La Nation Bénin...
Le marché du travail au Bénin affiche des signaux encourageants, en phase avec les efforts de relance économique et de création d’emplois engagés ces dernières années. Cette évolution positive s’inscrit dans une tendance plus large observée à l’échelle de l’Uemoa, où l’emploi progresse lentement et le chômage recule, malgré des disparités persistantes selon le genre et l’âge.
Le Bénin continue de consolider les acquis enregistrés sur le front de l’emploi ces dernières années. Selon les données issues des enquêtes auprès des ménages réalisées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) dans les principales agglomérations de l’Union, le marché du travail au Bénin bénéficie d’un environnement économique plus favorable, marqué par une amélioration progressive du taux d’occupation et un recul du chômage urbain. Cette dynamique s’explique notamment par la poursuite des investissements publics, la vitalité du secteur des services, le dynamisme du commerce et le développement d’activités génératrices de revenus dans les centres urbains. À cela s’ajoutent les effets des politiques publiques en faveur de l’entrepreneuriat, de l’auto-emploi et de l’insertion professionnelle des jeunes, qui contribuent à une meilleure absorption de la main-d’œuvre en âge de travailler. Dans ce contexte, le taux d’occupation au Bénin s’inscrit dans la tendance haussière observée au niveau régional. À l’échelle de l’Uemoa, ce taux, qui mesure la proportion de la population en âge de travailler effectivement, est ressorti à 53,3 % au troisième trimestre 2025, contre 53,1 % le trimestre précédent, soit une progression de 0,2 point de pourcentage. Cette évolution traduit une amélioration graduelle des opportunités d’emploi dans les principales agglomérations de l’Union, dont celles du Bénin. Même tendance du côté du chômage. Dans les grandes villes de l’Uemoa, le taux de chômage déclaré s’est établi à 11,3 % au troisième trimestre 2025, en baisse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent. Comparé à la même période de l’année 2024, le recul est plus marqué, avec une diminution de 2,3 points de pourcentage. Pour le Bénin, cette évolution confirme les effets positifs de la croissance économique et de la diversification des activités urbaines, même si le poids du secteur informel demeure important.
Essor du secteur informel
L’analyse selon le genre révèle des contrastes persistants, y compris au Bénin. À l’échelle de l’Union, le taux de chômage des femmes s’est établi à 15,6 % au troisième trimestre 2025, en hausse de 0,8 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent. Cette évolution souligne les difficultés structurelles d’accès des femmes à des emplois stables et décents, souvent liées à leur forte présence dans des secteurs précaires et à faible productivité. À l’inverse, le taux de chômage des hommes a reculé de 0,4 point pour s’établir à 6,9 %, traduisant une meilleure résilience masculine sur le marché du travail. L’analyse par tranche d’âge apporte également des enseignements importants. Les jeunes de 15 à 24 ans enregistrent une baisse significative du chômage, de l’ordre de 3,0 points de pourcentage. Cette amélioration, perceptible au Bénin comme dans plusieurs pays de l’Union, est en partie liée à l’essor des activités informelles, à l’auto-emploi et aux programmes d’insertion socioprofessionnelle. Chez les adultes de 35 à 64 ans, le chômage a également reculé de 0,9 point, reflétant une meilleure stabilité professionnelle liée à l’expérience et à l’ancienneté.
En revanche, la situation est plus préoccupante pour les adultes âgés de 25 à 34 ans, dont le taux de chômage a progressé de 0,6 point de pourcentage. Cette catégorie, qui comprend de nombreux jeunes diplômés, reste confrontée à un décalage entre la formation reçue et les besoins réels du marché du travail, un défi également identifié au Bénin. Les évolutions observées traduisent une amélioration progressive mais encore fragile du marché du travail dans l’espace Uemoa. Pour le Bénin, les signaux positifs constituent un encouragement à poursuivre les réformes engagées, notamment en matière de formation professionnelle, de promotion du secteur privé et de formalisation de l’économie. À l’échelle régionale, la consolidation de ces acquis passera par une transformation structurelle plus profonde des économies, afin de créer des emplois décents, inclusifs et durables. Un défi majeur pour accompagner la croissance démographique et répondre aux aspirations d’une population active de plus en plus nombreuse et exigeante.
Taux de chômage suivant l’âge