La Nation Bénin...
Bitcoin, Ethereum, USDT, les cryptomonnaies circulent au Bénin, entre achats, échanges et spéculation. Mais peut-on les détenir légalement et, surtout, la Direction générale des Impôts accepte-t-elle de les utiliser pour régler ses impôts ?
Aucune interdiction générale de détenir des cryptomonnaies par un particulier n’apparaît dans les textes actuellement applicables au Bénin. Leur statut reste toutefois différent de celui de la monnaie ayant cours légal dans l’UEMOA.
Une monnaie sans cours légal
Au Bénin comme dans l’ensemble de l’UEMOA, le franc CFA émis par la BCEAO constitue la monnaie ayant cours légal. Les cryptomonnaies ne bénéficient pas de ce statut et aucun commerçant n’est tenu de les accepter comme moyen de paiement.
Le cadre spécifiquement consacré aux crypto-actifs reste par ailleurs en construction dans l’Union. La détention de ces actifs ne doit donc pas être confondue avec leur reconnaissance comme monnaie officielle.
Peut-on payer ses impôts en cryptomonnaie ?
La réponse est non, du moins directement. À ce jour, la Direction générale des Impôts ne propose pas de dispositif permettant de régler un impôt en Bitcoin, Ethereum, USDT ou autre crypto-actif. Le contribuable doit utiliser les moyens de paiement prévus par l’administration fiscale.
Le Bénin ne dispose pas, à ce stade, d’un régime fiscal spécifiquement consacré aux plus-values réalisées sur les cryptomonnaies. Cela ne signifie pas pour autant que les revenus issus d’une activité en cryptomonnaies échappent automatiquement à l’impôt.
Un cas particulier en Afrique
La République centrafricaine constitue un cas particulier sur le continent. Le pays a adopté le Bitcoin comme monnaie à cours légal en 2022, avant de revenir sur cette décision en 2023 après l’intervention de la Banque des États de l’Afrique centrale. L’exemple illustre les difficultés liées à la coexistence entre crypto-actifs et systèmes monétaires régionaux.
Un cadre régional en construction
En 2026, la BCEAO a mis en place le C-CRYPTO, un comité chargé de contribuer à l’élaboration d’un cadre réglementaire régional pour les crypto-actifs dans l’UEMOA.
Pour le contribuable béninois, la situation est donc simple sur un point. Les cryptomonnaies ne remplacent pas le franc CFA pour régler directement ses obligations fiscales. Leur encadrement juridique et fiscal reste, lui, appelé à évoluer.