La Nation Bénin...
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Le président de la République a tenu, vendredi 7 août dernier, une séance de travail avec l'ensemble des protagonistes de la crise à l’Université d’Abomey-Calavi. Au terme de la rencontre, autorités administratives et étudiants s'engagent à jouer chacun leur partition pour une normalisation de la situation.
La crise à l’Université d’Abomey-Calavi est débloquée à l’issue d’une réunion au Palais de la Marina. Le président de la République Boni Yayi a obtenu des enseignants de l’UAC, la faveur d’organiser pour l’année académique en cours une session de rattrapage, principale pomme de discorde entre les fédérations d’étudiants et les autorités rectorales. Flavien Gbéto, doyen de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) indique que trois décisions majeures ont été prises au cours de cette séance. La première est l'injonction faite aux étudiants de présenter des excuses publiques à leurs enseignants pour les abus dont ces derniers ont été l'objet tout au long de la crise. En second lieu, le chef de l'Etat a pris la décision salutaire de s'impliquer personnellement pour la sécurisation du campus afin d'éviter les actes de vandalisme et de violences physiques sur la plate-forme universitaire. Mais la plus grande retombée de cette rencontre est l'acceptation par les autorités rectorales et décanales de la FLASH, d'organiser à titre exceptionnel la seconde session au titre de l'année académique 2014-2015, au grand bonheur des étudiants, qui, par la voix de leur responsable Kevin Codjo Davi, remercient le chef de l'Etat. Il saisit l'occasion pour appeler ses camarades à jouer leur partition pour un retour au calme durable sur le campus.
Actualités 10 août 2015

La Commission spéciale parlementaire devant écouter l’ex-ministre et actuel député Barthélémy Kassa dans le dossier de détournement de fonds du Projet pluriannuel d’adduction d’eau, phase II (PPEAII) est désormais opérationnelle. La décision portant son institution et signée du président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, a été rendue publique lors de la séance plénière du vendredi 7 août dernier.
Une étape de franchie dans la procédure devant permettre à la Haute cour de Justice d’écouter, comme le demande le chef de l’Etat, l’ex-ministre et actuel député Barthélémy Kassa mis en cause dans le scandale financier du PPEAII. La commission spéciale tendant à la levée de son immunité est déjà mise sur pied. Sa composition est connue depuis vendredi 7 août dernier.
Selon la décision du président de l’Assemblée nationale prise à cet effet, cette Commission spéciale sera présidée par le deuxième secrétaire parlementaire, le magistrat Alexis Agbélessessi avec comme rapporteur, Me Joseph Djogbénou, président de la Commission des Lois, de l’Administration et des Droits de l’Homme de l’Assemblée nationale. Ce sont donc ces juristes de haut rang qui dirigeront les travaux avec les autres membres qui ne sont rien d’autres que les représentants des groupes parlementaires. Il s’agit de Léon Comlan Ahossi, René Bagoudou, Wallis Zoumarou, Corneille Padonou, issus des groupes parlementaires de l’Opposition, puis Gilbert Bangana, Abdoulaye Gounou, André Okounlola et Rachidi Gbadamassi proposés par ceux de la Mouvance présidentielle. Cette commission spéciale parlementaire a été créée conformément à l'article 71 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale dont l'alinéa dispose que toute demande de levée d'immunité soit instruite par une commission spéciale composée d'un membre du bureau qui en est le président, le président ou à défaut le rapporteur de la commission des lois qui en est le rapporteur, un représentant de chaque groupe parlementaire. C’est donc ces dix députés qui entendront en avant-première Barthélémy Kassa dans le scandale financier du PPEA II qui ternit sérieusement l’image du Bénin à l’extérieur et auprès des Pays-Bas qui ont mis les fonds à la disposition du pays. Le rapport de la commission spéciale est attendu pour demain mardi 11 août. Il sera déposé sur la table du président de l'Assemblée nationale.
Les dispositions de l’article 71 précisent qu’au cours de cette séance plénière, il n’est donné lecture que des conclusions du rapport de la commission spéciale. En plénière, la décision relative à la levée ou non d'immunité parlementaire sera votée sous forme d'une résolution par la majorité absolue des députés effectivement présents. En cas de rejet, aucune autre demande relative aux mêmes faits et à la même personne n’est recevable au cours de la même session, prescrit le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. C’est dire donc que cette semaine qui démarre est décisive à l’Assemblée nationale en ce qui concerne ce dossier de détournement des 2,6 milliards F CFA des Pays-Bas destinés au PPEA II.

Le président de la République a lancé officiellement, hier dimanche 9 août, le programme ‘’Allo Service public’’. Il s’agit d’un service innovant pour faciliter l’information des usagers de l’administration.
‘’135’’ ! Ce numéro doit désormais compter pour tous les usagers de l’administration béninoise. Le programme ‘’ Allo Service Public’’, fruit du partenariat entre le gouvernement et la société Media Contact, est opérationnel depuis hier. Plus besoin pour tout usager du service public de se tracasser pour avoir des renseignements. Tous les domaines administratifs sont couverts, de l’agriculture à la santé, en passant par la consommation, les douanes, les impôts, l’éducation nationale, les formalités et procédures. Hier au lancement officiel du programme, le président de la République s’est prêté à l’exercice avec satisfaction. En composant le ‘’ 135’’ à partir d’un téléphone portable, Boni Yayi a pu avoir des renseignements utiles sur la météo ainsi que son gouvernement actuel. «Ce service est mis en place pour assurer l’efficacité de l’administration. «L’information est le premier facteur du développement. Elle est l’alpha et l’oméga du développement», soutient-il.
Claude Padonou, directeur général de Media Contact souligne que ‘’ Allô Service public’’ est un service innovant qui permettra la modernisation de l’administration et viendra booster la croissance et l’investissement dans le pays. « Les retraités n’auront plus à se déplacer sur de longues distances pour savoir si leur pension est disponible. Ce service vient mettre fin aux déplacements et aux longues files d’attente des usagers de l’administration», assure-t-il.
En effet, le service est accessible à n’importe quel moment sur un simple appel téléphonique. Une réponse de premier niveau est donnée en moins de trois minutes. Les questions nécessitant une réponse experte sont basculées, sans rupture de communication vers des services administratifs de renseignements d’experts généralisés ou des points de contacts dans les ministères ou institutions de la République.
Le partenariat entre le gouvernement et ce centre d’appel a permis de recruter 1000 jeunes pour assurer ce service. Le chef de l’Etat, satisfait de la première phase de ce partenariat a annoncé le recrutement de 1500 nouveaux jeunes, dont 500 seront déployés à Parakou. «Nous sommes en train de jeter les bases de la prospérité de ce pays. et nous ne pouvons pas atteindre la vision Alafia 2025 sans la jeunesse », affirme-t-il. Boni Yayi estime que son ambition, c’est d’avoir une jeunesse professionnalisée et active pour conduire la vision de faire du Bénin un hub régional de négoces et de services à forte valeur ajoutée. Le président de la République a aussi invité les jeunes à véhiculer des valeurs citoyennes qui constituent aujourd’hui la chose la moins partagée.

Les Béninois résidant en Suisse sont bien soucieux du développement de la terre de leurs aïeux. Ils ont initié, en collaboration avec les centrales syndicales et la Direction de la Coopération suisse du Département des Affaires étrangères de la Confédération suisse, un Forum Bénin- Suisse sur le dialogue social afin de prévenir les nombreuses crises professionnelles qui minent l’administration béninoise et plombent le développement du pays. L’ouverture des travaux qui prennent fin cet après-midi, a été placée sous l’égide du Premier ministre Lionel Zinsou.
Quel mécanisme de gestion des conflits professionnels pour quelle paix sociale au Bénin ? C’est autour de cette problématique que se réunissent depuis hier jeudi 6 août à Cotnou, certains cadres de l’administration, des responsables syndicaux et de la Société civile.
Pour le représentant de la Communauté béninoise de Suisse, Edgard Gnassounou qui accueillait les participants, tout est parti d’un constat : la multiplicité des conflits professionnels qui sont le signe d’une vive tension entre les partenaires sociaux et le dysfonctionnement du dialogue social avec les pouvoirs publics. C’est donc dans le souci de contribuer à réduire ces tensions à moyen et long termes et à donner toutes ses chances au pays que la Communauté des Béninois de Suisse, a initié les assises dont le but, précise-t-il, est de sensibiliser l’ensemble des acteurs du pays sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de gestion anticipée des conflits professionnels. Il souligne que des résultats des analyses des études commanditées dans ce cadre ont révélé une prévalence de causes de nature structurelle et de gouvernance. Il s’agit entre autres de la mauvaise gestion à court, moyen et long termes des ressources humaines dans la Fonction publique, l’insuffisance des investissements dans les infrastructures, l’insuffisance du partage des informations entre le gouvernement et les syndicats sur les contraintes budgétaires et l’insuffisance de collaboration entre les acteurs du dialogue social pour élaborer ensemble le diagnostic et rechercher de façon concertée les solutions durables.
Il ajoute que des concertations ont eu lieu en particulier avec des responsables syndicaux au cours de la phase préparatoire des assises.
Décrisper la tension
Intervenant à la cérémonie, le représentant des centrales syndicales Dieudonné Lokossou a expliqué que ce ne sont pas des structures de gestion de crise qui font défaut dans le pays. «C’est plutôt le manque de volonté de la partie gouvernementale, et surtout le mépris fait aux travailleurs qui amènent souvent au blocage. Ce qui fait que la grève qui devrait être l’exception devient maintenant la règle». Il a salué l’initiative de l’organisation d'un pareil forum dont il dit espérer, qu’il ne sera pas une assise de plus.
Pour sa part, le ministre en charge de la Fonction publique, Aboubacar Yaya, s’est réjoui de l’initiative qui, espère-t-il, contribuera à décrisper la tension sociale dans le pays. «Les deux jours permettront de trouver des solutions adéquates, un processus de décision dans le monde du travail. Car la promotion du dialogue est gage d’un développement économique», conclut le ministre du Travail.
Pour le représentant de la Direction du développement de la Coopération suisse, Benoit Meyer Bish, toute initiative concourant au développement social du pays sera soutenue par son institution. Puis, il salue la contribution de la diaspora au développement du Bénin et l’engagement de tous.
Procédant à l’ouverture des travaux, le Premier ministre Lionel Zinsou a vanté les vertus du dialogue social et énuméré les conditions de sa réussite. Puis, il a habilement répondu aux syndicats, qu’il n’y a jamais eu mépris de la part du gouvernement. « Au contraire, il y a une volonté ferme de dialogue du gouvernement avec les syndicats », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a souhaité que les assises accouchent de bonnes résolutions devant aider le pays à sortir des situations de crises répétées.

Pierre Adeola alias Peter et Andrew Adekunle sont les deux accusés de la dixième affaire inscrite au rôle de la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Ils ont comparu hier jeudi 6 août pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de meurtre, survenus en 2000. Le premier âgé de 39 ans, porte des dreadlocks et se présente comme moniteur de sport. Le second, 40 ans, se dit mécanicien auto. Leurs avocats ont noms Mes Alexandrine F. Saïzonou Bèdiè et Luc Martin Hounkanrin. La Cour de céans est composée de Michel Romaric Azalou (président), Michel Adjaka et Maximilien Kpèhounnou (assesseurs), et de Dansou Noël Kounou, Vidéhoun Constance Odile Gbènahou, Séraphin Hounvidé, Hounsa Joseph Azankpo (jurés). Me Victoire Oladikpo consigne les débats.
Enfants gâtés en mal de sensation ? Inconscients de la portée de leurs actes qu’ils prenaient pour des exploits ? Les faits de la cause, renseigne la Cour, prennent racine en 1998. Le nommé Issa Hassan qui fréquentait Asha Antoine dont il s’était amouraché a confié à ses amis Pierre Adeola alias Peter, Andrew Adekunle et Freud Nobre, qu’il y avait au domicile des Antoine, beaucoup d’argent. Ils ont ainsi projeté de cambrioler ce domicile sis à la Patte d’Oie à Cotonou. L’opération n’a pu avoir lieu, avant le départ du Bénin du nommé Issa. En 2000, Peter, Andrew et Freud ont à nouveau décidé de mettre à exécution ce projet de cambriolage. Après avoir étudié l’emploi du temps des deux occupants de cette maison, à savoir Marc Antoine et sa fille adoptive Asha Antoine, ils ont décidé de passer à l’acte le vendredi 21 avril 2000. Mais, selon les renseignements fournis par Peter et confirmés par Freud, la présence de nombreux véhicules devant le domicile de Marc Antoine cette nuit jusqu’à 22h30, ne serait pas favorable.
Opération reportée
L’opération est reportée au lendemain. Samedi donc. Peter aurait devancé les autres membres du groupe pour se rendre au domicile de Marc Antoine avec pour consigne, de n’être rejoint que lorsque ce serait lui qui répondrait à leur appel sur le téléphone fixe de la maison ou sur le portable d’Asha, preuve que celle-ci est déjà maîtrisée. Après le souper pris ensemble et au moment où elle le raccompagnait, Peter aurait pris Asha par le cou. Les deux seraient tombés dans le sable de la cour de la maison. Peter aurait alors maintenu enfoncée la tête d’Asha dans le sable jusqu’à ce que mort s’ensuive. Après le coup de fil de vérification, Freud et Andrew auraient rejoint Peter au domicile de Marc Antoine qu’ils ont ensemble minutieusement fouillé. Par la suite, ils ont emporté une somme d’environ
3 500 000 FCFA, des francs hollandais, des téléphones portables et autres. Ils se sont retrouvés cette nuit-là chez Andrew pour se partager le butin avant de se rendre en boîte de nuit.
Le 25 avril, les investigations ont permis d’arrêter Andrew et Peter. Poursuivi pour association de malfaiteurs, meurtre et vol qualifié, Peter reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur avant de se rétracter par la suite, s’agissant du meurtre, qu’il rejette sur Freud. Quant à Andrew, il a reconnu les faits de vol à toutes les étapes de la procédure mais réfute ceux d’association de malfaiteurs.
Oui mais…
Premier à comparaître, Andrew Adekunle, déclare d’emblée qu’il reconnaît les faits. Pierre Adeola alias Peter fait de même mais précise que sa participation se limite à l’association de malfaiteurs et au vol. Il n’a pas commis le meurtre. Andrew qui a de l’embonpoint, s’exprime dans un français assez correct, mais son accent trahit sa nationalité nigériane. Il explique avoir été embarqué dans cette aventure par le nommé Freud. Une fois dans la maison, sa participation a consisté, explique-t-il à la Cour, à fouiller le salon et les chambres. Il renseigne qu’ils avaient convenu que Freud devait droguer Asha avant leur arrivée. Mais comment pouvait-il réussir à la droguer chez elle ? Andrew dit ne pas savoir. S’il ne s’agissait que de droguer, ne devaient-ils pas craindre que revenue à elle, Asha les dénonce ? Andrew dit qu’il ne connaissait pas Asha mais que Freud envisageait de quitter le pays après les faits. Il renseigne aussi que Freud entendait se servir d’un comprimé contenu dans une plaquette pour parvenir à ses fins mais que ce n’est qu’après les faits que Freud le lui a montré. Mais soucieux de comprendre si les faits relèvent bien de l’association de malfaiteurs, la Cour rappelle à l’accusé que la veille du crime déjà, postés à la Place du Souvenir, ils ont dépêché un des leurs en repérage sur les lieux, pour s’entendre dire qu’il y avait des véhicules devant la maison. Il ne se souvient plus de qui entre Peter et Freud a effectué l’opération. Mais il se souvient qu’après l’opération, c’est chez lui à Scoa-Gbéto que le partage du butin a eu lieu. A contrario, il réfute la thèse suivant laquelle c’est lui qui a tué Asha, ainsi que Peter l’avait déclaré. Et signale que c’est en riposte à son accusation qu’il a, à son tour, soutenu que c’est plutôt lui l’auteur du meurtre. 17 passeports ont été retrouvés chez lui, en dehors des numéraires et des portables, informe le président qui veut, par ailleurs, comprendre pourquoi c’est chez lui que le partage du butin se fait alors qu’il ne se considère pas comme chef du groupe ? C’est pour être plus à l’aise parce qu’il n’y avait pas de possibilité de se voir tranquillement chez l’un des deux autres, confie-t-il. Il est surprenant que venu chez Asha, il se fut comporté comme un habitué des lieux, sonnant au portail avec sang-froid et à visage découvert, lui fait observer la Cour. Il oppose la naïveté de l’époque car il n’avait que 20 ans. Rires dans le prétoire. Andrew persiste à dire que c’est Freud l’absent qui a tué Asha. Michel Romaric Azalou lui rafraîchit la mémoire. A l’enquête préliminaire, il avait raconté dans le détail que c’est Peter qui s’était rendu en premier chez Asha, devait la droguer et confirmer à ses compères dès que Freud l’aurait appelé sur la ligne de téléphone fixe de la maison, afin qu’ils le rejoignent. Ce qui fut fait, et une fois sur les lieux, lui Andrew dit avoir vu Asha étendue dans le lit, recouverte d’un drap, et qu’il a pensé sur le coup qu’elle dormait sous l’effet de la drogue que lui a administrée Peter. Il rectifie que c’est Freud qui était l’éclaireur du groupe dans la maison, que c’est lui qui a tué la jeune fille, et que c’est parce que Peter l’avait accusé lui, du meurtre, qu’il avait à son tour rejeté la responsabilité sur celui-ci. Ne cherche-t-il pas à protéger aujourd’hui Peter avec qui il est en prison depuis 15 ans ? «Non, je vous dis ici la vérité». Me Alexandrine Saïzonou Bèdiè, commis aux intérêts de Peter, se fait donner acte des déclarations de l’accusé suivant lesquelles ils se sont rendus sur les lieux à pied et à visage découvert. Puis se fait répéter que c’est bien Freud et non Peter qui a tué Asha. Et s’étonne que, rentrés ensemble dans la maison avec Peter, ce dernier ait vu Asha sur la cour et pas lui. Il répète n’avoir pas vu Asha (ou son corps) sur la cour. Son confrère Luc Martin Hounkanrin, conseil d’Andrew, veut bien retenir que son client ne connaissait pas Asha, que ni lui, ni Peter ne portaient d’armes en arrivant sur les lieux. Pourtant, Peter avait soutenu à l’enquête préliminaire avoir vu le corps d’Asha, et l’a porté dans son lit, aidé de Freud. «Quel âge avait Asha ? Quelle était sa constitution physique ?», interroge le président. Réponse d’Andrew : «je ne connaissais pas Asha». Mais devant le juge d’instruction, il déclarait : «J’ai fait la connaissance de Peter à la résidence de l’ambassadeur du Nigeria… Nous sommes devenus des amis. C’est par l’intermédiaire de Peter que j’ai connu Freud. Je ne connaissais pas Asha, mais un jour, j’étais devant la boîte de nuit New-York quand elle est passée et quelqu’un l’a saluée… Je sais que Peter et Asha se connaissent mais je ne sais rien de leurs relations. Je sais que Freud et Asha sont amis… C’est Issa qui, avant de repartir en France, m’a demandé d’aller voler cher Asha et j’ai refusé… Plus tard, Peter m’a dit la même chose… Quand nous sommes arrivés dans la maison, c’est Freud qui nous a ouvert le portail et nous a dit que Asha est dans sa chambre, et nous a montré de l’argent (1.900.000 FCFA) et des portables…»
Fatidiques erreurs de jeunesse
Avec un accent étranger plus prononcé, Peter passe à son tour à la barre, vêtu d’un boubou aux couleurs caractéristiques de son pays, le vert et le blanc dont le chasuble de la prison civile, dessus posée, n’empêche pas d’apprécier la riche broderie. Il expose que c’est lui qui a déplacé le corps d’Asha avec Freud. Qu’une fois sur les lieux, ce dernier a habilement fait passer Andrew sur la droite alors que le corps d’Asha se trouvait sur la gauche, où Freud l’a attiré lui. Il dit avoir connu Asha avant les faits. Qu’elle est de petite taille et de corpulence modeste, mais soutient n’être jamais allé dans la maison avant. Il confirme, comme le disait Andrew plus tôt, que Freud et lui se sont bagarrés chez lui cette nuit-là parce que sur les lieux de l’opération, lui Peter avait commis la maladresse de laisser voir le corps d’Asha étendu dans la chambre à Andrew alors que Freud lui avait dit sur place « je ne veux pas que le gros sache» ; «le gros étant Andrew».
S’agissant de ses rapports avec Asha, il dit la connaître mais que les deux ne se fréquentaient pas. Il ressort des pièces du dossier que sa petite amie, Canadienne, et Asha, se connaissaient. Ce qui laisse supposer qu’ils se fréquentaient peut-être. Rentré dans la maison, il était passé par la cuisine pour accéder au séjour, avait-il déclaré, lui rappelle la Cour comme pour le convaincre de ce qu’il avait ses habitudes dans la maison. Mieux, dans ses déclarations antérieures, il racontait avoir connu Asha à son école nigériane de Cotonou où il allait voir un ami, et qu’il s’était rendu une fois chez elle. Et il livrait des détails sur les relations entre Asha et Issa, précisant que celle-ci sortait désormais avec un Libanais dont il ignorait le nom. Or, il venait de déclarer à la barre qu’Issa ne sortait pas avec Asha, que c’était un mythomane. Il racontait également avoir été l’éclaireur du groupe dans la maison après que Freud fut parti s’assurer qu’il n’y avait pas de voiture en vue à l’entrée. Qu’une fois là, il s’est fait conduire par Asha au salon. Qu’elle faisait une soupe et lui en a proposé. Qu’il a accepté volontiers et qu’elle lui servi…
Asha morte
Après il a fait mine de partir, elle le raccompagnait quand il s’est saisi de son cou, elle a fait un faux pas et est tombée dans le sable, lui avec, enfonçant alors sa tête dans le sable jusqu’à ce qu’elle cessa de respirer. Il précisait qu’entre-temps les chiens se sont mis à aboyer. Que son œuvre achevée, Freud l’a appelé sur le portable d’Asha pour savoir si la voie était libre… Que Freud et lui ont porté le corps d’Asha dans sa chambre pendant qu’Andrew fouillait les lieux. Qu’après le partage du butin, ils ont laissé Andrew chez lui et sont partis en boîte de nuit, Freud et lui. Le caractère contradictoire de ses déclarations, aux différentes étapes de la procédure, surprend. La Cour veut comprendre pourquoi tant de variations. Il répond qu’il faut considérer ce qu’il expose à la barre. Devant le juge instructeur, qui lui a pourtant indiqué qu’il pouvait garder le silence en réponse à ses questions, pourquoi a-t-il pris sur lui la responsabilité d’un meurtre qu’il dit ne pas avoir commis ? Il justifie cela par «la niaiserie». Cet accusé pourrait avoir d’autres antécédents. La cour lui demande d’où lui venait l’arme qu’il portait et qui était tombée sur une piste de danse en boîte de nuit. Il oppose que «ce n’était pas une vraie. C’était pour frimer, ça c’était avant. Il s’agissait d’un gadget plaqué or, sans chargeur… ». Les déclarations faites aux étapes antérieures pour reconnaître les faits, c’est en prison qu’un certain de Souza lui aurait recommandé de se comporter ainsi pour obtenir une correctionnalisation des faits afin de vite se tirer d’affaire ; que par ailleurs le père de Freud, Charles Nobre, l’aurait aidé en faisant amoindrir sa peine.
La Cour qui n’y croit pas, lui fait observer que ses déclarations relatives au meurtre d’Asha sont identiques aux observations du médecin légiste. Et veut savoir pourquoi la mort d’Asha qu’il dit regretter, ne l’a pas marqué, et qu’il a même eu la force d’aller se défouler en boîte. «C’est l’inconscience. Franchement !», propose-t-il en guise de réponse. De quoi provoquer l’hilarité du maigre public dans le prétoire. Nuançant les propos d’Andrew, Peter laisse entendre qu’il n’avait pas été prévu, en envoyant Freud droguer Asha, que celui-ci devait quitter le pays après. Mais que l’ayant rencontré le lundi suivant au lieu où ils jouent au billard, il lui a signifié qu’il partirait sur la Côte d’Ivoire mais qu’il avait encore quelques affaires à régler…
Puis, aiguillonné par son avocat, Peter se décrit comme ayant connu une enfance pas vraiment heureuse, aimant «trop» sa mère et étant «indifférent» à son père qui le tenait avec poigne, «comme un soldat», et n’avait pas assez d’amour pour lui … Toutes choses qui l’ont rendu, lui, «trop dur».
Pas des criminels mais des délinquants primaires
Gilles Sodonon est l’avocat général de service. Dans ses réquisitions, il met l’accent sur le dessein ourdi de concert par les accusés et leur compère Freud, lesquels se sont concertés et ont échoué dans une première tentative, non parce qu’ils y ont renoncé, mais parce que des présences les ont dissuadés. D’ailleurs, ils sont retournés sur les lieux le lendemain, preuve au surplus qu’ils étaient bien décidés à commettre leur forfait.Et qu’une fois l’œuvre accomplie, les trois larrons se sont bien retrouvés au domicile de l’un d’entre eux pour procéder au partage du butin. De plus, le vol qui s’en est suivi, s’est produit de nuit et a généré la mort d’Asha. Qu’avant cela, ils se sont procurés des informations sur les habitudes des habitants de la maison, les ont filés pour s’assurer qu’ils n’étaient pas présents ce jour-là. Puis, tirant motif des déclarations préalables comme de celles faites devant la Cour, il retient que les accusés sont bien responsables des faits, Peter étant par ailleurs, à son avis, auteur du meurtre d’Asha en dépit de ses dénégations. Aussi l’avocat général requiert-il de la Cour qu’elle dise le juste droit. Qui réparera l’injustice et contribuera à l’éducation populaire pour le triomphe de l’œuvre de justice. Concrètement, il requiert la condamnation de Peter à la réclusion à perpétuité et d’Andrew à la peine de 20 ans de travaux forcés, pour permettre à l’âme d’Asha de reposer en paix.
Côté défense, Me Luc Martin Hounkanrin croit que le ministère public crie vengeance ; mais que la Cour doit simplement rendre justice. Selon l’avocat, il n’est pas formellement établi qu’il y a eu concertation aux fins de commettre des forfaits, que tout au plus les accusés se sont entendus pour aller voler au domicile d’un homme dit riche. Du reste, fait-il observer, les accusés ont constamment reconnu avoir volé. Particulièrement, il insiste pour faire entendre que son client, Andrew, est hors de cause dans le crime de meurtre survenu. Quant au vol, il est incontestable, mais les accusés n’avaient aucune intention de faire du mal à qui que ce soit. D’ailleurs si l’arrêt de renvoi parle bien de meurtre et non d’assassinat, c’est la preuve ultime que ce n’était pas prémédité. Dès lors, engage Me Hounkanrin, il faut aller rechercher le véritable auteur, qui seul sait pourquoi il a décidé d’en finir avec la victime. Car, dans l’absolu, les adolescents n’avaient rien à craindre en termes de résistance ; s’étant assurés que le chemin était libre et ayant débarqué sans aucune arme et sans effraction. Un tel vol ne peut être qualifié de crime, c’est un vol simple, plaide Luc Martin Hounkanrin. Qui appelle à requalifier les faits et à correctionnaliser l’infraction. Pour lui, le crime d’association de malfaiteurs est inexistant au dossier. Mais il pointe du doigt la vie d’enfants gâtés ou mal éduqués que menaient ces garnements au moment des faits, de sorte que leurs faits d’armes étaient vus comme des exploits de délinquants primaires. Au total, ils ont commis des erreurs de jeunesse soutient l’avocat, qui invite la Cour à imaginer ces accusés quinze ans en arrière. Pas besoin donc de peines lourdes pour corriger cela. Alors, il faut leur rendre leur liberté en correctionnalisant les infractions et en considérant que les quinze ans écoulés hypothèquent déjà assez leur vie.
Embarras
A sa suite, c’est avec embarras et peine que Me Alexandrine Saïzonnou Bèdiè, en tant que mère, dit plaider un tel dossier mettant en cause des enfants pour des faits graves. Car enfants, ils l’étaient au moment des faits, à 24 ans au plus pour le plus âgé. Et il ne s’agit pas de venger Asha, s’élance-t-elle, reprochant au ministère public de n’avoir pas fait ce qu’il aurait dû, pour retrouver le véritable auteur de la mort d’Asha. A son tour, elle soutient que de vol qualifié, il n’y en a point dans le dossier. Pas plus que le crime d’association de malfaiteurs. Elle n’exclut pas que le père de Freud, Charles Nobre, ait joué de ses connaissances à l’époque pour soustraire son rejeton du dossier et faire porter la grande responsabilité à Peter. D’ailleurs, pourquoi ce Freud a-t-il fui alors que les autres sont restés et n’ont été pris que trois jours plus tard, martèle-t-elle, considérant que c’est parce que eux ne se reprochaient rien à la différence du fugitif. Me Saïzonnou Bèdiè s’indigne même que nulle trace d’interrogatoire du père de Freud n’apparaisse au dossier alors que cela aurait pu et dû être fait. Puis elle lance à la Cour, comme un défi, « Qui a tué Asha ? Dites-le moi en votre âme et conscience» avant de soutenir qu’il y a, à tout le moins, un doute en ce qui concerne le meurtre. Que le vol qualifié n’est pas constitué et qu’il n’y a pas association de malfaiteurs. Pour finir, elle épingle la mauvaise éducation des enfants. Souligne que Peter, à 17 ans s’était déjà vu offrir une Porsche, qu’il bousillera trois mois après. Avant de se voir remettre un billet d’avion à 18 ans par sa mère, pour se rendre à Lagos alors qu’il vivait à Londres ; lui qui avait perdu son père, lequel battait la mère, laquelle a perdu ses trois autres enfants et qui, à 70 ans, est obligée de prendre l’avion pour venir le voir chaque année depuis quinze ans… lui enfin qui, de Lagos a mis le cap sur le Bénin où son père aurait une maison à Porto-Novo. Enfin, Me Saïzonnou Bèdiè, tout en larmes, prie la Cour de rendre à Peter sa vie, afin que sa mère qui l’aime tant aie le bonheur de le revoir… Peter comme Andrew implorent la clémence de la Cour pour leurs erreurs de jeunesse.
La Cour n’est pas de cet avis. Elle les déclare coupables des faits respectivement mis à leur charge, les condamne à 20 ans de travaux forcés (Andrew) assortie d’interdiction de séjour après sa libération dans près de 5 ans, et aux travaux forcés à perpétuité (Peter). Les deux amis restent interdits à la barre…

Pierre Adeola alias Peter et Andrew Adekunle sont les deux accusés de la dixième affaire inscrite au rôle de la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Ils ont comparu hier jeudi 6 août pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de meurtre, survenus en 2000. Le premier âgé de 39 ans, porte des dreadlocks et se présente comme moniteur de sport. Le second, 40 ans, se dit mécanicien auto. Leurs avocats ont noms Mes Alexandrine F. Saïzonou Bèdiè et Luc Martin Hounkanrin. La Cour de céans est composée de Michel Romaric Azalou (président), Michel Adjaka et Maximilien Kpèhounnou (assesseurs), et de Dansou Noël Kounou, Vidéhoun Constance Odile Gbènahou, Séraphin Hounvidé, Hounsa Joseph Azankpo (jurés). Me Victoire Oladikpo consigne les débats.
Enfants gâtés en mal de sensation ? Inconscients de la portée de leurs actes qu’ils prenaient pour des exploits ? Les faits de la cause, renseigne la Cour, prennent racine en 1998. Le nommé Issa Hassan qui fréquentait Asha Antoine dont il s’était amouraché a confié à ses amis Pierre Adeola alias Peter, Andrew Adekunle et Freud Nobre, qu’il y avait au domicile des Antoine, beaucoup d’argent. Ils ont ainsi projeté de cambrioler ce domicile sis à la Patte d’Oie à Cotonou. L’opération n’a pu avoir lieu, avant le départ du Bénin du nommé Issa. En 2000, Peter, Andrew et Freud ont à nouveau décidé de mettre à exécution ce projet de cambriolage. Après avoir étudié l’emploi du temps des deux occupants de cette maison, à savoir Marc Antoine et sa fille adoptive Asha Antoine, ils ont décidé de passer à l’acte le vendredi 21 avril 2000. Mais, selon les renseignements fournis par Peter et confirmés par Freud, la présence de nombreux véhicules devant le domicile de Marc Antoine cette nuit jusqu’à 22h30, ne serait pas favorable.
Opération reportée
L’opération est reportée au lendemain. Samedi donc. Peter aurait devancé les autres membres du groupe pour se rendre au domicile de Marc Antoine avec pour consigne, de n’être rejoint que lorsque ce serait lui qui répondrait à leur appel sur le téléphone fixe de la maison ou sur le portable d’Asha, preuve que celle-ci est déjà maîtrisée. Après le souper pris ensemble et au moment où elle le raccompagnait, Peter aurait pris Asha par le cou. Les deux seraient tombés dans le sable de la cour de la maison. Peter aurait alors maintenu enfoncée la tête d’Asha dans le sable jusqu’à ce que mort s’ensuive. Après le coup de fil de vérification, Freud et Andrew auraient rejoint Peter au domicile de Marc Antoine qu’ils ont ensemble minutieusement fouillé. Par la suite, ils ont emporté une somme d’environ
3 500 000 FCFA, des francs hollandais, des téléphones portables et autres. Ils se sont retrouvés cette nuit-là chez Andrew pour se partager le butin avant de se rendre en boîte de nuit.
Le 25 avril, les investigations ont permis d’arrêter Andrew et Peter. Poursuivi pour association de malfaiteurs, meurtre et vol qualifié, Peter reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur avant de se rétracter par la suite, s’agissant du meurtre, qu’il rejette sur Freud. Quant à Andrew, il a reconnu les faits de vol à toutes les étapes de la procédure mais réfute ceux d’association de malfaiteurs.
Oui mais…
Premier à comparaître, Andrew Adekunle, déclare d’emblée qu’il reconnaît les faits. Pierre Adeola alias Peter fait de même mais précise que sa participation se limite à l’association de malfaiteurs et au vol. Il n’a pas commis le meurtre. Andrew qui a de l’embonpoint, s’exprime dans un français assez correct, mais son accent trahit sa nationalité nigériane. Il explique avoir été embarqué dans cette aventure par le nommé Freud. Une fois dans la maison, sa participation a consisté, explique-t-il à la Cour, à fouiller le salon et les chambres. Il renseigne qu’ils avaient convenu que Freud devait droguer Asha avant leur arrivée. Mais comment pouvait-il réussir à la droguer chez elle ? Andrew dit ne pas savoir. S’il ne s’agissait que de droguer, ne devaient-ils pas craindre que revenue à elle, Asha les dénonce ? Andrew dit qu’il ne connaissait pas Asha mais que Freud envisageait de quitter le pays après les faits. Il renseigne aussi que Freud entendait se servir d’un comprimé contenu dans une plaquette pour parvenir à ses fins mais que ce n’est qu’après les faits que Freud le lui a montré. Mais soucieux de comprendre si les faits relèvent bien de l’association de malfaiteurs, la Cour rappelle à l’accusé que la veille du crime déjà, postés à la Place du Souvenir, ils ont dépêché un des leurs en repérage sur les lieux, pour s’entendre dire qu’il y avait des véhicules devant la maison. Il ne se souvient plus de qui entre Peter et Freud a effectué l’opération. Mais il se souvient qu’après l’opération, c’est chez lui à Scoa-Gbéto que le partage du butin a eu lieu. A contrario, il réfute la thèse suivant laquelle c’est lui qui a tué Asha, ainsi que Peter l’avait déclaré. Et signale que c’est en riposte à son accusation qu’il a, à son tour, soutenu que c’est plutôt lui l’auteur du meurtre. 17 passeports ont été retrouvés chez lui, en dehors des numéraires et des portables, informe le président qui veut, par ailleurs, comprendre pourquoi c’est chez lui que le partage du butin se fait alors qu’il ne se considère pas comme chef du groupe ? C’est pour être plus à l’aise parce qu’il n’y avait pas de possibilité de se voir tranquillement chez l’un des deux autres, confie-t-il. Il est surprenant que venu chez Asha, il se fut comporté comme un habitué des lieux, sonnant au portail avec sang-froid et à visage découvert, lui fait observer la Cour. Il oppose la naïveté de l’époque car il n’avait que 20 ans. Rires dans le prétoire. Andrew persiste à dire que c’est Freud l’absent qui a tué Asha. Michel Romaric Azalou lui rafraîchit la mémoire. A l’enquête préliminaire, il avait raconté dans le détail que c’est Peter qui s’était rendu en premier chez Asha, devait la droguer et confirmer à ses compères dès que Freud l’aurait appelé sur la ligne de téléphone fixe de la maison, afin qu’ils le rejoignent. Ce qui fut fait, et une fois sur les lieux, lui Andrew dit avoir vu Asha étendue dans le lit, recouverte d’un drap, et qu’il a pensé sur le coup qu’elle dormait sous l’effet de la drogue que lui a administrée Peter. Il rectifie que c’est Freud qui était l’éclaireur du groupe dans la maison, que c’est lui qui a tué la jeune fille, et que c’est parce que Peter l’avait accusé lui, du meurtre, qu’il avait à son tour rejeté la responsabilité sur celui-ci. Ne cherche-t-il pas à protéger aujourd’hui Peter avec qui il est en prison depuis 15 ans ? «Non, je vous dis ici la vérité». Me Alexandrine Saïzonou Bèdiè, commis aux intérêts de Peter, se fait donner acte des déclarations de l’accusé suivant lesquelles ils se sont rendus sur les lieux à pied et à visage découvert. Puis se fait répéter que c’est bien Freud et non Peter qui a tué Asha. Et s’étonne que, rentrés ensemble dans la maison avec Peter, ce dernier ait vu Asha sur la cour et pas lui. Il répète n’avoir pas vu Asha (ou son corps) sur la cour. Son confrère Luc Martin Hounkanrin, conseil d’Andrew, veut bien retenir que son client ne connaissait pas Asha, que ni lui, ni Peter ne portaient d’armes en arrivant sur les lieux. Pourtant, Peter avait soutenu à l’enquête préliminaire avoir vu le corps d’Asha, et l’a porté dans son lit, aidé de Freud. «Quel âge avait Asha ? Quelle était sa constitution physique ?», interroge le président. Réponse d’Andrew : «je ne connaissais pas Asha». Mais devant le juge d’instruction, il déclarait : «J’ai fait la connaissance de Peter à la résidence de l’ambassadeur du Nigeria… Nous sommes devenus des amis. C’est par l’intermédiaire de Peter que j’ai connu Freud. Je ne connaissais pas Asha, mais un jour, j’étais devant la boîte de nuit New-York quand elle est passée et quelqu’un l’a saluée… Je sais que Peter et Asha se connaissent mais je ne sais rien de leurs relations. Je sais que Freud et Asha sont amis… C’est Issa qui, avant de repartir en France, m’a demandé d’aller voler cher Asha et j’ai refusé… Plus tard, Peter m’a dit la même chose… Quand nous sommes arrivés dans la maison, c’est Freud qui nous a ouvert le portail et nous a dit que Asha est dans sa chambre, et nous a montré de l’argent (1.900.000 FCFA) et des portables…»
Fatidiques erreurs de jeunesse
Avec un accent étranger plus prononcé, Peter passe à son tour à la barre, vêtu d’un boubou aux couleurs caractéristiques de son pays, le vert et le blanc dont le chasuble de la prison civile, dessus posée, n’empêche pas d’apprécier la riche broderie. Il expose que c’est lui qui a déplacé le corps d’Asha avec Freud. Qu’une fois sur les lieux, ce dernier a habilement fait passer Andrew sur la droite alors que le corps d’Asha se trouvait sur la gauche, où Freud l’a attiré lui. Il dit avoir connu Asha avant les faits. Qu’elle est de petite taille et de corpulence modeste, mais soutient n’être jamais allé dans la maison avant. Il confirme, comme le disait Andrew plus tôt, que Freud et lui se sont bagarrés chez lui cette nuit-là parce que sur les lieux de l’opération, lui Peter avait commis la maladresse de laisser voir le corps d’Asha étendu dans la chambre à Andrew alors que Freud lui avait dit sur place « je ne veux pas que le gros sache» ; «le gros étant Andrew».
S’agissant de ses rapports avec Asha, il dit la connaître mais que les deux ne se fréquentaient pas. Il ressort des pièces du dossier que sa petite amie, Canadienne, et Asha, se connaissaient. Ce qui laisse supposer qu’ils se fréquentaient peut-être. Rentré dans la maison, il était passé par la cuisine pour accéder au séjour, avait-il déclaré, lui rappelle la Cour comme pour le convaincre de ce qu’il avait ses habitudes dans la maison. Mieux, dans ses déclarations antérieures, il racontait avoir connu Asha à son école nigériane de Cotonou où il allait voir un ami, et qu’il s’était rendu une fois chez elle. Et il livrait des détails sur les relations entre Asha et Issa, précisant que celle-ci sortait désormais avec un Libanais dont il ignorait le nom. Or, il venait de déclarer à la barre qu’Issa ne sortait pas avec Asha, que c’était un mythomane. Il racontait également avoir été l’éclaireur du groupe dans la maison après que Freud fut parti s’assurer qu’il n’y avait pas de voiture en vue à l’entrée. Qu’une fois là, il s’est fait conduire par Asha au salon. Qu’elle faisait une soupe et lui en a proposé. Qu’il a accepté volontiers et qu’elle lui servi…
Asha morte
Après il a fait mine de partir, elle le raccompagnait quand il s’est saisi de son cou, elle a fait un faux pas et est tombée dans le sable, lui avec, enfonçant alors sa tête dans le sable jusqu’à ce qu’elle cessa de respirer. Il précisait qu’entre-temps les chiens se sont mis à aboyer. Que son œuvre achevée, Freud l’a appelé sur le portable d’Asha pour savoir si la voie était libre… Que Freud et lui ont porté le corps d’Asha dans sa chambre pendant qu’Andrew fouillait les lieux. Qu’après le partage du butin, ils ont laissé Andrew chez lui et sont partis en boîte de nuit, Freud et lui. Le caractère contradictoire de ses déclarations, aux différentes étapes de la procédure, surprend. La Cour veut comprendre pourquoi tant de variations. Il répond qu’il faut considérer ce qu’il expose à la barre. Devant le juge instructeur, qui lui a pourtant indiqué qu’il pouvait garder le silence en réponse à ses questions, pourquoi a-t-il pris sur lui la responsabilité d’un meurtre qu’il dit ne pas avoir commis ? Il justifie cela par «la niaiserie». Cet accusé pourrait avoir d’autres antécédents. La cour lui demande d’où lui venait l’arme qu’il portait et qui était tombée sur une piste de danse en boîte de nuit. Il oppose que «ce n’était pas une vraie. C’était pour frimer, ça c’était avant. Il s’agissait d’un gadget plaqué or, sans chargeur… ». Les déclarations faites aux étapes antérieures pour reconnaître les faits, c’est en prison qu’un certain de Souza lui aurait recommandé de se comporter ainsi pour obtenir une correctionnalisation des faits afin de vite se tirer d’affaire ; que par ailleurs le père de Freud, Charles Nobre, l’aurait aidé en faisant amoindrir sa peine.
La Cour qui n’y croit pas, lui fait observer que ses déclarations relatives au meurtre d’Asha sont identiques aux observations du médecin légiste. Et veut savoir pourquoi la mort d’Asha qu’il dit regretter, ne l’a pas marqué, et qu’il a même eu la force d’aller se défouler en boîte. «C’est l’inconscience. Franchement !», propose-t-il en guise de réponse. De quoi provoquer l’hilarité du maigre public dans le prétoire. Nuançant les propos d’Andrew, Peter laisse entendre qu’il n’avait pas été prévu, en envoyant Freud droguer Asha, que celui-ci devait quitter le pays après. Mais que l’ayant rencontré le lundi suivant au lieu où ils jouent au billard, il lui a signifié qu’il partirait sur la Côte d’Ivoire mais qu’il avait encore quelques affaires à régler…
Puis, aiguillonné par son avocat, Peter se décrit comme ayant connu une enfance pas vraiment heureuse, aimant «trop» sa mère et étant «indifférent» à son père qui le tenait avec poigne, «comme un soldat», et n’avait pas assez d’amour pour lui … Toutes choses qui l’ont rendu, lui, «trop dur».
Pas des criminels mais des délinquants primaires
Gilles Sodonon est l’avocat général de service. Dans ses réquisitions, il met l’accent sur le dessein ourdi de concert par les accusés et leur compère Freud, lesquels se sont concertés et ont échoué dans une première tentative, non parce qu’ils y ont renoncé, mais parce que des présences les ont dissuadés. D’ailleurs, ils sont retournés sur les lieux le lendemain, preuve au surplus qu’ils étaient bien décidés à commettre leur forfait.Et qu’une fois l’œuvre accomplie, les trois larrons se sont bien retrouvés au domicile de l’un d’entre eux pour procéder au partage du butin. De plus, le vol qui s’en est suivi, s’est produit de nuit et a généré la mort d’Asha. Qu’avant cela, ils se sont procurés des informations sur les habitudes des habitants de la maison, les ont filés pour s’assurer qu’ils n’étaient pas présents ce jour-là. Puis, tirant motif des déclarations préalables comme de celles faites devant la Cour, il retient que les accusés sont bien responsables des faits, Peter étant par ailleurs, à son avis, auteur du meurtre d’Asha en dépit de ses dénégations. Aussi l’avocat général requiert-il de la Cour qu’elle dise le juste droit. Qui réparera l’injustice et contribuera à l’éducation populaire pour le triomphe de l’œuvre de justice. Concrètement, il requiert la condamnation de Peter à la réclusion à perpétuité et d’Andrew à la peine de 20 ans de travaux forcés, pour permettre à l’âme d’Asha de reposer en paix.
Côté défense, Me Luc Martin Hounkanrin croit que le ministère public crie vengeance ; mais que la Cour doit simplement rendre justice. Selon l’avocat, il n’est pas formellement établi qu’il y a eu concertation aux fins de commettre des forfaits, que tout au plus les accusés se sont entendus pour aller voler au domicile d’un homme dit riche. Du reste, fait-il observer, les accusés ont constamment reconnu avoir volé. Particulièrement, il insiste pour faire entendre que son client, Andrew, est hors de cause dans le crime de meurtre survenu. Quant au vol, il est incontestable, mais les accusés n’avaient aucune intention de faire du mal à qui que ce soit. D’ailleurs si l’arrêt de renvoi parle bien de meurtre et non d’assassinat, c’est la preuve ultime que ce n’était pas prémédité. Dès lors, engage Me Hounkanrin, il faut aller rechercher le véritable auteur, qui seul sait pourquoi il a décidé d’en finir avec la victime. Car, dans l’absolu, les adolescents n’avaient rien à craindre en termes de résistance ; s’étant assurés que le chemin était libre et ayant débarqué sans aucune arme et sans effraction. Un tel vol ne peut être qualifié de crime, c’est un vol simple, plaide Luc Martin Hounkanrin. Qui appelle à requalifier les faits et à correctionnaliser l’infraction. Pour lui, le crime d’association de malfaiteurs est inexistant au dossier. Mais il pointe du doigt la vie d’enfants gâtés ou mal éduqués que menaient ces garnements au moment des faits, de sorte que leurs faits d’armes étaient vus comme des exploits de délinquants primaires. Au total, ils ont commis des erreurs de jeunesse soutient l’avocat, qui invite la Cour à imaginer ces accusés quinze ans en arrière. Pas besoin donc de peines lourdes pour corriger cela. Alors, il faut leur rendre leur liberté en correctionnalisant les infractions et en considérant que les quinze ans écoulés hypothèquent déjà assez leur vie.
Embarras
A sa suite, c’est avec embarras et peine que Me Alexandrine Saïzonnou Bèdiè, en tant que mère, dit plaider un tel dossier mettant en cause des enfants pour des faits graves. Car enfants, ils l’étaient au moment des faits, à 24 ans au plus pour le plus âgé. Et il ne s’agit pas de venger Asha, s’élance-t-elle, reprochant au ministère public de n’avoir pas fait ce qu’il aurait dû, pour retrouver le véritable auteur de la mort d’Asha. A son tour, elle soutient que de vol qualifié, il n’y en a point dans le dossier. Pas plus que le crime d’association de malfaiteurs. Elle n’exclut pas que le père de Freud, Charles Nobre, ait joué de ses connaissances à l’époque pour soustraire son rejeton du dossier et faire porter la grande responsabilité à Peter. D’ailleurs, pourquoi ce Freud a-t-il fui alors que les autres sont restés et n’ont été pris que trois jours plus tard, martèle-t-elle, considérant que c’est parce que eux ne se reprochaient rien à la différence du fugitif. Me Saïzonnou Bèdiè s’indigne même que nulle trace d’interrogatoire du père de Freud n’apparaisse au dossier alors que cela aurait pu et dû être fait. Puis elle lance à la Cour, comme un défi, « Qui a tué Asha ? Dites-le moi en votre âme et conscience» avant de soutenir qu’il y a, à tout le moins, un doute en ce qui concerne le meurtre. Que le vol qualifié n’est pas constitué et qu’il n’y a pas association de malfaiteurs. Pour finir, elle épingle la mauvaise éducation des enfants. Souligne que Peter, à 17 ans s’était déjà vu offrir une Porsche, qu’il bousillera trois mois après. Avant de se voir remettre un billet d’avion à 18 ans par sa mère, pour se rendre à Lagos alors qu’il vivait à Londres ; lui qui avait perdu son père, lequel battait la mère, laquelle a perdu ses trois autres enfants et qui, à 70 ans, est obligée de prendre l’avion pour venir le voir chaque année depuis quinze ans… lui enfin qui, de Lagos a mis le cap sur le Bénin où son père aurait une maison à Porto-Novo. Enfin, Me Saïzonnou Bèdiè, tout en larmes, prie la Cour de rendre à Peter sa vie, afin que sa mère qui l’aime tant aie le bonheur de le revoir… Peter comme Andrew implorent la clémence de la Cour pour leurs erreurs de jeunesse.
La Cour n’est pas de cet avis. Elle les déclare coupables des faits respectivement mis à leur charge, les condamne à 20 ans de travaux forcés (Andrew) assortie d’interdiction de séjour après sa libération dans près de 5 ans, et aux travaux forcés à perpétuité (Peter). Les deux amis restent interdits à la barre…

Spécialisée dans le domaine de la transformation du bois, la société ATC-Industrie du Bois (ATC-IB) est basée dans la commune d’Allada. Elle est une gigantesque entreprise qui comble les besoins en bois et autres ouvrages. Technicité, art et professionnalisme s’allient dans cette entreprise pour sortir des meubles ’’made in Benin’’ hors du commun. Une équipe de journalistes est allée constater le génie qui s’y développe. C’était à travers une visite guidée par le président directeur général de ladite société, Fadi Ali Hijazi et son directeur technique, Philippe Poisson, hier jeudi 6 juillet.
Ingénieuse ! La société ATC-Industrie de bois (ATC-IB) affirme son expertise dans le domaine de la transformation du bois au Bénin. La visite guidée effectuée hier, par des journalistes dans ses locaux laisse découvrir qu’elle est une grosse unité industrielle dans le domaine.
Erigée sur un espace de huit hectares, ATC-IB s’évertue dans la transformation du bois et la fabrication des meubles de toutes les gammes. Ici, le bois a toute sa raison d’être et vaut plus que l’or. Même les déchets provenant de sa transformation ne sont pas jetés. Avec le teck ou la mélamine, tout est transformé et/ou recyclé pour servir dans la fabrication des objets mobiliers. Les matières hors d’usage sont gratuitement données aux femmes de la localité pour leur utilisation à des fins diverses.
Des sections ‘’scierie, ‘’usinage’’,’’montage’’ en passant par ‘’l’affûtage’’, ‘’la mécanique et l’électricité’’ pour venir aux sections, ‘’parqueterie’’, ‘’finition peinture’’, ‘’matelasserie’’ …, aucun des compartiments de ce grand complexe industriel d’Allada n’a échappé aux yeux, appareils photos et caméras des journalistes présents sur les lieux hier.
La section scierie seule, aménagée sur un espace de 800 m2, produit en moyenne 600 à 700 m3 de bois par an. La visite de l’entreprise a également permis aux journalistes de se rendre compte que la fabrication des meubles se fait à partir des panneaux agglomérés mélaminés. Ce qui donne de la valeur et une durabilité de vie aux objets réalisés.
Installée à Allada depuis huit ans, la société que dirige Fadi Ali Hijazi emploie pour le compte de tout le Groupe ‘’ATC’’, plus de 400 employés et prestataires. Dans cette proportion, le personnel de ‘’ATC-IB’’ seul avoisine les 272 personnes dont 40 tâcherons dans les forêts. Une fierté nationale qui vient résorber tant soit peu le chômage dans la localité.
Véritable outil de développement
ATC-IB installée, il y a bientôt dix ans, donne la preuve que pour autant la matière première est disponible, le génie béninois conjugué à la technologie appropriée est capable de proposer des produits (parquets, caillebotis, meubles, articles de menuiserie), sur le marché local et international. Avec plus de 3,9 milliards de francs CFA d’investissements dont seulement 300 millions de francs CFA de ligne de crédit accordée par une banque de la place, ATC-IB se révèle un véritable outil au service du développement socio-économique du Bénin.
La visite guidée effectuée par les hommes des médias, suivie de la conférence de presse animée par les responsables de la société, tiennent du fait que le mardi 23 juillet dernier, le Syndicat national des travailleurs de l’Office national du Bois (Syntra-ONAB), avait effectué une sortie médiatique au cours de laquelle, il dénonçait un contrat de fourniture de 7000m3 de bois à ATC-Industrie du bois. Le Syntra-ONAB se plaignait du partenariat liant ATC-IB à l’ONAB, avec comme principal grief, les incidences de la cession de l’outil industriel de l’ONAB dont l’Industrie béninoise de bois (IBB).
Ces déclarations, selon le chargé de communication et marketing de ‘’ATC-IB’’, Marc Edey, jettent de l’opprobre sur leur entreprise.
Le président directeur général de ATC-IB, Fadi Ali Hijazi, insiste pour sa part que la démarche de sa société vise simplement à trouver des solutions de survie à une industrie nationale. Pour lui, ce que la société ATC-IB demande n’est pas une faveur, mais elle défend simplement une cause juste et noble en faveur du Bénin, son pays d’adoption.
Société 07 août 2015

Spécialisée dans le domaine de la transformation du bois, la société ATC-Industrie du Bois (ATC-IB) est basée dans la commune d’Allada. Elle est une gigantesque entreprise qui comble les besoins en bois et autres ouvrages. Technicité, art et professionnalisme s’allient dans cette entreprise pour sortir des meubles ’’made in Benin’’ hors du commun. Une équipe de journalistes est allée constater le génie qui s’y développe. C’était à travers une visite guidée par le président directeur général de ladite société, Fadi Ali Hijazi et son directeur technique, Philippe Poisson, hier jeudi 6 juillet.
Ingénieuse ! La société ATC-Industrie de bois (ATC-IB) affirme son expertise dans le domaine de la transformation du bois au Bénin. La visite guidée effectuée hier, par des journalistes dans ses locaux laisse découvrir qu’elle est une grosse unité industrielle dans le domaine.
Erigée sur un espace de huit hectares, ATC-IB s’évertue dans la transformation du bois et la fabrication des meubles de toutes les gammes. Ici, le bois a toute sa raison d’être et vaut plus que l’or. Même les déchets provenant de sa transformation ne sont pas jetés. Avec le teck ou la mélamine, tout est transformé et/ou recyclé pour servir dans la fabrication des objets mobiliers. Les matières hors d’usage sont gratuitement données aux femmes de la localité pour leur utilisation à des fins diverses.
Des sections ‘’scierie, ‘’usinage’’,’’montage’’ en passant par ‘’l’affûtage’’, ‘’la mécanique et l’électricité’’ pour venir aux sections, ‘’parqueterie’’, ‘’finition peinture’’, ‘’matelasserie’’ …, aucun des compartiments de ce grand complexe industriel d’Allada n’a échappé aux yeux, appareils photos et caméras des journalistes présents sur les lieux hier.
La section scierie seule, aménagée sur un espace de 800 m2, produit en moyenne 600 à 700 m3 de bois par an. La visite de l’entreprise a également permis aux journalistes de se rendre compte que la fabrication des meubles se fait à partir des panneaux agglomérés mélaminés. Ce qui donne de la valeur et une durabilité de vie aux objets réalisés.
Installée à Allada depuis huit ans, la société que dirige Fadi Ali Hijazi emploie pour le compte de tout le Groupe ‘’ATC’’, plus de 400 employés et prestataires. Dans cette proportion, le personnel de ‘’ATC-IB’’ seul avoisine les 272 personnes dont 40 tâcherons dans les forêts. Une fierté nationale qui vient résorber tant soit peu le chômage dans la localité.
Véritable outil de développement
ATC-IB installée, il y a bientôt dix ans, donne la preuve que pour autant la matière première est disponible, le génie béninois conjugué à la technologie appropriée est capable de proposer des produits (parquets, caillebotis, meubles, articles de menuiserie), sur le marché local et international. Avec plus de 3,9 milliards de francs CFA d’investissements dont seulement 300 millions de francs CFA de ligne de crédit accordée par une banque de la place, ATC-IB se révèle un véritable outil au service du développement socio-économique du Bénin.
La visite guidée effectuée par les hommes des médias, suivie de la conférence de presse animée par les responsables de la société, tiennent du fait que le mardi 23 juillet dernier, le Syndicat national des travailleurs de l’Office national du Bois (Syntra-ONAB), avait effectué une sortie médiatique au cours de laquelle, il dénonçait un contrat de fourniture de 7000m3 de bois à ATC-Industrie du bois. Le Syntra-ONAB se plaignait du partenariat liant ATC-IB à l’ONAB, avec comme principal grief, les incidences de la cession de l’outil industriel de l’ONAB dont l’Industrie béninoise de bois (IBB).
Ces déclarations, selon le chargé de communication et marketing de ‘’ATC-IB’’, Marc Edey, jettent de l’opprobre sur leur entreprise.
Le président directeur général de ATC-IB, Fadi Ali Hijazi, insiste pour sa part que la démarche de sa société vise simplement à trouver des solutions de survie à une industrie nationale. Pour lui, ce que la société ATC-IB demande n’est pas une faveur, mais elle défend simplement une cause juste et noble en faveur du Bénin, son pays d’adoption.
Société 07 août 2015

La commune de Djougou, n’est pas moins riche en recettes culinaires et médicinales. L’une d’elles, le ‘’yenti’’ est un oléagineux issu d’une plante cultivée dans le département de l’Atacora. Dans la cité des Kpétoni, hommes et femmes chantent les bienfaits d’un mets dont les vertus ne sont pas encore élucidées par la médecine moderne.
Samedi 1er août, tôt le matin, Atika vendeuse de ‘’yenti’’ est pleine de vigueur. Ce jour dédié à la fête de l’indépendance est un grand jour de mobilisation populaire à Djougou. Un évènement grandiose qui va faire augmenter son chiffre d’affaires, et elle en est consciente. « Seuls ceux qui n’ont pas goûté au ‘’yenti’’ n’en redemandent pas. Il donne la force et la vigueur à l’homme», lance-t-elle, confiante. C’est pourquoi, elle est déjà à la Place de l’indépendance de la ville où grouille du monde, en attendant le défilé. A 18 ans et presque, autant d’années d’expérience dans la vente des grains sauvages grillés communément appelés ‘’yenti’’, elle sait où les écouler.
La préparation du ‘’yenti’’, une affaire de famille
Atika est née et a grandi chez les Babadjimba de Djougou, une collectivité réputée détenir le secret du ‘’yenti’’ dans la cité des Kpétoni. Benjamine d’une famille de quinze demi-frères dont six frères utérins, elle achète par semaine environ 15 000 F CFA de ‘’yenti’’ qu’elle grille et les revend à un peu plus de 25 000 FCFA. «S’il faut ajouter les frais d’achat de sachets, de charbon, de l’huile et de sel, il y a un bénéfice d’à peine
3 000F CFA par semaine», ce qui n’est pas insignifiant pour une jeune fille célibataire comme elle», reconnaît Talahatou Babadjimba, sa sœur aînée. C’est ici dans la cour de la collectivité Babadjimba de Djougou qu’elle a appris à préparer et à commercialiser le «yenti», explique sa soeur. Depuis son retour du Ghana où elle travaillait comme domestique, elle a renoué avec ses vieux amours : la vente du ‘’yenti’’. Elle achète et travaille les grains, du tri jusqu’à la grillade. «Les goûts changent selon les qualités qui varient. Celle qui prépare le ‘’yenti’’ doit non seulement avoir le cœur pur, mais être honnête et fidèle à son mari. Les femmes qui ont leurs menstrues, ne doivent pas en préparer », a expliqué Talahatou Babadjimba. « Le bon goût et les vertus magiques s’évaporent, s’il n’y a pas une observance des interdits liés à la préparation du ‘’yenti’’. Une certaine sérénité doit entourer sa préparation. Aucune autre main, à part celle de la femme qui le prépare, ne doit toucher les grains avant la cuisson », a-t-elle ajouté.
Comme Atika, toutes les femmes de la collectivité Babadjimba savent préparer le ‘’yenti’’. «C’est un signe de distinction pour celles nées ici et un critère de sélection pour les femmes qui viennent ici en mariage», a ironisé Talahatou Babadjimba.
La préparation part du tri au filtrage en passant par l’écorçage. Dans un premier temps, les grains achetés au marché sont triés à la main puis imbibés d’eau quelques minutes, avant d’être tamisés. « L’eau doit être propre sinon les déchets autres que le sable vont rester au fond, plutôt qu’à la surface. Ce qui ne facilite pas le tri », explique Talahatou Babadjimba. Il faut ensuite piler les grains imbibés d’eau et les trier afin de les écorcer. Après l’écorçage, un nouveau tri est nécessaire. Les grains écorcés seront à nouveau versés dans un tamis et nettoyés une dizaine de fois afin de s’assurer qu’aucun grain de sable ne s’y est mélangé.
Les grains sont ensuite grillés à feu doux pendant une demi-heure avant d’être égouttés avec du sel et un peu d’huile. «Il y a une manière délicate de griller les grains sans les carboniser ni les casser. Le ‘’yenti’’ contient déjà de l’huile mais il faut en ajouter un peu afin que les grains ne s’assèchent pas», conseille-t-elle.
Des vertus magiques?
« Autrefois, le ‘’yenti’’ était considéré comme le mets des génies en raison du grand soin et des interdits qui entourent sa préparation ainsi que ses vertus extraordinaires. Il permet de lutter contre la faiblesse sexuelle, la constipation et les maux d’yeux, les maux de hanche», informe Talahatou. «Moi, quand je bois de l’alcool, il me suffit de prendre un peu de ça, et on en saurait jamais rien. Ces grains sont des déodorisants naturels magiques. De même, ils donnent la force et la puissance. Quand j’en prends, je suis capable de faire deux fois plus de tours que d’habitude», renchérit Boubé. Pour le Dr Salifou Sourakatou, médecin-coordonnateur de la zone sanitaire Djougou/ Ouaké/ Copargo, le ‘’yenti’’ fait partie des légumineuses cueillies à partir d'herbes sauvages et dont on peut extraire de l’huile. Mais pour confirmer ses vertus aphrodisiaques, il faut faire des analyses approfondies. En attendant, suggère-t-il, il faut être prudent. Pour lui, le ‘’yenti’’ peut éventuellement corriger la faiblesse sexuelle parce qu’il donne de l’énergie. « En terme de nutrition, il est très riche en lipides. C’est donc un aliment qui donne beaucoup d’énergie. Mais la corrélation entre l’énergie et la puissance sexuelle n’est pas directe. Une fois l’envie déclenchée, l’énergie entre en ligne de compte pour améliorer la performance. Voilà pourquoi certains y voient des vertus magiques. Mais, les expériences racontées dans les rues sont très personnelles et on ne peut les attester pour le moment. Car tout ce qui est aphrodisiaque a des effets qui doivent être neuro-sensuels. Moi j’en ai mangé, j’ai gagné en énergie mais je n’ai rien ressenti d’autre», a déclaré le Dr Salifou Sourakatou.
Société 07 août 2015

La commune de Djougou, n’est pas moins riche en recettes culinaires et médicinales. L’une d’elles, le ‘’yenti’’ est un oléagineux issu d’une plante cultivée dans le département de l’Atacora. Dans la cité des Kpétoni, hommes et femmes chantent les bienfaits d’un mets dont les vertus ne sont pas encore élucidées par la médecine moderne.
Samedi 1er août, tôt le matin, Atika vendeuse de ‘’yenti’’ est pleine de vigueur. Ce jour dédié à la fête de l’indépendance est un grand jour de mobilisation populaire à Djougou. Un évènement grandiose qui va faire augmenter son chiffre d’affaires, et elle en est consciente. « Seuls ceux qui n’ont pas goûté au ‘’yenti’’ n’en redemandent pas. Il donne la force et la vigueur à l’homme», lance-t-elle, confiante. C’est pourquoi, elle est déjà à la Place de l’indépendance de la ville où grouille du monde, en attendant le défilé. A 18 ans et presque, autant d’années d’expérience dans la vente des grains sauvages grillés communément appelés ‘’yenti’’, elle sait où les écouler.
La préparation du ‘’yenti’’, une affaire de famille
Atika est née et a grandi chez les Babadjimba de Djougou, une collectivité réputée détenir le secret du ‘’yenti’’ dans la cité des Kpétoni. Benjamine d’une famille de quinze demi-frères dont six frères utérins, elle achète par semaine environ 15 000 F CFA de ‘’yenti’’ qu’elle grille et les revend à un peu plus de 25 000 FCFA. «S’il faut ajouter les frais d’achat de sachets, de charbon, de l’huile et de sel, il y a un bénéfice d’à peine
3 000F CFA par semaine», ce qui n’est pas insignifiant pour une jeune fille célibataire comme elle», reconnaît Talahatou Babadjimba, sa sœur aînée. C’est ici dans la cour de la collectivité Babadjimba de Djougou qu’elle a appris à préparer et à commercialiser le «yenti», explique sa soeur. Depuis son retour du Ghana où elle travaillait comme domestique, elle a renoué avec ses vieux amours : la vente du ‘’yenti’’. Elle achète et travaille les grains, du tri jusqu’à la grillade. «Les goûts changent selon les qualités qui varient. Celle qui prépare le ‘’yenti’’ doit non seulement avoir le cœur pur, mais être honnête et fidèle à son mari. Les femmes qui ont leurs menstrues, ne doivent pas en préparer », a expliqué Talahatou Babadjimba. « Le bon goût et les vertus magiques s’évaporent, s’il n’y a pas une observance des interdits liés à la préparation du ‘’yenti’’. Une certaine sérénité doit entourer sa préparation. Aucune autre main, à part celle de la femme qui le prépare, ne doit toucher les grains avant la cuisson », a-t-elle ajouté.
Comme Atika, toutes les femmes de la collectivité Babadjimba savent préparer le ‘’yenti’’. «C’est un signe de distinction pour celles nées ici et un critère de sélection pour les femmes qui viennent ici en mariage», a ironisé Talahatou Babadjimba.
La préparation part du tri au filtrage en passant par l’écorçage. Dans un premier temps, les grains achetés au marché sont triés à la main puis imbibés d’eau quelques minutes, avant d’être tamisés. « L’eau doit être propre sinon les déchets autres que le sable vont rester au fond, plutôt qu’à la surface. Ce qui ne facilite pas le tri », explique Talahatou Babadjimba. Il faut ensuite piler les grains imbibés d’eau et les trier afin de les écorcer. Après l’écorçage, un nouveau tri est nécessaire. Les grains écorcés seront à nouveau versés dans un tamis et nettoyés une dizaine de fois afin de s’assurer qu’aucun grain de sable ne s’y est mélangé.
Les grains sont ensuite grillés à feu doux pendant une demi-heure avant d’être égouttés avec du sel et un peu d’huile. «Il y a une manière délicate de griller les grains sans les carboniser ni les casser. Le ‘’yenti’’ contient déjà de l’huile mais il faut en ajouter un peu afin que les grains ne s’assèchent pas», conseille-t-elle.
Des vertus magiques?
« Autrefois, le ‘’yenti’’ était considéré comme le mets des génies en raison du grand soin et des interdits qui entourent sa préparation ainsi que ses vertus extraordinaires. Il permet de lutter contre la faiblesse sexuelle, la constipation et les maux d’yeux, les maux de hanche», informe Talahatou. «Moi, quand je bois de l’alcool, il me suffit de prendre un peu de ça, et on en saurait jamais rien. Ces grains sont des déodorisants naturels magiques. De même, ils donnent la force et la puissance. Quand j’en prends, je suis capable de faire deux fois plus de tours que d’habitude», renchérit Boubé. Pour le Dr Salifou Sourakatou, médecin-coordonnateur de la zone sanitaire Djougou/ Ouaké/ Copargo, le ‘’yenti’’ fait partie des légumineuses cueillies à partir d'herbes sauvages et dont on peut extraire de l’huile. Mais pour confirmer ses vertus aphrodisiaques, il faut faire des analyses approfondies. En attendant, suggère-t-il, il faut être prudent. Pour lui, le ‘’yenti’’ peut éventuellement corriger la faiblesse sexuelle parce qu’il donne de l’énergie. « En terme de nutrition, il est très riche en lipides. C’est donc un aliment qui donne beaucoup d’énergie. Mais la corrélation entre l’énergie et la puissance sexuelle n’est pas directe. Une fois l’envie déclenchée, l’énergie entre en ligne de compte pour améliorer la performance. Voilà pourquoi certains y voient des vertus magiques. Mais, les expériences racontées dans les rues sont très personnelles et on ne peut les attester pour le moment. Car tout ce qui est aphrodisiaque a des effets qui doivent être neuro-sensuels. Moi j’en ai mangé, j’ai gagné en énergie mais je n’ai rien ressenti d’autre», a déclaré le Dr Salifou Sourakatou.
Société 07 août 2015