La Nation Bénin...
Dans le cadre de la promotion des droits liés à la santé menstruelle et à la dignité des personnes menstruées, le projet « Règle-moi ça », mis en œuvre au Bénin par un consortium d’organisations de la société civile, a lancé depuis le 20 février un appel à soumission d’articles scientifiques sur la thématique de la « Santé, dignité et justice menstruelle (Sdjm) ». Cette initiative, qui prend fin le 19 avril prochain, s’inscrit dans une dynamique régionale visant à améliorer les politiques publiques et à renforcer les approches fondées sur les droits humains et l’égalité de genre.
La santé menstruelle, longtemps reléguée au rang de sujet tabou, s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de justice sociale et de politiques publiques. Au Bénin, le projet « Règle-moi ça » franchit une nouvelle étape en lançant un appel à contributions scientifiques destiné à faire émerger des recherches capables d’influencer durablement les pratiques et les décisions en matière de dignité menstruelle.
Porté au Bénin par un consortium composé des Ong Filles en Actions, Héroïnes d’Aujourd’hui et Choose Yourself, ce projet s’inscrit dans l’initiative régionale « Sang pour sang : Uni.es pour la dignité », qui ambitionne de faire de la santé menstruelle une priorité dans les politiques publiques des pays concernés. Au niveau international, cette initiative est soutenue par l’organisation féministe française Equipop, avec l’appui financier de l’Agence française de développement (Afd). L’objectif global est de promouvoir l’intégration effective de la santé, de la dignité et de la justice menstruelle dans les programmes gouvernementaux, notamment au sein du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance. À travers cet appel à soumission, l’Ong Filles en Actions entend valoriser des travaux scientifiques pertinents, originaux et rigoureux, capables d’alimenter les réflexions et d’améliorer les pratiques en matière de santé menstruelle. L’objectif principal est de rassembler des analyses solides susceptibles d’éclairer les décideurs publics, les acteurs sociaux et les organisations engagées dans la défense des droits liés à la santé menstruelle. Cet appel vise également à promouvoir une approche interdisciplinaire où les perspectives juridiques, sociales, sanitaires, économiques et de genre se croisent afin de mieux comprendre les enjeux complexes liés aux menstruations.
L’appel à contributions s’adresse à un large éventail de profils afin de favoriser une diversité d’approches et de regards. Sont notamment concernés les chercheurs et enseignants-chercheurs, toutes disciplines confondues, ainsi que les étudiants en master ou en doctorat travaillant sur des thématiques liées à la santé menstruelle. Les professionnels des secteurs de la santé, du social, du genre et des droits humains sont également invités à participer, tout comme les militants et activistes féministes ayant produit des analyses rigoureuses sur les enjeux menstruels. Cette ouverture traduit la volonté des initiateurs d’intégrer à la fois les savoirs académiques et les expériences issues du terrain, afin d’obtenir une compréhension plus complète des réalités vécues par les personnes menstruées.
Un appel ouvert
Plusieurs types de contributions sont attendus dans le cadre de cet appel. Les participants peuvent soumettre des articles scientifiques classiques comprenant une problématique, une revue de littérature, une méthodologie, des résultats et une discussion, d’un volume compris entre 5 000 et 8 000 mots. Des analyses de terrain fondées sur des enquêtes qualitatives ou quantitatives, des études ethnographiques ou des observations participantes sont également acceptées, avec un volume compris entre 4 000 et 7 000 mots. Les études de cas portant sur des programmes ou initiatives locales peuvent être proposées entre 3 000 et 5 000 mots. Des analyses comparatives ou regards croisés examinant différents contextes ou politiques sont attendus entre 4 000 et 6 000 mots, tandis que des notes de recherche féministes et des essais critiques proposant des réflexions théoriques ou politiques peuvent être soumis entre 3 000 et 6 000 mots. Les articles retenus seront ceux respectant l’ossature d’un article scientifique et traitant en profondeur les thématiques proposées.
L’appel à contributions met en avant plusieurs axes thématiques prioritaires qui reflètent la diversité des enjeux liés à la santé menstruelle. Parmi ces axes figurent notamment les menstruations et les identités marginalisées, qui abordent des réalités souvent invisibilisées, telles que l’expérience menstruelle des personnes LGBTQIA+, des personnes vivant avec un handicap, des personnes atteintes d’albinisme ou encore des minorités ethniques. Les situations vécues en milieu carcéral, en internat scolaire ou en situation de rue constituent également des domaines d’intérêt majeur. Un autre axe porte sur les menstruations, le travail et la précarité, avec des thématiques telles que la précarité menstruelle, les discriminations au travail, les congés menstruels ou encore les conditions des personnes migrantes et des travailleuses du sexe. La question de la dignité menstruelle et de la stigmatisation constitue également un champ prioritaire. Elle englobe les tabous culturels, la honte menstruelle, les exclusions sociales ou religieuses ainsi que la transmission des savoirs liés aux menstruations.
Les initiateurs accordent aussi une importance particulière aux liens entre justice menstruelle, féminisme et politiques publiques, notamment à travers l’analyse des cadres juridiques nationaux et internationaux, la fiscalité des produits menstruels ou encore les politiques publiques comparées. Enfin, un axe spécifique est consacré aux méthodologies féministes et aux savoirs situés, encourageant les approches participatives et les méthodes narratives qui donnent la parole aux personnes concernées. Lancé depuis le 20 février, l’appel à contributions prendra fin le 19 avril prochain, date limite pour la soumission des articles. La publication des résultats interviendra le 20 avril 2026, date à laquelle les auteurs des articles sélectionnés seront informés. Les contributions doivent être envoyées par courrier électronique à l’adresse suivante : colloquesdjm@gmail.com.