La Nation Bénin...

Sur les traces d’une maquilleuse professionnelle : Soussaba Kouyaté, la magicienne des visages

Culture
Avec ses produits de beauté, Soussaba Kouyaté peut sublimer le visage d’une personne, le temps d’un passage à l’antenne ou du tournage d’une scène Avec ses produits de beauté, Soussaba Kouyaté peut sublimer le visage d’une personne, le temps d’un passage à l’antenne ou du tournage d’une scène

Maquilleuse d’invités, de présentateurs TV, de comédiens et d’acteurs de cinéma, Soussaba Kouyaté n’est pas qu’une maquilleuse professionnelle. C’est une artiste. Avec ses produits de beauté, elle peut sublimer le visage d’une personne, le temps d’un passage à l’antenne ou du tournage d’une scène. Portrait d’une artiste malienne engagée.

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 20 juil. 2026 à 22h35 Durée 2 min.
#Soussaba Kouyaté #maquilleuse professionnelle

Soussaba Kouyaté, épouse Ouologuem, est une femme bien connue dans le milieu cinématographique. Elle est issue d’une famille d’artistes. Sa mère est griotte ; son père était décorateur, scénographe, plasticien, griot-conteur et comédien (Sotigui Kouyaté, décédé le 17 avril 2010). Quatre de ses frères sont également artistes : Dani, l’aîné, metteur en scène et cinéaste ; Hassane, metteur en scène, comédien et conteur ; Maghan, comédien ; et Mabo, acteur de cinéma.

Ainsi, l’attirance de Soussaba pour le maquillage de plateau n’est pas le fruit du hasard. Elle a les doigts taillés pour embellir, modifier les traits du visage et même habiller plastiquement le corps humain.

Partie pour des études de sociologie matrimoniale, le destin la propulse vers les métiers de l’esthétique et du conte. Elle abandonne ainsi son cursus académique pour donner une nouvelle orientation à sa vie : maquiller des hommes et des femmes sur des plateaux de télévision et de cinéma. Ce que son géniteur n’a pas voulu admettre, dans un premier temps. Il l’inscrit alors dans une grande école de couture en France. Mais l’expérience ne se révèle pas concluante. Son frère aîné lui conseille finalement d’effectuer un stage de maquillage sur son film L’Héritage du griot. Elle se découvre alors une véritable affinité avec ce métier.

En 1994, son aventure professionnelle se précise grâce à un stage à la Direction nationale du cinéma de Ouagadougou. Elle y passe deux années avec succès, une occasion pour elle de rencontrer et de nouer de très belles relations avec de talentueuses maquilleuses africaines de l’époque, dont Mariam Sidibé et Ami Zouré.

Trois ans plus tard, la maquilleuse en devenir sollicite la possibilité de travailler sur le plateau du cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko pour son film La Genèse. Le stage lui est accordé grâce au soutien d’Ami Zouré. Dès son arrivée sur les lieux du tournage, dans le nord du Mali, elle y découvre son père, Sotigui. La surprise est réciproque. Heureux de voir la passion avec laquelle sa fille exerce ce métier, son père se résout enfin à lui financer des études à l’École supérieure de maquillage Christian Chauveau, en France, où elle décroche brillamment son diplôme de maquilleuse professionnelle.

Plus qu’une passion

Une véritable carrière débute alors pour Soussaba, couronnée par des contrats avec de grands cinéastes comme le Mauritanien Abderrahmane Sissako, le Sud-Africain Zola Maseko, les Françaises Sarah Bouyain et Lucas Deveaux, ainsi que les Burkinabè Issa Traoré de Brahima, Dani Kouyaté, Fanta Nacro, Adama Rouamba et Sékou Traoré.

Pour Soussaba, le maquillage n’est pas seulement une passion. C’est une discipline artistique qui englobe des réalités sociétales et humaines. En effet, « un bon maquillage ne saurait être réussi sans une bonne connaissance de base de la lumière, du décor… car le maquilleur ou la maquilleuse doit pouvoir tenir compte du décor, de la lumière et du costume », explique-t-elle.

Elle ajoute que le maquillage de plateau est un excellent métier. « Cela ne doit pas être confondu avec le bling-bling qu’offrent les salons de coiffure lors des cérémonies de mariage et autres ».