La Nation Bénin...



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Nouvelles

Après l’élection du bureau de l’Assemblée nationale : Mieux connaître les attributions du président

Dans le système démocratique qui se veut de séparation des pouvoirs, l’Assemblée nationale est le siège du pouvoir législatif. Et, dans le contexte béninois son président est le deuxième personnage de l’Etat. Aux termes de la Constitution du 11 décembre 1990, quelles sont ses attributions ? L’actualité de l’élection, hier mercredi 20 mai à l’aube, du bureau du parlement, invite à revisiter les textes pour mieux les appréhender.

Le président de l’Assemblée nationale et le bureau qui l’assiste sont élus pour la durée de la législature, c’est-à-dire pour quatre ans (article 82 de la Constitution de 11 décembre 1990). Ce président est tenu de rendre compte à l’Assemblée de sa gestion et de ses activités, et de lui fournir toutes explications qui lui seront demandées (article 84). Ce qui explique les rapports d’activités que le président soumet, par semestre, à l’appréciation de ses pairs. Dans ce cadre, le droit est reconnu à tout député de lui adresser des questions écrites ou orales. De plus, l’Assemblée nationale a la latitude de constituer une commission d’enquête chargée de lui faire un rapport circonstancié sur la base duquel elle peut, à la majorité qualifiée des 2/3 de ses membres, demander sa démission. Le cas échéant et si ce quorum est atteint, le président de l’Assemblée nationale est automatiquement démis de ses fonctions (article 84). C’est ce président qui, selon les dispositions de l’article 88, convoque l’Assemblée nationale en sessions, celles extraordinaires ayant lieu à la demande du président de la République ou de la majorité absolue des députés.
Par ailleurs, le président de l’Assemblée nationale, en tant que deuxième personnage de l’Etat dans l’ordre de préséance, est appelé à assumer les fonctions de président intérimaire de la République en cas de vacance pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif. Pour ce faire, l’Assemblée se réunit pour statuer sur le cas à la majorité absolue de ses membres. C’est alors que le président de l’Assemblée nationale saisit la Cour constitutionnelle qui constate et déclare la vacance de la présidence de la République. Dès lors, les fonctions de président de la République sont exercées par le titulaire du perchoir (article 50). Cependant, la Constitution fixe des restrictions à ces prérogatives exceptionnelles. Ainsi, il ne peut procéder à la nomination d’un gouvernement (article 54 alinéa 3), ne peut prendre l’initiative d’un référendum (article 58). Il s’agit probablement ici d’éviter qu’un président de la République intérimaire fasse un usage opportuniste de cet outil, en essayant par exemple de se donner un bonus voire de se convertir en président de plein exercice. De même, il ne peut faire usage du droit de grâce (article 60), ne peut déclarer la guerre (article 101), ni prendre l’initiative d’une révision constitutionnelle. Ces restrictions tiennent en partie de la volonté du constituant de 1990 d’éviter une instrumentalisation des textes par le président de la République intérimaire, autant qu’à la durée assez courte de l’intérim qui ne permet pas d’envisager, a priori, qu’il puisse prendre des initiatives ou décisions d’envergure.

Autres prérogatives…

En effet, suivant l’article 50 alinéa 2, l’élection du nouveau président de la République, faisant suite à une vacance, le scrutin a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus après la déclaration du caractère définitif de la vacance.
En tant que deuxième personnage de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale doit être consulté par le président de la République avant nomination en Conseil des ministres du président de la Cour suprême, du président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) et du grand chancelier de l’Ordre national (article 56). C’est lui qui, au nom de l’Assemblée nationale, transmet au président de la République, les lois votées par le Parlement aux fins de promulgation. Lesquelles, si elles font l’objet d’une demande en seconde lecture et sont votées à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale, doivent être promulguées par le président de la République. Faute pour lui de faire, le président de l’Assemblée nationale saisit la Cour constitutionnelle qui déclare ces lois exécutoires dès lors qu’elles sont conformes à la Constitution (article 57).
En outre, le président de l’Assemblée nationale, tout comme celui de la Cour constitutionnelle, doit être consulté par le président de la République avant la prise de toute initiative de référendum sur toute question relative à la promotion et au renforcement des droits de l’Homme, à l’intégration sous-régionale ou régionale et à l’organisation des pouvoirs publics. Ce même président de la République a l’obligation de fournir une réponse à l’Assemblée nationale, dans un délai de trente jours, lorsqu’il est interpellé relativement à l’activité gouvernementale. S’il se dérobe, il est auteur d’un outrage à l’Assemblée nationale, ce que le président du Parlement a l’obligation de dénoncer à la Cour constitutionnelle. De même, le président de l’Assemblée peut prononcer l’irrecevabilité de propositions, de projets ou d’amendements qui ne sont pas du domaine de la loi. Il peut saisir la Cour constitutionnelle en cas de conflit avec le gouvernement sur l’irrecevabilité de ces propositions, projets ou amendements

Droits et Devoirs 21 mai 2015


Communales, municipales et locales: La décision de la Cour constitutionnelle qui fixe la date du 28 juin

La Cour constitutionnelle,

Saisie d’une requête du 13 mai 2015 enregistrée à son secrétariat le 15 mai 2015 sous le numéro 1064/124/REC, par laquelle monsieur Emmanuel Tiando, président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), soumet à la Haute juridiction une « proposition de report de la date des élections des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou quartiers de ville» ;

Vu la Constitution du 11 décembre 1990 ;
Vu la loi n° 91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour constitutionnelle modifiée par la loi du 31 mai 2001 ;
Vu le règlement intérieur de la Cour constitutionnelle ;
Ensemble les pièces du dossier ;
Ouï madame Marcelline-C. Gbèha Afouda en son rapport ;
Après en avoir délibéré,

Contenu du recours

Considérant que le requérant expose : «… Le 09 janvier 2015, votre haute juridiction a, entre autres, par décision DCC 15-001, fixé la date des élections municipales, communales et locales au 31 mai 2015.
En application de cette décision et conformément à l'article 436 de la loi n° 2013-06 portant code électoral en République du Bénin, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a lancé, du 30 mars au 05 avril 2015, le dépôt des dossiers de déclaration de candidatures pour l'élection des membres des conseils communaux et municipaux d'une part et, du 05 au 09 avril 2015, pour l'élection des membres des conseils de village et de quartiers de ville d'autre part. Cette période a coïncidé avec l'organisation des élections législatives.
Après réception des différents dossiers de candidature, la CENA est actuellement confrontée à certaines contraintes opérationnelles liées aux spécificités de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou de quartiers de ville» ; qu’il explique:
« 1- Plusieurs listes de partis ou d'alliances de partis ont déposé des candidatures dans les 546 circonscriptions électorales en ce qui concerne l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux … et dans les 5290 circonscriptions électorales en ce qui concerne l'élection des membres des conseils de village ou de quartiers de ville. L'examen au fond de tous ces dossiers requiert un délai conséquent dans lequel il est difficile pour la CENA d'organiser le scrutin à la date du 31 mai 2015.
2- Outre le délai nécessaire au traitement et à l'examen des dossiers de candidature reçus, la conception et l'impression des documents électoraux spécifiques à chaque circonscription électorale requiert un temps qui ne permet pas à la CENA d'organiser les élections sus-citées à la date du 31 mai 2015 fixée.
3- Compte tenu des irrégularités et dysfonctionnements notés dans la distribution des cartes d'électeur sur toute l'étendue du territoire national et conformément aux dispositions de l'article 183 de la loi n°2013-06 portant code électoral en République du Bénin, la CENA devra organiser sur huit (08) jours une nouvelle distribution des cartes d'électeur.
4- Le recrutement, la formation et la nomination des 91.742 agents de postes de vote nécessitent un temps conséquent vu, d'une part, qu'il s'agit ici d'élections couplées, d'autre part, en raison des dispositions pratiques à prendre pour limiter les nombreuses irrégularités relevées par la Cour constitutionnelle dans le cadre de l'examen de la régularité du déroulement des élections législatives du 26 avril 2015.
5- Le démarrage de l'examen national du Certificat d'études primaires (CEP) à partir du 02 juin 2015 nécessite, conformément à l'usage, au moins deux jours de préparation des centres et salles de composition qui sont pour la plupart retenus comme des centres et postes de vote. Pendant ces 02 jours, l'accès aux salles de classe est interdit au public ainsi qu'aux candidats. Cette période coïncide avec le 31 mai 2015 prévu pour les scrutins.» ;
Considérant qu’il poursuit : «Face à toutes ces contraintes, la CENA se trouve dans l'impossibilité opérationnelle d'organiser l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou quartiers de ville pour le 31 mai 2015. C'est pourquoi elle a initié la consultation de toutes les forces politiques engagées dans les élections concernées. Ainsi, une première rencontre a eu lieu le lundi 11 mai 2015 à la salle de conférences de la CENA. Au terme des échanges qui ont eu lieu lors de cette rencontre, les partis et alliances de partis engagés dans les élections concernées ont souhaité une seconde rencontre pour le mercredi 13 mai, afin qu'ils puissent procéder à des échanges au sein de leur formation politique respective.
Ce mercredi 13 mai 2015 a eu lieu la seconde séance dans la même salle. Au terme des échanges …, il s'est dégagé un large consensus sur le report des scrutins du 31 mai 2015 pour au plus tard fin juin 2015.
Réunis en séance plénière ce 13 mai 2015 suite à la rencontre avec les partis et alliances de partis politiques, les membres de la CENA ont décidé de tout mettre en œuvre pour organiser l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou quartiers de ville pour le 28 juin 2015. » ; qu’il conclut : «En conséquence, conformément à l'article 114 de la Constitution de la République du Bénin qui dispose que la Cour constitutionnelle"... est l'organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l'activité des pouvoirs publics", je sollicite qu'il plaise à la Haute juridiction:
1- de prendre en considération les difficultés techniques et matérielles auxquelles la CENA est confrontée;
2- de tenir compte du consensus intervenu entre la CENA et les partis ou alliances de partis politiques engagés dans le processus électoral;
3- d'accepter la proposition de report de la date de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou de quartiers de ville pour le 28 juin 2015 proposé par la CENA ;
4- de demander au président de la République de convoquer à nouveau le corps électoral. » ;
Considérant que monsieur le président de la CENA a joint à sa requête une copie du compte rendu de la séance de travail tenue avec les représentants des partis et alliances de partis politiques qui indique que : «La Commission électorale nationale autonome (CENA) a tenu le lundi 11 mai 2015 au siège de l'institution une réunion de concertation avec les partis et alliances de partis politiques, sur la tenue, le 31 mai 2015, de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et de l'élection des membres des conseils de village ou de quartiers de ville.
Ladite réunion a pour objectif d'examiner avec les partis politiques, les conditions d'une bonne organisation des élections communales, municipales et locales de 2015, mais surtout, d'expliquer à ces derniers les difficultés qu'éprouve la CENA dans la préparation desdites élections.
Tous les partis invités étaient représentés à ladite réunion. Seule l'alliance ABT n'était pas représentée le lundi 11 mai 2015.
Etaient présents, les chefs ou représentants des partis ou alliances ci-après: PRD, UB, RB-RP, PEU, CR, ALLIANCE CAMELEON, UN, PSED, FARRE, UDC-NOUNAGNON, PRAD, ALLIANCE-SOLEIL, FCBE, MECCA, RESOATAO, CAP-SURU, FDU, AND, RDR, UFEDD BENIN NOUVEAU, UDD-WOLOGUEDE.
Au début de la séance, le président de la CENA a expliqué les contraintes auxquelles se trouve actuellement confrontée son institution dans l'organisation de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et de l'élection des membres des conseils de village ou de quartiers de ville du 31 mai 2015. Ces contraintes sont d’ordre opérationnel et exogène.

*Les contraintes d’ordre opérationnel

… le président de la CENA a expliqué les spécificités de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et celles de l'élection des membres des conseils de villages ou de quartiers de ville. Il s'agit de :
- deux élections concernant des circonscriptions électorales différentes (arrondissement pour les membres des conseils communaux et village ou quartier pour les membres des conseils de villages ou de quartiers), qui seront couplées, avec des bulletins uniques différents;
- délai de traitement des dossiers de candidature (546 arrondissements et 5290 villages / quartiers de ville) et de leur publication;
- délai de conception et d'impression des documents électoraux spécifiques à chaque circonscription électorale (546 documents pour les arrondissements et 5290 documents pour les villages ou quartiers de ville) ;
- prise en compte du délai de distribution complémentaire des cartes d'électeur;
- recrutement, formation et nomination de 28.000 agents de postes de vote complémentaires;
- délai de commande et de livraison des documents électoraux.

*Les contraintes exogènes

Ces contraintes concernent notamment le chevauchement du calendrier électoral et du calendrier des examens scolaires, entrainant l'indisponibilité des établissements scolaires utilisés comme centres de vote.
Au regard de toutes ces difficultés, la CENA est dans l'incapacité technique d'organiser des élections couplées à la date du 31 mai 2015. Elle a donc proposé un report de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et de l'élection des membres des conseils de villages ou de quartiers de ville à une date consensuelle.
Après un long débat sur la question, les responsables des partis et alliances de partis politiques ont demandé un report de la réunion au mercredi 13 mai 2015, en vue de leur permettre de se retirer et d'aller se concerter pour revenir avec des propositions concrètes.
La réunion a donc été suspendue puis reprise le mercredi 13 mai 2015. A la reprise…, le mercredi 13 mai 2015, le président de la CENA a rappelé le sujet et laissé la parole aux responsables des partis et alliances de partis pour faire connaître à l'assistance, les résultats de leurs concertations.
Tous ont été unanimes pour reconnaître que la demande de report de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et de l'élection des membres des conseils de villages ou de quartiers de ville formulée par la CENA est pertinente et fondée. Face à cette situation, trois possibilités de report de dates ont été proposées par les différents participants à la réunion:
• report de quinze jours, soit mi-juin;
• report d'un mois, soit fin juin;
• report d'un mois et demi, soit mi-juillet.
A l'issue des débats, les participants ont, de manière consensuelle, retenu la période de mi-juin à fin juin pour l'organisation desdites élections. Les partis ou alliances de partis ont demandé à la CENA de publier la liste de tous les partis ou alliances de partis politiques ayant déposé des dossiers de candidature auxdites élections et de ne plus recevoir d'autres dossiers. Ladite liste devra être publiée par la CENA le lundi 18 mai 2015 au plus tard» ;

Analyse du recours

Considérant qu’aux termes de l’article 114 de la Constitution, la Cour est «l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics.» ;
Considérant que dans le but de réguler les activités du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI) et en vue de parvenir à l’organisation effective des élections législatives, puis des élections communales, municipales et locales en 2015, la Haute juridiction, en vertu de l’article 114 de la Constitution faisant d’elle l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, a, par sa décision DCC 15-001 du 09 janvier 2015, dit et jugé d’une part, que la durée du mandat des députés étant de quatre ans ainsi que le prescrit l’article 80 de la Constitution et le prochain Parlement devant être impérativement installé le 16 mai 2015, le corps électoral doit être convoqué le 14 février 2015 pour les élections législatives, d’autre part, que «la CENA ne peut organiser valablement les élections municipale, communale et locale qu’après les élections législatives du 26 avril 2015 ; que pour la transparence et la fiabilité desdites élections, il faut un délai de trente (30) jours au moins entre les élections législatives et la tenue des élections municipale, communale et locale ; qu’en conséquence,…les élections municipale, communale et locale doivent pouvoir se tenir le 31 mai 2015, le corps électoral devant être convoqué par le président de la République par décret pris en conseil des ministres le 03 mars au plus tard»; que suite à cette décision, le président de la République a, par le décret n° 2015-070 du 12 février 2015, convoqué aux urnes le 31 mai 2015 le corps électoral pour l’élection des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou de quartiers de ville (3e mandature) ;

Considérant que dans sa requête, monsieur Emmanuel Tiando, président de la CENA, affirme que la CENA est actuellement confrontée à certaines contraintes opérationnelles liées aux spécificités de l'élection des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou de quartiers de ville ; qu’il fait état de plusieurs difficultés rendant hypothétique la tenue des élections à la date initialement fixée et sollicite en conséquence de la Cour d’autoriser le report de la date du 31 mai 2015 au 28 juin 2015 ;
Considérant qu’en déterminant, comme elle l’a fait, dans sa décision DCC 15-001 du 09 janvier 2015 les dates des élections, la Haute juridiction a entendu d’une part, faire respecter les délais constitutionnels prévus pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale, d’autre part, répondre à l’impérieuse nécessité d’encadrer la tenue des élections locales dans un délai précis, eu égard aux tensions et troubles à l’ordre public que risquait d’exacerber la persistance de l’incertitude sur la date des élections locales ; que s’il est vrai que la date fixée pour les élections législatives doit être considérée comme immuable, parce qu’induite de la Constitution, en revanche, celle retenue dans ces conditions pour l’élection des membres des conseils communaux ou municipaux et l'élection des membres des conseils de village ou de quartiers de ville pourrait, le cas échéant, être revue en tenant compte des contraintes opérationnelles et exigences organisationnelles invoquées par l’organe de gestion des élections qu’est la CENA, et ce, dans le respect des dispositions du code électoral ;
Considérant qu’aux termes de l’article 49 de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin : «Tout report de la date des élections est interdit. En cas de force majeure, le report de date ne peut être fait qu’après une consultation de toutes les forces politiques engagées dans l’élection concernée.» ; qu’il découle de cette disposition que deux conditions cumulatives doivent être réunies pour le report d’une élection, à savoir, l’existence d’un cas de force majeure, entendu comme tout événement imprévisible, irrésistible et extérieur à la volonté du débiteur d’une obligation et qui l’exonère de ladite obligation, et la consultation de toutes les forces politiques engagées dans l’élection concernée ;
Considérant qu’en l’espèce, doivent être analysées comme cas de force majeure pour la CENA la non production et la non distribution à temps des cartes d’électeur par le Conseil d’orientation et de supervision de la liste électorale permanente informatisée, alors même que les moyens avaient été mis à sa disposition ; qu’en effet, aux termes de l’article 438.5 de la loi n° 2013-06 du 25 novembre 2013 portant code électoral en République du Bénin, la déclaration de candidature pour l’élection des conseillers communaux ou municipaux «doit comporter une copie certifiée conforme de la carte d’électeur du titulaire et du suppléant prouvant qu’ils sont inscrits sur la liste électorale du village ou du quartier de ville de l’arrondissement concerné par l’élection» ; que ce retard imprévisible et extérieur à la volonté de la Commission électorale nationale autonome (CENA) rallonge le délai nécessaire à la tenue des élections fixées au 31 mai 2015 ; qu’en outre, la CENA a tenu, les lundi 11 et mercredi 13 mai 2015, une réunion de concertation avec les partis et alliances de partis politiques au cours de laquelle il a été examiné et débattu des conditions d’une bonne organisation des élections des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de villages ou de quartiers de ville ; qu’à l’issue des débats, «les participants ont, de manière consensuelle, retenu la période de mi-juin à fin juin pour l’organisation desdites élections» ; que l’exigence de «cas de force majeure» et d’une «consultation de toutes les forces politiques engagées dans l’élection concernée» telle que prévue à l’article 49 précité du code électoral est remplie ;
Considérant que par ailleurs, il est établi qu’outre les difficultés énumérées par la CENA, de sérieuses insuffisances qu’il urge de corriger ont été relevées lors du déroulement du processus électoral du 26 avril 2015, notamment, entre autres, l’absence de documents électoraux dans certains postes de vote, le manque de formation des agents électoraux déployés dans les postes de vote, etc. ; qu’au regard de l’ampleur des tâches restant à accomplir et dans le souci d’organiser et de garantir des élections honnêtes, crédibles, transparentes, qui recueillent la confiance des électeurs, partis et alliances de partis politiques, il y a lieu, dans l’intérêt commun, d’une part, d’autoriser en vertu de l’article 114 de la Constitution, le report de la date des élections des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou de quartiers de ville du 31 mai 2015 au 28 juin 2015, d’autre part, d’inviter le président de la République à convoquer aux urnes pour cette date le corps électoral pour les élections des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de villages ou de quartiers de ville ;

Décide :

Article 1er.- Est autorisé le report de la date des élections des membres des conseils communaux ou municipaux et des membres des conseils de village ou de quartiers de ville du dimanche 31 mai 2015 au dimanche 28 juin 2015.

Article 2. -Le président de la République est invité à convoquer par décret pris en Conseil des ministres le corps électoral aux urnes pour les élections municipales, communales et locales du 28 juin 2015.

Article 3. -La présente décision sera notifiée à monsieur Emmanuel Tiando, président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), à monsieur le président de la République et publiée au Journal officiel.

Suite à la page 11

Actualités 21 mai 2015


Relations internationales: Le gouvernement relance les activités de l’IRIES

Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’extérieur Nassirou Bako-Arifari a procédé hier mercredi 20 mai, au lancement de l’atelier de validation du rapport de l’étude sur la relance des activités de l’Institut des relations internationales et des études stratégiques (IRIES). C’était en présence du représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du directeur général de l’IRIES.

Doter le Bénin d’un cadre approprié de formation, de réflexion et d’analyse stratégique sur les questions de politique internationale, de sécurité, de défense et de développement. C’est l’objectif du rapport dirigé par Christine Dessouches, ancienne fonctionnaire de l’Organisation internationale de la Francophonie, sur la relance des activités de l’Institut des relations internationales et des études stratégiques (IRIES) et dont la validation a fait l’objet de l’atelier d’hier.

Pour le directeur général de l’IRIES, Charles Moumouni, l’Institut est au-dessus de tout système partisan et des clivages politiques. «Il incarne l’appel du drapeau face aux défis et aux menaces, mais aussi aux opportunités qui se présentent au Bénin dans l’arène internationale. Le Bénin peut être petit par sa superficie, ses ressources naturelles et sa démographie, mais très grand par sa diplomatie», a-t-il estimé.
Charles Moumouni a invité toutes les forces vives de la nation à œuvrer pour le rayonnement du Bénin à l’extérieur.
El Hadj Fall, conseiller économique du PNUD au Bénin, pour sa part a indiqué que les nouveaux défis qui entourent le Bénin se présentent avec de plus en plus d’acuité et nécessitent d’adapter les instruments du pays face à ses évolutions. Pour lui, la persistance de la pauvreté, l’instabilité politique et institutionnelle des cadres démocratiques dans certains pays de la région, notamment en période électorale ainsi que les changements climatiques figurent parmi les défis qui appellent une démarche concertée de réflexion. D’où l’intérêt d’un institut de relation internationale. «L’IRIES est pour nous un instrument capital qui permettra au Bénin de se doter de capacités d’analyses, de recherches, et de réflexions stratégiques et prospectives pour une diplomatie moderne et de développement », a laissé entendre El Hadj Fall.
Dans son discours de lancement, Nassirou Bako Arifari, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’extérieur, a déclaré que le Bénin projette d’asseoir une politique béninoise des autres pays et cela passe par une spécialisation des cadres du ministère. Ces spécialisations seront faites à l’IRIES qui est pour lui un institut pluridisciplinaire de hautes études comme ceux des puissances occidentales. C’est pourquoi, selon le ministre Nassirou Bako Arifari, il doit se positionner comme celui de l’Afrique de l’Ouest francophone puisque celle-ci n’en dispose d’aucun à ce jour.

Actualités 21 mai 2015


Dysfonctionnements dans les secteurs de l’éducation et de l’emploi : L’UNESCO à la recherche de solutions appropriées

Une mission de consultants dépêchée au Bénin par l’UNESCO a identifié au niveau de certaines instances de pilotage comme la Commission nationale pour l’emploi (CNE), le Conseil national pour l’apprentissage (CNA) et le Conseil national de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (CNETFP), plusieurs dysfonctionnements. Les acteurs y intervenant ont donc des besoins en renforcement de capacités. Et c’est la raison d’être de l’atelier d’identification desdits besoins, organisé hier, mercredi 20 mai à Cotonou en présence de plusieurs responsables de l’UNESCO.

L’atelier organisé hier fait suite à la mission conjointe dont l’objectif est d’apprécier le niveau d’avancement du programme CapEFA au Bénin, afin de procéder à des réajustements. En réalité, le Bénin fait partie des 28 pays à travers le monde qui bénéficient dudit programme. Lequel est un mécanisme de financement extrabudgétaire financé par des ressources extraordinaires autour d’un programme qui se concentre sur quatre domaines prioritaires. Il s’agit, précise Rokhaya Diawara Fall du bureau régional d’Abuja de l’UNESCO, de la planification stratégique et l’analyse sectorielle de l’éducation, de la formation des enseignants, de l’alphabétisation et l’éducation non formelle et enfin de l’enseignement et la formation technique et professionnelle. A travers ce programme, souligne-t-elle, « l’UNESCO accompagne la mise en œuvre des stratégies des ministères en charge de la Formation technique et professionnelle, de l’Emploi, du Travail, et de la Fonction publique dans une vision holistique de l’éducation ». Celle-ci a indiqué dans son mot introductif à l’atelier organisé hier, qu’il « ne sera pas possible de relever les défis de l’éducation, de la formation et de l’emploi/insertion, donc forcément de la création de richesses… sans au préalable régler la question de la coordination, de cohérence et de disposition de ressources techniques, humaines et financières ». Et c’est dit-elle alors, tout le sens de cet atelier de partage. Lequel réunit outre les partenaires techniques et financiers et les délégations de l’UNESCO venues de Dakar, d’Abuja et du siège de Paris, des acteurs de la Commission nationale pour l’emploi (CNE), le Conseil national pour l’apprentissage (CNA) et le Conseil national de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (CNETFP).
«Avec l’appui technique des consultants, nous avons aujourd’hui un diagnostic de la situation et une analyse des goulots d’étranglement… », a expliqué Rokhaya Diawara Fall. En se réunissant, ces acteurs ambitionnent surtout d’identifier les besoins en renforcement de capacités, de proposer un modèle de cadre de concertation et de pilotage et d’y intégrer certaines modifications. En fait, il urge pour eux d’identifier des solutions appropriées aux maux identifiés par les experts, auteurs de la mission qui a précédé ledit atelier. C’est d’ailleurs la plus grande attente exprimée par le secrétaire général du ministère en charge de l’Enseignement secondaire, Sanni Sourakatou. Face à ces problèmes, insiste-t-il, il faut des réponses spécifiques. Ainsi, les travaux de l’atelier organisé hier se sont accentués autour de la présentation des instances, de la synthèse du rapport faisant état des besoins en renforcement de capacités, au niveau de chacune d’elle… suivront des travaux en groupe et des débats, ainsi que la présentation de l’option d’appui de l’UNESCO et des discussions, sans oublier le compte rendu général de l’atelier.

Actualités 21 mai 2015


Accident de circulation à Guézin dans la commune de Comé: Un mort et deux véhicules propulsés dans le lac Ahémé

Une voiture de cinq places a été percutée, hier mercredi 20 mai, le temps d’un chargement, par un camion sur le pont traversant le village Guézin dans la commune de Comé. Le heurt très violent a propulsé les deux véhicules dans le lac Ahémé faisant un mort et des blessés.

Juste un bout de l’épave d’un camion flottant à la surface de l’eau. C’est ce qui reste de la collision survenue hier mercredi 20 mai à Guézin entre un camion et une voiture de transport en commun de cinq places. La voiture est entièrement immergée au fond du lac Ahémé, selon les riverains qui ont pu sauver de la noyade deux des passagers et extirper un corps sans vie.

Pour en revenir aux faits suivant des témoignages, c’est après avoir heurté le véhicule de transport en commun que le camion l’a entraîné dans sa course du côté où les garde-fous du pont ont été démolis 72 heures plus tôt. La voiture percutée était stationnée aux abords de la route inter-Etats Cotonou-Lomé au niveau du village de Dégbocodji dans l’arrondissement d’Agatogbo. Elle voulait prendre un client en partance pour Lomé au Togo, la destination des deux véhicules accidentés. Il a donc suffi de ce temps, raconte Augustin Dégbo qui aidait au chargement, pour que le camion vienne dans sa course percuter la voiture, les entraînant tous les deux hors de la chaussée. Un accident qui aurait pu être évité, se défend le conducteur du camion Romuald Saoussi.
Pour l’heure, les deux conducteurs sont gardés à la Brigade territoriale de Comé. Le défunt, né en 1967 est de nationalité togolaise, renseigne l’un des responsables de ladite brigade, Taofic Gado. Il est le seul mort enregistré parmi les passagers du transport en commun. Les deux occupants du camion, le chauffeur et son apprenti, ont été sauvés de la noyade par Augustin Dégbo et ses voisins. Sur les lieux de l’accident, plusieurs unités des forces de l’ordre font la veille en attendant le déploiement de l’équipement nécessaire en vue de faire un bilan exhaustif du drame.

Société 21 mai 2015


Assemblée nationale: L’Opposition prend le contrôle du bureau de la 7e législature

Le président de l’Assemblée nationale pour le compte de la 7e législature, est désormais connu. Il a nom : Me Adrien Houngbédji, candidat de l’Opposition, élu dans la nuit d’hier à ce mercredi, par 42 voix contre 41 pour son challenger Komi Koutché.

Adrien Houngbédji prend le perchoir de la 7e législature. Le verdict est tombé tôt ce matin. Il a été élu par un score très serré de 42 voix contre 41 pour le candidat de la Mouvance présidentielle. Le président du Parti du renouveau démocratique (PRD) revient ainsi de très loin. Il renoue avec le perchoir pour la 3e fois après l’avoir occupé au cours de la première législature (1991-1995) et la 3è législature (1999-2003). Une victoire qui relance l’Opposition sur l’échiquier politique national.
Mais pour en arriver là, il y a eu plus de peur que de mal dans les deux camps. Personne ne pouvait prédire l’issue du vote. Tant le jeu était serré de part et d’autre. Ce qui a été remarqué à l’arrivée du scrutin à bulletin secret. Les deux camps étaient au coude-à-coude lors du dépouillement. Ils étaient à 40-40. Ensuite Komi Koutché est passé à 41 avant Me Adrien Houngbédji. Là l’Opposition voyait du rouge. Quand subitement les deux dernières voix ont été exprimées en faveur de Me Adrien Houngbédji. Ce qui donne 42-41 au profit du candidat de l’Opposition. Tout l’hémicycle a exulté de joie. Pluie de félicitations à Me Adrien Houngbédji qui a salué tous ses collègues de l’Opposition pour être restés soudés derrière lui. Il s’est ensuite dirigé vers son challenger, le ministre de l’Economie et des Finances pour le féliciter. Les deux se sont embrassés chaleureusement un peu comme pour dire la démocratie a triomphé.
Mais avant le vote, la doyenne d’âge a mis l’accent sur la nécessité de garantir la transparence du vote. Les portables sont interdits aux députés dans l’isoloir. Cette mesure a fait l’objet de question préjudicielle de la part du député Janvier Yahouédéhou. Elle vise à empêcher les députés de filmer leur vote.
Augustin Ahouanvoèbla fera à son tour constater que Marcel de Souza a donné procuration à sa collègue Rosine Daïho mais s’est encore présenté à l’hémicycle. Rosine Vieyra Soglo a trouvé inconcevable la présence du ministre en charge du Développement qui est resté malgré les pressions qu’il recevait par des éléments de son camp. Joseph Djogbénou a expliqué qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. La seule présence de Marcel de Souza suffit pour que cette procuration soit considérée comme inexistante. La procuration sera annulée. Elle a été retirée du lot des 17 procurations de la Mouvance.
Les 16 autres procurations ont été validées contre 14 pour le bloc de l’Opposition.
Abdoulaye Sanni Gounou des FCBE soulève aussi une préoccupation. Il fera constater que Claudine Prudencio est candidate au poste de 1er secrétaire parlementaire alors qu’elle est absente et a laissé procuration à Augustin Ahouanvoèbla. Mais la doyenne d’âge a expliqué que cela ne pose pas de problème. Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale est muet sur la question. Mieux, il y a eu par le passé une jurisprudence en la matière. Sous la cinquième législature, l’honorable Sacca Fikara a été élu au poste de questeur alors qu’il était absent et a donné procuration à un collègue.
Les questions préjudicielles évacuées, Rosine Vieyra Soglo a engagé le scrutin. Lequel scrutin a révélé l’élection de Me Adrien Houngbédji.
Une suspension a été observée après la proclamation des résultats du vote. Il sonnait déjà 01h 30 mn. A la reprise des travaux, le vote a été poursuivi au niveau des autres postes. Eric Houndété a été élu avec 44 voix pour et 39 pour Aké Natondé, ainsi de suite.

Les candidatures en lice

Opposition

Président : Adrien Houngbédji (42/83)
Premier vice président : Eric Houndété (44/83)
Deuxième vice président : Robert Gbian (44/83)
1er Questeur : Valentin Aditi Houdé (47/83)
2e Questeur : Georges Bada (43/83)
1er secrétaire parlementaire : Claudine Prudencio
2e secrétaire parlementaire : Alexis Agbélessessi

Mouvance

Président : Komi Koutché (41/83)
Premier vice président : Aké Natondé (39/83)
Deuxième vice président : Gilbert Bagana (39/83)
1er Questeur : Lucien Houngnibo (36/83)
2e Questeur : Edmond Agoua (40/83)
1er secrétaire parlementaire : Sofiath Schanou
2e secrétaire parlementaire : Théophile Yarou

Point des procurations entre Mouvance et Opposition

Mouvance

1- Nassirou Arifari Bako à Komi Koutché,
2- François Abiola à Aké Natondé
3- Togny Cyprien à Octave Houdégbé
4- André Okounlola à Yarou Sinatoko Kiaré
5- Jean-Michel Abimbola à Dafia Abiba
6- David Gbahoungba à Valère Tchobo
7- Benoît Dègla à Yaou Théophile
8- Ahonoukoun Marcellin à Lucien Houngnibo
9- Eric N’dah à Gilbert Bangana
10- Soumanou Allassane à Jean Eudes Okoundé
11- Barthélémy Kassa à Adam Bagoudou
12- Bako Idrissou à Sabai Katé
13- Rachidi Gbadamassi à Valentin Djénontin
14- Gustave Sonon à Pascal Essou
15- Simplice Codjo à Gibigaye Mohamed
16- Sanni Gounou à Nouréini Atchadé

Procurations de l’Opposition

1- René Bagoudou à Sacca Lafia
2- Issa Salifou à Robert Gbian
3- Adolphe Djima à Georges Bada
4- Boniface Yéhouétomè à Janvier Yahouédéhou
5- Blaise Ahanhanzo à Luc Atrokpo
6- Patrice Nobimè à Candide Azannaï
7- Jocelyn Dégbey à Gérard Gbénonchi
8- Houangni Parfait à Eric Houndété
9- Claudine Prudencio à Augustin Ahouanvoèbla
10- Léon Ahossi à Joseph Djogbénou
11- Tidjani Ahmed Affo à Wallis Zoumarou

Impressions du Me Adrien Houngbédji, nouveau président de l’Assemblée nationale, 7e législature

«…D’abord, je ressens une très vive émotion de me retrouver au perchoir 12 ans après avoir laissé le maillet. Je ressens aussi beaucoup d’émotions d’avoir à servir mon pays à ce niveau là. Mes premiers mots seront pour remercier le peuple béninois qui nous a soutenu durant tout du combat électoral, remercier la presse béninoise pour tout ce qu’elle a fait pour nous soutenir, remercier la doyenne d’âge pour son endurance, pour sa perspicacité et l’autorité avec laquelle elle a dirigé le débat, remercier mon adversaire l’honorable Komi Koutché, remercier les députés de la mouvance qui n’ont pas voté pour moi et féliciter tous les députés de l’Opposition qui ont porté leur suffrage sur ma personne pour que puissent triompher les idéaux pour lesquels nous nous sommes battus. Je crois que ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que le verdict des urnes des élections législatives a été concrétisé aujourd’hui par le verdict du vote des députés. Pour la première fois, il y a conformité entre le suffrage des électeurs Béninois et le suffrage des députés. Enfin, je voudrais dire que nous sommes là pour servir le peuple béninois. Je m’efforcerai d’être le président de l’Assemblée nationale du Bénin et le président de tous les députés, le travail législatif, le travail du contrôle de l’action gouvernementale. L’Opposition a déjà son union depuis. Si nous n’avions retrouvé cette union, nous ne serions pas allés à ce combat et nous n’aurions pas eu cette victoire. Ça s’est joué à une voix près. Ça veut dire que l’Opposition a joué son rôle. La mouvance a certainement joué la sienne et on verra que la volonté du peuple sera respectée jusqu’au bout… ».

Impressions de l’honorable Komi Koutché, candidat malheureux au poste de président du Parlement, 7e législature

«…La 7e législature et le bureau qui sera mis en place aura à sa tête Me Adrien Houngbédji et travaillera pour l’unité nationale et le développement du Bénin ; afin que le Parlement qui incarne le pouvoir législatif puisse se compléter avec le pouvoir exécutif pour le bien de nos populations. On est allé à une élection. Quelqu’un devait remporter et quelqu’un devait perdre. Je ne considère même pas que quelqu’un a perdu. Notre démocratie a gagné. Donc, je voudrais inviter les uns et les autres au calme. La démocratie s’est exprimée. Pour nous, c’est un coup d’essai. Nous continuons le combat… »


12- Justin Agbodjété à Valentin Aditi Houdé
13- Jérémie Adomahou à Mathurin Nago
14- Dakpè Sossou à Alexis Agbélessesi

Actualités 20 mai 2015


Election du bureau de l’Assemblée nationale: Jamais deux sans trois !

Ainsi flon, flon, flon…Avec le retour de Me Adrien Houngbédji sous les feux de l’actualité, il y a de quoi perdre son latin. Et pour qualifier le fait, on aura du mal à épuiser, en invoquant les fonds culturels d’ici et d’ailleurs, la réserve d’adages convenus en pareille circonstance : Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, les voies du destin sont insondables, les vicissitudes de l’existence sont faites de haut et de bas, etc.

Ainsi donc revoilà l’homme d’Adjina aux premiers rôles, lui donné pour fini, politiquement s’entend, mais qui tel un sphinx renait de ses cendres. Ou plutôt, à la manière du chat, il retombe sur ses pattes alors qu’on l’annonçait à jamais sur le dos les quatre fers en l’air ! Voire même quasiment sur la paille, ses finances ayant été éprouvées par des campagnes politiques dont les fleurs n’ont pu générer les fruits escomptés. Mais la politique est une dynamique constante. André Gide dit que «Les évènements sont appropriés aux caractères. Bien de ce qui nous arrive n’est fait pour autrui». La preuve par trois, Adrien Houngbédji reprend le perchoir, après un premier sacre en 1991 et un deuxième en 1999. Un peu pour conforter l’adage selon lequel, jamais deux sans trois.

Un beau parcours, manque la cerise sur le gâteau…

Figure emblématique du paysage politique béninois, Me Adrien Houngbédji, après quatre tentatives infructueuses d’accession à la magistrature suprême, se trouve aujourd’hui à l’apogée d’un destin politique plutôt bien assumé. «Je me suis mis en devoir de dégager de mes expériences successives, des matériaux qu’il me fallait patiemment agglomérer, rigoureusement ordonner en vue de dessiner l’architecture d’une pensée politique», clame-t-il dans son ouvrage ‘’Il n’y a de richesse que d’hommes’’ paru aux éditions L’Archipel à Paris en 2005. Cette structure d’esprit qui lui fait tenir en sainte horreur toutes les extrémités, y compris en 2011 suite à la présidentielle alors qu’il avait de bonnes raisons de céder à la tentation du chaos suite au K.-O électoral, l’a amené au cours de sa carrière politique qu’on connait par cœur à des compromis souvent mal gobés par ses compatriotes. Ce qui lui vaut, au sein de l’opinion nationale, l’image peu flatteuse de (maître) girouette de l’échiquier politique national. Un véritable procès en sorcellerie en réalité, au regard des faits et des conjonctures politiques, pour lequel seule l’Histoire pourra rendre justice à l’avocat, tant l’imaginaire populaire, consolidée par des manips politiques, reste convaincue qu’elle est dans le vrai, allant jusqu’à reprocher à Adrien Houngbédji d’avoir démissionné de son poste de Premier ministre galvaudé pourtant de ‘’kpayo’’, suite à des désaccords profonds avec le chef de l’Exécutif, notamment dans la méthode de conduire les affaires du gouvernement ! Les irréductibles de la Renaissance du Bénin (RB), sans vraiment connaître les dessous des cartes, lui gardent également la dent dure d’avoir plombé le destin présidentiel de Nicéphore Soglo du fait du choix opéré par son parti de rallier le général Mathieu Kérékou en 1996, refusant de relativiser leur jugement en intégrant la réalité des coups fréquents en politique y compris celui que la RB avait assené à Adrien Houngbédji en lui arrachant le perchoir au profit de Bruno Amoussou en 1995.
Malgré cette image, pour ainsi dire écornée, le charisme d’Adrien Houngbédji n’a pris aucune ride et s’est même bonifié à en juger par les résultats des dernières législatives au cours desquelles le Parti du Renouveau démocratique (PRD) a seul comme un grand glané 10 députés à côté de certaines alliances politiques qui n’ont pu réaliser pareille performance. «Le caractère d’un homme fait son destin», allègue Démocrite. Il faut dire qu’Adrien Houngbédji est l’homme des superlatifs.
Ancien élève de l’école nationale de magistrature de Bordeaux (France) d’où il est sorti major en 1966, il sera nommé procureur de la République à 25 ans, le plus jeune jamais connu, avant de démissionner pour convenances personnelles pour entrer au Barreau. Devenu donc avocat, sa vie ne tarde pas à prendre un détour inattendu. Alors qu’il doit défendre un opposant au régime militaire du PRPB, il est arrêté et emprisonné. Après avoir réussi à s’évader d’une manière rocambolesque, il prend le chemin de l’exil et se retrouve au Gabon où il passe quinze ans. Il ne reviendra dans son pays qu’à la faveur du vent du renouveau démocratique en 1990. Le Parti du Renouveau démocratique qu’il a créé avec d’autres dans la foulée, s’impose comme l’une des formations politiques les plus respectées et les plus populaires du Bénin. Pesant lourdement aux seconds tours dans le choix des présidents de la République qui ont été élus entre 1991 et 2001, le PRD d’Adrien Houngbédji régulièrement arrivé troisième a espéré prendre la tête du pays en 2006. Mais c’était compter sans un prétendant qui a bousculé l’ordre des choses et ravi la vedette à l’élite politique. Espérant en 2011 devenir Calife et rompre enfin avec son statut d’éternel Vizir en vertu d’une longue attente dans l’antichambre du pouvoir suprême, Adrien Houngbédji consacré candidat unique de l’Union fait la Nation voit pourtant, patatras !, son rêve voler en éclats et, frappé par l’âge ne peut plus postuler à la présidence de la République. Ainsi pétrifié dans ce statut ambivalent éprouvant pour l’engagement et l’ambition qui sont les siens au plan politique, personne n’imaginerait il y a peu encore Me Houngbédji au perchoir une troisième fois, lui qui, au lendemain de la présidentielle de 2011, peu ou prou déçu, avait pris ses distances vis-à-vis de ses amis de l’Union fait la Nation qui aujourd’hui l’adoubent. Comme quoi, tout est bien possible en politique.

Paul AMOUSSOU

Actualités 20 mai 2015


Election du bureau de l’Assemblée nationale: Come-back d’Adrien Houngbédji sur fond de combat de génération

Si le suspense a duré jusqu’au petit matin de ce jour, avant que le nom du président de l’Assemblée nationale 7e législature soit connu, c’est que les tractations et autres guerres de positionnement auront été rudes. D’un côté comme de l’autre. A l’arrivée c’est la coalition des forces de l’Opposition qui rafle la mise d’une courte tête. Un triomphe modeste en somme, mais qui révèle combien la partie fut serrée.

A la lecture des candidatures enregistrées aux différents postes du bureau de l’Assemblée nationale, il était loisible de constater que les partis se réclamant de l’Opposition ont fait l’effort de réaliser une large coalition. Ainsi, en dehors du parti Résoatao qui a eu un député, tous les autres sont représentés dans le schéma de l’Opposition à raison d’un poste pour chacun et deux pour l’Union fait la Nation qui, avec 13 élus, a drainé le contingent le plus important de députés. Le schéma renseigne même que cette alliance, dans la répartition des postes qui lui revenaient, a tenu compte des ambitions de ses militants originels comme des alliés. C’est ainsi que Claudine Prudencio peut obtenir le poste de premier secrétaire parlementaire, pendant qu’Eric Houndété monte en grade dans l’hémicycle en passant premier vice-président. Pourtant, ce ne fut pas gagné d’avance car les conflits d’intérêts ont été gérés jusqu’au dernier moment, certains partis membres de la coalition exigeant tel ou tel poste et mettant parfois en difficulté l’ensemble. C’est dire que si l’Opposition s’en tire à bon compte, c’est non sans esprit de renoncement, souci de cohésion et, il va sans dire, volonté de prendre une revanche sur les forces de la Mouvance présidentielle qui, ces dernières années, leur ont si souvent infligé des débâcles électorales.

Ces forces, et c’est le constat qui se dégage du vote, quoiqu’ayant réussi à ratisser quelque peu large, n’auront pas assez pris en compte les intérêts immédiats des alliés qui leur permettaient de réaliser un accord de législature leur garantissant la majorité parlementaire. En effet, un coup d’œil à leur schéma permet de remarquer qu’il avait une forte dominante FCBE, cette alliance s’octroyant 5 postes sur les 7 en jeu, et ne laissant que deux à ses alliés de l’Union pour le Bénin et de l’Alliance Eclaireur en les personnes de Lucien Houngnibo et Edmond Agoua. Ceci n’aura donc pas suffi à leur procurer le résultat recherché. Mais à l’évidence, il y avait le souci de ne pas dévoiler leurs cartes tout de suite, pour laisser savoir à l’adversaire, quelles étaient les personnes démarchées dans son camp.

Un combat de génération et… des interrogations

Komi Koutché aurait été sacré président de l’Assemblée nationale que cela en rajouterait indubitablement à l’éclat de son parcours politique. Jeune, décidé, il en impose par son sens pratique et sa vista politique qui lui auront permis de gravir bien vite les échelles de l’ascension en si peu de temps. Une ascension fulgurante qui l’a conduit d’abord à la tête du Fonds national de Microfinance d’où il a dû engranger de précieux points pour devenir, cinq ans après, un des collaborateurs privilégiés du chef de l’Etat. A 38 ans, c’est un réel challenge qu’il s’est lancé, ainsi qu’à la classe politique, en réussissant à se faire désigner candidat de la Mouvance présidentielle pour le perchoir. Il aurait réussi à se faire élire que ce serait la première fois, depuis 1991, que le Parlement tomberait aux mains d’un aussi jeune président. De plus, son élection aurait été un cas d’école. Sachant qu’en tant que président de l’Assemblée nationale, il pourrait être amené à assumer l’intérim du chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir exécutif, alors qu’il n’aura l’âge plancher pour accéder normalement à la fonction présidentielle qu’en 2016, cela devrait amener à s’interroger aujourd’hui sur la pertinence de cette disposition constitutionnelle. Dans tous les cas, c’est déjà une belle victoire pour la jeunesse d’avoir osé ce combat, d’avoir défié les normes établies jusqu’ici et ce, en faisant sensation ; puisque la différence n’aura été faite qu’à une voix près. C’est dire que la partie ne fut pas aisée pour le vainqueur Adrien Houngbédji.
Celui-ci, à 73 ans, fait un come-back à la tête du Parlement béninois qu’il a déjà dirigé par deux fois (1991-1995, 1999-2003). 73 ans, c’est littéralement le double de l’âge de son challenger. Ce qui confirme le combat de génération. En se faisant élire au petit matin de ce jour, c’est un nouveau record qu’établit Adrien Houngbédji, celui d’être le premier à égrener trois mandats à la tête de l’Assemblée nationale après avoir déjà été le premier à effectuer deux mandats.
A son propos aussi se pose une question. A 73 ans, Adrien Houngbédji n’aurait pas pu briguer la magistrature suprême mais en redevenant deuxième personnage de l’Etat, il est un président de la République intérimaire en puissance. Certes, s’il accédait au pouvoir à 69 ans ou un peu moins de 70 ans, il aurait été aux affaires jusqu’à 75 ans environ. Là-dessus, il faut aussi s’interroger sur la pertinence, aujourd’hui encore, des dispositions de l’article 44 de la Constitution qui prévoient, entre autres, que «Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République s’il n’est âgé de 40 ans au moins et 70 ans au plus à la date de dépôt de sa candidature».

Actualités 20 mai 2015


FESTINVOCAL/troisième édition: Faire de la voix, le premier instrument des artistes

La troisième édition du Festival international des voix de femmes du Bénin (FESTINVOCAL) démarrée le 12 mai dernier a pris fin, samedi dernier sur une note de satisfaction générale. Initiateur, organisateurs et participants se sont séparés sur des notes d’espoir, fiers d’avoir une fois encore travaillé à l’avènement d’artistes aux talents purs qui s’écartent de la tricherie et du jonglage.

Deux grands spectacles ont permis aux artistes participants à la troisième édition du Festival international des voix de femmes du Bénin (FESTINVOCAL) de révéler au public et surtout à leurs fans, l’utilité et le bien-fondé de ce festival qui n’en est qu’à sa troisième édition. Le premier a eu lieu, vendredi 15 mai dernier au «Yes papa» et le second, au théâtre de verdure de l’Institut français de Cotonou. A chacune de ces occasions, les festivaliers qui ont évolué sur scène ont épaté plus d’un avec leur timbre vocal. Elles ont en effet démontré que l’objectif de FESTINVOCAL qui est de faire de la voix, le premier instrument des artistes, se concrétise d’année en année. Sur les deux jours de spectacles, Koudy, Faty, Chokki, Jenny Jellah, Nicole du groupe Karavan … ont presté. En dehors de ces voix, Anna Téko qui passe pour être l’une des plus belles voix de la musique béninoise a été également appréciée par le public. Malgré son jeune âge, Anna Téko totalise bientôt 30 ans de vie musicale, sans pour autant que sa voix ait pris des rides. Et c’est la raison pour laquelle elle a été invitée, non seulement à prester, mais aussi à partager son expérience avec ses consœurs. Le souci de brassage intergénérationnel et une confrontation d’expérience entre la vieille école, disons plutôt celle traditionnelle et l’actuelle classe des musiciens justifie par ailleurs, l’invitation à cette troisième édition de FESTINVOCAL de la griotte Gnon Yérékou de Tchaourou. Et à y voir de près, cette présence, en tout cas aux dires de Serge Ologoudou s’est révélée bénéfique pour les autres participantes qui ont su profiter de son expérience.

Apprendre à communiquer avec son public

En trois ans seulement, cette initiative rêvée et concrétisée par Serge Ologoudou, a aidé plus d’un artiste à entrevoir autrement sa carrière. Malgré cette avancée notée au niveau des participants, l’initiateur lui se refuse toute autosatisfaction.
«Un telle entreprise nécessite peut-être une dizaine d’années, mais l’essentiel c’est de commencer d’abord et d’y aller étape par étape. Ainsi, on finira par atteindre l’objectif fixé», expliquait Serge Ologoudou, samedi dernier à l’Institut français de Cotonou, en marge du spectacle de clôture de son festival. Lequel objectif vise pour l’essentiel à aider les artistes à se départir un peu des facilités offertes par les nouvelles technologies. Fort de son expérience de manager d’artistes, Serge Ologoudou soutient que c’est «la voix qui devrait être le premier instrument des artistes» et tout le reste suivra. «On ne peut faire la musique qu’avec la machine, la programmation…», interdit-il, soutenant que l’artiste a besoin de sa voix pour partager une émotion et communiquer avec le public. «Sans prétention, en trois éditions, on ne pourra pas tout réussir, mais l’idée est soutenue et les gens apprécient de plus en plus la démarche de FESTINVOCAL qui leur crée le cadre, l’environnement et l’opportunité de perfectionner leur voix», souligne-t-il. Eu égard à ces avancées, Serge Ologoudou entrevoit la prochaine édition avec plus de sérénité. L’engouement observé autour de la troisième édition et les appréciations des spectateurs qui disent avoir suivi des prestations de bonne facture augurent selon lui, de ce que la prochaine édition se veut mieux que celle-ci, une autre fête de la musique béninoise autour des voix féminines d’artistes du Bénin.

Culture 20 mai 2015


Mise en œuvre du Programme d’appui à l’emploi salarié dans le Mono-Couffo: Le ministre Laurence Sranon et les bénéficiaires font le point à mi-parcours

Dans le cadre d’une tournée nationale, le ministre en charge de la Microfinance, de l'Emploi des jeunes et des femmes a marqué un arrêt hier mardi 19 mai à Lokossa. A l’occasion, Laurence Sranon et sa délégation ont constaté, entre autres, l’effectivité de la mise en œuvre dans le Mono-Couffo, du Programme d’appui à l’emploi salarié.

Au détour d’une visite au Business promotion center (BPC) à Lokossa, le ministre Laurence Sranon a tenu hier mardi 19 mai une séance de travail avec les bénéficiaires des différents programmes visant l’emploi des jeunes. Dans les rangs de ces derniers, il y avait les stagiaires de l’Agence nationale pour l’Emploi (ANPE) et les bénéficiaires du Programme d’appui à l’emploi salarié (PAES). La séance qui a connu également la présence du préfet du Mono-Couffo, Corentin Kohoué, le directeur général de l’ANPE, des responsables du BPC autour du ministre s’inscrit dans le cadre du suivi in situ de l’impact des différents programmes devant combattre le chômage des jeunes. A l’occasion, Laurence Sranon et sa délégation ont pu constater que non seulement les bénéficiaires des emplois salariés ont pris service dans les départements mais que le BPC aussi n’est pas du reste en matière de performance. Destiné à former à l’auto-emploi, le BPC, selon son responsable Salim Daouda, a déjà enregistré 741 inscrits à ses différentes formations pour le compte d'une année d’exercice.

Une statistique porteuse d’espoir quant à la lutte contre le chômage, indique le directeur général de l’ANPE Maixent Djeigo qui explique que chaque promoteur qui s’installe à son propre compte est un employeur potentiel. Des promoteurs d’entreprise, Maixent Djeigo tout comme le préfet Corentin Kohoué rêvent d’en voir aussi dans les rangs des salariés, y compris ceux qui bénéficient actuellement de la reconduction des stages ANPE. A défaut, ils leur souhaitent de ne pas finir leur stage. Autrement dit, que les concernés donnent le meilleur d’eux-mêmes tant du point de vue comportemental qu’au regard du rendement en vue de se donner des chances de recrutement. Concernant les porteurs de projets, inquiets quant aux sources de financement ou en bute à d’autres obstacles, le directeur général de l’ANPE et le ministre leur ont apporté des informations sur les différents fonds opérationnels à cet effet puis indiqué les services à même de les accompagner.

Mieux, ils pourront recourir désormais à la toute nouvelle direction départementale de la Microfinance, de l'Emploi des jeunes et des femmes qui s’installe à Lokossa pour le compte des départements du Mono et du Couffo. Son responsable Dimitri Kakpo a exposé à cet effet les différents services mis à la disposition de la promotion de l’emploi. Sur l’initiative du préfet, ladite direction a promis multiplier dans les prochains jours des séances d’informations à l’endroit de la jeunesse du Mono-Couffo. A la fin de la séance, Laurence Sranon et sa délégation ont visité les locaux de la direction départementale mettant ainsi fin à sa tournée dans ces deux départements. Avant l’étape de Lokossa, la délégation était à Natitingou et à Parakou puis à Bohicon où elle a constaté le niveau d’avancement des travaux de construction du business promotion center de la ville.

Société 20 mai 2015


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