La Nation Bénin...
Les marchés des matières premières ont connu une embellie ces derniers mois dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine. L’indice des prix des principaux produits exportés par les pays de l’Uemoa progresse de 3,7 % sur un mois. Une dynamique contrastée toutefois par un recul marqué en glissement annuel.
L’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’Uemoa a enregistré une hausse de 3,7 % en décembre, après une baisse de 1,9 % en novembre, selon la note de conjoncture économique de janvier 2026 publiée par la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao). Cette reprise est principalement attribuable au redressement des cours de plusieurs matières premières non énergétiques. L’huile de palme affiche la progression la plus marquée (+10,4 %), soutenue par une demande robuste, notamment en provenance d’Inde. L’or (+5,6 %) confirme son statut de valeur refuge dans un contexte international incertain, marqué par des tensions géopolitiques persistantes, un ralentissement du marché du travail américain et la poursuite des achats massifs des banques centrales. Le cacao (+4,2 %) a également contribué à cette embellie. Les difficultés d’acheminement des fèves vers le port d’Abidjan ont temporairement réduit l’offre sur le marché international, entraînant une pression haussière sur les prix. Par ailleurs, les anticipations d’achats liées à son intégration au Bloomberg Commodity Index à partir de janvier 2026 ont amplifié cette tendance. D’autres produits exportés par la région ont connu des hausses plus modérées. Il s’agit de l’uranium (+3,1 %), caoutchouc (+0,7 %) et coton (+0,5 %). L’uranium bénéficie d’une demande structurellement forte, stimulée par l’essor des centres de données et le regain d’intérêt pour le nucléaire civil. Le caoutchouc est soutenu par des inquiétudes sur l’offre asiatique, en particulier en Thaïlande, tandis que le coton profite d’une demande accrue, favorisée par la hausse des prix du pétrole qui renchérit le polyester. Les produits énergétiques ont également contribué à la dynamique positive du mois. Le gaz naturel progresse de 1,5 %, dans un contexte de conditions climatiques plus froides et de baisse rapide des stocks en Europe. Les tensions géopolitiques autour de l’Ukraine, du Moyen-Orient et du Venezuela alimentent par ailleurs les craintes de perturbations d’approvisionnement. Le pétrole enregistre une hausse plus modeste (+0,4 %), soutenue par ces mêmes incertitudes géopolitiques.
Tendance annuelle défavorable
Malgré cette embellie globale, certains produits ont vu leurs cours se contracter. Le phosphate chute de 11,4 %, pénalisé par un ralentissement de la consommation mondiale d’engrais et par le recul des prix des céréales. Le café recule de 9,9 %, en raison de perspectives d’approvisionnement mondial favorables, notamment au Brésil. Le zinc (-0,3 %) souffre d’un affaiblissement de la demande industrielle en fin d’année.
Si la variation mensuelle est positive, la comparaison annuelle révèle une tout autre réalité. Par rapport à décembre 2024, l’indice des prix des principaux produits exportés par les pays de l’Uemoa a reculé de 7,7 %, après une légère hausse de 0,5 % le mois précédent. La baisse concerne notamment le cacao (-43,9 %), le caoutchouc (-23,5 %), le café (-19,3 %), le pétrole (-13,4 %), le coton (-7,7 %), les huiles végétales (-7,4 %) et le gaz naturel (-5,1 %). À l’inverse, l’or affiche une envolée spectaculaire (+63,2 %), confirmant son rôle de valeur refuge. Le phosphate (+10,4 %), l’uranium (+6,5 %) et le zinc (+4,4 %) progressent également en glissement annuel. Du côté des importations alimentaires, l’indice des prix est demeuré stable en variation mensuelle en décembre 2025, après une contraction de 1,6 % en novembre. Les prix du lait (-6,8 %) ont reculé en raison d’une offre abondante en Europe et en Nouvelle-Zélande. Le riz (-4,2 %) a bénéficié d’une offre mondiale importante et d’une baisse des achats de certains importateurs asiatiques. L’huile de soja (-1,7 %) et le sucre (-0,7 %) ont également fléchi, portés par des anticipations de récoltes abondantes en Amérique du Sud, notamment au Brésil. À l’inverse, le blé enregistre une forte progression mensuelle (+21,2 %), traduisant des tensions ponctuelles sur l’offre. En glissement annuel, l’indice des prix des produits alimentaires importés par les pays de l’Uemoa recule de 15,8 % en devise. Cette baisse s’explique principalement par le repli du riz (-32,8 %), du lait (-15,0 %) et du sucre (-10,6 %). Toutefois, l’huile de soja (+21,3 %) et le blé (+20,0 %) enregistrent des hausses significatives. Ces évolutions confirment la forte exposition des économies de l’Uemoa aux fluctuations des marchés mondiaux des matières premières. Si la hausse mensuelle de décembre 2025 apporte un répit aux pays exportateurs, le recul annuel souligne la persistance des vulnérabilités structurelles.
Évolution des prix des produits alimentaires importés par les pays de l'Union