La Nation Bénin...
Le Bénin s’apprête à commercialiser 330
000 barils de pétrole brut issus du champ offshore de Sèmè. À 110 dollars le
baril, cette cargaison représenterait plus de 36 millions de dollars. Mais
cette somme ne correspond pas à ce que l’État béninois percevra.
La première cargaison de pétrole brut
béninois entre dans sa phase de chargement. Arrivé au large de Cotonou le 31
octobre 2026, le tanker Kriti Jade doit embarquer environ 330 000 barils, à
destination des Pays-Bas. Cette opération marque le retour du Bénin sur le
marché pétrolier international, après près de 28 ans d’interruption. Mais
quelle part de cette vente reviendra réellement aux finances publiques ?
Une cargaison dont la valeur dépasse 36
millions de dollars
À 110 dollars le baril, les 330 000 barils
représenteraient une valeur brute de 36,3 millions de dollars, soit environ 21
milliards de FCFA. Ce montant reste toutefois une simulation. Le prix de
référence du pétrole, notamment le Brent, ne correspond pas nécessairement au
prix auquel le brut béninois sera vendu. La qualité du pétrole, les conditions
commerciales et les éventuelles décotes entrent aussi en compte.
Surtout, cette valeur brute n’est pas un
revenu acquis à l’État. Les coûts récupérables et le contrat de partage de
production déterminent la répartition des revenus.
L’État bénéficie de plusieurs sources de
revenus
Le Bénin détient 15 % des intérêts du
projet, aux côtés d’Akrake Petroleum, qui en possède 76 %, et d’Octogone
E&P, avec 9 %.
Le pays doit également bénéficier d’une
redevance de 10 % sur la production pétrolière, ainsi que d’une part du
pétrole-profit, c’est-à-dire la production restante après déduction des volumes
affectés à la récupération des coûts et de la redevance. La répartition de ce
pétrole-profit dépend des dispositions du contrat de partage de production.
Pourquoi le montant exact reste difficile
à établir
Pour chiffrer les recettes publiques de
cette cargaison, il faudrait connaître le prix réel de vente, les coûts
récupérables déclarés par l’opérateur et les modalités définitives de leur
prise en charge. Or, les discussions entre Akrake Petroleum et l’État portent
encore sur les conditions d’exploitation et la rémunération des équipements
installés en mer.
La cargaison de novembre ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer le montant qui sera versé au Trésor public. Il faut donc rendre durable la production de pétrole brut au large de Sèmè et en assurer des retombées mesurables pour les finances publiqu
Pétrole de Sèmè