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Nouvelles

Diagnostic de la gouvernance au Bénin: Le Fmi note des progrès et fait des recommandations
Le Fonds monétaire international (Fmi) a publié son rapport technique sur le diagnostic de la gouvernance au Bénin. Le document publié en février 2023 fait suite à la mission de l’institution financière internationale à Cotonou, du 7 juin au 27 septembre 2022. Il met en lumière les progrès et fait des recommandations pour une amélioration des pratiques.Transparence dans la gestion au sommet de l’Etat. C’est un choix des autorités béninoises qui ont sollicité les équipes du Fonds monétaire international (Fmi) aux fins d’un diagnostic de leur gouvernance. La mission conjointe ayant effectué ses travaux sur la période de juin à septembre 2022, a rendu public en ce mois de février 2023 son rapport sur l’état de la gouvernance et formulé des recommandations pour l’atteinte des objectifs. Selon le rapport technique publié, le diagnostic s’est concentré sur les faiblesses de la gouvernance et les vulnérabilités à la corruption dans les domaines jugés macro-critiques à savoir l’exécution des contrats et la protection des droits de propriété, le cadre juridique et institutionnel de la lutte contre la corruption, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc-Ft), la supervision du secteur financier, ainsi que la gouvernance des finances publiques en termes de politique fiscale, d’administration fiscale et douanière, de gestion des finances publiques. « Le diagnostic de la gouvernance a mis en lumière des évolutions très positives liées aux réformes récentes ou en cours, mais a aussi illustré le chemin qui reste à parcourir pour surmonter les faiblesses de la gouvernance dans certains domaines », note-t-on dans les conclusions du Fmi. L’institution relève, entre autres, que les progrès enregistrés concernent en particulier les finances publiques à travers la mise en place réussie des budgets de programme, la transparence budgétaire, les débuts de réforme de l’audit et du contrôle internes, la création d’une Cour des comptes. Les progrès touchent aussi la politique fiscale par un renforcement de la gouvernance des dépenses fiscales, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (rénovation du cadre juridique et adoption d’un plan d’action suite au rapport du Giaba) et l’Etat de droit à travers l’accessibilité de la législation, la création d’une justice commerciale, le développement des e-procédures. En effet, les travaux des experts du Fmi révèlent par exemple en ce qui concerne l’Etat de droit que l’exécution des contrats et la protection des droits de propriété ont bénéficié d’avancées certaines par une digitalisation en cours des services et procédures liées au foncier, la mise en place réussie d’un Tribunal de commerce à Cotonou, la création en cours de nouveaux tribunaux. Le rapport mentionne que la lutte contre la corruption est désormais pour l’essentiel juridictionnalisée, au travers de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), créée en 2018, qui s’appuie sur la Brigade économique et financière (Bef). Entre autres recommandations, on retient qu’il faudra améliorer la gestion du risque fiscal et douanier pour faire face aux vulnérabilités spécifiques de l’économie béninoise en exerçant notamment une plus grande vigilance sur les opérations douanières à forte probabilité de fraude et de collusion, mettant en place une stratégie intégrée pour la normalisation des échanges de marchandises avec le Nigeria. Economie 01 mars 2023


Climat du Bénin: Les raisons de la persistance de l’harmattan
Au Bénin, l’harmattan est revenu à la charge ces derniers jours, avec une température glaciale, une faible visibilité et des vents chargés de poussières. C’est un phénomène naturel, expliquent les experts.  L’harmattan de cette saison sévit toujours. Ceux qui ont tôt fait de mettre de côté les vêtements de protection devront les porter à nouveau. « Les vents d’harmattan continuent de transporter la poussière désertique sur l'ensemble du pays. On observera des dépôts de poussières sur les objets, une baisse significative de la visibilité et une détérioration de la qualité de l'air. Par conséquent, l’ensemble du pays est placé en vigilance orange face à cet épisode de poussière », alerte Météo Bénin, dans la journée du samedi 18 février 2023. La veille, c’est-à-dire le vendredi, la situation était pareille, ou presque. Une épaisse brume de poussière s’est étendue sur l’ensemble du pays ces dernières 24 heures. Les visibilités étaient mauvaises dans toutes les localités. Aux environs de Kandi et de Bohicon, elles pouvaient être moins d’un kilomètre par moments. Les températures étaient de 20 °C à Kandi, 22 °C à Savè, 19 °C à Natitingou, 23 °C à Bohicon, 21 °C à Parakou et 23 °C à Cotonou.

En provenance du Tchad

Ce phénomène n’est pas enregistré qu’au Bénin. La visibilité est aussi réduite à Accra, Abidjan, Dakar et Guinée, avec une chute des températures minimales. Selon Diane Laourou, prévisionniste à Météo-Benin, c'est lié à une tempête de poussière enregistrée dans l'après-midi du 15 février au niveau du Tchad, dans la dépression de Bodélé, réputée comme une des principales sources de poussières atmosphériques. « La situation a été favorisée par un fort gradient de pression. Suite à cela, les vents se sont renforcés en surface. Cela contribue à soulever d’importantes quantités de poussières dans l’atmosphère. Les vents de Nord-Est ont aidé à les transporter dans tout le Sahel et vers les pays du golfe de Guinée, dont le Bénin », explique Diane Laourou. Ces poussières sont alors rentrées sur le territoire béninois par le nord, déjà le 16 février et se sont étendues sur le territoire national le 17 février. « Nous avons observé une baisse sensible de la visibilité ; un temps peu ensoleillé, et une baisse sensible des températures dans certaines localités, surtout celles du nord», ajoute la prévisionniste de Météo Bénin.

Changement climatique ?

D’aucuns y voient les effets du changement climatique. Mais pour les spécialistes, c’est un phénomène tout à fait naturel. « Ne mélangeons pas tout», avertit Professeur Michel Boko, climatologue. En effet, le renforcement de l'anticyclone d'Ennedi (sur le Tchad) est une condition nécessaire pour le déclenchement de l'harmattan. Mais ce renforcement se fait par glissement du jet subtropical vers le Tropique sous la poussée du front polaire boréal. En février 2020, une situation pareille avait été constatée. Le phénomène pourrait se poursuivre les prochains jours, selon les conditions météorologiques. « Actuellement, nous avons des vents d’harmattan qui continuent de souffler sur notre pays. Ne soyons pas surpris dans les prochains jours d’être encore sous cette nappe de poussières. Les visibilités vont évoluer s’améliorant, mais elle ne pourra passer que lorsque l’atmosphère va être nettoyée par une petite pluie », fait remarquer Diane Laourou qui appelle les populations à prendre des mesures conséquentes. « Cela représente un risque pour la santé humaine, surtout pour les personnes sensibles aux affections respiratoires ». Météo Bénin suit de près la situation ■
Environnement 28 févr. 2023


Le soja: Un allié santé qui mérite sa place dans l’alimentation humaine
Diverses opinions tendent à dénier au soja ses vertus tant vantées. Mais loin de toute polémique, cette légumineuse est riche en divers nutriments et révèle de nombreux bénéfices quant à la consommation humaine.Le soja fait partie de l'alimentation humaine depuis des siècles. Durant ces derniers jours, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, met en exergue un monsieur dont l’expertise n’est pas divulguée, et qui lance sans ambages : « Le soja, c’est pour les animaux; si vous ne voulez pas avoir des tumeurs et cancers, évitez le soja ». « Le soja et la santé, c’est la guerre! C’est 2 choses contradictoires », ajoute-t-il. Ces propos tonitruants, nullement étayés par des preuves scientifiques, restent des opinions douteuses à bien des égards. Cependant, ils ont suscité un émoi au sein de la population. Mes clients végétariens, stupéfaits, ont communiqué avec moi sur le sujet. Le présent article, en se fondant sur les dernières preuves scientifiques dans le domaine de la recherche en nutrition et en épidémiologie, révèle les bénéfices de la consommation de soja sur la santé humaine.

Le soja occupe une place de choix dans l’alimentation humaine

Le soja (Glycine max L.) est une légumineuse originaire des régions chaudes du Sud-Est de l’Asie. Il y est consommé depuis plus de 3000 ans. Au cours des dernières années, la production de soja connaît une croissance notable dans toutes les régions du monde. Par exemple, au Canada, on rapporte une augmentation de 27 % de la superficie consacrée à sa culture. On observe aussi cette propension dans certains pays africains dont le Bénin. L’intérêt relatif à la culture du soja peut s’expliquer par sa forte teneur en nutriments et en phytoestrogènes. Au Bénin, le soja est consommé sous diverses formes (graines cuites ou bouillies, yogourt, lait, fromage de soja). En Amérique du Nord, le tofu et le tempeh, dérivés du soja, sont fortement appréciés par les consommateurs. Le soja est une excellente source de protéines végétales. Les protéines sont constituées d’acides aminés dont 9 sont essentiels (c’est à dire qu’ils doivent être fournis par l’alimentation puisque l’organisme ne peut les synthétiser). Contrairement aux autres légumineuses (haricot, lentille, voandzou), le soja contient tous les acides aminés essentiels. La qualité de ses protéines est alors comparable à celle des protéines d’origine animale (viande, volaille, poisson, etc.). Au milieu des années 90, nous avons récupéré les enfants âgés de moins de 5 ans et souffrant de malnutrition protéino-energétique au moyen de la bouillie de maïs enrichie au soja. Nos activités de promotion de la croissance sur le terrain étaient couplées à des causeries et démonstrations culinaires autour de la préparation appropriée de cette bouillie. Actuellement, en consultation clinique ou privée, les produits à base de soja occupent une place de choix dans les plans alimentaires que je concocte aux clients adeptes du végétarisme strict (exclusion dans l’alimentation des produits d’origine animale). Pour couvrir leurs besoins en protéines (surtout en acides aminés essentiels), les végétariens doivent introduire dans leurs menus quotidiens du soja ou combiner une autre légumineuse (pauvre en méthionine, un acide aminé essentiel) avec un produit céréalier source de méthionine. Hormis les protéines, le soja est riche en fibres et en bons gras (acides oméga-3 et 6). Il ne contient pas de cholestérol. Le soja est une bonne source de plusieurs vitamines et minéraux, dont la vitamine K1 (la phylloquinone), le folate, le cuivre, le manganèse, le phosphore et la thiamine (1). Le soja est exceptionnellement riche en isoflavones, une famille de polyphénols antioxydants appelés phytoestrogènes. On pense que les isoflavones de soja sont l'une des principales raisons des avantages que procure la consommation des aliments à base de soja sur la santé (1, 2).

Relation entre le soja et le cancer

L’implication du soja dans le développement du cancer est une ancienne controverse. Plusieurs études épidémiologiques d'envergure ont porté sur cette polémique. Une récente revue systématique portant sur 441 études a révélé que la consommation d'isoflavones de soja peut réduire le risque de cancer du sein chez les femmes pré-ménopausées et post-ménopausées (2). Un autre article de synthèse incluant 131 études a conclu qu’un apport quotidien modéré en soja contenant 25 à 50 mg d'isoflavones peut protéger contre le cancer du sein et sa récidive (3). Quant au cancer de la prostate chez les hommes, bien que certains auteurs aient rapporté un effet protecteur du soja (4), il faut des études additionnelles afin de tirer une conclusion ferme (l’article de synthèse systématique a porté sur 2 essais cliniques). Enfin, en 2022, une recension des écrits a porté sur la relation entre le soja et tous les types de cancer. 81 études de cohorte prospectives ont été incluses dans la recension. Comme principal résultat, le risque d'incidence du cancer a été réduit de 4 % avec chaque augmentation de 10 mg/j d'apport d'isoflavones de soja. Ce qui suggère que le rôle bénéfique du soja contre le cancer pourrait être principalement attribué aux isoflavones de soja. Toutefois, le mécanisme d’action des isoflavones de soja reste à élucider (5).

Autres effets bénéfiques du soja sur la santé

Le soja, étant une source de gras sains et de polyphénols, peut aider à protéger l’organisme contre les maladies cardiaques. Le soja entier apporte aussi des fibres, ce qui est favorable à la bonne santé intestinale (6).

Effets indésirables des produits à base de soja

Chez certaines personnes sensibles, les produits à base de soja peuvent provoquer des flatulences, de la diarrhée et entraîner des réactions allergiques. Dans ces cas, nous vous suggérons de les éviter ou de limiter leur consommation.

Le soja Ogm En Afrique, le défi des systèmes alimentaires actuels est de pouvoir offrir aux populations des aliments sains, abordables et de hautes valeurs nutritives. Dans cette perspective, la question des organismes génétiquement modifiés (Ogm) demeure une préoccupation majeure. Il sied alors de protéger et de vulgariser les variétés de semences de soja traditionnelles pour ne pas dire biologiques car le soja Ogm peut contenir moins de nutriments et plus de résidus d'herbicides que le soja biologique. Des recherches relatives aux effets à long terme du soja Ogm sur la santé sont nécessaires. Contrairement aux déclarations fallacieuses du monsieur de la vidéo, le soja est bel et bien produit à des fins de consommation humaine. Sa consommation est bénéfique pour la santé. Son rôle dans la réduction du risque de cancer est bien documenté. Enfin, les résultats des études épidémiologiques appuient ma suggestion : incluez le soja et ses produits dérivés dans votre alimentation qui doit être variée et équilibrée. *PhD en nutrition Nutritionniste, expert en évaluation de la qualité de l’alimentation chez les populations canadiennes Références bibliographiques 1- Messina M. Soy and health update: evaluation of the clinical and epidemiologic literature. Nutrients. 2016; 8:754. doi: 10.3390/nu8120754. 2- Boutas I, Kontogeorgi A , Dimitrakakis C et al. Soy Isoflavones and Breast Cancer Risk: A Meta-analysis. In vivo. 2022; 36: 556-562. doi:10.21873. 3- Fritz H, Seely D, Flower G, Skidmore B, Fernandes R, et al. Soy, Red Clover, and Isoflavones and Breast Cancer: A Systematic Review. PLoS ONE. 2013; 8(11): e81968. doi:10.1371/journal.pone.0081968. 4- van Die MD, Bone KM, Scott G et al. Soy and soy isoflavones in prostate cancer: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. BJU Int. 2014; 113: E119–E130. doi:10.1111/bju.12435 5- Fan Y, Wang M, Li Z et al. Intake of Soy, Soy Isoflavones and Soy Protein and Risk of Cancer Incidence and Mortality. Front. Nutr. 2022; 9:847421.doi: 10.3389/fnut.2022.847421. 6- Mejia SB, Messina M, Li SS et al. A Meta-Analysis of 46 Studies Identified by the FDA Demonstrates that Soy Protein Decreases Circulating LDL and Total Cholesterol Concentrations in Adults. J Nutr. 2019; 149:968–981.   Par Karimou MOROU*
Santé 28 févr. 2023


Zone Uemoa: Décélération de l’inflation
Les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) révèlent une décélération de l’inflation dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) notamment au cours du mois de décembre 2022.L’inflation amorce une décélération dans l’Uemoa. La hausse des prix et la dépréciation de la monnaie ont ralenti de 1,0 % en décembre 2022 dans les pays de l’Union. De 8 % en novembre, le taux d’inflation a baissé pour se situer à 7 % en décembre 2022, selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). « L’inflation dans l’Union a baissé en décembre 2022, en liaison avec la décélération de la hausse des prix des produits et services de l’alimentation», a indiqué la dernière note mensuelle de conjoncture de la Bceao. Ce recul, selon la note de conjoncture économique, est essentiellement imputable à une hausse de moindre ampleur des prix des composantes «Produits alimentaires » (+4,6 points contre +5,7 points en novembre 2022). La hausse des prix de la fonction « Transports » (+8,3 % en décembre 2022, contre 7,0 % le mois précédent) a amoindri la baisse de l’inflation globale. La Bceao renseigne que la décélération des prix amorcée au niveau des produits alimentaires est consécutive à l’arrivée sur le marché des nouvelles récoltes de la campagne 2022-2023, dont la production céréalière serait en hausse de l'ordre de 16 %, contre une baisse de 13,1 % l’année précédente. Le rythme d’augmentation des prix des produits alimentaires a baissé en raison notamment de l’atténuation des chocs externes liés aux cours internationaux des denrées alimentaires importées par l'Union. Le rythme de la hausse des prix des produits alimentaires s'est ralenti en passant de 27,5 % en novembre à 18,6 % en décembre. Ce ralentissement concerne surtout les produits de grande consommation, dont le riz (+32,0 % en décembre contre +42,0 % en novembre), le lait (+15,1 % contre +28,6 %), le sucre (+7,5 % contre +11,6 %) et le blé (+2,4 % contre +12,8 %). Selon les données du régulateur, l’accélération des prix des transports s’explique par le renchérissement des services de transport, en lien avec le relèvement des prix des carburants. En effet, de l’envolée des cours mondiaux de pétrole brut, la hausse des prix à la pompe de l’essence sur un an atteint 38,6 % au Togo, 26,0 % en Côte d’Ivoire, 25,0 % au Bénin, 22,3 % au Mali, 22,0 % au Burkina Faso, 15,6 % en Guinée-Bissau et 14,8 % au Sénégal, à fin décembre 2022. En ce qui concerne le gasoil, la progression des prix est de 63,5 % au Togo, 36,4 % au Mali, 33,3 % au Bénin, 24,2 % au Niger, 24,2 % au Burkina Faso, 14,8 % en Guinée-Bissau et 6,5 % en Côte d’Ivoire. Economie 28 févr. 2023


Police municipale: Les nouveautés contenues dans la réforme
Trois nouveautés se dégagent principalement de la réforme de la police municipale. D’une part, les agents de cette unité auront un avantage comparatif pour intégrer l’armée et les corps paramilitaires et d’autre part, la structure sera désormais dirigée par des officiers de la police républicaine. Aussi, toutes les communes peuvent disposer d’une police, si elles en reçoivent l’autorisation.Jusqu’à la veille de la réforme structurelle de la décentralisation, seules les trois communes à statut particulier avaient des compétences pour disposer d’une police municipale. Et malgré qu’elles aient cette possibilité, seule la mairie de Cotonou a pu se doter de cette structure d’appui au maire pour la mise en œuvre de la police administrative. Mais depuis mercredi dernier, le Conseil des ministres a levé ce blocage qui empêchait les communes à statut intermédiaire ou ordinaire de créer, après avis du gouvernement, une police municipale, pour autant que le besoin se fait sentir sur leurs territoires. « Les avancées, c’est aussi que cette police municipale sera dirigée par un officier de la police républicaine », a précisé Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement. Ce qui n’était pas le cas avec l’ancien cadre légal. Selon le décret qui était en vigueur, seuls les civils pouvaient diriger cette unité. Ce qui fait que dans le cas de la commune de Cotonou, deux anciens officiers de la police républicaine avaient été aux commandes, car n’étant plus sous les drapeaux.

Tremplin

Contrairement au décret 2009-27 du 4 février 2009 portant modalités d’exercice des pouvoirs de police administrative du maire dans les communes à statut particulier en République du Bénin, la réforme permet aux communes à statuts intermédiaire et ordinaire de disposer également de cette institution de maintien de l’ordre et de mise en œuvre de la police administrative. Cette décision prise par le gouvernement tient compte des nouvelles exigences de la décentralisation et apporte un élément nouveau dans l’attelage susceptible d’impulser le développement des communes qui n’avaient pas jusque-là les prérogatives pour se doter d’une police municipale. Le nouveau décret offre également la possibilité aux agents de la police municipale d’intégrer les corps de sécurité et de défense au plan national. « Placée sous l’autorité fonctionnelle du maire de commune, la police municipale est animée par des agents dont les règles statutaires communes sont fixées par un autre décret pris à cet effet. Celui-ci prévoit entre autres que ceux qui auront exécuté avec satisfaction au moins un contrat en qualité de policier municipal, seront éligibles au recrutement sur titre dans les Forces de sécurité publique, militaires et paramilitaires », a fait comprendre le secrétaire général adjoint du gouvernement qui lève un coin de voile sur les contours de cette décision. En réalité, dès lors qu’ils sont recrutés dans la police républicaine et qu’ils auront reçu la formation de base requise pour faire face à leurs devoirs, les policiers municipaux qui postuleraient pour le recrutement dans les corps militaires et paramilitaires « bénéficieront d’un avantage comparatif » par rapport aux autres. [caption id="attachment_93378" align="alignnone" width="303"] ... d’une police si elles en reçoivent l’autorisation[/caption]

Prérogatives élargies

Les domaines d’intervention de la police municipale sont aussi précisés dans la réforme. Ainsi, elle est chargée d’assurer l’exécution des arrêtés de police du maire et constate par procès-verbaux les contraventions y relatives, la surveillance et la garde des sites des services et infrastructures de la commune et la répression des contraventions en matière de divagation d’animaux, d’hygiène publique. De même, elle concourt au maintien de l'ordre public dans les endroits où il se fait de grands rassemblements tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, lieux de culte et autres lieux publics, à la répression des atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits et rassemblements qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique, à la régulation de la circulation routière et veille au maintien de la sûreté et de la commodité du passage dans les rues, places, voies publiques, quais et plages. Cette unité peut aussi suppléer la police républicaine dans certains cas spécifiques et pour un moment donné. Ainsi, en cas de crime ou de délit flagrant, les agents de Police municipale peuvent appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche, conformément aux dispositions du code de procédure pénale. Autant les nouvelles prérogatives assignées à la police municipale ont été précisées, autant ses limites sont définies sans ambages. De ce fait, la constatation des crimes et délits, la garde des sites des services et infrastructures de l’Etat, des structures privées ou des particuliers et la sécurité rapprochée ou des domiciles des autorités nationales, départementales ou communales ne sont pas dans les compétences des agents de la police municipale. Ils ne peuvent non plus s’occuper de l’escorte des cortèges officiels, funèbres ou autres de même nature, du rétablissement de l’ordre public et du contrôle routier.
Actualités 28 févr. 2023


Mise en œuvre du Programme élargi de vaccination: La marche du Bénin
Le Bénin a fait du chemin en matière de vaccination. Les acquis enregistrés ces dernières décennies dans ce domaine sont révélateurs de sa détermination et son expérience au fil des ans. Quelques dysfonctionnements restent cependant à corriger pour renforcer les performances. Reconnue aujourd’hui comme efficace au plan mondial, la vaccination contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations et au développement des communautés. De ce fait, le Programme élargi de vaccination (Pev) constitue un pilier fondamental de la mise en œuvre des soins de santé primaires et de l’atteinte de la couverture sanitaire universelle. Le Bénin a bien tracé son canevas afin de faire de son programme de vaccination un succès. Les soixante-dix-sept communes administratives du pays sont organisées en quatre-vingt-six communes Pev. Le pays dénombre neuf cent quatorze centres de santé publics et privés offrant les services de vaccination. Actuellement, le Pev couvre quatorze antigènes et cible treize maladies. Les enfants semblent les mieux lotis. Orienté vers les enfants de zéro à onze mois, ce programme commence par les protéger depuis le ventre de leur mère. Mais pour être complètement vacciné, les spécialistes expliquent qu’un nourrisson doit recevoir tous les quatorze antigènes du Pev depuis sa naissance et suivant cinq rendez-vous avant de fêter son premier anniversaire. Le vaccin Bilié de Calmette et Guérin communément appelé Bcg est retenu comme le tout premier antigène que reçoivent les enfants dès leur naissance et qui les protège contre la tuberculose. Cette composition a été renforcée récemment par l’introduction du vaccin contre l’hépatite B.

Ce qu’il faut savoir des antigènes

En marge de l’Assemblée générale statutaire de la Fondation Pev Bénin, vendredi 10 février dernier, Euripide Avokpaho, médecin appui au service de vaccination à l’Agence nationale des soins de santé primaires, a levé un coin de voile sur les différents antigènes et les maladies contre lesquelles ils protègent notamment dans les rangs des enfants. On retient de sa présentation que dans le domaine de la vaccination, rien n’est fait dans l’à-peu-près. Selon lui, le pentavalent comporte cinq antigènes et protège contre l’hépatite B, l’Haemophilus influenzae type b, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos. La méningite et la fièvre jaune sont respectivement prévenues par les vaccins Men A et le vaccin anti-amiral (Vaa) contre la fièvre jaune. Le vaccin Rr comporte deux antigènes et est dirigé contre la rougeole et la rubéole tandis que les vaccins Pcv-13 et le rotavac sont respectivement utilisés dans la prévention de l’infection à pneumocoque et les diarrhées à rotavirus. Toutefois, l’efficacité des vaccins est liée au respect d'un calendrier. « Après six semaines, le nourrisson reçoit sa dose de pentavalent avec le vaccin polio oral, le vaccin rotavirus et le vaccin Pcv-13. Ces doses se répètent pendant les trois mois suivant sa naissance. Au dernier rendez-vous, plus précisément neuf mois après sa naissance, l’enfant reçoit quatre antigènes contre la rougeole/rubéole, fièvre jaune et méningite », précise le médecin. [caption id="attachment_93368" align="alignnone" width="450"] L'administration du vaccin salvateur est aujourd'hui
admise par tous et partout[/caption] La protection vaccinale de l’enfant dépend également de la dose vaccinale de sa mère. Une femme enceinte ou une femme en âge de procréer doit recevoir cinq doses du vaccin antitétanique-antidiphtérique (Td). Cette précaution vis-à-vis de la femme enceinte vise à protéger le nouveau-né contre le tétanos néo-natal et à donner une immunité complète à sa mère. Le calendrier vaccinal chez la femme enceinte exige aussi l’administration de deux doses de vaccin antitétanique au cours de la première grossesse. La première doit être administrée le plus tôt possible pendant la grossesse et la deuxième un mois après la première injection. Il faut préciser que ces dernières années, le Programme élargi de vaccination a enregistré des avancées majeures. Si auparavant le vaccin contre la fièvre jaune avait une validité de dix ans, aujourd’hui, ce vaccin octroie une immunité à vie. Mieux, depuis 2022, le Pev a enregistré le vaccin contre la Covid-19 au profit des enfants.

Du chemin avec le Pev

Selon la fondation Pev, le déclic pour le Programme élargi de vaccination remonte à environ quatre décennies. « De 1987 à 1992, la mise en œuvre de l’initiative de Bamako (une réforme de la gestion des systèmes de santé) au Bénin s’est soldée par de bonnes performances, notamment en matière de couverture vaccinale des enfants. Ces efforts ont été appréciés au plan international, à travers le prix Comlan Quenum pour la santé publique en Afrique. Depuis, le Bénin ne s’est plus arrêté. Les initiatives du gouvernement et d’autres structures ont permis depuis plusieurs décennies d’asseoir un programme efficace au service des enfants, des femmes enceintes, des mères et des communautés. Lancé en 1995 par Véronique Lawson, alors ministre de la Santé, le Pev vise à pérenniser les acquis des interventions vaccinales au Bénin. A cet effet, les partenaires au développement et des structures telles que la fondation Pev s’illustrent sur le terrain pour accompagner le gouvernement.

Le sens des efforts

Il faut souligner que le chemin parcouru par le Bénin avant d’arriver à ces performances n’a pas été un long fleuve tranquille. Des sources sanitaires renseignent que la dernière décennie du XXe siècle a été assez difficile pour les acteurs de la santé. Vers la fin des années 1990, les progrès accomplis par les programmes internationaux d’immunisation stagnaient. Plus de trente millions d’enfants dans les pays en développement n’étaient pas totalement immunisés contre les maladies mortelles et beaucoup d’autres n’avaient pas reçu un seul vaccin. Aussi préoccupée par la question, la fondation Pev Bénin note des disparités dans la couverture vaccinale aux niveaux régional et local, allant de l’insuffisance des ressources à la mauvaise gestion des systèmes de santé en passant par le déficit de suivi et de supervision. Pour relever ces défis, il faut une mobilisation des acteurs pour des initiatives plus soutenues contre les maladies, ce qui passe par la réduction de la fracture vaccinale entre les pays, les régions et les communautés. Au regard de ces défis, cette fondation se positionne comme une association citoyenne au Bénin. Elle est le précurseur des grandes fondations intervenant aujourd’hui dans la vaccination comme la Fondation Bill et Melinda Gates. Sur le plan international, l’Alliance globale pour les vaccins et l’immunisation (Gavi) constitue également un engagement citoyen majeur en faveur de la vaccination. Cette alliance est fondée pour remédier à une défaillance du marché et garantir un approvisionnement sûr en vaccins à des prix abordables pour les pays en développement. L’engagement de ces différentes structures en faveur du vaccin permet d’enregistrer des avancées majeures dans le monde. Selon Cathérine Fiankan-Bokonga, correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, « la croissance du taux d’immunisation a contribué à réduire de moitié la mortalité infantile en évitant environ 16,2 millions de décès et a fait chuter de façon spectaculaire l’incidence des maladies infectieuses mortelles et débilitantes ».

Défis

Si les efforts du Bénin en matière de qualité et de couverture sont palpables, des actions restent à mener pour parfaire certains indicateurs. Les défis ne sont pas moindres. A ce jour, le Bénin note encore l’existence des enfants (ndlr : avec zéro dose de vaccin) ainsi que des enfants sous vaccinés, relève l’Agence nationale des soins de santé primaires. L’agence met l’accent sur la bonne collaboration entre le ministère de la Santé et les plateformes des Organisations de la société civile afin d’améliorer les données. Au nombre des défis au Bénin, Euripide Avokpaho, médecin appui au service de vaccination à ladite agence évoque « les foyers d’épidémie repérés par le système de surveillance du ministère de la Santé, la faible qualité des données du fait de l’estimation du dénominateur des cibles à vacciner ». Le Bénin sait que pour demeurer parmi les bons exemples en matière de couverture vaccinale, il lui faudra retrousser ses manches et agir sur ses faiblesses. Partant de cette logique, le gouvernement envisage l’introduction de la 2e dose du vaccin Rr (vaccin associant la rougeole et la rubéole) et du Vpi (Vaccin polio inactivé dans le Pev), l’élargissement des cibles du Pev avec la vaccination au-delà de la première année de vie. Pour les acteurs sanitaires, il est nécessaire d’actualiser les plans normatifs du Pev et d’étendre le processus d’équité en vaccination « avec réduction des zéro doses ». Aussi, le Bénin penche-t-il pour des campagnes de suivi de l’introduction de nouveaux vaccins contre le paludisme, le choléra, la fièvre jaune, le cancer du col de l’utérus. Le renforcement du partenariat public-privé et de la communication pour renforcer le Pev à travers le plaidoyer et la mobilisation sociale sont des pistes à explorer. Pour relever ces défis, améliorer ses indicateurs et renforcer ses acquis, le pays compte sur l’existence de ses partenaires techniques et financiers et des plateformes comme la Fondation Pev ■
Santé 27 févr. 2023


Agence nationale d'identification des personnes: Des éclaircissements sur la nomination de Pascal Nyamulinda
C'est pour des raisons d'efficacité que Pascal Nyamulinda a été préféré à d'autres candidats à la direction générale de l'Agence nationale d'identification des personnes. C'est ce que le porte-parole du gouvernement a expliqué, ce dimanche 26 février, au cours d'une sortie médiatique.« Le souci premier du gouvernement a été de retrouver le profil pointu pour répondre aux exigences technologiques». Wilfried Léandre Houngbédji justifie ainsi le choix de Pascal Nyamulinda comme directeur général de l'Agence nationale d'identification des personnes. La nomination de ce Rwandais à la tête de l'institution est actuellement source de polémique et l'intervention du secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement vise à éclairer la lanterne de ceux qui brandissent la fibre patriotique pour fustiger ce choix. Selon lui, plusieurs personnalités étaient promises à ce poste qui est revenu à Pascal Nyamulinda. Ce qui fera la différence entre ce dernier et les autres prétendants, ce sera son expérience. Car par le passé, l'homme avait occupé cette position administrative dans son pays. En fait, en 1996, Pascal Nyamulinda avait été nommé à l'Agence nationale d'identification du Rwanda. Ce qui lui a permis d'être au carrefour de plusieurs décisions stratégiques dans le domaine au plan continental voire mondial. C'est donc pour obtenir des résultats probants au niveau de l'Anip que le Rwandais a été nommé à ce poste. « Le gouvernement assume les choix qu'il fait parce qu'il recherche l'efficacité au profit des Béninois », insiste Wilfried Léandre Houngbédji. S'agissant des inquiétudes légitimes des populations au sujet de la fuite des données, il rassure qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Autant il n'y avait pas eu une situation pareille lors de la gestion de la structure par l'ancien gestionnaire mandataire, de la même manière cela ne saurait prévaloir avec le nouveau directeur général. Mieux, poursuit le porte-parole du gouvernement, il n'y a aucune crainte à avoir par rapport aux données personnelles. « Je voudrais rassurer nos concitoyens que la gestion des données à caractère personnel est réglementée par la loi », rassure-t-il. Actualités 27 févr. 2023


Renforcement de l’effectif des forces de défense et de sécurité: Fin de formation commune de base pour 1 701 nouvelles recrues
Membres de la promotion 2022/2, les nouvelles recrues, jeunes militaires, élèves agents de police et garde-forestiers, ont été présentées, vendredi 24 février dernier, au Centre de formation militaire de Bembèrèkè (Cfmb), au drapeau. Ils ont également porté leurs fourragères. C’est au cours d’une cérémonie présidée par le ministre délégué chargé de la Défense nationale, Fortunet Alain Nouatin, et qui met fin à leur formation commune de base.1 300 élèves agents de police, 301 recrues militaires et 100 élèves garde-forestiers, soit un total de 1 701 nouvelles recrues. De jeunes gens et jeunes filles qui quittent la vie civile, pour s’engager sous le drapeau national, symbole de la patrie, qu’ils doivent servir avec loyauté et fidélité. Ils sont désormais appelés à assurer la sécurité et la défense du territoire national. Placée sous l’égide du ministre délégué chargé de la Défense nationale, Fortunet Alain Nouatin, la cérémonie de leur présentation au drapeau s’est déroulée, vendredi 24 février dernier, au Centre de formation militaire de Bembèrèkè (Cfmb). « Ce drapeau est la bannière sous laquelle vous devez désormais servir jusqu’au sacrifice suprême. Il exige de vous en permanence un sens aigu de discipline, de courage et d’honneur », a déclaré le ministre, s’adressant à eux. A sa suite, le commandant du Centre de formation, le lieutenant-colonel Henri Tozé, a indiqué que cette formation qui intervient dans un contexte sécuritaire particulier, est l’expression de la volonté conjuguée du chef de l’Etat et de son gouvernement, de renforcer davantage la quiétude au sein des populations. En autorisant le recrutement de ces jeunes, a-t-il précisé, le gouvernement a voulu donner aux forces de défense et de sécurité, entre autres, les ressources humaines, premiers maillons indispensables au système de défense du territoire. « La présence de ces jeunes sous le drapeau national contribuera au raffermissement des liens entre l’Armée et la nation, base d’une cohésion nationale indispensable pour l’émergence de notre pays », poursuit-il. « Soyez fiers et dignes des enseignements que vous avez reçus. En tout lieu, montrez-vous forts et n’hésitez pas à franchir vos limites. C’est une première étape de votre formation et vous devez la compléter dans vos différentes unités afin d’être des soldats accomplis », a-t-il également indiqué aux nouvelles recrues, en guise d’exhortation. Au Cfmb, ils ont été rodés dans divers domaines tels que l’art militaire, la culture militaire, la discipline et le règlement militaires, la topographie, le combat, l’armement, l’instruction sur le tir au combat, le sauvetage et le droit militaire. Pour évaluer leurs capacités physique et mentale, ils ont effectué une marche d’endurance de 120 km. Suffisamment aguerris, ils s’engagent à accomplir toutes les missions républicaines qui leur seront confiées. Un défilé militaire a marqué la fin de la cérémonie à laquelle ont également pris part le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Allassane Séïdou, le Haut commandement militaire dirigé par le chef d'état-major général des Forces armées béninoises, le général de brigade Fructueux Gbaguidi. Société 27 févr. 2023


Appui à la compétitivité de l’agrobusiness au Bénin: Le Système de récépissé d’entrepôt mis en route
Le Bénin sera doté sous peu d’un Système de récépissé d’entreposage pour le commerce des produits agricoles. Avec l’appui de la Société financière internationale, le groupe de travail chargé de l’élaboration des textes, a démarré ses activités, à la faveur d’un atelier tenu ce mardi 21 février à Cotonou.Le processus de mise en place du cadre légal et réglementaire du Système de récépissé d’entreposage (SRE) au Bénin est enclenché. Le groupe de travail chargé de l’élaboration des textes a démarré ses activités par un atelier organisé, ce mardi à Cotonou, avec l’appui de la Société financière internationale (IFC) à travers le Projet d’appui à la compétitivité de l’agrobusiness au Bénin (PCAB). Provenant des secteurs public, privé et associatif, les acteurs réunis dans ce creuset ont adopté le chronogramme d’activités, après avoir échangé sur le contexte de mise en place, les expériences d’appui de l’IFC dans d’autres pays et l’approche méthodologique d’opéra-tionnalisation du nouveau système de commercialisation et de contrôle des flux des produits agricoles. En procédant au lancement des travaux, Dr Laurent G. Akpo, directeur de cabinet du ministre de l’Industrie et du Commerce, a exhorté les membres du groupe de travail à faire preuve de disponibilité, de volonté et d’engagement pour l’aboutissement de ce projet. « L’objectif derrière cette modernisation du mécanisme de commercialisation des produits agricoles, c’est de générer davantage de valeurs, mais aussi et surtout de créer d’autres activités, d’autres métiers et de faciliter la mobilisation du financement du secteur », indique-t-il. Pour Flavien Ahouigbèmey, représentant le ministre en charge de l’Agriculture, il s’agit d’un « chantier indispensable » au développement du secteur agricole. « Cet instrument qui se met en place progressivement, souligne-t-il, vient combler un vide et est en parfaite cohérence avec la vision du gouvernement d’améliorer le taux de croissance ». En termes de défis, au-delà du cadre légal et réglementaire, il importe de travailler à la mise en place d’infrastructures, à la sécurisation des produits agricoles, à la diversification des cultures et à la digitalisation, laisse-t-il entendre.

Assistance

L’initiative de mise en place du SRE remonte à plus de deux ans et émane de la volonté du gouvernement de moderniser la commercialisation des produits tropicaux, dira Marius Konssago, directeur du commerce intérieur. Cette option est retenue après des voyages de prospection en Tanzanie et au Mozambique en 2020, suivis d’échanges d’expériences avec la Côte d’Ivoire et d’une table ronde des parties prenantes, informe-t-il. Selon Cyndo Obre, responsable pays d’IFC pour le Bénin, le diagnostic du secteur privé au Bénin en 2022 identifie la difficulté d’accès au financement comme une contrainte majeure dans le développement des PME, en particulier dans le domaine de l’agriculture. Il révèle la nécessité d’accroître les efforts à travers la mise à disposition de nouveaux produits de financement capables d’améliorer durablement la capacité d’accès au crédit auprès des banques et des systèmes financiers décentralisés. C’est fort de ce constat, justifie-t-il, que conformément à sa stratégie et à son approche holistique pour susciter et mobiliser l’investissement privé, l’IFC met à la disposition du gouvernement du Bénin son assistance technique pour la mise en place d’un Système de récépissé d’entreposage qui au-delà de faciliter l’accès au financement va également catalyser l’investissement privé dans les infrastructures de stockage et de logistique, créer de l’emploi et des nouveaux métiers. « Le Groupe de la Banque mondiale en général et l’IFC en particulier ne ménageront aucun effort afin d’accompagner le gouvernement du Bénin dans cette réforme qui a fait ses preuves », assure-t-il. Des projets de SRE mis en œuvre au Sénégal, au Kenya et au Malawi ont permis aux acteurs d’obtenir des prêts de 65 millions de dollars et de toucher des centaines de milliers de producteurs.
Société 27 févr. 2023


Projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou - Phase 1: La Bad note des résultats « très satisfaisants »
Le projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou et de facilitation du transport sur le corridor Abidjan-Lagos a atteint les résultats attendus, contribuant à l’intégration dans la région ouest-africaine et à la promotion des échanges entre le Bénin et le Togo, selon la Bad. Les progrès accomplis dans l’atteinte des objectifs de développement du Projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou et de facilitation du transport sur le corridor Abidjan–Lagos / Phase 1 sont « très satisfaisants », d’après un récent Rapport sur l’état d’exécution et sur les résultats (Eer) publié par la Banque africaine de développement (Bad), partenaire financier du projet. Avec l’achèvement des travaux routiers et du poste de contrôle juxtaposé (Pcj) de Hillacondji / Sanvée-Condji, les cibles relatives aux effets et produits du projet sont atteintes dans leur majorité, indique le document en date du 10 février 2023 réalisé par Ibrahim Boubacar, chargé de projet. Toutefois, les processus de mise en œuvre peuvent être qualifiés globalement de « moyennement satisfaisants» au vu de l’âge du projet (approuvé depuis octobre 2011) et du nombre de prorogations effectuées, soit sept au total, pour pouvoir mener à terme toutes les activités surtout celles liées au volet « facilitation du transport ». Le rapport précise que 94 % des effets ont été atteints et 100 % des produits ont été obtenus. En termes d’amélioration des conditions de circulation des personnes et des biens entre Lomé et Cotonou, le temps de parcours entre Pahou et Hillacondji est passé de 115 minutes à 50,8 minutes pour une cible finale de 55 min, soit un progrès de 107 %. Le nombre de barrages routiers aux 100 km est réduit de 6 à 1 contre 3 prévu au Togo, soit une réalisation de 166,67 %, et de 7 à 1 contre 3 initialement prévu au Bénin, soit un taux de 150 %. Au total, 77,5 km de route ont été réhabilités (100 %) avec des travaux de reconstruction en 2x2 voies entre Pahou et Ouidah (18,75 km) et réhabilitation entre Ouidah et Hillacondji à la frontière du Togo (58,75 km), y compris construction d’une passerelle au marché de Ouidah. La durée de transit à la frontière Hillacondji - Sanvée-Condji pour un camion de marchandises est passée de 24 à 13,5 heures contre une cible de 18 heures, soit une réalisation de 175 %, mentionne l’auteur du rapport. Le nombre d’accidents de la route entre Pahou et Hillacondji est réduit de 237 à 114 contre une cible de 200. Les aménagements engendrent un gain en termes de coût d’exploitation des véhicules légers qui passe de 220 F Cfa par véhicule au kilomètre à 181 F Cfa/vkm contre une cible de 166 F Cfa/vkm, soit un taux de 72,22% progressant vers 82 %. Dans le cadre de ce projet dont le coût est estimé à 9,4 milliards F Cfa, 110 km de pistes rurales sont aménagés sur 102,9 km prévus (106,90 %), favorisant l’accessibilité aux zones de production et aux services sociaux de base dans la Zone d’influence du projet au Bénin. L’indice d’accessibilité rurale est passé de 30 à 95 % contre une cible de 35 %. Pour tout cela, l’impact socioéconomique global du projet sur les populations est jugé « très satisfaisant » sur la base du rapport d’évaluation par les bénéficiaires de l’impact du projet, selon la Bad. Les autorités, les utilisateurs directs et les usagers ont salué l’approche des aménagements connexes, notamment des pistes connexes et des infrastructures commerciales, sanitaires et scolaires. Ces aménagements ont contribué à l’amélioration des services sociaux de base et à la facilitation de l’acheminement des intrants, des productions et articles de commerce, et ainsi au développement d'activités de rentes, et non seulement de suffisance alimentaire. A noter que le Projet de réhabilitation de la route Lomé-Cotonou (Phase II) et de protection côtière est en cours d’exécution et devrait prendre fin en décembre 2024. Le Corridor Abidjan-Lagos est identifié comme l’épine dorsale du développement économique et social de la sous-région, une priorité du Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida) de l'Union africaine (Ua) et du Programme régional de facilitation des transports de la Cedeao ■ Economie 24 févr. 2023


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