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Nouvelles

En raison de la « sécheresse » selon la SONEB:Perturbation dans la fourniture d’eau à Parakou et environs

L’eau potable déjà peu accessible se fait davantage rare au robinet à Parakou et environs. Cette pénurie «passagère» qui conduit à la fourniture de façon rotative de l’eau de pompe par zone, se justifie par la sécheresse dans le Nord-Bénin, à en croire les responsables de la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB).

La fourniture d’eau se fait désormais de façon rotative dans les ménages de la ville de Parakou subdivisée en deux zones, lesquelles ont le liquide vital à tour de rôle, soit toutes les 24 heures suivant la programmation. Par communiqué radiodiffusé, la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB) avait annoncé il y a quelques jours cette perturbation dans la fourniture de l’eau qui se justifie, à en croire les responsables, par la sécheresse que traverse la partie septentrionale du pays. «Actuellement, la demande dépasse largement ce que nous injectons sur le réseau parce que tous les puits ont tari, si bien que toutes les populations se sont ruées sur les installations de la SONEB », explique Bernardin Adjakotan, chef service technique Borgou-Alibori de la société. «Nous sommes obligés de faire une répartition du volume à notre disposition dans les quartiers regroupés par zone », justifie-t-il en invitant les populations à faire des réserves lorsque leur zone est servie.

Et, «les clients peuvent recevoir de l’eau trouble parfois», avertit Bernardin Adjakotan qui exhorte les consommateurs à la patience, à se rapprocher ou appeler les services techniques pour intervention systématique par des équipes mobilisées à cet effet. «Si cette situation doit durer, ça ne doit pas être pour longtemps parce que nous tendons déjà vers la fin de la saison sèche», rassure l’agent.
La nouvelle de l’accentuation de la pénurie d’eau suscite indignation et désolation dans le rang des consommateurs. Ces derniers auraient souhaité que la société prenne ses responsabilités en adoptant des mesures appropriées pour dédoubler à temps les conduites, le pompage et le traitement de l’eau afin de les satisfaire convenablement.
Il y a deux semaines, l’on annonçait que la faible disponibilité de l’eau potable ne serait bientôt qu’un lointain souvenir à Parakou et dans les agglomérations environnantes. C’était à la faveur du lancement du projet ORIO de renforcement et d’extension du système d’alimentation en eau potable et qui implique la réhabilitation du barrage de l’Okpara qui dessert Parakou et ses environs. En attendant, le calvaire des populations se poursuit avec l’eau de robinet déjà non disponible en tout temps mais surtout bizarre par sa qualité douteuse et trouble car tantôt incolore, tantôt couleur rouille ou café ou carrément noire, alors que les factures sont de plus en plus salées.

Société 10 avr. 2015


Classement FIFA/Coca-Cola:Le recul de deux places des Ecureuils sur le plan mondial

Comme il en a pris l’habitude chaque mois, la FIFA a procédé, hier jeudi 9 avril, au classement des sélections de football des pays dont les associations nationales lui sont affiliées. Par rapport au précédent intervenu le 12 mars dernier, le Bénin a dégringolé de deux places.

L’édition d’avril 2015 du classement FIFA/Coca-Cola publiée depuis hier, jeudi 9 avril par l’instance faîtière du football mondial, a pris en compte 135 nouveaux matches internationaux "A". Ce qui porte à 217 le nombre de matches déjà disputés depuis le début de l’année. Vingt-cinq rencontres ont eu lieu dans le cadre des qualifications pour l’EURO 2016, 26 en vue de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ (CONCACAF et AFC) tandis que les 84 rencontres restantes étaient des matches amicaux.
Mais s’il est une sélection qui devrait le plus se réjouir dudit classement, c’est celle des Diables rouges de la Belgique. Elle occupe la 3è place du podium, derrière l’Argentine et l’Allemagne toujours leader. C’est le meilleur classement de son histoire. Dans le Top 10, on retrouve entre autres, le Brésil, 5è, les Pays-Bas, 6è, la Suisse, 9è, et l’Espagne, 10è.
Sur le continent africain, le trio de tête est resté inchangé. L’Algérie, 21è, malgré le recul de trois places mondiales pour ses Fennecs, devance toujours la Côte d’Ivoire, 23è, et le Ghana, 26è.
Le Bénin, après avoir occupé la 92è place lors du classement établi le 12 mars dernier, se retrouve 94è sur 209. Tout juste derrière des pays comme l’Ouganda (72è), le Rwanda (74è), Haïti (79è), le Togo (80è ) et l’Estonie (93è ), puis devant l’Arabie Saoudite (95è), il a régressé en termes de positionnement de deux places et reculé de 15 points. Pour n’avoir disputé aucun match, le Bénin devrait se contenter de son rang, déjà qu’il vient loin devant l’Ethiopie (101è), le Soudan (110è), la Libye (111è), Kenya (117è), le Niger (119è), Madagascar (150è), le Tchad (151è) et la Gambie (156è). Il ne pourrait en être autrement surtout que le pays n’avait plus une sélection nationale et que, le ministère de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, s’était empressé d’indiquer la porte de sortie au Français Michel Ollé-Nicolle, en le limogeant sans aucune forme de procédure. Et comme dirait l’autre, le pire reste à venir avec la décision de retrait d’agrément à la Fédération béninoise de Football (FBF). Aujourd’hui, le Bénin peut encore s’honorer de figurer parmi les 209 associations nationales concernées par le classement. N’ayant plus désormais une fédération représentative devant la FIFA, ce n’est pas évident qu'on l'y retrouve dans celui prévu pour le 7 mai prochain.

Sports 10 avr. 2015


Résidence de création «Cénacle expérimental»:Quand la liberté inspire les artistes !

Depuis le mercredi 1er avril dernier, le café cauris coquillages de Togbin est devenu un vaste champ sur lequel, une dizaine de jeunes peintres laissent libre cours à leur passion. «La liberté» ! C’est le thème de la résidence qui les réunit et chacun d’eux y est allé selon ses envies, son talent, ses couleurs et son inspiration.

Le «Cénacle expérimental», résidence de création et de formation initiée par le peintre Charly d’Almeida en collaboration avec l’association « Mibo » prend fin ce jour à l’Institut français de Cotonou à travers une exposition qui permettra à un public averti de découvrir les œuvres réalisées par les artistes qui y ont pris part. Plus d’une semaine de travaux qui leur ont permis d’accoucher d’œuvres à la fois splendides et très inspirées. Saisissant l’opportunité de la liberté qui leur a été donnée de s’exprimer à travers leurs créations, ils y sont allés de fort belle manière. L’ambiance était conviviale, faite de petites taquineries, de slogans, de chants… sans pour autant détourner l’attention de chaque résident. Mais tous ne participent pas à l’animation à plein temps. Par moment, certains se montrent assez concentrés sur leurs œuvres.
Un peu plus en retrait, Elon-m Catilina Tossou mélange les couleurs, peint, observe sa toile, l’arrange… Au fur et à mesure que le temps passe, la toile blanche prend des formes à peine compréhensibles et laisse voir diverses couleurs dont le mélange est plutôt attirant. Cette réalisation qui, du regard distrait ou néophyte, est sans rapport avec le thème de travail, la liberté, est pourtant la matérialisation même de la liberté d’expression. L’artiste explique qu’il s’agit d’une compilation des outils d’expression comme le gong, la trompette, le vuvuzela et que c’est cela que traduit les formes comparables à des entonnoirs qu’on peut apercevoir sur son tableau. « Ce sont des outils qui passent un message », détaille-t-il par ailleurs. Quelques formes humaines apparentes sont aussi visibles sur cette toile et Elon-m Catilina Tossou les assimile à des hommes défendant leurs droits, notamment celui relatif à l’expression. La multiplicité des couleurs qu’on y note, symbolise selon l’artiste, la diversité des envies d’expression que nourrit chaque homme. En somme, l’œuvre baptisée « laissez-moi dire » n’est que le symbole d’un monde dans lequel la soif de se faire entendre reste à étancher.

Sika vole entre les arbres

Le spectateur qui visite «Cénacle expérimental» est avant tout séduit par le respect de l’approche genre. Trois jeunes femmes peintres y sont présentes. Parmi elles, Adjélè Sika da Silveira, plus connue sous son nom d’artiste «Sika» retient très vite l’attention. Visiblement distraite, elle réalise pourtant des œuvres dont la composition et le mélange des couleurs frappent à première vue. Mieux encore pour ceux qui connaissent le milieu des arts au Bénin, visiter les réalisations de Sika sont d’un intérêt, puisque la jeune artiste produit, pourrait-on dire, des œuvres philosophiques. Cela aurait-il un lien avec son autre activité, celle de perleuse ? Difficile à dire. Mais toujours est-il que pour le compte de «Cénacle expérimental», elle a choisi une fois encore d’amener ceux qui viennent à sa rencontre via ses tableaux dans un voyage au milieu des arbres. Elle a donc choisi pour cette résidence de travailler sur la tolérance.
Pour Adjélè Sika da Silveira, il n’y a pas de liberté sans tolérance et pour illustrer ceci, elle a choisi comme à ses habitudes de s’exprimer à travers les branchages. A vrai dire, c’est une artiste trop inspirée par l’arbre. Lequel n’est rien d’autre, soutient-elle, que « le message de la nature à l’endroit de l’homme». L’arbre selon elle, est un ensemble dont les éléments, quoique isolés, contribuent, chacun à sa manière à l’harmonie du groupe. Qu’ils s’agissent des feuilles mortes ou vertes, des racines, des branches, du tronc… Chacun de ces éléments accepte et tolère l’autre, encore que l’arbre en lui-même accepte tous les caprices de la nature sans dire mot. «J’exprime la liberté de faire et d’exercer pleinement», dira alors l’artiste.
Comme elle, d’autres artistes retiennent l’attention du visiteur avec leurs œuvres. Constantine Gbétoho par exemple est préoccupée par la «liberté des femmes». Mais la jeune artiste se montre beaucoup plus défenseur de celle-ci. Son œuvre vise à protéger «l’être faible» qu’est la femme contre les misères qui lui sont faites. Lionel Férrèol Yamadjako, Eliane Aïsso… ne sont pas du reste. Sébastien Boko lui est le monsieur bruiteur de la cour. Travaillant sur du bois, il est obligé par moments d’user de sa tronçonneuse, ce qui crée un bruit assourdissant au milieu du silence des autres artistes. « Mais cela participe de l’ambiance de travail », soutiennent ses pairs.
Dans cette ambiance plutôt fraternelle, les participants au «Cénacle expérimental» ne sont pas abandonnés à eux-mêmes. En dehors des séances de formation qui sont prévues, l’initiateur, Charly d’Almeida visite par moment chacun d’eux, les oriente, les conseille et parfois même échange avec eux pour mieux comprendre et pénétrer le travail qui se fait à leur niveau.

Culture 10 avr. 2015


Concours de recrutement de 1175 agents dans la Fonction publique:Délai de dépôt de candidature prorogé, le Mono-Couffo soulagé

Initialement prévue pour hier jeudi 9 avril, la clôture du dépôt des dossiers pour le compte du recrutement des 1175 agents permanents de l’Etat est reportée à ce jour vendredi 10 mars. Une situation qui soulage bien de postulants notamment ceux des départements du Mono et du Couffo.

Le délai du dépôt des dossiers pour le compte du concours de recrutement du 17 juin prochain dans la Fonction publique, est prolongé à ce jour vendredi 10 mars. Ainsi en a décidé le ministère du Travail et de la Fonction publique qui, ce faisant, offre une journée de plus aux candidats retardataires. C’est un report particulièrement salutaire pour les postulants des départements du Mono et du Couffo très intéressés par cette opportunité de servir l’Etat béninois. Aucun d’eux ne veut être du reste. Natifs de Dogbo, de Djakotomey, de Bopa ou des autres communes du Mono ou du Couffo, ils affluent de partout vers la direction départementale du Travail et de la Fonction publique sise à Lokossa. Jusqu’à hier jeudi 9 avril dans la soirée, la foule de porteurs de dossier grossissait sans cesse.

Cette affluence qui a commencé depuis mardi 7 avril dernier, a fini par déborder les capacités d’accueil du personnel de la direction départementale. La structure a dû faire appel aux agents de la police départementale qui sont encore sur les lieux, en vue de contenir des tentatives de trouble. A en croire la directrice départementale, Carine Kèkin Zannou, tous ses collaborateurs sont mobilisés et répartis dans sept postes en vue d’enregistrer les dossiers de candidature. « Ce dispositif fonctionne sans arrêt jusqu’aux environs de 21 heures avec le consentement spontané de mes collaborateurs depuis mardi », indique Carine Kèkin Zannou. L’engouement observé pour le compte du présent concours de recrutement est particulier selon la directrice départementale qui tente un bilan statistique à mi-chemin. Elle révèle que le gros lot des candidats est enregistré au niveau des catégories B et C, notamment pour les postes en lien avec les Douanes et les Impôts.

Société 10 avr. 2015


Rapport 2014 sur l’état de la justice au Bénin:Avancées et limites des trois codes votés ces dernières années

Comme l’année dernière, le Centre Afrika Obota (CAO-BENIN), l’ONG Droits de l’Homme, Paix et Développement (DHPD) et le Centre de Recherche et d’Etude en Droit et Institutions Judiciaires en Afrique (CREDIJ) ; appuyés financièrement par Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), ont réalisé, via l’Observatoire de la Justice au Bénin qu’elles ont institué, le Rapport sur l’état de la justice au Bénin et la perception des justiciables. Ce Rapport 2014 vise, comme le précédent, à «…infléchir la justice béninoise à devenir une justice de qualité, plus crédible, efficace et accessible au justiciable pour véritablement contribuer à la paix sociale et au développement du Bénin.»

L’ambition affichée par l’Observatoire est d’être «un instrument de plaidoyer en faveur d’une véritable indépendance de la justice béninoise» et, par conséquent, de rester «en état permanent de veille pour la promotion et la sauvegarde d’une justice béninoise conforme aux critères internationalement admis.» C’est pourquoi, tout en se réjouissant des réformes réalisées, l’Observatoire avertit qu’« En réalité, il ne s’agit pas d’examiner les réformes en elles-mêmes mais plutôt de se préoccuper des innovations majeures qu’elles ont apportées à l’existant afin de suppléer l’archaïsme, les vieilles routines qui ne s’accommodent point aux évolutions actuelles.» En cela, l’Observatoire, pour mieux appréhender la réalité des choses, invoque des raisons économiques et sociologiques. Pour constater que si les difficultés de mise en œuvre des réformes peuvent s’analyser à l’aune des énormes moyens financiers et de la disponibilité du personnel, ou de matériels adéquats, elles découlent parfois aussi du manque de volonté de la part des acteurs, autorités et animateurs directs du secteur. Ou du défaut d’arrimage réel aux réalités sociologiques nationales.

Quelles avancées ?

Ce sont 1076 personnes âgées de 18 ans et plus, dont 294 acteurs de la justice (magistrats, greffiers, huissiers, notaires) et 391 détenus, qui ont été interrogées dans le cadre de la réalisation de ce Rapport. Leurs déclarations permettent de conclure que des avancées sont enregistrées. Ainsi, s’agissant du Code de procédure pénale, il est noté la formalisation des principes généraux du procès pénal. Des principes qui se rapportent à l’équité et l’impartialité, à la séparation des fonctions judiciaires (ceci consacre la fonction de poursuite, la fonction d’instruction et la fonction de jugement); au droit d’être jugé dans un délai raisonnable, etc. Puis, le Rapport salue le renforcement de la présomption d’innocence, tout comme la garantie de protection pour les témoins, dont l’identité ne peut être révélée quand ils ont bénéficié de mesures de protection, sous peine de sanctions, sauf si cela est nécessaire à garantir les droits de la défense. En sus, le Rapport accueille avec enthousiasme l’arrivée du juge des libertés et de la détention, qui vient mettre un terme à l’omnipotence du juge d’instruction. Les décisions de ce juge peuvent être contestées devant une chambre des libertés et de la détention, officiant comme instance d’appel. En outre, l’institution d’une commission d’indemnisation en cas de garde à vue ou de détention provisoire abusive, l’intervention de l’avocat dès l’appréhension par un officier de police judiciaire, l’encadrement temporel de la détention, la réorganisation de la justice pénale des mineurs qui interdit la détention préventive de mineurs sauf crime de meurtre, d’assassinat, de coups mortels, de viol ou encore si les mineurs en question, ceux de 13 ans révolus, se sont soustraits volontairement aux obligations de contrôle judiciaire dont ils sont l’objet… sont quelques autres innovations.

Les innovations

En ce qui concerne le Code de procédure civile, commerciale, sociale, administrative et des comptes, le Rapport relève des innovations d’ordre institutionnel et procédural. Ces innovations se déclinent en l’institution du juge de la mise en état et du juge de l’exécution. Le premier a un rôle majeur dans le déroulement de toute instance judiciaire. Il est essentiellement chargé de l’instruction des affaires qu’il met en état d’être jugées ; ce qui permet de traiter diligemment les affaires concernées et d’éviter les renvois intempestifs. Quant au second, il est chargé de régler les difficultés liées à l’exécution des décisions de justice et autres titres exécutoires. Les innovations procédurales, elles, portent essentiellement sur l’encadrement et la judiciarisation de l’exception d’inconstitutionnalité, et sur la classification des nullités, notamment en nullités pour irrégularité de fond et en nullités pour vice de forme. Davantage, on relèvera la possibilité offerte par le code d’introduire la procédure de faux à titre principal alors qu’elle ne pouvait l’être qu’incidemment sous l’empire de l’ancien Code de procédure pénale. On retiendra aussi l’instauration du double degré de juridiction en matière administrative, ou le remplacement de la requête civile par le recours en révision, simple changement de terminologie, les deux procédures visant le même but : faire rétracter un jugement passé en force de chose jugée pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit.
Relativement au Code foncier et domanial, le Rapport note qu’il établit de nouveaux instruments de preuve de propriété foncière : le certificat de propriété foncière en remplacement du titre foncier.

Ce certificat, s’il peut être attaqué, ce sera uniquement dans le cas où il a été obtenu à la suite de fraudes ou d’erreurs et seulement dans les cinq (05) ans qui suivent son obtention. Et comme pour fermer la porte à toute action abusive, le législateur a lui-même identifié les actes constitutifs de fraude à travers l’art 146 du code, apprécie le Rapport. Comme autres innovations mises en lumière par le Rapport, il convient de retenir celles qui apparaissent dans le cadre de l’exécution des jugements relatifs au foncier. A ce propos, le Rapport fait ressortir que la nouvelle législation prohibe expressément en cette matière, que la décision judiciaire soit assortie de l’exécution provisoire. Elle interdit aussi que toute exécution ayant pour effet la démolition d’une ou plusieurs habitations, soit entreprise durant la saison pluvieuse. Mieux, constate le Rapport, la prise en considération des droits de la personne humaine a amené le législateur à introduire, dans le cadre de l’exécution des jugements et arrêts ordonnant une expulsion forcée, des mesures nouvelles telles que : l’intervention de l’Etat pour la prise de mesures alternatives permettant d’éviter autant que faire se peut le recours à la force, et la priorisation des procédures de rachat par la partie perdante (art. 528 du CFD). De plus, si l’exécution d’une ordonnance, d’un jugement ou d’un arrêt doit entraîner des démolitions massives d’habitations construites sur des parcelles d’une superficie cumulée de plus de 5000 m2, l’Etat procède à l’expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles concernées après juste et préalable dédommagement des propriétaires (art. 529 du CFD)… Mais qu’en est-il de l’appropriation effective de ces innovations?

De l’appropriation effective des innovations

Dans le Code de procédure pénale, le Rapport relève, que si la loi a bien prescrit un délai de quatre mois renouvelable une fois, sauf prorogation exceptionnelle par le président de la juridiction pour la mise en état des dossiers, 83% des acteurs interrogés le savent mais que 17% l’ignorent. Qu’en ce qui concerne le décompte du délai de la garde à vue, s’il commence dès que la personne soupçonnée n’est plus libre de ses mouvements, alors même qu’elle n’est pas encore effectivement incarcérée, pour 50% des acteurs de la justice, le décompte de la garde à vue commence dès que l’intéressé est appréhendé, 37% affirmant que c’est après l’interrogatoire de l’OPJ et 8% soutenant que c’est après la mise sous verrous ; alors que 2% allèguent que le décompte commence dès l’arrivée de l’avocat. Au niveau des justiciables, les données recueillies renseignent que 46% des enquêtés trouvent que la durée de la garde à vue peut excéder 48h alors que 34% estiment que cette durée ne dépasse pas 48h. 5% des justiciables interrogés déclarent qu’il n’y a pas une durée fixe pour la garde à vue et les 15% restant ne savent absolument rien de la question. En clair, plus de 65% des justiciables n’ont pas une bonne connaissance de la durée de la garde à vue.
Des justiciables qui estiment par ailleurs, à 51%, que la police a recours à la violence pour obtenir des aveux alors que 6 sur 10 estiment que la police traite les plaignants et les mis en cause de façon équitable et sans discrimination, et que 42% d’entre eux soutiennent le contraire. Et pensent même que 60% des magistrats ne font pas preuve d’impartialité dans leurs décisions, en raison de leur arrimage à la chancellerie…

Institution d’un juge

Relativement au Code de procédure civile, commerciale, sociale, administrative et des comptes, si le Rapport révèle que l’institution d’un juge est effective dans tous les tribunaux du Bénin, il constate, au plan procédural, que le délai de quatre mois renouvelable une seule fois, pour la mise en état n’est pas toujours respecté. Mais 64% des acteurs affirment que l’institution d’un juge de la mise en état a apporté une amélioration dans les prestations de la justice et 36% sont d’avis contraire… En outre, plus de 40% des acteurs trouvent que la politique constitue un véritable frein à l’exécution des décisions de justice…
S’agissant du Code foncier et domanial, il est relevé que près de deux ans après son avènement, il attend encore de trouver application en ce qui concerne les innovations majeures. Ainsi, l’Agence nationale du Domaine et du Foncier n’est toujours pas installée. De même, l’installation du Conseil consultatif foncier, dont le rôle est central dans la mise en œuvre effective du code est également attendue.
Le Rapport souligne encore que faute de mise en place des institutions prévues par le nouveau Code, les innovations procédurales restent toujours en attente d’application. Ainsi, les anciennes règles continuent d’être appliquées au détriment des nouvelles censées faire accélérer les procédures… Puis, il ressort du Rapport que pour 61% des personnes ciblées, il est plutôt à craindre un véritable recul en droit de propriété foncière, du fait de la fragilisation du nouveau titre de propriété dont la précarité vient bémoliser l’apport positif des différentes innovations…
Pour toutes ces raisons non exhaustives, le Rapport émet des recommandations.

Des recommandations

A propos du code de procédure pénale, le Rapport appelle à mieux encadrer les activités des OPJ ou tout au moins à rendre effectives les dispositions du nouveau code en la matière, contribuer à l’amélioration des relations OPJ/parquet, œuvrer à plus de diligence dans les informations à porter au Parquet sur les enquêtes préliminaires, mieux encadrer les activités des OPJ par le Parquet tant pour l’efficacité des procédures que pour la rigueur et l’efficience dans la notation de ceux-ci. Il plaide aussi pour le renforcement des ressources humaines dans un contexte où le problème de déficit en ressources est aggravé par les nouvelles institutions créées par les nouvelles réformes. Il s’agirait surtout de pourvoir prioritairement et en nombre suffisant, les juridictions en greffiers, de faire prêter serment aux greffiers en attente, de doter les juges des libertés et de la détention de cabinets, de doter certaines localités de prison afin d’éviter de longs déplacements dans les transferts de détenus (par exemple entre Porto-Novo et Pobè ou entre Savalou et Abomey). Il s’agirait aussi de multiplier les cabinets d’instruction en vue d’une célérité des dossiers pour éviter le long séjour des détenus dans les maisons d’arrêt au-delà des prescriptions légales en matière de délai. De renforcer l’inspection des services de la justice, et mettre en place un tableau de bord de suivi des détenus.
A propos du Code de procédure civile, commerciale, sociale, administrative et des comptes, le Rapport suggère que le juge de la mise en état soit installé dans toutes les juridictions avec possibilité de délégation de compétences en cas de besoin ; que soit améliorée aussi la collaboration entre les huissiers de justice et les forces de l’ordre dans le cadre de l’exécution des décisions de justice, condition fondamentale de la jouissance effective de leurs droits par les citoyens.
Relativement au Code foncier et domanial, il prescrit, s’agissant des régisseurs et des animateurs de l’ANDF, que les acteurs chargés d’animer ces institutions soient non seulement des fiscalistes mais qu’ils aient également des compétences avérées en matière de sûreté et de droit foncier. Il serait également souhaitable que ces animateurs en particulier les régisseurs, jouissent d’une véritable stabilité au poste pour une meilleure capitalisation de leur technicité. A ce titre, il est suggéré la création d’un corps autonome pour ses animateurs.
A propos du cadastre, il est suggéré de rendre effective son institution, car il est un véritable instrument de sécurisation des propriétés foncières.
S’agissant du nouveau titre de propriété, il faudrait initier dans un délai raisonnable une loi modificative pour revenir à l’ancienne terminologie de « Titre Foncier », et au caractère inattaquable et définitif qu’il confère, recommande le Rapport.
Quant aux expulsions massives, pointant du doigt la lenteur et la lourdeur habituelle des procédures de décaissement des fonds publics, le Rapport souhaite qu’au titre du dédommagement des propriétaires terriens dépossédés de leurs droits, ceux-ci obtiennent leur indemnité dans un délai maximum à fixer par voie de décret (deux ans par exemple). Et que soit créé un fonds autonome pour assurer le paiement de ces indemnités en temps réel…

Droits et Devoirs 09 avr. 2015


Elections législatives du 26 avril prochain:Mathurin Nago reçoit le soutien des femmes de Klouékanmè et Bopa

Tête de liste de l’alliance Forces démocratiques unies (FDU) dans la 18e circonscription électorale, Mathurin Nago était en tournée mardi 7 avril dernier dans les communes de Bopa et Klouékanmè. A chacune de ces deux étapes, les représentantes des femmes ont clamé leur détermination à assurer la victoire au candidat le 26 avril prochain.

Les relations sont revenues aux beaux fixes, entre le candidat Mathurin Nago et les femmes de sa circonscription électorale. C’est par exemple le cas avec les femmes des communes de Klouékanmè et de Bopa, deux communes relevant de la 18e circonscription électorale où le président sortant de l’Assemblée nationale conduit la liste Forces démocratiques unies. A la faveur d’une tournée qu’il a effectuée mardi 7 avril dernier dans ces deux communes, le candidat Mathurin Nago va entendre dire des représentantes des femmes que les difficultés ayant refroidi leurs relations dans le passé n’étaient qu’une «fausse route». Et à ce sujet, elles ont imploré la clémence du candidat Mathurin Nago. Mieux, «Nous vous demandons pardon pour avoir fait fausse route», a déclaré Blandine Adanho à l’étape de Klouékanmè.
Pour sa part, le candidat Mathurin Nago s’est dit « ému et fier d’appartenir à la même communauté » que ces femmes. Et, fidèle à son verbe devenu haut par ces temps-ci, il va réaffirmer son engagement à combattre toute révision opportuniste de la Constitution en vigueur au Bénin, les menaces sur l’unité nationale… «Ces combats, je les poursuivrai partout», a martelé le président de l’Assemblée nationale.
Filant désormais le parfait amour avec le candidat Mathurin Nago, les femmes ont promis de s’unir derrière lui en vue d’une victoire certaine au soir du scrutin du 26 avril prochain. Le président sortant de l’Assemblée nationale lui n’entend pas trahir leur confiance encore moins transiger sur les valeurs qu’il prône. On a noté à ses côtés, la présence du maire de Lokossa, Dakpè Sossou et bien d’autres figures politiques des départements du Mono et du Couffo.

Société 09 avr. 2015


Renforcement de capacités des ONG:Pour un meilleur suivi du processus électoral prochain

Depuis hier mercredi 8 avril, se tient à Bohicon un atelier de renforcement de capacités des ONG considérées comme les Points Focaux du Système d'alerte précoce BeWARN sur le thème "Genre et suivi du processus électoral ". Organisé par le réseau WANEP-Bénin, cet atelier de deux jours vise à apporter aux participants des éléments de base sur la notion du Genre.

Le Bénin entre lentement mais sûrement dans la fièvre électorale. Et pour aller vers des élections démocratiques, transparentes et apaisées, les Organisations de la Société civile ont une part importante de responsabilité à jouer. C’est dans ce cadre que s’inscrivent la plupart des actions du réseau béninois WANEP.
En effet, depuis l'historique Conférence de février 1990, le Bénin a tenu 14 différentes consultations électorales toujours sur la base de lois éparses, prises la plupart du temps à la veille des échéances au gré des calculs politiciens. Cet état de choses n'était pas sans incidences sur le suivi des processus électoraux par les Organisations de la Société civile ainsi que sur la qualité des élections.
Hier, à l’ouverture des travaux, Prudence Dahodékou, vice-président de WANEP devait rappeler qu’en cette année 2015 et dans les deux prochains mois, les Béninois iront deux fois aux urnes pour les élections législatives, le 26 avril prochain et pour les municipales, communales et locales, le 31 mai prochain. Ce contexte impose aux points focaux communautaires de WANEP, le suivi du processus électoral non seulement suivant les indicateurs habituels, mais également dans une approche genre. C’est afin que des alertes soient données à temps pour la tenue d'élections pacifiques et intégrant le plus possible la perspective genre. Il s’agit de renforcer leurs compétences genre et améliorer ainsi la collecte des données relatives au processus électoral pour l'alimentation du système d'alerte précoce BeWARN que WANEP-Bénin, avec l'appui financier de la GIZ organise cet atelier.
Depuis les dernières élections de 2011, des réformes ont été engagées dans le sens d'une amélioration et une professionnalisation de l'organisation des élections. L'une de ces réformes est la promulgation d'un code électoral qui consacre une CENA permanente et de long terme, fixe les règles générales pour toutes les élections en République du Bénin et les règles particulières pour chaque type d'élections avec quelques innovations.
A l’issue des deux jours que dure cet atelier, les points focaux communautaires vont donc s’approprier le système national d'alerte précoce dénommé BeWARN et auront les outils nécessaires pour faire face aux prochaines échéances électorales.

Société 09 avr. 2015


Descente dans les recettes douanes du Mono-Couffo:Le directeur général des Douanes galvanise ses collaborateurs

Préoccupé par l’atteinte de la performance attendue de son administration, le directeur général des Douanes et Droits indirects, Charles Sourou Sèzan a entrepris de descendre dans les régies. Cette démarche qui vise à galvaniser les receveurs et toucher du doigt les conditions d’exercice de leur travail a démarré hier mercredi 8 avril par la recette des douanes de Hilla-Condji pour s’étendre aux autres unités du Mono et du Couffo.

Troisième régie en terme de collecte de recettes douanières au plan national, le poste de Recette Douane Hilla-Condji n’est pas en baisse de forme. Le point fait hier mercredi 8 avril au sujet de ses prestations pour le compte de l’année en cours autorise à le dire. Avec un taux de recouvrement satisfaisant pour le premier trimestre de l’année en cours, le poste Recette Douane de Hilla-Condji se démarque de ses homologues de Comé, d’Athiémé et d’Aplahoué qui peinent à mobiliser le niveau de recettes attendu de leur part. C’est donc une visite à valeur d’encouragement que celle effectuée hier mercredi 8 avril à la Recette Douane de Hilla-Condji par le colonel Charles Sourou Sèzan, directeur général des Douanes et Droits indirects.
Toutefois à Hilla-Condji, des difficultés ne manquent pas.

Et, le premier responsable de ce poste de contrôle douanier, le receveur Josiane Quenum Azandossessi a attiré l’attention du directeur général des Douanes et Droits indirects sur quelques-unes dont on ne saura pas grande chose quant aux dispositions visant leur satisfaction. En ce sens que c’est à huis clos que les différents points soulevés ont été discutés entre le colonel Charles Sourou Sèzan et son personnel en fonction au poste de Hilla-Condji.
A la suite de cette séance, le cap a été mis sur la direction départementale des Douanes et Droits indirects. A cette étape, le même exercice a eu lieu avec tous les agents en poste dans les départements du Mono et Couffo à l’exception du détachement préalablement rencontré à Hilla-Condji. Et, c’est le directeur départemental des Douanes et droits indirects Vincent Adjomatin qui va se charger de présenter l’état des lieux et faire cas de quelques facteurs provoquant la contre-performance au niveau des postes de Comé, d’Athiémé et d’Aplahoué.

Actualités 09 avr. 2015


Pose de première pierre à Idigny:Boni Yayi lance les travaux de la route Kétou-Savè

Le président de la République a procédé, hier mercredi 8 avril à Idigny dans la commune de Kétou, à la pose de la première pierre de la construction de la route Kétou-Igbodja-Savè et du tronçon Omou-Illadji-Mossoukagbé-Ayekotonyan. Le premier ouvrage viendra surtout créer un contournement pour relier le septentrion.

C’est un réel raccourci qui se dessine pour les populations de l’Ouémé-Plateau désireuses de se rendre dans le Borgou-Alibori. Les travaux de construction de la route Kétou-Igbodja-Savè devront démarrer dans les tout prochaines semaines, après la pose de la première pierre hier par le président de la République. De quoi soulager les habitants de Kétou, Omou, Idigny, Igbodja qui vont bénéficier de la traversée du bitume ! L’axe Kétou-Savè est d’une longueur de 85 kilomètres. Mais le projet de bitumage prend également en compte le tronçon Omou-Illadji-Mossoukagbé-Ayekotonyan, long de 26,6 kilomètres. « Cet ouvrage entre dans le cadre de la poursuite des grands travaux du gouvernement, un cheval de bataille», a fait observer Michel Abimbola, ministre en charge de la Culture qui intervenait au nom de son collègue des travaux publics. La liaison Kétou-Igbodja-Savè encore à l’étape de piste, rappelle-t-il, connaît une difficile praticabilité aux populations, également confrontées à l’insécurité sur la route. Selon lui, il apparaissait urgent d’entamer la construction de cette route, pour en même temps ouvrir une voie de desserte du Nord-Bénin à partir des départements de l’Ouémé-Plateau.
Les travaux sont financés à partir d’un prêt de 188 millions de dollars, soit 94 milliards de francs CFA obtenu auprès de la Banque centrale du Brésil. La voie, une chaussée unidirectionnelle de 10 à 20 mètres, sera composée d’une couche de fondation en graveleux latéritique de 20 centimètres d’épaisseur améliorée au ciment, d’une couche de roulement en béton bitumeux de 5 centimètres. Le projet prévoit également la construction d’un pont de 200 mètres sur le fleuve Okpara, la construction d’ouvrages d’art et d’assainissement, l’élargissement de certains ouvrages existants ainsi que la mise en place des signalisations routières requises. Les travaux sont confiés à un consortium brésilien des entreprises Construtora Sucesso Sa et du groupe Queiroz Glavao.
«Cette voie est importante pour vous, et vous l’avez demandée», déclare le président de la République. Boni Yayi indique que la construction de ces nouveaux tronçons vient précéder le projet autoroutier qu’il veut entreprendre depuis Porto-Novo jusqu’à Illara. «Les infrastructures doivent se croiser. Nous avons besoin de chemin de fer, des aéroports, des autoroutes pour relier nos villes. L’émergence, ce sont les infrastructures et l’énergie», soutient-il, affirmant que le financement des travaux lancés est bel et bien bouclé. La voie, poursuit le chef de l’Etat, symbolise l’unité entre Savè et Kétou, d’autant qu’elle va relier les familles et les cultures. Boni Yayi a annoncé de nouveaux programmes sociaux en faveur des populations de la région, en l’occurrence un projet spécial d’assainissement de l’arrondissement d’Idigny. «Je veux un Bénin qui partage. Nous avons besoin donc d’une démocratie responsable qui organise la rupture avec le désordre et l’anarchie », conclut-il, appelant les populations à l’unité.

Actualités 09 avr. 2015


Mandature 2008-2015 de l’équipe municipale de Parakou:Bilan peu reluisant en termes de gouvernance et d’assainissement

Le maire Soulé Alagbé a fait, mardi 7 avril dernier à Parakou, le point des réalisations du Conseil municipal qu’il dirige depuis 2008, dans une démarche de reddition de comptes à la population qui l’a mandaté. Si en matière de gouvernance et d’assainissement quelques initiatives sont notées, le bilan dans ces secteurs laisse perplexes bon nombre d’observateurs.

«Peut mieux faire », c’est la mention que certains observateurs donnent à l’équipe municipale sortante de Parakou, au regard des résultats atteints en sept années de gestion du pouvoir à la base. Et pour cause !
«Faire de Parakou, une commune vitrine, bien gouvernée, à économie prospère, ouverte et sécurisée dans un environnement sain, de bien-être social et à rayonnement culturel national et international à l’horizon 2015». Tel est l’objectif que s’était fixée à sa prise de fonction en 2008, l’équipe municipale de Parakou avec à sa tête Soulé Alagbé. Après cinq ans réglementaires et deux ans de rallonge pour non tenue à bonne date des élections, la mandature est loin d’avoir tenu le pari, même si quelques actions sont à mettre à l’actif du maire et de son équipe. Les défis en termes de bonne gouvernance restent nombreux. En effet, c’est un secret de polichinelle que des lobbies participent à la corruption et à l’évasion fiscale à la mairie de Parakou. «Les ressources de la mairie s’évaporaient à travers plusieurs régies qui étaient créées faussement dans la maison et qui font que certains qui n’avaient pas caractère de régie, détenaient l’argent de l’administration communale par devers eux », selon le conseiller municipal Gildas O. Aïzannon, président de la Commission économique et financière de la mairie de Parakou. Même après la mise en place du guichet unique à la mairie de Parakou en 2013 pour centraliser les recettes et lutter contre l’évasion fiscale, ces lobbies se sont organisés pour faire échec à cet outil précieux qui devrait aider la mairie à maximiser sa capacité de mobilisation des ressources financières. «La lutte contre la corruption et contre l’évasion fiscale au niveau de la mairie est un chantier qui doit tenir à cœur au prochain Conseil municipal afin que nous puissions disposer d’assez de ressources, afin que nous puissions instaurer maintenant les bonnes pratiques», fait savoir Gildas Aïzannon.
Dans le domaine de l’assainissement, la ville dispose désormais d’un schéma directeur de gestion des déchets, se réjouit le maire Soulé Alagbé. Cependant, l’insalubrité est à son comble dans certaines rues de Parakou. Plusieurs de ses quartiers ploient toujours sous le poids des odeurs de pourriture pestilentielles, avec des essaims de mouches envahissantes par endroits.
Par ailleurs, l’état peu reluisant dans lequel végète présentement l’hôtel de ville n’honore guère la 3e ville à statut particulier. Ce qui devra amener sans doute la prochaine mandature à accélérer les travaux de construction d’une nouvelle mairie dont le plan architectural est déjà élaboré.

Aménagement et gestion du foncier : voilà le hic !

Si des engins lourds sont acquis et quelques principaux carrefours de la ville ont connu un aménagement tout comme certaines artères pavées et dotées de caniveaux, force est de constater que des infrastructures réalisées à grands frais continuent d’être le réceptacle d’ordures ménagères qui puent à longueur de journée au vu et au su des autorités municipales et des populations. «Le budget de la ville en matière d’assainissement avoisine les 2 milliards F CFA chaque année ; mais au fait, il y a une différence entre les réalisations et les montants alloués aux travaux d’assainissement de nos artères », estime Boni Gouda, président de l’Association des grogneurs sur les stations de radiodiffusion dite Amicale des faiseurs d’opinion de Parakou (AFOP), connue pour ses actions de veille citoyenne. «L’étranger qui vient à Parakou peut constater que Parakou n’est pas entièrement viabilisé, contrairement à ce que nous voyons ailleurs», fait-il remarquer.
«Dans la ville de Parakou, l’érosion est très forte, donc les voies en terre souffrent énormément. Lorsque vous les réparez aujourd’hui et qu’une pluie vint à tomber, c’est que le lendemain, tout semble comme si rien n’a été fait», se défend le maire Soulé Alagbé.
«La ville a pu poursuivre sa politique d’urbanisation avec la réalisation d’une quinzaine de lotissements», confie par ailleurs Soulé Alagbé dans son discours-bilan. «Mais le foncier à Parakou, c’est une bombe à retardement en raison du flou qui l’entoure », apprécie Adam Bachirou, trésorier général de l’AFOP. En fait, «L’insécurité foncière ternit l’image de la ville...Le lotissement à Parakou est devenu un fonds de commerce pour certains cabinets et une occasion d’enrichissement facile par certains élus, certains agents de la mairie et certains membres de comités de lotissement», dénonçait Alimatou Abdoulaye, membre du Conseil municipal sortant, il y a quelques mois. La pratique de réduction de 43% par endroits, l’indisponibilité des rapports ou documents définitifs de lotissement, la vente de parcelles par certains cabinets de lotissement qui ne disposent comme documents contractuels que des bons de commande, sont autant de choses contre lesquelles s’insurge la conseillère municipale. Toutes choses qui amènent le président de l’Amicale des faiseurs d’opinion de Parakou à affirmer que la gestion du foncier sous le maire Soulé Alagbé est «catastrophique». «Parce que depuis 2011, il y a une table ronde sur le foncier à Parakou, mais les recommandations sont restées dans les tiroirs», justifie-t-il, alors que bon nombre d’acquéreurs de parcelles se sentent lésés pendant et après les opérations de lotissement.

Actualités 09 avr. 2015


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