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La dix-neuvième réunion de l’Initiative Afrique s’est ouverte, mardi 30 juin à Cotonou, avec le lancement du rapport Transparence fiscale en Afrique 2026. Le document révèle que 25 pays africains ont identifié environ 273 milliards F Cfa, de recettes fiscales supplémentaires en 2025 grâce à l’échange de renseignements en plein essor sur le continent.
La transparence fiscale s’impose progressivement comme un levier majeur de mobilisation des ressources intérieures en Afrique. C’est le principal message porté par les responsables africains et les partenaires internationaux réunis, ce mardi 30 juin à Cotonou, à l’ouverture de la dix-neuvième réunion de l’Initiative Afrique. Organisée par le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) et la direction générale des Impôts du Bénin, la rencontre est marquée par le lancement du rapport Transparence fiscale en Afrique 2026.
« La transparence fiscale est un levier essentiel pour la mobilisation des ressources intérieures», a déclaré Nicolas Yènoussi, ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, coprésident de l’Initiative Afrique. Il a souligné les progrès enregistrés sur le continent tout en appelant à poursuivre les réformes afin de renforcer les capacités des administrations fiscales.
Le directeur général des Impôts du Bénin, Erick Maxime M. Akakpo-Djihountry, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de consolider les capacités nationales afin de tirer pleinement parti des mécanismes d'échange de renseignements et d'améliorer la mobilisation des recettes fiscales.
Présentant les principales conclusions du rapport, Maria José Garde, cheffe du Secrétariat du Forum mondial, a indiqué que les pays africains ont collectivement identifié 4,6 milliards d’euros, soit environ 3 013 milliards F Cfa, de recettes supplémentaires depuis 2009 grâce à l’échange de renseignements et aux programmes de divulgation volontaire associés. Selon elle, ces résultats traduisent les progrès accomplis par les administrations fiscales africaines dans l'adoption des standards internationaux de transparence.
Des progrès notables
Manal Corwin, directrice du Centre de politique et d’administration fiscales de l'Ocde, a rappelé que la transparence fiscale ne constitue pas une fin en soi, mais un instrument destiné à renforcer la confiance, améliorer la conformité fiscale et soutenir le financement des politiques publiques.
Vingt-cinq pays africains ont eu recours à l’échange de renseignements sur demande en 2025, contre seulement six en 2014. Les fiscs ont pu ainsi identifier 417 millions d’euros, soit environ 273 milliards F Cfa, de recettes fiscales supplémentaires grâce à la coopération et aux programmes de divulgation volontaire associés.
La Tunisie, le Cameroun, le Kenya, l’Ouganda et le Maroc concentrent à eux seuls près de 75 % des demandes adressées à leurs partenaires, ce qui témoigne du passage progressif d’une simple adhésion aux normes internationales à leur utilisation effective.
Le continent comptait, à la fin de l’année dernière, 3 518 accords d’échange de renseignements fiscaux, dont 85 % conclus dans le cadre de la Convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale (Maac).
L’échange automatique gagne du terrain
La mise en œuvre de la Norme commune de déclaration progresse également. Huit pays à savoir Afrique du Sud, Ghana, Kenya, Maurice, Nigeria, Ouganda, Rwanda et Seychelles, procédaient déjà à des échanges automatiques de renseignements en 2025. Six autres États, dont le Cameroun, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie, se sont engagés à rejoindre prochainement le dispositif.
Les administrations fiscales participantes ont ainsi reçu des informations sur près de 3 millions de comptes financiers représentant 259 milliards d’euros, soit environ 169 893 milliards F Cfa, d’actifs détenus à l'étranger.
Mary Baine, secrétaire exécutive du Forum sur l’administration fiscale africaine (Ataf), a insisté sur l’importance de transformer ces informations en résultats concrets, en renforçant les contrôles fiscaux et la conformité des contribuables. Six pays : Afrique du Sud, Kenya, Maurice, Nigeria, Ouganda et Seychelles, préparent par ailleurs la mise en œuvre du Cadre de déclaration des cryptoactifs, avec un lancement des échanges automatiques prévu d’ici 2027 ou 2028.
Pour Rohit Ramnawaz, directeur général de l’Autorité fiscale de Maurice et coprésident de l’Initiative Afrique, l’échange de renseignements constitue désormais un pilier de la coopération fiscale sur le continent et un outil essentiel de lutte contre l’évasion fiscale.
Les travaux se poursuivent jusqu’au 2 juillet, avec des sessions consacrées à la transparence des bénéficiaires effectifs, à l’utilisation des données issues de la Norme commune de déclaration, aux programmes de divulgation volontaire et aux défis liés aux cryptoactifs. Une table ronde des ministres des Finances et des responsables des administrations fiscales doit identifier les priorités régionales pour la mobilisation des ressources intérieures.
Les acteurs africains de la transparence fiscale saluent les avancées enregistrées dans la mobilisation des recettes publiques grâce à une coopération renforcée