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Dans le département de la Donga, la route Pénéssoulou-Alédjo-Sèmèrè change progressivement les habitudes de déplacement des populations. Baptisée « Route de la paix », cette infrastructure facilite les échanges entre les localités, rapproche les familles et réduit considérablement les temps de parcours. À ces acquis s’ajoute la réfection du pont de Kara, à Sèmèrè. Satisfaits de ces réalisations, les riverains expriment toutefois de nouvelles attentes pour accompagner le développement de leurs localités.
« C’est un grand soulagement. » Pour Mandjidou Seidou, président de l’Association de développement de l’arrondissement de Pénéssoulou (ADAP), section Cotonou, la réalisation de la route Pénéssoulou-Alédjo-Sèmèrè représente un changement majeur pour les populations bénéficiaires. Au-delà de l’amélioration des conditions de circulation, cette infrastructure favorise le rapprochement des familles et renforce les relations entre les localités concernées, ainsi qu’entre les communes de Bassila et de Ouaké.
« C’est une grande joie qui nous anime », confie-t-il, soulignant l’importance de cette voie dans la vie quotidienne des riverains.
Des trajets considérablement raccourcis
Le gain de temps figure parmi les principaux avantages relevés par les usagers. Là où quelques kilomètres nécessitaient auparavant plusieurs heures de déplacement, le parcours s’effectue désormais en quelques dizaines de minutes.
« Avant, pour faire quelques kilomètres, on faisait deux à trois heures. Maintenant, en 30 minutes, tu es déjà arrivé », témoigne Mandjidou Seidou.
Même satisfaction chez Jules De Souza, cadre et fils d’Akaradè, qui emprunte régulièrement cet axe. Il indique qu’il lui faut désormais entre 11 et 12 minutes pour rejoindre Akaradè, contre 30 minutes à une heure auparavant. Il apprécie également la qualité du revêtement, qui améliore le confort de conduite et contribue à réduire les pannes de véhicules.
À Alédjo, Sam-Yabara Wadjioulaye, enseignant au CEG et chef d’arrondissement des jeunes d’Alédjo au sein du Gouvernement des jeunes du Bénin (GJB), salue également cette réalisation. Il exprime sa reconnaissance à l’ancien président Patrice Talon pour avoir engagé la construction de cette voie, qu’il considère comme un levier de développement local.
« La route du développement passe par le développement de la route », rappelle-t-il.
Pour lui, cette infrastructure contribue au désenclavement d’Alédjo, facilite les déplacements vers Bassila et Sèmèrè et renforce la visibilité de cette localité frontalière du Togo.
Le pont de Kara, un autre soulagement pour les riverains
La réfection du pont sur la rivière Kara, à Sèmèrè, constitue un autre motif de satisfaction. Pendant la saison des pluies, le franchissement de ce cours d’eau représentait une difficulté majeure pour les populations, notamment celles qui se rendaient au marché de Kassoua.
La réalisation de cet ouvrage améliore ainsi les conditions de passage et facilite les échanges entre les communautés riveraines.
Tout en saluant les réalisations de l’ancien régime, Sam-Yabara Wadjioulaye invite les autorités actuelles à poursuivre les efforts engagés. « Comme la gouvernance est une continuité, on le dit souvent, l’État est une continuité. Et quand il reste à faire, il faut encore faire davantage », souligne-t-il.
De son côté, Inoussa Zakari, originaire de Sèmèrè, exprime sa gratitude envers les gouvernements de Patrice Talon et de Romuald Wadagni pour la réalisation du pont de Kara. Il souhaite désormais que d’autres infrastructures de base suivent, notamment l’électrification des localités.
Des besoins toujours en attente
Si les populations apprécient les améliorations apportées à leurs déplacements, elles estiment que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour accompagner le développement de leurs localités.
À Pénéssoulou, Mandjidou Seidou plaide pour l’installation d’une station-service. Faute d’un tel équipement, les habitants doivent se rendre à Bassila ou à Djougou pour s’approvisionner en carburant. Il sollicite également l’aménagement d’un rond-point afin de faciliter l’accès aux localités environnantes.
À Alédjo, Sam-Yabara Wadjioulaye souhaite l’extension de l’éclairage public solaire vers les sorties de la ville, notamment en direction de la frontière et du poste de police. Il attire aussi l’attention des autorités sur la nécessité d’aménager l’axe Bodi-Frontière-Kadégué.
La sécurité routière constitue une autre préoccupation.
Jules De Souza déplore les accidents impliquant des animaux domestiques, notamment des cabris et des moutons, qui meurent fréquemment après avoir été heurtés sur la chaussée. Il appelle les propriétaires à mieux surveiller leurs animaux et invite les conducteurs à la prudence. Selon lui, l’amélioration de l’état de la route ne doit pas conduire à des excès de vitesse.
Préserver les acquis et poursuivre les aménagements
Pour les populations de Pénéssoulou, d’Alédjo et de Sèmèrè, la « Route de la paix » représente bien plus qu’une infrastructure routière. Elle facilite les déplacements, renforce les échanges et ouvre de nouvelles perspectives de développement pour les localités desservies.
L’enjeu est désormais de préserver cet ouvrage, de renforcer la sécurité des usagers et de répondre aux besoins complémentaires exprimés par les riverains. Autant d’attentes qui traduisent leur volonté de voir les bénéfices de cette route s’inscrire durablement dans le quotidien des communautés de la Donga.