La Nation Bénin...
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons Jésus s'affronter aux pharisiens et aux scribes, qui l'observent attentivement pour voir s'il « guérirait le jour du sabbat, afin d'avoir un motif d'accusation contre lui ». En effet, selon une certaine tradition juive, il n'est pas permis de guérir quelqu'un le jour du sabbat. Mais Jésus s'oppose à ce genre de tradition, comme le montre sa question aux pharisiens et aux scribes : « Je vous demande s'il est permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal ? De sauver une vie ou de la détruire ? » En disant cela, Jésus s'oppose à toute tradition qui ne place pas le bien de l'humanité en son centre.
Tout ce que Notre-Seigneur Jésus fait est une leçon pour nous et une voie que nous devons suivre. Ainsi, il nous apprend à être capables de remettre en question chaque tradition, y compris les traditions politiques. Car de nos jours, il existe sur notre continent africain une tradition politique qui œuvre contre les Africains et en faveur des étrangers. C'est une tradition que certains combattent et que d'autres défendent — une tradition désormais largement rejetée par la majorité des peuples africains. Pourtant, c'est une tradition qui conduit certains dirigeants à réduire au silence, à crétiniser et à zombifier leurs peuples par le mensonge. En tant que chrétiens et disciples de Celui qui se définit comme « le chemin, la vérité et la vie », nous ne pouvons pas rester silencieux face à une tradition qui continue d'asservir notre peuple.
En fait, Notre-Seigneur nous enseigne à être capables de discernement et à lutter contre tout ce qui n'est pas pour le bien des hommes, quelle que soit la couleur de leur peau.
Comme Notre-Seigneur, nous devons défendre non pas la mort mais la vie, non pas des principes desséchés mais des êtres humains. Nous devons prendre une position claire contre tout ce qui empêche l'humanité de respirer librement et abondamment l'air de Dieu. Puissions-nous être de ceux qui, en particulier par leurs prières et leurs sacrifices spirituels, soutiennent la lutte pour la dignité humaine partout sur la terre. La religion ne doit plus asservir l'homme. Au contraire, elle doit être un moyen de sa libération physique et spirituelle. Qu'il en soit ainsi par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et des Saints, nos amis célestes. Amen !
Frère Clément Sobakin du Monastère Notre-Dame du Kokoubou, Parakou, Bénin.