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Coopération médiatique sino-africaine: Oeuvrer pour des médias plus modernes et souverains

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Aurélie Adam Soulé Zoumarou, partage l'ambition du Bénin de faire des médias un instrument au service du développement du pays en Chine Aurélie Adam Soulé Zoumarou, partage l'ambition du Bénin de faire des médias un instrument au service du développement du pays en Chine

Au 7ème Forum sur la coopération médiatique sino-africaine, la ministre de la Communication, en charge des Médias, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a exposé les priorités du Bénin pour faire des médias un véritable levier de développement, de cohésion nationale et de rayonnement culturel. 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 03 sept. 2026 à 06h56 Durée 3 min.
#Union africaine

De la télévision numérique aux langues nationales, en passant par l’intelligence artificielle, la formation des professionnels et la modernisation de la télévision publique, le Bénin veut franchir un nouveau cap dans sa transformation médiatique. À Beijing, à l’occasion du 7? Forum sur la coopération médiatique sino-africaine, la ministre de la Communication, en charge des Médias, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a partagé l’ambition du pays, celle de faire des médias un instrument au service du développement du pays, mais également un espace où se construit et s’affirme sa souveraineté. Le pays entend aussi approfondir sa coopération avec la Chine dans les domaines de la formation, de l’audiovisuel, des coproductions et de l’intégration des langues nationales dans le numérique. Devant les représentants des institutions médiatiques, des entreprises audiovisuelles et des universités de Chine et d’Afrique, la ministre a d’abord salué « la constance» de l’engagement chinois en faveur d’une coopération médiatique équilibrée avec l’Afrique. Une coopération que le Bénin souhaite désormais inscrire dans des actions concrètes et durables. Dans la vision présentée par la ministre, les médias ne sont plus de simples canaux de diffusion de l’information. Ils deviennent des acteurs à part entière de la transformation du pays. Trois grandes priorités structurent cette ambition.

La première concerne le bien-être des populations. Santé, éducation, protection sociale et accès aux services essentiels… Pour le gouvernement béninois, l’information doit pouvoir atteindre chaque citoyen, jusque dans les localités les plus reculées. La télévision numérique terrestre, les radios communautaires et les applications mobiles constituent, à cet égard, des outils stratégiques. Une campagne de santé publique, une information sur l’éducation ou une alerte peuvent désormais toucher rapidement des millions de personnes. Cette mutation technologique change également la manière de concevoir le service public de l’information. Le numérique réduit les distances et offre aux médias la possibilité de mieux répondre aux besoins des citoyens, à condition que les infrastructures, les contenus et les compétences suivent le rythme de cette transformation.

Faire de l’audiovisuel une industrie

Deuxième axe à retenir de l’intervention de la ministre à Beijing, l’économie. Le Bénin entend diversifier sa base productive en s’appuyant notamment sur l’agriculture, l’industrie, le tourisme, les arts et la culture. Dans cette stratégie, l’audiovisuel peut constituer une véritable industrie créative, capable de générer des emplois et de nouvelles opportunités pour la jeunesse. Films, séries, documentaires, émissions, contenus numériques ou productions culturelles constituent autant de formats susceptibles de transformer les talents créatifs en activités économiques et de contribuer à la visibilité internationale du pays. Pour la ministre, les médias sont également une vitrine du Bénin. Car, ils racontent ses histoires, montrent ses territoires, valorisent ses patrimoines et donnent à voir sa créativité. Dans un environnement médiatique mondialisé, disposer de contenus produits localement devient un enjeu de visibilité, mais aussi d’influence.

Autre défi majeur évoqué à Beijing, la désinformation. À mesure que les outils numériques se perfectionnent, les médias sont confrontés à une circulation toujours plus rapide de contenus faux, trompeurs ou manipulés. Les images générées ou transformées par l’intelligence artificielle rendent parfois plus difficile la distinction entre le vrai et le faux. Dans ce contexte, le Bénin veut faire de l’intelligence artificielle non seulement un outil de production, mais également un instrument de vérification. La ministre a ainsi défendu l’idée d’utiliser les nouvelles technologies dans la lutte contre la désinformation. Pour le Bénin, cette approche participe directement à la préservation de la cohésion nationale et de la paix. Le média de demain devra donc être capable d’aller vite, mais aussi de vérifier. Produire davantage, mais surtout produire juste.

Donner une voix numérique aux langues nationales

Fon, yoruba, bariba, dendi et bien d’autres langues constituent une part essentielle du patrimoine culturel béninois. Pour la ministre, leur présence dans l’univers numérique ne doit plus être marginale. L’enjeu est double. Il s’agit d’abord de permettre à davantage de citoyens d’accéder à l’information dans une langue qu’ils maîtrisent. Il s’agit ensuite de préserver et de valoriser ce patrimoine linguistique à l’heure où les technologies numériques tendent à privilégier quelques grandes langues internationales. Pour elle, le numérique ne doit pas effacer les langues. Il doit plutôt leur offrir un nouvel espace d’expression. Cette orientation ouvre notamment des perspectives dans les domaines de la traduction automatique, de la reconnaissance vocale, de la production audiovisuelle et des contenus éducatifs numériques.

Autant d’engagements et de chantiers pour lesquels, la Chine s’avère un partenaire de choix pour accélérer la transformation.  La vision défendue par Aurélie Adam Soulé Zoumarou repose sur une approche pragmatique. Le pays veut des infrastructures audiovisuelles plus performantes, des professionnels mieux formés et une télévision publique modernisée. Le Bénin souhaite également développer les coproductions entre professionnels chinois et africains. L’objectif étant de favoriser la rencontre des regards, des savoir-faire et des récits. À cela s’ajoute la formation. Car derrière les équipements et les infrastructures, se pose la question des compétences. Les technologies évoluent rapidement et imposent aux journalistes, techniciens, réalisateurs, producteurs et autres professionnels des médias de renouveler continuellement leurs savoir-faire.

C’est cet équilibre que le Bénin souhaite construire avec la Chine et, plus largement, avec ses partenaires africains. Les premières étapes sont déjà engagées avec le déploiement de la télévision numérique terrestre, l’extension des réseaux et la modernisation du cadre réglementaire. Mais pour le gouvernement, le chantier reste vaste.

Le 7? Forum sur la coopération médiatique sino-africaine apparaît ainsi comme une plateforme où se dessinent les contours d’un nouvel écosystème audiovisuel. Pour le Bénin, l’enjeu est désormais de transformer les engagements en réalisations. Faire des médias chinois et africains des « ponts entre nos peuples», c’est ainsi que Aurélie Adam Soulé Zoumarou a résumé la philosophie béninoise.

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