La Nation Bénin...
Réunis à Cotonou dans le cadre de l'APIEx Business Forum, le 16 juillet, des opérateurs économiques ont échangé avec les responsables de l'Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEx) sur les contraintes liées à la mise sur le marché des produits, à l'accès aux marchés internationaux et à l'amélioration du climat des affaires. Les échanges ont également permis d'identifier plusieurs réformes attendues par le secteur privé.
Créer un espace d'écoute entre l'administration et les entreprises afin d'améliorer l'environnement des affaires. Tel est l'objectif poursuivi par l'Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEx) à travers son Business Forum organisé le 16 juillet à Cotonou. En présence des opérateurs économiques, plusieurs communications ont porté sur la conformité des produits alimentaires, les responsabilités des différents acteurs dans le processus de mise sur le marché, les opportunités d'accès au marché chinois, les nouveaux partenariats stratégiques de l'Agence ainsi que les grandes rencontres économiques programmées au cours des prochains mois. Éric Akouté, directeur général de l'APIEx, a indiqué que ces assises répondent à une préoccupation régulièrement exprimée par les investisseurs. A l’en croire, nombre d'entrepreneurs ignorent encore les dispositifs d'accompagnement mis à leur disposition ou peinent à identifier les interlocuteurs capables de répondre à leurs difficultés. « Les investisseurs rencontrent souvent des difficultés sans savoir vers qui se tourner. L'objectif est de partager avec eux les partenariats que signe l'APIEx, de leur montrer comment ils peuvent en bénéficier et de leur permettre de préparer leur agenda sur les trois à six prochains mois afin de participer aux différents forums économiques », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur l'importance de ces échanges pour améliorer l'action publique. Les préoccupations exprimées par les entreprises constituent, selon lui, une source précieuse d'information pour adapter les procédures administratives. «Quand une procédure n'est pas cohérente, il faut pouvoir la modifier. Les retours des investisseurs, des promoteurs et des exportateurs nous permettent d'avancer et d'alimenter notre agenda de réformes », a-t-il souligné. Éric Akouté a, par ailleurs, salué la création d'un portefeuille ministériel spécifiquement consacré au commerce extérieur et à l'investissement privé. Pour lui, cette évolution traduit la volonté du Chef de l'État de placer les préoccupations du secteur privé au cœur de l'action gouvernementale. « Aujourd'hui, les investisseurs ont un interlocuteur politique clairement identifié tandis que l'APIEx est chargée de mettre en œuvre cette politique sur le terrain », a-t-il indiqué. Eustache Gustave Kotingan, président du Conseil national du patronat du Bénin (Cnp-Bénin), a salué les efforts accomplis par l'APIEx dans l'accompagnement des entreprises, tout en appelant à aller plus loin pour améliorer la compétitivité des produits béninois. S'appuyant sur son expérience dans l'exportation des produits halieutiques, il a rappelé les difficultés rencontrées autrefois par les entreprises béninoises en raison de l'absence de dispositifs de certification conformes aux exigences internationales. « Aujourd'hui, l'APIEx offre aux entreprises un cadre officiel qui facilite l'obtention des agréments et l'accès aux marchés internationaux. Les chefs d'entreprise doivent pleinement s'approprier cet outil», a-t-il déclaré. Le président du patronat a toutefois attiré l'attention sur plusieurs obstacles qui continuent de freiner les industriels. Il a notamment évoqué le coût élevé des analyses de laboratoire exigées pour maintenir les certifications sanitaires, les difficultés liées à l'obtention des certificats environnementaux ainsi que le poids des droits de douane sur les emballages importés destinés aux produits exportés. Selon lui, ces contraintes réduisent la compétitivité des entreprises béninoises face à leurs concurrentes étrangères. Il a ainsi invité l'APIEx à renforcer sa coordination avec les autres administrations concernées afin de simplifier davantage les démarches administratives.
Les opérateurs économiques ont également profité de la séance de questions-réponses pour partager leurs préoccupations. Entrepreneure et promotrice de produits locaux, Sandra Idossou a insisté sur les délais jugés trop longs pour l'obtention des autorisations de mise sur le marché. Tout en reconnaissant la nécessité du respect des normes de qualité, elle a plaidé pour une réduction des délais de traitement afin d'éviter que certaines jeunes entreprises ne soient contraintes de suspendre leurs activités avant même la commercialisation de leurs produits. Elle a également interpellé les autorités sur le contrôle de conformité des produits importés, estimant que les exigences imposées aux producteurs locaux devraient s'appliquer avec la même rigueur aux marchandises entrant sur le marché béninois.
Des opérateurs économiques ont échangé sur les contraintes liées à la mise sur le marché des produits, à l'accès aux marchés internationaux et à l'amélioration du climat des affaires