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Amélioration de la gouvernance du secteur de la sécurité: Le Bénin et le Dcaf scellent un partenariat basé sur quatre axes

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Echange de parapheurs entre Béatrice Godefroy et Marius Loko après la signature de l’accord-cadre Echange de parapheurs entre Béatrice Godefroy et Marius Loko après la signature de l’accord-cadre

Le gouvernement béninois et le Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (Dcaf) ont signé, jeudi 15 octobre, un accord-cadre de coopération destiné à renforcer la gouvernance des institutions de sécurité. Conclu pour cinq ans, cet engagement couvre notamment la gestion des ressources humaines, la prévention des menaces dans les zones frontalières, le contrôle des Forces de sécurité et la coopération régionale.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 16 oct. 2026 à 05h24 Durée 3 min.
#secteur de la sécurité

Une aube nouvelle illumine la coopération entre le Bénin et le Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (Dcaf). Jeudi 15 octobre 2026, les deux parties ont signé un accord-cadre qui formalise un partenariat construit progressivement ces dernières années et lui donne une perspective de long terme. L’ambition est de consolider les institutions de sécurité, d’améliorer leur fonctionnement et de renforcer leur responsabilité envers les populations.

Pour Marius Loko, ambassadeur et secrétaire général par intérim du ministère des Affaires étrangères, cet engagement repose sur un principe fondamental. « La sécurité ne se décrète pas, elle se gouverne », a-t-il déclaré. Il a défendu une approche qui associe la formation et la gestion des personnels, le fonctionnement des institutions et leur proximité avec les citoyens. « Une sécurité qui n’est pas gouvernée finit tôt ou tard à gouverner à notre place», rappelle-t-il.

Conclu pour cinq ans, l’accord s’articule autour de huit axes prioritaires, regroupés par le secrétaire général par intérim en quatre grands axes. Le premier concerne les agents, avec la modernisation de la gestion des ressources humaines de la Police républicaine, le renforcement des capacités opérationnelles et du renseignement de sécurité intérieure, ainsi que l’intégration du genre dans le secteur. « Une force de sécurité efficace est aussi une force qui ressemble à la nation qu’elle protège », a souligné Marius Loko.

Le deuxième axe prioritaire porte sur les territoires, particulièrement les communes frontalières confrontées aux défis sécuritaires. Les deux parties entendent y développer des approches locales de prévention et de résilience communautaire. Le troisième axe concerne le contrôle des institutions, à travers le renforcement de la redevabilité aux niveaux gouvernemental, parlementaire et citoyen, ainsi que la supervision des sociétés de sécurité privée. Le quatrième et dernier axe vise la coopération régionale, car les menaces transnationales nécessitent des réponses coordonnées entre les États.

Priorité donnée aux acteurs béninois

Du côté du Dcaf, Béatrice Godefroy, directrice adjointe du Centre, a présenté la signature de l'accord comme une marque de confiance entre l’organisation et les autorités béninoises. Elle a rappelé que la sécurité ne dépend pas uniquement des équipements, des infrastructures et des capacités opérationnelles. Elle exige également des institutions solides, des mécanismes de contrôle efficaces, le respect des droits humains et la confiance entre les forces de sécurité et les populations.

« Sans cette confiance, aucune sécurité ne peut être véritablement durable», a-t-elle rappelé. Le Dcaf souhaite mettre son expertise internationale et ses réseaux au service des priorités nationales, sans imposer de modèle préétabli. «Notre approche repose ici sur l’appropriation nationale, sur l’écoute, sur le dialogue, c’est vraiment une démarche de cocréation », a précisé Béatrice Godefroy. Les autorités et les acteurs béninois resteront ainsi responsables de la définition et de la conduite des réformes, avec l’appui technique du Centre. La directrice adjointe a également exprimé la volonté du Dcaf d’inscrire cette collaboration dans la durée, au bénéfice de la stabilité du Bénin.

La mise en œuvre attendue

La signature de l'accord constitue une étape institutionnelle, mais son efficacité dépendra des actions engagées sur le terrain. Marius Loko a annoncé que des protocoles d’application préciseront les moyens nécessaires à l’exécution des engagements. Un comité ministériel de suivi devra, par ailleurs, mesurer annuellement les résultats obtenus.

Les structures nationales concernées comprennent notamment la Police républicaine, la Garde nationale, la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que les instances parlementaires compétentes.

Pour le secrétaire général par intérim du ministère des Affaires étrangères, l’enjeu est désormais de traduire les engagements en changements concrets, de Cotonou aux localités frontalières. « Signer, c’est promettre. Mettre en œuvre, c’est tenir parole », a-t-il affirmé.

Au-delà de la formalisation du partenariat, le défi sera donc de faire de cette coopération un levier de réformes durables, conciliant efficacité des forces de sécurité, contrôle institutionnel et protection des citoyens.