La Nation Bénin...
Face aux défis persistants de l’insécurité alimentaire et à la hausse du coût des engrais, la Cedeao entend renforcer les mécanismes régionaux de résilience agricole. L’organisation mise notamment sur l’accélération de son Programme rizicole, la consolidation des réserves alimentaires et la préservation de la libre circulation des personnes et des biens afin de soutenir la production, stimuler le commerce régional et consolider l’intégration économique en Afrique de l’Ouest.
La sécurité alimentaire demeure l’un des principaux défis auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest. Conscients des répercussions des crises successives sur les populations, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis en session ordinaire le 19 juillet 2026 à Lungi, en République de Sierra Leone, ont consacré une partie importante de leurs travaux à cette question de souveraineté. Les dirigeants de la sous-région ont insisté sur la nécessité d’intensifier les actions communes afin de garantir un approvisionnement durable en denrées alimentaires et de renforcer la résilience des systèmes agricoles. Les dirigeants ouest-africains se sont particulièrement déclarés préoccupés par la dégradation de la situation alimentaire et nutritionnelle dans plusieurs zones de la région. Cette situation, alimentée par les effets combinés des changements climatiques, des tensions sécuritaires et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, continue de fragiliser les ménages les plus vulnérables. À ces difficultés s’ajoute le renchérissement des prix des engrais, dont l’impact sur la productivité agricole demeure préoccupant. L’augmentation du coût de ces intrants essentiels limite les capacités de production des exploitants agricoles et menace les performances des principales filières vivrières. Les différentes mesures adoptées visent notamment à améliorer l’accès des producteurs aux engrais, à renforcer les réserves alimentaires régionales et à consolider les mécanismes de prévention des crises alimentaires. Ces efforts constituent une base importante sur laquelle devra s’appuyer une stratégie plus ambitieuse en faveur de la sécurité alimentaire. L’autosuffisance en riz a également occupé une place centrale dans les discussions. Les chefs d’État se sont félicités des avancées enregistrées dans le cadre du Programme rizicole de la Cedeao, conçu pour accroître durablement la production régionale de cette céréale fortement consommée en Afrique de l’Ouest. Ils ont appelé à une accélération de la mise en œuvre de la Feuille de route régionale pour le riz afin de réduire progressivement la dépendance de la sous-région vis-à-vis des importations.
Préserver les acquis de l’intégration régionale
À travers cette orientation, la Conférence entend promouvoir une agriculture plus compétitive, capable de satisfaire les besoins alimentaires des populations tout en créant davantage de richesses et d’emplois dans les espaces ruraux. Les dirigeants estiment que la souveraineté alimentaire passe par une meilleure valorisation des potentialités agricoles de la région, un renforcement des investissements dans les infrastructures rurales, la modernisation des exploitations agricoles et l’amélioration des chaînes de valeur.
La Conférence a également réaffirmé son attachement au Protocole de la Cedeao sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement. Les chefs d’État ont rappelé que ce texte demeure l’un des fondements les plus importants de l’intégration ouest-africaine et un acquis majeur dont bénéficient quotidiennement les citoyens de la Communauté. Il a été rappelé que la libre circulation constitue un levier essentiel pour le développement économique régional. Elle favorise les échanges commerciaux, facilite les investissements, soutient les activités des opérateurs économiques et contribue à une meilleure intégration des marchés nationaux. Dans cette perspective, les chefs d’État ont insisté sur la nécessité de préserver les acquis communautaires tout en poursuivant les réformes destinées à lever les obstacles qui entravent encore la mobilité des personnes et des marchandises. La Conférence a ainsi réaffirmé sa volonté de promouvoir le commerce transfrontalier et de renforcer la coopération économique entre les États membres. Le développement de corridors commerciaux efficaces, la simplification des procédures administratives aux frontières et l’application harmonisée des textes communautaires demeurent indispensables pour stimuler la croissance économique régionale et améliorer les conditions de vie des populations.
En réaffirmant leur engagement en faveur de la sécurité alimentaire, du développement agricole et de la libre circulation, les chefs d’État ouest-africains affichent leur ambition de consolider les bases d'une intégration économique plus résiliente. Les décisions prises traduisent la volonté de faire de l’agriculture, du commerce régional et de la coopération entre les peuples des instruments majeurs de stabilité, de croissance et de prospérité partagée pour l’ensemble de l’espace communautaire.