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Nouvelles

Commune d’Abomey-Calavi:Les travaux d’un complexe industriel et de formation lancés

Le président de la République a procédé, hier mercredi 11 mars, au lancement des travaux de construction d’un grand complexe industriel, de formation et de loisirs à Abomey-Calavi. Le projet initié par un partenaire coréen vient répondre aux défis sanitaires, d’emploi et de professionnalisation de la jeunesse.

C’est un investissement colossal qu’accueillera dans les semaines à venir la ville d’Abomey-Calavi. Hier, le président de la République a lancé les travaux de construction d’un complexe industriel et de formation, fruit d’un partenariat entre le gouvernement et l’ONG coréenne IIF, du Pasteur Ock Soo Cark. Coût global du projet: 20 milliards de francs CFA. Le complexe est prévu pour être construit sur un domaine de 10 hectares dans le secteur de la Zopa.

Il est composé d’une Ecole internationale en techniques audiovisuelles, des arts et métiers de la scène, d’une usine de fabrication des produits pharmaceutiques, d’un hôpital de référence spécialisé dans le traitement de l’ulcère de Buruli, d’une chaîne de radiodiffusion et de télévision, d’un centre des jeunes et de loisirs, et d’un terrain de sport.
Patrice Hounsou-Guèdè, maire de la commune n’a pas manqué de saluer le projet qui, selon lui, vient renforcer les nombreuses réalisations du gouvernement au profit de la commune d’Abomey-Calavi. «Il s’agit d’une véritable aubaine au service du renforcement des capacités et la professionnalisation de la jeunesse», insiste-t-il.
Les investissements dans le secteur sanitaire intéressent particulièrement Dorothée Kindé Gazard, ministre de la Santé, qui annonce que le partenaire coréen, après avoir présenté un nouveau médicament pour le traitement de l’ulcère de Buruli, a ouvert un centre itinérant de traitement de certaines pathologies.

«C’est une chance de les accueillir chez nous car la construction de l’usine de fabrication des produits pharmaceutiques et de l’hôpital contribueront à l’amélioration du système sanitaire dans notre pays», assure-t-elle.
Safiou Affo, ministre en charge de la Jeunesse et des Sports se réjouit quant à lui de la contribution du projet à la promotion des activités sportives dans la commune d’Abomey-Calavi. D’autant qu’il est envisagé la construction d’un stade de football doté de tribunes. «Ce complexe est une première en Afrique de l’Ouest. Le Bénin est le deuxième pays africain qui accueille le projet après le Kenya», vante Safiou Affo.
«C’est un investisseur pas comme les autres, car le Pasteur Ock Soo Cark a voulu contribuer non seulement au traitement de l’ulcère de Buruli mais entend investir dans la jeunesse», souligne le président de la République. Boni Yayi annonce que les travaux devront impérativement démarrer en avril prochain, le partenaire coréen s’étant engagé à vite concrétiser le projet.

Actualités 12 mars 2015


Métamorphose du sol forestier:L’eucalyptus et l’acacia loin de constituer une solution efficace

Les arbres et leurs feuilles engraissent souvent le sol. Mais il peut arriver qu’avec certaines espèces, les terres s'appauvrissent plutôt. Les palmiers remplacent les forêts primaires mais ne restaurent pas entièrement les terres dégradées. Les recherches se poursuivent et c’est ce qu’enseigne la revue "Sciences au Sud" de l’Institut de recherche pour le développement dans son numéro 76 de septembre-octobre 2014.

« Il est impossible de restaurer l’activité d’un sol forestier avec l’introduction d’eucalyptus ou d’acacias », a affirmé le chercheur Robin Duponnois de l’IRD. Voilà, indique le chercheur, des essences exotiques à la croissance rapide pourtant réputées être les arbres les plus plantés au monde. Ils jonchent les sols tropicaux et méditerranéens souvent dégradés par une déforestation ou une utilisation des terres intensives. «Dès les années 60, ils sont massivement plantés, car ils favorisent la reconstitution du couvert végétal à brève échéance, un élément clé dans la régénération des sols», souligne Robin Duponnois. De récents travaux, rapporte le journal, indiquent que ces arbres exotiques altèrent de manière significative l’activité biologique des terres, détruisant le patrimoine nécessaire à la croissance des espèces natives.
«L’équilibre microbien du sol est rompu», relève le chercheur qui précise que les eucalyptus et les acacias sélectionnent, parmi tous les micro-organismes, les plus favorables à leur propre développement. Les autres, essentiels aux espèces endémiques disparaissent. Les chercheurs démontrent ce postulat, notamment dans le parc national algérien El Kala. Ainsi, sur la base d’échantillons de terre prélevés dans différents sites du parc, ils rapportent que l’introduction de l’acacia originaire d’Australie modifie la chimie du sol, ses fonctions microbiennes et entraîne la disparition de champignons. « Nous observons en particulier la raréfaction de l’un d’entre eux, Coenococcum geophilium, connu pour sa capacité à limiter les conséquences d’un déficit hydrique sur le développement du chêne-liège, arbre emblématique du parc», explique le chercheur.

Le sol, retient-il, est un gigantesque réservoir de pathogènes. En rompant ainsi les symbioses entre les organismes du sol et les arbres endémiques, acacias et eucalyptus favorisent la prolifération de certains parasites. Mais ces arbres exotiques sont-ils résolument néfastes pour les sols ? S’ils le sont pour les terres forestières, ils offrent une seconde vie à d’autres. « Le cas des terrains miniers est probablement le plus intéressant pour l’utilisation de l’eucalyptus», propose Robin Duponnois. Ils sont chargés de métaux, plus rien ne pousse dessus, mais l’eucalyptus s’adapte sans difficulté. Son système racinaire permet de fixer les métaux au sol, retient l’IRD. De même, dans la région d’Oran (toujours en Algérie), les acacias australiens sont plantés dans les carrières de sable désertique. «Ces essences grandissent vite et se développent très bien dans ce type de sol. Des parcs sont créés et les populations locales les exploitent pour le bois de chauffe».

Les palmiers et le sol

Avec 14 millions d’hectares cultivés dans le monde, le palmier à huile est au cœur de nombreuses controverses mais quid de ses effets sur le sol ? S’il est planté au détriment de la forêt primaire, l’impact est catastrophique, répond l’agronome Jean Ollivier. La transformation de la forêt tropicale en palmeraie provoque la disparition de 85% de la biodiversité et l’activité biologique du sol est complètement modifiée. «Mais le palmier en lui-même ne dégrade pas le sol et s’adapte à tous les types de terrain que l’on rencontre dans la zone intertropicale», souligne le chercheur Christophe Jourdan.

De plus, avec son système racinaire dense, il lutte efficacement contre l’érosion. Dans les plantations actuelles, c’est plutôt la course vers un meilleur rendement de production d’huile qui pose problème». Et pour cause, avec l’application d’engrais chimiques, celui-ci peut tripler; «Il y a un risque réel de pollution des sols dans les cas où les engrais chimiques sont utilisés en excès ou au mauvais moment», relève Cécile Bessou de l’IRD.
Répondre à ce risque de dégradation des sols, tout en permettant aux planteurs d’améliorer le rendement de leur production d’huile, est aujourd’hui un enjeu majeur de la recherche agronomique.
«Nous développons dans ce sens des méthodes de recyclage des résidus organiques du palmier, après l’extraction de l’huile, en vue de limiter l’utilisation d’intrants synthétiques », explique Jean Ollivier. Ces déchets sont naturellement riches en éléments minéraux et carbone organique, composés essentiels pour préserver la qualité des sols, explique-t-il.

Environnement 12 mars 2015


Fonctionnement des institutions de la République:Vers le bouleversement du Règlement intérieur du Parlement

Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale va connaître bientôt une refonte. La procédure engagée par le président de l’Assemblée nationale à travers sa décision N°2012-13/AN/PT du 22 mars 2012 a porté ses fruits. Le Comité chargé des réformes juridiques et institutionnelles internes (CoReJI) créé à cet effet a déposé les conclusions de ses travaux qui recommandent la modification de certaines dispositions de ce Règlement intérieur. Ces recommandations ont été transformées en une proposition de résolution sur laquelle les députés auront à se pencher d’ici à là.

Vers un nouveau Règlement intérieur pour l’Assemblée nationale. Il viendra en modification du texte utilisé jusque-là et vieux de deux décennies.
En effet, l’actuel Règlement intérieur de l’Assemblée nationale datant de 1995, a rapidement montré en cours de chemin ses insuffisances. Lesquelles insuffisances ont conduit la sixième législature à engager sa relecture. C’est ainsi que par décision N°2012-13/AN/PT du 22 mars 2012, le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago a mis en place le Comité chargé des réformes juridiques et institutionnelles internes (CoReJI). Ce comité s’est vu assignée la mission de relire tous les textes qui régissent la vie de l’institution parlementaire dont le Règlement intérieur.

Le comité présidé par Isaac Fayomi, directeur des Services législatifs (DSL) de l’Assemblée nationale a déposé depuis décembre 2014 les conclusions de ses travaux. Il a parcouru le Règlement intérieur dans ses moindres détails et a procédé à la modification d’une centaine d’articles du texte. Les différentes modifications ont été versées sous forme de proposition de résolution au président de l’Assemblée nationale. Le nouveau texte modernisera toute la charpente de l’organisation et du fonctionnement dans tous ses aspects notamment législatif, administratif, financier de l’Assemblée nationale et même de la police et de la discipline à l’interne de l’institution parlementaire.

Les réformes n’ont pas occulté les organes de l’Assemblée nationale notamment le bureau, la conférence des présidents, les groupes parlementaires, les commissions permanentes. Il en est de même de la procédure législative en matière de vote de lois ordinaires d’une part et de lois spéciales d’autre part. Toutes les dispositions y relatives ont été revues et actualisées. Si la proposition de résolution arrivait à être adoptée, il ne sera pas exagéré de dire qu’on tend vers un Règlement intérieur de l’Assemblée nationale révolutionnaire.

Plusieurs réformes à la clé

La plus grande réforme retenue par le CoReJI se trouve déjà au niveau du bureau de l’Assemblée nationale. Au lieu de sept membres jusqu’ici, le comité a recommandé la création de deux nouveaux postes. Ce qui porte à un bureau de 9 membres. Ainsi en dehors des postes traditionnels de président, de premier vice-président, deuxième vice-président, premier questeur, deuxième questeur, premier secrétaire parlementaire, deuxième secrétaire parlementaire, le Comité Isaac Fayomi propose la création des postes de troisième secrétaire parlementaire et de quatrième secrétaire parlementaire. A travers cette nouvelle création, le comité a le souci de corriger les reports successifs de séances plénières pour défaut de secrétaire parlementaire dont la présence est indispensable pour la validité des décisions législatives.

Mieux, à l’article 15 nouveau, le CoReJI propose que le candidat aux fonctions de président de l’Assemblée nationale soit proposé par le bloc majoritaire. Le président est élu au scrutin uninominal secret. Aux deux premiers tours du vote, la majorité absolue des suffrages est requise. Si à l’issue du deuxième tour, le candidat n’obtient pas la majorité absolue, le groupe majoritaire propose un autre candidat qui sera soumis aux mêmes modalités d’élection, propose la résolution. Les autres membres du bureau sont élus poste par poste, dans les mêmes conditions au cours de la même séance. L’élection des deux vice-présidents, des deux questeurs et des quatre secrétaires parlementaires a lieu en tenant compte de la minorité parlementaire au sein de l’Assemblée nationale, proportionnellement à la configuration en bloc majoritaire/minoritaire.

En tout état de cause, le bloc minoritaire au sein de l’Assemblée nationale a droit au moins à un poste de vice-président, un poste de questeur et un poste de secrétaire parlementaire. Avec ces dernières dispositions, il ne serait plus question pour un camp, parce que disposant d’une majorité mécanique, de verrouiller tous les postes du bureau. La minorité a aussi voix au chapitre.

Quatre secrétaires parlementaires

Aux termes de la proposition de résolution, le président de l’Assemblée délibère sur l’irrecevabilité des projets et propositions de loi, d’amendements qui ne sont pas du domaine de la loi. Il fixe l’ordre du jour des sessions ordinaires de l’Assemblée nationale, en tenant compte des dispositions de l’article 76.2 du présent Règlement intérieur.
Quant aux vice-présidents, ils suppléent le président de l’Assemblée nationale en cas d’absence ou en cas d’empêchement de celui-ci dans l'exercice de ses attributions, et ce dans l’ordre de préséance. Ils assistent le président de l’Assemblée nationale dans l’exécution de ses fonctions. Ils sont chargés, par délégation, de tâches spécifiques notamment de suivi de la gestion administrative et des ressources humaines, suivi de la gestion financière et matérielle, suivi de la procédure législative et des activités de communication, suivi de la coopération parlementaire et du contrôle des structures sous tutelle.

Les questeurs, pour leur part, sous la haute direction et le contrôle du bureau sont chargés de la gestion financière et matérielle de l'Assemblée nationale. Aucune dépense ne peut être engagée ni ordonnancée sans leur avis préalable. En tant que tel, les questeurs sont des administrateurs de crédit, rôle qu’ils ne peuvent cumuler avec celui de payeur des dépenses. Ils préparent de concert avec les membres du Bureau, le budget de l’Assemblée nationale qu’ils rapportent devant la commission chargée des finances.
En ce qui concerne les secrétaires parlementaires, ils ont pour mission d’assister le président dans la conduite des débats. Ils inscrivent les députés qui demandent la parole, contrôlent les appels nominaux, constatent les votes à main levée ou par assis debout et dépouillent les scrutins. La rédaction du procès-verbal des séances et du compte rendu sommaire relève de leurs attributions. Ils exercent un contrôle sur les travaux de transcription des débats parlementaires. En cas d’absence de tous les secrétaires parlementaires pour diverses raisons, constatée par le président à l’ouverture de la séance, ce dernier désigne d’office un secrétaire ad’hoc pour les suppléer. Le secrétaire parlementaire ad’hoc assure ses fonctions durant toute la séance pour laquelle il a été désigné, même en cas d’apparition durant la séance d’un ou des secrétaires parlementaires titulaires, balise la proposition de résolution.

Droits et Devoirs 12 mars 2015


Accaparement des terres dans la Vallée de l'Ouémé:Amertumes et désolations des autorités traditionnelles

Peut-on disposer de tant de terres à foison et chômer ? C’est hélas la triste réalité à laquelle bien de jeunes sont confrontés dans la Vallée de l’Ouémé, dépouillés qu’ils sont de leur héritage. Une situation que déplorent bien d'autorités traditionnelles, elles aussi dépitées.

Titulaire d’un master en Biotechnologie alimentaire, option génie des procédures alimentaires et nutritionnistes, Nicolas Atchouco est le directeur général du Centre de formation Nougnon implanté à Akpadanou dans la commune d’Adjohoun. Depuis la fin de sa formation il y a quelques années, il s’est installé avec certains de ses amis pour mettre sur pied ce centre qui intervient dans des domaines comme la formation, l’agriculture, l’élevage, la transformation et bien d’autres. De par ses origines (issu d’une famille de propriétaires terriens), ce jeune entrepreneur qui a pris la résolution de travailler au développement de sa localité ne devrait avoir aucune difficulté pour son installation, nous a expliqué un de ses oncles. Mais la réalité était toute autre chose. Avant de s’installer, Nicolas Atchouco jure avoir soufflé le chaud et le froid. L’ensemble des sites éparpillés et exploités par eux couvre une superficie de 32 hectares. Mais au départ, il a fallu démarrer par une portion de 625 m² qui fait office de siège de leur organisation.

Tous interpelés

«Au début, nous étions en location. Mais avec le temps, on a essayé avec les moyens d’acheter les terres chez nos propres parents. Sur les 32 hectares, il y a 8 hectares qui sont baillés jusqu’à ce jour», explique-t-il. Une situation qui, de l’avis de son co-associé ne s’explique pas. Puisque les deux tenanciers du projet, originaires de la localité pouvaient disposer de plus d’espace et à zéro franc. Mais cela aurait pu se faire, si seulement les vastes étendues de terre dont ils sont héritiers n’avaient pas été entre temps cédées par certains et cela, surtout à vil prix. Une situation qui fait dire à Nicolas Atchouco que la question d’accaparement des terres interpelle tous. «Puisque d’ici-là, si rien n’est fait, nous risquons de ne plus avoir de terres pour travailler. Après certaines formations, si vous n’avez pas un minimum de terres, vous ne pouvez rien faire», conclut-il.
Le mal ici, c’est que les 32 hectares actuellement exploités par cette organisation auraient pu être au repos, comme de nombreuses surfaces cultivables dans la commune, alors que le besoin se fait également sentir et la nécessité d’occuper et d’exploiter ces terres se fait sentir. Cette situation désole particulièrement sa Majesté le roi Agonmèto de Dangbo, douzième successeur du fondateur du royaume de la Vallée de l’Ouémé. Pour lui, ce qui se passe n’est pas bien.

«Quand on achète des hectares, il faut les utiliser pour que notre localité se développe. C’est cela que les gens ne font pas. Ils laissent les terres au repos. On ne peut pas acheter des hectares et les laisser inexploités, on en a besoin. Si l’Etat peut prendre cela en charge avec la mairie pour que les choses marchent bien, ce serait une très bonne chose», plaide le roi. Et comme si cet appel lui avait été adressé, l’agent des collectivités locales en service à la mairie d’Adjohoun et exploitant agricole, Marouf Azonwoumon du village de Wadon dans l’arrondissement d’Adjohoun mène depuis quelques temps, une lutte implacable contre la dormance des terres. Il en a fait un combat personnel, jusqu’à ce qu’il soit devenu une sorte de «guide foncier» auquel se réfère de nombreuses personnes pour se faire entendre. Des indiscrétions révèlent même qu’il a été un acteur de premier rang dans l’actualité foncière de la commune d’Adjohoun qui a conduit certaines autorités de la localité dans les geôles. Depuis la tournure qu’ont pris ces évènements, le bouillant agent a revu son discours et ses actions à la baisse.

Cela, dit-on, du fait de ses propres ambitions politiques qu’il ne voudrait pas voir écloper du fait de son activisme. Néanmoins, ayant été de tout temps au cœur de cette lutte, il s’est laissé interviewé pour ne dire certainement que l’essentiel.
«Le phénomène d’accaparement des terres est un phénomène crucial qui prend de l’ampleur au jour le jour. Cette ampleur est néfaste parce que les terres sont là et inexploitées», déplore Marouf Azonwoumon qui y voit un risque, dès lors que des terres sont au repos et que les bras valides pour les travailler et les cultiver sont au chômage. Et si jusque-là, en dépit des émules qu’il fait ça et là dans sa localité, il n’a pu rien faire contre cela, c’est bien en raison du respect de l’ordre public, commente-t-il. «Nous avons chez nous ici des terres qu’on a pris aux terriens depuis 15 ou 20 ans, soit-disant que c’est pour le compte de certaines ONGs internationales. Mais à ce jour, nous n’avons rien vu venir et ces espaces sont devenus des auberges pour les reptiles», déplore-t-il par ailleurs.
«Dans la vallée de l’Ouémé, les exemples sont légion», fait-il observer, implorant de ce fait les pouvoirs publics et le législateur à légiférer dans ce sens, pour fixer un délai au-delà duquel il faut annuler certaines opérations foncières en cas d’inaction. «Certains sont venus dire qu’ils veulent installer de grandes entreprises. Une fois l’acte de donation signé, ils vont chercher des titres fonciers et partent pour ne plus revenir. Présentement à Agabada dans l’arrondissement d’Azowlissè, une ONG américaine est venue chercher depuis 22 ans près de 14 hectares au bord de la voie et on ne l’a plus jamais vu. Aujourd’hui, les paysans sont là dans l’espoir d’exploiter leurs terres, mais ils ne le pourront plus parce qu’ils ont été donateurs et/ou vendeurs à vil prix et des titres fonciers existent sur leurs biens. Dans ces conditions, ils ne peuvent plus agir», fait observer l’exploitant agricole qui souligne que malgré toute la bonne volonté dont ils font preuve aujourd’hui, pour aller travailler la terre. ces jadis exploitants agricoles, à défaut de se voir bailler des terres, se sont reconvertis pour la plupart dans la conduite de taxi-motos appelés «Zémidjan». En dehors du cas de Azowlissè, Marouf Azonwoumon évoque un autre, dans la localité de Gangban où, là encore, le même phénomène aurait été répété au grand dam des paysans. De nombreux autres cas existent, appuie Henri Totin de son côté.

Quel drame !

Face au mal de la terre dans la vallée de l’Ouémé, les positions ne sont toujours pas les mêmes. Pendant que les populations «abusées» se débattent, les gardiens de la tradition ont des positions mitigées. Sinon qu’en général, ils préfèrent jouer «les observateurs» et se contenter à l’instar de sa majesté le roi Agonmèto de Dangbo, de faire avec ce qui leur tombe sous la main. «Je suis ici dans mon palais sans me mêler de rien. Si l’on m’apporte des informations, je les reçois. Ou lorsque des citoyens et parfois même les autorités viennent me porter des doléances, j’apporte mon éclaircissement et mes observations».

Depuis 2010 qu’il s’est installé sur le trône du fondateur de la Vallée de l’Ouémé, le roi de Dangbo dit avoir pris la résolution de se mettre en marge du foncier pour «instaurer la discipline autour de la couronne et faire respecter la couronne dont il est le dépositaire». Il s’est, indique-t-il, voulu tellement rigoureux à ce propos, qu’il a pris la résolution lui-même de ne pas s’encombrer de soucis en allant à la recherche des terres qui auraient pu revenir à son palais. «J’aurais pu entreprendre la construction d’un nouveau palais pour sortir de la vieille bâtisse (en terre cuite) dans laquelle nous sommes ici.

Mais j’ai préféré rester fidèle à la tradition, déjà que je ne suis pas moi-même trop porté vers le matériel», a-t-il poursuivi. On pourrait même dire de lui, qu’il est aussi une victime. «Quand l’oracle m’a désigné et que j’ai quitté Sô-Ava pour m’installer ici, il n’y avait aucune parcelle qu’on m’a donnée au nom de mes aïeux. Je suis pour le développement, et j’ai eu besoin de terres à un moment donné pour la plantation de milliers de bananiers, mais il n’y avait aucune parcelle, même pas un lopin de terre pour sa Majesté dans la Vallée de l’Ouémé», déplore-t-il par ailleurs, invitant les auteurs du bradage de la terre à la sagesse.

Le regard des gardiens de la tradition

De Dangbo à Adjohoun, le regard des gardiens de la tradition ne varie vraiment pas sur la situation de la terre. Dans le village de Wadon, arrondissement d’Adjohoun, le chef traditionnel et guérisseur Dah Ayidji est tout aussi préoccupé par la situation. Mais avant, il remonte vers les temps immémoriaux pour expliquer certaines de ses manifestations.
«Le phénomène d’accaparement des terres ne date pas d’aujourd’hui. Il faut comprendre que les riches et les pauvres ne peuvent pas tenir le même langage. Un individu qui a des problèmes, peut être amené à vendre sa parcelle à vil prix. Le propriétaire terrien étant analphabète, on peut aussi le tromper au moment de faire les papiers attestant la vente de la parcelle. On peut, par exemple, mentionner sur les papiers dix hectares en lieu et place d’un hectare acheté. En plus, les terres laissées en héritage par nos grands-parents font l’objet de discorde.

Certaines ont été empruntées ou baillées à des individus qui, au décès des vrais propriétaires, s’en accaparent et estiment les avoir achetées», explique ce dignitaire des cultes endogènes. Il évoque l’un des derniers cas en date dans la localité en guise d’illustration. «Récemment, il y a eu un litige dans notre village. Les deux parties se sont retrouvées en justice. Malheureusement, devant les hommes de droit, celui qui est dans le faux estimait que le vrai propriétaire n’est pas capable d’aller montrer les bornes du domaine. Mais à sa grande surprise, le propriétaire terrien n’a pas hésité à indiquer les bornes qui datent de nombreuses années. Il a confondu son vis-à-vis. N’eut-été la parfaite connaissance de son domaine, il allait se voir dépossédé et être réduit à la misère», commente le sexagénaire. L’autre fait dont a connaissance ce chef coutumier, est la vente à des individus des domaines pris aux cultivateurs pour l’érection de services publics. Lesquels services n’ont jamais été installés, si ce n’est des domiciles privés et des entreprises personnelles.

Portion grignotée et cédée

Dans la commune d’Adjohoun par exemple, l’ex-«Pépinière» qui était un domaine affecté à l’Etat a commencé à être occupé par des particuliers. Ce qui aurait, selon son témoignage, obligé le propriétaire initial à réagir pour réclamer son dû. De même, poursuit-il, le site de l’ex-AGADEM est aujourd’hui attribué à une ONG. Le cas du domaine attribué pour l’érection d’une prison civile préoccupe également Dah Ayidji. Ceci, d’autant plus que c’est un individu de nationalité étrangère qui y a érigé son commerce. Pis, dénonce-t-il, «le site sur lequel se trouve actuellement notre centre d’agriculture appartient à une famille. Depuis quelques temps, la portion est grignotée et cédée à des privés qui effectuent déjà des travaux». Cette situation aurait déplu aux primo propriétaires et qui n’auraient d’ailleurs pas caché leur découragement. Les exemples sont légion, constate ce dignitaire. Mais alors, comment les sages de sa trempe et autres notables et dignitaires réagissent-ils souvent face à ces genres de situation ? Motus. Pour toute réponse, Dah Ayidji se défendra pour dire que ses pairs et lui ne sont pas souvent écoutés. «La politique politicienne a tout détruit. Si vous n’êtes pas du côté de ceux qui ont le pouvoir pour les amadouer, personne ne vous écoute… En tant que sage, on ne doit pas mentir. Or, la politique actuelle n’a rien de moral».
Ainsi, à ceux qui arguent que «la terre ne ment jamais», on répondra désormais que dans la vallée de l’Ouémé, elle s’écarte de la vérité et se laisse de ce fait attribuer de faux propriétaires ou qu’elle se laisse malmener selon les desiderata de «bons menteurs».

Accaparement, dispute, litige…

Quand la terre «ment» dans la vallée de l’Ouémé

On dit de la vallée de l’Ouémé qu’elle est l’une des plus riches au monde. Elle représenterait un énorme potentiel pour le développement agricole, mais n’est pas exploitée à sa juste valeur. Au nombre des causes de l'inexploitation de la vallée, la terre. Elle est au cœur de mille et une polémiques.

Des témoignages renversants, des déclarations inédites, des pleurs, des lamentations et de la tristesse… Dans certaines communes de la vallée de l’Ouémé, l’évocation du sujet «terre» suscite toutes les émotions sauf la joie. Pendant que certains s’en remettent à la providence et refusent de replonger dans ce souvenir douloureux, d’autres, ont le courage d’affronter la réalité.

Amertumes et désolation

A trente ans, Richard Totin fait partie de ces rares jeunes de la commune de Dangbo qui ont déjà eu maille à partir avec le foncier. Son histoire est semblable à la plupart de celle des autres habitants de cette commune de la vallée de l’Ouémé. Dépossédé, il l’a été, en voyant l’héritage laissé par ses arrières parents s’envoler sous ses yeux. Mais ce n’est pas là le seul drame. Son père à lui, encore en vie, et précédemment exploitant agricole, est aujourd’hui obligé de «jobber» pour survivre. Richard, lui ne s’est pas embarrassé. Pendant que son père peine pour joindre les deux bouts, il s’est résolu avec sa force juvénile à exercer de petits métiers pour subvenir à ses besoins. Aujourd’hui, il est employé par une société de distribution de pâtes alimentaires et la rémunération perçue dans ce cadre, ne lui confère pas la même aisance financière qu’il avait lorsqu’il labourait la terre aux côtés de ses frères et de son père.
«Ces terres ont toujours été à nous. Mais un jour, un de nos frères, comme à l’accoutumée y travaillait lorsqu’il s’est vu interdire l’accès sous prétexte que nous n’en sommes plus les propriétaires. On nous a fait savoir que l’Etat avait déjà pris la parcelle. Et depuis lors, rien. L’Etat n’est pas parvenu à nous recaser ailleurs. C’est un bien collectif et la partie qui revient à mon papa se trouve là», a expliqué Richard Totin.

Il a actuellement besoin de construire ne serait-ce qu’où habiter, mais il n’y arrive pas.
Pour Richard Totin, leur malheur serait moins affligeant si les superficies dont ils ont été privés, avaient tout au moins servi à des fins utilitaires. «En dehors de la CLCAM qu’on a érigé sur une partie, nous ne savons pas encore à quelles fins le reste des terres sera destiné. Il reste encore suffisamment d’espace non utilisé à ce jour que mon papa m’a déjà montré plusieurs fois», commente le jeune homme. Des victimes comme celui-ci, on en rencontre par dizaines dans la commune de Dangbo. La plupart des grandes familles de la localité ont été spoliées à un moment ou à un autre. Les exemples sont légion, disent-ils et la situation est loin de se limiter à cette commune. Sauf qu’ici, certaines familles comme Totin, l’une des plus en vue de la localité, considérée comme chef de terre depuis des lustres et éparpillées sur l’ensemble du territoire de la commune se plaignent. Le phénomène a un double visage, expliquera l’une des personnes les plus éclairées sur l’accaparement des terres dans la zone.

Un mal à multiples racines

Instituteur en fonction depuis trente ans, donc à la veille de sa retraite administrative, Bienvenu Dossa T. Zounmènou s’est fait le chantre de la lutte contre le phénomène de l’accaparement et surtout du bradage des terres. Ce combat, l’enseignant ne l’a pas engagé ex-abrupto. Victime, tout comme plusieurs membres de sa famille des affres de ces deux phénomènes, il s’est résolu à engager le combat, un peu comme pour dire stop. Pour ce qui le concerne, l’homme jure que de son vivant, le moindre centimètre carré appartenant aux siens ne tombera plus dans ces travers. Pour y arriver, le garant de la tradition qu’il est aussi, a mis à contribution le fétiche de la famille «Hinnou vodoun». C’est grâce à son aide, dit-il, qu’il livre les ultimes combats pour la préservation des terres de sa famille.

En tout cas, jure-t-il, qui s’y frotte s’y pique et c’est sans remords qu’il évoque le cas d’un des membres presque dément qui aurait cédé une part de la collectivité alors qu’il n’en avait pas le droit. Pis, celui-ci aurait commis un sacrilège pour avoir vendu un espace mitoyen au Lokovodoun de la famille. Lequel a failli même se retrouver sur la parcelle cédée, qui plus est, à des inconnus qui ne sont même pas de la localité, dit-il. En tout cas, jure-t-il, il n’y est pour rien dans le mal qui frappe ce dernier depuis la cession à vil prix de cette terre sacrée, promettant néanmoins un sort identique à tous ceux qui s’aventureraient dans de telles entreprises au niveau de la famille. Revenant sur la préoccupation relative à l’accaparement des terres, il analyse le phénomène sous deux angles.
Le premier, c’est l’ignorance d’une frange de la population, certainement avide de gain facile et encline à la paresse qui se laisse appâter et tombe facilement dans le piège de la cession à vil prix des terres qui parfois ne leur appartiennent même pas. Secundo, il voit derrière ce mal, la mauvaise foi de certains membres des collectivités qui n’ont pas le souci de la progéniture et qui semblent trop calqués sur le présent.
«Les gens ont arraché les terres à nos parents, en leur brandissant parfois des bouteilles de boissons alcoolisées. Le reste, certains cousins illettrés et ignorants ont tout bradé. Par exemple, un terrain qu’on pouvait vendre à un million de francs CFA, ils le cédaient à 140 000 FCFA», déplore-t-il. Quid des pseudo-acheteurs de ces parcelles ? A cette préoccupation, les vendeurs n’ont pas toujours la réponse. Il a fallu donc se tourner vers l’un des responsables de l’Organisation non gouvernementale Jeunesse et emplois verts pour une économie verte (ONG JEVEV). Gestionnaire de projets, spécialiste du foncier rural et président de ladite organisation, Henri Totin a fait du combat contre l’accaparement des terres, son cheval de bataille. Avec l’aide des membres de son organisation et des partenaires, il multiplie les tractations, écoute les victimes, les conseille, les appuie et les aide autant que faire se peut à ester en justice pour réclamer la réparation du dommage qui leur a été causé, ou tout au moins réparer ce qui peut l’être encore.

La lutte n'est pas aisée

Sont dans le viseur de l’ONG JEVEV, plusieurs acteurs qui se sont faits les maîtres de ce phénomène. Henri Totin évoque à ce propos, des groupes organisés, de grandes firmes, mais aussi et surtout des acteurs politiques du coin qui usent à la fois d’influence et de stratagèmes pour prendre aux agriculteurs ce bien on ne peut plus précieux, les réduisant ainsi à la misère. Mais, confesse-t-il, la lutte n’est pas souvent aisée. A côté des menaces verbales, parfois physiques, il y a souvent d’autres formes d’atteintes qui tendent à mettre à mal l’action engagée par son organisation. Au cours du troisième trimestre de l’année 2014, a-t-il conté, ses locaux ont été visités la nuit par des individus non encore identifiés qui, pour seul butin, n’ont emporté que ses ordinateurs. En réalité, ce cas de vol, loin d’être anodin, était bien ourdi puisque, commente Henri Totin, il est intervenu à un moment où des enquêtes étaient en cours dans l’une des communes de la vallée de l’Ouémé pour faire la lumière sur certaines malversations relatives au foncier. «Ceux qui sont venus me cambrioler étaient à la recherche de documents et autres preuves à faire disparaître pour éviter que la justice s’en accapare», pense-t-il.

Le triste sort de Cyprien Ananon

Toutes les histoires d’accaparement de terre dans la vallée de l’Ouémé ne se ressemblent pas. Certaines suscitent tristesse et effroi. Vendredi 16 janvier dernier, notre équipe de reportage et son guide débarquent très tôt dans l’arrondissement de Akpadanou, commune d’Adjohoun. Après un bref échange avec deux jeunes gens censés nous introduire chez notre invité, nous prenons la route. Des sentiers difficiles à emprunter, quinze minutes de marche… Nous nous retrouvons enfin dans une petite concession. La malpropreté des lieux et l’état de la vieille case en terre cuite indiquent déjà la misère qui règne en ces lieux. D’ailleurs, avant d’y être, nous avions été prévenus par notre guide qu’il s’agit d'un «vrai cas social» et qu’il fallait nous préparer à faire un geste à l’interlocuteur. Une requête à laquelle l’équipe de reportage a répondu favorablement par un don de vivres. Une fois sur les lieux, les deux jeunes neveux s’introduisent, demandent les nouvelles du «vieux» et lui annoncent la présence de visiteurs.

«Comme je vous l’avais dit hier, ils sont là pour vous écouter au sujet de la situation de nos terres», lui rappelle le plus jeune. A peine l’introduction faite, l’homme interrompt la discussion. «C’est la même ritournelle. Que changera votre démarche à ma misère ? Je souffre avec mes enfants». Puis, s’ensuivent deux minutes de silence, les yeux tournés vers le ciel. Après quoi, Cyprien Ananon nous fige tous et fond en sanglots. La situation était insoutenable. Entre consolation et supplication, certains n’ont pas réussi à contenir leurs larmes. La transition dure cinq minutes. Le temps pour lui de retrouver ses esprits. Après quoi, il engage la discussion. Mais avant, il s’est vu obligé de solliciter une permission pour jeter un œil sur un patient en consultation. En fait, Cyprien Ananon est aussi prêtre de culte, ce qui lui vaut son nom de «Hounnon Déka» de la localité de Loko Taklikon. Grand héritier, propriétaire par le passé d’un vaste domaine de dizaines d’hectares qu’il cultivait avec d’énormes superficies de palmiers à huile, il dit être réduit depuis des années à la petite case dans laquelle il vit désormais seul.

Sa femme, du moins celle qui aurait pu être avec lui l’a abandonné dans son chagrin. Et pour ce qui est des enfants, le Hounnon les aurait envoyés pour la plupart au Nigeria en apprentissage. Mais comment cela se fait-il qu’un si riche terrien en soit arrivé là ?
A cette interrogation, Cyprien Ananon dit avoir été abusé, trahi, dupé et floué par des individus à qui ses géniteurs croyaient faire du bien. «On nous a arraché beaucoup de terres ici. Ceux qui ont fait cela ne peuvent pas se lever et montrer de vrais papiers attestant qu’ils ont acheté ces terres. Ils nous ont trompés pour arracher les terres. Nous souffrons ! En fait, nous avons prêté des terres à des amis pour qu’ils cultivent. Mais par la suite, ils disent à leurs enfants que ces terres ont été achetées. Ce n’est pas bon de se moquer des gens de cette façon. C’est triste, aucun de mes enfants ne dispose d’un lopin de terre pour cultiver ou construire, alors que j’ai moi-même nagé au milieu de dizaines d’hectares s’étendant à perte de vue dans ce village», s'indigne-t-il. Mais combien d’hectares au juste ? Entre 120 et 160, indique-t-il. Interrogés plus tard sur l’étendue des superficies de leur oncle, ses deux neveux, tous des étudiants parlent d’au moins «cent hectares partagés entre plusieurs villages de la localité».

Ceux-ci fondent leur argumentaire sur le fait que leurs ascendants étaient connus pour leur générosité, de sorte que même depuis les communes environnantes, des ouvriers venaient bailler la terre auprès d’eux.
En fait, ont-ils expliqué, Cyprien Ananon est le seul rescapé d’une nombreuse famille. Plus précisément, il serait le seul vivant de sa lignée, beaucoup de ses frères ayant péri miraculeusement dans les conflits autour des superficies querellées. «Ils ont vendu toutes les terres qu’on leur a loué», dénonce-t-il. Existe-t-il encore ne serait qu’un brin d’espoir ? «Si la nature peut faire en sorte qu’un jour, je puisse récupérer une partie des terres, ce serait bien. En effet, je souffre énormément, parce que je n’ai plus rien», implore Cyprien Ananon qui conseillera par ailleurs qu’il «faut faire très attention, car terre louée signifie désormais terre vendue». «Quelques années de bail suffisent pour que certains bailleurs estiment que leur argent a généré des intérêts pour le propriétaire terrien et se réclament propriétaires du bien d'autrui», dénonce-t-il, par ailleurs. Si l’Etat peut nous aider à régler ce problème, ce serait bien.
Face à la douleur qui lui ronge les tripes, il ne manque pas d’imaginations pour contrecarrer de tels actes. Ainsi, invite-t-il par exemple les pouvoirs publics à trouver un mécanisme de sécurisation des terres, de sorte que le premier acquéreur soit doté d’un droit immuable sur sa portion de terre. Aux autres personnes qui se trouveraient dans la même situation que lui, il leur demande d'«oublier la sorcellerie pour aller défendre leurs terres».

Société 11 mars 2015


Pour avoir violé et séquestré une mineure de 7ans (2e dossier):Séraphin Levimè Ahouangnito écope de 7 ans de prison ferme

La Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou a connu de son 2e dossier, hier mardi 10 mars. Au menu, le viol et la séquestration opérés par Séraphin Levimè Ahouangnito sur la fillette x, âgée de 7 ans environ à l’époque des faits. Compte tenu de la sensibilité du dossier, la présidente de la Cour, Célestine Bakpé, a ordonné le huis clos.

Né en 1945 à Abomey, l’accusé du 2e dossier de la Cour d’assises de 2015 à la Cour d’appel de Cotonou Séraphin Levinmè Ahouangnito a aujourd’hui 70 ans. Il en avait 66 au moment des faits. Il est soupçonné d’avoir entretenu des relations sexuelles avec "sa petite fille". C’est la présidente de la Cour, Célestine Bakpé qui a expliqué les circonstances dans lesquelles l’infraction a été commise. Pour elle, dans la matinée du lundi 5 janvier 2011, dame Colette Nassara, voisine de la mère de la fillette x, âgée de 7 ans environ, envoie cette dernière lui acheter du gombo. Sur le chemin de retour, rapporte-t-elle, la petite est interpellée par le nommé Séraphin Levimè Ahouangnito qui l'a conduite dans sa chambre, où il lui aurait imposé des relations sexuelles.
Ayant mis du temps à revenir à la maison, ses parents inquiets se sont mis à la rechercher. Ce n’est qu’aux environs de 15h qu’elle est retournée à la maison et a pu raconter ce qui lui est arrivé.
Interpellée, Séraphin Levinmè Ahouangnito n’a pas reconnu les faits de viol et de séquestration mis à sa charge. Cependant, le certificat médical fait état de l’hymen traumatisé et d’une absence de virginité.
L’expertise psychologique et psychique de l’accusé ne révèle aucune anomalie.
Les débats doivent avoir été laborieux, le délinquant n’ayant pas reconnu les faits.
Le représentant du ministère public, Mardochée Kilanyossi a requis 7 ans de travaux forcés. Après examen et délibérations, la cour l’a condamné à 7 ans de prison ferme.
Mis sous mandat de dépôt le 11 janvier 2011, il vient de purger 4 ans de peine et devra retourner encore en prison pour 3 ans.
La cour qui a connu du dossier a été présidée par Célestine Bakpé. Elle était assistée de Romaric Azalou et Marie Soudé Godonou.

Société 11 mars 2015


Protection de l’enfance et de l’adolescence:Un atelier pour réfléchir sur la situation des enfants dans les médias

La situation des enfants dans les médias est au cœur d’un atelier de réflexion ouvert hier mardi 10 mars à la Maison des médias «Thomas Mégnanssan». Cette initiative de l’Association «Identité» vise à attirer l’attention des décideurs sur la publication dans les médias particulièrement sur les réseaux sociaux d’images obscènes.

La problématique de la protection des droits de l’enfant et de l’adolescent est devenue préoccupante avec l’évolution des technologies de l’information et de la communication. Dans les médias et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, on assiste à une flopée de sons, d’images et d’écrits qui ne respectent aucune stratification des cibles. Les frontières du tolérable se fragilisent davantage au point de devenir quasiment invisibles. La violence et les images obscènes se font légion et tendent à se banaliser au point de devenir un casse-tête pour les parents devant leur écran de télévision ou d’ordinateur.
En organisant un atelier de réflexion sur la question, le président de l’association Fiacre Mèdjotin voudrait attirer l’attention des pouvoirs publics, à travers les structures de régulation des médias tels que la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) et l’Autorité de régulation des communication électroniques et de la Poste (ARCEP), sur la nécessité de protéger les enfants contre les scènes de violence et des images obscènes qui inondent les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Whatsapp, etc. Une vingtaine de participants représentant diverses structures, comme le Wanep, Social watch et Plan-Bénin, prennent part à cet atelier qui vient en prélude au lancement du programme «Enfants et médias» et qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration le 6 mars dernier de la Journée internationale de la radio et de la télévision.

Après les mots de bienvenue du représentant du directeur de la Maison des médias, le président de l’Association «Identité» Fiacre Mèdjotin a regretté le fait qu’il n’y ait plus de mal à suivre avec des enfants un programme de nature obscène à la télévision et que les feuilletons, les clips, les films soient devenus de véritables occasions du renforcement de la vulnérabilité chez les enfants. S’agissant des dispositions prises et qui sont de nature à respecter et protéger l’enfance et l’adolescence, il cite le vote du Code de l’information et de la communication, le vote du Code de l’enfant qui, ironie du sort, sont intervenus en l'espace de 24h, de même que la décision N°13-004/HAAC du 31 janvier 2013 portant protection de l’enfance et de l’adolescence dans les médias. C’est dire qu’il y a un cadre légal en la matière pour agir et les pouvoirs publics devront prendre leur responsabilité.

Représentant le ministre de la Communication et des Technologies de l’Information et de la Communication, le directeur général du développement des médias Hermès Gbaguidi a mis l’accent sur l’effort des médias traditionnels dans le domaine de la protection de l’enfance et de l’adolescence, même si ces efforts sont loin des performances attendues. Selon lui, c’est sur les réseaux sociaux que le risque est plus élevé et ceci du fait que la régulation dans ce domaine est complexe parce qu’on n’arrive toujours pas à identifier les auteurs de publication d’images choquants. Il a invité les participants à une réflexion objective qui se décline en des actions concrètes au niveau des pouvoirs publics, des parents et des associations pour enrayer le phénomène.

Société 11 mars 2015


Lancement de l’année du cinquantenaire:Le Barreau béninois célèbre la maturité en avril prochain

Le Barreau du Bénin boucle 50 ans d’existence, le 20 avril prochain. En prélude à ce cinquantenaire, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, Cyrille Djikui a animé, hier mardi 10 mars, une conférence de presse en vue d’annoncer l’évènement qui, selon lui, marque l’âge d’or du Barreau du Bénin, resté depuis 1965, au cœur de maintes luttes pour le respect des droits humains. C’était dans la salle d’audience A de la Cour d’Appel de Cotonou.

Le bilan dressé, hier mardi 10 mars, par le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Cyrille Djikui est sans appel. «Le Barreau du Bénin a traversé le temps mais il est resté sans ride malgré l’épreuve du temps, toujours jaloux de son indépendance, et à l’avant-garde des combats pour le respect des droits humains», a-t-il clamé dans son propos liminaire. Face aux journalistes dans la salle d’audience A de la Cour d’appel, l’homme de droit a apprécié le parcours du Barreau du Bénin et a envisagé les projets futurs chers à cette corporation libérale. Ceci pour lancer officiellement l’année du cinquantenaire du Barreau du Bénin qui cumule 50 ans le 20 avril prochain.
Pour écrire en lettres d’or ce cinquantenaire, le Barreau entend organiser dans le cadre de cet anniversaire des contacts avec le public, des caravanes de la défense et d’assistance gratuite devant toutes les juridictions sur toute l’étendue du territoire béninois. Au niveau des mairies, des séances de sensibilisation seront organisées à l'intention des justiciables sur la place de l’avocat dans la société.
Selon Me Cyrille Djikui, le Barreau du Bénin a traversé depuis 1965, des épreuves et enregistré des victoires le long de plusieurs combats historiques et de faits et évènements immémoriaux. Il a rappelé, entre autres, l’affaire Gbikpi où le Barreau s’est mobilisé pour revendiquer l’abolition de la peine de mort. Pendant cette époque révolutionnaire, se souvient-il, la Révolution lui a imposé la toge rouge-vert. Fier encore de cette union de ces hommes en robe qui se sont positionnés en pionniers de la chute du marxisme léninisme au travers du procès du général François Kouyami, la rencontre du Bâtonnier Robert Dossou avec le chef de l’Etat pour l’expression des sensibilités politiques ayant conduit, in fine, à l’organisation de la Conférence nationale. Plus récemment, souligne le Bâtonnier, le Barreau a toujours pris position en faveur de la défense des libertés individuelles et des droits de l’Homme. Auréolé par cette détermination dont ont fait montre ses précurseurs, Me Cyrille Djikui a rendu hommage aux feus Alexandre Adandé, Justin Tomètin Ahomadégbé et François Amorin.

Des innovations d’après cinquantenaire

Comme dans une plaidoirie, le Bâtonnier Cyrille Djikui a démontré qu’il est impérieux d’améliorer l’accessibilité du ministère de l’avocat des justiciables. Et ceci passe par la mise en place de l’aide juridictionnelle et juridique. La mise en place des actes d’avocat pour une meilleure visibilité de la profession. Il a insisté par ailleurs sur le projet de réorganisation du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) et la maison de l’avocat. Et pour atteindre ces nouvelles perspectives, le Barreau envisage de renforcer les liens avec ses membres afin que désormais ce soit «un pour tous, tous pour un». Toutefois, dans le respect strict des règles déontologiques.
En somme, conclura le Bâtonnier, «jamais plus un pas sans mon avocat et l’avocat non plus ne fera plus jamais un pas sans sa robe». De dix membres à sa création, le Barreau du Bénin compte aujourd’hui près de deux cent membres. Faut-il le rappeler, l’avocat donne des consultations en matières civile, commerciale, pénale, administrative, sociale et fiscale. Il plaide sur toute l’étendue du territoire béninois et sa mission est parfois vue comme un service public de la justice.

Société 11 mars 2015


Phase complémentaire des élections consulaires à la CCIB :La campagne démarre officiellement ce jour

La campagne électorale pour la phase complémentaire des élections à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB) a été lancée, hier mardi 10 mars. C’est le président de la Commission électorale consulaire, Césaire Goundété, qui a procédé au lancement de ladite campagne dans les locaux du centre de promotion et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (CePEPE), à Cotonou.

La procédure devant conduire à l'élection des membres complémentaires de la Chambre consulaire est enclenchée. Les opérateurs économiques sont appelés à se rendre à nouveau aux urnes pour élire quinze nouveaux représentants à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB). La campagne électorale donnant le coup d’envoi de cette opération démarre officiellement ce jour à 00h. Elle s’étend sur dix jours et s’achève vendredi 20 mars prochain à minuit. Il s’agira pour les opérateurs économiques d’aller aux urnes afin de pourvoir aux quinze sièges vacants au sein de l’institution. Ces élections visent aussi la performance et le rayonnement de l’institution consulaire.

Selon les dispositions du décret n°2015-083 du 4 mars 2015 portant convocation du corps électoral et organisation de l’élection complémentaire des membres de l’Assemblée consulaire de la CCIB, et au terme de l’article 89 des statuts de l’institution, «la campagne électorale est déclarée ouverte par le président de la commission électorale consulaire. Elle dure dix jours et s’achève la veille du scrutin à zéro heure, soit vingt-quatre (24) heures avant le jour du scrutin».

Au cours de la campagne, il s’agira pour les candidats en lice «d’organiser leurs réunions électorales de sorte à convaincre les électeurs de la pertinence de leur candidature dans le respect des règles établies à cet effet», a indiqué le président de la Commission électorale consulaire, Césaire Goundété, à l’occasion du lancement de la campagne.
Il faut rappeler que le scrutin du 5 janvier 2014 a permis l’élection de 84 élus consulaires à la CCIB. Or, les statuts de ladite institution en prévoient 99. C’est pour combler ce vide que la session ordinaire de l’Assemblée consulaire du 30 mai 2014, a pris une résolution pour demander l’organisation des élections complémentaires, a-t-il souligné. Après la publication de la liste électorale le 26 janvier dernier par la Commission électorale consulaire, poursuit-il, le Conseil des ministres en sa séance du 26 février dernier, a conformément aux dispositions de l’article 88 des statuts de la CCIB, pris le décret sus cité en vue de l’organisation desdites élections prévues pour le 22 mars prochain.

Actualités 11 mars 2015


Automédication:Comment prévenir les dangers ?

Du 4 au 6 mars dernier à Cotonou, ont eu lieu les premières rencontres Nord/Sud de l’automédication et de ses déterminants. L’importance de ces rencontres consiste à prévenir les dangers liés à cette pratique qui a cours au quotidien non seulement dans les pays en développement mais aussi dans ceux industrialisés.

Prendre un médicament contre une migraine ou des maux d'estomac sans un avis médical est devenu une pratique courante. Cette pratique dénommée automédication est définie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme l’utilisation, hors prescription médicale, par des personnes pour elles-mêmes ou pour leurs proches et de leur propre initiative, de médicaments considérés comme tels avec la possibilité d’assistance et de conseils de la part des pharmaciens. Même si l’automédication est autorisée pour soigner certaines maladies, elle présente des risques très nuisibles à la santé.

Pour certains spécialistes, elle est bien utile pour soigner un rhume, des règles douloureuses, un mal de tête, des ballonnements, une constipation passagère, une légère anxiété et bien d’autres maladies. Selon l’OMS, l’automédication responsable consiste pour les patients à soigner certaines maladies grâce à des médicaments autorisés, accessibles sans ordonnance, sûrs et efficaces dans les conditions d’utilisation indiquées. Les médicaments d’automédication ont fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). ils ont un rapport bénéfice/risque favorable, au même titre que les médicaments de prescription. Ils sont donc régis par les mêmes règles de sécurité, de suivi et de dispensation. Or, si ce système présente des avantages, calme les douleurs et remet sur pied dans la plupart des cas, l'automédication peut s'avérer une pratique à risque et nuire gravement à la santé.
Du commun paracétamol aux pilules pour stopper une diarrhée, en passant par les sirops contre la toux, la prise de médicaments sans prescription médicale est une pratique courante. Reste que, si ces médicaments sont efficaces, ils sont potentiellement dangereux. Ceux qui font l’automédication, jouent donc un peu leur santé à pile ou face.

Les dangers de l’automédication

Les spécialistes de la santé font ressortir que la prise d'un médicament sans ordonnance, peut aggraver certains maux, au lieu de les soigner. En effet, «toute prescription médicale impose une réflexion sur les effets souhaités du médicament et ses effets secondaires». L'automédication est dangereuse par la méconnaissance de cet équilibre, disent-ils, avertissant qu'«un surdosage, une interaction avec un autre traitement en cours ou une pathologie annexe» peuvent faire pencher la balance du coté des effets indésirables.

Ainsi, le premier risque d'une automédication pourrait être de ne pas avoir fait le bon diagnostic et de ne pas se soigner efficacement. Des maux de tête répétitifs peuvent cacher un mal bien plus grave ; une toux traînante peut signaler des problèmes gastriques et un retard de diagnostic peut aggraver la situation.
Le second risque de cette pratique concerne les interactions.En effet, les médicaments disponibles sans ordonnance, sont des médicaments à part entière. Ils peuvent interagir avec de nombreux traitements. Par exemple, au cours d'une consultation médicale, le fait d'oublier de mentionner à votre médecin que vous avez pris certains médicaments peut provoquer un diagnostic erroné, car ceux-ci peuvent retarder certains symptômes et surtout fausser l'interprétation de résultats biologiques.

Ou encore, si vous suivez un traitement régulier, il est vivement déconseillé d'avoir recours à l'automédication. Cela pourrait provoquer des effets indésirables ou une diminution de l'efficacité du traitement. La prise d'Ibuprofène (anti-inflammatoire), par exemple, peut modifier l'efficacité de traitements contre l'hypertension artérielle. Prendre un pansement gastrique peut empêcher l'absorption d'autres médicaments. La prise d'alcool peut également modifier l'efficacité de certains médicaments et augmenter les risques d'accidents.

Comment éviter les dangers de l’automédication ?

Pour éviter les dangers, conseille l’OMS, il convient de respecter un certain nombre de règles, comme consulter son pharmacien, afin qu'il explique les indications et contre-indications d'un médicament acheté sans ordonnance. Par exemple, le paracétamol recommandé en première intention en cas de fièvre ou de mal de ventre, est toxique chez l'insuffisant hépatique; les anti-inflammatoires non-stéroïdiens sont contre-indiqués à l'insuffisant rénal et à la femme enceinte ; l'Aspirine est dangereuse pour le nourrisson en cas d'infection virale.
L'automédication a ainsi des limites du fait que les prises simultanées de médicaments contre-indiqués peuvent causer d'autres réactions menant à des hospitalisations. Cette pratique est surtout à éviter dans les cas suivants : insuffisance rénale, maladie du foie, maladie chronique avec traitement comme diabète, maladie psychiatrique et hypertension. Il faut aussi savoir que l'automédication est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes, pour celles qui allaitent et pour les bébés.
Une des conditions de réussite de l’automédication est sans conteste une bonne information du patient, tant sanitaire qu’économique. Proposer aux patients, aux pharmaciens d’officine et aux médecins une offre adaptée de médicaments d’automédication est également un enjeu important. Le développement de l’automédication doit se faire dans le respect des exigences de sécurité.

Santé 11 mars 2015


L’amélioration de la situation de la femme:Respecter les engagements pour atteindre les objectifs

Cotonou a abrité les 6 et 7 mars derniers, un forum national sur la femme. La rencontre a accouché d’importantes décisions visant pour l’essentiel, l’amélioration de la situation des femmes au Bénin.

L’analphabétisme est un phénomène qui touche 70% de femmes au Bénin. A cela, s’ajoutent des violences d’ordres physiques, morales, sexuelles, psychologiques.... Selon une étude du ministère en charge de la Famille, «69% de femmes ont subi de violence au moins une fois dans leur vie».
Pour juguler les obstacles à la promotion de la femme, le Bénin a adhéré, au plan international aux différentes conventions visant spécifiquement l’amélioration de son statut juridique. Au nombre de ces textes et lois protégeant non seulement la femme, mais aussi la fille, la plate-forme d’actions de Beijing adoptée en 1995, les Objectifs du Millénaire pour le développement en 2000, la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies au cours de la même année 2000, le Protocole de la CEDEAO de 2001 sur la démocratie et la bonne gouvernance, additionnel au Protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité, le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits de la Femme en Afrique adopté en 2003, la Déclaration solennelle des chefs d’Etat sur l’égalité entre les hommes et les femmes en 2004, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007. Les sommets et grandes conférences tenus, il y a deux décennies (Vienne 1993, Caire 1994) ont mis l’accent sur la promotion des droits de l’Homme et de la dignité des femmes et des filles puis leur pleine et égale participation à la vie de la société. La revue des vingt années de mise en œuvre des conclusions et recommandations de ces conférences a mis en relief les résultats obtenus et les défis à relever. La liste des instruments légaux que le Bénin a ratifiés n’est pas exhaustive.
Cependant, l’ensemble de ces dispositions n’ont pas infléchi de façon significative, la situation de la femme telle qu’elle se présentait avant la Conférence de Beijing, surtout dans le domaine de la prise de décisions au niveau familial et communautaire en général et dans les fonctions nominatives et électives en particulier.

Représentation des femmes

Aujourd’hui encore, « une frange non moins importante des femmes ne prend pas part ou ne participe pas à la prise de décisions par rapport à leur santé, à l’avenir de leurs enfants encore moins à la définition des politiques et programmes de développement de leur communauté », a fait remarquer le ministre en charge de la Famille, Naomie Azaria, au cours de la Journée internationale de la femme, dimanche 8 mars dernier. Au Bénin aujourd’hui, la représentation des femmes est de 15,38% dans le gouvernement. Dans les autres sphères de prise de décisions au niveau national, elles sont en dessous de 10 % de représentativité, très loin de la parité prônée ou à défaut du minimum de 33% que requièrent les systèmes de quota en vigueur, a-t-elle encore révélé. Le diagnostic scientifique du statut de la femme montre également que sa participation au gouvernement peine à atteindre la barre de 30% et elle a toujours été inférieure à 10% au niveau de la représentation nationale.
Dans le domaine politique, les engagements pris sont loin d’être respectés tant par les pouvoirs publics que par les partis politiques toute tendance confondue. Au niveau des institutions de l’Etat, la présence des femmes oscille entre zéro et 28%. La situation est encore plus critique au niveau de l’administration locale où on note la présence d’une seule femme maire sur les 77 élus, tandis que les conseillères communales et municipales représentent moins de 5% des élus.

Dénonciation

Les participants au «Forum sur la femme» ont également dénoncé le traitement réservé aux femmes dans le cadre des positionnements sur les listes pour les prochaines élections législatives d’avril 2015.
Au regard de ces paramètres, le creuset, après avoir fait un diagnostic scientifique de la situation de la femme béninoise, a identifié les mesures appropriées pour sa participation au développement. Cadre d’évaluation des stratégies et actions de promotion de la femme, le forum a été en même temps un tremplin pour son autonomisation effective au Bénin. Il s’est présenté comme une opportunité pour inventorier les nouvelles stratégies pour le renforcement de l’égalité des sexes et la mobilisation des ressources, une mobilisation politique, sociale et populaire pour l’égalité des sexes.
«Il nous semble opportun que le forum prenne en compte l’universalité de certaines conclusions et recommandations des grandes conférences des années 1990 comme l’universalité des droits humains et leur indivisibilité, l’égalité entre pays et entre individus pour l’accès aux opportunités, peu importe leur sexe, leur race, leur religion, leur croyance», a souligné le représentant résident de l’UNFPA, Koudaogo Ouédraogo, à l’ouverture des assises.

Des actions fortes en faveur des femmes

Pour corriger les inégalités liées au genre, le forum a retenu certaines actions fortes en faveur de l’amélioration de la situation de la femme. Au nombre des actions à mener, le forum recommande au gouvernement d’intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes à travers le partenariat et l’appui aux structures tant publiques que non gouvernementales qui s’investissent dans la vulgarisation des lois et la prise en charge des victimes. Il s’agira également pour l’Exécutif de mettre en place une stratégie holistique de revalorisation des travaux de soins non rémunérés des femmes, de veiller à ce que l’octroi de microcrédit permette à la femme de sortir de la pauvreté…. Il faudra déjà que pour les prochaines élections locales, communales et municipales, que les femmes soient fortement représentées aux côtés des hommes sur les listes de candidatures des partis politiques qui prétendent soutenir les actions du gouvernement.
En direction de l’Assemblée nationale, le forum recommande de faire le suivi de la mise en application par le gouvernement des textes de loi adoptés et promulgués dans le cadre de l’amélioration du statut juridique de la femme et d’organiser un séminaire parlementaire sur les différents engagements internationaux sur la promotion de la femme et du genre.
En ce qui concerne les partis politiques, il sera question, entre autres, de tenir compte des contraintes familiales et sociales de la femme dans la structuration et l’organisation interne des organes de direction et de décision ; de faire un positionnement alterné des deux sexes sur les listes de candidatures notamment pour les prochaines élections locales, communales et municipales. La question de la parité a été également discutée au cours de ces assises.
Aux femmes militantes dans les partis politiques, le forum recommande d’oser s’engager activement dans les mouvements associatifs et les partis politiques en cultivant l’esprit de tolérance, de travail en groupe, du respect du droit à la différence et de combattivité. Elles sont également appelées à œuvrer pour un renforcement continu des capacités d’actions et de leadership.
En ce qui concerne les citoyens, les assises leur ont suggéré de veiller à une éducation égalitaire des enfants sans distinction de sexe, de développer le dialogue intergénérationnel au sein des communautés et d’œuvrer pour l’autonomisation sociale.
Les Partenaires techniques et financiers doivent en ce qui les concerne, renforcer les partenariats avec les Organisations de la société civile et les chefs religieux pour la sensibilisation et la conscientisation de la population sur la question des inégalités entre homme et femme.

Synergie d’actions pour un appui solide aux femmes

Les médias aussi ont un rôle majeur à jouer dans la lutte en faveur de la situation des femmes. Ils sont appelés à un traitement égalitaire, objectif et professionnel des informations relatives aux hommes et aux femmes. Aussi, doivent-ils relayer le 8 mars comme une journée de célébration des acquis obtenus après de longues luttes par les femmes, d’identification de nouveaux défis avec des stratégies pour y faire face et non de festins inutiles.
Les droits de l’homme seront la pierre angulaire des stratégies, programmes et politiques en matière de population et de développement. Dans ce contexte, il semble nécessaire d’indiquer que tous les acteurs impliqués dans la promotion du genre, doivent travailler en synergie afin de fournir un appui solide pour les droits des femmes et des filles, l’égalité des sexes et la jouissance des droits à la santé sexuelle et reproductive.
« Le futur que nous voulons, est un monde où chaque femme et chaque fille peuvent vivre libre de toute discrimination et libérée de la peur de la violence, et peut jouir de leurs droits humains et de la dignité humaine», a insisté, le ministre en charge de la Famille, Naomie Azaria.
La mise en œuvre diligente et efficace des différentes recommandations aidera le Bénin à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé, en matière de l’épanouissement et de l’autonomisation des femmes.

Société 11 mars 2015


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