La Nation Bénin...
Nouvelles

Admis à faire valoir ses droits à la retraite pour compter du 1er janvier 2019, Innocent Sourou Avognon reprend son fauteuil de président de la Chambre judiciaire de la Cour suprême. Il reprend la charge, après un intérim assuré par Michèle Carréna Adossou, suite à sa nomination le 16 octobre 2019 par décret n°2019-365 sur le fondement de la loi n°2019-12 modifiant et complétant la loi n°2001-35 du 21 février 2003 portant statut de la magistrature en République du Bénin. Laquelle loi permet au président de la République de nommer les magistrats méritants admis à la retraite à 60 ans et qui formulent expressément la demande, de poursuivre leur carrière hors hiérarchie jusqu’à la limite de 65 ans d’âge. Innocent Sourou Avognon a été donc installé sur la base de cette loi par le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, après les réquisitions du procureur général près la Cour suprême, Onésime Madodé. L’audience solennelle d’installation et de prise de service a eu lieu ce jeudi au siège de la Haute juridiction à Porto-Novo.
Droits et Devoirs 31 oct. 2019

L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi 31 octobre la loi n°2019-39 portant amnistie des faits criminels, délictuels et contraventionnels commis lors des élections législatives d’avril 2019 au Bénin. Le texte a été approuvé à l’unanimité des députés présents et représentés et comporte trois articles. L’article 1er de la loi dispose que « sont amnistiés pour les faits constitutifs de crime, de délit ou de contravention commis au cours des mois de février, mars, avril, mai et juin 2019 à l’occasion du processus des élections législatives du 28 avril 2019 ». Par application de cette disposition, la loi précise que toutes les procédures engagées sont dépourvues d’objet, les jugements ou arrêts prononcés non avenus et les personnes détenues à titre provisoire ou en exécution du jugement ou arrêt prononcé sont mis en liberté si elles ne sont pas retenues pour autre cause légale. Ainsi, toutes les personnes poursuivies, condamnées ou à poursuivre dans le cadre des troubles avant, pendant et après les élections législatives d’avril dernier sont libres de leurs mouvements et les infractions mises à leurs charges désormais effacées. Cette loi a été initiée par le député André Biaou Okounlola et s’inscrit dans la droite ligne de la mise en œuvre législative des recommandations issues du dialogue politique du 10 au 12 octobre dernier à Cotonou sous l’égide du président de la République, Patrice Talon avec la participation des partis politiques légalement constitués au Bénin. L’examen et le vote de cette loi se sont déroulés en présence du gouvernement représenté à la séance plénière par le ministre de la Justice et de la Législature, Me Séverin Quenum.
Politique 31 oct. 2019

L’esplanade intérieure de la direction départementale de la Santé sise à Lokossa, dans le Mono, a servi de cadre, mardi 29 octobre dernier, au lancement d’une campagne dénommée « Midjomido » initiée par l’Organisation non gouvernementale Care Bénin-Togo. Le top de cette campagne qui vise à éliminer les grossesses en milieux scolaire et extrascolaire marque la célébration, en différé, de la Journée internationale de la fille (Jifi).
Décourager les prédateurs sexuels en milieu d’apprentissage, c’est l’objectif que poursuit la campagne Midjomido qui signifie « Laissez-moi continuer mes études » ou « Laissez-moi continuer mon apprentissage » en référence au terme Midjomido qui veut dire littéralement en langue fon « laissez-moi ». La campagne se veut un événement à répéter tous les ans, un mouvement qui va embraser tout le territoire national au moyen des activités physiques et virtuelles. Et ceci, jusqu’à l’éradication du phénomène des grossesses en milieux scolaire et extrascolaire. Telle a été la substance de la présentation faite de la campagne, mardi à Lokossa où plusieurs ministères sectoriels ont apporté leur soutien au démarrage des activités. Il s’agit du ministère en charge des Affaires sociales représenté par
Jean-Marie Nicolas Dandoga, directeur de cabinet du ministre ; du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle représenté par Jean Bénoît Alokpon ; et enfin du ministère de la Santé, au nom duquel le directeur départemental de la santé Etienne Hounkonnou est intervenu. Tour à tour, ils ont salué l’initiative et réitéré l’engagement de leurs différentes structures à jouer leur partition pour l’atteinte de l’objectif visé. La préfecture de Lokossa aussi ne sera pas du reste, a assuré le secrétaire général, Arnaud Agon.
A en croire la directrice de la mission Bénin Togo de Care international, Joyce Cepenou, l’initiative de la campagne Midjomido qui, dit-elle, s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la fille (Jifi), célébrée le 11 octobre dernier, est motivée par un constat fait à l’échelle continentale. Selon elle, il est constaté qu’en Afrique en général et au Bénin en particulier, l’augmentation sans cesse du taux des grossesses précoces est l’un des problèmes récurrents qui empêche le développement des compétences scolaires et professionnelles chez les adolescentes et les jeunes filles.
Et les chiffres en disent long sur l’ampleur du phénomène. Selon les résultats de l’Enquête démographique et de santé (Eds 2018) environ 13 % de jeunes filles de 15 à 19 ans ont commencé une vie procréative avec 3,3 % qui sont tombées enceintes de leur premier enfant. Spécifiquement dans le sous-secteur de l’Enseignement secondaire, les chiffres sont peu reluisants même s’ils indiquent une tendance baissière. Selon le directeur de cabinet du ministre, Jean Benoît Alokpon, 3 045 cas de grossesses ont été enregistrés en 2017, en milieu scolaire contre 2 912 cas en 2018, et 1 122 cas en 2019.
Des adolescentes et jeunes filles réunies dans un creuset dénommé club des scolaires et extrascolaires se sont fait porte-parole des victimes à travers un plaidoyer. Elles ont appelé non seulement à renforcer la protection autour de la couche juvénile mais aussi à élargir le champ des interventions.

Le gouvernement du président Patrice Talon envisage de recruter près de 11.000 enseignants dans le but de combler le déficit et d'améliorer la qualité de l'enseignement à la maternelle et au primaire. Cette décision a été prise lors du conseil des ministres de ce mercredi 30 octobre.
Le gouvernement poursuit l’assainissement du secteur de l’éducation confronté, entre autres, à un déficit chronique du personnel enseignant. Le conseil des ministres de ce mercredi 30 octobre indique qu’en vue d’un règlement durable de cette situation et aux fins d’assurer un meilleur encadrement des apprenants, une base de données des aspirants au métier d’enseignant a été constituée. Le porte-parole du gouvernement note qu’en apportant une solution d’appoint à la même préoccupation dans le secondaire, le conseil des ministres avait, le 11 septembre dernier, décidé qu’une solution similaire soit également appliquée au sous-secteur du primaire et de la maternelle. Du rapport du comité mis en place à cet effet, le Conseil affirme qu’il se dégage un déficit de 9.095 enseignants au primaire et de 1.068 animateurs à la maternelle. Prenant en compte l’effectif de ceux qui, d’ici 2022, seront appelés à faire valoir leurs droits à une pension de retraite ainsi que les besoins induits par l’augmentation potentielle du nombre d’apprenants, le déficit d’enseignants s’établira à 18.140.
Pour le compte de l’année 2019-2020, le conseil révèle que les besoins spécifiques à la prise en charge optimale de cet écart se chiffrent à 10.686 enseignants. Alain Orounla précise que pour combler définitivement ce déficit et améliorer la qualité de l’enseignement, le conseil a autorisé le recrutement, par l’intermédiaire de l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe), d’un nombre équivalent d’enseignants suppléants au profit du ministère des Enseignements maternel et primaire. Ceux-ci proviendront, par ordre de mérite, de la base de données des aspirants au métier d’enseignant, constituée des candidats ayant subi avec succès en 2018 l’évaluation des compétences des titulaires d’un diplôme de l’Ecole normale des instituteurs et de ceux issus de l’évaluation, en 2019, des postulants titulaires des diplômes académiques.

Après la mairie d’Abomey-Calavi, vendredi dernier, l’Association franco-béninoise de lutte contre le cancer (Afblcc) a mis, hier mercredi 30 octobre, le cap sur l’arrondissement de Godomey pour la campagne de dépistage gratuit du cancer du sein au profit des femmes. Cette activité qui s’inscrit dans le cadre de ‘’Octobre Rose’’ a permis à l’association de sensibiliser les femmes et jeunes filles à cette maladie.
Des femmes et des jeunes filles de l’arrondissement de Godomey se sont prêtées à l’exercice de dépistage du cancer du sein initié par l’Association franco-béninoise de lutte contre le cancer (Afblcc) dans le cadre de son activité ‘’Octobre Rose’’ dédiée à la lutte contre cette maladie.
Laurence Monteiro, sage-femme à la retraite, présidente de l’Association des sages-femmes du Bénin, a expliqué que le mois d’octobre est déclaré dans le monde ‘’Mois Rose’’. C’est la recrudescence de cette maladie qui justifie cette initiative au niveau mondial, a-t-elle poursuivi. Il s’agit, selon elle, d’une période consacrée au cancer du col de l’utérus et au cancer du sein. Pour l’édition 2019, c’est le cancer du sein que l’association a retenu. Au cours de l’examen, on regarde les muqueuses pour contrôler si la femme n’est pas anémiée. Au niveau des seins on recherche «ce petit nodule, qui peut tuer à la longue ».
Traçant le contexte mondial de l’initiative, le président de l’Association franco-béninoise de lutte contre le cancer (Afblcc), le professeur Martial Tiburce Zannou, a indiqué qu’au mois d’octobre, la communauté internationale se focalise sur la femme qui donne la vie, son bien-être global. C’est dans cette dynamique que l’Afblcc et l’Association des sages-femmes du Bénin organisent chaque année dans le mois d’octobre une campagne de sensibilisation et de prévention des cancers gynécologiques notamment le cancer de l’utérus et le cancer du sein, a-t-il poursuivi. En guise de bilan partiel de la journée, le professeur Martial Tiburce Zannou a révélé que sept cas ont été suspectés et le protocole de leur prise en charge pour un diagnostic éclairé a été engagé.
Au regard de ce bilan, Laurence Monteiro a déploré le manque d’engouement des femmes pour l’opération à Godomey malgré la gratuité.
Pour rassurer les femmes, le président de l’ Afblcc a indiqué que «le cancer n’est plus une fatalité à tous égards ». Selon lui, « lorsque le cancer est découvert tôt et que la prise en charge s’effectue très tôt, la patiente a la possibilité de s’en sortir ».

Le Bénin est l’un des seize pays au monde à voir pousser sur son sol le karité ou arbre à beurre (Vitellaria paradoxa). Cette générosité de la nature qui absorbe une main d’œuvre non importante ploie sous le poids de nombreuses difficultés. Le parc arboricole du karité constamment éprouvé inquiète les acteurs de la filière qui en appellent à sa protection.
Perma, à 24 km du centre ville de Natitingou au Nord du Bénin. Dans cette localité calme, célèbre par l’or qu’elle abrite dans son sous sol, Amos Kouagou développe ses activités économiques depuis la fin de ses études. Le jeune homme au teint noir ciré n’a pas choisi d’aller creuser les profondeurs comme certains de ses congénères à la recherche de l’or. Il s’est plutôt lancé dans l’entrepreneuriat et a créé «Biotope karité», une petite unité de transformation d’amandes de karité en beurre, de fabrication des produits cosmétiques à base de la bave d’escargot. 94 femmes dont 40 permanentes y travaillent.
Côté travail et revenus, Amos «s’en sort très bien ». Mais son activité reste sujette à une difficulté majeure. Les noix de karité manquent parfois à l’appel, face à la demande croissante des commandes qui pleuvent sur Biotope
karité. «La main d’œuvre est présente, disponible, expérimentée, mais parfois la matière première fait défaut », confie le jeune entrepreneur, caressant de son pouce droit, une jolie amande de karité, récoltée très tôt le matin dans la brousse (entre 4 heures et 5 heures).
Cette difficulté, Amos n’est pas le seul à s’en plaindre. Comme lui, bien d’autres jeunes qui se sont lancés dans l’auto-emploi peinent parfois à honorer leurs engagements. Si pour l’heure, ils essayent de tenir « avec l’aide des groupements de femmes qui leur fournissent les amandes de karité », la situation pourrait bien se compliquer à moyen, et peut-être même à court terme. Alima Amzath fabrique depuis bientôt 15 ans des produits cosmétiques faits à base de karité. «Il est à craindre que dans les années à venir, nous fermions tout simplement notre boutique faute de disposer du karité pour continuer à tourner», analyse la jeune dame de 40 ans dont le business florissant lui vaut des voyages fréquents dans plusieurs pays de la sous-région. « Il faut agir très vite et trouver le moyen de perpétuer cet arbre, qui pour moi est un arbre de vie », confesse-t-elle.
Une législation peu protectrice
A ce jour, au Bénin, aucune disposition spécifique ne protège le karité. Cette filière, considérée comme la troisième pourvoyeuse de devises pour le pays après le coton et l’anacarde ne bénéficie ni de lois ni de textes particuliers pour sa protection et sa conservation. Le karité est uniquement pris en compte par la loi N°93-009 du 2 juillet 1993 portant régime des forêts au Bénin. Mais ce texte, en plus d’être peu connu ne fait aucune mention spéciale de la filière en vue de sa protection.
Autre disposition, la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin. Elle dispose en son article 94 que « la commune a la charge de la création, de l’entretien des plantations, des espaces verts et de tout aménagement public visant à l’amélioration du cadre de vie». Mais dans les faits, rien. Au niveau des communes productrices de Karité, les conseils communaux ne manifestent aucun intérêt pour la protection du parc arboricole. «C’est une question de moyens. On demande trop de choses aux communes à la fois alors que les moyens font défaut», lâche, furieux, un conseiller communal de Tchaourou.
Azizou Mora Séro n’est pas de cet avis. Ce cofondateur d’une unité de transformation de karité déplore « la négligence dont les autorités locales font montre » dans les localités où le karité pousse. « On ne leur demande pas grand-chose. Qu’ils sensibilisent les populations, interdisent et sanctionnent ceux qui coupent sauvagement les arbres et exigent des chefs coutumiers de veiller à la protection des arbres », indique le jeune entrepreneur un peu déçu du sort réservé au karité à N’dali, Pèrèrè, Ouèssè… Marinette Kodjo, experte en décentralisation rappelle pour sa part que la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999, impose aux communes de « veiller à la protection des ressources naturelles, notamment des forêts, des sols, de la faune, des ressources hydrauliques, des nappes phréatiques et de contribuer à leur meilleure utilisation ».
Le Bénin est également doté d’un Plan national forestier. « Mais sa mise en œuvre est handicapée par deux faiblesses majeures que sont la méconnaissance du plan par le grand public mais surtout des acteurs de la filière, faute de vulgarisation et les ressources limitées pour sa mise en œuvre», souligne l’Association karité Bénin (Akab) dans le rapport final sur l’étude diagnostique des contraintes, opportunités de la législation forestière et des pratiques réglementaires pour la protection du karité.
Plaidoyers…
Face au sort fait à cette filière, plusieurs acteurs s’activent à la tirer d’affaire. « Tout ce que nous pouvons faire, c’est de sensibiliser les populations pour sa protection et plaider contre les abattages sauvages», confie Nonhêmi Bodjrenou, agroéconomiste. L’entrepreneur Amos Kouagou est dans la même logique. Il met également un point d’honneur sur les actions de plaidoyer et soutient le rôle déterminant que jouent les femmes ramasseuses auprès de leurs communautés pour la protection du karité. « Malheureusement, ces actions restent limitées et les impacts sont très mineurs et à peine perceptibles », se plaint-il.
Icco Coopération, une organisation néerlandaise, est actuellement l’un des principaux soutiens de la filière Karité au Bénin à travers le projet «Lobbying et plaidoyer pour le développement inclusif de la filière karité du Bénin» qu’elle finance. A travers cette initiative, elle appuie des entités qui travaillent à l’élaboration d’un document de positionnement de la filière karité au Bénin. « Ce document sera un outil de plaidoyers aux mains des acteurs dans leur lutte pour la reconnaissance par l’état central du karité, comme filière prioritaire », indique cette organisation dans l’une de ses récentes publications. Cette reconnaissance permettrait, de l’avis de Icco Coopération, «un meilleur accompagnement de l’Etat qui pourra consentir désormais des investissements financiers, humains et en innovations importants pour accroitre la contribution de la filière à l’économie du pays ». Mais avant d’en arriver là, il faut agir pour la protection de la filière. Un challenge de plus en plus pressant face au sort que subit la filière. Les parcs de karité ont régressé en termes de nombre d’arbres, déplore Urbain Gbéou de l’Akab qui évoque une régression rapide (52 %) et une régression lente (42 %).
Un joyau traqué de toutes parts
Ce que craignent les acteurs de cette filière, face aux assauts répétés contre l’arbre à beurre, c’est que «la baisse de la production d’amandes impactera négativement les activités de l’ensemble des acteurs, et peut entraîner la disparition de la filière ». Pour les acteurs rencontrés, il faut agir en urgence. Les solutions envisagées dans ce cadre se résument à une sensibilisation des populations pour éviter la destruction des parcs à karité, l’implication des inspections forestières en vue de la répression de ceux qui détruisent les parcs…
Dans des localités comme Natitingou, N’Dali, Pèrèrè Kouandé, Kérou, Tanguiéta, Péhunco et Savè, le karité subit constamment la furie des tronçonneuses, des machettes et du feu. Il s’observe dans ces localités un abattage sauvage pour fabriquer des mortiers, du charbon de bois. « L’arbre à
karité est aussi abattu pour l’extension des superficies cultivables au profit du coton et de l’igname», déplore l’agroéconomiste Nonhêmi Bodjrenou. « A Bantè et Savè, les écorces et les racines du karité sont collectées anarchiquement pour être utilisées dans la médecine traditionnelle, constituant ainsi une menace supplémentaire pour le karité », indique un rapport publié sur la filière.
Les causes de cette destruction sont entre autres le non-renouvellement des parcs à karité, le manque de reboisement de l’espèce, le mythe de la tradition, l’élevage, la non-maitrise de la production des plants, la méconnaissance de l’importance de l’arbre à karité, la non-maitrise des valeurs économiques des produits dérivés du karité, l’agriculture, l’utilisation abusive des intrants agricoles…
Les pourcentages de destruction sont d’ailleurs très élevés. 35 % pour la fabrication du mortier, 24,43 % pour la fabrication du charbon, 16,79 % pour l’installation de nouvelles cultures, et 13, 25 % pour l’industrie du bois, selon une étude de l’Akab. Face à ce tableau, Sébastien Dohou, coordonnateur des programmes Icco au Bénin plaide pour la revue du cadre institutionnel et juridique de la protection du karité et la mise en place d’un mécanisme de protection de la ressource karité impliquant les autorités politico-administratives et les acteurs privés de la filière, « car sans les parcs à karité, les activités des chaînes de valeurs ajoutées disparaitront à coup sûr ».

Ce jeudi 31 octobre s’annonce historique à l’Assemblée nationale. L’institution parlementaire se penche sur la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 avec toutes les chances de la réussir. Le dossier sera en effet au cœur de la séance plénière des députésqui décideront du sort de cette initiative. Selon des sources dignes de foi, la commission chargée des Lois, conformément à la procédure parlementaire, a amorcé ce mercredi l’étude du dossier qui lui a été affecté, mardi dernier, en procédure d’urgence. Les travaux ont abouti ce mardi à l’adoption de la première étape de la procédure, celle de la prise en considération de la proposition de révision constitutionnelle initiée par le député Augustin Ahouanvoèbla et neuf de ses collègues à savoir : SofiathSchanou, David Gbahoungba, David Biokou, Gérard Gbénonchi, Joseph Anani, Nestor Nouatin, Jean-Pierre Babatoundé, AssanSéibou et Robert Gbian. Le rapport verbal a été adopté, à en croire les mêmes indiscrétions, à l’unanimité des députés membres de cet organe technique phare de l’Assemblée nationale. Ainsi, après l’étape de la commission, la procédure devra suivre son cours normal. Le dossier sera en plénière. Les députés auront à examiner et à voter le rapport verbal de prise en considération de la proposition de modification constitutionnelle. Ce vote est considéré acquis à la majorité des trois quarts des membres composant le Parlement, soit 63 députés. Ceci conformément à l’article 154 de la Constitution du 11 décembre 1990.
La première étape franchie, la procédure fait obligation à la commission chargée des Lois de se réunir à nouveau pour l’étude au fond des dispositions article par article de la proposition de révision de la loi fondamentale. Cette étude sera également sanctionnée par un rapport verbal comme le requiert la procédure d’urgence. Lequel rapport adopté en commission devra être ensuite soumis à la plénière pour être approuvé. Ce vote d’approbation nécessite la majorité des quatre cinquièmes des membres composant l’Assemblée nationale, soit 67 députés. Ce n’est qu’à cette seconde étape qu’on peut considérer consommée, au regard de l’article 155 de la Constitution, la proposition de révision constitutionnelle. Autrement, l’initiative est considérée non approuvée par voie parlementaire. Ce qui ouvre la voie au référendum constitutionnel pour permettre au peuple d’approuver ou non la proposition de révision de la Constitution. Ces deux étapes ont été clairement martelées par la Cour constitutionnelle à travers sa décision Dcc 06-074 du 8 juillet 2006. Cette double procédure a été suivie jusqu’ici lors des six différentes tentatives de révision constitutionnelle depuis 2006. C’est la troisième tentative sous le régime du Nouveau départ. Mais cette fois-ci semble être la bonne. Elle a toutes les chances d’aboutir au palais des Gouverneurs surtout au regard du fait qu’elle est une résultante in fine du dialogue politique auquel ont pris part à Cotonou, du 10 au 12 octobre dernier, les partis légalement constitués au Bénin. L’initiative des 10 députés s’insère dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de ce dialogue politique traduites en mesures législatives par le comité d’experts qui a officiellement transmis son rapport au chef de l’Etat vendredi 25 octobre dernier. Le comité d’experts est parvenu sur la nécessité de réviser la constitution en certains de ses articles pour la décrispation totale du climat social. Mais il a recommandé, qu’en cas de modification constitutionnelle, qu’il expressément introduit dans l’article 42 de la Constitution que « en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels de sa vie ». Aussi, suggère-t-il, que soit insérée dans la proposition de loi portant révision constitutionnelle que : « La présente modification constitutionnelle ne donne pas lieu à une nouvelle Constitution ni à une nouvelle République ». De quoi, rassurer les uns et les autres et libérer les esprits en vue de la mise en œuvre paisible des recommandations pertinentes et consensuelles du dialoguepolitique.
Politique 31 oct. 2019

Le gouvernement béninois est favorable aux réformes au niveau de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et les soutient. Le message du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, à l’occasion de la 36e Conférence ministérielle de la francophonie dont les travaux ont démarré, hier mercredi 30 octobre à Monaco, est allé dans ce sens.
La Conférence ministérielle de la francophonie (Cmf) fait partie, des trois instances consacrées par la Charte de la francophonie. Elle réunit une fois par an, tous les ministres en charge de la Francophonie des pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Oif). Cette année, les travaux se déroulent dans la Principauté de Monaco les 30 et 31 octobre 2019 sur le thème « Réconcilier l’humanité et la planète : perspectives dans l’espace francophone à la veille des 50 ans de l’Oif».
A cette première conférence ministérielle sous la direction de Mme Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie après son élection au XVIIe sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie, le Bénin est également présent. La délégation béninoise est conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci et est composée de l’ambassadeur du Bénin près de l’Oif, du représentant personnel du Chef de l’Etat au Cpf, du secrétaire général de la Commission nationale permanente de la Francophonie…
«Le gouvernement du Bénin reste solidaire des réformes pour l’orientation et la gouvernance de la Francophonie dans un contexte international où le multilatéralisme est de plus en plus éprouvé », a indiqué le ministre face aux représentants des 88 États et gouvernements de l’espace francophone réunis au Grimaldi forum. Le thème de la rencontre lui semble également de grande importance et surtout plus actuel. Selon Global Footprint Network, le 29 juillet 2019, l’humanité a déjà consommé autant de ressources naturelles que ce que la Terre ou la nature peut renouveler durant l’année entière. Ce dépassement intervient cette année deux mois plus tôt qu’il y a 20 ans, a exposé le ministre dans son adresse. Pour lui, l’alerte donnée par ce réseau sur l’ampleur de la dégradation de l’environnement et ses conséquences à court, à moyen et à long terme interpelle et impose une synergie d’actions.
Les actions fortes du Bénin
Le Bénin, à l’instar de beaucoup de pays, subit les manifestations des changements climatiques comme la baisse des pluies, la hausse des températures, inondations, illustre le ministre Aurélien Agbénonci avant de mentionner que, face à une telle situation, le gouvernement béninois a posé un acte majeur à travers « le vote de la loi n°2018-18 portant réglementation des changements climatiques en République du Bénin ». Ce qui a engendré la mise en œuvre d’un vaste programme de lutte contre l’érosion côtière et le vote d’une autre loi portant interdiction de la production, de l'exportation, de la commercialisation, de l'utilisation des sachets. « Par ces mesures, notre gouvernement entend se mettre en règle vis-à-vis de la convention des Nations Unies sur les changements climatiques, notamment, et de l’accord de Paris pour régler le niveau de réchauffement de la planète », assure-t-il.
L’autre défi qui découle du thème de la rencontre, selon lui, c’est le devoir de réconcilier l’humanité avec son histoire, ses racines culturelles effacées par les aléas de l’histoire. Là encore, le Bénin se fait activement présent. « Le Bénin, dans le cadre de la coopération muséale, a initié un projet de rétrocession des biens culturels spoliés au cours des guerres et des conflits. C’est notre manière de contribuer à la mise en œuvre de la résolution 4 du 17e Sommet de la Francophonie relative à la participation culturelle », a souligné le ministre.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution sur le transfert des connaissances et la valorisation de la recherche, le Bénin a aussi signé en avril dernier un accord-cadre avec l’Agence universitaire de la Francophonie, a rappelé le ministre. Lequel vise « à faciliter l’accès des universités nationales du Bénin aux nouvelles compétences et innovations technologiques dans les établissements d’enseignement supérieur francophones, à promouvoir les liens avec les entreprises publiques/privées ».Le ministre Aurélien Agbénoncia évoquél’élection du Bénin à la tête du Réseau des ministres en charge de l’Economie numérique. « Pour le lancement du Réseau, plusieurs actions de visibilité et d’échanges ont été menées ».
Politique 30 oct. 2019

Le Bénin est présent avec deux cyclistes dames au critérium féminin international de cyclisme dénommé «la Course de l’Intégration » qui aura lieu, demain 31 octobre, à Bobo Dioulasso . Il s’agit de Chantal Vidognonlonhoué et Faridatou Ahouandjinou qui vont défendre les couleurs nationales.
Organisée par l’Association Groupe de Travail Confejes pour la promotion et la participation des filles et des femmes aux activités de sports (Gtcf/Burkina), cette compétition a pour objectif de susciter l’intégration du genre au Tour du Faso. Pour cette deuxième édition, la randonnée réunira des coureuses du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, de la Guinée
Bissau, de la Guinée Conakry et du Togo. Longue de 50 kilomètres, la course se déroulera pendant la 32e Edition du Tour du Faso. Les délégations participantes étaient attendues hier mardi 29 octobre Ch.H

Des mesures idoines pour combler le déficit d’enseignants relevé. Une telle solution gouvernementale est prévue courant cette semaine. Pour le bonheur de l’école béninoise confrontée, il est vrai, à une relative difficulté, qui va sous peu se conjuguer au passé, apprend-on.
Depuis la rentrée scolaire 2019-2020, la polémique enfle au sujet du déficit en personnel enseignant. Situation qui aurait favorisé, rapporte-t-on, le jumelage de classes provoquant par endroits des effectifs pléthoriques. La possibilité de recruter des enseignants communautaires, pratique courante antérieurement, n’étant plus de mise, l’attente de l’affectation d’enseignants pour combler le gap dans l’enseignement primaire s’est fait longue et même mal vécue.
Cependant, selon des indiscrétions, le gouvernement est à pied d’œuvre pour pourvoir au déficit, sans doute en procédant au redéploiement des aspirants retenus. Cette semaine-ci, la mesure devrait prendre effet. C’est du moins l’assurance que donnent certaines indiscrétions bien introduites.
Réalisme
Ne niant pas l’évidence, le Conseil des ministres du 31 juillet dernier a même chiffré à 7 397 le gap d’enseignants pour le primaire et à 14 332 pour le secondaire général. La situation au niveau du secondaire étant en bonne partie résolue, reste le primaire donc. L’Exécutif béninois, conformément à sa ligne de conduite, va piano. Il en est de même dans sa politique de doter l’école béninoise d’enseignants qualifiés. Aussi, une base de données des aspirants qualifiés pour l’exercice du métier d’enseignant est-elle disponible, suite au test d’évaluation du 11 mai dernier. Le nombre de postulants pré-qualifiés retenus à l’issue des premiers tests, étant en deçà des besoins exprimés, un test complémentaire pour la sélection de postulants au métier d’enseignant à la maternelle, au primaire et au secondaire général (phase 2) a été organisé le 14 août dernier et a concerné près de 50 000 candidats. L’extraction qui en découlera devrait combler les attentes, apprend-on. Au-delà même, c’est le bonheur de nombreux diplômés et donc de plusieurs familles qui profile à l’horizon, dans ce qui a tout lieu d’être une prochaine et énième décision gouvernementale à portée hautement sociale.
Année 2019, année éminemment sociale
Le mercredi 11 septembre dernier, en Conseil des ministres, le gouvernement prenait des mesures à fort caractère social, confortant les enseignants reversés en 2008 dont certains ne l’avaient pas été dans des conditions réglementaires et régulières. Mais tout en faisant la part des choses, le gouvernement, compatissant, a maintenu dans la fonction enseignante, ceux qui pouvaient l’être. Comme mesure sociale, au cours du même conclave gouvernemental, le gouvernement, sensible à leur sort, s’était penché sur la situation de 2476 agents qui sont restés sans salaire depuis le 30 décembre 2007 et qui, pis encore, n’ont pu bénéficier de la mesure de reversement avant la suspension du processus le 11 janvier 2017 pour vérifications. Levant la mesure de suspension les frappant, le gouvernement a depuis prononcé leur réintégration dans le corps des agents de l’Etat.
Jamais deux sans trois, des mesures sociales d’accompagnement avaient été prises également au profit de certains agents contractuels de l’Etat retraités. Corrigeant les disparités les frappant, le gouvernement avait pris des mesures pour les mettre à l’abri de la précarité. Preuve que l’année 2019, comme annoncé par le gouvernement, est éminemment sociale.