation du coton béninois et son évolution au cours des dix dernières années.
Les assises de Cotonou sont donc porteuses de beaucoup d’espoirs pour l'or blanc sur le continent et même dans le monde. Et déjà, le rêve de voir le coton africain transformé sur le sol africain par des Africains est annoncé pour être bientôt une réalité.

Le président de la République a procédé, hier mercredi 11 mars, au lancement des travaux de construction d’un grand complexe industriel, de formation et de loisirs à Abomey-Calavi. Le projet initié par un partenaire coréen vient répondre aux défis sanitaires, d’emploi et de professionnalisation de la jeunesse.
C’est un investissement colossal qu’accueillera dans les semaines à venir la ville d’Abomey-Calavi. Hier, le président de la République a lancé les travaux de construction d’un complexe industriel et de formation, fruit d’un partenariat entre le gouvernement et l’ONG coréenne IIF, du Pasteur Ock Soo Cark. Coût global du projet: 20 milliards de francs CFA. Le complexe est prévu pour être construit sur un domaine de 10 hectares dans le secteur de la Zopa.
Il est composé d’une Ecole internationale en techniques audiovisuelles, des arts et métiers de la scène, d’une usine de fabrication des produits pharmaceutiques, d’un hôpital de référence spécialisé dans le traitement de l’ulcère de Buruli, d’une chaîne de radiodiffusion et de télévision, d’un centre des jeunes et de loisirs, et d’un terrain de sport.
Patrice Hounsou-Guèdè, maire de la commune n’a pas manqué de saluer le projet qui, selon lui, vient renforcer les nombreuses réalisations du gouvernement au profit de la commune d’Abomey-Calavi. «Il s’agit d’une véritable aubaine au service du renforcement des capacités et la professionnalisation de la jeunesse», insiste-t-il.
Les investissements dans le secteur sanitaire intéressent particulièrement Dorothée Kindé Gazard, ministre de la Santé, qui annonce que le partenaire coréen, après avoir présenté un nouveau médicament pour le traitement de l’ulcère de Buruli, a ouvert un centre itinérant de traitement de certaines pathologies.
«C’est une chance de les accueillir chez nous car la construction de l’usine de fabrication des produits pharmaceutiques et de l’hôpital contribueront à l’amélioration du système sanitaire dans notre pays», assure-t-elle.
Safiou Affo, ministre en charge de la Jeunesse et des Sports se réjouit quant à lui de la contribution du projet à la promotion des activités sportives dans la commune d’Abomey-Calavi. D’autant qu’il est envisagé la construction d’un stade de football doté de tribunes. «Ce complexe est une première en Afrique de l’Ouest. Le Bénin est le deuxième pays africain qui accueille le projet après le Kenya», vante Safiou Affo.
«C’est un investisseur pas comme les autres, car le Pasteur Ock Soo Cark a voulu contribuer non seulement au traitement de l’ulcère de Buruli mais entend investir dans la jeunesse», souligne le président de la République. Boni Yayi annonce que les travaux devront impérativement démarrer en avril prochain, le partenaire coréen s’étant engagé à vite concrétiser le projet.

Avec la remise officielle de la liste électorale permanente informatisée à la CENA le lundi 2 mars dernier, le processus électoral traverse, à n’en point douter, l’une des phases les plus cruciales. La finalisation du recrutement des coordonnateurs d’arrondissement et de leurs assistants est à sa phase de saisie des résultats définitifs.
C’est la course contre la montre à la Commission électorale nationale autonome (CENA). Le processus électoral suit son cours normal si l’on s’en tient aux informations émanant de la structure organisatrice des opérations de vote.
Selon le chef de la cellule de la communication et des relations publiques, Gino Alavo, la commission électorale procède actuellement à la saisie des listes des résultats définitifs pour le recrutement des 546 coordonnateurs d’arrondissement et leurs assistants. Puisque la réussite des opérations électorales dépend également des représentants des commissaires à la base, on annonce d’ores et déjà que la rigueur et le respect strict des règles ont été de mise au cours des phases de dépouillement et d’étude des 1 076 dossiers reçus par les services de la CENA. La même source informe par ailleurs que la formation des agents retenus suivra automatiquement la publication des résultats définitifs qui pourrait intervenir en début de semaine prochaine.
Par ailleurs, Gino Alavo confie que le matériel électoral est commandé et est en cours d’acheminement vers le Bénin. Après leur réception, ajoute-t-il, ce matériel sera déployé et sécurisé sur le terrain.
Pour ce qui est des représentants de l’Assemblée nationale dans les postes de vote, la CENA attend de la part du Parlement qui a programmé au cours de sa première session extraordinaire de l’année 2015, la désignation de ses représentants dans les postes de vote. Après quoi, la CENA va procéder à leur nomination dans les 13.106 postes de vote sur toute l’étendue du territoire national.
En ce qui concerne la question des déclarations de candidatures, le Parti du renouveau démocratique (PRD) aurait introduit à la Cour constitutionnelle, un recours au sujet d'un candidat, positionné sur la liste du PRD et également sur la liste de l’alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Ce recours qui tient en haleine la CENA sera certainement vidé ce jeudi 12 mars par la haute juridiction qui dispose selon la loi électorale de huit jours pour se prononcer.
Notons pour rappel que la CENA élabore et gère son budget de fonctionnement et les budgets d’organisation des consultations électorales dans le respect des règles en matière de budget et de comptabilité publique en vigueur. Déjà le mercredi 4 mars dernier, le conseil des ministre a annoncé que 3 628 000 000 francs CFA ont été déjà décaissés par le ministère en charge de l’Economie et des Finances sur les 13 628 000 000 prévus par la CENA pour l’organisation des élections législatives et communales d’avril et mai 2015.

Une mission de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a séjourné au Bénin du 22 au 28 février 2015. Ceci pour aider le gouvernement du Bénin au regard de la situation épidémiologique qui prévaut au Nigeria concernant la prolifération du virus influenza hautement pathogène (IAHP) H5N1 dans les élevages de 17 Etats de ce pays frontalier à faire un point.
Sollicité par le gouvernement du Bénin, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), a pu évaluer le niveau de préparation du pays vis-à-vis du risque d’introduction du virus et appuyer le pays dans la prévention et aussi dans la riposte en cas d’apparition d’un foyer de grippe aviaire. Au terme de la mission d’une équipe de quatre experts venant du Centre de Gestion de crise – santé animale (CMC-AH) à Rome, les experts ont dressé une liste de cinq (5) recommandations pour amener le pays à être prêt dans la prévention et la riposte au cas échéant.
Ainsi, le Bénin avec l’appui des partenaires techniques et financiers doit mettre à jour le Plan d’intervention d’urgence (PIU), notamment dans son volet coordination des différents acteurs; tenir compte des recommandations des missions d’évaluation des écarts par rapports aux standards internationaux (PVS) de l’Organisation mondiale de la Santé animale (OIE) dans l’organisation/restructuration des Services vétérinaires avec notamment la restauration d’une chaîne de commande directe sous l’autorité du délégué de l’OIE; renforcer les capacités de contrôle et de surveillance y compris les laboratoires; élaborer une stratégie de communication ciblée et adaptée à la situation épidémiologique notamment envers les professionnels de la filière avicole et renforcer la concertation sous-régionale.
Constat
Les experts ont diagnostiqué bien de situations à risques avant de faire ces recommandations. Ils ont fait le constat d’un système de contrôle frontalier et intérieur défaillant se traduisant par une augmentation de l’introduction et des points de vente des poussins d’un jour au statut vaccinal inconnu, de volailles adultes et d’œufs de consommation en provenance du Nigeria par voie routière (bus de transport, motocyclettes); la multiplication de petits élevages familiaux de volailles à partir des poussins importés exacerbés par la chute des prix de ces animaux (de 200 CFA à 75 CFA pour les poussins coquelets et de 1000 CFA à 300 CFA pour les poussins pondeurs).
Leur déplacement sur le terrain avec des séances de travail avec le Directeur de la Production animale, délégué national de l’OIE, les responsables de l’Agence béninoise de Sécurité sanitaire des aliments (ABSSA), le personnel technique des laboratoires vétérinaires de Bohicon et de Parakou, les représentants des organisations d’éleveurs de volailles, l’Union nationale des aviculteurs professionnels (UNAP), l’Interprofession avicole du Bénin(IAB), les vétérinaires privés a également permis d’observer un niveau de communication insuffisant avec la faiblesse du niveau de sensibilisation et d’information des éleveurs et des professionnels des services du ministère de l’Agriculture de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) sur la situation qui prévaut au Nigeria sur les pratiques préventives telles que la biosécurité dans les élevages, les marchés, etc., la sous-utilisation du réseau de surveillance épidémiologique (RESUREP).
PIU non opérationnel
A tout ceci s’ajoute le Plan d’intervention d’urgence (PIU) qui est non opérationnel: la non activation des comités nationaux, régionaux et communaux de lutte contre la grippe aviaire pour susciter et maintenir un état de veille comme le prévoit le PIU; la saisie et la destruction des produits illégalement importés dans des conditions ne respectant pas les mesures de biosécurité et de bien-être animal. Cette dernière activité a été essentiellement réalisée à ce jour par les agents de l’Agence béninoise de sécurité alimentaire (ABSSA), en marge des dispositions du Plan d’intervention d’urgence (PIU). A ce jour, plus de 35 000 poussins ont été saisis et détruits avec l’assistance des forces de l’ordre. Ce nombre est nettement en deçà des effectifs illégalement introduits du fait des capacités limitées de contrôle.
De plus, un manque de coordination des mesures de prévention entre les structures techniques du MAEP (ABSSA, DPA, Laboratoire, etc.) est perçu. Les Services vétérinaires sont désorganisés du fait d’un modèle d’organisation qui s’écarte des standards de l’OIE (notamment l’absence d’une chaîne de commande) et de l’insuffisance des ressources humaines et logistiques en particulier en ce qui concerne le Réseau de surveillance épidémiologique (RESUREP) et la non opérationnalisation du mandat sanitaire ainsi que l’absence d’une concertation en termes de partage d’informations et de savoir avec le Nigeria dans les stratégies de prévention et de lutte contre la maladie.
Source FAO
Actualités 12 mars 2015