La Nation Bénin...
Le secteur agricole au Bénin doit s’orienter vers un modèle plus durable, face aux défis climatiques et à la pression croissante sur les ressources naturelles. L’agriculture verte s’impose désormais comme une alternative, avec une typologie d’investissements éligibles visant à concilier productivité, résilience climatique et préservation de l’environnement.
L’agriculture béninoise, pilier de l’économie nationale et principal pourvoyeur d’emplois, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Confronté aux effets du changement climatique avec l’irrégularité des pluies, la dégradation des sols, la baisse des rendements, le secteur doit se réinventer. L’agriculture verte apparaît ainsi comme une réponse appropriée, fondée sur des investissements capables de transformer durablement les pratiques de production. Parmi les investissements éligibles à l’agriculture verte figurent en premier lieu ceux liés à l’amélioration durable des systèmes de production agricole. Il s’agit notamment de l’introduction de techniques culturales respectueuses des sols, comme l’agroécologie, l’agroforesterie ou encore la rotation intelligente des cultures. Ces pratiques permettent de restaurer la fertilité des terres, de limiter l’érosion et de réduire la dépendance aux intrants chimiques. Les investissements concernent ainsi l’acquisition d’équipements adaptés à l’agriculture de conservation, la mise en place de haies vives, ou encore l’utilisation de semences améliorées, plus résistantes aux stress climatiques. L’objectif est d’accroître les rendements tout en réduisant l’empreinte écologique des exploitations. La gestion rationnelle de l’eau constitue un axe majeur des investissements verts, surtout avec les épisodes de sécheresse plus fréquents et la pression accrue sur les ressources hydriques. Sont considérés comme éligibles les systèmes d’irrigation économes en eau, tels que le goutte-à-goutte ou l’irrigation solaire. Ces technologies permettent non seulement de limiter le gaspillage, mais aussi d’optimiser la productivité agricole en garantissant un apport hydrique régulier. Les projets visant la construction de retenues d’eau, la réhabilitation de bas-fonds aménagés ou la mise en place de systèmes de collecte des eaux pluviales s’inscrivent également dans cette logique de résilience climatique. L’enjeu est de sécuriser la production agricole et préserver les nappes phréatiques. Dans cette dynamique, le Fonds national de développement agricole (Fnda), en partenariat avec plusieurs acteurs techniques et financiers, apporte un appui déterminant pour accélérer la mise en œuvre de ces initiatives. Une information stratégique est aussi essentielle pour orienter efficacement les interventions et maximiser leur impact.
Économie circulaire
L’agriculture verte intègre également la dimension énergétique. Les investissements favorisant l’utilisation d’énergies renouvelables dans les exploitations agricoles sont fortement encouragés. Il s’agit de l’installation de pompes solaires pour l’irrigation, de séchoirs solaires pour la conservation des produits, ou encore de systèmes photovoltaïques destinés à alimenter les unités de transformation. En réduisant la dépendance aux énergies fossiles, ces initiatives contribuent à la diminution des émissions de gaz à effet de serre tout en abaissant les coûts d’exploitation pour les producteurs. Cette transition énergétique représente un levier stratégique pour renforcer la compétitivité des filières agricoles. Un autre volet essentiel des investissements éligibles concerne la gestion et la valorisation des déchets agricoles.
Approche systémique
La production de compost à partir de résidus organiques, la mise en place d’unités de biodigesteurs pour transformer les déchets en biogaz ou en fertilisants naturels, ainsi que la transformation des sous-produits agricoles participent pleinement à l’économie circulaire. Ces investissements permettent de réduire la pollution, d’améliorer la fertilité des sols et de créer de nouvelles sources de revenus pour les exploitants. L’agriculture verte ne se limite donc pas à produire autrement. Elle vise également à transformer les chaînes de valeur pour minimiser les pertes et maximiser la valeur ajoutée locale.
Les projets orientés vers la protection de la biodiversité et la restauration des terres dégradées figurent également parmi les investissements prioritaires. Le reboisement, la régénération naturelle assistée, la protection des mangroves ou encore la stabilisation des berges contribuent à renforcer la résilience des territoires agricoles face aux aléas climatiques. Ces initiatives ont un impact direct sur la sécurité alimentaire, en protégeant les terres cultivables et en préservant les services écosystémiques indispensables à la production agricole. L’intégration de ces dimensions environnementales traduit une approche systémique du développement rural. L’agriculture verte ne s’arrête pas à la production primaire. Les investissements dans des infrastructures de stockage et de transformation respectueuses de l’environnement sont également considérés comme éligibles. Il s’agit par exemple de magasins de stockage ventilés naturellement, d’unités de transformation à faible consommation énergétique ou encore d’équipements réduisant les pertes post-récolte. Au-delà des équipements et des infrastructures, l’agriculture verte implique un changement profond de paradigme. Elle repose sur une vision intégrée combinant performance économique, inclusion sociale et durabilité environnementale. Les investissements éligibles traduisent l’ambition d’encourager une agriculture plus résiliente, moins émettrice de carbone, mieux adaptée aux réalités climatiques et plus compétitive sur les marchés. L’agriculture verte apparaît ainsi non seulement comme une nécessité environnementale, mais aussi comme un levier de transformation économique. À travers la structuration des investissements éligibles, le Bénin jette les bases d’un modèle agricole capable de nourrir la population tout en protégeant les ressources naturelles.
L’agriculture verte va sécuriser la production agricole et préserver les nappes phréatiques, de plus en plus sollicitées