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Nouvelles

Insolite : Attention à cette vidéo montrant une sirène
  Une vidéo relayée des centaines de millier de fois, notamment sur Tik Tok, depuis le 5 avril 2022 dans de nombreux pays africains dont le Bénin, fait croire à la découverte d’une sirène, au Kenya pour les uns et en Afrique du Sud pour les autres. Voici les vérifications de l’équipe de fact-checkeurs de La Nation. Cette fillette couchée sur le dos sur une plage, avec une queue de poisson s’est révélée sur les réseaux sociaux comme une sirène découverte au Kenya. Dans la vidéo de 47 min devenue virale, on retrouve autour d’elle un groupuscule d’hommes qui s’expriment en anglais, et dont on ne voit que les pieds et une partie du visage de quelques-uns. Certains parmi la foule ont même touché la partie non humaine du corps de la fillette. La scène a été filmée tournée selon les auteurs de la publication à Muizenberg en Afrique du Sud. D’autres affirment que c’est plutôt à Ukunda au Kenya. Des recherches d’images inversées avec TineEye ont permis de retrouver plusieurs occurrences sur la période du 5 au 21 avril 2022. Des vidéos semblables ont été aussi retrouvées sur YouTube, mais surtout sur Tik Tok où la viralité a été plus constatée. La vidéo a été vue plus de 285 000 fois, partagée près de 40 000 fois et a recueilli plus de 10 000 commentaires sur le compte Tik Tok @aamircali. Contactés par La Nation, des journalistes kényans rapportent un démenti de la police. « Quelques heures après la diffusion de la nouvelle selon laquelle une sirène aurait été aperçue à Ukunda Kwale et Mombasa, les services de police kényans ont apporté un démenti. C’est un canular », confie Hesborn Etyang du média The Star News. En Afrique du Sud, le média Snopes indique avoir joint le service de la police sud-africaine à Muizenberg pour plus d’informations au sujet de la publication. Un porte-parole de ce service leur a alors déclaré qu’il n’y a « aucun rapport sur une sirène qui a été retrouvée à la plage ni sur un enfant mordu par un poisson ». L’analyse d’une version plus complète de la vidéo avec une bonne résolution laisse voir des traces de ficelles au niveau de jonction des deux parties, celle humaine et celle halieutique. Conclusion En définitive, cette vidéo ne montre pas une sirène apparue au Kenya ou en Afrique du Sud. Les indices sont favorables au montage. Actualités 17 mai 2022


Université d’Abomey-Calavi Police universitaire : un dispositif d’ordre pour les étudiants
Garantir la sécurité, la discipline au sein de l’Université d’Abomey-Calavi, telle est la mission de la Police universitaire, une institution au service des étudiants. Le couscous au menu du restaurant universitaire, plat préféré des étudiants. La gestion de la file d’attente se fait par des hommes et femmes vêtus de gilet noir, qui maintiennent l’ordre dans les rangs. Ce sont des étudiants membres actifs d’une institution dénommée Police universitaire. C’est une institution qui contribue à faire régner la sécurité sur le campus. Selon Pascal Sossa, directeur de l’institution pour cette année académique, « la Police universitaire est une institution spécialisée à caractère sécuritaire, affiliée à la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), créée par des étudiants et pour les étudiants. Portée sur les fonts baptismaux en 2000, elle a pour objectif principal de défendre les étudiants, de lutter contre l’injustice, d’assurer la discipline et la sécurité sur le campus». Elle a trois grands champs d’action. D’abord, explique le directeur, elle assure la discipline au restaurant universitaire. En effet, la Police universitaire maintient l’ordre dans les rangs et s’assure de la qualité des mets servis aux étudiants. Ensuite, elle garantit le respect du code de la route à tous les ronds-points de l’université aux heures de pointe. Enfin, l’institution permet une circulation aisée des bus universitaires. «Assurer la sécurité consiste aussi à prévenir des cas de vols, offrir des prestations de service pour la couverture d’évènements, encadrer des marches de protestation», ajoute Pascal Sossa. La Police universitaire constitue, en outre, un instrument d’intégration pour les étudiants. Certains se limitent au bénéfice de ses prestations tandis que d’autres y adhèrent. «Cette institution, pour un étudiant qui l’intègre, lui permet de nouer des relations, d’acquérir des notions de leadership et de militantisme», informe Bienvenu Adahou, étudiant et membre de la Police universitaire. L’intégration de tout étudiant à cette institution est conditionnée par des tests et formations. En dépit de la bonne volonté de la Police universitaire, elle est confrontée à certaines contraintes, dont la principale est le manque de financement. «Depuis 2016, la Police universitaire ainsi que toutes les institutions n’ont plus de subventions. Nous n’avons plus de soutien du Centre des œuvres universitaires et sociales ni du gouvernement pour organiser nos activités», déplore le directeur de la Police universitaire. Pour certains étudiants, cette institution se doit de faire des réajustements en son sein. « La Police universitaire est une très bonne institution, mais je suggérerais qu’ils fassent une remise en cause de leur modus operandi», souhaite un étudiant anonyme qui se refuse à dénoncer les anomalies qu’il dit pourtant constater. Par Mailyse DAGBA (Stag.) Education 17 mai 2022


Dr Flora Josiane Chadaré au sujet de la mangue : « C’est un fruit apprécié pour sa richesse en antioxydants »
La récolte des mangues bat son plein au Bénin et ce fruit est disponible sur presque tous les étalages. Dr Flora Josiane Chadaré, Maître de Conférences en nutrition, sciences des aliments, dévoile les valeurs nutritionnelles de ce fruit. La directrice de l’Ecole des sciences et techniques de conservation et de transformation des produits agricoles (Estctpa) revient sur les pistes de transformation et de conservation. La Nation : En quoi la mangue est-elle bonne pour la santé ? Dr Flora Josiane Chadaré : De son nom scientifique Mangifera indica L., le manguier appartient à la famille des anacardiacées. Le fruit du manguier ou la mangue est très prisé par les populations pour ses qualités organoleptiques notamment son goût et son odeur. Ses qualités nutritionnelles et plus particulièrement ses teneurs en provitamine A, en vitamine C, en minéraux et en fibres font de la mangue un produit alimentaire qu’il faut se procurer souvent. La pulpe de mangue a une valeur énergétique qui varie de 50 à 60 Kcal pour 100 g de produit frais. La mangue est surtout appréciée pour sa richesse en antioxydants dont les caroténoïdes (β-carotène, provitamine A), l’acide ascorbique et les composés phénoliques. Ces valeurs nutritionnelles pourraient varier selon les variétés. Par exemple, une étude effectuée au Burkina Faso a montré que la variété Amélie a une forte teneur en β-carotène (1752,72±41,64 μg/100 g de pulpe fraîche) et en vitamine C (58,94±1,77 mg/100 g de pulpe fraîche) alors que la variété Sensation a une forte teneur en composés phénoliques totaux. La mangue contient également des teneurs importantes en vitamines B1, B2, B6, E et d’oligo-éléments essentiels. Puisque c'est la saison, n'y a-t-il pas un risque à vouloir abuser de la consommation de ce fruit? Les études scientifiques ont montré que les composés nutritionnels et phénoliques contenus dans la mangue lui confèrent plusieurs propriétés thérapeutiques notamment préventives contre les maladies cardiovasculaires, le diabète, le stress oxydatif, grâce à leur pouvoir antioxydant. D’autres études scientifiques ont également montré que la mangue est un excellent dépuratif et est recommandée aux personnes nerveuses pour limiter l’insominie et réduire la fatigue cérébrale. Il a été scientifiquement démontré que les fibres solubles de la mangue peuvent aider à diminuer les taux de glucose sanguin. Les fibres insolubles vont, quant à elles, accélérer le transit intestinal contribuant ainsi à une digestion facile. Vu les propriétés de la mangue, notamment son potentiel à prévenir un certain nombre de maladies, un abus léger de sa consommation serait plutôt désirable, surtout que cela n’est pour le moment disponible que quelques mois dans l’année. Mais tout n’est pas consommé. Une bonne partie des mangues pourrissent et finissent dans les poubelles. Quelles sont les possibilités de transformation pour accroître sa valeur ajoutée ? Le phénomène de dégradation des fruits est normal et on devrait s’y attendre si rien n’est fait pour le contrer. Cela vient des facteurs internes et externes au fruit. En effet, les fruits frais sont des produits vivants, c’est-à-dire qui respirent. Cette respiration induit des phénomènes de variation métabolique au niveau des cellules qui se traduisent par des changements de couleur, saveur, odeur qui, au-delà d’un stade, conduisent à la dégradation de la mangue. En plus de cela, les attaques des mouches, des champignons ainsi que les chocs physiques au cours du transport après récolte favorisent aussi la détérioration de la mangue au cours de la conservation. Les possibilités existent non seulement pour la transformation mais aussi pour la conservation des fruits tels que la mangue. Quelles sont ces possibilités? La mangue peut être transformée en de nombreux produits dérivés notamment à partir de la pulpe et accessoirement à partir du noyau et de la peau. Les plus fréquents au Bénin sont souvent dérivés de la pulpe comme suit: le jus de mangue, le nectar de mangue, le sirop de mangue, les cocktails de fruits contenant de la mangue, les confitures, la mangue séchée. D’autres possibilités de transformation de la mangue sont: les conserves de mangue (issues de la pulpe de mangue), le vin de mangue (issu de la pulpe de mangue), le vinaigre de mangue (issu de la pulpe ou de la peau de mangue), l’huile (extraite du noyau de la mangue pour la savonnerie et les cosmétiques). La conservation des fruits et légumes en l’état ou les techniques post-récolte de conservation des fruits ne sont vraiment pas développées au Bénin pour le moment. Toutefois, les techniques existent et ont été prouvées scientifiquement pour ralentir sur plusieurs mois, voire plus, le mûrissement des fruits comme la mangue. Il s’agit de contrôler la température (en dessous d’un seuil donné) et de modifier le mélange de gaz qui environne les mangues dans des proportions bien définies, pour les conserver en l’état pendant plusieurs mois, de quoi les déstocker progressivement jusqu’à la saison suivante ou de les exporter en bon état. On parle d’atmosphère modifiée. Certains vendeurs n'attendent pas forcément que les fruits mûrissent. Ils font usage de produits chimiques pour accélérer le processus. Quelles sont les conséquences éventuelles sur la santé du consommateur ? Le processus de mûrissement de la mangue est un processus naturel qui se trouve accéléré par la production d’un gaz (éthylène) lors du mûrissement. L’utilisation hors norme des produits chimiques à diverses fins dont le mûrissement des fruits est à déconseiller. Il est nécessaire de faire la lumière complète sur les types de produits chimiques utilisés par les vendeurs à ces fins, les doses appliquées pour en déduire de façon précise les effets potentiellement néfastes sur la santé du consommateur. Santé 17 mai 2022


Afrique subsaharienne : Un million de décès du cancer par an d’ici 2030
Les décès liés au cancer en Afrique subsaharienne devraient presque doubler d’ici 2030. De même, selon une publication scientifique de la revue The Lancet, l’incidence devrait passer à 1,4 million de cas par an, si rien n’est fait. La courbe ne descend pas. Le risque de cancer reste préoccupant dans les pays de la sous-région. Une publication scientifique de la revue The Lancet lancée le 10 mai 2022 tire la sonnette d’alarme. Les chiffres renseignent qu’une femme sur sept risque de développer un cancer avant l’âge de 75 ans, le cancer du col de l’utérus et le cancer du sein étant la principale cause de décès par cancer. D’ici 2050, la moitié des cas mondiaux de cancer infantile devrait survenir en Afrique. Et le risque d’abandon de traitement pour le cancer du sein peut atteindre 38 % dans certains pays. Une combinaison de facteurs a été indexée par les auteurs. Il s’agit notamment des infections, les expositions aux nuisances environnementales, l’adoption croissante de modes de vie occidentalisés, une pénurie critique d’établissements de diagnostic, de traitement et de prévention. « Les maladies infectieuses (le plus souvent les maladies virales), le tabagisme, la consommation d’alcool chez les hommes, l’apport calorique quotidien élevé représentent une part importante du fardeau du cancer en Afrique subsaharienne. Par exemple, les taux d’obésité ont considérablement augmenté en raison du passage à un régime alimentaire plus occidental parallèlement à des modes de vie plus sédentaires, bondissant de 1400 % au Burkina Faso et de plus de 500 % au Ghana, au Bénin, en Éthiopie et au Togo au cours des trois dernières décennies», renseigne la publication scientifique. Une urgence de santé publique A en croire le président de la Commission des experts ayant travaillé sur le sujet, Wilfred Ngwa, les tendances projetées soulignent les coûts dévastateurs de l’inaction sur les taux d’incidence du cancer et la mortalité par cancer en Afrique subsaharienne. « Il convient de mettre davantage l’accent sur la mise en œuvre de la télémédecine et des nouvelles technologies, sur le développement et la formation du personnel en oncologie et sur la stimulation de la recherche sur le cancer. Malgré ces énormes défis, nos conclusions et recommandations soulignent que des solutions existent pour améliorer radicalement les soins contre le cancer dans la région», a-t-il souligné. Une étude distincte du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), publiée parallèlement aux travaux de la Commission va plus loin. Les cancers du sein et du col de l’utérus restent les formes les plus courantes et classés au premier rang respectivement dans 28 et 19 pays d’Afrique subsaharienne en 2020. Les chiffres dévoilés montrent que le cancer du col de l’utérus est responsable de la plupart des décès par cancer, soit 1 décès sur 100 et est la principale cause de décès par cancer chez les femmes dans 27 pays. Bien qu’il existe des variations géographiques marquées, les femmes d’Afrique subsaharienne ont un risque de près de 14 % de développer un cancer avant l’âge de 75 ans. Chez les hommes, le cancer de la prostate reste la principale cause de cancer (77 300 cas) dans 40 pays africains suivi du foie (24 700 cas) et le cancer colorectal (23 400 cas). « Les campagnes de santé publique doivent donc faire partie intégrante de tout programme efficace de lutte contre le cancer afin de sensibiliser la population aux facteurs de risque nocifs et aux habitudes saines et de dissiper les informations erronées», a dit Beatrice Wiafe Addai, coprésidente de la Commission. Des taux élevés d’abandon de traitement Nombreux sont les patients qui présentent des cancers à un stade avancé, sans oublier les taux élevés d’abandon de traitement et la méconnaissance des facteurs de risque. Les experts nationaux et internationaux du milieu universitaire et de la santé ayant travaillé sur le sujet évoquent les coûts élevés de traitement. Plus de patients meurent avant et au moment de la chirurgie en Afrique subsaharienne que dans le reste du monde. Le fait que cette zone a la plus faible disponibilité au monde d’installations pour le diagnostic et le traitement du cancer en est aussi pour beaucoup. « Dans la plupart des pays de la région, les systèmes d’orientation sont absents ou inadéquats en raison de la médiocrité des infrastructures. De plus, les pratiques de laboratoire non réglementées ont conduit à une pléthore d’erreurs de diagnostic ou de diagnostics tardifs », fait remarquer Isaac Adewole, de l’Université d’Ibadan, au Nigéria. Il ajoute que « la mise en œuvre d’un système de santé basé sur la fiscalité couplée à des modèles de prestation de services repensés avec une attention particulière aux centres de cancérologie créerait un système de santé plus intégré et plus robuste et réduirait considérablement les dépenses personnelles des patients ». Des plans nationaux de lutte contre le cancer et des technologies innovantes sont donc essentiels pour réduire le fardeau du cancer. Santé 17 mai 2022


Communes de l’Atacora : Attentes et défis de la gouvernance sous les Se
Les communes de l’Atacora, à l’instar de celles des autres départements du Bénin, font l’expérience, depuis quelques jours, des secrétaires exécutifs. Ces derniers ont des défis à relever pour l’amélioration de la gouvernance de l’administration communale dont ils ont la charge. La gestion de l’administration communale est désormais aux mains des secrétaires exécutifs. Ces cadres techniques ont des défis à relever pour booster le développement des communes dont ils ont la charge. Dans le département de l’Atacora, les populations attendent beaucoup des secrétaires exécutifs, tous conscients de l’immensité de la tâche à abattre. « Nous devons être tous des agents porteurs de développement, utiles à cet accompagnement pour la réalisation des objectifs collectifs de développement local assignés par la réforme, en l’occurrence le développement infrastructurel et l’assainissement du cadre de vie, le développement économique qui entraine la création d’emplois et la distribution de revenus, la prise en charge et la couverture des besoins des citoyens en matière de santé, de logement, de formation, d’éducation et de culture, d’aménagement et de préservation de l’environnement», a souligné Sidonie Houndonougbo, secrétaire exécutive de la commune de Toucountouna. Il s’agit d’un engagement ferme pour ces cadres de contribuer, à travers une gestion saine mais efficace, au rayonnement des communes de l’Atacora. Des communes qui commencent à sortir des rangs des villes à faibles infrastructures du fait des investissements du Programme d’action du gouvernement, notamment le projet asphaltage et les infrastructures marchandes et sportives réalisées. Les populations des communes de l’Atacora, elles, apportent leur soutien à la réforme du gouvernement. À travers des organisations de veille, on note un intérêt à aider les secrétaires exécutifs. Les acteurs de la société civile expriment leurs attentes, rappelant l’urgence pour l’atteinte des objectifs et le respect des textes qui régissent le secteur de la décentralisation. C’est ce que soutient Gaston Béhiti, président de la Dynamique civique pour une veille citoyenne (Dcvc). Il suggère la collaboration, la disponibilité et surtout le respect du couloir de chacun défini par la loi. Les attentes de la population seront comblées, précise-t-il, si les maires, les chefs de services des mairies, les cadres techniques, l’organe de supervision…assurent respectivement leurs tâches selon la loi. Actualités 17 mai 2022


Promotion et protection des droits de l’homme : Les implications de l’accréditation au statut “A” de la Cbdh
Les membres de la Commission béninoise des droits de l’Homme(Cbdh) ont présenté aux médias, hier lundi 16 mai, les implications et perspectives de l’accréditation de l’institution au statut « A » des Nations unies. C’était aussi l’occasion pour faire le bilan de 40 mois d’exercice. Il aura fallu moins de 40 mois à la Commission béninoise des droits de l’Homme (Cbdh) pour décrocher l’accréditation au statut « A » de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme. Cette performance annoncée, le 29 mars dernier, est l’expression de la reconnaissance des actions menées par l’équipe d’Isidore Clément Capo-Chichi, président de la Cbdh. «Désormais, le Bénin pourra s’asseoir à la même table que les pays dits de grande démocratie», se réjouit Emerico Adjovi, membre de la Cbdh. Pour y parvenir, plusieurs indicateurs ont été évalués. Mais ceux qui ont déclenché le processus d’évaluation sont principalement l’autonomie financière de l’institution, la possession d’un siège où les citoyens peuvent se rendre pour les plaintes, et la création des sections régionales dans une dynamique de proximité avec les potentiels plaignants, où qu’ils se trouvent sur le territoire national. Concernant ce dernier point, la Cbdh a pu ouvrir six sections, en l’occurrence à Lokossa, Abomey, Porto-Novo, Parakou, Natitingou et dans l’Atlantique grâce au projet « Advancing rights in Benin activity » financé par l’Association du barreau américain. « Notre ambition, à l’avenir, c’est de parvenir à ouvrir les autres sections dans les départements restants. A long terme, nous envisageons de couvrir toutes les 77 communes», informe Isidore Clément Capo-Chichi. Mais en attendant, cette accréditation permet à la Cbdh « de prendre la parole devant les Nations unies dans son domaine de compétence. L’expérience imminente, c’est l’Examen périodique universel (Epu) qui se tiendra en janvier 2023. A la suite du gouvernement, le président de la Cbdh interviendra devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies où siège le Bénin. L’accréditation « A », c’est aussi la preuve de l’engagement à continuer à respecter les obligations du droit international des droits de l’Homme. Mais le président de la Cbdh fait une importante clarification. L’accréditation n’est pas définitive. Elle est évaluée tous les cinq ans et le pays peut la perdre lorsque manque l’un des critères de l’accréditation. Cette précision n’enlève rien à la détermination de la Cbdh qui peut compter sur ses partenaires. Le président a d’ailleurs exprimé sa gratitude à l’Association du barreau américain, à l’Usaid et à l’ambassade des Etats-Unis qui soutiennent l’institution dans ses actions. Des lauriers, le gouvernement aussi en a reçu pour avoir « fait confiance à des hommes qu’il n’a pas choisis mais nommés ». Un bilan édifiant La présentation des implications de l’accréditation « A » était aussi l’occasion pour les membres de la Cbdh de donner un bref aperçu du bilan de leur institution. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la moisson est abondante. A l’actif de l’institution, on retient déjà la publication de deux rapports qui ont tous été présentés au président de la République puis aux députés à l’Assemblée nationale conformément à la loi 2012-36 du 15 février 2013 portant création de la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) en République du Bénin. Au titre du bilan, on note aussi l’élaboration d’une stratégie nationale de la jeunesse sur cinq ans. Dans la même dynamique de promotion et protection des droits de l’Homme, la Cbdh a mené des actions en collaboration avec les Organisations de la société civile (Osc) et les autres Organisations non gouvernementales. Face à ce bilan, les représentants des Osc, des organisations de jeunesse, de l’Usaid, de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique ont unanimement salué les résultats obtenus. De manière particulière, les partenaires techniques et financiers ont rassuré la Cbdh de la poursuite de leur soutien. Economie 17 mai 2022


Perspectives économiques 2022-2026 au Bénin : La hausse de la croissance sujette aux incertitudes
L’activité économique poursuivrait sa tendance haussière sur la période 2022-2026 au Bénin. Mais, les perspectives restent entourées d’incertitudes liées à la pandémie de Covid-19, au climat, à la demande et aux charges publiques. L’activité économique au Bénin se renforcerait en 2022, avec une croissance de 6,8 %, après 7,0 % en 2021, selon la Note de cadrage macroéconomique 2022-2026 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le document publié ce lundi par le département des Politiques économiques et de la Fiscalité intérieure (Dpe) de la Commission de l’Union projette que la croissance serait soutenue par tous les secteurs d’activité, grâce notamment à la poursuite des grands travaux d’investissement public et à une tenue satisfaisante de la campagne agricole. L’activité économique progresserait de 7,7 % en 2023, 6,9 % en 2024, 7,3 % en 2025 et 6,2 % en 2026, selon les nouvelles projections du Dpe. L’inflation continuerait d’être maîtrisée, avec un taux moyen de 1,5 % projeté sur cette période. Au niveau des finances publiques, les recettes totales du Bénin devraient progresser de 8,6 % en 2022 (après la hausse de 7,4 % enregistrée en 2021), pour s’établir à 14,1 % du produit intérieur brut (Pib), grâce à un recouvrement plus important des recettes fiscales, atténué par la baisse projetée des dons. Sur les quatre années à venir, il est attendu une mobilisation plus accrue des recettes publiques avec des recettes fiscales qui passeront de 11,0 % du Pib en 2021 à 11,3% du Pib en 2022, puis à 13,0% en 2025 et 14,1 % en 2026. Le solde global de la balance des paiements continuerait de rester excédentaire sur la période sous revue, passant de 334,0 milliards F Cfa en 2022 à 73,8 milliards en 2026. En ce qui concerne la masse monétaire, elle progresserait en moyenne de 8,0 % (soit 30,2 % du Pib), soutenue par l’augmentation des créances sur les autres secteurs (21,5 % du Pib) accordées pour soutenir l’activité économique. Maîtriser les charges Des incertitudes planent sur l’activité économique de manière globale. Les risques qui entourent les prévisions sont relatifs aux effets éventuels d’un nouveau développement de la pandémie de Covid-19 sur l’économie, aux conditions climatiques défavorables et à une faiblesse de la demande mondiale de coton, pouvant compromettre les projections de la branche Agriculture. La non maîtrise des charges, notamment celles relatives aux intérêts sur la dette publique au regard de leur progression (+25,8 %) observée en 2021 (soit 20,5 % des recettes fiscales) pourrait tirer vers le bas les indicateurs de performance économique. Le Dpe invite alors les autorités béninoises à prendre les dispositions en vue de la poursuite de la mise en œuvre des plans de riposte sanitaire, économique et sociale à la crise sanitaire de la Covid-19, des programmes de soutien à la production agricole. Il insiste également sur la maîtrise des charges et l’amélioration du niveau de recouvrement des recettes budgétaires, à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, la modernisation de l’administration fiscale et douanière, la lutte contre la fraude et la corruption. Ainsi, sur la période 2022-2026, une maîtrise des charges permettrait de diminuer les dépenses totales de 1,0 % en 2022, avec le fléchissement des subventions (-5,1 %) et des dépenses d’investissement (-2,1 %). Elles devraient augmenter en moyenne de 8,7 % sur le reste de la période. En conséquence, le déficit budgétaire diminuerait progressivement, ressortant à 4,6 % du Pib en 2022, 3,9 % en 2023, 3,0 % en 2024, 2,8 % en 2025 et 2,7 % en 2026. Quant à la dette publique, elle s’afficherait à 49,8 % du Pib en 2022, puis à 49,2 % en 2023, 48,2 % en 2024, 47,4 % en 2025 et 46,6% en 2026. Economie 17 mai 2022


Déforestation et pillage de ruches au Bénin : l’étau se resserre autour des abeilles
Les apiculteurs béninois commencent à donner de la voix, pour une meilleure protection des abeilles. Ils dénoncent la déforestation, les pillages de ruches, les mauvaises techniques de récolte de miel. En mars 2021, Chabi Yo Orou Gani, apiculteur à Kérou, à plus de 620 km de Cotonou, nous soufflait une menace qui prend de l’ampleur : le pillage des ruches. « Autrefois, les chasseurs de miel qui sont en grand nombre chez nous vont dans la brousse, coupent les bois, font le feu et récoltent le miel. Ils tuent les colonies et récupèrent le produit. A présent, ce sont les ruchers qui sont devenus les terrains de chasse », confiait ce comptable qui s’est converti en producteur de miel depuis 14 ans. Aujourd’hui, les plaintes ne sont plus seulement des incidents passagers. « Le phénomène se généralise, avec parfois les transhumants qui brûlent les ruchers. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de rejoindre la Lama », se désole Camille Tooubi, apiculteur. [caption id="attachment_81927" align="alignnone" width="325"] Daouda Adouba évoque des plaintes récurrentes liées aux pillages des ruches[/caption] La situation est telle que les faîtières en sont préoccupées. « Président de la Fédération nationale des apiculteurs du Bénin (FeNaBen), Daouda Adouba évoque des plaintes récurrentes. « Nous sommes surtout confrontés aux actes de vol, de vandalisme et à la destruction des essaims. Ce qui me fait plus mal est que si les pilleurs laissaient les abeilles pour n’emporter que le miel, ce serait bien. Ils brûlent tout », condamne le promoteur du village des abeilles situé à Koko, dans la commune de Bantè, à plus de 400 km de Cotonou. Une menace sérieuse Introduite dans sa forme moderne au Bénin vers les années 1950, l’Apiculture est aujourd’hui pratiquée par environ 5 565 personnes installées essentiellement dans les zones forestières et savanicoles, aussi bien dans la partie septentrionale que méridionale du pays. Elle s’est considérablement développée au cours des dernières années avec une production moyenne annuelle estimée à 420 tonnes. Néanmoins, de plus en plus, les apiculteurs assistent impuissants au vol et au vandalisme dans les exploitations apicoles. C’est un véritable fléau national qui détruit les exploitations et démotive les apiculteurs. Nombreux sont les producteurs de miel qui ont désormais recours à des mesures de sécurité sur les sites. Les uns positionnent des gardiens pendant la période de miellée, c’est-à-dire la période saisonnière de production du nectar butiné par les abeilles. D’autres n’hésitent pas à faire usage de pratiques mystiques pour attraper les présumés voleurs de miel. « Si le voleur y va et prend le miel, il ne va pas se retrouver et le propriétaire va l’attraper. Mais ces solutions sont insuffisantes », fait savoir Daouda Adouba qui partage son quotidien avec les abeilles depuis 37 ans. Les abeilles poussées à bout Dans les périphéries de Cotonou, les abeilles sont rares. Il faut remonter au Nord de la commune d’Abomey-Calavi, ou carrément à Zè, pour commencer par dénombrer des ruches. Les résultats du Recensement national de l’Agriculture dévoilés en janvier 2022 en disent long sur la concentration de l’activité d’apiculture dans la région septentrionale. L’Atacora se positionne en tête avec 11 707 ruches sur 25 536 sur le plan national. Suivent l’Alibori (3 791 ruches), la Donga (2 612 ruches), le Borgou (2 498 ruches), le Plateau (2 467 ruches) et les Collines (1 109 ruches). Des analyses effectuées par les spécialistes, la déforestation, les mauvaises pratiques de récolte du miel et les pillages emportent dans le silence les essaims d’abeilles, en plus de faire chuter la productivité dans les exploitations agricoles. « Ces pratiques menacent l’abeille elle-même qui est à la quête d’un habitat sûr. Face à la déforestation et aux actes de vandalisme de son habitat, l’insecte va disparaitre. Et si l’abeille disparait, l’humanité suivra », alerte Olivier Kpodékon, spécialiste en gestion des ressources naturelles. Il préconise alors la répression à travers une loi. « Il faut partir d’un cadre légal qui sécurise l’abeille et son habitat. Les troncs d’arbres constituent par exemple aussi des habitats pour les abeilles que les apiculteurs sécurisent », explique-t-il. Mais ces menaces ne sont pas connues qu’au Bénin. Profitant de la Journée mondiale des abeilles célébrée le 20 mai de chaque année, l’Onu ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. « Le nombre d’abeilles et d’autres pollinisateurs est en forte baisse dans plusieurs régions du monde en grande partie à cause de pratiques agricoles intensives, de la monoculture, du recours excessif aux produits chimiques agricoles et des températures en hausse associées au changement climatique. Ce qui a pour effets de non seulement affecter les rendements agricoles mais aussi la nutrition », s’inquiète la Fao. « Pur miel du Nord » : Attention à la tromperie ! Avec ses près de 12 000 ruches dénombrées par le Rna, l’Atacora est très vite mis en avant dans le marketing du miel au Bénin, par les revendeurs. Mais attention, tout ce qui se vend dans les rues n’est pas si pur. Les actes de vandalisme sont à prendre au sérieux en raison des risques de problèmes de santé publique liés à l’utilisation des pesticides lors des récoltes frauduleuses de miel ou de l’utilisation des bidons vides de pesticides pour la conservation et le conditionnement du miel. « Les pilleurs ont parfois recours à des insecticides pour tuer les abeilles. Ils récupèrent à la main le miel dans des bouteilles d’insecticides pour le vendre aux consommateurs qui n’en savent rien. Ces derniers sont en train d’être intoxiqués comme cela sans s’en rendre compte », dévoile Adouba Daouda. Puis il ajoute : « Ces produits issus de vol sont exposés au bord de la voie. Les voleurs, pour tromper la vigilance des consommateurs, ajoutent un échantillon d’abeilles qu’ils mettent à la surface. Il y a de cela trois ans, j’ai envoyé des échantillons de ces miels vendus aux abords des voies en France pour des analyses. La trace d’herbicide a été retrouvée dans le miel. Les consommateurs doivent s’approvisionner chez les apiculteurs indiqués pour ne pas s’intoxiquer », fait-il remarquer avant d’inviter l’Etat à mettre en place un cadre légal qui protège l’apiculture, les apiculteurs et les consommateurs contre ces pratiques qui se généralisent. De son côté, l’Etat n’est pas resté les bras croisés. Des démarches sont en cours pour garantir la qualité du miel. Ce sont d’ailleurs ces efforts qui ont permis que le miel béninois soit accepté sur le marché européen depuis 2018. Mais pour les apiculteurs, il faudra sauver les abeilles des flammes du gain facile et protéger les consommateurs béninois. Le faire, c’est aussi protéger les autres filières agricoles, puisque comme l’avoue Albert Einstein, « Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ». Environnement 17 mai 2022


Amour Raïmi Miwoto, expert certifié domotique Knx : « Nous gagnerions à intégrer la domotique dans tous les grands projets… »
Avec ses compétences qu’il fait valoir aussi bien au Bénin que dans la sous-région, Amour Raïmi Miwoto, ingénieur Télécoms et réseaux, ingénieur système de sécurité électronique et technicien qualifié maison intelligente, certifié Domotique Knx, nous explique les contours de la domotique. Il insiste sur ses avantages et son importance dans les grands projets en cours. La Nation : Que comprendre par la domotique ? Amour Raïmi Miwoto : Le terme domotique vient de la jonction de deux mots que sont: « domicile » et « automatique» et désigne globalement l’ensemble des techniques de gestion automatisée appliquées au bâtiment, d’où l’appellation anglaise Smart home, Smart buildings comme pour dire le bâtiment intelligent. La domotique opère dans un champ technique et informatique très vaste, elle allie l’électronique, l’informatique, la télécommunication et l’automatisme. Le principe étant d’intégrer au sein du réseau électrique, un circuit de commande qui combine différents types de capteurs pour une gestion automatique et intelligente du bâtiment. Elle permet de programmer la plupart des appareils et dispositifs électriques d’un bâtiment, depuis l’éclairage jusqu’aux équipements audiovisuels et électroménagers, en passant par l’ouverture des portes et fenêtres. Elle facilite également la sécurité de l’habitation en gérant les systèmes d’alarme, les préventions d’incendie, la température, la présence au sein des pièces, voire l’interaction environnementale. Elle s’applique essentiellement au réseau électrique et différents capteurs permettent de gérer automatiquement les équipements en fonction de l’état et des configurations faites. Par exemple, pour éteindre automatiquement les équipements dans une pièce inoccupée, pour fermer automatiquement les fenêtres lorsqu’il pleut, pour éteindre automatiquement la climatisation lorsque le temps est frais, ou définir des heures de fonctionnement de tout ou partie des équipements électriques. Vous avez déjà énuméré certaines fonctionnalités du système. Combien de types de domotique existe-t-il? Il faut noter que le besoin de contrôler les installations électriques d’un bâtiment s’est posé depuis bien longtemps avec pour objectif de réduire la consommation, de faciliter la gestion et d’augmenter le confort. Depuis les années 80, les technologies entrant dans le cadre de l’automatisation des bâtiments ont commencé par être élaborées et ont connu des évolutions. Nous ne parlerons donc pas véritablement de différents types de domotique mais plutôt des différentes évolutions de la technologie domotique dans le temps. Néanmoins, nous pouvons distinguer de nos jours, deux grandes familles que sont la domotique sans fil et la domotique filaire; les deux pouvant s’imbriquer dans une même installation. L’une intégrant des équipements sans fil communiquant par onde radio et la seconde avec des câbles, pour la partie circuit de commande. Depuis 1980, la technologie domotique x10 plus connue sous le nom de Cpl (Courant porteur en ligne) a vu le jour. C’est une technologie permettant de faire transporter les données sur le réseau électrique du bâtiment. Ensuite, la technologie Plcbus qui est une évolution du Cpl en corrigeant certaines insuffisances, mais toujours basée sur le même principe que le Cpl. Ont suivi les technologies « In one » qui sont des technologies propriétaires développées par des équipementiers et qui ne sont compatibles qu’avec une certaine gamme d’équipements de cette marque. Aujourd’hui, le protocole domotique qui s’impose le plus est le Knx, diminutif commercial de Konnex, qui est en fait un référentiel qui réunit plusieurs équipementiers et les fait communiquer sur un principe de communication par bus de données filaires ou en sans fil, intégrant la notion de circuit de commande composé de divers types de capteurs à faible voltage (30v) et le circuit de puissance composé des actionneurs (220V ou 380V) au sein du même réseau électrique. Knx est aujourd’hui le référentiel le plus documenté et le plus évolutif en matière de domotique. Avec tout ce que vous venez d’énumérer, quels sont les avantages de ce système? La domotique présente essentiellement trois grands avantages. Il y a d’abord l’économie substantielle de la consommation énergétique, car elle permet la réduction des coûts d’installation et d’exploitation du réseau électrique. De nos jours, l’efficacité et l’efficience énergétiques sont d’une importance croissante pour les foyers et pour l’administration. Automatiser les systèmes pour économiser l’énergie avec des produits qui consomment également moins d’énergie, tels que l’éclairage Led, apporte des avantages substantiels. Par exemple, l’éclairage, l’air conditionné ne sont alors activés qu’en cas de besoin, comme pendant les heures de travail, selon les profils horaires personnalisés, ou encore avec des systèmes de détection de présence, et de contrôle de l’environnement (ensoleillement – température ambiante – intempéries …). Il faut noter que les économies substantielles observées avec la domotique ne sont pas essentiellement dues à la limitation de la consommation par l’équipement électrique en lui-même, mais beaucoup plus à la limitation, voire l’élimination du gaspillage. Plusieurs statistiques montrent que nos consommations en énergie sont élevées non pas à cause de ce que nous consommons effectivement, mais surtout à cause de ce que nous gaspillons (les lampes non éteintes, les climatiseurs laissés en marche sans occupation, les appareils électroménagers constamment branchés …) et ce gaspillage s’observe plus lorsque l’utilisateur n’est pas le payeur direct ; ce qui se passe souvent dans nos administrations où le courant est fortement gaspillé, simplement parce que la facture n’est pas directement payée par le personnel. Le gouvernement du Bénin, depuis quelque temps, a revu les tranches horaires journalières de travail dans l’administration publique et cette décision a été motivée, entre autres, par le besoin d’économiser l’énergie. Cette mesure serait plus efficace si un système domotique était mis en œuvre dans les bâtiments administratifs de sorte à couper automatiquement les équipements gros consommateurs électriques à partir d’une certaine heure où l’administration est censée être fermée ou dans des pièces inoccupées. Cette automatisation pouvant être personnalisée bureau par bureau ou en fonction du profil de l’agent. Nous notons aussi une économie dans l’installation pour les bâtiments neufs dans la mesure où avec Knx, tous les appareils communiquent via un langage commun, indépendant du fabricant de l’appareil. Ce qui signifie moins de câbles et donc une économie sur le matériel électrique, une installation plus simple, une économie sur le temps de travail et un meilleur contrôle qui se remarque aussi dans l’exploitation du réseau électrique. Le deuxième avantage est la sécurité d’exploitation du réseau électrique. La domotique Knx par l’introduction du circuit de commande en courant faible limite les risques d’électrisation et d’électrocution, dans la mesure où la plupart des équipements en contact avec les utilisateurs sont des capteurs de courant faible moins dangereux sur l’Homme que le courant de puissance. Le contrôle actif de la charge électrique, la réduction des risques de court-circuit sont aussi assurés du fait de la séparation circuit de commande et circuit de puissance. Le troisième avantage, très commode pour les particuliers, est le confort. Avec la domotique, vous pouvez contrôler toute votre installation électrique à partir de votre smartphone, allumer ou éteindre des équipements par contrôle vocal, faire suivre vos contenus multimédias selon vos déplacements dans la maison, intégrer et suivre à distance vos systèmes de sécurité électroniques, simuler votre présence à la maison, déclencher à distance ou selon des programmations flexibles pouvant prendre en compte plusieurs paramètres, l’ouverture des accès, l’arrosage du jardin, la luminosité, etc. Ce système n’est pas très développé au Bénin. Et si cela existait, ce ne serait-il pas très coûteux ? La domotique, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, a vu le jour depuis les années 80 et a connu plusieurs évolutions. Elle est de plus en plus répandue, bien que dans ce domaine il existe une fracture entre les pays développés et ceux qui le sont moins. Les équipements domotiques sont disponibles au Bénin et dans la sous-région, des équipementiers domotiques mondialement reconnus ont des filiales en Afrique de l’Ouest notamment au Nigeria et en Côte d’Ivoire. Quelques sociétés béninoises sont des représentants agréés d’équipementiers domotiques et donc ont la facilité de rendre disponible sur notre territoire du matériel domotique de qualité, en quantité suffisante pour la demande et dans des délais acceptables. Plus la domotique se fait connaitre, plus les coûts sont accessibles. Automatiser un bâtiment par la domotique revient à l’installation, un peu plus élevé que le système électrique classique, dans l’ordre de 20 à 30 % en fonction des paramètres à contrôler. Mais le retour de cet investissement est vite fait puisqu’à l’exploitation, en fonction des programmations faites, les réductions sur la consommation énergétique peuvent aller à 30 % en moyenne pour les bâtiments domestiques et bien au-delà pour les bâtiments administratifs. N'a-t-on pas besoin de la disponibilité de l’Internet pour l’utilisation de la domotique ? Le fonctionnement de la domotique en soi n’est pas tributaire de l’Internet. La configuration et l’exploitation quotidienne de la domotique peuvent se faire dans ses avantages les plus essentiels (économie d’énergie et sécurité) sans besoin d’Internet. L’Internet intervient pour le volet programmation des conforts d’utilisation et pour la gestion à distance sur smartphone ou autres terminaux hors du réseau informatique local. Notons aussi que de plus en plus au Bénin, le niveau de la qualité de service Internet connait des améliorations appréciables. Et depuis les années 80, pourquoi la domotique n’est pas encore répandue au Bénin ? Nous ne dirons pas que la domotique n’est pas répandue, elle est bien connue et adoptée dans plusieurs pays déjà. Au Bénin, il est aisé de constater plusieurs systèmes domotiques de base déjà utilisés dans nos maisons et administrations comme le contrôle de l’allumage des lumières par détection de présence et autres. La domotique dans son fonctionnement évolué et complet, il faut le reconnaitre, n’est pas très répandue au Bénin. Cela, peut-être, parce qu’elle n’est pas encore très connue dans ses avantages à court et long termes dans toutes les installations électriques et c’est en cela que de telles interviews sont fort utiles pour démystifier la technologie, la faire accepter et adopter par les populations et nos gouvernants pour profiter des avantages compris depuis longtemps par les pays développés qui l’exploitent à grande échelle déjà. Qu’avez-vous à dire pour conclure cet entretien? C’est l’occasion de vous remercier pour cette opportunité que vous nous donnez d’apporter un peu de lumière par notre modeste connaissance, sur la domotique, cette technologie numérique qui peut efficacement participer au développement de nos pays dans un contexte où nous devons prôner l’efficience énergétique. C’est aussi l’occasion de lancer un appel à nos gouvernants pour une étude approfondie de l’impact de l’intégration de la domotique dans nos bâtiments administratifs et dans nos politiques énergétiques. Le Bénin est en pleine construction (logements sociaux, cité ministérielle, marchés modernes, grands centres commerciaux et hôtels de luxe, blocs administratifs) et nous gagnerions énormément à intégrer la domotique dans tous ces grands projets. Société 17 mai 2022


Yantannou Sarki, au sujet des pillages de ruches : « Il faut interdire la vente du miel dans les rues »
  Président de la Plateforme nationale des acteurs de la filière apicole au Bénin (Pnafa-Bénin), Yantannou Sarki dévoile des pistes pour faire face aux menaces et par ricochet protéger les consommateurs de miel au Bénin. La Nation : Quelles sont les menaces qui pèsent sur l’abeille au Bénin ? Yantannou Sarki : Je voudrais d’abord souligner que l’apiculture, c’est l’élevage des abeilles pour les services de pollinisation et les produits de la ruche. L’abeille, c’est beaucoup plus que le miel. Dans le monde, trois cultures sur quatre produisant des fruits et des semences destinés à l’alimentation humaine dépendent en partie des abeilles. Notre vie en dépend donc intimement. Mais il se fait que l’homme qui vit de l’abeille est encore son premier ennemi. Les hommes tuent sciemment les abeilles. Par exemple, les techniques de récolte de miel jusqu’à présent détruisent encore beaucoup d’abeilles. En plus, il y a la monoculture. Les abeilles ne trouvent de nourriture qu’une petite partie de l’année. Les cultures n’étant pas variées, il y a beaucoup de colonies qui meurent de faim. De par l’activité agricole, on utilise exagérément de l’insecticide. Or, ce ne sont pas tous les insectes qui sont nuisibles. Il y en a qui sont des amis des plantes comme l’abeille et les papillons. L’utilisation de l’insecticide fait donc des victimes non ciblées. Celui qui cultive le coton, la mangue, le cajou a besoin des abeilles. Mais il utilise des produits qui portent atteinte à ce transporteur gratuit de pollen. Au Bénin, on parle de plus en plus d’actes de pillage. La plateforme des apiculteurs en est-elle informée ? Nous avons constaté que depuis trois ans, il y a des individus qui nuitamment brûlent les abeilles, cassent les ruches et emportent le miel. Quand nous avons pris la résolution de monter la garde, ils ont changé de méthode. Ils viennent avec des produits phytosanitaires pour traiter les abeilles ; les tuent afin de récolter le miel pour le mettre sur le marché. Ainsi, la plupart des miels qui courent les rues sont contaminés. Les gens en seront malades et vont croire que c’est la sorcellerie. Alors qu’ils ont pris sur une longue période du miel infecté. Comment faire face aux menaces ? Il faut déjà que les apiculteurs soient eux-mêmes informés que l’abeille n’est pas utile que pour le miel mais aussi pour l’agriculture. Lorsque l’apiculteur fait savoir à l’arboriculteur qui a des plantations de mangue, de cajou, que l’abeille permet d’améliorer sa production, celui-là va comprendre qu’il sera la première victime du déclin des abeilles. Je crois qu’il ne faut pas attendre l’Etat pour sensibiliser autour de nous. L’abeille joue un rôle important pour notre sécurité alimentaire et améliore la productivité des cultures de rente. Si tous les producteurs agricoles sont informés, ils feront eux-mêmes la veille pour protéger les abeilles. Maintenant, à notre niveau, nous devons nous former et améliorer le dispositif des ruchers. Il faut des ruchers modernisés. Si nous sommes d’accord qu’il faut faire des poulaillers pour des poulets de chair, il faut le faire aussi pour les abeilles. L’apiculteur doit construire son rucher. Nous devons nous demander aussi si nous contribuons aux recettes de l’Etat. Raison pour laquelle, la plateforme travaille à ce que chaque apiculteur se formalise, déclare son exploitation et paye les taxes de développement local. Une fois la formalisation faite, il faut taper du poing sur la table et interdire la vente du miel dans les rues. Le miel en vente doit être dans des contenants portant l’autorisation de l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (Abssa). Dans ce cas, il ne sera plus question que des gens qui n’ont pas de ruche vendent le miel. La sensibilisation doit aussi aller à l’endroit des consommateurs pour qu’ils comprennent les risques qu’ils courent. Aujourd’hui, nous avons tué toutes les abeilles sauvages. Nous n’avons pour la plupart que des abeilles domestiques, qui ont des propriétaires. Alors, si vous achetez du miel chez celui qui n’est pas un apiculteur, vous payez la mort. On ne doit plus vendre du miel sans une marque autorisée. Ainsi, on sait d’où ça vient et s’il y a un problème, c’est le miel de cet apiculteur et non le miel béninois. Environnement 17 mai 2022


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