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Journée mondiale de la Terre: Les enjeux de la préservation

Environnement
Nos bons gestes permettront d’éviter à la nature le péril écologique Nos bons gestes permettront d’éviter à la nature le péril écologique

Ce lundi 22 avril marque la Journée mondiale de la terre. Célébré depuis 1970, cet évènement vise à mobiliser la communauté internationale autour des actions de préservation de cet écosystème. Si les menaces contre la terre sabotent les efforts de préservation, la Journée mondiale de la Terre nourricière est perçue comme un moyen de rallier le public à la cause et d'inscrire les questions écologiques au cœur des actions au niveau national.

Par   Maryse ASSOGBADJO, le 24 avr. 2024 à 02h18 Durée 3 min.
#Journée mondiale de la Terre #Odd

Notre planète est fortement menacée. Les changements climatiques, la pollution de l’air et de l’eau, l'utilisation de produits chimiques, de combustibles fossiles et de plastiques, la dégradation des sols, les conflits, … sont autant de menaces qui pèsent sur la terre. Ces phénomènes perturbent ses écosystèmes et, ce faisant, nuisent aux espèces et les forcent à modifier leurs habitudes.

Des chercheurs canadiens définissent cinq causes directes de la perte de la biodiversité. Entre autres, la perte d’habitat, la surexploitation (la récolte excessive) des espèces à un rythme plus rapide que leur capacité de reproduction naturelle; les espèces envahissantes, souvent introduites par l’homme, peuvent menacer les espèces indigènes et leurs écosystèmes.

Les catastrophes naturelles sont tout aussi dramatiques. Dans ce registre, les inondations (catastrophe naturelle la plus fréquente) les tempêtes, les tremblements de terre, les températures extrêmes, les glissements de terrain, la sécheresse, les incendies de forêt, l’éruption volcanique….

Au Bénin, le Plan national sur la gestion durable des Terres 2018-2027, adopté en Conseil des ministres le 6 février 2019 relève que la dégradation continue des terres agricoles est une menace structurelle majeure pour l’atteinte des objectifs du Programme d’actions du gouvernement (Pag). Elle concerne la grande majorité des exploitations agricoles et a des répercussions sur les rendements de toutes les cultures, sur les revenus et le développement économique recherché.

Cette année, la canicule a atteint son paroxysme. Selon l'observatoire européen Copernicus, « le dérèglement climatique continue de montrer ses effets puisque le mois de mars 2024 a été le dixième mois consécutif à battre un record de chaleur ».

Antonio Guterres, secrétaire général de l'Onu va plus loin en faisant remarquer que Juillet 2023 a été le mois le plus chaud sur Terre depuis le "début de l'humanité" ; « la planète a connu des canicules meurtrières: la barre des 50°C a été franchie pour la première fois au Maroc, il a fait chaud jusqu'à 52,2°C dans la province de Xinjiang en Chine, des incendies ont ravagé les forêts du Canada, en Sibérie et sur le pourtour méditerranéen ».

Bref, la terre subit d’énormes menaces du fait de la pression anthropique.  Autant de défis qui militent en faveur d’une journée mondiale en sa faveur. C’est le 22 avril qui est retenu au niveau international pour célébrer la terre. Cette Journée apparaît comme une opportunité pour soigner cet écosystème des maux dont il souffre.

 Se connecter à la nature

 Selon les experts, cet évènement offre l’occasion de se connecter à la nature et de reconnaître la beauté et l'importance de la planète bleue.

Pour les Nations Unies, la terre représente une demeure pour les humains. L’Onu renseigne que l'Adn de la «Journée internationale de la Terre nourricière » est «plus précisément de sensibiliser les gens aux défis auxquels fait face notre planète, à partir de l'idée que la Terre et ses écosystèmes sont ce qui nous nourrit et soutient nos pas tout au long de la vie. Bref, notre seule maison ».

En réalité, les terres fournissent des services écosystémiques essentiels et leur gestion durable assure les fonctions de soutien, de régulation y compris des risques d’aléas naturels et de changement climatique.

Cette journée nous rappelle donc l'importance de la conservation de la biodiversité, qui est essentielle pour maintenir l'équilibre écologique de notre planète et notre propre bien-être. Elle est aussi une occasion privilégiée d'agir pour l'environnement.

Célébrée depuis 1970, la Journée internationale de la Terre est devenue une commémoration à l’échelle internationale en 1990 et mobilise des centaines de millions de personnes dans le monde. Le Sommet de la Terre de Rio en 1992 a été le déclic de cet engouement en faveur de la préservation de la planète bleue.  Depuis, la détermination ne s’est estompée. La Cop 21 en a tracé également des sillons. En 2016, la Journée de la Terre a été symboliquement choisie pour la signature officielle de l'Accord de Paris sur le climat, qui avait été conclu fin 2015.

L’Institut de recherches halieutiques et océanographiques du Bénin (Irhob) est aussi conscient de l’enjeu. En janvier 2024, il a mobilisé les femmes des médias autour des défis liés à l’observation de la terre. Cette rencontre assortie d’une feuille de route a permis aux femmes journalistes de mieux se positionner pour des actions en faveur de la Terre.

« Si nous abîmons l’environnement par nos gestes, nous nous détruisons nous-mêmes », relève Zacharie Sohou, directeur général de l’Irhob.

 Promouvoir les bonnes pratiques

 Si nous convenons que la protection de la terre participe de son équilibre et de notre bien-être, nous devons faire le nécessaire dans ce sens au quotidien. Cela tient compte des bonnes pratiques en faveur de la Terre nourricière. Au Bénin, les acteurs n’ont de cesse de prôner des gestes écologiques tels que la réduction des sachets plastiques, la préservation de l’eau, le recyclage des déchets, la plantation d’arbres...

Le thème de l’édition 2024 intitulé, «Planète contre plastique », vise à sensibiliser aux effets de la pollution plastique sur la santé humaine et planétaire. Les éditions antérieures ont porté sur une série de questions environnementales, allant du changement climatique et de l'énergie propre à la protection des espèces en passant par les avantages de la plantation d'arbres.

Pour cette édition, le Traité historique des Nations unies sur les plastiques est mis en exergue. Il devrait être adopté d'ici la fin de l'année 2024.  Au niveau international, les acteurs exhortent les communautés à mettre fin à la pollution plastique d'ici à 2040. De leur côté, les organisateurs de la Journée mondiale de la Terre encouragent la réduction de 60 % de la production de plastiques d'ici à 2040. De quoi soulager le ministère du Cadre de vie et du Développement durable et les activistes de la lutte contre les sachets plastiques au Bénin.

Le Bénin s’est approprié la cause planétaire en ratifiant diverses conventions des Nations Unies : la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques le 30 juin 1994, le Protocole de Kyoto le 25 février 2002, l’Accord de Paris le 24 octobre 2016, la Convention sur la diversité biologique, le 30 juin 1994….

Le Plan national sur la gestion durable des Terres 2018-2027, renseigne que notre pays se fixe prioritairement comme ambitions d’atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres d’ici à 2030 à travers la restauration d’au moins 50 % (soit 1,25 million ha) des terres dégradées au cours de la période de référence 2000-2010, et limiter à 5 % (398 200 ha) la perte des terres non dégradées (forêts et savanes), afin de préserver les écosystèmes terrestres et aquatiques avec une amélioration nette du couvert végétal de 12 % (1 364 604 ha).