La Nation Bénin...
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L’appel du chef de l’Etat aux compétences de la diaspora béninoise de se mettre au service du développement a reçu un écho favorable auprès des élus français d’origine béninoise. Leur association a signé, ce mardi 26 juin à Cotonou, une convention de partenariat avec l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). Entre les deux associations, c’est le point de départ d’une collaboration mutuellement gagnante et bénéfique.
Artisan discret de la diplomatie participative de la diaspora béninoise à l’effort de développement national, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, a été le premier à saluer la concrétisation de l’accord de partenariat entre l’Association des élus français d’origine béninoise (Efob) et l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). « Les compétences de ce pays où qu’elles se trouvent doivent être mises au service de nos compatriotes », retient le ministre. « Cette autre partie de nous qui fait des merveilles ailleurs doit aussi servir la cause du pays », continue le patron de la diplomatie béninoise qui retrace le parcours qui a conduit à cette convention de partenariat qui augure d’une collaboration nouvelle entre l’Efob et l’Ancb.
L’importance de ce mariage a fait du président de la République en personne, le témoin de sa concrétisation. Comme lui, de nombreux maires et élus municipaux et communaux étaient de la partie pour vivre cet inédit instant longtemps rêvé et voulu par le président Patrice Talon, selon plusieurs témoignages.
Hubert Zoutu, maire d'Heudebouville en République française pour le compte de l’Efob et Luc Sètondji Atrokpo, maire de la ville de Bohicon, président de l’Ancb, vont ainsi concrétiser cette convention par le paraphe et l’échange des documents y afférents.
L’acte est historique. Il honore surtout les élus français d’origine béninoise qui ont voulu se mettre au service de leur pays, apprécie le président Patrice Talon. A ces Béninois qui font la fierté du pays au-delà du continent, qui ont réussi à se faire adouber par les chapelles politiques françaises et qui ont gagné la confiance des électeurs et citoyens de ce même pays, le président de la République n’a pas manqué de dire toute son admiration. « Rares sont les Béninois qui affichent leur origine à l’extérieur », regrette le chef de l’Etat qui apprécie l’engagement et le courage de ces élus qui ont décidé malgré la charge portée en France, de se mettre au service de la patrie d’origine. Fier de cette option, il déclare révolu le temps où le Béninois renie ses origines ; et souhaite que cette convention soit le point de départ d’une contribution plus efficace de la diaspora au développement du pays. Pour ce qui le concerne, la partition du pouvoir central ne fera pas défaut à tous les projets concrets qui naîtront de ce partenariat qu’il a souhaité fécond et porteur de bien-être pour les populations, assure-t-il.
Nouvelle page
« Ensemble, nous définirons les projets pertinents à mener par les deux parties pour le rayonnement de la décentralisation et pour accompagner le président de la République et son gouvernement dans leurs œuvres de développement de notre pays ». C’est le vœu fort formulé par le président de l’Ancb, au terme de la signature de l’accord. Au nom des maires du Bénin, il dit compter sur le lobbying que fera l’association des élus français d’origine béninoise et la sollicitude avec laquelle, le chef de l’État s’occupe des questions de décentralisation. Pour lui, en effet, le temps est à la renaissance de la décentralisation avec le président Patrice Talon et il en donnera la preuve en citant, entre autres, la fixation par le gouvernement des chefs-lieux de département, la nomination de douze préfets, la mise en place du Fadec-assainissement, du Fadec-énergie et la prise de plusieurs autres mesures pour accompagner efficacement le développement local. Cela témoigne de l’avis du président de l’Ancb de son respect et de son engagement à approfondir la décentralisation et la déconcentration, ainsi que cela est mentionné dans le Programme d’action du gouvernement.
Hubert Zoutu, représentant de l’Efob, au terme de la signature de la convention, laisse lire, lui aussi, des notes d’espoir pour le développement du Bénin à compter de cet accord qui rapprochera davantage la diaspora béninoise des actions de développement menées au pays. « Nous sommes venus pour travailler avec vous dans la réciprocité et dans une commune volonté d’œuvrer ensemble au développement », clarifie-t-il d’entrée. « Le bonheur de se retrouver chez soi » pour une telle cause est aussi bien appréciée par le porte-parole de l’Efob qui souhaite que les outils de bonne gouvernance et les expériences soient partagés entre les deux parties afin d’impacter le bien-être des populations. Il faudra agir aussi, d’après lui, à travers des interactions fécondes pour mériter la confiance des électeurs. Des projets d’avenir ! C’est ce qu’il souhaite surtout, car pour lui, l’Efob appartient à cette diaspora qui souhaite travailler aux côtés du gouvernement comme un partenaire. Un partenaire déterminé dont le sésame pour mobiliser toutes les énergies à la cause du développement du Bénin est une marque de détermination et une garantie d’engagement, conclut-il?

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a examiné, lundi 25 juin dernier, un dossier d’empoisonnement. Il s’agit d’une affaire impliquant dame Adjoua N’Dah et son alpha Moukaïla Makpo. Dans le box des accusés, seul
Moukaïla Makpo était présent. La dame étant absente, la cour a dû rendre un arrêt de disjonction la concernant. A l’issue de l’audience, la cour a acquitté le guérisseur au bénéfice du doute.
Il est faux de croire que les disputes entre conjoints ne laissent pas de traces. C’est l’histoire d’un couple pourtant heureux jusqu’au jour où l’homme se découvre cocu et la femme, pour ne pas se faire répudier, l’envoie au cimetière avec l’aide de son marabout. Ce drame s’est déroulé à Savè dans les Collines.
Ils étaient en couple depuis une dizaine d’années avec trois enfants, fruits de cet amour. Nestor N’Koué et Adjoua N’Dah vivaient le parfait amour jusqu’à ce jour où le mari a commencé par la soupçonner d’infidélité. Il est désormais rempli de méfiance et la tension s’installe dans le ménage. Les soupçons du mari se précisent et se confirment de jour en jour. L’ambiance est plus que fétide dans le foyer. Adjoua sent la répudiation dans l’air. Une répudiation qui ne tient qu’à un fil. Et ce fil, elle a décidé d’en prendre le contrôle parce que l’incertitude se révèle à elle comme une chose épouvantable. Alors, elle s’en ouvre à une amie qui pourrait être aussi sa belle cousine parce que de la parentèle de son mari. Il s’agit de Thérèse N’Tcha. Celle-ci semble avoir la solution. Elle conduit Adjou chez un marabout, l’alpha Moukaïla Makpo qui serait une référence dans la localité pour ce genre de "travail". Les deux dames sont avec le marabout. Elles lui confient leur problème. Elles lui font savoir que Adjoua est menacée par son mari qui veut la répudier et qu’il faut rapidement agir pour éviter que cela arrive.
Pour le marabout Moukaïla, c’est une affaire banale. Il réclame 3000 F Cfa et un coq. Le lendemain, seule dame Adjoua fait 25 km dans Savè pour rejoindre le marabout avec la somme de 2000 F Cfa et le coq. Le marabout lui remet alors une poudre à utiliser. Et c’est là que se jouera le drame. Dame
Adjoua arrose le repas de son mari avec le produit sur quelques jours. Et le mari commence peu à peu par se plaindre de maux de vendre. Sans doute que le produit du marabout est un poison lent. Puisque le mari fait tous les soins à l’hôpital comme en traditionnel sans avoir satisfaction.
Et il finira par mourir le 15 octobre 2011, après avoir consommé les plats minés en février. La confusion s’installe. Dame Adjoua accuse le marabout d’avoir tué son mari. Et que le service demandé était de faire revenir la paix au sein de son couple et non de tuer son mari Nestor.
Au cours de son interpellation comme devant la cour, lundi dernier, le marabout Moukaïla tente de convaincre que le produit remis à la dame n’était pas pour l’homme mais pour l’usage à elle. Qu’elle devrait le verser dans son eau de bain et se laver avec pendant quatre jours. Il insiste qu’il n’a jamais demandé à Adjoua de l’ajouter au repas de son mari. Et, même si c’était le cas, son produit ne peut en aucun cas tuer.
Trahison
A la question de la cour de savoir sur quoi il se fonde pour affirmer que son produit ne pourrait pas tuer, le marabout dit bien connaître les feuilles qu’il a réduites en poudre et laissées à Adjoua. Il va plus loin en affirmant que quelques mois après son arrestation, lors d’une confrontation au cabinet du juge d’instruction qu’il a constaté avec celui-ci qu’Adjoua était déjà enceinte d’un autre homme avec qui elle vit désormais. «C’est depuis ce jour que j’ai compris que c’est son amant qui lui a sans doute remis le produit avec lequel elle a tué son mari. Ce n’est pas mon produit à moi», explique-t-il à la cour. Il poursuit en indiquant que, selon ses informations, après la mort du mari, Adjoua a déserté le domicile conjugal abandonnant ses trois enfants pour se mettre avec son amant. En un mot, le marabout se sent floué par Adjoua dans toute l’histoire.
Entre le marabout et Adjoua qui dit la vérité ? Qui a trahi qui? Une chose est claire dans l’histoire, Nestor, le mari, est mort et le marabout est en prison depuis bientôt sept ans et Adjoua a refait sa vie avec un nouvel homme.
Après plusieurs heures de questions-réponses, l’avocat général Blaise Kissezounon, prenant ses réquisitions, fait observer la présence dans le dossier des éléments matériels qui fondent le chef d’accusation. Puis, il démontre que les éléments matériel, intentionnel et légal sont bien assemblés dans ce dossier de complicité d’empoisonnement ayant causé la mort de Nestor N’Koué. Il fait recours aux dispositions des articles 301 et 302 du Code pénal qui punissent cette infraction et a requis la peine de 10 ans de travaux forcés contre l’accusé Moukaïla.
La défense de l’accusé assurée par Me Saturnin Bidossessi Agbani contre-attaque en rappelant que son client est inculpé pour complicité d’empoisonnement et que rien ne prouve dans le dossier que c’est son produit qui a été administré par Adjoua à son mari. Il plaide plutôt pour l’acquittement de son client ou au subsidiaire pour une condamnation au temps déjà passé en prison.
La cour présidée par Delphin Chibozo délibère en prononçant l’acquittement de l’accusé Moukaïla Makpo au bénéfice du doute. Elle ordonne la libération immédiate de l’accusé détenu depuis le 18 octobre 2011.
Il a 35 ans et père d’un enfant. La vie vient ainsi de lui donner une nouvelle chance à saisir.
Les Faits
Dame Adjoua N’Dah et Nestor N’Koué vivaient maritalement depuis plus d’une décennie et en bonne intelligence lorsque les scènes de ménage ont commencé courant janvier 2011.
Face à ces disputes répétées dans leur ménages et redoutant la répudiation par son époux, Adjoua N’Dah se confia Thérèse N’Tcha qui la mit en contact avec son marabout, le nommé Moukaïla Makpo. Celui-ci remit, par la suite, à Adjoua N’Dah, courant février 2011, un produit supposé avoir la vertu de raviver l’entente et l’amour au sein du couple du couple. Adjoua N’Dah fit consommer ledit produit dans les repas quotidiens à son mari à son insu.
Et, en mars 2011, Nestor N’Koué commença par se plaindre des maux de ventre et en dépit des soins à lui prodigués tant au plan de médecine moderne que traditionnelle, il décéda le 15 octobre 2011.
Composition de la cour
Président : Delphin Chibozo
Assesseurs : Léopold Colli / Claude Montcho
Jurés : Richard Tosseh, Romain Togny, Victorine Agbémahoué-Dato et Germain Ayinon
Avocat général : Blaise
Kissèzounon
Greffier : C. Bernard Zinsou

Après quatre mois de travaux conformément à l’article 83 de son règlement intérieur, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), a clôturé sa première session ordinaire, ce mardi 26 juin à son siège à Cotonou. Des dossiers d’intérêt, entrant dans le cadre de la régulation des médias, mission régalienne de l’institution ont été étudiés par le collège des conseillers.
« L’essentiel de nos plénières a été consacré à la régulation de nos médias à travers l’examen des plaintes des citoyens et de certains responsables administratifs ainsi qu’à des audiences publiques conformément aux textes qui régissent notre institution », a indiqué le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) lors de la clôture de la première session ordinaire de l’année 2018 de l’institution. Adam Boni Tessi note l’existence d'instruments juridiques pour le plein accomplissement de la mission constitutionnelle de la Haac, citant le Code de l’information et de la communication, la loi organique de la Haac, la Constitution, la loi sur la radiodiffusion numérique.
« Nous devons les appliquer avec rigueur et méthode », a affirmé le président de la Haac. C’est pour cette raison que la Haac a entrepris, depuis quelques mois, l’enregistrement officiel de toutes les publications, qu’elles soient quotidiennes ou périodiques, conformément au Code de l’information et de la communication. Au sujet de la gestion des médias en ligne, la Haac a enclenché le processus de formalisation de leur existence légale. Les dispositions sont en train d’être prises également, rassure Adam Boni Tessi, en ce qui concerne la gestion et l’encadrement de la publicité. L’institution se penche par ailleurs sur l’état d’avancement du processus de mise en place du Fonds de développement des médias au Bénin. Le président de la Haac a assuré que tous les membres du conseil d’administration sont connus et qu’il ne reste qu’à décider de la date d’installation officielle de cet organe pour qu'il demarre ses activités.
Plusieurs rapports étudiés
Au cours de cette première session ordinaire ouverte le 15 février dernier, plusieurs rapports ont été étudiés et adoptés par la plénière des conseillers, selon Romaric Kessou, deuxième rapporteur de l’institution. Entre autres, il a cité : le rapport en date du 1er mars 2018 relatif au suivi de la mise en œuvre du plan d’action de promotion de l’intégrité et de lutte contre la corruption ; celui en date du 1er mars 2018 relatif au réaménagement de la bande de fréquence de 2,6 Gigahertz attribuée aux télévisions diffusion par Mmds des émissions reçues par satellite ; le rapport en date du 15 mai 2018 relatif à l’étude des documents finalisés sur la télévision numérique terrestre. Aussi, a-t-il évoqué le rapport en date du 16 mai 2018 relatif au permis d’installation et à la notification de la fréquence 1476 Kilohertz à Trans world radio international (Twri) à Sirarou, commune de N’Dali ; le rapport en date du 16 mai 2018 relatif à la mission de démantèlement des radios pirates de la commune de Banikoara et de Ouaké. L’audition publique en date de 17 mai 2018 du directeur de publication de L’Audace Infos et l’étude d’une dizaine de rapports relatifs à la violation de la déontologie des médias, ont également meublé cette session.
L’institution a rencontré aussi plusieurs associations de la société civile, des promoteurs de médias, ainsi que des représentantations diplomatiques installées au Bénin. Romaric Kessou a mentionné la participation de la Haac à plusieurs rencontres et séminaires dont celui relatif au déploiement de la Tnt dans les pays membres de l’Uemoa et de la Guinée, tenu à Abidjan, les 16 et 17 avril derniers, et l’Assemblée générale de la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’Uemoa et de la Guinée, les 24, 25 et 26 avril derniers à Conakry, la réunion du Comité d’orientation du Réseau des instances africaines de régulation de la communication tenue à Accra du 19 au 22 juin dernier.
Il faut souligner que la Haac n’a pu statuer sur le cas du quotidien La Nouvelle Tribune, suspendu depuis le 23 mai dernier jusqu’à nouvel ordre. Une session extraordinaire est annoncée par le président de la Haac pour se pencher sur le cas de ce quotidien.

L’Association interprofessionnelle du Cotonou (Aic) a fait le bilan de la commercialisation du coton, pour la campagne 2017-2018 dont la production obtenue est de 597 985 tonnes. La présentation de ce bilan aux partenaires techniques et financiers a été l’occasion pour faire l’état des lieux de la campagne 2018-2019. C’était lundi 25 juin dernier à Cotonou.
Cinq cent quatre dix-sept mille neuf cent quatre-vingt-cinq (597 985) tonnes de coton enregistrées, des flux financiers et les effets induits de la production du coton sur l’économie nationale; puis les objectifs de la campagne 2018-2019. Ce sont là les résultats de la commercialisation du coton pour la campagne 2017-2018, suivis des projections pour la campagne 2018-2019 qui ont été présentés aux partenaires techniques et financiers, lundi dernier par l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) à Cotonou.
Le directeur des opérations de l’Aic, Roger Lokossou, et le directeur technique, Désiré Agoundoté, sont revenus sur les chiffres records enregistrés depuis que le gouvernement du président Patrice Talon est aux commandes du coton béninois. Ils ont insisté sur les impacts de ces résultats sur l’économie nationale avant de dévoiler les ambitions pour la nouvelle campagne en cours.
« Avant, on parlait beaucoup, et on agissait peu. Aujourd’hui, nous avons réfléchi, nous avons pensé, nous avons agi, sous la lumière éclairée de Dieu le Tout- Puissant, et de tous ceux qui sont ses exécutants sur la terre du Bénin. Nous avons atteint les résultats dont on parle désormais», a applaudi le président de l’Aic, Mathieu Adjovi. Pour lui, cela paraît un miracle. « Et pourtant, c’est avec le même Bénin, avec les mêmes hommes », s’étonne-t-il. Il souligne que la superficie du Bénin n’a pas augmenté. «Nous n’avons pas changé la tête des Béninois. C’est avec les mêmes têtes que nous avons appris à travailler, mais autrement », a indiqué le président de l’Aic, remerciant le chef de l’Etat d'avoir pris à bras-le-corps la question du coton.
Mathieu Adjovi a remercié également le président des producteurs, disant que sans lui, rien ne pouvait être fait. « On a beau concevoir les plans dans les laboratoires, les schémas les plus beaux, avec les moyens les plus gros, si les gens ne croient pas à la base, ils ne vont pas exécuter ce qui leur est dit », fait-il remarquer.
Pour sa part, le président des producteurs, Tamou Badou Bani, a loué les efforts consentis par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche pour la réussite de la campagne 2017-2018. Sans oublier le président de l’Aic et tout son staff qui se rendent toujours prêts à répondre à leurs préoccupations. Pour lui, ce sont tous ces paramètres combinés qui ont amené à cette production record. Tamou Badou Banin a réaffirmé que l’Aic a mis à leur disposition les fonds coton. « Les producteurs de coton ont été intégralement payés », précise-t-il.
Le souhait de Gaston Dossouhoui
Pour le président du Conseil d’administration de la Société de développement du coton (Sodeco), René Togbé, « Les producteurs de coton et de vivriers peuvent compter sur la Sodéco pour mettre à leur disposition des intrants de qualité ». Tout se passera comme prévu, dit-il. La preuve, ajoute-t-il, la Sodéco a déjà anticipé en procédant à des commandes complémentaires, vu l’engouement que les producteurs développent.
« Les acteurs ont été rétablis dans leur rôle. Ils ont joué sans une subvention de l’Etat. On est arrivé à ce modeste résultat qui montre très bien la capacité organisationnelle des acteurs, et son impact sur les résultats de campagne », souligne le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi
Dossouhoui. Pour lui, deux campagnes successives seulement et on est passé d’un rendement de 877 kg à l’hectare à 1,77 tonne à l’hectare pour la première année. « Nous nous engageons maintenant pour franchir la barre de 1,200 tonne en moyenne par hectare », promet le ministre. Ceci suppose, dit-il, qu’il y ait des exploitations qui vont faire trois tonnes à l’hectare, quand d’autres feraient peut-être autour d’une tonne.
Le souhait de Gaston Cossi Dossouhoui est que la production cotonnière nourrisse son homme, préserve les conditions édaphiques, permette de produire durablement, et que les conditions de vie, l’attractivité en milieu rural soient.
Pour le ministre en charge de l’Agriculture, dans tous les cas, le record de cette année sera battu. Car, les indicateurs sont là. « Au 20 juin dernier, nous sommes déjà à plus de 300 000 hectares emblavés », informe le ministre qui dit être confiant parce que tous les facteurs de production qu’il faut pour cette campagne sont réunis. Il rassure alors les paysans que rien ne manquera. Enfin, il a promis que les paysans qui ont montré les meilleures performances seront révélés avant d’annoncer que la fête aura lieu le 14 juillet à Banikoara, la grande cité cotonnière.

L’Assemblée nationale a démarré, ce mardi 26 juin, l’examen de la proposition de loi portant Code pastoral en République du Bénin, visant à régir le phénomène de la transhumance souvent accompagné d’affrontements sanglants entre éleveurs et agriculteurs sur le terrain.
Le Parlement prend le taureau par les cornes s’agissant du phénomène de la transhumance pastorale. La proposition de loi initiée à cet effet par les députés Eric Houndété et Robert Gbian est en examen depuis ce mardi 26 juin à l’hémicycle. Le texte est composé de 103 articles répartis en neuf titres. Les députés ont suspendu les travaux après examen du titre premier de la loi. Ils poursuivront les travaux demain jeudi avec l’examen des huit autres titres avant d’adopter l’ensemble du code visant à déterminer les règles et les principes fondamentaux applicables en matière de pastoralisme aux fins d’en faire un outil de développement durable au Bénin.
Le texte instaurera un cadre légal moderne et actuel pour réglementer l’activité de la transhumance pastorale au Bénin. Selon la commission chargée du Plan qui a exposé le dossier, l’initiative de cette proposition de loi découle de la nécessité de lutter efficacement et de manière globale contre les nombreux défis auxquels sont confrontées les communautés pastorales. Ce cadre légal définit les orientations, les principes et les modalités pour combiner tous les éléments essentiels nécessaires à une meilleure compréhension des questions pastorales. Il permettra de renforcer la législation en cours notamment la loi n° 87-013 du 21 septembre 1987 portant réglementation de la vaine pâture, de la garde des animaux et de la transhumance caduque et obsolète depuis des années et ne permet plus de régler les problèmes du pastoralisme. Aussi, la loi n° 2013-01 du 14 août 2013 portant Code foncier et domanial en République du Bénin ne règle-t-il pas clairement la question essentielle de l’accès aux ressources pastorales. Loin d’apaiser la méfiance des propriétaires d’exploitations familiales pastorales, elle suscite des inquiétudes quant à son application, relève le rapport défendu par le président de la Commission chargée du Plan, Jean-Michel Abimbola.
Le Code ambitionne de corriger les insuffisances de l’arsenal juridique en vigueur dans le domaine du pastoralisme à travers l’initiative de la proposition de loi afin d’apporter une solution durable aux problèmes qui minent le domaine pastoral au Bénin surtout dû à l’absence d’une réglementation.
Des recommandations fortes
Tout en réglant les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, le nouveau cadre légal jouera un rôle de catalyseur dans la promotion du développement des communautés pastorales en mettant en place un cadre institutionnel permettant de mobiliser les ressources politiques, économiques, financières et techniques nécessaires afin de rendre autonomes les communautés pastorales, pour qu’elles puissent mieux gérer leurs ressources pour leur propre avantage à long terme. Mieux, le monde rural va mieux se sentir avec l’avènement de cette loi qui se veut la réponse législative aux cris de détresse des éleveurs et des agriculteurs confrontés chaque année à des conflits sanglants.
Lors du débat général qui a présenté l’examen titre partitre du texte, les députés ont fustigé les violences qui caractérisent souvent cette activité. Lesquelles sont souvent occasionnées par des éleveurs surtout des Peuls transhumants.
Le député André Okounkola rappelle un dernier cas en date seulement le lundi 25 juin, où selon lui, des Peuls transhumants ont tué deux agriculteurs dans le village d’Igbo Gana dans la commune de Savè. Avant ce dernier drame, il y avait eu un premier affrontement qui s’est produit, en mai dernier, dans le même village entre les éleveurs peuhls et agriculteurs et s’est soldé par quinze morts dans les rangs des populations. André Okounlola applaudit l’initiative de cette loi. Mais il trouve que l’adoption du Code seule ne suffit pas pour venir à bout de ce phénomène. Il invite le gouvernement à prendre des mesures hardies à travers la prise des décrets d’application afin de garantir l’efficacité de la lutte et éviter que des éleveurs étrangers viennent dicter encore leur loi au Bénin.
Le député Bida Nouhoum plaide pour la vulgarisation du code dès qu’il sera entré en vigueur pour permettre à chaque acteur, c’est- à-dire agriculteurs et éleveurs de rester dans le couloir que lui a tracé la loi pour une cohabitation pacifique.
Son collègue Nassirou Arifari Bako explique que les communes de Malanville, Karimama, Kétou, Savè, Dassa, Bonou, la région Agonlin sont les zones les plus touchées par le phénomène de la transhumance pastorale. Il demande au gouvernement de gérer avec circonspection les effets collatéraux que créera la loi notamment le dédommagement des propriétaires terriens lors de l’opération de délimitation des couloirs de passage des troupeaux. Les inquiétudes des députés ont été dissipées par le ministre chargé de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui. Il a assuré à la plénière que le gouvernement fera diligence pour une bonne application du Code dès son adoption et sa mise en vigueur.

L'équipe du Nigeria est tombée les armes à la main dans le dernier match de poule l'opposant à l'Argentine. Les coéquipiers de Mickaël Obi et de Victor Moses n'ont pas pu relever le défi de s'imposer à l'Abicéleste ou se contenter du nul devant suffire à leur qualification pour les huitièmes de finale du mondial Russie 2018. Sur le fil du rasoir l'Argentine chipe au Nigeria la deuxième place qui lui est dévolue jusqu'à la 86ème minute de jeu où Marcos Rojo marque le deuxième but qui libère tout un peuple. Eprouvée depuis le cinglant revers face à la Croatie de Modric, l'Argentine a puisé dans ses individualités pour faire la différence. D'abord par Messi à la 14ème minute et par Marcos Rojo après l'égalisation de Victor Moses sur pénalty. Le Nigeria passe donc à côté de son match, incapable de conserver l'avantage du match nul pour s'offrir sa place en huitième de finale. Il vient s'ajouter à la liste des trois équipes africaines déjà éliminées. Seul le Sénégal reste en course pour cette qualification en huitième de finale. Il affronte jeudi la Colombie pour le compte du dernier match de poule.
Sports 26 juin 2018
Le chef d'Etat-major le Général Laurent Amoussou assainit les rangs[/caption]Par note de service datant du lundi 25 juin dernier, le chef d’Etat-major des Forces armées béninoises (FAB), le Général de Brigade Laurent Amoussou a invalidé les cours de formation initiale de 16 élèves officiers sortis au titre des années 2016 et 2017. Ceux-ci avaient fait valoir de fausses pièces pour leur admission.
Illégalement admis dans les écoles militaires créées ou agréées par l’Etat, 16 élèves officiers ont été rétrogradés. Tous ont présenté de fausses pièces pour bénéficier des cours de formation initiale d’officiers. 5 sont auteurs de falsification d’acte de naissance, 5 ont présenté un faux diplôme universitaire dans leurs dossiers de candidature, 2 ont un faux diplôme de Bac, 1 a présenté dans son dossier de candidature un faux baccalauréat et un faux diplôme universitaire, 1 n’a pas donné la preuve de son diplôme, 1 dont la formation est incomplète, et un autre dont le diplôme n’est pas conforme. Leur indélicatesse a été mise au grand jour et les cours de formation initiale d’officiers dont ils ont bénéficié sont invalidés. Conséquence : leurs autorisations du port de premier grade d’officier à titre fictif sont rapportées et ils sont tenus de porter leurs grades antérieurs à leur admission à ladite formation. Ils perdent ainsi tous droits et avantages matériels et financiers acquis du fait de ces formations. La note de service précise que les dossiers des mis en cause seront transmis au directeur général de la Police républicaine pour les nécessités de poursuites judiciaires conformément aux textes en vigueur.
Actualités 26 juin 2018

La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a clôturé sa première session ordinaire de l’année en cours, ce mardi 26 juin 2018. Le président de l’Institution de régulation des médias, Adam Boni Tessi, dans son intervention n’a pas passé sous silence sa décision relative à la suspension du journal La Nouvelle Tribune. Il s’agit de la décision conservatoire n°18-024 du 2 mai 2018 suspendant jusqu’à nouvel ordre toute publication du quotidien « La Nouvelle Tribune » conformément à l’article 55-2 de la loi organique de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac).
Une décision absolument légale et bien motivée, d’après les explications du président de la Haac, qui a suscité des levées de boucliers dans tous les sens. Mieux, Adam Boni Tessi note que sa décision fait couler beaucoup d’encre et de salive. De l’implication des réseaux sociaux aux universitaires en passant par des journalistes et des associations de défense des droits de l’homme, avec des commentaires virant même le plus souvent au dénigrement le plus abject.
En procédant à la clôture de la première session ordinaire de la Haac ce jour, le président Adam Boni Tessi a remercié tous ceux qui ont voulu l’écouter sur le fondement de sa décision et a rassuré : « Je pus assurer les uns et les autres qu’une session extraordinaire se penchera sur ce dossier de La Nouvelle Tribune sous peu ». Le président de la Haac a par ailleurs souligné que rien ne pourra le détourner d’une des missions cardinales de cette institution constitutionnelle.
Société 26 juin 2018
L'équipe du Nigéria[/caption]Le Nigeria et l’Argentine s’affrontent pour la cinquième fois en Coupe du Monde, ce mardi à Saint-Pétersbourg, pour le compte de la troisième journée des matchs dans le groupe D. Une rencontre de dernière chance pour ces deux sélections, sérieux prétendants pour les huitièmes de finale.
Après sa brillante victoire (2-0) sur l’Islande, le Nigéria effectue ce mardi sa troisième sortie face à l’Argentine de Lionel Messi. Et pour cette cinquième confrontation entre les deux nations en coupe du Monde, l'Argentine aura la pression sur ses épaules après leur humiliation (3-0) face à la Croatie. Avec seulement un petit point au compteur après deux matches, l’Albiceleste est contrainte de remporter face aux Super Eagles pour espérer arracher son billet pour le prochain tour. Il faudra une large victoire à Lionel Messi et ses coéquipiers pour passer sans calculette en main. En manque de sérénité, de coordination depuis leur débâcle face aux Croates, le plus gros défi des poulains de Jorge Sampaoli dans cette rencontre reste le mental et la cohésion du groupe. Cette situation a suscité une réunion pour colmater les brèches, selon Javier Matcherano qui confie : « On a eu une réunion pour tenter de trouver des solutions pour sortir de cette situation, nous améliorer et parvenir à nous qualifier pour les huitièmes. Malheureusement, le bruit qu’il y a autour ne nous aide pas », a-t-il déclaré.
Le Nigeria resté sur quatre défaites face l'Argentine en Coupe du Monde abordera cette rencontre non seulement avec confiance mais aussi avec une réelle volonté de prendre leur revanche sur l’Albiceleste, leur bête noire depuis vingt-quatre ans dans ce tournoi.
Revigorés par leur victoire (2-0) face aux Scandinaves, les Super Eagles joueront également pour s’offrir leur quatrième huitième de finale en Coupe du Monde. Pour avoir réussir là où l’Argentine a échoué, Michel Obi et ses coéquipiers comptent jouer leur va-tout pour passer le cap du premier tour. « Nous avons un bon mélange dans l'équipe, entre des joueurs capables de garder le ballon et des joueurs très rapides. Nous espérons être capables de continuer à jouer comme ça, car c'est ce que nous avons toujours voulu », a-t-il laissé entendre. Le sélectionneur du Nigeria Gernot Rohr devra donc effectuer le meilleur classement possible.
La Révérende Fifamè Fidèle Houssou-Gandonou[/caption]Docteure en théologie, option Ethique féministe, enseignante et auteure, spécialiste en féminisme, genre et développement, la Révérende pasteure Fifamè Fidèle Houssou-Gandonou est connue pour ses prises de position sur le féminisme qui tranche avec l’ordinaire. Cette servante de Dieu qui mène des réflexions sur la condition féminine vue sous l’angle religieux, aborde dans cet entretien, ce qu’elle appelle « les fondements éthiques du féminisme ».
La Nation : Pour vous, c’est quoi le féminisme ?
Révérende Fifamè Fidèle Houssou-Gandonou : Malgré son apparence révolutionnaire, le discours féministe exprime à sa manière une exigence éthique universelle. Au-delà des femmes, il s’adresse à toute personne soucieuse de voir triompher l’égalité pour tous, la justice pour tous, la dignité pour tous. Le féminisme est l’attitude de ceux et celles qui souhaitent que les femmes aient les mêmes droits que les hommes et soient traitées comme des êtres créés à l’image de Dieu. Morgane Merteuil le dit très simplement quand elle écrit que le féminisme vise à l'extension des droits des femmes, à leur émancipation, la liberté de ces dernières ayant tendance à être définie en fonction des attentes et des besoins des hommes.
Qu’est-ce qui a motivé votre intérêt pour un tel sujet ?
Tout est parti de l’observation de la condition féminine en Afrique en général et au Bénin en particulier. La condition féminine en Afrique et au Bénin en particulier n’est pas reluisante. Dans un contexte où des femmes sont victimes de l’exclusion et de la maltraitance, le combat féministe prend tout son sens. Il faut reconnaître les avancées réelles qui se sont produites dans notre pays comme ailleurs, et l’amélioration sensible de la condition féminine. Mais il reste, notamment, à changer radicalement l’image dévalorisante de la femme qui continue d’être perçue, à des degrés divers, comme une citoyenne de seconde zone. La religion joue ici un rôle que l’on ne saurait négliger. Une certaine lecture de la Bible par exemple, la plus répandue partout dans le monde et singulièrement en Afrique, accrédite l’idée de l’infériorité congénitale de la femme par rapport à l’homme. Il faudra interroger cette lecture en montrant que d’autres lectures sont possibles, en distinguant soigneusement, dans le texte biblique, l’essentiel et l’accessoire : le noyau substantiel du message chrétien, d’une part, et d’autre part l’enveloppe culturelle dans laquelle il s’exprime, et qui est en effet fortement marquée par un système de préjugés que l’on retrouve, hélas, dans toutes les cultures de l’époque et même d’aujourd’hui : le chauvinisme mâle.
Quels regards porte-t-on sur la femme en Afrique ?
Du point de vue littéraire, et de concert avec les œuvres étudiées, nous retenons que la condition de la femme en Afrique est très peu enviable. Le regard de la société confine la femme dans ces lieux traditionnels que sont la cuisine, la maternité et le marché. Le regard sur la femme est souvent à la base des formes d’assujettissement que sont la polygamie, le mutisme, les mutilations génitales, l’initiation sexuelle, les rites d'initiation qui marquent le passage de la puberté à l'âge adulte, le rite de naissance, le veuvage, le lévirat, etc. Le système mis en place par la société semble privilégier la loi du mâle qui veut que la femme soit au service de l'homme et de la société.
Dans la société africaine et béninoise en particulier, le regard des hommes sur les femmes est d’une étrange ambivalence. D’un autre côté, les hommes regardent la femme comme un délice pour les pères et pour l’homme en général (le mari). Dans ce sens, on dit que celui qui a fait des filles est potentiellement riche ; la femme est donc vue comme une propriété et une richesse.
D’un côté, les hommes perçoivent les femmes comme psychologiquement, moralement et intellectuellement faibles. La femme est perçue comme un objet esthétique, à la limite décoratif et ayant pour but d’agrémenter ou d’embellir l’existence de l’homme. Elle est également vue comme la source des malheurs et parfois un obstacle. Comme cela, la femme est sous la surveillance de son père jusqu’à son mariage où cette surveillance se transfère à son époux. Ce qui fait d’elle une perpétuelle mineure et l'expose à l’exclusion de la vie sociopolitique, à l’exploitation et à la violence sous toutes ses formes.
Que dire alors du regard de la femme sur elle-même ?
Les femmes intériorisent généralement la situation qui leur est faite par la société. Ainsi, le plus grand souhait d’une jeune fille est le foyer, oui le foyer, un mari et des enfants. Elle se voit à travers son rôle et jamais dans son être et sa nature d’être humain créé à l’image de Dieu au même titre que l’homme devant être dans un rôle de partenariat et de vis-à-vis avec ce dernier dans la gestion de la cité.
Je dirais aussi que notre problème, c’est d’abord d’être femmes et de vivre dans un monde dirigé par les hommes. Les hommes eux-mêmes le disent, ce sont eux qui dirigent le monde dans lequel nous sommes, nous femmes, pour paraphraser Hélène Yinda.
Alors, le féminisme est-il la meilleure réponse ?
Oui le féminisme comme réponse, parce qu’il persuade que la condition des femmes et les injustices criardes auxquelles elles sont soumises appellent de toute nécessité une réplique. Cette réponse est à la fois une action et un discours : un discours qui rétablit la femme dans sa dignité d’être humain et une action destinée à imposer dans les faits cette dignité bafouée. Le féminisme n’est ni en contradiction, ni incompatible avec la foi chrétienne, encore moins avec la volonté de Dieu pour ses créatures. Il vise plutôt à rétablir l'équilibre en théologie et dans la société. En cela, il est la meilleure réponse visant à réduire les influences du système patriarcal de la société et permettant une vie plus humaine pour l’homme et la femme. Le féminisme ambitionne l'intégration de la femme à la vie sociopolitique. Mariama Bâ l’exprime en ces mots : « La femme ne doit plus être l’accessoire qui orne. L'objet que l'on déplace, la compagne qu’on flatte ou calme avec des promesses. La femme est la racine première, fondamentale de la nation où se greffe tout apport, d'où part aussi toute floraison. Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays ».
En quoi le féminisme est une question éthique et théologique ?
S’il y a lieu de rechercher les fondements éthiques et théologiques du féminisme, c’est que cette doctrine est souvent décriée pour ses exagérations et ses abus. Le féminisme apparaît à première vue, pour l’observateur superficiel ou pressé, comme un discours subversif qui remet en cause les rapports naturels entre l’homme et la femme. Il apparaît ainsi, à la limite, comme une doctrine immorale.
De plus, il est souvent perçu en Afrique, comme « une affaire de Blancs » ou plus exactement, dans le cas d’espèce, comme une « affaire de Blanches », et donc liée à la culture occidentale et totalement dépourvue de sens dans le contexte africain.
La base du féminisme étant le mal-être du vécu féminin, son discours est orienté vers une éthique de l'égalité, de la liberté, de la dignité et de la responsabilité. Le féminisme fait donc appel à des valeurs éthiques qui apportent le changement du mieux-être. Il s’agit pour la femme d’être reconnue et traitée comme sujet et comme personne créée à l'image de Dieu et rachetée par la grâce de Dieu.
Vous prônez finalement l’égalité homme-femme, on dirait !
En Jésus, Dieu dit la dignité et revalorise la condition. L'aliénation de la femme comme celle de l'homme est une forme d'insulte au Dieu de Jésus-Christ. Construire une société sans une disposition égalitaire et digne entre l'homme et la femme, c'est renoncer à l’évangile libérateur. Le féminisme veut amener les femmes à être sujet, c'est-à-dire savoir ce qu'on est et ce qu'on doit devenir. Ce dynamisme du savoir-être et du devenir est une décision d'orientation de vie. C'est être une personne, penser par soi-même et s'accomplir soi-même, c'est dire : je suis. C’est décider de se donner ou de suivre une ligne de conduite conforme au bien, à la vertu. Letty Russell le dira clairement en ces termes : « Les êtres humains ont besoin d’être acceptés comme sujets et non pas comme des choses ou des objets que quelqu’un d’autre manipulerait. Ils ne peuvent être réduits à de simples fonctions ou de simples rôles dans la société et les organisations ». Ce refus de se laisser manipuler et traiter comme objet passe nécessairement par une prise de conscience de son état. Cette prise de conscience est éthique et conduit à la volonté d'être sujet.
Quel sera votre mot de fin pour conclure cet échange ?
C'est une bataille, une lutte, un voyage et une vie. Compris de cette manière, le féminisme est un rappel à l’ordre de la création telle que rapportée par les Écritures Saintes avec pour ancrage homme et femme créés à l’image de Dieu et ayant reçu la même responsabilité de protection et la gestion de la création. Plusieurs versets bibliques dans les évangiles mettent l'accent sur ces valeurs éthiques que soulève la lutte féministe : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes.
Société 26 juin 2018