La Nation Bénin...

Gamel Boukari, Chef du Service de promotion économique Région Abomey: « Le digital est devenu un levier de résilience et de compétitivité pour les entreprises »

Documents
Gamel Boukari, Chef du Service de promotion économique Région Abomey Gamel Boukari, Chef du Service de promotion économique Région Abomey

Face à l’essor du commerce électronique au Bénin, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (Cci Bénin) multiplie les initiatives pour accompagner les entreprises dans leur transition numérique. À Abomey, Gamel Boukari, Chef du Service de promotion économique de la région, revient sur les outils mis en place, les opportunités qu’offre le digital ainsi que les défis qu'il reste à relever pour un développement harmonieux du e-commerce.

Par   Christian HOUNONGBE, le 28 août 2026 à 07h25 Durée 3 min.
#digital

La Nation : Quelle place occupe aujourd’hui le numérique dans le développement des activités économiques au Bénin ?

Gamel Boukari : La crise sanitaire liée à la Covid-19 a profondément bouleversé les habitudes de travail et les modes de commercialisation. Pour de nombreux acteurs économiques, notamment dans les secteurs du commerce, des services et de l’industrie, le digital s’est imposé comme une solution de résilience. Il permet de maintenir les activités même dans des contextes difficiles. Depuis lors, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin a renforcé ses actions de sensibilisation et de formation afin d’aider les entreprises à tirer profit des opportunités offertes par le numérique.

La Nation : Comment la Cci

Bénin accompagne-t-elle concrètement les entreprises dans cette transformation ?

La Cci Bénin a pour mission de renforcer les capacités des chefs d’entreprise, de défendre leurs intérêts et d’améliorer leur compétitivité. Dans cette dynamique, nous avons développé plusieurs outils numériques destinés aux entreprises. L’un des plus importants est la plateforme e-Tchité, qui permet aux entrepreneurs de gérer leurs stocks, leur comptabilité et leurs opérations commerciales à partir d’un même espace numérique.

Cette plateforme facilite également les interactions avec des experts-comptables et d’autres acteurs économiques, favorisant ainsi la mise en réseau des entreprises.

Vous avez également développé des plateformes dédiées à la commercialisation des produits ?

Effectivement. Nous disposons d’une marketplace de la Chambre de Commerce qui offre aux entreprises béninoises une vitrine numérique pour présenter et vendre leurs produits. L’objectif est de permettre aux producteurs et commerçants locaux d’accéder à des marchés plus vastes sans nécessairement passer par des plateformes internationales.

Nous avons également la plateforme Ahilido, qui constitue aujourd’hui une base de données de référence regroupant les entreprises formelles du Bénin. Elle permet de vérifier l’existence et la crédibilité d’une entreprise avant toute relation d’affaires ou tout partenariat.

Les entreprises adoptent-elles facilement ces outils numériques ?

L’adoption évolue progressivement. Nous constatons un intérêt croissant des entreprises, notamment des jeunes entrepreneurs, des créateurs de contenu et des promoteurs de plateformes digitales. À travers nos formations, nos communautés numériques et nos différents canaux d’échanges, nous recueillons régulièrement leurs préoccupations afin d’adapter nos actions à leurs besoins.

Zone publicitaire

Plusieurs entreprises rencontrées sur le terrain évoquent des difficultés logistiques et d’adressage qui limitent le développement du e-commerce. Partagez-vous ce constat ?

Oui, ce sont des préoccupations réelles. Pour certaines entreprises, notamment celles qui effectuent des livraisons dans les villes secondaires ou les zones rurales, l’absence d’un système d’adressage suffisamment structuré complique parfois la distribution des produits.

Toutefois, ces questions dépassent souvent le seul cadre des entreprises. Elles nécessitent des réponses à l’échelle nationale à travers des politiques publiques adaptées en matière d’adressage et de logistique.

Existe-t-il aujourd’hui des solutions de livraison adaptées aux besoins du commerce électronique ?

Plusieurs solutions existent déjà. Certaines entreprises s’appuient sur la Poste du Bénin, d’autres utilisent les compagnies de transport ou des livreurs privés. De nouvelles initiatives émergent également dans certaines villes. L’écosystème est en pleine construction et continue d’évoluer.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées par la Chambre de Commerce dans l’accompagnement des entreprises numériques ?

L’un des défis est la visibilité de certaines entreprises. Avec les procédures de création d’entreprise désormais dématérialisées, de nombreux promoteurs créent leur activité sans nécessairement entrer en contact avec la Chambre de Commerce. Certaines entreprises peuvent ainsi exercer pendant plusieurs années sans bénéficier des services d’accompagnement disponibles.

Nous travaillons donc à renforcer notre présence numérique afin de rester accessibles aux entrepreneurs où qu’ils se trouvent sur le territoire national.

Quel regard portez-vous sur l’avenir du commerce électronique au Bénin ?

Nous sommes résolument engagés dans l’ère de la digitalisation. Les habitudes évoluent progressivement et les consommateurs sont de plus en plus ouverts aux achats en ligne. Même si des défis subsistent, notamment en matière de logistique, de confiance numérique et de formation, les perspectives sont encourageantes. Le commerce électronique représente aujourd’hui une véritable opportunité pour les entreprises béninoises d’accroître leur visibilité, d’élargir leur marché et d’améliorer leur compétitivité.