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Nouvelles

Conseil des ministres: Des mesures contre les boulangers indélicats

e Conseil des ministres du mercredi 8 juin s’est penché sur la situation qui prévaut dans le secteur de la boulangerie au Bénin, notamment en ce qui concerne la fabrication du pain. Depuis peu, des associations de consommateurs, des autorités et la population elle-même donnent de la voix pour appeler à des mesures d’assainissement dans le secteur. Désormais, c’est chose faite !

Au cours de sa réunion hebdomadaire du mercredi 8 juin, le Conseil des ministres a suivi une communication du ministre en charge du Commerce et de l’Industrie relativement à la situation qui prévaut dans le secteur de la boulangerie au Bénin. A l’occasion, il a mis en exergue les difficultés du secteur notamment la non maitrise des acteurs, l’utilisation de la farine de blé de qualité douteuse et l’utilisation de produits toxiques dans la fabrication du pain, a rapporté le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki au cours de son point de presse, tenu quelques heures après la séance du Conseil des ministres. Le gouvernement étant préoccupé par la «sécurité sanitaire des aliments», le Conseil des ministres a pris la mesure de ce problème. Pour ce faire, il est envisagé ce que le ministre d’Etat a appelé «des actions d’assainissement du marché du pain et autres aliments à base de farine de blé». Les ministres concernés ont été instruits par le gouvernement, aux fins de « prendre les mesures urgentes nécessaires pour identifier les trafiquants et contrôler la qualité des aliments». Il leur a été également demandé de « sévir conformément aux dispositions légales et réglementaires et d’engager une sensibilisation des populations».

Pour le ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki, il y a dans ce secteur, des gens qui ne devraient pas s’y trouver et il convient «d’identifier les vrais boulangers des amateurs qui mettent en danger la vie les populations et ceux qui utilisent des produits toxiques et de la farine de qualité douteuse». Aussi, réfute-t-il la thèse selon laquelle la non augmentation du prix du pain depuis de nombreuses années justifierait la pagaille observée dans le secteur. Selon lui, le problème de prix n’est pas encore à l’ordre du jour et le sera, une fois que le secteur aurait été assaini et qu’on aurait mis de l’ordre. Toute chose qui, apaise-t-il, se fera ensemble avec les associations professionnelles du secteur de la boulangerie.

Actualités 09 juin 2016


Pour une bonne gouvernance dans le secteur de la culture au Bénin: Les propositions et exigences de la plate-forme Wanilo

Que faire face à la situation actuelle dans le secteur des arts et de la culture au Bénin pour mettre un terme à la crise, mais aussi poser les balises d’une gouvernance exemplaire des fonds alloués au Fonds d'aide à la Culture. La problématique alimente bien de débats depuis peu. Et la plate-forme Wanilo, devenue pionnière dans la dénonciation ces dernières semaines a tôt fait d’officialiser certaines suggestions.

On doit à la plate-forme Wanilo, et sans doute aussi à la volonté de l’actuel ministre en charge de la Culture, Ange N’koué, les mesures conservatoires appliquées au secteur des arts et de la culture, notamment au fonctionnement du Fonds d’aide à la Culture (Fac). Née de la révolte et de la contestation d’une frange d’acteurs culturels, dépités du fonctionnement des instances de financement du secteur culturel, la plate-forme Wanilo s’est érigée en une force d’opposition et de propositions. «Nos actions consistaient à faire arrêter le processus d’élection, consulter les acteurs sur la question d’amélioration du fonctionnement du fonds et enfin faire des propositions pour des réformes profondes de transparence, de crédibilité et d’impact du fonds», synthétisent ses responsables. Pour l’instant, la revendication majeure portant sur l’arrêt du processus de désignation des administrateurs du Fac est déjà un acquis. Depuis le 7 juin dernier, ledit fonds a basculé dans un vide juridique et bien malin qui pourrait présager de la suite du processus, surtout que jusque-là le ministre en charge de la Culture, dont l’intervention est très attendue, n’en dit mot.

Pour sa part, la plate-forme Wanilo, «après plusieurs investigations et consultations, a conclu que laisser passer le renouvellement des membres du Conseil d’administration serait entretenir ou encourager une mauvaise gouvernance qui s’érige en principe de gestion du Fonds d’aide à la Culture».
«Pour collecter des propositions, nous avons conduit une série de consultations publiques. La première méthode consiste à organiser des forums publics sur les propositions pour un meilleur fonctionnement du fonds. Ensuite, il a été mis en place une adresse électronique sur laquelle les acteurs ont envoyé des propositions quelle que soit leur situation géographique », détaille le document de synthèse rendu public par l’organisation au terme de son processus de consultation. Au total, 157 artistes et acteurs culturels représentant toutes les disciplines artistiques, bénéficiaires ou non-bénéficiaires du Fonds d’aide à la Culture, 24 acteurs culturels de la diaspora, ont pris part à l’opération qui s’est soldée par une série de propositions visant à faire changer la donne dans le secteur culturel. ?
Que veut Wanilo ?
Selon la vision et les objectifs de la plate-forme Wanilo, le secteur culturel béninois doit connaître un processus de démocratisation directe. L’opération « Un acteur culturel, une voix » sera la première revendication phare de cette association pour faire obstacle au mode de désignation des administrateurs. « Dans le contexte actuel où la crédibilité et l’effectivité des associations et fédérations d’artistes sont remises en cause, nous proposerions de procéder à une cartographie du secteur et au recensement par discipline, par métier et par catégorie des acteurs et des organisations du secteur. Ce travail de recensement doit se baser sur le statut de l’artiste en République du Bénin », suggère Wanilo. En dehors des exigences relatives au processus électoral et la candidature, les responsables de l’organisation formulent aussi des propositions pour un meilleur fonctionnement de l’outil de gestion des ressources du secteur.
Les administrateurs de type nouveau attendus dorénavant au sein du Conseil d’administration du Fac auront l’obligation de rendre compte une fois par an à leur base et le mandat du Conseil d’administration ne dépassera pas deux ans renouvelables une fois. S’agissant de la direction générale du Fonds d’aide, elle doit être un instrument technique de régulation, d’accompagnement et de facilitation et avoir la possibilité de faire des propositions au CA. Elle doit, pense la plate-forme Wanilo, «organiser le suivi et l’évaluation des projets financés et, par l’entremise d’un cabinet d’étude, établir les outils et canaux d’évaluation et de suivi uniformes et consensuels pour tout le secteur ». Aussi, doit-elle mesurer chaque année l’impact du financement sur le secteur et sur l’économie nationale et publier des bulletins statistiques. Quid des montants alloués aux acteurs et aux structures ? A ce niveau, Wanilo dresse un éventail très large de propositions dont la finalité permettra de renforcer la dépendance de l’acteur culturel et le financement des initiatives culturelles, loin de toutes tentatives de corruption avec des impacts sur le secteur et sur l’économie.
La liste n’est pas exhaustive et ce travail conduit par une équipe de coordination, avec à sa tête, Espéra Donouvossi, consultant, opérateur et administrateur culturel, Giovanni Houansou, acteur culturel et comédien et bien d’autres experts à divers niveaux de la chaîne culturelle, selon nos investigations, devrait déjà être aux mains du ministre Ange N’koué et de ses collaborateurs. Pour la plate-forme Wanilo, la mise en application de ses propositions, avec l’appui de tous les acteurs culturels suffirait à concrétiser la volonté du président Patrice Talon, tel que mentionné dans son projet de société à savoir « Mettre en place une véritable politique de soutien aux vocations et talents artistiques ».

Culture 08 juin 2016


Rapport national sur le développement humain 2015: L’agriculture comme clé du développement

Il a été procédé, mardi 7 juin à Cotonou, au lancement officiel du Rapport national sur le développement humain (RNDH) 2015. La cérémonie était placée sous l’égide du ministre d’Etat en charge du Développement Abdoulaye Bio Tchané et du représentant résident du Pnud par intérim Odile Sorgho-Moulinier

«Agriculture, sécurité alimentaire, développement humain au Bénin ». C’est le thème de la 10è édition du rapport national sur le développement humain. Dans son adresse à la cérémonie de lancement, à Cotonou, le représentant résident par intérim du Pnud, Odile Sorgho-Moulinier a souligné qu’au regard des nombreuses menaces auxquelles le Bénin doit faire face en la matière, le choix de ce thème vient à point nommé et vise à approfondir les interrelations entre l’agriculture, la sécurité alimentaire et le développement humain. Elle précise que ledit Rapport est le produit final d’un long processus entre les diverses parties prenantes. «Le sujet abordé dans le rapport a été retenu conjointement par le Pnud dans une approche participative avec l’inclusion des Organisations de la Société civile. C’est le fruit du travail de recherche assidue, du dévouement, des conseils, des contributions et du soutien de nombreuses autres personnes», insiste-t-elle.

Après avoir rappelé l’importance que revêt l’institutionnalisation des rapports nationaux sur le développement par le Pnud à travers le monde, Odile Sorgho-Moulinier souligne que pour son institution, lesdits rapports représentent d’importants piliers de son travail de soutien aux gouvernements et aux Etats en matière de politique et de stratégies de développement. A cet effet, ajoute-t-elle, « l’objectif principal de ces rapports est d’informer le public et de relancer des actions qui contribueront à résoudre les problèmes de développement humain les plus préoccupants»..

Synthèse d’investigations

Pour le représentant résident par intérim du Pnud, les RNDH contribuent aussi de façon significative à renforcer la capacité statistique et analytique nationale, et constituent un média important permettant d’atteindre les buts fixés par la communauté internationale dans le cadre des ODD.
Les RNDH sont des rapports nationaux, non seulement parce qu’ils s’élaborent dans le pays mais aussi parce qu’ils constituent la synthèse d’investigations diverses qui concilient différentes sensibilités présentes dans le pays. « Une fois reliés aux mécanismes de coopération de développement, les RNDH constituent une base analytique pour la formulation de programmes de soutien aux pays et à leurs gouvernements afin d’accélérer le progrès du développement humain».
Odile Sorgho-Moulinier dit avoir foi que le rapport contribuera à stimuler un débat public de haut niveau sur l’urgence à relever les défis qu’impose la planification du développement, prenant en compte la sécurité humaine. Car, selon les analyses du rapport, le Bénin doit concentrer ses efforts sur des stratégies qui mettent l’homme au centre de l’action, qui mettent l’être humain à l’abri du besoin, qui le libèrent de la peur, qui lui offrent enfin la possibilité et l’opportunité de vivre dignement et aussi longuement que possible. Le rapport soutient également que si l’agriculture est bien pensée et sous-tendue par des politiques et stratégies adéquates, elle ne manquera pas d’impacter positivement les populations aux moyens économiques et sociaux contribuant ainsi au développement humain.

Les assurances du gouvernement

Pour le ministre en charge de l’Agriculture, Delphin Koudandé, le rapport mérite d’être salué parce que le Bénin vit une situation paradoxale en ce sens que son agriculture qui entraîne tous les autres secteurs économiques est confrontée à d’énormes défis. Elle est restée à l’étape embryonnaire sans pouvoir contribuer suffisamment à la création de la valeur ajoutée nationale. «C’est fort de ce diagnostic que le régime du Nouveau départ a opté pour, entre autres visions, d’investir pour une agriculture de grande envergure». Une vision qui ne pourra être réalisée que par la prise de certaines mesures clés dans chacun des sous-secteurs agricoles. Il a cité les axes majeurs fixés pour opérationnaliser cette vision, avant d’assurer que le gouvernement entend faire des miracles pour qu’à l’horizon 2021 le pays soit réellement dans une situation de souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
Procédant au lancement officiel dudit rapport, le ministre en charge du Développement, Abdoulaye Bio Tchané a laissé entendre que le Rapport vient confirmer la nécessité de faire du Bénin le grenier de l’Afrique de l’Ouest. Il a également dit la gratitude du gouvernement à l’ensemble des acteurs qui ont contribué à la réalisation dudit Rapport.?

Actualités 08 juin 2016


Assemblée nationale: L’examen de la loi sur le statut du barreau béninois enclenché

Transmis au Parlement depuis le 23 mars 2006, le projet de loi portant statut du barreau en République du Bénin est enfin en examen à l’hémicycle. L’étude du texte composé de 247 articles a démarré mardi 7 juin à l’Assemblée nationale sous l’œil vigilant du ministre en charge de la Justice, Joseph Djogbénou et d’une délégation d‘avocats conduite par le Bâtonnier Cyrille Djikui.

Régi jusqu’ici par une loi qui date de 1965, le barreau béninois se dote bientôt d’une nouvelle législation. L’étude du projet de loi déposé à l’Assemblée nationale depuis le 23 mars 2006 a démarré et est en étude depuis mardi 7 juin. Selon le rapport de la Commission chargée des Lois lu par le rapporteur Orden Alladatin, les textes qui régissent le barreau béninois comportent aujourd’hui des insuffisances notoires qui s’expliquent par l’évolution de la société.

En effet, d’une dizaine d’avocats en 1965 se justifiant par les tribunaux près la seule Cour d’appel de Cotonou, le barreau béninois en compte aujourd’hui 210 membres. Ainsi, la profession d’avocat a pris une ampleur considérable au fil des années. C’est dans ce cadre que, suite aux recommandations des états généraux de la justice, l’Etat béninois s’est donné comme tâche prioritaire, la révision du statut du barreau, informe-t-il. L’objectif de cette révision est d’assurer la sécurité juridique des justiciables, la crédibilité de la corporation des avocats, afin de parvenir à une justice accessible à tous, efficace et transparente. C’est tout l’intérêt de la réforme législative portée par le projet de loi portant statut du barreau de la République du Bénin transmis à l’Assemblée nationale le 23 mars 2006. Depuis cette date, deux règlements relatifs à la profession d’avocat ont été édités par l’Uémoa et entrés en vigueur. Il s’agit du règlement relatif à la libre circulation et à l’établissement des avocats ressortissants de l’Union au sein de l’espace Uémoa du 25 juillet 2006 et du règlement relatif à l’harmonisation des règles régissant la profession d’avocat dans l’espace Uémoa du 25 septembre 2014. Ces règlements étant des normes communautaires, ont été pris en compte dans l’étude du projet de loi. Ce qui a entraîné une refonte du projet tel qu’envoyé à l’Assemblée nationale par le gouvernement en 2006, a expliqué la Commission chargée des Lois.
Lors du débat général, les députés se sont tiraillés sur le lieu du siège de l’Ordre des avocats du Bénin. Certains députés ont souhaité que ce soit à Cotonou, son lieu actuel. D’autres députés ont trouvé utile que le siège soit transféré dans d’autres villes du Bénin notamment à Porto-Novo, la capitale du Bénin qui abrite déjà la Cour suprême. Mais au finish, il sera retenu que le siège soit basé à Cotonou avec possibilité pour le barreau de le transférer dans d’autres villes.
Les députés Claudine Prudencio et Patrice Nobimè, pour leur part, ont insisté dans leurs interventions sur la nécessité de corser dans la loi les sanctions contre les avocats indélicats.
Rosine Vieyra Soglo se voudra avocate de ses collègues en toge noire. Selon elle, il y a des brebis galeuses dans tous les corps. La dame de fer de la Renaissance du Bénin invite la plénière à reconnaître tout de même les efforts des avocats qui travaillent énormément et font de l’assistance judiciaire gratuite aux populations pauvres. Elle a félicité Me Hélène Aholou Kèkè, la présidente de la Commission chargée des Lois sous la 6e législature qui avait beaucoup travaillé ce texte.
Cette réforme législative est une exigence nationale qui permettra au Bénin non seulement de se mettre en phase avec plusieurs autres textes tels que le Code de procédure pénale mais aussi une exigence des règlements communautaires de l’Uémoa relatifs à l’organisation de la profession d’avocat. Il est important pour le Bénin de se mettre en conformité avec les exigences de ces textes, a insisté Joseph Djogbénou, ministre chargé de la Justice qui renseigne que les députés n’auront pas une grande manœuvre d’amendements du projet de loi d’autant que les indications de délais, les règles de discipline et les conditions d‘admission à la profession d’avocat sont entre autres déjà réglées par les règlements de l’Uémoa.
Il faut souligner que l’examen du texte de 249 articles se poursuit demain à l’Assemblée nationale¦

Maurice Katotcha Chabi prend siège au Parlement

Le suppléant du député démissionnaire Jacques Yempabou appelé à d’autres fonctions, Maurice Katotcha Chabi a été officiellement installé mardi 7 juin. Il a été invité à siéger en lieu et place du titulaire du siège par le président de l’Assemblée nationale. « Mes impressions sont bonnes. Tout est bien qui finit bien. C’est ma première séance plénière et c’est la première fois que je participe à ce genre de débats parlementaires. Mais comme on le dit, c’est en forgeant qu’on
devient forgeron. Je pense donc qu’avec le temps, je vais devenir un
bon député pour voter les lois devant soulager les peines des populations et contrôler
l’action du gouvernement », a confié à la presse Maurice Kato- tcha Chabi qui se réclame de la Majorité présidentielle.
Th. C. N.

Actualités 08 juin 2016


Création d'un ministère en charge du plan et du développement: De la nécessité d’une réforme du système national de planification

La création du ministère du Plan et du Développement dans le gouvernement en place depuis le 06 avril 2016, est une opportunité pour le Bénin, de réformer son système national de planification : c'est-à-dire le cadre organisationnel de la planification, ses processus, ses techniques et les arrangements institutionnels entre les différents intervenants.

Mon précédent article publié dans la Nation n° 6499 du mardi 31 mai et dans le n°6500 du mercredi 1er juin 2016, plaidait déjà pour le retour du Bénin aux plans nationaux de développement. Mais restaurer les plans ne suffirait pas à renforcer les capacités de gestion du développement du Bénin. Il faudrait en plus, réformer tout le système national de planification en stabilisant son cadre organisationnel et en standardisant ses techniques.
Les systèmes de planification dépendent du contexte économique, social et environnemental national, des caractéristiques de l’État planificateur et surtout de ses capacités de gestion ainsi que des thèses contemporaines de l’économie du développement. Dans cette perspective, une réforme du système national de planification du Bénin requiert de :
1) changer de modèle de développement et opter pour un modèle plus éclectique;
2) recentrer le rôle de l’État dans la gestion du développement en faisant du plan et du marché, les principaux instruments d’allocation des ressources ;
3) assurer la cohérence temporelle des actions publiques en valorisant la prospective;
4) adapter les instruments de planification à un contexte en pleine mutation et en élaborant un Plan national de développement durable (PNDD) pour la période 2017-2021;
5) définir une stratégie de financement du développement basée sur un bilan de la Table Ronde de Paris et orientée vers la mobilisation de financements alternatifs à l’APD (fondations philanthropiques, BRICS , fonds de la diaspora, fonds environnementaux, fonds arabes, notamment); et
6) institutionnaliser la fonction planificatrice autour d’une loi-cadre et une commission nationale de planification.

Changer de modèle de développement

Les modèles de développement se basent sur les concepts, les théories et les pratiques de l’économie du développement, sur les faits stylisés et la recherche empirique pour préconiser des voies à suivre pour surmonter les obstacles aux progrès économiques, sociaux et environnementaux dans les pays en développement.
Les planificateurs béninois des années d’avant 1990, comme d’ailleurs dans le tiers monde, ont tenté à travers les plans qu’ils élaboraient d’appliquer les principales théories de l’économie du développement ainsi que les stratégies y relatives. Fortement inspirés par le décollage de Rostow , le dualisme des Lewis et le structuralisme de R. Prebish, Samir Amin et al., ils ont fait des choix stratégiques qui se sont avérés par la suite inopérants. Des stratégies de développement autocentré aux industries «industrialisantes» en passant par l’industrialisation par substitution des importations, les planificateurs ont tout essayé mais le constat d’échec est le même partout.
Le bilan de plus d’un demi-siècle de gestion du développement met ainsi en exergue les limites des modèles appliqués ainsi que des schémas de croissance sous-jacents. Ni le libéralisme du début des indépendances, ni le socialisme de l’ère révolutionnaire, ni le consensus de Washington qui a inspiré le modèle d’ajustement structurel, encore moins les stratégies de lutte contre la pauvreté, n’ont favorisé une augmentation substantielle de la croissance du PIB pour améliorer les conditions de vie. Ils n’ont pas non plus apporté un gain de productivité suffisant pour opérer la transformation structurelle de l’économie, ni une compétitivité accrue susceptible de mettre le pays sur la voie de l’émergence.
Aujourd’hui encore les thèses sur le développement foisonnent. Entre 1990 et l’an 2000, le développement s’est vu affublé de nouveaux qualificatifs : développement durable et développement humain, notamment. De même, les concepts comme l’émergence et la croissance inclusive figurent en permanence sur l’agenda actuel du développement. Cependant ces théories et autres paradigmes ne doivent pas faire l’objet d’une application aveugle. Ils doivent être appropriés et mis en œuvre en tenant compte du contexte national.
En conséquence, la conception du SNP doit chercher, au regard des réalités spécifiques du pays, à identifier les points forts de chacun de ces référentiels pour en faire une application judicieuse. La finalité est d’éviter d’enfermer le SNP dans des dogmes, des idéologies et autres effets de mode. Il s’agit plutôt de rechercher dans ce foisonnement de théories et paradigmes, des éléments intéressants permettant d’opérer le choix d’un modèle éclectique susceptible d’être appliqué avec succès aux défis nationaux de développement.

Recentrer le rôle de l’État

Face aux défis qui se posent au pays au plan démographique, social, économique et environnemental, l’État est appelé à jouer un rôle central dans la gestion du développement.
Ce rôle par le passé a été vertement décrié en ce qu’il a conduit à un interventionnisme hypertrophique, causé les déséquilibres financiers du milieu des années 80 et conduit à l’ajustement structurel et à son cortège d’austérités. Aujourd’hui, les bonnes pratiques enregistrées dans les pays ayant opéré avec succès leur transformation structurelle, enseignent que le rôle de l’État dans l’économie pour être efficace, doit être recentré.
Il y a trois manières d’opérer ce recentrage : (i) consolider l’environnement institutionnel en place; (ii) doter l’État des instruments appropriés de gestion du développement ; et (iii) renforcer ses capacités.

La consolidation de l’environnement institutionnel

Un environnement institutionnel propice à la gestion du développement par l’État suppose un leadership éclairé, de solides fondations politiques, des processus décisionnels participatifs, une prise en compte de l’intégration régionale.
Le leadership éclairé est incarné par des gouvernants engagés, crédibles et compétents. Asseoir de solides fondations politiques, signifie de consolider les bases démocratiques du pays, l’Etat de droit et les libertés fondamentales. Le degré d’implication des divers autres acteurs : secteur privé et société civile dans la prise de décision, renforce l’appropriation nationale et améliore la qualité de la gouvernance. Cela suppose une administration compétente, professionnelle et impartiale, qui assure la mise en œuvre efficace des politiques publiques.
L’intégration sous-régionale et régionale joue un rôle important dans les échanges et les investissements directs étrangers. Elle est donc une réalité à prendre en compte dans la consolidation de l’environnement institutionnel.
Il est à espérer que les réformes politiques et institutionnelles inscrites à l’agenda du présent quinquennat viennent renforcer le cadre global de gestion du développement et améliorer l’économie politique des réformes en faisant émerger une classe d’acteurs politiques crédibles et compétents, désireux de doter le pays d’une vision de développement; capables d’anticipation et de réformes; porteurs d’idéaux de changement; attentifs aux préoccupations des populations et sachant communiquer et persuader.

Les instruments appropriés de gestion du développement

L’État doit disposer de trois (3) principaux instruments pour jouer efficacement le rôle central qui lui est dévolu dans la gestion du développement à savoir : le marché, le plan et des politiques publiques appropriées.
Les bonnes pratiques enseignent que l’État peut valablement utiliser le marché non seulement comme un mécanisme d’allocation de ressources mais aussi comme un instrument.
Mais le marché livré à lui-même ne saurait opérer spontanément les changements structurels qu’exige le développement. C’est pour cela que l’État doit recourir, aux côtés du marché, au plan comme un instrument d’intervention dans une perspective de complémentarité et d’efficacité accrue dans la gestion du développement.
Cette perspective exige que l’État se dote de politiques publiques à même d’assurer la stabilité macroéconomique, de promouvoir une croissance vigoureuse et inclusive, de garantir une fourniture adéquate des biens publics et des services collectifs aux populations, de créer les bases d’une transformation structurelle durable de l’économie.

Le renforcement des capacités de l’État

L’État doit disposer de capacités suffisantes pour se doter de politiques publiques pertinentes, efficaces et efficientes. La gouvernance économique, la gouvernance financière, le suivi et l’évaluation sont les domaines clés dans lesquels, l’État doit être renforcé pour favoriser la mise en place d’un système de planification opérant au service du développement.
Ainsi, les services de l’administration publique aux différents niveaux doivent être capables, en matière de gouvernance économique : (i) de conduire des réflexions stratégiques, (ii) d’assurer la gestion macroéconomique, (iii) de concevoir et d’exécuter les politiques, programmes et projets de développement, et (iv) de mettre en œuvre les réformes (structurelles et institutionnelles) ; en matière de gouvernance financière, : (v) d’observer la discipline budgétaire; (vi) d’assurer l’efficacité de l’allocation budgétaire ; et (vii) de garantir l’efficience de l’exécution budgétaire ; en matière de suivi et d’évaluation : (ix) d’assurer la disponibilité de données actuelles et une bonne qualité des flux d’informations ; (x) de produire dans les délais requis et régulièrement, des indicateurs fiables et aptes à rendre compte des progrès accomplis dans l’atteinte des objectifs fixés ; (xi) de conduire des évaluations sur la performance des politiques ; (xii) d’utiliser les résultats de ces évaluations pour éclairer la prise de décision.

Assurer la cohérence temporelle de l’action publique

La nature et l’impact attendus de l’action publique nécessitent de la part des décideurs des choix temporels cohérents. Ils doivent décider de ce qu’il faut faire dans le court terme pour atteindre des objectifs de moyen terme. Dans le même temps, pour concrétiser la vision nationale de long terme, ils doivent aussi décider de ce qui est à faire à moyen terme. Le temps est donc une variable clé en matière de planification et tout système national de planification doit reposer sur un cadre temporel cohérent.
La première dimension temporelle à considérer dans le SNP est d’abord l’année. C’est au cours de l’année que l’État met en œuvre son budget qui est l’expression financière de sa politique. Conformément à la loi de finances, il doit collecter les impôts et taxes, mobiliser les ressources extérieures et exécuter les dépenses publiques de fonctionnement et d’investissements. Il doit également faire face à la conjoncture. Même si elle se réalise au cours de l’année, l’action de l’État doit s’inscrire dans la durée et de manière cohérente d’une période à une autre. Les choix budgétaires doivent ainsi se faire en référence aux stratégies globales et sectorielles élaborées sur le moyen ou long terme.
La deuxième dimension temporelle à considérer dans le SNP est le court terme qui pourrait aller d’un an à trois ans. A court terme, l’État doit procéder aux allocations budgétaires pluriannuelles tout en assurant les équilibres financiers internes et externes du pays. L’État agit dans ce cas à travers la politique économique avec comme finalité la stabilité macroéconomique c’est-à-dire un niveau jugé soutenable pour l’économie, d’un ensemble de variables macroéconomiques clés. La stabilité macroéconomique est un facteur déterminant pour les investissements et la croissance. Elle conditionne l’efficacité des actions à moyen terme.
La troisième dimension temporelle à considérer dans le SNP est le moyen terme qui pourrait être une période de 4 ou 5 ans. A moyen terme, l’État doit veiller à prendre en compte les retombées de certaines interventions initiées dans le court terme. Il en est ainsi, par exemple, des coûts récurrents des investissements réalisés et qui doivent être intégrés dans la planification. A moyen terme, il y a aussi à prendre en compte les actions publiques dont la mise en œuvre va au-delà du court terme. C’est le cas des grands projets d’infrastructures qui requièrent des études techniques (pré-faisabilité, faisabilité,…), des études environnementales et des études de rentabilité (financière et économique). Toutes ces actions de nature pluriannuelle doivent être judicieusement programmées en fonction de leur degré de maturité, dans une perspective de moyen terme pour s’assurer de leur réalisation.
La quatrième dimension à considérer dans le SNP est le long terme qui pourrait être considéré comme la période au-delà de 5 ans. A long terme, quel que soit le rôle que le marché est appelé à jouer, l'État continuera d’exercer un certain nombre de missions (stabilisation, allocation, redistribution) qui peuvent difficilement lui être contestées et qui lui imposent d'anticiper les tendances lourdes de l'évolution économique et sociale.

Par Sylvain Théodule DEGBE*

Actualités 07 juin 2016


Création de la SGI du groupe de la BSIC: Renforcer les moyens des filiales pour une meilleure intégration

Le Groupe de la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) dispose désormais d’une Société de gestion et d’intermédiation (SGI). L’assemblée générale constitutive de cette société a eu lieu vendredi 3 juin dernier à Cotonou sous la présidence effective du président directeur général du groupe Ali Omar Almoktar avec la présence des directeurs généraux des différentes filiales installées dans plusieurs pays d’Afrique.

La Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) s’implante davantage sur le territoire national du Bénin. C’est l'implantation qui a motivé la visite au Bénin en fin de semaine dernière du président directeur général du Groupe de la Banque Ali Omar Almoktar et à la tête d'une délégation. Une visite qui a deux objectifs. Le premier, rencontrer les autorités béninoises pour discuter avec elles du Groupe de la BSIC et surtout des financements que le groupe peut apporter au Bénin. Le deuxième objectif s’inscrit dans le cadre de la tenue de l’assemblée générale constitutive de la SGI du groupe, une assemblée générale qui a mobilisé les directeurs généraux des filiales installées dans la quinzaine de pays d’Afrique.
En effet, installée dans quatorze pays d’Afrique, la BSIC entend contribuer à l’intégration de ces pays avec le renforcement de ses filiales. Selon le président directeur général, le Groupe entend contribuer au développement économique et social des Etats de la Communautés des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), à travers le financement des secteurs porteurs de croissance et la fourniture des services bancaires propres à faciliter les échanges commerciaux.
Après avoir énuméré, vendredi dernier, les activités que le Groupe de la BSIC mène dans les différents pays où la banque est installée, le président directeur général a rappelé ses domaines d’intervention. Il s’agit des domaines de l’agriculture, des transports, des communications, des Bâtiments et travaux publics (BTP), l’énergie, la micro finance, etc…

Donner les moyens aux filiales

Ali Omar Almoktar sera appuyé par le directeur du Département crédit du Groupe de la banque, Noomen Hadiji qui souligne qu’en créant la Société de gestion et d’intermédiation, l’objectif du groupe est de contribuer au renforcement des filiales afin qu’elles aient les moyens nécessaires pour financer de gros projets de développement dans leurs pays respectifs.
Au Bénin, la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) a obtenu son agrément en 2002 pour démarrer ses activités en 2004. Elle dispose aujourd’hui de 12 agences et entend dans les prochaines semaines ouvrir deux autres agences à Abomey-Calavi et à Bohicon.
Selon le directeur général de la BSIC-Bénin, Thierno Mamoudou Diallo, le soutien des opérateurs économiques à la BSIC-Bénin est une œuvre citoyenne. Et en cela, la BSIC-Bénin a une approche de développement, de la collaboration à long terme avec les entreprises ; une prise en charge des besoins de l’entreprise et de ses collaborateurs à travers la signature de conventions.
Pour Thierno Mamoudou Diallo, la BSIC-Bénin est soucieuse de la nécessité de bancariser l’économie et travaille activement à cela en favorisant les conditions d’accès à ses services. Elle apporte une contribution significative, selon lui, au développement du secteur financier béninois.
Comme projets phares au Bénin, la BSIC entend finaliser la construction du siège social de la filiale à l’instar des autres pays où elle est implantée ; développer des produits innovants et adaptés au marché ; rapprocher un réseau, articulé et synchronisé entre les pays limitrophes d’implantation et capable de faciliter les échanges régionaux ; puis associer les acteurs économiques au capital de la banque. ?

Actualités 06 juin 2016


Jérôme-Michel Tossavi, initiateur du festival «Nuit poétique»: «Je rêve d’un Bénin, capitale de la poésie mondiale»

Elle s’annonce belle, grande et inédite, la saison 2 du festival « Nuit poétique » qui célèbrera à Cotonou le 9 juillet prochain les grandes voix de la poésie béninoise. En prélude à cette foire de la poésie placée sous le signe de l’engagement, l’écrivain poète-dramaturge Jérôme-Michel Tossavi, initiateur dudit projet revient ici sur les objectifs de cette initiative.

La Nation : Vous êtes porteur d’un projet audacieux de célébration des valeurs poétiques dans notre pays, «Nuit poétique». Quel but visez-vous en rêvant d’une telle nuit ?

Jérôme-Michel Tossavi : La «Nuit poétique» est d’abord une quête à la consécration des grandes voix de la poésie béninoise qui ont fait et continuent de faire la gloire de la littérature de notre pays. C’est une nuit au cours de laquelle des poètes de toutes les générations-vivants ou morts- sont ressuscités, revisités et immortalisés à travers des lectures-spectacles, des distinctions, des dédicaces et des ventes de recueils de poésies. L’idée, toute simple, qui se cache derrière cette ambition est de redonner à la poésie en voie de disparition dans les cœurs toutes ses lettres de noblesse. Elle permet aussi à la nouvelle génération de prendre connaissance du répertoire existant de la poésie d’ici et d’ailleurs. La première édition, qui a été une édition-test, s’était passée purement au plan national compte tenu de nos moyens limités. Mais vu la forte demande que nous enregistrons, nous ouvrons cette deuxième édition au plan international. Et déjà, plusieurs poètes internationaux comme nationaux frappent à nos portes. C’est en ce sens que cette nuit se différencie des autres à travers son caractère féérique plein de charmes et de suspens. Au cours de cette nuit, nous ne célébrons pas des poètes mais nous célébrons des valeurs en encens de myrrhe et de l’or. Voilà pourquoi le casting pour la participation à cette nuit est rigoureux. On ne franchit pas le seuil de cette nuit de tous les rêves si on ne jouit d’un pur-sang de poésier parolier de tous les cabanons. Néanmoins, la nuit ne perd rien de son caractère de festin populaire où la scène s’adresse à tout public passionné de l’art et des belles lettres.

A bien entendre, la nuit répond au vœu d’être le marché populaire des diseurs de pensées justes et immortelles. Quel acquis direct générera ce projet à court, moyen et à long termes si sa tenue est régulière et bénéfique pour le pays voire pour le continent ?

Elle permettra d’être un carrefour des rencontres annuelles autour des pensées poétiques. A court terme donc, la «Nuit poétique» se muera en un festival international à l’instar du Fitheb où nous accueillerons des poètes de tous les horizons et de tous les cabanons. Pour ce faire, nous ambitionnons, à moyen terme, de mettre en place la première résidence internationale des poètes à Sékou (à quelques encablures de Cotonou) pour accueillir en résidence de création poétique des poètes confirmés au plan mondial. Le site de cette résidence existe et nous attendons les bonnes volontés pour la mise sous terre de sa première pierre qui ne va plus tarder. Les bénéficiaires de cette résidence seront les porte-parole de la «Nuit poétique» au plan international en même temps que cette résidence servira de vitrine pour ce grand rendez-vous annuel de la poésie du monde. Nous aurons donc à asseoir à long terme un réseau solide et puissant d’éditeurs, d’auteurs, de libraires, de bibliothécaires, de lecteurs tous spécialisés en poésie. Mais nous ne pouvons mener seuls ce combat. Voilà pourquoi par le biais de ce projet, nous lançons un vibrant appel à toutes personnes morales partageant les mêmes rêves que l’Association «Mignon-Tourbillon» que j’ai l’honneur de diriger.

Quel public faudra-t-il alors dans la nuit du 9 juillet prochain pour enfourcher la trompette de la poésie de tous les engagements

Je rêve d’un Cotonou, capitale de la poésie mondiale et je voudrais par le biais de l’Association « Mignon-Tourbillon » et l’Institut français sortir la grande artillerie poétique du Bénin à travers un spectacle vivant des corps-poèmes choisis à partir de la génération de Paulin Joachim jusqu’à Daté Atavito Barnabé-Akayi en passant par Mahougnon Kakpo, Afoutou Jean-Marc-Aurèle pour ne citer que ceux-là. J’invite le public à méditer sur cette nuit qui s’annonce avec couleurs et ferveur ¦

Propos recueillis par Josué F. MEHOUENOU

Culture 03 juin 2016


Prétendue suppression d’une mesure sociale: La gratuité de la césarienne toujours en vigueur

Les informations faisant état de la suppression de la mesure de gratuité de la césarienne en vigueur au Bénin sont inexactes. Une telle option n’a jamais été envisagée par le gouvernement, a laissé entendre la directrice de l’Agence en charge de l’exécution de cette mesure sociale, jeudi 2 juin au cours d’un point de presse.

Aucune initiative n’a été prise dans le sens de la suppression de la gratuité de la césarienne. Dr Raïssatou Ami-Touré, directrice de l’Agence nationale de gestion de la gratuité de la césarienne (Angc) face aux médias jeudi 2 mai pour un point de presse s’est plainte d’«informations erronées distillées dans l’opinion publique» et qui évoquent «une prétendue suppression de la gratuité de la césarienne». Selon ses explications, il s’agit d’une «décision qui n’a jamais été prise ni envisagée par le gouvernement». Bien au contraire, indique-t-elle, «le gouvernement du président Patrice Talon compte plutôt poursuivre la mesure de gratuité de la césarienne» et cela est «d’ailleurs bien inscrit dans son programme de société à l’instar de bien d’autres questions sociales auxquelles il attache de prix». Elle en a profité pour rassurer les populations et les femmes en particulier ainsi que les responsables d’hôpitaux agréés aussi bien publics que privés, «qu’aucune suppression de cette mesure salvatrice n’est nullement envisagée».

Et s’il subsiste actuellement quelques difficultés, notamment le non-paiement des redevances de l’agence au titre du dernier trimestre 2015 aux hôpitaux agréés, cela est liée, selon la directrice de l’Angc à d’autres contraintes budgétaires. Mais, assure-t-elle, «tout est mis en place afin que dans les jours à venir, ces hôpitaux soient remboursés». Pour ce qui est de l’appui du gouvernement, il est total, certifie Dr Raïssatou Ami-Touré pour qui, l’Exécutif est plutôt prêt «à assumer toutes les exigences liées à la gratuité de la césarienne tout au long de son quinquennat».
Pour rappel, la mesure de gratuité de la césarienne est mise en application depuis le 1er avril 2009 et consiste, pour l’Etat béninois, à payer un montant de 100 000 FCFA aux hôpitaux agréés pour chaque césarienne réalisée aux femmes dans le cadre de cette politique de gratuité. 48 hôpitaux sont agréés sur toute l’étendue du territoire national et depuis le début de l’initiative au 31 décembre 2015, 162 745 césariennes ont été réalisées. Au titre de l’exercice budgétaire 2016, le gouvernement a octroyé la somme de 2 900 000 000 FCFA à l’Ancg pour faire face aux charges des césariennes attendues.

Santé 03 juin 2016


Assemblée nationale: L’examen du dossier Yempabou reporté pour complément d’informations

Les députés n’ont pas pu examiner, jeudi 2 juin, le dossier du député Jacques Yempabou accusé de cumul de mandats et dont la procédure de démission d’office est enclenchée par la Cour constitutionnelle. Le président de la Commission des Lois, de l’Administration et des Lois de l’Homme a informé la plénière des difficultés qu’elle a rencontrées dans l’étude du dossier.

Selon Alexis Agbélessessi en effet, la commission a jugé utile d’avoir d’amples informations sur le dossier. La commission a décidé à cet effet de prendre contacts avec les personnes concernées par le dossier notamment le préfet des départements de l’Atacora-Donga et le plaignant qui a saisi la Cour constitutionnelle. Ce qui permettra à la commission d‘avoir certains éclaircissements sur le dossier pour lequel le député Jacques Yempabou est accusé d’avoir cumulé son mandat de député avec celui de conseiller communal à Kérou. Le souci donc de disposer tous les éléments du dossier a mis la commission dans l’indisponibilité d’établir le rapport à soumettre à la plénière pour l’appréciation de la demande de démission d’office décidée par la Cour constitutionnelle, a fait savoir le président Alexis Agbélessessi. Il a souhaité au président de l’Assemblée nationale de reporter l’examen du dossier à une date ultérieure.
Le président Adrien Houngbédji a accédé à la demande de report. Il a renvoyé l’examen du dossier au lundi 6 juin prochain.
La commission des Lois a été invitée de mettre le temps à profit pour prendre ces contacts pour que le rapport soit prêt le lundi prochain?

Th. C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Actualités 03 juin 2016


Examen du dossier de démission d’office pour cumul de mandats: Le député Jacques Yempabou retient son souffle

Le dossier du député Jacques Yempabou dont la procédure de démission d’office a été enclenchée par la Cour constitutionnelle qui lui reproche de cumuler deux mandats électifs est en examen ce jeudi 2 juin à l’Assemblée nationale. La séance plénière de ce jour sera décisive en ce sens qu’elle tranchera si l’intéressé garde son fauteuil ou s’il va le céder à son suppléant Maurice Chabi Katocha.

Le député Jacques Yempabou sera fixé sur son sort ce jeudi 2 juin. C’est finalement ce jour que se tient à l’Assemblée nationale, la séance plénière devant connaître de son affaire de cumul de mandat de député avec celui de conseiller communal à Kérou alors qu’aux termes de la loi il devrait opérer un choix. Une affaire pour laquelle la Cour constitutionnelle par décision DCC 15-249 demande la démission d’office de l’intéressé pour violation de l’article 369 du Code électoral en République du Bénin. Lequel article dit clairement que le mandat de député est incompatible avec l’exercice de tout mandat électif local. La demande de démission d’office décidée contre le député Jacques Yempabou par la Cour constitutionnelle doit être entérinée par la plénière des députés. Et ce conformément à la procédure prévue à l’article 375 du Code électoral qui dispose que « Sous réserve des dispositions de l’article 370 ci-dessus, le député qui, lors de son élection, se trouve dans l’un des cas d’incompatibilité visés au présent titre, est tenu d’établir dans les trente (30) jours qui suivent son entrée en fonction ou sa validation, qu’il s’est démis de ses fonctions incompatibles avec son mandat. A défaut, il est déclaré démissionnaire d’office de son mandat. Le député qui a accepté en cours de mandat une fonction incompatible avec celui-ci ou qui a méconnu les dispositions des articles 371 et 374 ci-dessus, est également déclaré démissionnaire d’office. La démission d’office est prononcée dans tous les cas par l’Assemblée nationale à la requête du bureau de l’Assemblée nationale. Elle n’entraîne pas d’inéligibilité». Les dispositions de cet article 370 du Code électoral resserre l’étau autour du député Jacques Yempabou qui a été élu le 15 juin 2015 comme conseiller communal à Kérou et a participé aux travaux du conseil communal le 20 août 2015 sans avoir au préalable démissionné de son mandat de député.

Dossier programmé

Le dossier en souffrance au Parlement depuis quatre mois sera au cœur des débats de ce jour à l’Assemblée nationale. Sa programmation a été effective grâce au président de l’Assemblée nationale qui, lors de la séance plénière du lundi 30 mai dernier, a tapé du poing sur la table. Il a demandé à la commission des Lois, de l’Administration et des Droits de l’Homme de faire diligence pour examiner et apprêter le rapport à soumettre à l’appréciation de la plénière au plus tard ce jeudi 2 mai. «Ce qui n’est pas bon, c’est que nous donnons l’impression de faire obstruction à une décision de la Cour constitutionnelle. Ça m’embarrasse, ça m’embête. Malgré toute la sympathie que j’ai pour notre collègue Jacques Yempabou, ça m‘embête de paraître comme le président qui favorise l’obstruction à une décision de la Cour constitutionnelle. Comprenez-moi aussi », a clarifié Me Adrien Houngbédji. A la suite de cette instruction du président de l’Assemblée nationale, la commission chargée des Lois s’est mise au travail. Elle s’est retrouvée mardi dernier pour apprêter le dossier. Le rapport de la commission est désormais prêt. Tous les ingrédients sont disponibles pour permettre aux députés d’examiner en toute connaissance de cause le dossier. Il s’agit pour eux d’achever la procédure de démission d’office du mandat de député de leur collègue Jacques Yempabou conformément à l’article 370 du Code électoral qui est clair comme l’eau de roche. Ce qui donne la chance à son suppléant Maurice Chabi Katocha de siéger en ses lieux et place. Autrement c’est faire du dilatoire. En tout cas, on croise les bras pour voir la décision que prendra la séance plénière très attendue ce jeudi 2 juin ?

Politique 02 juin 2016


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