La Nation Bénin...
La première édition des Journées techniques de l’audit interne s’est tenue les 23 et 24 juillet à Cotonou. Pendant deux jours, auditeurs internes, experts-comptables, responsables d’institutions publiques et privées ainsi que partenaires techniques ont réfléchi aux nouveaux défis de la gouvernance. Ces assises ambitionnent de renforcer les compétences des professionnels et de promouvoir une culture de transparence et de performance dans les organisations.
Face à des risques de plus en plus complexes, à l’accélération de la transformation numérique et à des exigences croissantes de transparence, les acteurs de l’audit interne entendent réaffirmer leur rôle stratégique dans la gouvernance des organisations. C’est dans cette dynamique que l’Institut national des auditeurs et contrôleurs du Bénin (Inac) a organisé, les 23 et 24 juillet à Cotonou, la première édition des Journées techniques de l’audit interne. L’événement placé sous le thème « Audit interne : Des risques accélérés et diversifiés, une exigence accrue de maîtrise, une obligation d’optimisation des performances », a réuni des professionnels du secteur, des représentants de l’administration publique, du secteur privé, des organisations régionales ainsi que plusieurs partenaires autour de réflexions destinées à faire évoluer les pratiques de la profession. À l’ouverture des travaux, la présidente de l’Inac, Conchita Miassi, a exprimé sa satisfaction de voir cette initiative prendre forme. Elle a présenté ces journées comme une étape importante dans l’histoire de l’Institut et de la profession. Selon elle, ces assises constituent avant tout un cadre privilégié d’échanges d’expériences, de partage de bonnes pratiques et de renforcement des capacités des auditeurs internes et des contrôleurs. Pour la présidente de l’Inac, les mutations profondes que connaissent les organisations imposent une adaptation permanente des métiers de l’audit et du contrôle. Transparence, redevabilité, efficacité de la gestion et performance figurent désormais parmi les principales attentes des parties prenantes. Dans ce contexte, l’audit interne apparaît comme un véritable levier d’aide à la décision, capable d’accompagner les dirigeants dans l’atteinte de leurs objectifs stratégiques tout en contribuant à la maîtrise des risques.
Le président de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin, Serge Mensah, a insisté sur les liens étroits qui unissent les métiers de l’audit interne et de l’audit externe. Selon lui, cette proximité découle aussi bien du cadre légal qui régit les professions que de la complémentarité de leurs missions. Dans un environnement marqué par des exigences toujours plus fortes en matière de conformité, de transparence et de performance, il estime que la coopération entre auditeurs internes et experts-comptables devient indispensable. Ensemble, ces professionnels participent à renforcer la confiance des investisseurs, des partenaires financiers et de l’ensemble des parties prenantes.
Levier des réformes publiques
Représentant le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé des Finances et de la Microfinance, Angelo Agboyinou a salué l’initiative de l’Inac, qu’il considère comme une réponse pertinente aux préoccupations actuelles des professionnels. Il a rappelé que les nouvelles normes internationales renforcent les exigences relatives à l’indépendance des fonctions d’audit interne, à la qualité des missions de contrôle et à l’amélioration continue des pratiques professionnelles. À ces évolutions s’ajoutent les défis liés à la transformation numérique, qui fait émerger de nouveaux risques nécessitant des dispositifs de contrôle plus performants. Selon lui, ces préoccupations s’inscrivent pleinement dans les réformes engagées par le gouvernement pour moderniser la gestion des finances publiques, renforcer la transparence et améliorer la gouvernance des institutions publiques. Les auditeurs internes et les corps de contrôle jouent, à cet effet, un rôle déterminant dans la réussite de ces réformes. Le représentant du ministre a réaffirmé la disponibilité de l’État à consolider les liens entre les structures publiques de contrôle et l’Institut national des auditeurs et contrôleurs du Bénin afin de promouvoir une gouvernance plus efficace au sein des administrations comme des entreprises.
Parrain de cette première édition, le président du Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace), Ngueto Tiraïna Yambaye, a fait un plaidoyer en faveur d'une gouvernance fondée sur la rigueur, la responsabilité et la redevabilité. Pour lui, les profondes mutations économiques imposent aux institutions africaines de placer l’audit interne au cœur de leurs mécanismes de gouvernance. Il a expliqué que le Fagace a fait de cette exigence un véritable principe de gestion en renforçant l’indépendance de son audit interne, de sa fonction conformité ainsi que de ses différents mécanismes d’évaluation. Selon le président du Fagace, cette stratégie a permis à l’institution de restaurer durablement la confiance de ses partenaires et d’améliorer significativement ses performances au cours de ces dernières années. Il a cité la multiplication des résultats du Fonds comme illustration des effets d’une gouvernance fondée sur le contrôle, la transparence et l’objectivité. Appelant les différentes corporations à unir leurs efforts, il a plaidé pour le développement de programmes de formation en audit interne au profit des entreprises, des administrations publiques et des organisations de la société civile.
Les professionnels de l’audit interne réfléchissent aux nouveaux risques et aux leviers d’une gouvernance plus performante et transparente