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Pétrole de Sèmè : combien la première cargaison rapportera-t-elle vraiment à l’État ?

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Pétrole de Sèmè Pétrole de Sèmè

Le Bénin s’apprête à commercialiser 330 000 barils de pétrole brut issus du champ offshore de Sèmè. À 110 dollars le baril, cette cargaison représenterait plus de 36 millions de dollars. Mais cette somme ne correspond pas à ce que l’État béninois percevra.

Par   Akanni BANKOLE LANIBA (Coll.), le 02 nov. 2026 à 16h13 Durée 4 min.
#Pétrole de Sèmè

La première cargaison de pétrole brut béninois entre dans sa phase de chargement. Arrivé au large de Cotonou le 31 octobre 2026, le tanker Kriti Jade doit embarquer environ 330 000 barils, à destination des Pays-Bas. Cette opération marque le retour du Bénin sur le marché pétrolier international, après près de 28 ans d’interruption. Mais quelle part de cette vente reviendra réellement aux finances publiques ?

 

Une cargaison dont la valeur dépasse 36 millions de dollars

 

À 110 dollars le baril, les 330 000 barils représenteraient une valeur brute de 36,3 millions de dollars, soit environ 21 milliards de FCFA. Ce montant reste toutefois une simulation. Le prix de référence du pétrole, notamment le Brent, ne correspond pas nécessairement au prix auquel le brut béninois sera vendu. La qualité du pétrole, les conditions commerciales et les éventuelles décotes entrent aussi en compte.

 

Surtout, cette valeur brute n’est pas un revenu acquis à l’État. Les coûts récupérables et le contrat de partage de production déterminent la répartition des revenus.

 

L’État bénéficie de plusieurs sources de revenus

 

Le Bénin détient 15 % des intérêts du projet, aux côtés d’Akrake Petroleum, qui en possède 76 %, et d’Octogone E&P, avec 9 %.

 

Le pays doit également bénéficier d’une redevance de 10 % sur la production pétrolière, ainsi que d’une part du pétrole-profit, c’est-à-dire la production restante après déduction des volumes affectés à la récupération des coûts et de la redevance. La répartition de ce pétrole-profit dépend des dispositions du contrat de partage de production.

 

Pourquoi le montant exact reste difficile à établir

 

Pour chiffrer les recettes publiques de cette cargaison, il faudrait connaître le prix réel de vente, les coûts récupérables déclarés par l’opérateur et les modalités définitives de leur prise en charge. Or, les discussions entre Akrake Petroleum et l’État portent encore sur les conditions d’exploitation et la rémunération des équipements installés en mer.

 

La cargaison de novembre ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer le montant qui sera versé au Trésor public. Il faut donc rendre durable la production de pétrole brut au large de Sèmè et en assurer des retombées mesurables pour les finances publiqu