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Croissance soutenue et déficit maîtrisé, le Bénin maintient un cap macroéconomique solide, comme le souligne la loi de finances 2026. Un budget-programme axé sur la performance, la transparence et la soutenabilité des finances publiques.
La loi de finances pour la gestion 2026 s’inscrit dans la continuité de la consolidation macroéconomique engagée depuis plusieurs années au Bénin. Le gouvernement table sur une croissance robuste qui devrait s’établir à 7,5 % en 2026, un niveau identique à celui projeté pour la fin de l’année 2025.
Au nombre des facteurs structurants de cette évolution, le secteur agricole devrait maintenir une activité dynamique, soutenue par les initiatives publiques en faveur de la mécanisation agricole, de l’accès aux intrants et du renforcement du conseil agricole. A cela s’ajoute une augmentation de l’activité industrielle, traduisant la poursuite de la dynamique de transformation locale. La croissance bénéficierait également de l’accroissement du trafic au port de Cotonou, ainsi que des actions de promotion touristique, contribuant à la relance des services et au renforcement des recettes connexes.
La croissance projetée se réaliserait dans un contexte de maîtrise généralisée des prix. Le taux d’inflation est attendu autour de 2 %, un niveau inférieur à la norme communautaire de 3 % au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Cette évolution traduirait une relative stabilité des prix et la poursuite des mesures de préservation du pouvoir d’achat.
Un budget en hausse, mais sous contrôle
Le budget de l’Etat pour 2026 s’équilibre en ressources et en charges à 3 783,98 milliards contre 3 551 milliards F Cfa en loi de finances 2025, soit une progression de 6,6 %. Cette évolution reflète à la fois l’augmentation des investissements publics et la consolidation des dépenses sociales.
Le déficit budgétaire global est évalué à 419,16 milliards F Cfa, soit environ 2,7 % du produit intérieur brut (Pib), un niveau compatible avec les critères de convergence communautaires (maximum : 3 %).
Autre indicateur clé, le taux d’endettement public poursuivrait sa tendance baissière pour s’établir à 50 % du Pib en 2026, contre 53,4 % en 2024, bien en deçà du plafond communautaire de 70 %. Le gouvernement mise sur une gestion prudente de la dette, suivant la stratégie d’endettement à moyen terme 2025-2029 adossée au budget.
Performance et transparence
L’élaboration du projet de loi de finances a été marquée par des débats publics élargis, associant la société civile et le secteur privé, dans une logique d’ouverture budgétaire et de contrôle citoyen.
Conformément à la loi organique relative aux lois de finances en vigueur, le budget 2026 est présenté en mode programme, avec une attention accrue portée à la performance, à la transparence et à l’intégration des enjeux transversaux. Les crédits sont articulés autour d’objectifs de performance et d’indicateurs mesurables, renforçant l’efficacité de l’action publique et le suivi des politiques sectorielles.
Comme innovation notable, les critères de répartition des concours financiers de l’Etat aux collectivités territoriales intègrent désormais la résilience et l’adaptation aux changements climatiques, traduisant l’intégration progressive des enjeux environnementaux dans la gouvernance budgétaire.
Une trajectoire budgétaire maîtrisée sur le triennal 2026-2028
Au-delà de l’exercice 2026, le cadre budgétaire pluriannuel 2026-2028 traduit une volonté de renforcer durablement la soutenabilité des finances publiques. Sur cette période, les ressources du budget de l’Etat devraient progresser en moyenne de 12,3 % par an, tandis que les dépenses connaîtraient une augmentation plus modérée de 11,4 %.
Parmi les principaux objectifs poursuivis figure le relèvement du taux de pression fiscale qui passerait de 13,9 % en 2025 à 14,4 % en 2026, puis à 15,4 % à l’horizon 2028. Le gouvernement entend également stabiliser le ratio masse salariale sur recettes fiscales autour de 30 %, conformément à la norme communautaire de l’Uemoa, sur l’ensemble du triennal.
La trajectoire du déficit budgétaire, base ordonnancement et dons compris, resterait maîtrisée, passant de 2,9 % du Pib en 2025 à 2,7 % en 2026, puis à 2,6 % en 2028, et donc en dessous de la norme communautaire. Cette évolution s’accompagnerait du maintien d’une dynamique d’endettement maîtrisée.
Dans un contexte international encore marqué par des tensions géopolitiques et des aléas climatiques, l’économie béninoise maintient une trajectoire jugée solide