La Nation Bénin...
A quelques jours des élections communales et législatives de 2026, la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) a organisé, ce jeudi 8 janvier à Lokossa, une formation à l’intention des moniteurs du processus électoral dans les départements du Mono et du Couffo. La session est consacrée au suivi du respect des droits humains à toutes les étapes du scrutin.
Ils sont vingt-quatre, issus de l’ensemble des communes du Mono et du Couffo, à prendre part à la formation des moniteurs initiée par la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh). Sélectionnés à raison de deux par commune, ces acteurs de terrain bénéficient d’une session d’une journée, organisée en prélude au scrutin prévu pour le dimanche 11 janvier.
L’objectif est de les préparer à assurer un suivi rigoureux du respect des droits humains tout au long du processus électoral. « Leur rôle, c’est de faire la suivance des droits de l’homme pendant tout le processus électoral », a expliqué Alfred Kakpo, juriste à la Cbdh et formateur.
Contrairement aux missions classiques d’observation électorale, l’approche de la Cbdh se distingue par son angle spécifique. « Nous observons les élections sous l’angle du respect des droits humains », a précisé Me Brice Houssou, avocat et commissaire à la Cbdh, en charge de la supervision du monitoring électoral dans le Mono et le Couffo.
Il s’agit notamment d’identifier les situations susceptibles de porter atteinte à la libre expression du droit de vote, en particulier chez les personnes vulnérables, et de documenter toute violation éventuelle. « Nous ne sommes ni un organe d’organisation des élections ni un observateur ordinaire ; notre observation est axée essentiellement sur la dignité humaine », a-t-il insisté.
Neutralité et rigueur
La formation a mis un accent particulier sur la posture attendue des moniteurs sur le terrain. Neutralité absolue, courtoisie envers les autres acteurs électoraux et comportement exemplaire figurent parmi les principes fondamentaux rappelés.
« Les moniteurs ne doivent rapporter que ce qu’ils ont effectivement observé eux-mêmes », a martelé Me Brice Houssou. Toute information non vérifiée, rumeur ou fausse nouvelle est proscrite des rapports. En cas d’information apprise indirectement, une vérification sur le terrain est exigée avant toute transmission.
Pour assurer une remontée efficace et structurée des observations, la Cbdh a présenté les outils mis à disposition, notamment une application de collecte permettant de renseigner, par bureau de vote, des questionnaires préenregistrés, y compris par voie vocale. Des fiches de rapport physiques complètent le dispositif. Les moniteurs devront transmettre leurs observations à trois moments clés de la journée électorale : à 11 heures, 15 heures et 18 heures.
Du repérage à la compilation des résultats
A l’issue de la formation, les moniteurs entameront dès ce vendredi des repérages sur le terrain. Leur mission débutera le jour du scrutin, avant même l’ouverture des centres de vote et se poursuivra jusqu’aux phases de centralisation et de compilation des résultats, y compris au niveau des arrondissements et des départements.
Les informations collectées serviront de base à la déclaration finale de la Cbdh sur le déroulement du processus électoral. « Le président de la Commission ne peut pas être partout. Sa déclaration est la synthèse de ce que les moniteurs ont observé sur l’ensemble du territoire », a rappelé le commissaire.
Au-delà du constat, la Cbdh entend formuler des recommandations aux autorités compétentes, notamment à la Commission électorale nationale autonome (Cena), en vue de corriger d’éventuelles violations des droits humains, immédiatement ou pour les scrutins à venir.
Photo :
Par cette formation, la Cbdh réaffirme ainsi son engagement à contribuer à des élections apaisées, crédibles et respectueuses des droits fondamentaux