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La représentation des femmes dans le monde du sport demeure nettement inférieure à celle des hommes.
La faible présence des femmes en médecine du sport est visible tant dans les effectifs des professionnelles que dans la recherche scientifique. Au Bénin, plusieurs facteurs contribuent à cette situation. Il s’agit de la rareté des modèles et des postes, ainsi que de la longueur et du coût du parcours de formation. Après le doctorat, il faut souvent compléter son cursus par un diplôme universitaire ou interuniversitaire, puis suivre des formations en médecine du sport, en antidopage ou en prise en charge des urgences cardiaques. Or, nombre d’entre elles sont payantes ou organisées à l’étranger, à une période de la vie où les attentes sociales liées au mariage et à la maternité peuvent être fortes.
« Les stéréotypes de genre constituent un autre frein. Certaines disciplines sont encore considérées comme réservées aux hommes et, dans les clubs, le suivi des équipes masculines est souvent confié spontanément à un médecin homme. À ces obstacles s’ajoute le manque de données. Dans le sport comme en médecine, les femmes restent trop souvent sous-représentées dans les études scientifiques », souligne Nadège Boni, médecin du sport.
Dans un milieu largement masculin, les femmes doivent parfois fournir davantage d’efforts pour asseoir leur légitimité. Elles peuvent être amenées à multiplier les certifications en rééducation, en prise en charge de l’arrêt cardiaque ou encore en contrôle antidopage pour être prises au sérieux. Une fois en poste, elles doivent également établir une relation de confiance avec les athlètes, notamment pour que celles-ci puissent aborder des sujets intimes liés à leur santé.
Une prise en charge parfois inadaptée aux athlètes féminines
« Female athletes may face disparities in healthcare access and quality due to various factors, including gender bias, lack of female healthcare providers in sports medicine », comme le dit si bien l’anglais.
Les athlètes féminines peuvent rencontrer des inégalités d’accès aux soins et dans la qualité de leur prise en charge, en raison notamment des biais de genre et du manque de professionnelles dans le domaine de la médecine du sport. Il faut le dire, certains sujets restent peu abordés pour le bien-être du sport féminin : les troubles du cycle menstruel, le syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S), l’anémie, les fuites urinaires à l’effort ou encore la grossesse. La prévention de certaines blessures mérite également une attention particulière.
« La rupture du ligament croisé antérieur serait trois à six fois plus fréquente chez les femmes athlètes, tandis que les blessures de stress osseux, parfois associées à une fragilité osseuse, constituent aussi un enjeu de santé », dixit Nadège Boni. À l’en croire, il faut donc une femme médecin du sport qui maîtrise parfaitement le corps féminin pour suivre les athlètes féminines. Ce qui n’est toutefois pas respecté.
« Faute d’un suivi adapté, de jeunes sportives talentueuses abandonnent parfois leur discipline entre 15 et 18 ans. Une athlète qui ne peut pas s’adresser à une professionnelle de santé ou des sciences du sport qui va la comprendre risque de s’automédiquer ou de taire sa douleur », poursuit la spécialiste.
Des initiatives encourageantes
Il n’existe pas encore de programme national spécifiquement consacré à la formation des femmes médecins du sport ou expertes en sciences du sport. Plusieurs initiatives peuvent toutefois contribuer à faire évoluer la situation.
Le projet « Sport au féminin », porté par le ministère des Sports avec l’appui de l’ambassade de France, en est un exemple. Son volet consacré au handball a notamment permis de remettre plus de 30 licences D de la Fédération internationale de handball (IHF) à des entraîneuses. Pour sa deuxième phase, 37 femmes ont été formées.
Le développement d’un encadrement féminin contribue à créer un environnement dans lequel la présence de médecins et d’expertes en sciences du sport est davantage acceptée.
La parité observée dans certaines formations de santé représente également un potentiel plus prometteur. « Le 9 octobre 2026, l’INMeS de l’Université d’Abomey-Calavi a remis ses diplômes à 90 professionnels, dont 45 femmes et 45 hommes. Les exigences de la Confédération africaine de football (CAF) et de la FIFA constituent un autre levier : pour les compétitions féminines, la présence d’une femme dans le staff médical est de plus en plus encouragée, ce qui incite les fédérations à former davantage de professionnelles », renchérit Nadège Boni.
Mieux accompagner les vocations
En l’absence d’une filière dédiée, plusieurs portes d’entrée existent pour celles qui souhaitent se former. « Parmi elles figurent des formations en ligne, comme le diplôme universitaire de médecine du sport de l’Université Senghor, destiné notamment aux professionnels d’Afrique francophone, ainsi que des bourses pour des formations en santé, notamment par l’intermédiaire d’EQUITE et d’Enabel. Le mentorat informel entre professionnels déjà qualifiés peut également aider les nouveaux candidats », indique la médecin du sport.
Pour Nadège Boni, plusieurs mesures permettront d’aller plus loin. Il s’agit, entre autres, de réserver chaque année des bourses aux femmes souhaitant suivre un diplôme universitaire en médecine du sport, d’instaurer un stage obligatoire de trois mois dans ce domaine ou en sciences du sport pour les internes, et d’intégrer un module consacré à la santé des sportifs dans la formation des entraîneurs.