La Nation Bénin...

Monastère Notre-Dame de la Sainte-Croix d'Illah, Nigeria, 6 septembre 2026.

Chroniques

D'ordinaire, lorsque quelqu'un pèche contre nous, nous attendons qu'il revienne nous demander pardon. Nous ne pensons pas spontanément à aller vers lui. Nous attendons simplement qu'il vienne à nous ou, ce qui est pire, nous ne voulons plus jamais qu'il reparaisse devant nous. Mais Notre-Seigneur nous dit aujourd'hui : « Vous agissez mal ! Si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le. » Nous devons faire le premier pas vers notre frère qui a péché contre nous, car le péché crée une rupture et une séparation. Et nous savons que là où il y a division, il y a le diable, qui est le diviseur depuis le commencement. Par conséquent, il y a urgence à aller vers mon frère qui a péché contre moi, pour l'aider à reconnaître ce péché et à s'en détourner.

Par   Frère Clément du monastère de Kokoubou, Parakou, Bénin, le 07 sept. 2026 à 09h30 Durée 3 min.
#panis dei

Ce que Notre-Seigneur dit s'adresse à moi, mais s'adresse également à mon frère. Cela signifie que chacun de nous a le devoir de ne pas fermer les yeux sur ce qui s'est passé. Nous avons tous deux le devoir de faire quelque chose pour rebâtir ce que le péché a détruit, et pour unir à nouveau ce qui a été divisé. Mais c'est d'abord et avant tout mon devoir, et je n'ai pas à attendre que mon frère fasse le premier pas. Je dois agir exactement comme le Bon Samaritain qui est descendu de sa monture pour sauver l'homme tombé entre les mains des brigands. En fait, ce que le Seigneur me demande, c'est d'être un Bon Samaritain pour mon frère.

Je dois faire de mon mieux, progressivement, pour essayer de sauver mon frère tombé entre les mains du diable, le voleur invisible. Cette gradualité, qui inclut la prière selon un commentaire de la Règle de Notre Père Saint Benoît, est l'expression de la charité qui doit caractériser mon action. Ce que je fais pour le bien de mon frère, je dois être prêt à voir mon frère le faire pour mon bien. Car mon frère et moi sommes engagés dans une démarche d'humilité qui nous maintient unis à notre Seigneur, afin que ses paroles s'accomplissent : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. » N'oublions pas que ce même Seigneur qui nous demande d'aller voir notre frère qui a péché contre nous, a également dit : « Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? »

Dès lors, ne croyons pas que ce que Notre-Seigneur dit aujourd'hui nous donne un droit illimité d'importuner et de harceler nos frères et sœurs. Notre-Seigneur ne nous établit juges de personne. Au contraire, il veut que nous ayons le discernement qui nous aidera à demeurer dans l'unité avec nos frères et sœurs et à promouvoir son amour parmi nous. Car là où règne l'unité, là se trouve l'amour, et là se trouve Dieu — car Dieu est amour, comme l'a dit Saint Jean. C'est pourquoi, Frères et Sœurs, prions et demandons à Notre-Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie et des Saints, de nous accorder la grâce du discernement, qui nous aidera à grandir en lui par la correction fraternelle mutuelle. Amen.

Frère Clément Sobakin du Monastère Notre-Dame du Kokoubou, Parakou, Bénin.