La Nation Bénin...
Les porteurs de projets dans les secteurs de la culture, de l’art et du tourisme ne peuvent durablement prospérer sans une véritable structuration de leurs activités. C’est l’un des messages délivrés lors de la conférence virtuelle organisée par le quotidien La Nation sur la structuration des PME et start-up.
La réussite d'une entreprise ne repose pas uniquement sur la qualité d'une idée ou le talent de son promoteur. Elle dépend également de sa capacité à se structurer et à s'inscrire dans un cadre formel. Cette conviction a été réaffirmée par Michaël Tapsoba, représentant pays de Proparco, au cours de la conférence virtuelle consacrée à la structuration des Pme et start-up. Répondant à une préoccupation relative à l'opportunité de lancer une activité dans les domaines de la culture, de l'art ou du tourisme sans accomplir au préalable les démarches administratives requises, l'intervenant a rappelé que ces secteurs relèvent pleinement de l'activité économique. « C'est une activité économique et donc elle a besoin d'être formalisée.
Et c'est la première des étapes», a-t-il souligné. Toutefois, Michaël Tapsoba estime que cette formalisation doit intervenir au moment opportun. Selon lui, un promoteur peut disposer d'une idée prometteuse sans nécessairement créer immédiatement une structure juridique si le projet n'est pas encore opérationnel. « On peut avoir une bonne idée et peut-être qu'elle sera activée dans un an. Il n'importe pas de se formaliser juridiquement dès maintenant où l'on va être en train de payer des impôts qui sont dus même si on n'a pas travaillé », a-t-il expliqué.
Le représentant pays de Proparco a attiré l'attention sur les nombreuses opportunités qui émergent actuellement au Bénin, notamment dans les secteurs de la culture et du tourisme. Il a salué les investissements importants consentis par l'État béninois pour valoriser son patrimoine culturel et développer l'industrie touristique. « Le Bénin est un pays qui a décidé d'investir franchement dans la promotion de la culture et du tourisme», a-t-il relevé. Pour illustrer cette dynamique, il a évoqué la construction de musées financée grâce à des ressources mobilisées par l'État. « On n'a jamais vu dans l'histoire de la sous-région un pays s'endetter pour construire des musées. Donc cela veut dire qu'il y a vraiment un levier», a-t-il affirmé. Selon lui, ces investissements publics créent un environnement favorable au développement d'initiatives privées capables de générer de la valeur et des emplois. Encore faut-il que les acteurs du secteur identifient les créneaux porteurs et se dotent d'outils de gestion adaptés. Michaël Tapsoba a également insisté sur l'une des principales difficultés rencontrées dans les industries culturelles et créatives: le manque de structuration des activités. « On est convaincu que quand on est artiste, on n'a pas besoin forcément d'avoir un business model. À la fin de la journée, on ne sait plus comment on vit », a-t-il regretté. Pour illustrer son propos, il a souligné que deux artistes possédant un talent comparable peuvent connaître des trajectoires radicalement différentes. Tandis que certains peinent à vivre durablement de leur art, d'autres parviennent à bâtir autour de leur activité une véritable chaîne entrepreneuriale intégrant production, promotion, gestion financière et développement commercial. Pour le représentant de Proparco, cette logique de structuration constitue aujourd'hui un passage obligé pour tous les acteurs désireux de tirer pleinement profit des opportunités offertes par les secteurs de la culture, de l'art et du tourisme. « Il faut identifier le bon axe d'intervention et construire une organisation capable de soutenir le développement de l'activité dans le temps », a-t-il conclu.
Le représentant pays de Proparco appelle les entrepreneurs culturels à bâtir de véritables modèles économiques autour de leurs activités