La Nation Bénin...
Quinze ans de routes, de béton et de chantiers tenus
dans les délais. Et aujourd’hui, deux des plus grands journaux du Nigeria qui
pointent vers un entrepreneur ivoirien, nommé Hassan Dakhlallah comme le modèle
de ce que le continent peut faire quand il arrête d'attendre tout de
l’extérieur.
Avril 2025, Washington. Hassan Dakhlallah est quelque
part dans les couloirs du FMI. Autour de lui, des économistes modélisent
l'avenir de l'Afrique en milliards et en PowerPoint. Son téléphone vibre. Ce
sont des photos : un chantier bloqué au Bénin, la pluie a tout immobilisé,
l'excavatrice est plantée dans la boue. Il regarde les images. Il calcule.
Combien de jours de retard à rattraper. Puis il remet le téléphone dans sa
poche et retourne en réunion. C'est cette scène-là que le journaliste Sodiq
Omolaoye a choisie pour ouvrir son portrait dans The Guardian Nigeria.
Et il a eu raison. Parce qu'elle dit l'essentiel : cet homme a beau parler au
FMI, une partie de son cerveau est toujours sur le chantier, et son cœur en
Afrique.
Hassan
Dakhlallah a lancé ce qui allait devenir Porteo Group en 2011. Dans quel
contexte ? La Côte d'Ivoire sortait d'une décennie de chaos — deux conflits,
une crise post-électorale, un pays à reconstruire. Le capital partait, les
entreprises étrangères tergiversaient. Lui a regardé tout ça et a décidé que
c'était exactement le bon moment. Pas par inconscience. Par conviction : un
pays qui se relève a besoin de gens qui savent construire, et qui restent.
The
Guardian Nigeria lui a consacré un long portrait à la mi juillet. Vanguard News
l'avait devancé de quelques jours. Deux mastodontes de la presse anglophone
africaine qui, presque au même moment, désignent Hassan Dakhlallah comme la
preuve vivante qu'un Africain peut construire avec la rigueur de Dangote et
livrer avec la précision de Julius Berger, sans avoir besoin d'un siège social
à Wiesbaden. En Côte d'Ivoire et au Bénin, cette histoire, on la connaît depuis
longtemps. On l'a vue se construire, chantier après chantier.
« Je construis des routes, mais mon véritable objectif est de
tracer le chemin de l'avenir de l'Afrique. »
— Hassan Dakhlallah, PCA Porteo Group
Quinze
ans plus tard, le groupe emploie 12 000 personnes de vingt-trois nationalités,
opère dans sept pays, a livré plus de 3 000 kilomètres de routes et pèse 737
millions d'euros de chiffre d'affaires. Jeune Afrique le place 342e parmi les
500 plus grandes entreprises africaines. Et The Guardian Nigeria le met dans le
même titre que Dangote et Julius Berger. Ce n'est pas anodin. Ce sont les deux
références ultimes sur le continent — l'un pour sa puissance industrielle,
l'autre pour sa rigueur d'exécution. Être comparé aux deux, par un journaliste
nigérian exigeant, ça mérite qu'on s'arrête.
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737M€ de chiffre d'affaires en 2025 |
12 000 collaborateurs, 23 nationalités, 7
pays |
3 000 km de routes livrées en Afrique de
l'Ouest et centrale |
Ce
que le Bénin sait depuis longtemps
Avant
Washington. Avant les portraits nigérians. Il y a Godomey. L'échangeur
réaménagé avec sa piste cyclable — une vraie piste, pensée pour les piétons et
les cyclistes dans l'un des carrefours les plus chargés de la banlieue de
Cotonou. Il y a l'autoroute Sèmè-Podji–Porto-Novo en cours de livraison. Les
axes Vêdoko–Étoile Rouge et Misséssinto–Allada qui changent, discrètement mais
concrètement, le quotidien de dizaines de milliers de Béninois. Des chantiers
sans grand discours, tenus selon une règle simple : dans les délais, dans les
coûts, avec les standards annoncés.
Le
journaliste du Guardian a une formule pour ça. Il parle de la « théorie
Dangote » : ne pas rester à la merci d'un marché qu'on ne contrôle pas —
construire l'usine, posséder les intrants, transformer un prix qu'on subissait
en une décision qu'on prend. Dakhlallah a appliqué cette logique à la
construction elle-même. Porteo fabrique son béton via Technic Béton, lamine son
propre acier à B. Steel, produit son asphalte et ses granulats, et possède plus
de 3 000 machines — aucune n'est louée. Pendant quinze ans, les bénéfices sont
allés dans les équipements. Pas dans les dividendes. C'est précisément ce
choix-là, lent et coûteux au départ, qui permet de tenir une date de livraison
quand la pluie bloque un chantier et que les photos arrivent sur le téléphone
pendant une réunion au FMI.
« La souveraineté productive ne se décrète pas. Elle se
construit patiemment, en se donnant les moyens de ne pas dépendre, sur chaque
chantier, d'une chaîne extérieure. »
— Hassan Dakhlallah — Fraternité Matin,
2025
Une
piste cyclable à Godomey. Ce que ça dit.
Il
y a des choses que les études de rendement ne mesurent jamais. Le nombre
d'emplois à la livraison, oui. Le taux de retour sur investissement, oui. Mais
le prix du sac de ciment dans un village à 40 km du chantier, six mois après
l'ouverture de la route ? Personne ne compte ça. Et pourtant, c'est là que le
projet vit ou meurt dans la réalité des gens.
À
Godomey, la piste cyclable n'est pas un ornement. C'est la première fois que
quelqu'un a pensé, dans ce carrefour saturé, à ceux qui n'ont ni voiture ni
moto. Petite chose. Grande signification. Quand le corridor Cotonou-Lomé est
passé de onze heures à cinq heures pour les poids lourds, ce qui a changé,
c'est le maraîcher qui vend ses tomates à Lomé au lieu de les voir pourrir sur
le bord de la route. C'est le chauffeur qui rentre chez lui moins épuisé. La
vraie mesure d'une infrastructure, ce n'est jamais l'inauguration. C'est ce
qu'elle rend possible le lendemain.
« L'Afrique doit être
jugée sur ce qu'elle construit — pas sur ce qu'elle annonce. »
— Hassan Dakhlallah
Julius
Berger sans Wiesbaden
Le
Guardian Nigeria soulève un point qui mérite qu'on s'y attarde. Julius Berger
est une légende en Afrique de l'Ouest : soixante ans, des ponts qui tiennent,
des routes qui s'ouvrent à la date promise. Mais Julius Berger est une
entreprise allemande. Sa colonne vertébrale technique remonte à Wiesbaden. Une
partie de ses cadres dirigeants reste allemande. L'exécution est africaine — la
tête, les standards et une bonne part du profit ne le sont pas. Pendant six
décennies, c'était le prix de la fiabilité. On l'acceptait parce qu'on n'avait
pas mieux.
Dakhlallah
propose la même fiabilité avec les racines tirées dans l'autre sens. Fondé en
Afrique, dirigé par des Africains. Son directeur général est sénégalais — Papa
Amadou Sarr, ancien directeur exécutif de l'AFD, recruté en 2025 pour piloter
l'expansion. Les bénéfices sont réinvestis sur le continent. Les données
hébergées dans les deux data centers souverains construits par Porteo — l'un à
Abidjan, l'autre à Libreville — restent en Afrique. Ce n'est pas un discours.
C'est une architecture d'entreprise.
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PORTEO EN
CÔTE D'IVOIRE — CE QUI A ÉTÉ CONSTRUIT Depuis 2011 : la voie express
Grand-Bassam–Assinie, le pont d'Aboisso, des échangeurs urbains à Abidjan
dont celui de Godomey, et deux data centers souverains. Le premier data
center national ivoirien — classé Tier III+, cofinancé par l'US Export-Import
Bank — a été désigné Deal of the Year Industries of the Future par la banque
américaine en mai 2026. Porteo Academy forme chaque année des centaines de
techniciens et d'ingénieurs ivoiriens directement sur les chantiers du
groupe. |
Ce
que la presse nigériane a vu — et ce que ça dit de nous
The
Guardian Nigeria et Vanguard News n'écrivent pas des portraits pour faire
plaisir. Ce sont des rédactions sérieuses, avec des lecteurs exigeants. Si
elles ont consacré 2 000 mots chacune à un entrepreneur ivoirien, c'est parce
que ce qu'il a fait répond directement à leurs problèmes : une route nationale
inachevée depuis vingt ans, un BTP qui dépend des entreprises étrangères, un
défi de souveraineté numérique. Ce que Dakhlallah a construit en Côte d'Ivoire
et au Bénin, c'est la réponse pratique à leurs questions théoriques.
Pour
nous, lecteurs ivoiriens et béninois, la perspective est différente. Ce n'est
pas une découverte — c'est une confirmation. On a vu ce groupe naître, grandir,
s'ancrer. On a emprunté ses routes. On a vu ses chantiers avancer. La
couverture nigériane ne crée pas cette réalité. Elle la rend simplement visible
à ceux qui ne regardaient pas encore dans cette direction.
Hassan
Dakhlallah a une formule qu'il répète depuis des années, dans des interviews à
Abidjan comme dans des salles de conférence à Washington : « Nous passons
d'un temps où l'on débattait des priorités à un temps où l'on mesure les
capacités. » En Côte d'Ivoire et au Bénin, la mesure a commencé il y a
longtemps. Les routes sont là pour en témoigner.
Hassan Dakhlallah, PCA de Porteo Group