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Nouvelles

Gestion des carrières de sable: Sept mesures urgentes pour une meilleure exploitation

Face au drame environnemental qui se joue sur les carrières de sable, le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 27 juin a validé des mesures urgentes conservatoires en vue d’une meilleure gestion de l’exploitation desdites carrières.

Prolifération de l’exploitation anarchique de bas-fonds, plans et cours d’eau pour l’extraction de sable dans certaines communes, ouverture de carrières au mépris de la règlementation en vigueur, dégradations de voies publiques, pollution atmosphérique et sonore, nuisances aux populations… Les maux identifiés par le gouvernement du fait d’une absence de rigueur autour de l’exploitation des carrières de sable sont nombreuses. Pour en avoir le cœur net et prendre la mesure de la situation, le gouvernement a commandité une étude dont les résultats seront connus sous peu, déclare le ministre Oswald Homeky, présentant le compte-rendu du Conseil des ministres.
Mais en attendant, sept mesures conservatoires urgentes ont été prises en vue d’une meilleure gestion de l’exploitation des carrières de sable dans les communes. Le gouvernement a ainsi décidé d’empêcher l’ouverture de carrières non autorisées, conformément aux textes en vigueur, de libérer les couloirs d’écoulement et de réceptacles des eaux pluviales, et poursuivre le curage des ouvrages d’assainissement, de procéder à la restauration des sites mis à la disposition des exploitants régulièrement autorisés et encore en activité, conformément au plan de gestion environnementale et sociale, d’identifier de nouveaux gisements exploitables de sable pour éviter les exploitations anarchiques et de subordonner l’exploitation de nouveaux sites à la détention des autorisations requises, conformément aux textes en vigueur. Il a été également décidé que le ministère du Cadre de vie et du Développement durable soit désormais cosignataire des conventions minières d’exploitation de sable, en plus de la délivrance du certificat de conformité environnementale.
Ces mesures urgentes visent à réduire les conséquences de l’exploitation anarchique des carrières de sable ainsi que les graves dégâts que cela occasionne à l’environnement. En cela le gouvernement n’a pas laissé le drame se jouer assez longtemps avant de songer à la préservation du bien-être des populations et de la nature. Avec ces mesures conservatoires, tout indique que ce secteur d’activité connaîtra une meilleure organisation sous peu avec une attention particulière et un respect scrupuleux de la réglementation en vigueur?

Actualités 28 juin 2018


21e session du comité intergouvernemental d’experts d’Afrique de l’Ouest: Nouveaux défis de l’intégration sous-régionale en discussion
[caption id="attachment_29726" align="alignnone" width="1024"]Abdoulaye Bio TCHANE ouvrant la 21è session intergouvernement des experts[/caption]

Cotonou accueille du 27 au 29 juin, la vingt-et-unième session du comité intergouvernemental d’experts de l’Afrique de l’Ouest autour des questions sur les nouveaux défis et perspectives de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Un thème choisi à dessein au regard des enjeux actuels de la sous-région, notamment sur le plan économique.

Trois raisons fondamentales justifient, selon le professeur Dimitri Sanga, directeur du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission économique des Nations Unies (Cea), le choix du thème « Intégration régionale en Afrique de l’Ouest : nouveaux défis et perspectives» pour la réflexion qui mobilise à Cotonou depuis ce mercredi 27 juin, des experts ouest-africains.
La première, c’est que les tentatives en cours d’élargissement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
(Cedeao) à de nouveaux membres sont porteuses d’opportunités certes avec l’élargissement du marché sous-régional, mais également de défis et d’incertitudes quant aux implications sur les plans politique, commercial, social, culturel, sécuritaire. La deuxième raison, c'est que l’Afrique vient d’inaugurer une nouvelle ère avec le lancement officiel de la Zone de libre échange continentale africaine (Zleca) et la signature par quarante-quatre pays de l’accord y afférent. « Notre sous-région sera à l’évidence impactée par cette nouvelle donne dans les relations entre pays », indique-t-il. Enfin, la troisième raison : «à 18 mois de l’échéance de la monnaie unique sous-régionale, selon la dernière feuille de route, la Cedeoa engage la Task Force présidentielle sur la monnaie unique constituée du Niger, du Ghana, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire à l’orienter dans sa décision qui aura des impacts sur divers plans politique, historique, économique et sociale ».
Dans cette perspective et à la lumière de tous ces défis et perspectives, la Cea, poursuit-il, a décidé d’engager les délégués invités à ces assises dans des réflexions et analyses en vue de mieux orienter et guider la Commission de la Cedeao et ses États membres vers des approches et réponses novatrices aux différents défis au bénéficie des populations ouest-africaines. «Nos pays sont loin d’être désarmés. Ils ne devraient pas non plus être envahis par le doute, le scepticisme, voire le fatalisme face aux défis susmentionnés », avertit le professeur Dimitri Sanga qui souligne la nécessité pour tous les acteurs de se focaliser davantage sur les potentialités de la sous-région et au-delà de tout le continent.
Des potentialités mais aussi des atouts, vante le directeur de la Cea qui rappelle que l’Afrique de l’Ouest a en son sein les premiers producteurs africains de pétrole et de coton, le premier producteur mondial de cacao et des producteurs majeurs de fer, d’or, de bauxite et de diamant. « Elle est dotée de ressources hydriques, de potentialités agricoles, et énergétiques avec une proportion de 60 % de sa population âgée de moins de 35 ans»; donc elle a l’opportunité de s’investir pour bénéficier du dividende démographique. A cette liste d’opportunités, il ajoute l’intégration des peuples, des cultures et langues, la proximité géographique, les passerelles en matière d’échanges et de libre circulation des personnes. Pour tirer pleinement profit de ces dotations et ressources, le maître mot sera, d’après lui, l’accélération des cadences de transformation et d’industrialisation, en vue de générer plus de valeur ajoutée, plus d’emplois pour rendre la croissance plus inclusive et résiliente. Cette session du comité intergouvernemental prévoit également de se pencher sur les défis et les perspectives de l’intégration régionale, d’examiner les rapports sur le profil économique et social de l’Afrique de l’Ouest en 2017 et des perspectives 2018 et les progrès vers la monnaie unique dans la zone Cedeao.

Débattre des récentes évolutions

« A la lumière des points inscrits au programme et au regard des résultats attendus, les travaux de cette session du Comité intergouvernemental des experts permettront de formuler des recommandations pertinentes aux Etats, à la Cea et aux institutions régionales pour une accélération de l’intégration régionale et une amélioration des conditions de vie des populations », estime le ministre d’Etat Abdoualye Bio Tchané, invité à l’ouverture officielle des travaux. Pour lui, Cotonou doit être une étape cruciale, la voie de la transformation structurelle des économies de la sous-région. Mieux, indique-t-il, cette session est un excellent prolongement des travaux de la réunion ad hoc et permettra de débattre des récentes évolutions enregistrées au niveau des différentes dimensions de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, d’en identifier les principaux défis et leviers afin de lui donner une nouvelle dimension.
Face au contexte régional ouest-africain marqué par certains faits socio-économiques qui interpellent nos Etats et qui appellent l’attention sur le processus d’intégration régionale, Abdoulaye Bio Tchané insiste sur l’influence du poids économique du Nigeria sur les pays voisins de l’Afrique de l’Ouest, la recomposition probable de la Cedeao avec la demande d’adhésion du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les Etats avec des spécificités selon les pays, les problèmes démographiques et migratoires et les crises sociales ou politiques enregistrées dans certains pays. « Ces thématiques doivent vous inspirer dans la perspective d’amener nos Etats, à optimiser ou pessimiser, à réfréner ou accélérer, à promouvoir ou enrayer selon les différents cas et selon les effets attendus ou désirés », suggère-t-il

Actualités 28 juin 2018


Fonds national de développement agricole: 294 milliards pour financer l’agriculture sur cinq ans

Les activités du Fonds national de développement agricole (Fnda) ont été lancées, mardi 26 juin dernier. Revu et mis en synergie avec les nouvelles orientations dans le secteur et en lien avec le Plan stratégique de développement du secteur agricole, il devrait faciliter les investissements structurants dans le secteur.

Créé en 2014 pour financer l’agriculture, le Fonds national de développement agricole (Fnda) a été restructuré pour être le fer de lance du financement agricole au Bénin. Le processus qui a démarré en juin 2017 a abouti mardi 26 juin dernier au lancement de ses activités.
La mission du Fnda est de «contribuer à l’amélioration des revenus agricoles et à la sécurité alimentaire par la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole, à travers des subventions ciblées et des instruments financiers adaptés aux besoins des filières et ce par une approche de développement participatif des filières agricoles, pour une meilleure exploitation du potentiel agricole national ».
Des défis à relever, de la vision et de la mission du Fnda découlent des orientations stratégiques. Pour les cinq années à venir, il s’agit de promouvoir une finance agricole inclusive, de renforcer la capacité d’intervention et de la crédibilité du fonds et d'appuyer la modernisation du secteur agricole. Les activités du Fonds sont évaluées pour un besoin de financement de 294 milliards F Cfa sur cinq ans, répartis sur trois guichets qui devraient permettre d’assurer la réalisation des investissements structurants, l’accès aux services non financiers et l’accès aux services financiers.
Le fonds n’étant pas une banque, elle facilitera l’accès au crédit que les banques primaires vont apporter au secteur agricole à travers la réduction des risques et bonifications des crédits. Il s’agit, à cet effet, de soutenir les acteurs des chaînes de valeurs agricoles et de leurs organisations professionnelles d’accéder auprès des banques et des institutions de microfinance à des crédits à des conditions adaptées aux besoins et aux contraintes spécifiques du secteur agricole.
Mais, selon plusieurs intervenants lors de la cérémonie de lancement des activités du Fonds, cet instrument appelle à une prospective par rapport aux expériences passées. Pour Dr. Dédjila, c’est un instrument qui invite à rendre l’agriculture plus professionnelle. Tous les acteurs sont interpellés, en premier lieu, les organisations professionnelles de producteurs agricoles et paysannes, souligne-t-il. Il explique que le Fnda invite à toujours investir dans la recherche des performances. Il souligne que le Fnda vient appuyer la volonté de chacun à rechercher le professionnalisme. Pour lui, c’est la solution pour mettre en confiance les banques qui sont frileux du fait des risques.

Créer des riches dans l’agriculture

Gaston Dossouhoui, ministre de l'Agriculture, rassure que les activités du Fnda ne vise point à prendre le risque d’aller aux petits producteurs, mais de faire en sorte que le plus petit producteur soit impacté. C’est pourquoi, dit-il, l’approche cluster est l’option choisie qui permet aux plus petits de travailler. Mais le ministre demande de ne pas réduire le développement agricole à la simple satisfaction des besoins alimentaires ou nutritionnels. « Nous voulons créer des paysans riches, le plus petit qui est là doit aussi être riche », lance-t-il pour montrer l’objectif du gouvernement. Il dit que la première dotation du fonds est de 10 milliards de francs Cfa. D’autres dotations beaucoup plus importantes seront annoncées dans les prochaines semaines.
Au terme de la présentation du Fnda, le ministre Gaston Dossouhoui affirme avoir tiré comme leçon qu’il y a longtemps que le Fonds national de développement agricole est attendu. « Il est arrivé enfin ! », se réjouissait-il mardi 26 juin à Cotonou. Ce sentiment du ministre traduit l’importance de ce Fonds attendu par tous les acteurs du secteur agricole pour qu’enfin, les banques primaires acceptent de financer leurs projets.
Le ministre affirme que ceux qui craignent le risque commencent par avoir des éléments d’amoindrissement des chocs. « Je voudrais que le Fnda amoindrisse les risques que les banquiers ont pour éviter de mettre les ressources en surliquidités dans le développement de l’agriculture », sensibilise-t-il. Faisant remarquer que l’agriculture est le moteur du développement du Bénin, il souligne que cette importance est bien confirmée dans le Programme d’action du gouvernement 2017-2021. Le premier pilier place les fondamentaux de la sauvegarde de la démocratie en priorité et en second, il y a la croissance avec trois pôles essentiels dont l’agriculture, aux côtés du tourisme et de l’économie numérique.
S’adressant à l’assistance, le ministre invite les cadres de son ministère à être des pionniers dans le secteur. « Je veux reconnaître mes cadres, les meilleurs comme de bons planteurs, comme des éleveurs modernes, comme des pisciculteurs de haut niveau », exhorte-t-il, affirmant que c’est en cela qu’ils seront reconnus désormais.
Selon le ministre, celui qui a couru le risque lui-même peut aider facilement les autres dans un conseil dédié. « Je souhaite que les conseils soient des conseils de proximité, du vécu par nous-mêmes, pour être sûrs de dire ce qu’on veut dire avec certitude et les mots justes », lance-t-il, précisant que le Fonds national de développement agricole va permettre de régler progressivement et graduellement la question de financement dans l’agriculture?

Actualités 28 juin 2018


Pour un incendie volontaire qui a fait trois morts (Cour d'assises d'Abomey, 28e dossier): Adjo Amaba écope de 20 ans de travaux forcés

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a examiné le dernier dossier inscrit au rôle, mardi 26 juin dernier. Il est relatif à un cas d’incendie volontaire qui a fait trois morts et dont est accusée dame Adjo Amaba. Elle est reconnue coupable par la cour qui l’a condamnée à 20 ans de travaux forcés.

Triste histoire que celle de cette famille décimée par le feu ! Elle est la preuve que ce n’est pas seulement les monstres qui sont capables de commettre des atrocités. Dans le village d’Agbon dans la commune de Bantè vivait une jeune famille paisible : l’homme, Epiphane Okpè, ses deux femmes: Bénédicte Agoli-Agbo (18 ans) et Adjo Amaba (22 ans). Cette dernière, de nationalité togolaise n’a pas eu la chance comme Bénédicte de connaître rapidement la maternité. Bénédicte a eu une fille, Gwladys.
Adjo, la Togolaise, est connue à Agbon comme vendeuse de Tchoukoutou, l’alcool local. Elle raconte que son infertilité faisait d’elle la risée de tous. Ce qui l’a poussée à abandonner cette activité. Elle est recluse à la maison. Même dans la maison, non plus, elle n’a la paix. La tension est fréquente entre elle et sa coépouse. Le foyer vacille sérieusement et devient un enfer pour Adjo. Un soir, le mari Epiphane est venu ramasser ses effets de sa case pour aller rejoindre Bénédicte. Elle est ainsi abandonnée, tel un vieil arbre sans oiseaux. Ni enfant ni mari ! Elle est seule et gagnée par le chagrin. Elle ne supporte pas et en est devenue mélancolique.
Le samedi 16 janvier 2016, son mari Epiphane vient nuitamment la voir dans sa case comme pour l’avertir. Il se serait adressé à elle en ces termes : « Adjo, maintenant qu’est-ce que tu veux ? Veux-tu vivre ou mourir ici ? ». Adjo répond : «Je suis désormais prête à tout ». Puis, le mari repart tranquillement se coucher dans la case de Bénédicte. Alors que dans la journée elle (Adjo) a demandé le lit à Epiphane, et a essuyé un refus catégorique de la part de ce dernier. Pour le mari, il n’y aura plus de sexe entre eux, car depuis trois ans qu’ils sont ensemble, pas un seul fruit n’est issu de leur lit.
Adjo s’est sentie humiliée. Elle est traversée rapidement par une pensée. Elle croit
qu’Epiphane va la tuer. Elle raconte devant la cour qu’elle en était sûre et certaine. Alors, elle s’est dit qu’elle ne sera pas seule à mourir. Il faut qu’ils partent tous alors. La jalousie prend le pas sur sa raison. Adjo veut en finir avec cette vie de solitude. Pour elle, c’est maintenant ou jamais. Elle pense mettre le feu à leur case. Elle attend minuit, que le mari et l’autre épouse s’endorment dans leur case pour passer à l’acte. Ainsi, elle cherche un bidon d’essence qu’elle répand à la porte, à la fenêtre. Et pour réussir son coup, elle prend soin de verrouiller la porte à l’extérieur avant de prendre la buchette d’allumette. Puis, boom ! Le feu emflamme la case, avec à l’intérieur le mari, Bénédicte et leur fille Gwladys.
Réveillé en sursaut par la suffocation, le mari réussit à sortir en passant par la fenêtre. Puis il y retourne pour sauver Bénédicte et la petite Gwladys toujours à l’intérieur prises aussi au piège du feu. Ils sont aussi aidés par les voisins.
Chose curieuse, Adjo qui dit avoir aussi l’envie de mourir face à cet enfer conjugal n’entre pas dans le feu qu’elle a allumé. Au contraire, après avoir mis le feu, elle va tranquillement se mettre à l’abri dans sa case. Elle a fui la scène macabre qu’elle a créée.
Transportés d’urgence à l’hôpital, les trois piégés vont tous mourir l’un après l’autre. C’est d’abord la petite Gwladys qui rend l’âme au cours du transport. Sa maman l’a suivie le 25 janvier et le père le 31 janvier. Tous ont péri des suites de leurs blessures et dans des conditions très atroces.

Remords ?

L’auteur du drame Adjo Amaba, devant la cour n’a pas caché ses remords. Elle dit avoir agi sous l'effet de la colère et qu’elle était certaine que le mari allait la tuer cette nuit-là. Et qu’elle-même était prête à mourir mais qu’elle n’a plus eu la force et le courage de se jeter dans le feu.
L’avocat général Pierre D.
Ahiffon fustige cet acte ignoble d’une coépouse qui avait bien l’intention d’exterminer toute la petite famille par jalousie. Elle choisit d’éliminer toute la famille en la faisant prendre au piège par le feu, causant une véritable tragédie dans le village d’Agbon.
C’est bien pour cela que l’acte de l’accusée Adjo doit être sévèrement sanctionné par la cour pour donner l’exemple, indique-t-il. Puis, dit-il, les trois éléments constitutifs des faits sont réunis pour les infractions d’incendie volontaire et d’assassinat. Requérant pour le cumul des infractions et non des peines, Pierre D. Ahiffon rappelle les dispositions des articles 295, 296, 297, 302 et 434 alinéa 1er du Code pénal, puis propose alors à la cour de condamner l’accusée Adjo Amaba aux travaux forcés à perpétuité.
La défense assurée par Me Yvon Détchénou a plaidé la clémence de la cour en faveur de l’accusée qui a regretté sincèrement son acte et qui a plutôt agi pour faire mal mais pas pour tuer. Me Détchénou invite la cour à la prudence pour faire la différence entre la volonté de tuer et de faire mal. Et c’est la réaction d’une jeune dame, à peine la vingtaine qui, parce que n’ayant pas connu la maternité, est humiliée même par son mari qui lui refuse le lit. Elle a des envies et désirs boudés et non satisfaits par le mari. Ainsi, socialement rejetée par tous, elle a eu le caprice de faire mal, pas pour tuer, plaide la défense qui demande la clémence de la cour pour permettre à l’accusée un retour dans la société. Une société qui l’a humiliée et refoulée.
Après une suspension, la cour présidée par Daniel d’Almeida revient rendre sa décision. Elle reconnaît Adjo Amaba coupable d’avoir volontairement mis le feu à la case de son époux. Un incendie qui a fait des morts. Une infraction prévue et punie par les lois notamment par le Code pénal en ses articles 434, 249, 36, 52, 55, 361 et autres. La cour l’a condamnée à 20 ans de travaux forcés. L’accusée âgée aujourd’hui de 24 ans vient de faire deux ans en prison. Elle aura à y passer encore les dix-huit prochaines années. Comme quoi, elle n’a pas pu échapper à son destin de solitude malgré tout?
Les faits

Le samedi 16 janvier 2016 à Agbon dans la commune de Bantè, alors que le nommé Epiphane Okpè dormait dans sa chambre avec son épouse Bénédicte Agoli-Agbo et leur fille Gwladys, sa deuxième femme, dame Adjo, a mis le feu à leur chambre, après l’avoir aspergée d’essence. Réveillé par les flammes, Epiphane a pu sortir de la chambre par la fenêtre qu’il a dû casser. Il y retourne ensuite pour en sortir son épouse Bénédicte et sa fille par la porte qu’il a défoncée de l’extérieur, en affrontant les flammes.
Tous les trois ont été grièvement brûlés par les flammes et ont été référés à l’hôpital de zone de Savalou puis au centre hospitalier départemental (Chd-Zou) à Abomey. Au cours du transport vers l’hôpital, la fillette Gwladys âgée à peine de deux ans a malheureusement succombé. Plus tard, sa mère Bénédicte
Agoli-Agbo et son père Epiphane Okpè sont aussi décédés des suites de leurs blessures.
L’accusée a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. L’enquête de moralité la concernant ne lui est pas favorable et elle n’était pas en état de démence au moment des faits?
Composition de la cour

Président : Daniel d’Almeida
Assesseurs : Désiré P. Dato / Léopold Colli
Jurés : Prosper Z. Tossou, Romain Togni, Paul D. Glèlè et Marguerite H. Kossou

Avocat général : Pierre D. Ahiffon
Greffier : Etienne Ahonahin

Société 28 juin 2018


Signature d’accord de siège au Maec: Le gouvernement renouvelle sa confiance à l’Ong Arcade
[caption id="attachment_29719" align="alignnone" width="1024"]Photo de famille après la signature de l'accord de siège de l'ONG-Arcade[/caption]

 L’organisation non gouvernementale Actifs et retraités pour la coopération et l’aide au développement (Arcade) a renouvelé, ce mardi 26 juin, l’accord de siège qui l’établit en République du Bénin. Ce renouvellement de confiance à cette organisation très engagée sur le plan du bien-être des populations se justifie par les nombreux projets et initiatives conduits avec dextérité dans plusieurs localités du Bénin.

L’évaluation des projets et des activités de l’organisation non gouvernementale Actifs et retraités pour la coopération et l’aide au développement (Arcade) par un comité interministériel est largement positive. Elle illustre non seulement l’engagement de l’Ong, mais aussi l’arrimage de son intervention avec les objectifs du Programme d’action du gouvernement, témoigne le secrétaire général du ministère des Affaires et de la Coopération, Hervé Djokpé. A l’occasion du renouvellement de l’accord de siège de l’organisation au Bénin, il n’a pas tari d'éloges à son endroit. L’installation des panneaux solaires, le forage des puits, l’appui aux étudiants de l’Institut universitaire de Lokossa, l’érection de châteaux d’eau alimentés par des panneaux solaires, l’équipement des ateliers au profit des artisans constituent autant d’activités à travers lesquelles l’organisation s’illustre au Bénin, depuis son implantation en 1987.
A cela s’ajoutent des constructions des modules de salles de classe, la formation, l’appui et l’équipement aux maraîchers. Autant d’actions qui illustrent la convergence des objectifs de l’organisation et de la vision du gouvernement. Cela autorise, note-t-il, les appréciations en sa faveur et témoigne de sa contribution significative pour la recherche de solutions aux maux qui minent le développement du pays. A ces retraités qui, au lieu de se mettre au service du gouvernement français, ont préféré se donner à la cause du développement du Bénin, le secrétaire général du ministère des Affaires et de la Coopération a dit toute l’admiration du gouvernement et veut pouvoir compter sur l’organisation, autant qu’elle peut en retour compter sur la sollicitude des autorités béninoises.
« Les bénévoles d’Arcade s’activent dans les domaines de l’artisanat, de l’agriculture et de la santé avec le souci constant d’apporter leurs compétences, et les partager avec leurs amis béninois. Au fil des années, des liens étroits se sont tissés et si nous sommes fiers d’apporter du matériel et du savoir, nous avons bien conscience de beaucoup recevoir en retour », répond le président d’Arcade, Yves Lemal.

Des bénévoles très actifs

« Les matériels que nous remettons en état dans nos ateliers (tracteurs, motoculteurs, machines outil pour le travail du bois et du métal, vélos, ordinateurs, machines à coudre, outillages divers, mais aussi matériels de santé et consommables, ouvrages scolaires et documentations techniques, jouets pour les écoles) sont le socle de nos activités. Mais nous nous appliquons à aller au-delà de la simple fourniture de matériels en organisant, tous les ans, des cycles de formation dans les domaines du maraîchage, de la mécanique agricole et de la conduite des engins, de la santé et une aide technique aux artisans », poursuit-il.
Sauf que depuis dix ans, Arcade a pris le tournant des énergies renouvelables et instauré des programmes d’installation de panneaux solaires pour le pompage de l’eau en vue de permettre l’irrigation des zones de maraîchage, voire en créer de nouvelles au plus près des villages isolés. « Ces programmes intègrent l’installation de panneaux solaires sur le toit des écoles afin que les enfants aient accès à l’éducation à toute heure », précise-t-il. Arcade démarre également, à en croire son président, d’importants travaux de réhabilitation du centre communal de Santé de Zè et finance l’achat d'une ambulance.
Yves Lemal reconnaît que rien de tout cela n’a pu se faire sans la détermination, l’engagement et le soutien des artisans, des bénévoles et des populations elles-mêmes. « Des personnes soucieuses d’aider au développement de leur pays et qui mettent toute leur énergie au service de l’autre », apprécie-t-il. Ce coup de pouce réciproque qui donne de la visibilité aux actions de l’organisation et qui lui valent les bonnes appréciations des autorités sera maintenu, assure Yves Lemal, heureux de voir le gouvernement béninois renouveler à son organisation son accord de siège.

Société 27 juin 2018


Développement agricole et croissance économique: Les activités du Fnda lancées

Les activités du Fonds national de développement agricole (Fnda) ont été lancées, ce mardi 26 juin 2018 à Cotonou, en présence des acteurs du secteur. Occasion d’échanger sur la vision, la mission et les mécanismes de fonctionnement de ce fonds qui a été revu pour être en synergie avec les nouvelles orientations du secteur.

« Le jour est enfin venu ! » Ainsi s’exclame Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, ce mardi 26 juin à Cotonou, au lancement des activités du Fonds national de développement agricole (Fnda). Le ministre s’en réjouit et salue les membres du Conseil d’administration et du directeur général du Fonds, à l’en croire, ont travaillé dans le silence et la discrétion avec beaucoup d’efficacité. « Le fruit de votre travail peut être présenté au public », leur lance-t-il. Aussi, 

a-t-il remercié les organisations professionnelles agricoles et la société civile pour leur implication dans le résultat obtenu.
Les activités du Fnda sont lancées après que le gouvernement s'est assuré de son fonctionnement en embauchant son personnel, en faisant élaborer son plan de développement en lien avec les objectifs du Programme d’action du gouvernement « Bénin révélé » et du Plan stratégique de développement du secteur agricole (Psdsa). Pour le ministre Dossouhoui, l’opérationnalisation du Fnda à travers trois guichets devra permettre d’assurer la réalisation des investissements structurants, l’accès aux services non financiers et l’accès aux services financiers.
Gaston Dossouhoui explique que la finalité est de disposer d’un mécanisme opérationnel de financement adapté au secteur agricole. Il s’agira, explique-t-il, « par des subventions ciblées et des instruments financiers adaptés, d’orienter le financement privé vers des activités qui permettent une meilleure exploitation du potentiel agricole national, afin de contribuer à l’amélioration des revenus agricoles et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ».
Le ministre avertit que le Fnda n’est pas une banque, mais elle facilitera l’accès au crédit que les banques primaires vont apporter au secteur agricole en réduisant les risques et en bonifiant les crédits. « Elle va donner la garantie à ces banquiers assez frileux qui craignent d’investir dans l’agriculture », éclaire-t-il.
Bonaventure Kouakannou, président du Conseil d’administration ajoute qu’il s’agit par ailleurs de soutenir les acteurs des chaînes de valeurs agricoles et de leurs organisations professionnelles d’accéder auprès des banques et des institutions de microfinance à des crédits à des conditions adaptées aux besoins et aux contraintes spécifiques du secteur agricole.
Pour M. Kouakannou, le Fnda va soutenir l’investissement qui permette aux exploitants et entrepreneurs agricoles de démarrer et de consolider, d’étendre et de professionnaliser les activités de production, de transformation, de commercialisation des produits agricoles animaux et halieutiques.
Toutes choses qui, indique Gaston Dossouhoui, vont permettre d’atteindre la vision du gouvernement résumée comme suit : « A l’horizon 2022, le Fnda devienne un fonds majeur de facilitation de l’investissement privé où converge l’essentiel des ressources destinées au financement des exploitants et entrepreneurs agricoles, pour une agriculture résiliente aux changements climatiques, créatrice de richesses et d’emplois, assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle à la population béninoise ».

294 milliards sur cinq ans

Le lancement des activités du Fnda a été, selon de Bonaventure Kouakannou, un cadre d’échanges entre les acteurs du secteur agricole, nationaux et étrangers, sur sa vision, sa mission et ses attributions dans la mise en œuvre du volet agricole de Bénin Révélé. Présenté dans son nouveau contexte, l’assistance est informée sur les outils et mécanismes d’intervention du Fonds national de développement agricole, etc.
Olivier Vigan, le directeur général du Fonds, a annoncé en réponse à une préoccupation d’une participante que les
besoins de financement du Fnda sont évalués à 294 milliards sur cinq ans, répartis sur trois guichets. Sur ce besoin, le gouvernement a dégagé dans un premier temps dix milliards de francs Cfa, indique le ministre Dossouhoui, promettant que ce montant sera beaucoup plus élevé pour une seconde dotation qui sera bientôt dégagée.
M. Kouakannou a précisé que le Fonds est un instrument de promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole en liaison avec les Agences territoriales de développement agricole (Atda). Il ajoute qu’il s’agit de financer et d'équiper des infrastructures d’intérêt général, permettant de créer un effet de levier pour le développement des filières agricoles et la sécurité alimentaire.

Société 27 juin 2018


Signature de convention de partenariat entre l’Ancb et l’Efob: Elus français d’origine béninoise, partenaires au développement national

L’appel du chef de l’Etat aux compétences de la diaspora béninoise de se mettre au service du développement a reçu un écho favorable auprès des élus français d’origine béninoise. Leur association a signé, ce mardi 26 juin à Cotonou, une convention de partenariat avec l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). Entre les deux associations, c’est le point de départ d’une collaboration mutuellement gagnante et bénéfique.

Artisan discret de la diplomatie participative de la diaspora béninoise à l’effort de développement national, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, a été le premier à saluer la concrétisation de l’accord de partenariat entre l’Association des élus français d’origine béninoise (Efob) et l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). « Les compétences de ce pays où qu’elles se trouvent doivent être mises au service de nos compatriotes », retient le ministre. « Cette autre partie de nous qui fait des merveilles ailleurs doit aussi servir la cause du pays », continue le patron de la diplomatie béninoise qui retrace le parcours qui a conduit à cette convention de partenariat qui augure d’une collaboration nouvelle entre l’Efob et l’Ancb.
L’importance de ce mariage a fait du président de la République en personne, le témoin de sa concrétisation. Comme lui, de nombreux maires et élus municipaux et communaux étaient de la partie pour vivre cet inédit instant longtemps rêvé et voulu par le président Patrice Talon, selon plusieurs témoignages.
Hubert Zoutu, maire d'Heudebouville en République française pour le compte de l’Efob et Luc Sètondji Atrokpo, maire de la ville de Bohicon, président de l’Ancb, vont ainsi concrétiser cette convention par le paraphe et l’échange des documents y afférents.
L’acte est historique. Il honore surtout les élus français d’origine béninoise qui ont voulu se mettre au service de leur pays, apprécie le président Patrice Talon. A ces Béninois qui font la fierté du pays au-delà du continent, qui ont réussi à se faire adouber par les chapelles politiques françaises et qui ont gagné la confiance des électeurs et citoyens de ce même pays, le président de la République n’a pas manqué de dire toute son admiration. « Rares sont les Béninois qui affichent leur origine à l’extérieur », regrette le chef de l’Etat qui apprécie l’engagement et le courage de ces élus qui ont décidé malgré la charge portée en France, de se mettre au service de la patrie d’origine. Fier de cette option, il déclare révolu le temps où le Béninois renie ses origines ; et souhaite que cette convention soit le point de départ d’une contribution plus efficace de la diaspora au développement du pays. Pour ce qui le concerne, la partition du pouvoir central ne fera pas défaut à tous les projets concrets qui naîtront de ce partenariat qu’il a souhaité fécond et porteur de bien-être pour les populations, assure-t-il.

Nouvelle page

« Ensemble, nous définirons les projets pertinents à mener par les deux parties pour le rayonnement de la décentralisation et pour accompagner le président de la République et son gouvernement dans leurs œuvres de développement de notre pays ». C’est le vœu fort formulé par le président de l’Ancb, au terme de la signature de l’accord. Au nom des maires du Bénin, il dit compter sur le lobbying que fera l’association des élus français d’origine béninoise et la sollicitude avec laquelle, le chef de l’État s’occupe des questions de décentralisation. Pour lui, en effet, le temps est à la renaissance de la décentralisation avec le président Patrice Talon et il en donnera la preuve en citant, entre autres, la fixation par le gouvernement des chefs-lieux de département, la nomination de douze préfets, la mise en place du Fadec-assainissement, du Fadec-énergie et la prise de plusieurs autres mesures pour accompagner efficacement le développement local. Cela témoigne de l’avis du président de l’Ancb de son respect et de son engagement à approfondir la décentralisation et la déconcentration, ainsi que cela est mentionné dans le Programme d’action du gouvernement.
Hubert Zoutu, représentant de l’Efob, au terme de la signature de la convention, laisse lire, lui aussi, des notes d’espoir pour le développement du Bénin à compter de cet accord qui rapprochera davantage la diaspora béninoise des actions de développement menées au pays. « Nous sommes venus pour travailler avec vous dans la réciprocité et dans une commune volonté d’œuvrer ensemble au développement », clarifie-t-il d’entrée. « Le bonheur de se retrouver chez soi » pour une telle cause est aussi bien appréciée par le porte-parole de l’Efob qui souhaite que les outils de bonne gouvernance et les expériences soient partagés entre les deux parties afin d’impacter le bien-être des populations. Il faudra agir aussi, d’après lui, à travers des interactions fécondes pour mériter la confiance des électeurs. Des projets d’avenir ! C’est ce qu’il souhaite surtout, car pour lui, l’Efob appartient à cette diaspora qui souhaite travailler aux côtés du gouvernement comme un partenaire. Un partenaire déterminé dont le sésame pour mobiliser toutes les énergies à la cause du développement du Bénin est une marque de détermination et une garantie d’engagement, conclut-il?

Actualités 27 juin 2018


Complicité d’empoisonnement (Cour d'assises d'Abomey, 27e dossier): Le guérisseur Moukaïla Makpo acquitté après 7 ans en prison

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a examiné, lundi 25 juin dernier, un dossier d’empoisonnement. Il s’agit d’une affaire impliquant dame Adjoua N’Dah et son alpha Moukaïla Makpo. Dans le box des accusés, seul
Moukaïla Makpo était présent. La dame étant absente, la cour a dû rendre un arrêt de disjonction la concernant. A l’issue de l’audience, la cour a acquitté le guérisseur au bénéfice du doute.

Il est faux de croire que les disputes entre conjoints ne laissent pas de traces. C’est l’histoire d’un couple pourtant heureux jusqu’au jour où l’homme se découvre cocu et la femme, pour ne pas se faire répudier, l’envoie au cimetière avec l’aide de son marabout. Ce drame s’est déroulé à Savè dans les Collines.
Ils étaient en couple depuis une dizaine d’années avec trois enfants, fruits de cet amour. Nestor N’Koué et Adjoua N’Dah vivaient le parfait amour jusqu’à ce jour où le mari a commencé par la soupçonner d’infidélité. Il est désormais rempli de méfiance et la tension s’installe dans le ménage. Les soupçons du mari se précisent et se confirment de jour en jour. L’ambiance est plus que fétide dans le foyer. Adjoua sent la répudiation dans l’air. Une répudiation qui ne tient qu’à un fil. Et ce fil, elle a décidé d’en prendre le contrôle parce que l’incertitude se révèle à elle comme une chose épouvantable. Alors, elle s’en ouvre à une amie qui pourrait être aussi sa belle cousine parce que de la parentèle de son mari. Il s’agit de Thérèse N’Tcha. Celle-ci semble avoir la solution. Elle conduit Adjou chez un marabout, l’alpha Moukaïla Makpo qui serait une référence dans la localité pour ce genre de "travail". Les deux dames sont avec le marabout. Elles lui confient leur problème. Elles lui font savoir que Adjoua est menacée par son mari qui veut la répudier et qu’il faut rapidement agir pour éviter que cela arrive.
Pour le marabout Moukaïla, c’est une affaire banale. Il réclame 3000 F Cfa et un coq. Le lendemain, seule dame Adjoua fait 25 km dans Savè pour rejoindre le marabout avec la somme de 2000 F Cfa et le coq. Le marabout lui remet alors une poudre à utiliser. Et c’est là que se jouera le drame. Dame
Adjoua arrose le repas de son mari avec le produit sur quelques jours. Et le mari commence peu à peu par se plaindre de maux de vendre. Sans doute que le produit du marabout est un poison lent. Puisque le mari fait tous les soins à l’hôpital comme en traditionnel sans avoir satisfaction.
Et il finira par mourir le 15 octobre 2011, après avoir consommé les plats minés en février. La confusion s’installe. Dame Adjoua accuse le marabout d’avoir tué son mari. Et que le service demandé était de faire revenir la paix au sein de son couple et non de tuer son mari Nestor.
Au cours de son interpellation comme devant la cour, lundi dernier, le marabout Moukaïla tente de convaincre que le produit remis à la dame n’était pas pour l’homme mais pour l’usage à elle. Qu’elle devrait le verser dans son eau de bain et se laver avec pendant quatre jours. Il insiste qu’il n’a jamais demandé à Adjoua de l’ajouter au repas de son mari. Et, même si c’était le cas, son produit ne peut en aucun cas tuer.

Trahison

A la question de la cour de savoir sur quoi il se fonde pour affirmer que son produit ne pourrait pas tuer, le marabout dit bien connaître les feuilles qu’il a réduites en poudre et laissées à Adjoua. Il va plus loin en affirmant que quelques mois après son arrestation, lors d’une confrontation au cabinet du juge d’instruction qu’il a constaté avec celui-ci qu’Adjoua était déjà enceinte d’un autre homme avec qui elle vit désormais. «C’est depuis ce jour que j’ai compris que c’est son amant qui lui a sans doute remis le produit avec lequel elle a tué son mari. Ce n’est pas mon produit à moi», explique-t-il à la cour. Il poursuit en indiquant que, selon ses informations, après la mort du mari, Adjoua a déserté le domicile conjugal abandonnant ses trois enfants pour se mettre avec son amant. En un mot, le marabout se sent floué par Adjoua dans toute l’histoire.
Entre le marabout et Adjoua qui dit la vérité ? Qui a trahi qui? Une chose est claire dans l’histoire, Nestor, le mari, est mort et le marabout est en prison depuis bientôt sept ans et Adjoua a refait sa vie avec un nouvel homme.
Après plusieurs heures de questions-réponses, l’avocat général Blaise Kissezounon, prenant ses réquisitions, fait observer la présence dans le dossier des éléments matériels qui fondent le chef d’accusation. Puis, il démontre que les éléments matériel, intentionnel et légal sont bien assemblés dans ce dossier de complicité d’empoisonnement ayant causé la mort de Nestor N’Koué. Il fait recours aux dispositions des articles 301 et 302 du Code pénal qui punissent cette infraction et a requis la peine de 10 ans de travaux forcés contre l’accusé Moukaïla.
La défense de l’accusé assurée par Me Saturnin Bidossessi Agbani contre-attaque en rappelant que son client est inculpé pour complicité d’empoisonnement et que rien ne prouve dans le dossier que c’est son produit qui a été administré par Adjoua à son mari. Il plaide plutôt pour l’acquittement de son client ou au subsidiaire pour une condamnation au temps déjà passé en prison.
La cour présidée par Delphin Chibozo délibère en prononçant l’acquittement de l’accusé Moukaïla Makpo au bénéfice du doute. Elle ordonne la libération immédiate de l’accusé détenu depuis le 18 octobre 2011.
Il a 35 ans et père d’un enfant. La vie vient ainsi de lui donner une nouvelle chance à saisir.

Les Faits

Dame Adjoua N’Dah et Nestor N’Koué vivaient maritalement depuis plus d’une décennie et en bonne intelligence lorsque les scènes de ménage ont commencé courant janvier 2011.
Face à ces disputes répétées dans leur ménages et redoutant la répudiation par son époux, Adjoua N’Dah se confia Thérèse N’Tcha qui la mit en contact avec son marabout, le nommé Moukaïla Makpo. Celui-ci remit, par la suite, à Adjoua N’Dah, courant février 2011, un produit supposé avoir la vertu de raviver l’entente et l’amour au sein du couple du couple. Adjoua N’Dah fit consommer ledit produit dans les repas quotidiens à son mari à son insu.
Et, en mars 2011, Nestor N’Koué commença par se plaindre des maux de ventre et en dépit des soins à lui prodigués tant au plan de médecine moderne que traditionnelle, il décéda le 15 octobre 2011.
Composition de la cour

Président : Delphin Chibozo
Assesseurs : Léopold Colli / Claude Montcho
Jurés : Richard Tosseh, Romain Togny, Victorine Agbémahoué-Dato et Germain Ayinon

Avocat général : Blaise
Kissèzounon
Greffier : C. Bernard Zinsou

Société 27 juin 2018


Fin de la première session ordinaire de la Haac: Des avancées dans la régulation des médias

Après quatre mois de travaux conformément à l’article 83 de son règlement intérieur, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), a clôturé sa première session ordinaire, ce mardi 26 juin à son siège à Cotonou. Des dossiers d’intérêt, entrant dans le cadre de la régulation des médias, mission régalienne de l’institution ont été étudiés par le collège des conseillers.

« L’essentiel de nos plénières a été consacré à la régulation de nos médias à travers l’examen des plaintes des citoyens et de certains responsables administratifs ainsi qu’à des audiences publiques conformément aux textes qui régissent notre institution », a indiqué le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) lors de la clôture de la première session ordinaire de l’année 2018 de l’institution. Adam Boni Tessi note l’existence d'instruments juridiques pour le plein accomplissement de la mission constitutionnelle de la Haac, citant le Code de l’information et de la communication, la loi organique de la Haac, la Constitution, la loi sur la radiodiffusion numérique.
« Nous devons les appliquer avec rigueur et méthode », a affirmé le président de la Haac. C’est pour cette raison que la Haac a entrepris, depuis quelques mois, l’enregistrement officiel de toutes les publications, qu’elles soient quotidiennes ou périodiques, conformément au Code de l’information et de la communication. Au sujet de la gestion des médias en ligne, la Haac a enclenché le processus de formalisation de leur existence légale. Les dispositions sont en train d’être prises également, rassure Adam Boni Tessi, en ce qui concerne la gestion et l’encadrement de la publicité. L’institution se penche par ailleurs sur l’état d’avancement du processus de mise en place du Fonds de développement des médias au Bénin. Le président de la Haac a assuré que tous les membres du conseil d’administration sont connus et qu’il ne reste qu’à décider de la date d’installation officielle de cet organe pour qu'il demarre ses activités.

Plusieurs rapports étudiés

Au cours de cette première session ordinaire ouverte le 15 février dernier, plusieurs rapports ont été étudiés et adoptés par la plénière des conseillers, selon Romaric Kessou, deuxième rapporteur de l’institution. Entre autres, il a cité : le rapport en date du 1er mars 2018 relatif au suivi de la mise en œuvre du plan d’action de promotion de l’intégrité et de lutte contre la corruption ; celui en date du 1er mars 2018 relatif au réaménagement de la bande de fréquence de 2,6 Gigahertz attribuée aux télévisions diffusion par Mmds des émissions reçues par satellite ; le rapport en date du 15 mai 2018 relatif à l’étude des documents finalisés sur la télévision numérique terrestre. Aussi, a-t-il évoqué le rapport en date du 16 mai 2018 relatif au permis d’installation et à la notification de la fréquence 1476 Kilohertz à Trans world radio international (Twri) à Sirarou, commune de N’Dali ; le rapport en date du 16 mai 2018 relatif à la mission de démantèlement des radios pirates de la commune de Banikoara et de Ouaké. L’audition publique en date de 17 mai 2018 du directeur de publication de L’Audace Infos et l’étude d’une dizaine de rapports relatifs à la violation de la déontologie des médias, ont également meublé cette session.
L’institution a rencontré aussi plusieurs associations de la société civile, des promoteurs de médias, ainsi que des représentantations diplomatiques installées au Bénin. Romaric Kessou a mentionné la participation de la Haac à plusieurs rencontres et séminaires dont celui relatif au déploiement de la Tnt dans les pays membres de l’Uemoa et de la Guinée, tenu à Abidjan, les 16 et 17 avril derniers, et l’Assemblée générale de la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’Uemoa et de la Guinée, les 24, 25 et 26 avril derniers à Conakry, la réunion du Comité d’orientation du Réseau des instances africaines de régulation de la communication tenue à Accra du 19 au 22 juin dernier.
Il faut souligner que la Haac n’a pu statuer sur le cas du quotidien La Nouvelle Tribune, suspendu depuis le 23 mai dernier jusqu’à nouvel ordre. Une session extraordinaire est annoncée par le président de la Haac pour se pencher sur le cas de ce quotidien.

Actualités 27 juin 2018


Commercialisation du coton pour la campagne 2017-2018: Une production record de 597 985 tonnes enregistrées

L’Association interprofessionnelle du Cotonou (Aic) a fait le bilan de la commercialisation du coton, pour la campagne 2017-2018 dont la production obtenue est de 597 985 tonnes. La présentation de ce bilan aux partenaires techniques et financiers a été l’occasion pour faire l’état des lieux de la campagne 2018-2019. C’était lundi 25 juin dernier à Cotonou.

Cinq cent quatre dix-sept mille neuf cent quatre-vingt-cinq (597 985) tonnes de coton enregistrées, des flux financiers et les effets induits de la production du coton sur l’économie nationale; puis les objectifs de la campagne 2018-2019. Ce sont là les résultats de la commercialisation du coton pour la campagne 2017-2018, suivis des projections pour la campagne 2018-2019 qui ont été présentés aux partenaires techniques et financiers, lundi dernier par l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) à Cotonou.
Le directeur des opérations de l’Aic, Roger Lokossou, et le directeur technique, Désiré Agoundoté, sont revenus sur les chiffres records enregistrés depuis que le gouvernement du président Patrice Talon est aux commandes du coton béninois. Ils ont insisté sur les impacts de ces résultats sur l’économie nationale avant de dévoiler les ambitions pour la nouvelle campagne en cours.
« Avant, on parlait beaucoup, et on agissait peu. Aujourd’hui, nous avons réfléchi, nous avons pensé, nous avons agi, sous la lumière éclairée de Dieu le Tout- Puissant, et de tous ceux qui sont ses exécutants sur la terre du Bénin. Nous avons atteint les résultats dont on parle désormais», a applaudi le président de l’Aic, Mathieu Adjovi. Pour lui, cela paraît un miracle. « Et pourtant, c’est avec le même Bénin, avec les mêmes hommes », s’étonne-t-il. Il souligne que la superficie du Bénin n’a pas augmenté. «Nous n’avons pas changé la tête des Béninois. C’est avec les mêmes têtes que nous avons appris à travailler, mais autrement », a indiqué le président de l’Aic, remerciant le chef de l’Etat d'avoir pris à bras-le-corps la question du coton.
Mathieu Adjovi a remercié également le président des producteurs, disant que sans lui, rien ne pouvait être fait. « On a beau concevoir les plans dans les laboratoires, les schémas les plus beaux, avec les moyens les plus gros, si les gens ne croient pas à la base, ils ne vont pas exécuter ce qui leur est dit », fait-il remarquer.
Pour sa part, le président des producteurs, Tamou Badou Bani, a loué les efforts consentis par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche pour la réussite de la campagne 2017-2018. Sans oublier le président de l’Aic et tout son staff qui se rendent toujours prêts à répondre à leurs préoccupations. Pour lui, ce sont tous ces paramètres combinés qui ont amené à cette production record. Tamou Badou Banin a réaffirmé que l’Aic a mis à leur disposition les fonds coton. « Les producteurs de coton ont été intégralement payés », précise-t-il.

Le souhait de Gaston Dossouhoui

Pour le président du Conseil d’administration de la Société de développement du coton (Sodeco), René Togbé, « Les producteurs de coton et de vivriers peuvent compter sur la Sodéco pour mettre à leur disposition des intrants de qualité ». Tout se passera comme prévu, dit-il. La preuve, ajoute-t-il, la Sodéco a déjà anticipé en procédant à des commandes complémentaires, vu l’engouement que les producteurs développent.
« Les acteurs ont été rétablis dans leur rôle. Ils ont joué sans une subvention de l’Etat. On est arrivé à ce modeste résultat qui montre très bien la capacité organisationnelle des acteurs, et son impact sur les résultats de campagne », souligne le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi
Dossouhoui. Pour lui, deux campagnes successives seulement et on est passé d’un rendement de 877 kg à l’hectare à 1,77 tonne à l’hectare pour la première année. « Nous nous engageons maintenant pour franchir la barre de 1,200 tonne en moyenne par hectare », promet le ministre. Ceci suppose, dit-il, qu’il y ait des exploitations qui vont faire trois tonnes à l’hectare, quand d’autres feraient peut-être autour d’une tonne.
Le souhait de Gaston Cossi Dossouhoui est que la production cotonnière nourrisse son homme, préserve les conditions édaphiques, permette de produire durablement, et que les conditions de vie, l’attractivité en milieu rural soient.
Pour le ministre en charge de l’Agriculture, dans tous les cas, le record de cette année sera battu. Car, les indicateurs sont là. « Au 20 juin dernier, nous sommes déjà à plus de 300 000 hectares emblavés », informe le ministre qui dit être confiant parce que tous les facteurs de production qu’il faut pour cette campagne sont réunis. Il rassure alors les paysans que rien ne manquera. Enfin, il a promis que les paysans qui ont montré les meilleures performances seront révélés avant d’annoncer que la fête aura lieu le 14 juillet à Banikoara, la grande cité cotonnière.

Actualités 27 juin 2018


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