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Crédit bancaire: Le Bénin affiche une croissance supérieure à la moyenne de l’Umoa

Economie

Le système bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) a poursuivi sa croissance en 2025, avec un total de bilan de 82 298,8 milliards de FCfa. Dans cet ensemble, le Bénin représente 7 607,6 milliards de FCfa, soit 9,2 % des actifs bancaires de l’Union. Le pays se classe ainsi au cinquième rang régional, derrière la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 27 août 2026 à 02h06 Durée 3 min.
#finance #Umoa

Le secteur bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine affiche une nouvelle progression. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’Umoa, publié le 21 août 2026, le total de bilan des établissements de crédit de l’Union s’est établi à 82 298,8 milliards de FCfa à fin décembre 2025, en hausse de 14,1 % sur un an. Le Bénin contribue à cette dynamique avec un total de bilan de 7 607,6 milliards de FCfa, en progression de 9 % sur la période. Avec ce niveau d’actifs, le Bénin représente 9,2 % du total bancaire de l’Umoa et occupe la cinquième position parmi les huit pays de l’Union. Il se situe derrière la Côte d’Ivoire, qui concentre à elle seule 31 198,6 milliards de Fcfa, soit 37,9 % du total régional, le Sénégal avec 15 783,2 milliards (19,2 %), le Burkina Faso avec 10 251,4 milliards (12,5 %) et le Mali avec 9 076,2 milliards (11 %). Le Togo, le Niger et la Guinée-Bissau, ferment le classement. Au-delà du poids des actifs, la situation du Bénin se distingue par l’évolution de ses crédits. Les crédits à la clientèle accordés par les établissements béninois ont progressé de 8,3 % en 2025, soit une hausse supérieure à la moyenne de l’Umoa, établie à 5,5 %. A l’échelle régionale, l’encours des crédits à la clientèle a atteint 38 731,6 milliards de FCfa à fin 2025.

Solidité financière

Cette évolution témoigne d’une activité de financement plus soutenue au Bénin. Elle intervient dans un environnement régional marqué par une progression beaucoup plus importante des ressources collectées par les établissements de crédit. Dans l’ensemble de l’Umoa, les dépôts et emprunts ont ainsi augmenté de 16 % pour atteindre 56 200,2 milliards de FCfa, contre une hausse de 5,5 % des crédits. L’écart entre la collecte des ressources et la distribution de crédits constitue l’un des principaux enseignements du rapport. En valeur, les dépôts et emprunts supplémentaires mobilisés par les établissements de crédit de l’Union ont été nettement supérieurs à l’accroissement des crédits accordés à la clientèle. Les banques ont également renforcé leurs autres emplois, notamment à travers les titres de placement et d’investissement. Sur le plan régional, cette évolution s’accompagne d’un renforcement de la rentabilité. Le résultat net des établissements de crédit de l’Umoa a atteint 1 252,1 milliards de FCfa en 2025, en hausse de 25,5 %. Au Bénin, les banques ont enregistré un résultat net de 95,1 milliards de FCfa, selon les données rapportées à partir du rapport de la Commission bancaire. La solidité financière constitue également un autre indicateur favorable pour la place béninoise. Le ratio moyen de solvabilité des banques du pays s’est établi à 17,4 %, contre 15,6 % pour l’ensemble de l’Umoa. Cette situation traduit une capacité appréciable du secteur à respecter les exigences prudentielles et à absorber d’éventuels chocs.

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Domination des grandes économies

Malgré cette progression, le poids du Bénin reste inférieur à celui des principales places bancaires de l’Union. La Côte d’Ivoire concentre près de 38 % des actifs bancaires régionaux, tandis que la Côte d’Ivoire et le Sénégal réunissent à eux seuls 57,1 % du total bilan de l’Umoa. Le paysage bancaire béninois compte, à fin décembre 2025, 14 banques et un établissement financier à caractère bancaire, contre 136 banques et 25 établissements financiers pour l’ensemble de l’Union. Le pays dispose également de trois établissements de monnaie électronique, sur les 18 recensés dans l’Umoa. Ces données montrent donc un secteur bancaire béninois en développement, mais dont le poids demeure encore intermédiaire dans l’espace communautaire. La progression du crédit constitue un signal positif pour le financement de l’économie. Elle pose toutefois la question de la capacité du système bancaire à accompagner davantage les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, dans leurs besoins d’investissement et de développement.

A l’échelle de l’Umoa, le rapport annuel 2025 dessine ainsi un secteur bancaire en expansion, mais marqué par une concentration importante des actifs et une progression des ressources plus rapide que celle des crédits. Pour le Bénin, l’enjeu consiste désormais à transformer la solidité et la croissance de son système bancaire en davantage de financements au profit de l’économie réelle.

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