La Nation Bénin...
A Kouandé, au cœur de l’Atacora, la campagne électorale prend des allures de tribune populaire où la colère sourde des producteurs rencontre le discours politique : sur le terrain, le député Sabi Karim Alassane tente de transformer le malaise agricole en vote sanction au profit du parti Les Démocrates.
Dans la 4e circonscription électorale, la campagne pour les élections générales du 11 janvier se poursuit activement. A Kouandé, l’honorable Sabi Karim Alassane, député sortant et 2e titulaire sur la liste du parti Les Démocrates, multiplie les descentes de terrain. Depuis une semaine, l’élu sillonne les arrondissements de la commune, au contact direct des populations, avec un message centré sur la participation effective de son parti au scrutin et sur les difficultés socioéconomiques que vivent les ménages. Lundi 5 janvier dernier, c’est à Pélima, dans l’arrondissement d’Oroukayo, que la délégation du député et sa suite a échangé avec les populations. « Les populations ne s’attendaient pas à voir Les Démocrates à ces élections générales », confie-t-il, évoquant un enthousiasme perceptible dans les localités visitées. Cette présence sur le terrain vise d’abord à dissiper les rumeurs persistantes annonçant l’absence du parti au scrutin législatif. « Notre descente permet d’effacer toute cette intoxication », affirme-t-il.
Une fois cette clarification faite, le discours de campagne s’oriente vers la situation de précarité économique, particulièrement marquée dans cette partie nord du pays. Dans la 4e circonscription électorale, l’agriculture demeure l’activité principale, notamment la production et la commercialisation du maïs et du soja. Des filières aujourd’hui fragilisées par la chute des prix et les coûts élevés de production. A en croire Sabi Alassane, un sac de maïs de 100 kilos se vend entre 7 000 et 8 000 francs CFA, alors que les charges liées aux intrants, au labour et au sarclage plongent les producteurs dans des déficits pouvant atteindre 50 000 à 110 000 francs CFA par hectare.
Le constat est similaire pour le soja, dont le prix oscille désormais entre 10 000 et 13 000 francs CFA le sac, contre 35 000 à 40 000 les années précédentes. « Quand vous faites le compte d’exploitation, le paysan est perdant », insiste le député, soulignant l’inadéquation entre les coûts engagés et les revenus tirés de la vente. Une situation qui, selon lui, affecte directement l’accès aux soins et à l’éducation. « Si tu ne vends pas deux sacs de maïs, tu ne peux même pas soigner un simple paludisme », rapporte-t-il, relayant les plaintes des populations.
A ces difficultés s’ajoutent les entraves à la commercialisation. Les restrictions de circulation des produits agricoles vers certaines zones, notamment aux frontières, et les limitations entre marchés locaux compliquent davantage l’écoulement des récoltes. Résultat : des stocks invendus, notamment de soja, qui s’accumulent dans les ménages depuis la saison précédente. Face à ce malaise, Sabi Karim Alassane appelle à une expression pacifique du mécontentement à travers les urnes. Pour lui, le vote constitue le seul moyen de correction démocratique. Il invite ainsi les populations à accorder leur suffrage au parti Les Démocrates, qu’il présente comme la voix ayant porté ces préoccupations au niveau de l’Assemblée nationale.
Confiant quant à l’issue du scrutin, le député rappelle qu’en 2023, son parti avait obtenu trois sièges sur cinq dans la circonscription. Pour cette échéance, il espère améliorer ce score. A Kouandé, la campagne se poursuit donc, portée par un discours ancré dans les réalités du monde rural et les attentes des populations.