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Nouvelles

Nikki et sa Gaani, la grande fête des Baatonu…

En pays bariba, la Gaani est un passage annuel obligé. C’est la fête que tous guettent. Une fête lunaire (les dates sont fixées par le roi en fonction de la position de la lune). Nikki en est le cœur. Elle mobilise tous les fils de la commune, et même ceux des localités environnantes, certains arrivant même de l’étranger.

Elle se déroule généralement en deux jours. Le premier, consacré au parcours rituel qu’effectue le roi à travers le royaume, avant de recevoir allégeance des princes et princesses. Au deuxième jour dit de la Kayessi, ceux-ci sont rasés et reçoivent un nom de baptême. Le cérémonial est haut en couleurs et constitue, en soi, un événement. Mais l’on peut aussi apprécier le tambour sacré et les trompettes, qu’il revient à une seule famille ici, les Toufaroukpè, de manier.

De même que la parade des chevaux est intéressante à voir. Autant d’atouts qui font de la Gaani, un rendez-vous incontournable. L’édition de cette a connu son point d'orgue le 03 janvier dernier. Mais pour donner une grande dimension à cette fête culturelle et cultuelle, « il faudra sans doute penser à intensifier la communication autour, et relever le défi de la réalisation d’infrastructures hôtelières », estime Biba Maboudou Kankoumè, princesse du royaume (son nom de baptême étant Manou) et chef service Communication, Information et Documentation à la mairie de Nikki.

Sanni Adamou, chargé des Affaires culturelles à la même mairie pense comme elle que pour soutenir la Gaani et en renforcer l’attrait touristique, les infrastructures hôtelières sont une nécessité absolue. La mairie avait même donné des opportunités aux opérateurs économiques afin qu’ils viennent acquérir des domaines à cette fin, mais cela n’a pas encore pris ; en dépit des 20ha de terre mise à la disposition de la cour royale. Pourtant, il urge que la Gaani, grâce à ces infrastructures de soutien, acquière une nouvelle dimension. En effet, la Maison de la Gaani, achevée en 2006, et qui devient, le temps de la fête, un dortoir pour les forains et les touristes, n’a ni cette vocation, ni la capacité d’accueillir tout le monde.

Sa salle de spectacle de 480 places assises, ses six bureaux de 16m2 chacun, sont pris d’assaut par ceux qui ne peuvent pas dormir dans les écoles et autres lieux de fortune. Pour qu’elle remplisse cette fonction, il faut bien qu’elle soit entretenue. Or, explique Sanni Adamou, « nous avons constaté que c’est seulement à l’occasion de la Gaani que la Maison est animée ». C’est pourquoi la mairie a autorisé une ONG à s’y installer et à assurer l’entretien du site. Un site qui dispose d’une bibliothèque, «mais très peu fréquentée» déplore le chargé des Affaires culturelles de la mairie. Ce n’est pas le cas de la salle informatique équipée grâce au ministère en charge de la Culture et du Tourisme, mais qui ne dispose pas de connexion internet, et qui est très sollicitée pendant les vacances.

Une maison qui ne tourne pas

La Maison de la Gaani ne tournant pas à plein régime, elle ne génère pas de ressources à la ville. Cela pourrait changer si l’ambition d’en faire aussi un centre de promotion artisanale porte ses fruits. Autrement, ce n’est qu’à l’occasion de la fête proprement dite que la mairie perçoit les droits de place auprès des forains, ce qui lui a rapporté, en 2014, près de 3.000.000FCFA indique Sanni Adamou. La mairie qui n’organise donc que l’aspect administratif de la fête, le culturel et le cultuel étant la chasse gardée de la cour royale. Mais si le volet touristique est mieux cerné et pris en compte, projette le chargé des Affaires culturelles à la mairie de Nikki, le rôle d’autorité municipale pourrait être plus accru.

En attendant, le Collectif des jeunes pour le développement de la commune de Nikki (JCN), s’emploie depuis quatre ans à agrémenter la fête d’un championnat intercommunal de football de la Gaani. Pour celle de janvier dernier, il projette, informe Mohamed Adam Soulé, un de ses responsables, un tissu est imprimé à l’effigie du roi; aussi il y a eu l'organisation d'un séminaire autour de la culture béninoise, des concerts, ou encore la promotion des visites guidées vers les sites historiques…

Minutieuse préparation

Mais la Gaani, c’est une préparation minutieuse. Le catalogue ‘’Nikki la Majestueuse Gaani’’, édité par la Fondation royale de Nikki-Bénin, renseigne bien à ce propos. Il suggère que « la Gaani se prépare à partir du 2ème mois du calendrier baatonu appelé Donkon wonnon et qui a pris le nom de Gaani Gobi Kasso (ou mois de recherche du financement de la Gaani). Durant ce mois, le roi entreprend des tournées dans le royaume pour solliciter les contributions de ses chefs provinciaux (NDLR : Il ne le fait plus forcément en personne). Les chefs provinciaux, à leur tour, prennent des dispositions pour bien préparer cette rencontre annuelle et se faire remarquer parmi les plus méritants… ».

Une semaine avant les festivités, on note une intense activité des personnalités de la zone centrale du royaume, la prise de mesures pour l’ordre et la sécurité, la veille, pour éviter qu’il pleuve, pour perturber les cérémonies, les sacrifices et cérémonies nécessaires dits Kangui sont faits à cette fin. «Mais il est déjà arrivé que la fête se tienne par temps de pluie, notamment l’année de mon rasage en 1998 » se souvient Naguiba, princesse du royaume. Enfin, à la veille de la fête, les tambours sacrés et les trompettes royales du souverain (le Sinboko) sont mis en place dans la cour du palais…

Culture 05 févr. 2015


Prévention de la maladie à virus Ebola:Le virus en mode surveillance aux frontières bénino-nigérianes

La maladie à virus Ebola a été le mal de l’année 2014. Plusieurs pays africains en ont fait les frais. Pour mieux prendre la mesure de la situation, il a été mis en place un important dispositif de prévention au niveau des frontières avec le Nigeria.

L’année 2014 a été sérieusement perturbée au plan sanitaire par la maladie à virus Ebola. Telle une mer en furie, l’épidémie a déversé son flot sur certains pays africains, notamment la Guinée, la Sierra Léone et le Liberia qui malheureusement ont enregistré de nombreuses pertes en vies humaines.
Le Nigeria, pays limitrophe du Bénin, n’est pas resté en marge de ce tumulte. Il a enregistré également son lot de victimes, même si son bilan paraît moins alarmant comparativement aux autres pays. Face à cette menace, le Bénin a pris d’importantes mesures au plan sanitaire afin d’éviter d’éventuels cas sur son territoire.

Dispositions spéciales

Les zones frontalières bénino-nigériannes de Sèmè-Kraké, d’Ifangni et d’Owodé ont été placées sous haute surveillance sanitaire, afin de prévenir la maladie. A ce jour, le Bénin n’a enregistré aucun cas de décès lié à cette épidémie à virus Ebola. Toutefois, le pays assure la veille permanente en vue de conserver cette tendance.
Au niveau de chacune des trois frontières précitées, la maladie à virus Ebola constitue une préoccupation majeure. En témoignent les dispositifs qui y ont été installés. Toutes les mesures semblent être prises pour contrôler l’infiltration sur le territoire béninois, de ce fléau que l’on pourrait qualifier comme étant le "mal de l’année 2014".
La frontière de Sèmè-Kraké, classée 2e du Bénin au rang des frontières, enregistre le flux migratoire le plus important comparativement aux autres. Selon les données du Commissariat de police de la localité, les statistiques à l’entrée de la frontière présentent 1600 personnes manifestées et à la sortie 1200 comme flux manifesté dans une semaine. Pour maîtriser cette masse humaine, le ministère de la Santé a délégué des agents de santé en leur assignant des objectifs bien spécifiques : prise systématique de température des passants, règles d’hygiène obligatoires à respecter…
Depuis le début de l’épidémie, le Bénin a pris des dispositions sanitaires en vue de mieux maîtriser la situation, informe Sylvère Dégbélo, infirmier à la frontière de Sèmè-Kraké. «Le ministère de la Santé nous a fourni des habits de protection et nous sommes également tenus de respecter les mesures d’hygiène», a-t-il expliqué. «Ces habits leur permettraient de se mettre en conditions réelles en cas de survenue d’un cas réel», a-t-il poursuivi.
Aussi, la sensibilisation fait-elle partie des mesures de prévention pour lesquelles le Bénin a opté. Des affiches et un dispositif de sonorisation ont été installés pour mieux informer les populations des manifestations de cette maladie. L’entrée par la frontière des dépouilles mortelles sur le sol béninois est systématiquement interdite.

Même combat, mêmes moyens

Owodé, l’autre frontière située à quelques kilomètres de Sèmè-Kraké, s’est aussi inscrite dans cette logique. Ici, la frontière est presque inanimée, mais ‘’Ebola’’ constitue un souci permanent. Des mesures sanitaires sont mises en place notamment par la partie nigériane pour un contrôle efficace de la situation. Bien mieux qu’à Sèmè-Kraké, la frontière d’Owodé a élargi sa gamme de sensibilisation au profit des usagers. Un dispensaire y est installé à cet effet.
Mais les frontières de Sèmè-Kraké et d’Owodé ne sont pas les seules à maintenir la veille contre l’épidémie à virus Ebola. Igolo, première zone frontalière reliant le Bénin au Nigeria ne perd également pas de vue la nécessité de préserver ses usagers de ce virus. Tout comme la frontière de Sèmè-Kraké, celle-ci est également poreuse. Les données indiquent environ 150 personnes à l’entrée et à la sortie tous les jours de la semaine. Ici, des agents en blouse blanche maintiennent la garde contre ‘’le mal de l’année 2014’’. Les mesures de prévention et de protection ne diffèrent pas de celles prises au niveau des autres frontières. Au niveau de cette frontière aussi, le combat contre ‘’Ebola’’ bénéficie des mêmes moyens de prévention. Jusque-là, les dépouilles mortelles sont interdites de passage. Un dispositif de lavage des mains y a été mis en place.

Les affiches pour la sensibilisation, couplées avec la prestation des animateurs musicaux pour la sensibilisation en anglais, français et en yoruba avec l’appui du ministère de la Santé, viennent en appui au dispositif de lutte, renseignent Victor Koukpakou et Apollinaire Agbangla, tous deux, agents de santé à la frontière d’Igolo.
Si la tendance de contamination de la fièvre à virus ‘’Ebola’’ a baissé depuis quelques temps dans les pays touchés, il ne demeure pas moins que le Bénin a cerné l’enjeu et maintient intact son dispositif de prévention contre le phénomène.

Actualités 05 févr. 2015


Tournée du DG/CNSS dans les Agences d’Abomey et de Lokossa:Célestin Ahonon redonne confiance aux agents face aux nouveaux défis

Le nouveau directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Coovi Célestin Ahonon était en tournée les mardi 3 et mercredi 4 février derniers dans les agences régionales de sa structure à Abomey et à Lokossa. Il a rencontré le personnel desdites agences ainsi que certains usagers pour s’enquérir des conditions de travail.

La descente du directeur général de la CNSS et d’une délégation dans certaines agences a pour but de s’imprégner des conditions dans lesquelles les agents travaillent puis, de les motiver face aux nouveaux défis qui s’imposent à la structure. A Abomey comme à Lokossa, les chefs d’agence, respectivement Samuel Koffi Hounkpatin et Marcel Noutévi n’ont pas manqué de féliciter leur hôte pour sa nomination à la tête de cette importante structure et espèrent surtout qu’il mettra au service du développement de la CNSS, sa compétence, sa clairvoyance et son sens de discernement.

Ils ont également émis le vœu que cette visite sur le terrain lui permette de véritablement prendre le pouls des agences régionales afin d'apprécier leurs implications dans la mise en œuvre des dispositions législatives et règlementaires en matière de sécurité sociale, ce qui témoignerait de l’engagement à se mettre à l’écoute de tous les acteurs que sont les partenaires sociaux sans aucune discrimination. Les assurés sociaux rencontrés à Abomey et à Lokossa par le directeur général et sa suite, ont fustigé la lenteur dans la délivrance des cartes d’assurance et la lourdeur administrative. Ils réclament un meilleur traitement des dossiers. Sans oublier les autres préoccupations relatives à l’amélioration, la sécurisation et l’assurance pour la garantie d’un meilleur cadre de travail.

Augmenter les allocations familiales

En affichant l’important rôle que jouent les agences régionales, les responsables font remarquer que celle de Lokossa gère toutes les communes du Mono-Couffo et celle d’Abomey, les 15 communes du Zou-Collines avec 7500 allocataires actifs, 2489 pensionnés et 360 rentiers. Sans oublier que les agences régionales procèdent régulièrement au recouvrement des cotisations sociales et au paiement à bonne date des prestations.
Si à Abomey, les uns et les autres ont plaidé pour l’augmentation du SMIG et des allocations familiales, à Lokossa, le représentant des travailleurs a déploré l’effectif réduit surtout au niveau du Centre médico-social qui fonctionne avec une seule sage-femme. Il a aussi évoqué l’épineux problème d’insuffisance de matériel de travail. Pour preuve, quand il y a coupure d’électricité, le groupe électrogène ne parvient même pas à prendre le relais parce qu’en panne depuis un bon moment. C’est dire que les conditions de travail ne sont pas toujours aisées.
A chacune des étapes, Coovi Célestin Ahonon et son équipe ont tenu à rassurer aussi bien les agents que les usagers. Il a promis d’œuvrer dans la mesure du possible à donner satisfaction aux doléances formulées par les uns et aux autres. «La nouvelle année nous réserve des surprises surtout qu’on ne contrôle pas la providence.

Ce qui est sûr, nous sommes ensemble pour construire un nouveau pan de la CNSS. Elle a vécu quelques soubresauts qui lui imposent un nouveau challenge. Nous allons le relever. Car les outils, les moyens et les hommes sont là », a répété Coovi célestin Ahonon à ses agents pour les rassurer sur l’avenir de la Caisse. Mieux, il ambitionne l’informatisation et la modernisation du système de gouvernance en vue d’atteindre les objectifs fixés dans une démarche de gestion participative. D’ailleurs, assure-t-il, le Plan de travail tout comme le budget 2015 ont été déjà adoptés par le Conseil d’administration. «En tout cas, les perspectives sont très bonnes, ensemble nous allons réussir», devait-il laisser entendre avec un air rassurant.

Actualités 05 févr. 2015


Savalou et Nikki:Quand '' Kannumonon soji'' et la '' Gaani'' sont des attraits irrésistibles

A Savalou, le roi Tossoh Gbaguidi XIII, s’est rendu immortel à travers le Panthéon de la Résistance panafricaine. Ce qui renseigne que la cité des Gbaguidi a elle aussi bel et bien joué sa partition dans la traite négrière pendant que le royaume de Nikki, lui continue de se rendre célèbre par sa Gaani et ses cavaliers baribas.

Savalou, un attrait touristique

C’est, Sa Majesté Tossoh Gbaguidi XIII qui a rêvé de ce site, l’a initié puis conduit avec foi et détermination, sur les ressources propres du palais royal. Peu de personnes, à ce jour, savent si Savalou a joué un rôle quelconque dans la traite négrière. Ce fut pourtant le cas ; la place dite Kannumonon soji (littéralement traduit ‘’sur la colline aux esclaves’’) fut un célèbre parc de regroupement, un véritable marché. Les esclaves étaient capturés des contrées environnantes, particulièrement des tribus nagot, parqués là avant d’être acheminés vers Abomey.

Et c’est pour restituer l’histoire afin qu’elle ne meure que sa Majesté Tossoh Gbaguidi XIII a initié ce chantier, explique Julien Dèdonougbo, officiant sur le site inauguré le 13 août 2014 sous l’égide du ministre chargé de la Culture et du Tourisme, Jean-Michel Abimbola et surtout en présence du Sénateur américain de l’Etat de New-York, Bell Perkis. C’était un mois seulement avant la mort du roi ! Si le site est loin d’être achevé, le roi voulant en faire un véritable complexe, les premières fresques y réalisées, replongent bien au cœur de la traite négrière. « C’est que Savalou était un allié du royaume de Danxomè dans ce commerce et cela, beaucoup l’ignorent. Les esclaves venaient de l’Ouest, c’est-à-dire de Tchetti, Doumè…).

Sur place, certains se rebellaient, résistaient, s’attaquaient même aux dignitaires ou aux colons. Des rebellions qui se soldaient parfois par la mort… », restitue Dah Kanmavo (Mitokpè 5), Commissaire chargé de la Culture et des Cultes à la cour de feu Tossoh Gbaguidi XIII. Qui appréhende que le projet connaisse quelque piétinement du fait de la disparition de son promoteur, mais n’est pas moins convaincu qu’il deviendra bien «un site touristique de haut niveau». Comment y parvenir si les promesses de l’UNESCO, qui voudrait bien l’intégrer au Patrimoine mondial, celles du gouvernement et de la mairie de Savalou, ne sont pas tenues ?

C’est pourquoi Dah Kanmavo les rappelle à leurs obligations. Et prie les dieux de donner à Savalou un roi «tout aussi ambitieux» que le précédent, afin que la dynamique imprimée par le défunt soit maintenue. C’est à cette condition que les travaux seront poursuivis sur le site. Et qu’il attirera toujours des visiteurs, venant de partout le monde, comme cela a pu être constaté dès après son inauguration; les tickets d’accès de 200, 500, 1000, 5000 et 10.000FCFA suivant les âges et les catégories s’écoulant à un rythme appréciable…

Culture 05 févr. 2015


Journée mondiale des zones humides:Eclairer les choix qui s’offrent à la communauté

La communauté internationale a célébré, lundi 2 février dernier, la Journée internationale des zones humides. A cette occasion, Christopher Briggs, le secrétaire général de la Convention de Ramsar, s’est adressé au monde entier dans un message intitulé, « Les zones humides pour notre avenir » et dans lequel il réitère l’importance et l’intérêt de cette merveille de la nature et met en lumière la menace qui pèse sur elles de nos jours.

boire, cuisiner et nettoyer ; et ce sont les zones humides qui fournissent cette eau à chacun de nous. Il nous informe également que les zones humides filtrent et éliminent les substances chimiques toxiques et les déchets contenus dans l’eau. Les plantes des zones humides aident à absorber les engrais et pesticides dangereux, ainsi que les métaux lourds et les produits toxiques industriels. En guise d’exemple, il évoque les marais de Nakivubo à Kampala en Ouganda qui filtrent gratuitement toutes les eaux usées domestiques et industrielles. Pourtant, une station d’épuration ferait de même, mais elle coûterait plus de 2 millions d’USD par an.

Christopher Briggs rappelle ensuite que les zones humides nourrissent l’humanité. La preuve en est, selon lui, que les rizières sont des zones humides où pousse le riz, nourriture de base de près de trois milliards de personnes.
En moyenne, selon lui, les habitants de la planète consomment 19?kg de poisson par an. Mais combien d’entre nous savent que c’est dans les marais côtiers et les estuaires que fraient presque tous les poissons commercialisés et c’est là aussi que leurs fretins grandissent ?, interroge-t-il.
À l’échelon mondial, 70% de toute l’eau douce qui est prélevée dans les zones humides sert à l’irrigation des cultures, véritable «carburant» de l’agriculture et de ses plus de 570 millions d’exploitations, assurant l’alimentation de l’humanité.
De plus, informe Christopher Briggs, les zones humides regorgent de biodiversité. Elles abritent plus de 100 000 espèces d’eau douce connues, chiffre qui augmente chaque année. En 10 ans seulement, poursuit-il, 272 nouvelles espèces de poissons d’eau douce ont été découvertes dans l’Amazone.
Pour le secrétaire général de la Convention de Ramsar, les zones humides sont les "amortisseurs" de la nature. La justification en est que dans les bassins fluviaux, elles se comportent comme des éponges naturelles, absorbant les précipitations, créant de vastes mares superficielles qui atténuent les effets des crues des cours d’eau. Cette même capacité de stockage offre une protection contre la sécheresse, fait-il observer par ailleurs.

Les zones humides contre les changements climatiques

Il ne faut pas perdre également de vue que les zones humides aident à lutter contre les changements climatiques, relève-t-il. Les tourbières à elles seules, par exemple, stockent plus de deux fois autant de carbone que toutes les forêts du monde! Face à l’élévation du niveau de la mer, les zones humides côtières réduisent l’impact des typhons et des tsunamis. De plus, renseigne Christopher Briggs, elles consolident les littoraux et résistent à l’érosion de plus en plus agressive.
Les zones humides sont sources de produits et de moyens d’existence durables, renseigne le secrétaire général de la Convention de Ramsar. 61,8 millions de personnes vivent directement de la pêche et des pêcheries. Les zones humides bien gérées donnent du bois de construction, de l’huile végétale, des plantes médicinales, du fourrage pour le bétail, ainsi que des tiges et des feuilles pour la vannerie.
Selon Christopher Briggs, les zones humides font aussi partie de notre histoire émotionnelle. « Qui ne se rappelle avoir été, enfant, en vacances à la plage, avoir appris à pêcher dans une rivière, avoir pêché dans un étang pendant l’été ? J’ai passé ma jeunesse dans les rivières et les étangs, à pêcher des poissons et construire des barrages; je m’amusais ainsi tout l’été, revenant le soir à la maison, les vêtements trempés et les bottes pleines d’eau», se souvient-il. Et de poursuivre que depuis, il a passé sa vie à visiter des zones humides sans jamais se lasser. C’est dans cette optique qu’il prévoit visiter le Centre Ramsar pour l’Afrique de l’Est, de la baie de Letembe.
«Cette année, nous vous invitons à réfléchir à vos propres rencontres avec les zones humides et aux moyens de faire cesser leur disparition tragique», appelle Christopher Briggs, invitant la communauté internationale à visiter le site web.
Le secrétaire général de la Convention a invité la communauté internationale à prendre la résolution d’aider les zones humides et rejoindre des milliers de sympathisants qui, dans le monde entier, veulent aussi inverser la tendance : prendre des douches plus courtes pour économiser l’eau, se munir de sacs réutilisables lorsqu’on va au supermarché ou s’impliquer directement en aidant à organiser le nettoyage d’une zone humide de son voisinage.
«L’éducation des jeunes est vitale. Il faut que la prochaine génération s’implique et sache à quel point les zones humides sont importantes. Plus ils seront nombreux à savoir, plus notre message portera», se convainc-t-il.

Environnement 05 févr. 2015


Promotion de la femme au Bénin :Le décryptage effectué par l’INPF

La présidente de l’Institut national pour la promotion de la femme (INPF), Vicentia Boco, était hier mercredi 4 février, l’invité du journal privé l’Evènement précis. Dans un entretien à bâton rompu de plus d’une heure avec les journalistes venus de plusieurs rédactions, elle a fait le tour des préoccupations liées à la vie de son institution et à la promotion de la femme au Bénin.

«Plus de 17 études, suivies de recommandations et d’actions, ont été déjà réalisées dans différents secteurs d’activités par l’Institut national pour la promotion de la Femme (INPF) depuis bientôt quatre années d’activités. Il est donc un outil utile, une manière de faire, une voie qui, à terme, va apporter des changements qualitatifs significatifs sur la situation de la femme au Bénin ».

C’est par ces mots que la présidente de l’INPF, Vicentia Boco, a démarré, hier mercredi 4 février au siège du journal privé, l’Evènement précis, son entretien avec les journalistes.
Selon ses explications, l’institut identifie à travers des études spécifiques, les souhaits de la gent féminine et propose à travers des recommandations, des actions dont il veille à la prise en compte. Soulignant l’importance de ces études, Vicentia Boco a signifié que l’étude sur l’apport des femmes aux revenus des ménages a permis de savoir que 47% desdits revenus sont assurés par la femme. Néanmoins, l’ancien ministre a déploré que les structures qui travaillent sur les mêmes thématiques voient l’institut comme une structure concurrente. Pour Vicentia Boco, plus des femmes seront élues maires, mieux la gouvernance sera. Et c’est pour les encourager à s’intéresser à la gestion de la chose publique, que son institution a identifié les femmes potentielles candidates, les a formées en leur faisant toucher du doigt les réalités politiques, les contraintes, les exigences et les potentialités requises pour réussir une carrière politique dans le contexte béninois.

«Dans ce combat permanent, l’INPF a également travaillé avec les chefs de partis politiques sur la question», a-t-elle signalé au passage. Au sujet du projet de loi sur l’égalité entre l’homme et la femme reporté sine die par les députés, Vicentia Boco croit que cette loi n’était pas formulée pour être votée. «Dans ce texte de loi, on devait montrer aux femmes leur place et les inciter à la prendre», déplore la présidente. Cependant, elle garde espoir que ce texte de loi sera revu et voté pour donner la chance aux 52% des femmes à participer à la gestion de la chose publique. Quant à l’utilisation des femmes pour les marches, et manifestations grand public, elle condamne et estime que la pratique est regrettable. «Car, cette façon de faire s’appuie sur la fragilité de la femme. Et la solution, c’est de mettre la femme à l’abri du besoin et d’inviter les auteurs de ces pratiques manipulatrices à rompre radicalement», a-t-elle conclu.

Actualités 05 févr. 2015


Au tourisme béninois:Impulser une nouvelle dynamique

Le secteur du tourisme au Bénin, est, vante-t-on au ministère de la Culture, de l’Artisanat, de l’Alphabétisation et du Tourisme (MCAAT) promis à un rôle moteur dans le développement économique du Bénin. Du coup, on attend de lui de grandes retombées. Une ambition qui oblige à lui impulser une nouvelle dynamique.

Pour le moment, bien que le tourisme constitue avec l’artisanat et la culture, le 5ème pôle de développement du Bénin, «nous faisons la politique des moyens que nous avons», constate El-Kir Moudachirou Babio, conscient que «des goulots d’étranglement restent à lever». Pour lui, le secteur paraît encore diffus et pas suffisamment perçu. Le transport, le guidage et la restauration devraient y être intégrés par exemple, mais se retrouvent ailleurs au niveau des agrégats économiques. Le directeur du Développement et de la Promotion touristique pense qu’il faut tenir compte du contexte socioculturel pour promouvoir le tourisme intérieur, avec un rôle de premier plan pour les communes.

Celles-ci, comme à Kandi ou à Bohicon, se plaignent de ne pas disposer d’assez de ressources. Promouvoir le tourisme intérieur, c’est ce qu’entend réaliser l’agence Mamou Voyages qui a lancé le programme « A la découverte du Bénin» depuis quelques mois. Mais l’initiative prend timidement, nous a-t-on expliqué à son antenne de Parakou; les populations venant généralement, pour le moment, s’informer des tenants et aboutissants du programme, même si à Cotonou, des colonies ont été organisées en direction du nord, notamment pour les meilleurs élèves admis aux différents examens. Mais si les populations marquent le pas, ce n’est pas toujours faute d’envie.

Peu d'engouement

«Comment dépenser plus de cent mille, ou deux cents mille pour une expédition touristique de cinq jours à peine, connaissant le pouvoir d’achat du Béninois?», s’étonne Karimou Agani, salarié qui se réclame de la classe moyenne. «Cela représente bien une petite fortune, qui pourrait être utilement investie dans une autre cause», renchérit Madinath Amoussa, qui se verrait «plutôt doper son fonds de commerce d’alimentation générale à Parakou, plutôt que de se livrer à ce gaspillage». De fait, on comprend pourquoi le programme, aussitôt lancé, n’a pas suscité l’engouement escompté. Mais à Mamou Voyages, on a foi, qu’à terme, ce programme va connaître un intérêt certain de la part des populations.

«En attendant, les agences de voyages et de tourisme ne vivent, en réalité, que de la billetterie», lâche Elodie D., gestionnaire d’une de ces agences à Cotonou. Qui pointe du doigt « la faiblesse de la règlementation sur le tourisme», invitant «l’Etat à mettre en place un cadre incitatif pour amener les privés à s’y lancer réellement». El-Kir Moudachirou Babio concède ce besoin de règlementation hardie, confessant que «pour le moment chacun fait ce qu’il veut».

Cette règlementation permettra au secteur qui «commence à bien se porter, de se porter davantage mieux». Et si le Bénin veut vraiment tirer parti de son secteur tourisme, il n’a pas d’autre choix, semble dire le directeur du Développement et de la Promotion touristiques pour qui «il faut comprendre que ce secteur est un infuseur de développement et une niche de ressources où le produit d’exploitation n’est pas exporté». Selon les statistiques de l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT), démontre-t-il, derrière chaque personne qui voyage, il y en a dix-sept (17) qui travaillent. C’est dire que le potentiel est énorme en termes de création d’emplois et de promotion de la croissance économique.

Or, relève-t-il, «le Bénin jouit de trois atouts majeurs pour dynamiser son tourisme:balnéaire, culturel et naturel». Reste maintenant à réorganiser et schématiser le secteur pour en faire un réel moyen de développement local; la stabilité dont jouit le pays étant un ingrédient fondamental. D’ici là, à ceux qui se plaignent de la cherté des prix dans le cadre du tourisme intérieur qui reste cependant à développer, El-Kir Moudachirou Babio oppose que «ce que nous gaspillons dans les cérémonies mortuaires, nous pourrions l’orienter vers le tourisme».

Quand le terrorisme nuit...

Bien que n’étant pas affecté directement par la vague de terrorisme qui secoue le monde, et la sous-région ouest africaine, notamment le Nigeria, le Bénin semble payer un lourd tribut à ce phénomène. Ses effets induits se ressentent ainsi sur les chiffres du tourisme. En réalité, si les statistiques évoquées supra incitent à l’optimisme, il y a aussi qu’elles sont menacées. Car, ces chiffres constants cachent le fait, préoccupant s’il en est, que les arrivées internationales aient baissé de 18% en 2012 ; le gap n’étant comblé que par les arrivées intra-régionales, souligne El-Kir Moudachirou Babio.

Tendance confirmée par Arimi Soglo, guide sur le site archéologique et touristique d’Agongointo, qui observe que «les arrivées d’étrangers ont baissé» et impute directement cette tendance baissière «au terrorisme» et, depuis peu, «à Ebola». Tout ceci conforte bien dans l’idée qu’un accent particulier doit être mis sur le développement du tourisme intérieur. A ce propos, «un leadership fort doit se manifester de la part du gouvernement, ou de grands promoteurs privés à l’instar d’Atouts France en France, pour impulser une dynamique irrésistible à cette branche du tourisme. On assisterait ainsi à des vagues de colonies traversant le pays de part en part, toute l’année et particulièrement pendant les congés et vacances scolaires», analyse un observateur.

Culture 04 févr. 2015


Prolifération des actes des faussaires opérant au TPI de Cotonou :Me Abou Séidou, greffier en chef, appelle à la vigilance

Le greffier en chef du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Me Abou Séidou a rencontré lundi 2 février dernier les hommes des médias. C’était pour informer l’opinion publique des agissements d’un réseau de faussaires démantelé qui y opère en délivrant de faux actes. Les membres dudit réseau seront présentés au procureur de la République dans les jours qui suivent.

Contre les agissements déviants de certains individus qui s'illustrent par la délivrance de faux actes : casiers judiciaires, certificats de nationalité, certificats de faillite et bien d’autres, selon la demande à prix d’or (jusqu’à soixante-dix mille francs au lieu de mille cinq cents francs normalement, Me Abou Séidou, greffier en chef du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou alerte les usagers et les populations en les appelant à la vigilance. Il s’agit d’actes dépourvus d’authenticité parce que non enregistrés, indique-t-il. Sept faussaires organisés en bande qui se livrent à cette sale besogne séjournent actuellement dans les locaux de la brigade des recherches.

Le réseau a été démantelé et ses membres seront présentés au procureur de la République dans les prochains jours.
Mais pour contrer ces agissements, Me Abou Séidou a annoncé des réformes qui vont dans le sens de l’information divulguées à l'endroit des populations. Lesquelles visent à conférer au secteur de la justice, plus de crédibilité, d’efficacité et à la mettre sur l’orbite du développement. Selon le greffier en chef, lesdites réformes ont retenu une lutte implacable et permanente contre les faussaires qui s’amusent à imiter la signature des juges, greffiers et greffiers en chef dans l’établissement des actes précités.
Il est envisagé dans ce cadre, la mise en place d’un logiciel pour enregistrer les décisions et apposer un sceau afin de mettre davantage d’assurance par rapport à l’authentification.
Expliquant le mode opératoire des présumés délinquants, Me Abou Séidou a confié qu’il s’agit d’un réseau qui opère avec un bureau, un imprimeur et des cachets, bref tout le dispositif qui leur permet de délivrer de faux actes non revêtus d’authenticité, parce que non enregistrés. Selon lui, ils se présentent aux justiciables comme des agents du tribunal en leur proposant leurs services contre de fortes sommes d’argent. Raison pour laquelle Me Abou Séidou appelle à la vigilance en demandant de s’entourer de précautions en s’adressant désormais aux agents porteurs de badges, à l’accueil et d’exiger un reçu de caisse. Ce qui permet de s’assurer de l’authenticité de l’acte dont on est demandeur.
Poursuivant ses explications, Me Abou Séidou a soutenu que les perquisitions ont permis de retrouver des cachets des greffiers de Cotonou, Calavi et Allada pour la certification des actes qu’ils délivrent alors que normalement, il aurait fallu que les actes établis soient enregistrés et classés de sorte qu’on en retrouve les traces 5, 10 ou 20 ans après. Ce qui fait malheureusement défaut.
Le défaut de traces des faux actes fait, a confié le greffier en chef, qu’on accuse la justice de faux et de corruption.
Les faussaires et sûrement leurs complices sont passibles de peines allant jusqu’à dix ans d'enprisonnement pour faux en écriture.

Société 04 févr. 2015


Régina Mihami Byll-Cataria, première enseignante béninoise d’histoire à l’UNB :L’enseignement et la religion comme passions

Rigoureuse. Mais aussi chrétienne fervente. Mihami Régina Byll-Cataria a su se servir de son caractère pour mettre au service de ses étudiants son savoir-faire. Elle fut la première béninoise professeur d’histoire à l’Université nationale du Bénin (UNB), devenue aujourd’hui Université d’Abomey-Calavi (UAC).

L’universitaire est restée égale à elle-même. Régina Mihami Byll-Cataria est la première enseignante béninoise à intégrer l’Université nationale du Bénin (UNB), aujourd’hui Université d’Abomey-Calavi (UAC) en qualité de professeur d’histoire. Elle y a été admise pendant la période révolutionnaire vers les années 1975-1977 et garde jusqu'à ce jour, sa réputation de femme de rigueur. Bien qu’étant en retrait de l’enseignement aujourd’hui, elle demeure soucieuse de la formation des étudiants et fait toujours de la rigueur son breviaire. Ce caractère a pendant longtemps fait d’elle l’une des femmes les plus «redoutées» de l’université. Mais cela semble être son dernier souci, puisqu’elle, dit-elle, se fiait très peu aux préjugés et appréciations parfois "erronées" de ses collègues et des étudiants qui ont tôt fait de la surnommer «la dame de fer de l’université».

Du talent y est caché

Elancée, teint clair, svelte, regard discret, style vestimentaire simple, Régina Mihami Byll-Cataria a gravé son nom dans les annales de l’université, dans les cœurs et mémoires des étudiants et des autres enseignants. Son physique et son apparence calme contrastent pourtant bien avec la rigueur qui lui a valu ce surnom. A première vue, les incrédules hésiteront avant de lui concéder son titre d’enseignant à l’Université. Tant, son air effacé et sa discrétion ont tendance à cacher ses valeurs et potentialités. Elle regorge pourtant de talents et déborde d’énergie, surtout lorsqu’il s’agit de dispenser le savoir aux étudiants. Il ne saurait en être autrement, puisqu’elle a fait de l’enseignement, sa vocation, son sacerdoce, sa joie, sa fierté, bref sa vie.
Elle raconte qu’elle a su barrer la route à toutes les embûches notamment d’ordres "professionnelles" pour se hisser dans le domaine de l’enseignement qui semblait être l’apanage des hommes. Ceci avec fermeté, dynamisme, courage et attachement aux valeurs religieuses.
Régina Mihami Byll-Cataria est titulaire d’un doctorat d’Etat en histoire. A l’Université, elle incarnait une sorte de bibliothèque car elle enseignait l’évolution du temps et les évènements qui ont marqué le monde. «J’ai fait des études comme tout le monde et je forme les étudiants pour l’obtention de la thèse d’Etat en histoire», confie-t-elle.
Hasard ou coup de chance ? Elle-même ne peut y répondre aisément. Tout compte fait, elle a été la première femme béninoise, professeur d’histoire à intégrer l’UNB d’alors. Mais avant son admission, les étudiants pouvaient bénéficier du savoir-faire des coopérants et des étrangères.
Pour autant, elle ne s’attarde pas sur son titre et cela ne lui fait pas bomber le torse non plus. «C’est un devoir républicain d’enseigner et je n’avais pas de raisons de faillir», dit-elle avec fermeté.
Pour elle, il est très difficile de parler de soi. C’est une question de tempérament que l’on ne saurait exposer, estime-t-elle.

Fidélité à Dieu

L’autre valeur chère à cette femme reste l’engagement et la fidélité à Dieu. Elle fait de la parole divine son délice et ne manque pas souvent les rendez-vous religieux. Elle y trouve un cadre idéal pour communiquer avec le Seigneur. Après avoir fait ses adieux à l’enseignement, elle consacre davantage de temps à Dieu. Pas besoin d’aller dans tous les sens avant de la rencontrer. Un seul endroit sûr pour la voir : l’église catholique St Michel de Cotonou. Elle a confié s’y rendre au moins quatre fois par semaine pour prier.
La preuve en est que dans le cadre de cet entretien, nous nous sommes rendus dans ladite église avant d’échanger avec elle, bien que le rendez-vous fut programmé plusieurs jours à l’avance. «Je suis catholique pratiquante et je mourrai comme telle. Je suis convaincue qu’aucun être humain ne peut rien faire sans celui qui l’a créé quel que soit le nom que prend ce créateur », affirme-t-elle.
Sa présence quasi permanente dans la maison du Seigneur serait-elle une manière pour voiler la rigueur trop poussée que lui reprochent ses étudiants ? Loin s’en faut. Dieu n’a rien à voir avec ma rigueur, répond-elle.

C’est d’ailleurs ce caractère qui l’oblige à lui demeurer fidèle. «Depuis que j’ai compris le vrai sens de la vie, je me suis confortée dans cette position et je ne le regrette aucunement», a-t-elle laissé entendre avec un léger sourire.
Pour elle, il fallait simplement s’accrocher à Dieu non seulement pour respecter l’éducation reçue des parents, mais aussi pour vaincre la méchanceté des hommes.
Sur la question, elle refuse d’aller du dos de la cuillère. Elle même reconnait qu’elle est très sévère et rigoureuse, mais ces caractères ne l’empêchent pas d’être juste, a-t-elle nuancé. Pour former l’être humain à devenir un homme exemplaire, il faut faire montre de certaines qualités, soutient-elle. Selon elle, la rigueur aide à former des citoyens dignes. «Je suis fière de ma rigueur et je ne changerai jamais ; je ne connais ni Adam, ni Eve en matière de travail», souligne-t-elle avec fermeté. Certains membres de sa famille ont eu à lui faire des procès d’intentions à propos, mais en matière de travail, clarifie-t-elle, «je ne mélange pas les relations familiales». Son seul souci, dit-elle, est qu’au-delà de la formation reçue, les apprenants aient une formation de qualité et non juste un diplôme.
Les vrais dividendes qu’elle tire aujourd’hui des fruits de son labeur et de sa ‘’rigueur autrefois contestée’’ sont les témoignages de ses anciens étudiants sur la qualité de ses enseignements.

Enseignante à l’université ?

Aucune œuvre humaine n’est exempte de difficultés. Régina Mihami Byll-Cataria a eu également son lot. Elle raconte qu’en intégrant l’Université nationale du Bénin, elle a rencontré d’énormes difficultés de collaboration avec ses collègues hommes. Il était inconcevable pour certains compatriotes, qu’une femme prétende à ce poste. Face à cette situation, elle explique qu’elle a dû affronter les rancunes, pressions et menaces de toutes sortes pour s’imposer. Il est arrivé, se souvient-elle, qu’un professeur d’université soit allé lui demander ouvertement ce qu’elle est venue chercher à l’université, après lui avoir fait comprendre que l’université n’avait pas besoin d’une enseignante et que ses promotionnaires femmes ont trouvé leur place dans les collèges, l’invitant par conséquent à leur emboîter les pas.

"Cette provocation" a été plutôt un motif de persévérance et le moteur de son ascension. Elle confie avoir sué sang et eau avant de s’imposer dans ce "monde" marqué par les vices de toutes sortes. «Trois fois de suite, le doyen de la Faculté des lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) d’alors avait déchiré mes dossiers d’admission à l’université», se souvient-elle.
Toutefois, elle doit son salut à un autre professeur d’histoire de la même université, Félix Iroko, au doyen de la Faculté de droit d’antan, Robert Dossou et au recteur de l’UNB à l’époque, Nathanaël Mensah, qui ont très tôt cru en ses potentialités en l’aidant à intégrer la Faculté de droit, en lieu et place de la FLASH où elle devrait normalement dispenser des cours d’histoire. C’est pour faire honneur à ces professeurs qu’elle a donné le meilleur d’elle-même afin de mériter pleinement leur confiance, selon son témoignage.
Bien que son caractère (de femme rigoureuse) était peu apprécié, son admission au titre de professeur à l’université a contribué quelque peu à l’adoucissement de certains caractères. «Il est arrivé lors des conseils des professeurs, que les discussions se soient soldées par des coups de poing. Mais ma seule présence suffisait parfois pour un retour au calme», se rappelle-t-elle.
En tant que femme enseignante à l’Université, il fallait bien faire montre de rigueur pour s’imposer dans ce monde où force ne reste pas toujours au respect des normes et à la culture des valeurs.

Il «m’a fallu m’imposer dès le départ au regard des comportements des étudiants qui avaient tendance à trouver une certaine fragilité en un enseignant de sexe féminin. C’est pourquoi, lors des premiers contacts, j’ai compris que je devais mettre les balises pour ne pas me laisser dominer par les étudiants. «Ma rigueur m’a été très avantageuse parce que je n’avais plus besoin de fournir assez d’efforts pour l’inculquer aux autres générations d’étudiants qui, connaissant déjà de quel bois je me chauffe, se chargeaient de prévenir leurs camarades d’amphi à ce sujet. C’est après plusieurs années que certains ont réalisé que ma rigueur était la clé de leur réussite académique et professionnelle», se réjouit-elle.
L’autre principe qui lui confère davantage sa réputation, est le "refus d’achat de conscience" par des étudiants. Les universités publiques étant faites de tout, certains étudiants ne lésinent pas souvent sur les moyens lorsqu’il s’agit de négocier les notes. Cette méthode est contraire aux principes de madame Byll-Cataria. «Je ne sais quel montant un étudiant peut me donner pour m’aider à résoudre mes problèmes financiers ; les enveloppes financières ne m’intéressent aucunement», dit-elle avec fermeté. En plus d’être rigoureuse avec ses étudiants, elle a aussi pratiquement lutté toute sa carrière durant contre les réseaux de fraude lors des examens.

Des conseils surtout

Fait naturel, mais parfois paradoxal et à la limite comique ! «Il m’est arrivé de tomber sur des étudiants qui au lieu de suivre les cours, passaient leur temps à contempler mon charme», raconte-elle. «Je suis tombée sur certains à qui j’ai prodigué des conseils». Cœur de mère, oblige !
Après l’effort, le réconfort, dit-on. Régina Mihami Byll-Cataria est fière aujourd’hui d’avoir accompli un "sacerdoce". «Je suis heureuse d’avoir passé une bonne carrière», note-t-elle. A l’heure où elle passe d’agréables moments de retraite en compagnie de ses petits-enfants, elle adresse ses reconnaissances à Dieu qui, dit-elle, «l’a illuminée tout au long de sa carrière et l’a préservée contre les embûches».
C’est fort de son expérience qu’elle invite d’ailleurs les jeunes à faire de l’intégrité, de la justice et du travail bien fait et désintéressé, leur bréviaire. «La démocratie, c’est une compétition et chacun doit jouer sa partition, en vue de son rayonnement, sans chercher à jeter de mauvais sorts ou à tendre des pièges à son prochain», a-t-elle conseillé.
Nous en étions à ces conseils quand la musique de la chorale a commencé par retentir au sein de l’église St Michel de Cotonou. C’est l’heure de la messe et Régina Mihami Byll Cataria doit y participer. «On ne pourra plus continuer l’entretien parce que la messe a commencé», dit-elle en souriant. Une autre preuve sans doute de son attachement et de sa crainte de Dieu. M. A.

Société 04 févr. 2015


Lutte contre l’insécurité à Parakou:Un présumé braqueur présenté hier à la presse

Un jeune homme de 35 ans prénommé Emmanuel, soudeur de profession, qui ferait partie d’un réseau de braqueurs spécialisés dans le vol à main armée de motos, a été arrêté et présenté hier mardi 3 février à la presse au commissariat de police de Parakou.

L’individu a été appréhendé dans la nuit du 28 janvier dernier vers 2 heures alors qu’il tentait de déposséder un conducteur de sa moto au quartier Okédama non loin de l’hôpital d’instruction des armées. Accusé de tentative de vol qualifié, il ne nie pas les faits à lui reprochés.

« J’étais à Bohicon quand un ami qui me devait 70.000 F CFA, m’a appelé. Quand je suis venu, j’ai cru que c’est l’argent qu’il voulait me remettre. On s’est rencontré à Bio Guéra et il m’a remis une arme (NDLR : de fabrication artisanale) en me disant qu’il va faire arrêter un Zém. et je vais monter. Il m’a dit qu’arrivés à un endroit de lui pointer l’arme dessus, qu’il aura peur et il va laisser la moto que je vais lui ramener. C’est ainsi que je suis parti et ils m’ont pris… Il n’a pas mis de balle dans l’arme... C’est la première fois, je n’ai jamais fait ça », confie le présumé braqueur.
Six cas ont été enregistrés ces derniers temps à Parakou, signale le commissaire central de police de la ville de Parakou, Saliou Koda, qui dévoile le modus operandi des braqueurs.

« Voilà des gens qui se pointent devant le CHD-Borgou à partir de 23 heures, ciblent les motocyclistes qu’ils doivent attaquer, principalement les conducteurs de taxi-moto « zémidjan ». Ils font croire qu’ils ont un malade en agonie et qu’ils sont à court d’argent. Les conducteurs de taxi-moto les prennent en direction d’Okédama ou de Titirou et dès qu’ils arrivent dans des coins obscurs, ils pointent l’arme sur les victimes pour les déposséder de leur moto », explique-t-il.
L’ami du présumé braqueur en question serait le cerveau de la bande. Il a pris la clé des champs depuis et est toujours activement recherché par la police.

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Société 04 févr. 2015


2244 - 2259