La Nation Bénin...
L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) organise, du 2 au 5 novembre, des sessions de formation à l’intention des acteurs du secteur privé et des organisations de la société civile. L’objectif est d’améliorer la qualité des offres, de renforcer la maîtrise des procédures de recours et de favoriser une participation plus efficace des entreprises nationales à la commande publique.
La maîtrise des procédures de passation des marchés publics constitue un enjeu majeur pour les entreprises nationales. C’est dans cette perspective que l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a lancé, lundi 2 novembre à Cotonou, des sessions de formation destinées aux acteurs du secteur privé et aux organisations de la société civile. Francine Aïssi Houangni, vice-présidente de l’institution, a souligné la nécessité de renforcer les capacités des différents acteurs pour améliorer la performance du système de la commande publique au Bénin. Pour l’Armp, la commande publique ne se limite pas à l’acquisition de biens et de services ou à la réalisation de travaux au profit des administrations. Elle constitue également un levier de développement économique, de création de richesses et de promotion des entreprises nationales. Sa performance dépend notamment de la capacité des acteurs à maîtriser les règles applicables et à respecter les principes de transparence, d’équité et de redevabilité.
« Sa performance ne saurait cependant reposer uniquement sur la qualité des textes qui l’encadrent ainsi que sur les mécanismes institutionnels mis en place pour assurer sa régulation », a fait observer Francine Aïssi Houangni. Elle estime que l’efficacité du dispositif repose aussi sur la connaissance des procédures, la capacité des acteurs à exercer leurs droits et obligations et leur engagement en faveur de la bonne gouvernance.
Des offres de meilleure qualité
Les sessions prévues du 2 au 5 novembre mettent un accent particulier sur les difficultés rencontrées par les entreprises dans la préparation et la soumission de leurs offres. Une participation efficace aux marchés publics exige une bonne compréhension des dossiers d’appel à concurrence, le respect des exigences réglementaires et la capacité à proposer des offres conformes et compétitives. Selon Ludovic Guédjé, secrétaire permanent de l’Armp, les insuffisances relevées dans les dossiers soumis par les entreprises et les difficultés observées lors de l’examen des recours ont conduit l’institution à renforcer son action de formation. Il indique que 85 % des recours évoqués dans son intervention sont déclarés recevables, mais jugés mal fondés. Un constat qui, selon lui, traduit notamment la nécessité de mieux outiller les opérateurs économiques sur les règles applicables et les moyens de défendre efficacement leurs intérêts. L’initiative s’articule ainsi autour de deux axes à savoir, les techniques de montage d’offres de qualité et compétitives, d’une part, et les modalités d’exercice des recours, d’autre part. L’ambition est de permettre aux entreprises de présenter des dossiers répondant aux exigences des marchés, tout en leur donnant les moyens de contester, dans les formes prévues par la réglementation, les décisions qu’elles estiment préjudiciables à leurs droits. Pour le secrétaire permanent, la participation des entreprises nationales ne doit pas se limiter à une volonté d’obtenir des contrats publics. Elle doit également se traduire par la présentation d’offres de qualité, afin que les projets financés par l’État soient exécutés par des entreprises qualifiées, au meilleur rapport qualité-coût. Ces formations interviennent dans un contexte de promotion des entreprises nationales et des produits à contenu local. Ludovic Guédjé évoque une orientation des pouvoirs publics visant à augmenter la part des marchés publics destinée aux micro, petites et moyennes entreprises (Mpme).
A l’en croire, la proportion des marchés concernés, initialement fixée à 20 %, devrait être portée dans une fourchette de 30 à 35%. Cette évolution représente une perspective supplémentaire pour les entreprises locales, mais elle implique aussi une amélioration de leurs capacités techniques et professionnelles. Pour le responsable de l’Armp, l’accroissement de leur accès à la commande publique doit s’accompagner d’une meilleure préparation des dossiers, afin d’éviter les rejets liés à des insuffisances qui auraient pu être corrigées en amont. Il relève notamment le recours de certaines entreprises à des cabinets ou à des personnes qui préparent simultanément les offres de plusieurs opérateurs économiques. Cette pratique peut exposer les intéressés à des risques de collusion et à l’utilisation de pièces irrégulières.
Or, rappelle-t-il, la passation des marchés publics obéit à des règles précises dont la violation est passible de sanctions. D’où l’intérêt, selon lui, de permettre aux entreprises de développer leurs propres compétences, de constituer des équipes capables de préparer leurs dossiers et, lorsque cela est pertinent, de se regrouper pour mutualiser leurs moyens et leurs expertises. L’enjeu dépasse donc la simple participation aux appels à concurrence. Il s’agit également de favoriser une meilleure captation des ressources publiques par le tissu économique national, tout en garantissant la qualité des prestations et le respect des règles de la commande publique.