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Nouvelles

Ecole primaire publique de Colli-Bossouvi à Houègbo:Les enseignants menacés vident les classes

Depuis le vendredi 27 mars dernier, les écoliers de l’Ecole primaire publique de Colli-Bossouvi sise à Houè-gbo dans la commune de Toffo n’ont plus accès à leurs classes. Leurs enseignants menacés par certains habitants armés ont dû prendre la tangente pour avoir la vie sauve.

Les écoliers des groupes A, B et C du complexe scolaire de Colli-Bossouvi à Houègbo n’ont plus accès à leurs classes depuis le vendredi 27 mars dernier. Certains habitants du village réagissant à l’arrestation des leurs, ont eu à chasser les enseignants de leur lieu de travail, empêchant ainsi les écoliers de recevoir les cours.
Selon un rapport de la situation dont Désiré Guèdèmè, chef de la Circonscription scolaire de Toffo a reçu ampliation, le corps enseignant n’est pas en sécurité dans ce village. Il est menacé par un groupe d’habitants qui ne semblent pas admettre la construction d’un module de latrines au sein de cet établissement de trois groupes. Rappelant les faits, les trois directeurs signataires du document à savoir Valentine Boko Assogba du groupe A, Germain Houéton du groupe B et Barthélémy Djahounkaki du groupe C ont fait savoir que le groupe B de ce complexe a bénéficié d’un module de trois classes et de deux modules de latrines dont les travaux de construction ont démarré lundi 23 février dernier.

Mais il a été décidé que les latrines soient implantées à côté d’un premier module déjà construit. Cet emplacement choisi n’a pas plu à certains villageois qui ont l’habitude de circuler en traversant l’école. Car l’établissement étant sans clôture, les habitants ont créé une voie le traversant en son milieu. Or, poursuit le rapport, en traversant l’école, les motocyclistes ont déjà occasionné plusieurs accidents d’écoliers. Estimant que ce nouveau module dont la fosse est forée, les empêcherait de circuler. Mécontents, les habitants ont nuitamment, le jeudi 26 mars dernier, procédé à sa fermeture. Surpris par cette réaction, l’entrepreneur a dû recourir au Commissariat de police de Houègbo pour se plaindre. Cette plainte a été appuyée par les directeurs du complexe, le gardien qui a reconnu les mis en cause lors de leur forfait et le président de l’APE. Aussitôt, le commissaire a pris les dispositions requises pour interpeller les présumés.

Les enseignants humiliés devant les élèves

Après l’arrestation des présumés, un groupe de jeunes gens tels des guerriers ont envahi l’école, armés de gourdin, de chicottes, d’armes blanches, de branchages, a précisé le rapport. Non contents d’envahir l’école et très menaçants, ils ont fait irruption dans les salles de classe. Ainsi, ils ont réussi à faire vider les classes avec pour armes, injures et menaces de tout genre. « Sortez, sortez ! L’école est fermée aujourd’hui », a rapporté le document faisant le point de la situation. Ne sachant quoi faire devant les assaillants, le personnel a dû obéir en se retirant tout simplement des classes. Mais les trois directeurs et leurs collaborateurs ont à nouveau informé la police ainsi que les autorités à divers niveaux dont le directeur départemental de l’enseignement maternel et primaire de l’Atlantique-Littoral. Et ne se sentant plus en sécurité, ils ne se rendent plus dans leur école. En lieu et place des salles de classe, ils se rendent à la Circonscription scolaire depuis qu’ils ont été l’objet de menaces de la part des assaillants. De l’autre côté, les salles sont toujours restées fermées, et pas le moindre élève traînant dans la cour.
Face à la situation, la coordination de l’APE a envoyé une correspondance au chef de la Circonscription scolaire. Dans cette correspondance, le président de la coordination sans préciser le motif du débrayage opéré par les enseignants, les invite à reprendre les activités. Il entendait ainsi calmer les enseignants et les amener à reprendre les cours. Mais à la lecture de cette correspondance, le personnel enseignant n’est pas convaincu que leur sécurité est garantie. Rencontrés au niveau des bureaux de la Circonscription scolaire de Toffo, les enseignants ont estimé que cette correspondance n’a pas de sens. A leur avis, elle serait insuffisante au regard de toute l’humiliation subie et des menaces proférées contre eux devant leurs apprenants par les assaillants. Au contraire, ont-ils estimé, la correspondance a tendance à banaliser la situation qui prévaut au sein de l'établissement. Aussi ont-ils exigé des mesures de sécurité sérieuses, un engagement ferme des assaillants à ne plus jamais agir comme ils l’ont fait et même que l’affront soit lavé devant leurs apprenants à travers des excuses publiques avant toute reprise des activités pédagogiques.
En dehors des cours, les apprenants de cette école n’ont pas pu faire l’évaluation à cause de cette situation de crise que Désiré Guèdèmè, chef de la Circonscription scolaire de Toffo, a jugé inutile et totalement bête. Selon son témoignage, entretemps, la police a intimé l’ordre aux habitants du village de retirer tout le sable de la fosse. Ce qui a été fait. Par ailleurs, le chef de la circonscription a dénoncé un autre acte posé par le chef de file des assaillants. Il s’agit du forage de deux puisards de forme cylindrique sur le domaine de l’établissement et à moins de 30 centimètres d’une salle de classe. Malgré tout ce qui a été dit pour l’amener à comprendre le grand danger que cela constitue pour les écoliers, l’intéressé n’a pas cru devoir refermer les puisards dont la profondeur dépasserait les 20 mètres, a souligné tout déçu Désiré Guèdèmè. Toutefois, il reste dans l’espoir qu’avant la fin des congés de Pâques, une solution soit trouvée pour que les enfants de cette école reprennent les classes comme leurs camarades d’ailleurs.

Société 07 avr. 2015


Installation des structures décentralisées du RDR:La dernière boucle avec le 12è arrondissement Est, les étudiants et élèves

Le Rassemblement pour la Démocratie et la République (RDR) était, samedi 4 avril dernier à l’Ecole primaire publique de Cadjèhoun. C’était pour procéder à l’installation officielle de ses structures de base au niveau du 12è arrondissement Est, des étudiants et des élèves. La cérémonie était placée sous l’égide du président du parti, le député Epiphane Quenum. Il était entouré des membres de son état-major.

Porté sur les fonts baptismaux le 21 septembre 2013, le Rassemblement pour la Démocratie et la République (RDR) a à cœur l’installation de ses secrétariats locaux et communaux et leur mise en ordre de bataille avec la campagne pour les législatives qui démarre dans quelques jours. Ses dirigeants étaient avec les militants et militantes du 12è arrondissement Est, ainsi que les étudiants et élèves acquis à sa cause, samedi 4 avril dernier à l’Ecole primaire publique de Cadjèhoun. Comme leurs homologues d’autres localités, ces derniers ont aussi procédé à l’installation officielle de leurs structures de base. Il s’agit des secrétariats locaux et communaux du 12è arrondissement Est notamment des quartiers Ahouanlèko, Haie-vive, Cadjèhoun 1, 2, 3, 4, 5, Vodjè Kpota, Cadjèhoun Kpota, du bureau RDR du groupe des scolaires avec les établissements de l’Atlantique-Littoral, puis celui des étudiants.
L’occasion a permis au coordonnateur du parti au niveau du 12è arrondissement, Sidi Ali Maguidou, au représentant des jeunes, Eméric Faustiano Aza, à la représentante des femmes, Akuavi Gbékin, et au représentant des sages, Paul Ayisso, de réaffirmer leur engagement aux côtés de l’honorable Epiphane Quenum. Selon eux, «le RDR traduit une volonté, celle d’inscrire surtout la cause et les intérêts de la jeunesse béninoise au cœur de l’action politique. Elle confirme une option. Celle d’une totale adhésion aux valeurs démocratiques dont la jeunesse est le socle inoxydable.» A leur suite, Calixte Nahum a expliqué les raisons qui ont conduit à la constitution du RDR dont il est le secrétaire général.

«La manifestation de ce jour répond à une demande pressante des responsables des structures décentralisées du parti dans la mesure où, ils veulent s’identifier clairement à lui. Cette cérémonie marque donc la fin des installations des structres du parti sur toute l’étendue du territoire de Cotonou», a-t-il indiqué. Comme ceux qui l’ont déjà été, les nouveaux responsables installés samedi dernier s’emploieront à assurer l’ancrage et le rayonnement du parti dans le 12è arrondissement Est, dans les collèges et lycées de l’Atlantique et du Littoral et à l’Université d’Abomey-Calavi, leurs ressorts de compétences. Selon Calixte Nahum, après l’installation de ses structures de base qui vient de s’achever, les prochaines élections législatives, municipales, communales et locales auxquelles le parti participera, sont les nouveaux défis qui l’attendent pour s’affirmer sur l’échiquier politique national.
C’est le président Epiphane Quenum qui, en personne, a installé les membres desdites structures dans leurs fonctions. Au regard de la façon dont la politique se fait au Bénin, il invite à changer le visage de la démocratie au Bénin. Il a aussi abordé plusieurs autres sujets comme les conditions dans lesquelles il est parti de la RB, du CPS-LEPI.

Politique 07 avr. 2015


Scrutin législatif du 26 avril 2015:Le spécimen du bulletin unique validé

Les partis et alliances de partis politiques ont validé, vendredi 3 avril dernier, le spécimen du bulletin unique dans le cadre de l’élection législative du 26 avril prochain. La validation du document électoral s’est faite à l’issue d’une séance de travail à la Commission électorale nationale autonome (CENA) par les responsables des formations politiques en lice. C’était sous la présidence du président de la CENA, Emmanuel Tiando et ses collègues.

A quelques jours du lancement officiel de la campagne électorale pour l’élection législative du 26 avril prochain, le spécimen du bulletin unique a été validé. C’était au cours d’une séance au cours de laquelle les responsables de partis ou d’alliances de partis politiques ont fait des observations sur ledit document soumis à leur appréciation. Hormis certaines observations mineures, la plupart des observations ont porté sur la netteté des couleurs des logos et la dénomination de certains partis ou alliances de partis qui ne seraient pas conformes à la réalité. Les responsables ou représentants de partis et alliances de partis politiques ont alors insisté pour que les corrections soient faites dans un délai raisonnable.

La vice-présidente de la CENA, Geneviève Nadjo-Boko les a rassurés que les corrections indiquées seront effectuées et soumises à nouveau à l’appréciation des seuls requérants. C’est le 27 février dernier que le tirage pour le positionnement sur le bulletin unique a eu lieu. Rappelons que les campagnes électorales pour l’élection des membres de la 7è législature débuteront le vendredi 10 avril prochain à 00 heure et prendront fin le vendredi 24 avril à minuit.

Actualités 07 avr. 2015


Attaques tous azimuts contre le chef de l’Etat et son régime :La coordination des FCBE apaise et sensibilise

Vendredi 3 mai dernier, la coordination nationale de l’alliance Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), visiblement exaspérée par la «cabale» en cours contre le chef de l’Etat et son pouvoir, a donné de la voix. A travers un point de presse animé à Cotonou, le porte-parole de l’alliance a invité les acteurs politiques à des comportements responsables.

L’opinion publique a été informée à maintes reprises et par divers canaux ces derniers jours, de propos jugés «haineux» du président de la République à l’endroit de certains acteurs politiques. Lesquels se seraient entichés avec d’autres, d’une région du pays pour le déstabiliser. De telles informations, selon la famille politique du président de la République, ne seraient que de la machination. Vendredi dernier à Cotonou, face aux médias, la coordination nationale de l’alliance Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) s’est insurgée contre cet état de choses. En présence de son premier responsable, Eugène Azatassou et d’autres membres de l’alliance, l’honneur est revenu au porte-parole, le député Nouhoum Bida de donner lecture d'une déclaration à travers laquelle, le bloc politique soutenant les actions du président de la République remet en cause de telles déclarations, venant de surcroit d’acteurs politiques et pas des moindres.

«Chaque Béninoise et chaque Béninois se doivent de tenir à l’unité nationale comme à la prunelle de ses yeux», rappelle le porte-parole des FCBE qui souligne qu’en cette veille des joutes électorales, «nous traversons une période hautement sensible» et que des propos comme ceux qui fusent ces derniers jours «sont inadmissibles». Pour lui en effet, le «président de la République, pendant neuf ans, n’a de cesse d’œuvrer pour l’unité nationale, la stabilité et la sécurité». Il dit donc ne pas comprendre les intentions ségrégationnistes qui lui sont prêtées ça et là et demande alors aux acteurs politiques d’éviter «tout propos, toute action et tout comportement qui n’élèvent pas», car selon Nouhoum Bida, «rien n’est plus bas que le tribalisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme».

Politique 07 avr. 2015


Elections législatives et communales prochaines :Le mouvement FURD de Adidjatou Mathys apporte son soutien au PRD

Du renfort de qualité pour le Parti du renouveau démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji. Il bénéficie désormais du soutien du mouvement Forces unies pour la renaissance et la démocratie (FURD) de l’ancien ministre Adidjatou Mathys. Le pacte de coalition a été scellé, samedi 4 avril dernier à la Maison des jeunes de Porto-Novo, sous les regards de milliers de militants et des ténors des deux formations politiques témoins de l'événement.

Le mouvement des Forces unies pour la renaissance de la démocratie (FURD) et le Parti du renouveau démocratique (PRD) font désormais front commun pour affronter les élections législatives du 26 avril prochain, et communales, municipales et locales du 31 mai prochain. Le soutien des FURD vise surtout à permettre au parti de Me Adrien Houngbédji d’enlever la totalité des cinq sièges en jeu dans la 19e circonscription électorale regroupant Porto-Novo, Aguégués, Sèmè-Podji et Adjarra.
Le choix du PRD a été retenu au terme de plusieurs séances de concertations de la direction exécutive nationale des FURD élargie aux coordonnateurs d’arrondissement. Ces différents organes politiques dudit mouvement ont examiné les modalités des partis politiques partageant les mêmes idéaux d’une part et d’autre part, la nature et les conditions de soutien politique que leur formation politique pourraient apporter aux listes en compétition au titre des élections législatives du 26 avril prochain et municipales, communales et locales du 31 mai. C’est ainsi que le dévolu a été jeté sur le PRD de Me Adrien Houngbédji pour le soutenir lors des prochaines consultations électorales, a expliqué le porte-parole des militants FURD, Corneille Kèkè qui a lu la déclaration de soutien. Selon lui, ce choix a été approuvé par les différentes cellules de base et les structures verticales, notamment le Réseau des femmes et des personnalités des FURD. A travers cette option politique, le mouvement FURD entend exprimer sa ferme volonté de sauvegarder sa dignité à la face du monde et retrouver sa place et son rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des droits de l’homme dans la sous-région. Lesquelles valeurs seraient compromises du fait des agissements des dirigeants actuels au pouvoir, martèle-t-il. «...Tous les piliers de la démocratie s’écroulent dans notre pays et les droits de l’homme sont foulés au pied…», dénonce Corneille Kèkè qui précise que le choix du PRD a été vite fait suite au passé de ce parti considéré comme un acteur politique majeur de notre histoire politique contemporaine. Mieux, pour le «carton rouge» qu’il a décerné à la révision de la Constitution béninoise au cours de son université de vacances de Sèmè-Podji.
Le porte-parole de la délégation du PRD, Dr François Ahlonsou a remercié les responsables et militants FURD pour avoir porté leur choix sur le PRD. Ce qui ne fera qu’apporter un plus aux militants Tchoco-Tchoco.
La présidente d’honneur des FURD, l’ancien ministre Adidjatou Mathys a insisté pour dire que les militants de son mouvement entendent dire non, à travers leur choix, à une révision de la Constitution presqu’au terme d’un second et dernier mandat présidentiel. «Ce projet ambiguë constitue un véritable casse-tête pour bien de Béninois», souligne-t-elle avant d’assurer que ce choix a été fait par son mouvement en toute responsabilité. L’ancien ministre a martelé la détermination des FURD à mener le combat aux côtés du PRD pour une large victoire aux soirs des 26 avril et 31 mai prochains. Adidjatou Mathys a invité la Commission électorale nationale autonome (CENA) à accomplir convenablement sa mission pour éviter au Bénin, des situations de trouble avant, pendant et après les prochaines joutes électorales.

Politique 07 avr. 2015


Ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année 2015 au Parlement:150 lois adoptées et 805 milliards FCFA accordés sous la 6e législature

En vertu de l’article 87 de la Constitution et l’article 4 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, les députés ont ouvert hier jeudi 2 avril, la première session ordinaire de l’année 2015. A l’occasion, le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago a fait le point de la 6e législature dont le mandat vient à terme le 15 mai prochain. Plus de 150 lois ont été adoptées et 805 milliards FCFA d’accords de crédits ont été mis à la disposition du gouvernement.

Les travaux de la première session de l’année 2015 sont désormais ouverts. L’ouverture a été effective grâce à la présence de 45 députés ayant favorisé l’atteinte du quorum. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouvernement représenté par trois ministres, les diplomates accrédités au Bénin, les membres du Haut commandement militaire et les têtes couronnées de la ville de Porto-Novo. Mais cette séance plénière a failli frôler le report pour défaut de secrétaire parlementaire. Aucun des deux secrétaires parlementaires n’était présent. La première secrétaire parlementaire Claudine Prudencio serait en mission à l’étranger. Le deuxième secrétaire parlementaire André Okounlola serait sur le territoire national mais n’a pas fait le déplacement du palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
Une situation exceptionnelle qui a obligé le président de l’Assemblée nationale a fait recours à une jurisprudence de la Cour constitutionnelle mais jamais appliquée. Il s’agit de la décision EP 11-014 du 22 février 2011 de la Haute juridiction qui autorise en article 2 le président de l’Assemblée nationale à désigner d’office un député pour assurer les fonctions de secrétaire parlementaire. Le président Mathurin Nago a mis en application cette décision jurisprudentielle en désignant le député Gonrondoubou Orou Déké pour suppléer aux secrétaires parlementaires dont la présence d’un au moins est indispensable pour la validité des décisions qui seront prises.
Une fois la difficulté contournée, le président de l’Assemblée nationale a eu le chemin balisé pour ouvrir les travaux. Lesquels sont marqués par son seul discours.
Mathurin Nago fera constater avec satisfaction la fin de la 6e législature installée le 15 mai 2011. Une mandature qui cèdera la place à la septième législature à partir du 16 mai prochain. Il s’est posé la question de savoir si la mission a été bien accomplie. La réponse a été sans ambages. Pour Mathurin Nago, au cours de la législature qui s’achève, le Parlement s’est vaillamment acquitté de sa triple mission de législation, de contrôle de l’action du gouvernement et de représentation.

Bilan satisfaisant

Au plan législatif, la 6e législature a doté à ce jour le Bénin de plus de 150 lois au total, toutes catégories confondues contre 120 lois pour la précédente législature. Il a adopté 63 lois portant autorisations de ratification d’accords de crédits. Ce qui a permis à l’Assemblée nationale de mettre à la disposition du gouvernement des ressources financières évaluées à près de 805 milliards FCFA, pour la mise en œuvre de son programme de développement.
Le contrôle de l’action gouvernementale a connu aussi une place de choix. Plusieurs questions ont été posées au gouvernement pour permettre aux populations de mieux comprendre les choix opérées par l’Exécutif dans ses différentes actions de résolution des problèmes auxquels sont confrontés les Béninois. Certaines de ces interpellations ont abouti à la création de commission d’enquête parlementaire.
Sur le plan de la représentation, troisième mission constitutionnelle du Parlement, Mathurin Nago se félicite du bilan obtenu. L’Assemblée nationale a réussi à améliorer mieux que par le passé son image au plan régional et international. «Nous pouvons affirmer que la sixième législature a apporté sa pierre à la consolidation de la démocratie et de la gouvernance au Bénin», a souligné le président de l’Assemblée nationale. Toutefois, Mathurin Nago regrette que la présente législature ne puisse pas aller au-delà de ce bilan. Certains dossiers importants sont laissés sur les carreaux. Il cite le cas de la relecture du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour laquelle il a mis en place un comité qui a travaillé pendant plusieurs mois. La proposition de résolution sur la question a été déjà déposée pour étude et rapport à la commission en charge des Lois. Mathurin Nago, déplore que la 6e législature ne puisse pas disposer du temps matériel pour examiner ce dossier avant la fin de son mandat et améliorer le Règlement intérieur en cours d’application et vieux d’environs deux décennies. Il espère que la prochaine législature puisse faire aboutir ce dossier tout comme les autres abandonnés.

Djibril Mama Débourou, 1er questeur de l’Assemblée nationale

«A ce jour, pas un seul virement du gouvernement au Parlement»

Avant l’examen du projet de loi portant statut général des agents de la Fonction publique, le député Djibril Mama Débourou, 1er questeur de l’Assemblée nationale a émis un coup de gueule. Il a informé la plénière de ce qu’à la date de 2 avril 2015, le gouvernement n’a encore fait le moindre virement à l’Assemblée nationale pour le compte de son budget gestion 2015. Alors qu’on est déjà à plus de trois mois d’exécution du budget général de l’Etat gestion 2015. « Cela pose un problème de bonne gestion au niveau du gouvernement », souligne Djibril Mama Débourou. «Le comble est que j’ai appelé plusieurs fois le ministre de l’Economie et des Finances pour attirer son attention sur cet état de chose. Depuis un certain temps, il ne décroche même plus mes coups de fil», déplore-t-il, laissant croire que c’est par acrobatie que le Parlement tourne depuis trois mois. Le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago a appuyé son collègue. Il a reconnu qu’il faut effectivement donner les moyens à l’Assemblée nationale pour lui permettre de jouer sa partition. Il espère que l’appel du premier questeur sera entendu pour que l’Assemblée nationale ne soit pas financièrement bloquée. Mathurin Nago ne souhaite pas une situation qui mette en difficulté le fonctionnement des institutions de la République.
Th. C. N.

Actualités 03 avr. 2015


20e Journée des droits des femmes à l’INMES:Les dispositions du Code des personnes et de la famille au menu

L’Union nationale des sages-femmes du Bénin (UNASAF-Bénin) a animé, hier jeudi 2 avril, une conférence-débat au profit des sages-femmes et étudiantes de l’Institut national médico-social (INMES). L’initiative marque la célébration de la 20e édition de la Journée internationale des droits des femmes et a été animée par Marie-Elise Gbèdo, avocate à la Cour, dans les locaux de l’institut.

Loin des réjouissances folkloriques pour célébrer la Journée des droits des femmes, l’Union nationale des sages-femmes du Bénin (UNASAF), a opté pour une célébration en mode réflexion.
La conférence-débat animée à cet effet, par l’ancienne Garde des Sceaux, Marie-Elise Gbèdo, avocate à la Cour a mobilisé des sages-femmes et des étudiantes de l’Institut national médico-social (INMES). Durant plus de deux heures, elle a entretenu l’assistance sur un large éventail de sujets relatifs au Code des personnes et de la famille avec pour centre d’intérêt, le mariage, le divorce et la filiation.
Pour la secrétaire générale de l’UNASAF, Laurence Houndonougbo, au-delà des actions engagées pour promouvoir la loi n°2002-07 portant Code des personnes et de la famille en République du Bénin, la liberté et la dignité des femmes ne doivent pas être l’engagement d’une seule année, encore moins d’une journée. Ce combat, suggère-t-elle, doit se poursuivre chaque jour autour de trois principaux axes. Il s’agit de la place de la femme dans la sphère publique et politique, l’égalité professionnelle et la lutte contre les stéréotypes sexistes.
Le Code des personnes et de la famille faisant l’objet d’interprétations à géométrie variable, il importe de partager certains détails avec la jeunesse pour renforcer ses capacités dans le domaine du droit. Contrairement au Code coutumier, il présente plusieurs avantages pour les femmes. Il leur garantit plus de droits au niveau du cercle familial et sur le plan socioprofessionnel. Lesquels avantages ont été exposés dans les moindres détails par la conférencière principale, dont l’apport, selon les organisateurs, est inestimable en matière de célébration de la Journée de la femme au Bénin.
Etait aussi présent à cette rencontre, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), Dieudonné Lokossou. Pour lui, les sages-femmes et les femmes de façon générale sont des actrices incontournables de la vie. Aussi bien les Saintes écritures que les institutions nationales et internationales leur reconnaissent ce privilège, dit-il. Mais dans les faits, les pouvoirs publics contournent ce droit par tricherie en s’arrogeant certaines de leurs prérogatives. «Il n’est pas bon que vous nous donniez la vie et que nous vous rendions la vie dure», souligne-t-il. C’est pourquoi, il importe pour les femmes de connaître leurs droits pour mieux agir. D’où l’organisation de cette journée au profit des sages-femmes et étudiantes de l’INMES. Cet évènement qui est la première d’une série d’activités de l’UNASAF a permis aux participantes de cerner les contours du Code des personnes et de la famille, afin d’agir efficacement. Cette rencontre est d’autant plus importante que les tares dénoncées dans l’ancien code sont toujours d’actualité. Raison pour laquelle, Dieudonné Lokossou plaide un changement de comportement à tous les niveaux. Son adresse est allée notamment à l’endroit de la gent féminine, qui souligne-t-il, doit briser les tabous en innovant pour cesser d’être un complice passif.

Société 03 avr. 2015


ODD et agenda de développement post 2015 :La jeunesse béninoise exprime ses priorités et attentes

Mobiliser la jeunesse béninoise dans le cadre du processus d’élaboration des Objectifs de Développement durable (ODD) qui succèderont sous peu aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Tel est le but de l’atelier de réflexion organisée hier, jeudi 2 avril à Cotonou et au cours duquel l’intégration des politiques favorables au bien-être et à l’épanouissement de la jeunesse dans l’agenda post 2015 a été largement débattue. L’initiative est le fruit du partenariat ministère en charge de la Jeunesse -Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Elle est portée par un panel de Jeunes constitué par des Organisations de jeunes et des jeunes leaders des Organisations de la société civile (OSC).

La voix des jeunes, auparavant peu perçue dans l’élaboration des politiques nationales et des agendas de développement internationaux est actuellement amplifiée. Le mouvement d’ensemble qui a vu le jour dans ce cadre, et qui prospère grâce aux réseaux sociaux et organisations juvéniles n’épargne pas le Bénin dont la population jeune est estimée à plus de 49% de personnes âgées de moins de 15 ans. La participation de cette frange juvénile à l’avenir du pays, du continent et du monde se dessinera dans les prochaines années. Et l’ayant compris, ceux-ci multiplient les opportunités et donnent de la voix pour la prise en compte de leurs besoins.
Hier à Cotonou, l’atelier de réflexion organisé sur la participation des jeunes leaders des Organisations de la société civile (OSC) du Bénin au processus d’élaboration des Objectifs de développement durable (ODD) a mobilisé plus d’une centaine de jeunes garçons et filles. Face à eux, le représentant du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) au Bénin, Dr Koudaogo Ouédraogo a mis l’accent sur le rôle qui leur revient dans la construction du monde futur, et s’est interrogé de savoir s’ils seront passifs à une heure où le monde deviendra réellement un village planétaire et où la notion de souveraineté est appelée à disparaître, avec l’universalité et l’internalisation de beaucoup de choses. Plus affirmatif, le ministre en charge de la Jeunesse, Safiou Affo fait confiance à la jeunesse et voudrait compter sur son sens d’engagement.
Ce sens d’engagement s’est d’ailleurs traduit à travers les deux communications présentées à l’occasion par deux jeunes dont l’implication dans ledit processus est reconnue et saluée. Le premier, Loukman Tidjani s’est prononcé sur « Le processus de consultation et de participation des OSC dans le développement des ODD et l’agenda post 2015 » et la seconde, Joannie Bewa a planché sur la « Restitution des rencontres d’Istanbul et de Nairobi » et à la présentation de la coalition de la société civile africaine pour la population et le développement. Lesquelles seront suivies d’un panel de discussions.

Que préconise-t-on à travers la campagne «Bénin post 2015» ?

La campagne «Bénin post 2015» dont le lancement officiel a eu lieu hier au cours de l’atelier sur la participation des jeunes leaders des Organisations de la société civile est le condensé d’une série de propositions et de vœux, portée et nourrie par ces jeunes qui entendent être mieux pris en compte dans les programmes de développement à venir. Non seulement ils nourrissent cette ambition, mais ils voudraient être aussi des acteurs de ce monde, dont ils seront les principaux et majoritaires occupants, et dans lequel rien ne doit se faire et se décider sans eux.
En réalité, ladite campagne vise à « promouvoir la participation et le plaidoyer des jeunes dans l’agenda post 2015, à travers les médias sociaux, avec un focus sur les questions de santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes ». Ce faisant, ladite campagne entend « informer les jeunes sur le processus d’élaboration des ODD et l’agenda Post 2015 via les réseaux sociaux, fournir aux jeunes les outils de communication nécessaires pour faire du plaidoyer à l’endroit du gouvernement béninois, de l’Union africaine, des Nations Unies et autres institutions pour une meilleure inclusion des thématiques Jeunes et Santé sexuelle et reproductive dans l’élaboration des ODD et de leurs indicateurs, faire un appel à l’action à l’endroit des OSC pour des actions simples qui impactent les communautés et accroître la visibilité des OSC du Bénin sur le plan international en termes d’engagements relatifs au processus d’élaboration de l’agenda post 2015.
Plusieurs constats ont en effet conduit à la formation de ces objectifs prioritaires. «Les jeunes sont une grande force. De façon individuelle et collective, ils jettent les bases de l'avenir du monde. Les jeunes ne sont pas le problème, ils sont des atouts», estiment les participants à cet atelier. Plus exigeants en ce qui concerne l’avenir, ils stipulent clairement que «ignorer les jeunes dans l’agenda post 2015, c’est ignorer les acteurs clés du développement». Mais avant, il leur faut, reconnaissent-ils, une éducation sexuelle pointue et «la santé de la reproduction doit être au cœur des priorités de tous les gouvernements». Investir dans les jeunes, surtout les filles, est aussi une préoccupation à laquelle les jeunes leaders du Bénin entendent veiller puisqu’ils y voient, une autre condition essentielle pour le monde dans lequel ils se projettent dans les prochaines années.

Société 03 avr. 2015


Poursuivis pour assassinat et non dénonciation de crime :15 ans de travaux forcés pour Zinsou Ezinnayé et 3 ans fermes pour Guillaume Ahouandjinou (21e dossier)

L’examen du 21e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou a eu lieu mercredi 1er avril dernier. La composition de la cour qui a connu du dossier est composé du président Nicolas Biao ; assesseurs, Emmanuel Opita et Euloge Akpo ; jurés titulaires, Nestor Hounkpatin, Firmin Gankpa, Kouessi Antoine Hossou et Bernardin Narcisse Marcos ; juré suppléant, Akodé Maurice Gbénou ; ministère public, Gilles Sodonon.

Sur les quatre accusés, Zinsou Ezinnayé, Guillaume Ahouandjinou, Eric Fassinou et Idohou Fatoyé qui devraient être à la barre mercredi 1er avril dernier dans le cadre du 21e dossier de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou, seuls les deux premiers étaient dans le box. Julien Tiamou, représentant du ministère public à l’ouverture de l’audience a précisé que Fatoyé Idohou serait décédé et que Eric Fassinou serait en fuite. Ce dernier serait activement recherché, a fait observer d’entrée le ministère public. Sur cette base, Julien Tiamou a requis la disjonction de leurs cas, de ceux de Zinsou Ezinnayé Guillaume Ahouandjinou.
La défense représentée par Me Séverin-Maxime Quenum et Gustave Anani Cassa, appelée à réagir sur ces observations a estimé que les diligences n’ont pas été effectuées par le ministère public dans les règles de l’art. Selon Me Séverin-Maxime Quenum, cette situation nuit à la bonne administration de la justice et donc à la manifestation de la vérité. La cour s’est retirée et a rendu un arrêt de disjonction des cas de Fatoyé Idohou et de Eric Fassinou en application de l’article 348 du code pénal.
L’accusé Zinsou Ezinnayé à l’entame de l’audience a déclaré à la barre qu’il ne sait rien de la mort du petit Armand Hounkonnou qui les a conduits en prison
En ce qui le concerne, Guillaume Ahouandjinou a confié qu’il était soucieux du développement des activités de la boutique dans laquelle il vendait du poisson. C’est pourquoi il s’est fait aider par Eric Fassinou pour entrer en contact avec un charlatan. Ce dernier devait composer des ingrédients pour satisfaire sa préoccupation. C’est à cette étape que le charlatan a exigé un crâne humain pour faire le nécessaire, explique-t-il.

Les faits

C'est Nicolas Biao, le président de la cour qui, dans son résumé, a relaté à l’assistance la quintessence des faits déférés devant la cour. Pour lui, le nommé Guillaume Ahouandjinou, gérant d’une poissonnerie à Azowlissè dans la commune d’Adjohoun a expliqué que face à la mévente à laquelle il était confrontée, il décida de recourir aux services d’un charlatan. Pour ce faire, il se confia à son cousin Eric Fassinou, qui le rassura pour, dit-il, avoir entendu parler d’un grand charlatan et féticheur pendant qu’il fréquentait à Ikpinlè dans la commune d’Adja-Ouèrè. Ensemble, ils se rendirent au domicile de Fatoyè Idohou dit «Adjanna» le charlatan. Celui-ci remit à Guillaume Ahouandjinou, une poudre qu’il devait passer sur le corps après s’être lavé. Ayant eu satisfaction après avoir utilisé le produit que le charlatan lui a donné, il sollicita à nouveau son cousin pour le raccompagner chez Fatoyé Idohou pour le remercier.
Il saisit l’occasion de cette deuxième visite pour demander au charlatan de l’aider à devenir riche. Mais le charlatan lui rétorqua que certes, il existe des moyens pour devenir riche mais qu’ils sont très jeunes pour trouver ce dont on a besoin pour faire le travail. Mais c’est sans compter avec la détermination des deux visiteurs lorsque Eric Fassinou répliqua au charlatan qu’ils sont effectivement jeunes, mais qu’ils ont des idées de grands et qu’ils agissent comme tels. Après un court silence, Fatoyé Idohou leur fit savoir que s’ils trouvaient un crâne humain, leur problème serait réglé.
De retour à Dangbo, ils se mirent chacun de son côté à chercher le crâne humain. C’est ainsi que le 1er mars 1999, l’occasion se présenta.
En effet, ce jour-là, les petits frères de Eric Fassinou jouaient dans la cour de la maison avec le jeune Armand Hounkonnou alors âgé de 5 ans lorsque Eric Fassinou remit la somme de mille francs à son frère Romain pour lui acheter de la glace pour 25 francs. Les enfants, au nombre de 4 voulaient partir ensemble lorsque Zinsou Ezinnayé interpella Armand Hounkonnou qu’il traina derrière les habitations dans un bâtiment inachevé où il fut étranglé. Pour le dissimuler, Zinsou Ezinnayé jeta le corps inanimé de l’enfant dans une fosse septique en attendant de revenir prélever le crâne.
La disparition du petit Armand ayant été remarquée, les recherches entreprises par la population ont permis de découvrir le corps du petit au fond de la fosse septique.
L’enquête diligentée par la Brigade de gendarmerie de Dangbo a permis d’appréhender les nommés Zinsou Ezinnayé, Eric Fassinou, Fatoyé Idohou dit Adjanna, Guillaume Ahouandjinou et Tankpinnou Ezinnayé. Seul Eric Fassinou a reconnu les faits aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction et a indiqué Zinsou Ezinnayé comme étant l’auteur des faits. Quant aux nommés Tankpinnou Ezinnayé, Zinsou Ezinnayé et Fatoyé Idohou, ils ont nié les faits à toutes les étapes de la procédure.
Par arrêt n° 163/2009 du 10 août 2009, le nommé Tankpinnou Ezinnayé a bénéficié d’un non-lieu. Seuls les nommés Zinsou Ezinnayé et Eric Fassinou, Guillaume Ahouandjinou et Fatoyé Idohou sont renvoyés devant la cour d’assises.
Fatoyé Idohou poursuivi pour complicité d’assassinat serait décédé en cours de procédure. Mais l’acte devant constater le décès de l’intéressé n’a pu être produit au dossier. L’enquête de moralité des inculpés leur est défavorable.
L’expertise médico-psychologique et psychiatrique des accusés conclut qu’ils sont responsables de leurs actes.
Le bulletin n°1 du casier judiciaire des accusés ne porte mention d’aucune condamnation antérieure.

Les réquisitions du ministère public

Après la lecture des pièces, le ministère public qui a changé de main (entre temps son représentant), en la personne de Gilles Sodonon a été invité à prendre ses réquisitions. Pour lui, la cour est amenée à juger la société, car l’affaire inscrite au rôle reflète la physionomie de la société actuelle dont certains membres sont aujourd’hui, à la recherche effrénée du gain facile sans labeur. Il rappelle les faits pour dire que courant 1998-1999, les accusés entreprirent de visiter un charlatan à la recherche d’ingrédients pour devenir riche. Le guérisseur consulté, selon lui, a réclamé un crâne humain. Puis, le petit Armand Hounkonnou a été sacrifié de la manière que vous connaissez, retient-il. Les faits reprochés à Zinsou Ezinnayé tombent sous le coup de la qualification d'assassinat prévue par les articles 296 à 298 du code pénal. Ainsi, pour lui, le dessein a été longuement mûri avant le passage à l’acte.
Il est donc clair que la mort de l’enfant n’est pas naturelle, relève Gilles Sodonon.
Quant à Guillaume Ahouandjinou, explique Gilles Sodonon, il est retenu pour non dénonciation de crime prévue par l’article 62 alinéa 1er du code pénal. Pour les faits, Guillaume Ahouandjinou a sollicité Eric Fassinou pour l’amener chez le charlatan. Les deux amis avaient besoin du crâne humain pour se faire produire les ingrédients. Il était bien informé de la consommation du crime mais s’est abstenu de dénoncer cela aux autorités. C’est la peur de la mort par feu qui a fait qu’il a fini par parler, poursuit Gilles Sodonon. C’est à cause d’un élément extérieur qu’il a fini par parler, a relevé le ministère public. Guillaume Ahouandjinou est convaincu des faits de non dénonciation de crime, a souligné le ministère public. «Son casier judiciaire est vierge mais il n’a pas une bonne moralité. Comme il n’était pas en état de démence au moment des faits, il est donc accessible à la sanction pénale. Vous le retiendrez donc, dans les liens de la détention, et le condamnerez à 3 ans fermes», a-t-il requis.
«En ce qui concerne Zinsou Ezinnayé coupable des faits d’assassinat, vous le condamnerez à 20 ans de travaux forcés», a ajouté Gilles Sodonon

Plaidoiries de la défense

Et à Me Mousbaye Padonou-Aminou de répondre pour la défense de Guillaume Ahouandjinou que son client travaillait à Azowlissè. Contrairement aux réquisitions du ministère public, déclare-t-il, cet accusé avait le souci de la rentabilité. Il s’est adressé à son oncle maternel qui l’a conduit chez le charlatan. Pour la défense, il s’est débattu et avait le souci de la rentabilité, mais le diable est rentré par le besoin de fourniture d’un crâne humain. Le petit Armand Hounkonnou a été tué. «J’ai eu peur», a-t-il réagi. Il a été dépeint comme un paresseux mais ce n’était pas exact, rectifie Me Mousbaye Padonou-Aminou. «J’exerce dans une poissonnerie, aidez-moi à rendre cette activité florissante», relève l’avocat de la défense.
Ainsi, il a rappelé que le ministère public a demandé 3 ans, mais que son client a collaboré, il a déjà fait plus de 5 ans. La preuve, selon lui, est qu’il était loin mais quand il a été invité, il s’est présenté. «Il est devant vous, je souhaiterais que vous en teniez compte pour lui faire une douce application de la loi et ce serait justice», conclut-il.
A sa suite, Me Séverin Quenum a rappelé qu’« A chacun son métier et les vaches en seraient bien gardées». Pour lui, l’avocat est un auxiliaire de justice qui a pour mission de rappeler sans cesse celle-ci au respect des règles de fond et de forme établies par la loi, et de l’éclairer sur les points de droit dont dépend la sentence, de discuter les preuves produites par l’accusation. Et surtout de veiller au respect de la présomption d’innocence. C’est pourquoi, retient-il, les preuves, les allégations au soutien de l’accusation doivent être soumises à discussion même si a priori tout paraît évident.
Plaidant la même cause à côté de son aîné, Me Robert Hounkpatin a rappelé la procédure. Pour lui, à l’origine de l’affaire en jugement, une croyance aussi stupide que sordide «Le corps humain qui n’est pas dans le commerce est susceptible de procurer la fortune au moyen de pratiques occultes : le crâne humain pour réaliser la potion magique. Le petit a été distrait pour aller acheter de la glace», a-t-il confié. Ainsi Me Robert Hounkpatin a relevé des incertitudes et des doutes dans le dossier.
Sur les doutes et incertitudes, l’amitié et la fréquentation de Zinsou Ezinnayé et Eric Fassinou n’ont jamais été prouvées. De plus, la présence de Zinsou Ezinnayé sur les lieux du crime au moment des faits n’a pas été rapportée.

Un passé délictueux

En ce qui concerne les constantes, seul Eric Fassinou connaissait Fatoyé Idohou à Ikpinlè où il avait été scolarisé. De même, Eric Fassinou et Guillaume Ahouandjinou étaient des amis pour avoir en partage un passé délictueux (vol d’une somme de 500 000 F CFA). Il y a également, rappelle-t-il que Guillaume Ahouandjinou et Eric Fassinou ne sont pas des amis et ne se fréquentent pas.
De même, au jour de l’assassinat de l’enfant, et en allant informer Guillaume Ahouandjinou, Eric Fassinou n’a évoqué nulle part le nom de Zinsou Ezinnayé qui aurait été intéressé par la recette miraculeuse. En enlevant l’enfant à son jeu, Eric Fassinou était seul. Et le lieu de la découverte du cadavre (fosse septique) et celui de l’assassinat (case inhabitée) se trouvent dans le périmètre du domicile de Eric Fassinou où ont été découverts les objets mis sous-scellés. C’est au regard de ces constantes et ces incertitudes que Zinsou Ezinnayé a plaidé non coupable, par la voix de Me Séverin-Maxime Quenum.
Pour Me Séverin-Maxime Quenum, Zinsou Ezinnayé devra être acquitté au bénéfice du doute. Ce qu’il s’est évertué à montrer. En droit être pénal, dit-il, la responsabilité de la personne poursuivie doit être fondée sur le fait qu’elle a commis une faute et que la preuve de cette faute soit incontestablement établie. Donc pour Me Séverin-Maxime Quenum, la preuve de l’implication ou de la participation doit établie ou dûment rapportée. A défaut, insiste-t-il, l’acquittement s’impose.
En l’espèce, l’accusé, a été mis en cause par Eric Fassinou qui a prétendu que c’est lui qui a commis l’acte homicidaire sur la personne de l’enfant Armand Hounkonnou.
S’agissant de la déclaration d’un co-accusé, elle ne peut être tenue pour un témoignage, relève la défense. Au demeurant, elle n’est pas davantage corroborée, souligne-t-il, par un aveu de Zinsou Ezinnayé, ni par le moindre indice ou tout autre témoignage fait par des tiers. Dès lors, fait observer Me Séverin-Maxime Quenum, celui-ci mérite d’être acquitté, la preuve de son implication matérielle n’étant pas rapportée.
Au total, Me Séverin-Maxime Quenum a plaidé l’acquittement pur et simple au principal et au subsidiaire, l’acquittement au bénéfice du doute.
On est responsable que d’un fait personnel si aucun fait matériel ne se rapporte aux actes qu’il a posés, on ne peut donc le punir. Dans quel pays deux mille francs peuvent acheter le silence pour un crime pendant que les mœurs ont été aussi galvaudées ?, s’interroge la défense. En présence d’autant d’incertitudes lorsque les faits ne sont pas suffisamment établis, il y a doute et en matière criminelle, le doute profite toujours à l’accusé. En présence d’un doute, si vous condamnez, vous aurez commis une erreur judiciaire. Me Séverin-Maxime Quenum a rappelé aux jurés le texte du serment qu’ils ont prêté pour retenir qu’une décision d’acquittement s’impose. Rendez à Zinsou Ezinnayé sa liberté, acquittez-le et ce sera justice, plaide-t-il.

Le verdict de la cour

La cour revient après délibérations et déclare les nommés Zinsou Ezinnayé et Guillaume Ahouan-djinou, coupables, le premier pour homicide volontaire commis avec préméditation régi et puni par les articles 295 à 298 du code pénal et le second coupable de non dénonciation ; et les condamne respectivement à 15 ans de travaux forcés et 3 ans fermes et les condamne également aux dépens.
Guillaume Ahouandjinou est libre au prononcé de ce verdict pour avoir passé plus de trois ans en détention préventive tandis que Zinsou Ezinnayé y retourne encore pour purger quatre ans qui lui restent.
La partie civile, Paul Hounkonnou, le père du petit Armand a déclaré être sous le choc mais ne se constitue pas partie civile. La cour lui en a donné acte.

Société 03 avr. 2015


Instrument au service du développement:La Banque internationale du Bénin célèbre ses noces d’argent

2 avril 1990-2 avril 2015, cela fait exactement 25 ans que la Banque internationale du Bénin (BIBE SA) a ouvert ses portes au public. Hier jeudi 2 avril, à son siège à Cotonou, une série de manifestations a été organisée pour marquer la célébration de ses noces d’argent.

Vingt ans de vie pour la Banque internationale du Bénin (BIBE. SA). C'est un évènement qui mérite d’être célébré. A défaut du grand faste, les responsables de l’institution bancaire ont opté pour la sobriété afin de marquer l’évènement. Le sang étant le liquide le plus précieux pour vivre, cette banque a organisé une opération de don de sang au niveau de son personnel pour mieux coller à la devise «Être au service du développement».
Bien avant cela, le 26 mars dernier, son Conseil d’administration a tenu une session sous l’égide de son président Zacharie Yomètowu.
Selon le directeur général par intérim de la BIBE, Romain Boko, qui parlait au nom du président du Conseil d’administration, la banque dispose aujourd’hui d’un capital qui s’élève à 9 milliards de francs CFA entièrement libéré. Il précise que depuis son entrée en activité en avril 1990, la banque a toujours fait preuve d’un grand dynamisme sur la place financière nationale et sous-régionale. «Elle contribue activement au financement du développement et à l’accompagnement des opérateurs économique. Ses points de vente sont bien répartis sur le territoire national. Et elle propose une large gamme de produits à une clientèle diversifiée », a-t-il confié.
Parlant du fonctionnement de la BIBE, Romain Boko ajoute qu’à la suite des mesures structurelles mises en œuvre, elle est à ce jour entièrement administrée et dirigée par des cadres nationaux tant au niveau du Conseil d’administration que de la direction générale. «A l’instar des autres banques, elle est gérée comme une entreprise privée, suivant les règles de l’OHADA et de la règlementation bancaire en vigueur dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine.»
Après la pluie le beau temps !
La BIBE est une banque qui a connu ses heures de gloire au cours de la décennie 1990- 2000. Elle était classée troisième du paysage bancaire béninois et a contribue à financer de nombreuses activités de certains opérateurs économiques dans le pays, explique Théodule Gbaguidi, responsable du département des Services généraux, et l’un des cadres qui ont pris fonction au démarrage des activités de la banque en 1990. S’il reconnaît que la banque a connu des périodes difficiles, il s’empresse de rassurer que tout a été remis en ordre depuis que l’Etat béninois a pris les taureaux par les cornes pour conduire l’institution à l’étape actuelle de « transition pour sa cession».
Les difficultés de la BIBE relèvent maintenant du passé, rassure Théophile Gbaguidi. A l’endroit des clients, il rappelle que leur banque se porte bien et jouit d’une santé robuste. «Faites-nous confiance, l’espoir est permis», a-t-il conclu.
Des acquis certains

Pour le directeur général par intérim, Romain Boko, la BIBE dispose d’atouts certains pour un partenariat fructueux avec les opérateurs économiques, même les plus exigeants. Pour décliner ces atouts, il parle de la longue expérience acquise durant ses 25 ans d’activités bancaires; son fonds de commerce avec une clientèle diversifiée ; son positionnement stratégique sur le marché bancaire béninois ; sa bonne connaissance de la place financière du Bénin ; son réseau de correspondants extérieurs à travers le monde entier ; sa large gamme de produits et services performants; ses conditions de taux et de commissions très compétitives ; ses points de vente bien répartis sur le territoire national et tous fonctionnels, sans oublier la qualification et le professionnalisme de son personnel.

Société 03 avr. 2015


1551 - 1585